le Canard de l’Etang

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31 janvier 2009

Ségolène Royal, au Brésil : pour un peu de réconfort ?

Publié par canarddeletang dans billet-ironie, international, politique francaise, PS

Ségolène Royal, au Brésil : pour un peu de réconfort ? dans billet-ironie

Source : l’AFP

Ségolène Royal s’éloigne de la France et de Navarre. La Dame du Poitou a rencontré hier le président Lula, à Belem, en marge du Forum social mondial. Elle en a profité pour lui demander si les relations diplomatiques entre l’hexagone et le Brésil étaient au beau fixe.

Elle espérait peut-être une réponse négative, elle qui qualifie le président de la République de petit « gamin m’as-tu vu », dans son dernier livre, où elle règle ses comptes avec la classe politique (cf billet précédent,Ségolène, “une femme debout”?). Boum, l’ex-syndicat, parachuté dans le milieu politique dans les années 80 a confié que « le partenariat » entre les deux états, notamment en « matière de défense était important ». Sarko aurait même « apporté une nouvelle dynamique dans les relations franco-brésiliennes ». CQFD, chère Ségolène.

Le président brésilien fait l’éloge du petit Nicolas pendant l’entretien qui dure une vingtaine de minutes, alors que l’ancienne candidate à la présidentielle cherchait sûrement un peu de réconfort.

Les Eléphants semblent ne pas avoir digérer leur défaite de la présidentielle, en mai 2007, et s’en prennent souvent à elle. Depuis la campagne précédant le calamiteux congrès de Reims, elle est de plus en plus titillée par ses collègues socialistes. Sa défaite au poste de premier secrétaire face au maire de Lille n’arrange rien. Martine Aubry la verrait toujours comme sa « sous-ministre »[1]. Embêtant…

 Pourtant, Ségolène Royal se vante de représenter « la majorité » des militants roses et peut se rassurer avec ses fidèles lieutenants, prêts à tout pour dénoncer les travers de la rue de Solferino. Fin décembre, Benoît Hamon reconnaît  maladroitement que les royalistes ont « dans le sang ce poison de la division, dans des proportions que l’on n’a jamais connues auparavant ».

Ségolène ne siège pas au Palais Bourbon. Ne peut donc pas voir le spectacle des députés de l’opposition à l’Assemblée qui crient au scandale depuis des semaines [2] .

Alors, elle joue à sa manière le rôle de l’opposition, aux côtés de ses fans. Elle part à l’étranger, comme dernièrement aux USA, et là, en Amérique du Sud. Elle petit-déjeune mardi 27 janvier, avec son ancien copain de classe énarque, Dominique de Villepin. Histoire de parler de la pluie et du beau temps ? Et d’inventer des pamphlets contre Sarkozy ? Non, pour évoquer le Forum à Belem. Si l’ancien Premier ministre se dévoue pour la voir, tant mieux pour elle. Si les Socialistes refusent, tant pis pour eux. Car pense être forte et compétente. Cela vous fait rire? Lisez donc la suite! « S’il y en a un de meilleur que moi, qu’il y aille, je ferai même sa campagne en 2012. Mais pardon, pour le moment, je ne vois pas », glisse t-elle. Imbue d’elle-même, hein ?


 

 

[1] Comme Ségo l’indique dans son dernier ouvrage, qui sort début février. Mme Royal était ministre déléguée à la famille, et dépendait de Martine Aubry, mais seulement pendant quelques mois, en 2000

 

 

[2] Les Socialistes, contre les  réformes de la télévision publique du 21e siècle et du travail parlementaire, bloquent les débats en accumulant des amendements,  en boycottant à l’Assemblée les séances de questions au gouvernement, ou encore en chantant la Marseillaise, avant de déguerpir de la salle.

30 janvier 2009

le gouvernement et le « jeudi noir »

Nicolas Sarkozy fêtait, mercredi 28 janvier son anniversaire. 54 ans. En cadeau, une belle grève générale.

2,5 millions de personnes, selon la CGT et 1,08 si l’on en croit le ministère de l’Intérieur ont défilé en France pour faire part de leurs inquiétudes. Sauvegarde de l’emploi, défense des services publics, défense des libertés : les motifs sont nombreux.

