le Canard de l’Etang

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13 décembre 2008

Citizen Kane, une leçon de cinéma

Publié par canarddeletang dans culture

Citizen Kane est devenu récemment le « plus beau film de tous les temps ». Pas vraiment une surprise : Orson Welles, décédé en 1985 nous a laissé un véritable chef-d’œuvre,  qui a servi de modèle pour de nombreux cinéastes.

[« Depuis 1949, tout ce qui compte dans le cinéma a été influencé par Citizen Kane ». Cet éloge émane de François Truffaut. C’est peut-être cela qui a inspiré un jury, composé de soixante-dix-huit spécialistes du septième art. Ces « professionnels de la profession », pour reprendre une expression de Jean-Luc Godard s’étaient réunis dans le but de classer les cent plus beaux films de tous les temps. Le premier film de l’Américain Orson Welles, réalisé en 1941 est arrivé en tête, avec  48 voix.

[Eric Neuhoff du Figaro n’est pas surpris. Bien au contraire. « Orson Welles a tout inventé », écrit-il, le 18/11/08. D’ailleurs, les membres du jury sont tous d’accord. Citizen Kane est un chef d’œuvre, « un film immense », le « plus grand et le plus intelligent » depuis l’invention du cinéma. Certains estiment que regarder ce film est toujours une partie de plaisir car à chaque fois, « quelque chose de nouveau est découvert ».

[Ce qui plaît ? Le film pose des questions d’actualité, comme la notoriété, la vie privée d’un homme public, le rapport entre la presse et le monde politique. Orson Welles nous offre d’ailleurs une réflexion sur le travail du journaliste.

Dire la vérité : un principe

[Le personnage principal, Charles Foster Kane, joué par le réalisateur américain, est un « magnat » de presse. Il possède une radio, trente-sept journaux, notamment the Inquirer, qu’il souhaite moderniser. Son principe ? Dire la vérité, toujours la vérité. Le personnage, visiblement passionné, s’installe même dans les bureaux du journal, pour y vivre, jour et nuit. Il voit peu sa première femme, la nièce du président.

[Kane fait aussi de la politique. Aimé ou détesté, on le dit parfois communiste,  parfois fasciste. Aucune importance, selon lui : il se considère d’abord comme un Américain. Le patriotisme, avant les couleurs politiques ? Ce discours est resté dans l’air du temps, de l’autre côté de l’Atlantique, jusqu’à aujourd’hui. Barack Obama ne disait pas autre chose, pendant sa campagne présidentielle.

[Une anecdote assez amusante montre combien la quête de la notoriété est omniprésente chez Charles Foster Kane. Sa deuxième femme est chanteuse. Lors d’un flash-back, le spectateur apprend qu’il l’obligeait à prendre des cours de chant, pour s’améliorer. Et afin qu’elle devienne une diva.  Depuis son canard, il ne cesse de l’encourager à poursuivre sa carrière de « star » dans les états d’Amérique.

[Le film commence par la mort de Charles Kane. La caméra s’est faufilée au sein de sa demeure, malgré le panneau qui interdit tout passage, sur la porte d’entrée. Ainsi, le spectateur assiste en direct au décès du vieil homme. Afin de « chercher l’information », la caméra du cinéaste franchit une barrière. Un exemple à suivre ? Orson Welles voulait-il nous montrer qu’un journaliste peut aller à l’encontre de la loi pour « la vérité » ?

Le flash-back, une première

[Avant de s’éteindre, Kane prononce étrangement le mot « Rosebud » (bouton de rose). Pourquoi ? Un journaliste, Thompson, enquête, tel un commissaire son crime, et  retrace la vie du défunt. Il rencontre quelques proches de Kane, cherche à le cerner depuis son plus jeune âge. Une première pour le grand écran, Orson Welles ajoute des flash-back, utiles à la compréhension de la vie du « héros ».

 [Est-ce à dire qu’Orson Welles a montré le chemin pour ses successeurs ? Depuis les années 40, on ne compte plus les metteurs en scènes qui ont retenu la leçon, utilisant ce procédé. Déterrer le passé pour analyser le présent : le but du jeu des historiens, des psychothérapeutes, et d’une certaine manière des journalistes.

[François Truffaut  ne s’était pas trompé. Le cinéma doit beaucoup à Citizen Kane.