Les manifestants pensent que ce « jeudi noir » est identique à la mobilisation contre le contrat première embauche, en 2005. C’est même une des « plus grandes manifestations de salariés depuis une vingtaine d’années » pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT.

Réponse de Luc Chatel sur Europe 1: « Il n’y a pas un niveau de grève exceptionnel, c’est plutôt en deçà dans le secteur public que ce qui avait été constaté lors des derniers mouvements ». Ambiance..

 

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Le ministre du Budget, des Comptes publics, et de la Fonction publique réagit face au mouvement social qui a paralysé la France, ce jeudi 29 janvier.

Eric Woerth sur RMC Info :

-          « Je pense que devant une telle crise, un pays doit essayer de se mobiliser, mais d’une manière positive. » Après la laïcité positive, la grève positive !

-           « Parce qu’il y aura deux types de pays, en sortie de crise : ceux qui seront définitivement déconnectés, qui avanceront moins vite que les autres, et ceux qui auront réussi à se transformer. » Oui, ceux qui se lèvent tôt pour travailler et les autres fainéants…

-          «  Bien sûr qu’on a le droit de faire grève, jamais je ne condamnerai la grève. » On est sauvé…

-          « Mais à un moment donné, il faut un peu chercher de la solidarité économique et sociale, dépasser un peu ses craintes personnelles. On doit aller de l’avant, et finalement, un prof doit rentrer dans son lycée avec encore plus envie de former les jeunes, une infirmière avec encore plus envie de soigner ses malades, un ministre avec encore plus envie de réussir à sortir de la crise » Il existe donc des profs qui ne veulent pas former les jeunes, des infirmières qui ne soignent plus (ou qui confondent exprès les médicaments des malades)…

-          « Nous écoutons au maximum. Je ne crois pas qu’il faille zapper et changer de politique sans arrêt. Dans ces périodes de très grande tempête, on doit garder son sang-froid ». Et ne pas reculer ? Petit rappel amusant. Durant la période de mobilisation contre le CPE, Sarko voulait « zapper » le CPE de Villepin et Jacques Chirac. Etait-ce un exemple de « sang-froid » ? Il voulait être président…

 

29 janvier 2009

François Bayrou : « je marche seul »

 

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On n’avait pas entendu le célèbre titre de Jean-Jacques Goldmann, « je marche seul » depuis bien longtemps. Aujourd’hui, le morceau des années 80 aide à comprendre l’actualité de François Bayrou. Malheureusement ? Peut-être.

Le troisième homme de la dernière Présidentielle semble se chercher désespérément des amis. Et des personnes acceptant de porter le titre Modem, pour les prochaines élections européennes. Le temps presse. François Bayrou annoncera le 8 février le début de sa campagne et fera connaître le nom de chaque candidat.

Pour l’instant, seuls Marielle de Sarnez, Jean Luc Bennahmias, Corine Lepage, Jean-François Kahn sont sûrs de figurer sur des listes Modem. La magistrate Eva Joly a retourné sa veste, et rejoint Daniel Cohn-Bendit. L’ex ministre de Dominique de Villepin, Azous Begag, est pressenti, mais rien n’est sûr. Celui-ci veut mener la liste sud-est du mouvement.

Mardi dernier, au grand plaisir de Martine Aubry, François Bayrou a signé la motion de censure du PS à l’Assemblée nationale, visant à manifester contre la « transgression des principes de séparation des pouvoirs » et « la multiplication des atteintes aux libertés ». Bayrou, un défenseur des valeurs humanistes, c’est beau.

Au-delà du symbole, les trois députés du Mouvement démocrate, installés chez les non-inscrits du palais Bourbon (aux côtés de deux villièristes et d’un gaulliste !)n’ont pas beaucoup d’influence. La motion des Eléphants roses a été logiquement rejetée. Mais seul le geste compte, non ?

Depuis mai 2007, François Bayrou, fort de sa popularité, en dépit de sa solitude s’est trouvé une mission : devenir le meilleur opposant du sarkozysme, ravir la place à la gauche, et pourquoi pas espérer de passer le second tour de la présidentielle, en 2012.

Lors des municipales de mars dernier, il a accepté plusieurs listes communes avec la gauche, afin de battre les droites locales. Mais des membres du Modem se sont aussi liés à des candidats de droite, comme à Bordeaux.

Le Béarnais, au centre, se tourne vers sa gauche, mais pas trop non plus. Il ne faut pas exagérer. Quand Sarko souhaite reformer le parti radical d’antan, en schisme[1] depuis plus de trente ans, Bayrou rejette, début janvier une proposition de Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche. Le leader du PRG aurait voulu faire de listes communes avec le Modem pour les Européennes. Et en quelques sortes, rassembler le centre gauche, inexistant en France.

Le président du Modem a repoussé l’idée, estimant que le PRG  reste trop souvent entre les pattes de l’ogre socialiste. En un mot, c’est une formation politique non « indépendante » (du PS). Mais, diable, que veut-il ?

François Bayrou cherche à promouvoir des partis politiques indépendants de l’UMP et du PS. Créer un véritable centre français, autour de sa personne. Bien entendu, il aimerait que le PRG devienne Modem pour de bon. Et pendant qu’on y est, que les Socialistes se métamorphosent en Démocrates. Mais ce n’est pas possible. Du coup, il « marche seul, sans témoin, sans personne »…

 


 

 

[1] Le petit Nicolas voudrait une réunification entre le parti radial valoisien de droite, cher à Jean-Louis Borloo, et le PRG de Baylet, pour titiller Bayrou.

27 janvier 2009

Rama Yade : à la lettre ?

 

 

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Comprendre. S’expliquer. Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme a rendez vous avec le président de la République, demain, juste après le Conseil des ministres. « Mal aimée », comme dirait Claude François, elle souhaite sans doute éclaircir ses rapports avec Nicolas Sarkozy, qui selon certaines indiscrétions, ne cesse de la juger négativement.

Ah bon ? Et pourquoi, d’ailleurs ? L’icône médiatique de l’ouverture gouvernementale s’est permis de ne pas suivre à la lettre le diktat de l’Elysée. Le petit Nicolas lui avait demandé, auparavant de s’engager dans la campagne des Européennes de juin prochain. La « sous-ministre » a refusé d’être tête de liste en Ile de France. Au grand dam de Nicolas Sarkozy, qui s’est sans doute emporté comme si souvent au vent de la nouvelle. Une erreur, Rama…Ne jamais vexer le Président, leader incontesté des Français : un conseil non dénué de sens.

La secrétaire d’Etat ne souhaite s’investir qu’en politique française. L’Europe ne l’intéresse pas. Les élections, non plus. Elle se souvient de sa défaite aux dernières Municipales, à Colombes (mars 2008). Aurait-elle peur de s’incliner à nouveau ?

Aujourd’hui, Rama Yade préfère sauver son poste, si important à ses yeux. Elle attend « le pardon » présidentiel, comme l’écrit Arnaud Leparmentier sur le Monde.fr. L’obtiendra t-elle ? Pas si sûr.

Car ce n’est pas la première tension entre elle et l’Elysée. Rama Yade, une récidiviste, une habituée de diatribes ? Certes. La dernière bisbille en date concerne les révoltes tibétaines de 2008, autour de Lhassa. Celle-ci avait confié que le président de la République se rendrait à la cérémonie d’ouverture des JO pékinois sous certaines « conditions ». Peu maligne n’est ce pas ?

Une autre source de conflit, la visite, fin 2007 de Mouammar Khadafi en France. A l’origine de la dispute, une déclaration incendiaire dans le Parisien. L’homme du désert lybien « doit comprendre que notre pays n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits ». Assez gonflé pour une ministre, non ?

Par ailleurs, Rama entretient une relation assez tumultueuse avec le ministre des Affaires étrangères. Bernard Kouchner, l’homme de gauche avait mis en lumière, le jour même du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme une contradiction entre la politique étrangère et les droits de l’homme. Sympa, l’ami ! De toute façon, les ministres ont l’habitude de s’entendre à merveille avec leur secrétaire d’Etat. Christine Boutin et Fadela Amara peuvent en témoigner aisément.

En attendant, Sarko ne devrait pas recevoir la « sous-ministre » Rama Yade avec des fleurs. Et encore moins lui faire écouter une chanson de sa femme Carlita.