6 décembre 2008

Rachida Dati et « le bon sens »

Rachida Dati s’est trouvée un destin : réduire la violence juvénile. Se basant sur un rapport Varinard qui jugeait bon de baisser l’âge de la responsabilité pénale à douze ans, elle déclarait ce 3 décembre que la sanction pénale des moins de douze ans relevait « du bon sens » dans les affaires de crimes. Le Garde des Sceaux estimait que le juge peut « incarcérer » un pré-adolescent, sans ternir sa conscience. Incarcérer, mais pas « emprisonner ». Mais quelle est la différence entre les deux mots ? Un individu n’est-il pas emprisonné,  lorsqu’on l’incarcère?

François Fillon n’est point d’accord avec sa ministre de la Justice, dieu soit loué : « d’autres solutions » peuvent être trouvées pour « régler » le cas de ces mineurs. On peut souffler…

Ce n’est pas la première fois que cette ministre se fait remarquer : le 1er décembre, elle narrait au Sénat que la procédure de l’interpellation exagérée de Vittorio de Fillippis au commissariat était «tout à fait régulière». Pourquoi ? Lorsque «un citoyen ne défère pas aux convocations, on lui envoie un mandat d’amener». C’est aussi simple que cela. L’ancien directeur de la publication de Libération a quand même était insulté devant ses jeunes enfants (« pire qu’une racaille »), emmené de force, déshabillé a plusieurs reprises, pour un « délit de presse » (une diffamation) qui n’est pas passible de prison…Il aurait oublié de se présenter devant le juge, tout bêtement!

Nicolas Sarkozy indique  que « l’émoi » suscité par cette triste « affaire Fillippis » est compréhensible, et qu’il allait demander une mission afin de réfléchir à «une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes».

Une annonce du Président de la république qui tombe à pic…

6 décembre 2008

fin d’année tendue pour le gouvernement

Le débat à l’Assemblée nationale du projet de loi concernant la fin de la publicité sur le service public prend du retard. Les discussions entre députés s’éternisent. L’opposition s’oppose au grand dam de la majorité qui parle plutôt d’ « obstruction ».

Au départ, deux semaines avaient été réservées pour 56 articles de loi. Noël approche à grand pas et seulement 14 articles ont déjà été votés. Le gouvernement, exacerbé cherche un moyen pour que loi rentre en vigueur le plus rapidement possible. Par un nouveau 49-3 ? Non. François Fillon, qui n’a pas la mémoire courte (il se rappelle du CPE) exclut la méthode. Un décret ? Christine Albanel l’a proposé, l’opposition s’offusque.

Mais le temps passe. La fin de la pub à partir de 20h,  aura-t-elle bien lieu le 5 janvier comme prévu depuis un an ? Le gouvernement semble en tout cas prêt à tout pour respecter ses engagements…

Une partie non négligeable de la majorité UMP dénonce sans relâche  le projet du travail le dimanche. Jean-François Copé réunit régulièrement ses collègues, essaye de « raccourcir » le fossé qui sépare de nombreux élus UMP. Il ne faudrait surtout pas que « 50 députés » (Benoist Apparu) de la majorité votent contre la loi et leur propre camp politique. Ce serait dommage pour une droite qui se montre en principe « unie »…

3 décembre 2008

Copé, « royaliste »?

Publié par canarddeletang dans billet-ironie, Economie, Modem-centre, Parlement, politique francaise, PS, UMP

           « Il faut que, dans nos circonscriptions respectives, nous ayons un débat avec les Français sur les économies que l’on peut concevoir avec eux ». Une citation de Ségolène Royal ? Manuel Valls, l’un de ses plus fidèles lieutenants ?

Et bien non. Cette citation émane du Président du groupe UMP de l’Assemblée nationale. Dimanche 30 novembre, Jean-François Copé cherchait des solutions pour calmer les dépenses et « réduire les déficits » de l’Etat.

Une envie de débattre ? A court d’idées, il invite les citoyens responsables, autour d’un bon café… « On ne peut pas continuer de proposer aux Français, en pleine crise, un rassemblement national et ne pas voir, dans le même temps, que beaucoup de nos compatriotes ne se sentent jamais associés aux grands débats et aux grands combats ». Touchant, non ?

Ségolène Royal, battue par Martine Aubry au poste du Premier secrétaire du PS, peut se consoler : son projet de « consultation participative » des citoyens s’exporte.

            Si l’ambitieux Jean-François Copé est un jour candidat à la présidentielle, ira-t-il jusqu’au domicile de François Bayrou, pour lui proposer le poste de Premier ministre ?

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