C’est qu’il est déjà passé à autre chose. Nicolas a trouvé une autre victime, en la personne de Rachida Dati. La nouvelle maman de Zohra quittera le gouvernement en mai, afin de se concentrer, aux côtés de Michel Barnier sur les élections européennes. Elle, au moins suit les consignes de l’Elysée à la lettre.

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25 janvier 2009

Politique

Publié par canarddeletang dans Non classé

Le Canard de l’Etang : le pitch

C’est quoi, la politique ? Un scénario, des histoires, des épisodes, des feuilletons, des saisons, des personnages, une comédie, un spectacle, des drames… On dirait une série télé…

Oui, bon d’accord, le Canard en regarde beaucoup, des séries.

Le Canard publie ici des billets d’humeur, voire d’ironie sur l’actualité politique. Ou tente de le faire, humblement. Saison après saison, épisode après épisode.

A lire aussi des papiers « politique » publiés sur des sites d’info…

Bonne lecture…

P.L

24 janvier 2009

Ségolène, « une femme debout »?

Publié par canarddeletang dans billet-ironie, majorité-opposition, politique francaise, PS

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Les « royalistes » ont-ils été sollicités afin de participer à la rédaction du plan de relance socialiste ? François Rebsamen, lieutenant de Ségolène Royal, assure que non. Qu’en est-il réellement ? Deux journalistes du Parisien, Eric Hacquemand et Rosalie Lucas ont forcément posé la question au cours d’un entretien, daté du 24 janvier (cf Pauvre Ségolène Royal!).

« Il y a une façon très simple de faciliter la consultation de tous, c’est que Martine Aubry fasse ce que je lui ai demandé à la fin du congrès et qu’elle a refusé : intégrer les 50 % du parti que je représente, avec de nombreux responsables politiques de talent, dans la direction. » L’équipe de Martine Aubry n’est pas talentueuse ? 

Ségolène Royal semble toujours surprise de ne pas faire partie de la direction des Socialistes, alors que son courant est majoritaire au sein du parti, selon le résultat du vote des militants, le 6 novembre dernier (29,08 %).

La Dame du Poitou publie en février un livre d’entretiens (Une femme debout) avec Françoise Degois, journaliste de France Inter. Elle s’interroge sur ses relations avec les autres Eléphants du parti, parfois chaotiques. Ségolène Royal, une femme debout, prête pour une traversée du désert imminente ?

En effet, elle refuse d’être candidate aux européennes de juin 2009. Ségolène Royal voudrait plutôt « approfondir la recherche d’idées neuves pour la gauche du XXIe siècle ». Il serait temps.

 

 

24 janvier 2009

Pauvre Ségolène Royal!

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Lorsque Ségolène Royal ne se plaint pas, ses lieutenants du boulevard Raspail, où les « royalistes » louent quelques pièces, s’en chargent volontiers. Dernier exemple en date. La direction des Eléphants roses vient de décider de ne plus payer l’attachée de presse de l’ancienne candidate à la présidentielle. Le contrat courait jusqu’à fin décembre.

François Rebsamen, « ex » n°2 du PS, proche de la Dame de fer réagit violemment. Il estime que cette décision est « lamentable », et fait preuve d’ « une mesquinerie » à toute épreuve.

Les socialistes s’en défendent. Le trésorier du parti, Régis Juanico confie que le PS ne rémunère que les « les permanents qui travaillent pour le Parti ». Comprendre ici, les membres du bureau de Solférino, les socialistes, qui ne se réclament pas de Ségolène Royal. Aucun « traitement de faveur » pour l’ « ex » compagne de François Hollande, donc. La pauvre : elle doit se sentir seul.

Mais ne se laisse pas faire. Dans une interview, donnée le 24 janvier au Parisien – Aujourd’hui en France, elle explique qu’elle est «  toujours prête à prendre une responsabilité dans le parti. Je peux m’occuper de l’international par exemple ». Ou autre chose d’ailleurs, peu importe.  

Cependant, il est vrai qu’elle aime voyager aux quatre coins du monde. Elle s’y sent peut-être mieux qu’en France. Jadis en Chine et au Chili ; aujourd’hui aux USA. La présidente du Poitou-Charentes revient jeudi dernier d’un voyage aux Etats-Unis. Ségo était la seule personnalité politique française à avoir fait le déplacement. Ainsi, « on ne me reprochera plus de me déplacer de ma propre initiative ».

Au cours de son périple américain, où elle a assisté à la cérémonie d’investiture de Barack Obama, elle a fait preuve de beaucoup d’imagination. Comme souvent. J’ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copiés ». Ah bon ? A quel sujet ? « La démocratie participative ». Rien que cela.

Finalement, lorsqu’elle comprend l’ampleur de la polémique, elle jure qu’il s’agissait seulement « d’humour ». Ce n’est pas l’avis de Sylvain Cypel, le journaliste du Monde[1]. Il n’a pas « personnellement perçu la réponse de Ségolène Royal comme étant de l’humour ».Un quiproquo amusant.

Afin d’éviter que ceci ne se reproduise à nouveau, elle souhaite s’intégrer au plus vite dans l’équipe de Martine Aubry. Car même si elle ne se rase pas chaque matin, elle doit penser à la présidentielle de 2012. Et le seul soutien de « Désirs d’avenir » ne suffit pas. Il lui faut davantage.


 

 

[1] Sylvain Cypel est le journaliste qui l’a interrogé aux USA.

18 janvier 2009

Une soirée avec Milano Swingtet, au Caveau de la Huchette

Publié par canarddeletang dans culture

Une soirée avec Milano Swingtet, au Caveau de la Huchette dans culture

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Lorsque le premier couple, assis sur des canapés rouges, se lève pour rejoindre la piste de danse, Milano Swingtet joue seulement depuis quinze minutes. Sur un air peu rythmé, les deux danseurs, tentent au mieux d’accompagner la musique du quatuor milanais. Au centre de la pièce, ils se concentrent sur leurs mouvements, ne sourient guère. D’autres couples se mettent alors debout et se lancent, ravis, sur des pas de danse. Les danseurs se gênent par manque de place, s’échangent de partenaires. Il est 22h30. Un mercredi soir au Caveau de la Huchette.

            Une ambiance agréable se dégage de ce lieu historique de Saint Michel. Le quatuor milanais joue ses morceaux de swing pendant de longues heures, au plus grand plaisir des amateurs de jazz.

            Ils sont quatre. Le plus âgé des musiciens, des cheveux blancs est à la guitare. Stan Caracciolo présente en français les autres membres du groupe, qui compte un batteur, un clarinettiste et un pianiste.

            Le groupe est venu tôt. Peu après l’heure du dîner, le quatuor répète déjà. Le guitariste demande à un jeune homme de les prendre en photo pendant le concert, si possible « avant que tout le monde commence à danser ». Il accepte volontiers, se déplace souvent devant la scène, durant le spectacle. Pour rendre service au groupe de jazz, réputé en Italie.

            Leur musique n’est jamais la même. Tantôt douce, tantôt rythmé, elle donne la possibilité aux danseurs de montrer leurs talents. Les différents morceaux commencent souvent sur une note de piano, qui précède le son de la batterie et de la clarinette. Le timbre de la guitare n’est pas dominant. Cela ne semble pas gêner les danseurs, qui pour la plupart d’entre eux ne s’offrent pas de répit. Un jeune homme, une casquette blanche sur son crâne rasé, enchaîne les chorégraphies, avec deux cavalières différentes. Il ne se repose plus. Elles sourient. Jusqu’au terme du concert, elles pourront s’amuser…

Milano Swingtet du 14/01 au 18/01

Caveau de la Huchette

5, rue de la Huchette 75005 Paris

M° Saint Michel ou Cité 01 43 26 65 05

 

16 janvier 2009

Que retenir du remaniement ministériel du 15/01?

Il s’agissait principalement de remplacer Xavier Bertrand, le nouveau secrétaire général de l’UMP. Il quitte son ministère des Affaires sociales, pour se concentrer sur le parti de la majorité. Le « gentil Bertrand » va concurrencer le patron du groupe UMP, à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, qui ne cesse de déranger le président de la République avec son ambition. Sarko n’a certainement pas besoin d’un rival au sein de son propre parti. Fort de ses différentes fonctions, tant au niveau local que national, Jean-François Copé espère sûrement, un jour, être candidat à la présidentielle. Et profite depuis mai 2007 de l’absence sur la scène médiatique de François Fillon, un Premier ministre, plus à l’aise dans l’ombre. Sarko devait forcément y remédier. Généralement, le président tient ses promesses. C’est connu.

Le petit Nicolas, Sauveur des Français aime jeter un œil du côté des Socialistes ; et sourit bien volontiers quand les Eléphants roses se disputent. A ce petit jeu, le PS est très fort. Le dernier Congrès de Reims est un très bon exemple de bisbilles internes.

Par contre, il est moins drôle de voir des membres de son  gouvernement ne pas s’entendre. Christine Boutin, la ministre du Logement n’est pas proche de son secrétaire d’Etat, Fadela Amara.

Désormais, elles ne travaillent plus ensembles. Ouf ? Certainement. Toutefois, l’ »ex » de Ni Putes ni Soumises, adepte d’un langage parfois grossier est maintenant sous la tutelle de Brice Hortefeux, qui hérite du maroquin de Xavier Bertrand, et d’une partie des prérogatives de Christine Boutin (la ville). Cela promet d’être amusant. Elle avait fait preuve d’une grande classe pour qualifier la loi sur l’immigration. Selon ses propres mots, le test ADN, un secteur important de la réforme, portée par « Brice, l’ami de trente ans » du président est « dégueulasse ».

 

« Un purgatoire »

 

Nathalie Kosciusko-Morizet n’est pas non plus la meilleure amie de Jean-Louis Borloo. Est-ce si surprenant ? La secrétaire d’Etat avait dénoncé en avril dernier, dans le Monde, « un concours de lâcheté », durant l’examen d’un texte sur les OGM en France. Son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, N°2 du gouvernement venait d’insinuer qu’elle n’avait pas assez combattu un amendement d’un député communiste, limitant la culture des OGM dans le pays.

NKM est « rétrogradée » selon Laurent Joffrin, qui s’exprime sur France Info, le 16 janvier. Un « purgatoire » imposé ? C’est ce que croit Sylvie Pierre-Brossolette, du Point. Pourquoi ? Nommée secrétaire d’Etat à l’économie numérique, on lui « enlève l’évaluation des politiques publiques », glisse la journaliste sur le plateau de la radio d’information.

Elle prend la place d’Eric Besson, l’ex socialiste, devenu avant-hier ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale. N’avait-il pas, pourtant, dans une autre époque, dénoncé la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy ?

Quant à l’ouverture, elle se rétrécit à droite. Le socialiste Jean-Pierre Jouyet, parti l’an dernier à l’AMF, le gendarme de la bourse, a été remplacé aux Affaires européennes par un fidèle villepiniste, Bruno Le Maire.

Par ailleurs, François Fillon espérait donner un job à un membre du MPF. Après l’adoption de quelques idées du FN dans le programme du président, une ouverture aux souverainistes ? Le gouvernement était tenté d’offrir le maroquin de l’économie numérique à Bruno Retailleau, le spécialiste des nouvelles technologies au Sénat. Philippe de Villiers était plutôt contre, et cela ne s’est pas fait.

L’ouverture à gauche est-elle pour autant vraiment morte ? Pas vraiment. Martin Hirsch est désormais haut-commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse. Une petite récompense méritée.

 

15 janvier 2009

De Carolis, l’inamovible ?

Patrick de Carolis a signé en décembre la mort de la publicité après 20h, prévu pour le 5 janvier, par le Conseil d’administration de France Télévisions. Avant même que la réforme de la télévision publique passe en première lecture au Sénat le 7 janvier (en principe, jusqu’au 15/01). La publicité s’efface, comme le demande Nicolas Sarkozy depuis un an.  Une épreuve pour l’ancien élève de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris, PDG de France TV depuis 2005.

 

« Si à un moment donné je vois que je n’ai pas la possibilité de faire mon travail, d’avoir les moyens de nos ambitions, je le dirai et je dirai stop ». Patrick de Carolis, le 2 juillet dernier, sur les ondes de RTL évoquait une éventuelle démission de son poste de PDG de France Télévisions.

Six mois plus tard, l’Arlésien tient toujours la barre du navire. Il présente à la presse, la grille des programmes pour la première semaine de janvier, avec Patrice Duhamel, le directeur général chargé des antennes. Avant d’accepter la demande de Christine Albanel et de voter lui-même au sein du Conseil d’administration la suppression de la publicité. Est-ce à dire que « le compte y est », finalement, pour France TV ?

Un projet de loi a été présenté devant le conseil des ministres, puis au Parlement. Des taxes sur les recettes publicitaires des chaînes privées, concurrentes de France TV et sur les opérateurs de télécoms pourraient être mises en place. On parle même d’une légère augmentation de la redevance (116 euros, actuellement), sans doute indexée sur l’inflation. Par ailleurs, le gouvernement français prévoit de donner 450 millions d’euros à France TV, afin de palier le manque à gagner, dû à la suppression de la pub.

Le déficit grimpe, forcément, depuis 2008, mais Patrick de Carolis accepte la sentence du gouvernement visant à supprimer tout spot commercial, à partir de 20h dès le 5 janvier.

 

« Rester maîtres de notre destin collectif  »

 

Au cours de ses vœux en ce début d’année aux salariés de France TV, Patrick de Carolis explique que la réforme est « malgré la rumeur bien plus qu’indispensable ». Depuis le départ, il souhaite une réforme du groupe audiovisuel public. Il est favorable à la fusion, prévue par la loi, des sociétés composant la holding du groupe France Télévisions SA en une entreprise unique.

Patrick De Carolis, un homme qui cherche à faire avancer son entreprise dans de bonnes conditions. Son but ? «  Evoluer et rester maîtres de notre destin collectif », explique t-il devant ses salariés, à quelques heures de la première soirée sans réclame.

Il travaille d’arrache-pied, pour offrir une télévision publique de qualité. « C’est parce que l’avenir de France Télévisions est en jeu et donc votre avenir, que je continuerai à me battre inlassablement pour faire triompher notre idée de la télévision ».

Se faire respecter, et se défendre des attaques des autres. Il sait de quoi il parle. Le 2 juillet dernier, toujours sur RTL, il affiche son désaccord avec le président de la République qui s’offusque. A l’évidence, les programmes de France Télévisions « ressemblent encore trop (à ceux) des chaînes privées ». Patrick de Carolis  trouve ce raisonnement « faux, stupide et profondément injuste.  France TV possède une ligne éditoriale indépendante », a-t-il rappelé. « Jamais je ne soumettrai mes grilles de programmes, un quelconque concept, à un quelconque visa venu de l’extérieur de l’entreprise ». Même pas au président.

Toutefois, le PDG ne lui manque pas de respect. L’entente est cordiale. Est-il pour autant sarkozyste ? Il ne s’est jamais prononcé sur ses couleurs politiques, « Il ne dit pas pour qui il vote » et « n’a pas à le faire », confie Augustin Scalbert, journaliste de Rue 89.

 

« Un gestionnaire »

 

A l’Elysée, « l’après de Carolis » semble se préparer dans l’ombre. Des rumeurs courent. Des noms circulent. Si l’on en croit le Parisien – Aujourd’hui en France, du 8 janvier, Nicolas Sarkozy aurait même couché « deux noms » pour remplacer l’Arlésien, à la tête de France TV. Denis Olivennes du Nouvel Observateur, Jean-Marie Colombani, un « ex » du Monde, voire même Laurent Joffrin, de Libération seraient sur la liste.

Avec la nouvelle réforme, l’ancien producteur des Racines et des Ailes n’est plus qu’un simple « gestionnaire », nous explique Augustin Scalbert. Le président de la République peut ainsi le remercier quand bon lui semble. Le fera t-il pour autant ? Le journaliste du site d’information n’en est pas si sûr. « Une polémique verrait le jour… », glisse-t-il.

Partira ou partira pas, alors ? Ira-t-il jusqu’au bout de son mandat, fin 2010 ? Personne ne le sait.

Christine Albanel, la ministre de la Culture, juge que l’homme a les qualités pour mener à bien la réforme. Sera-t-elle entendue par Nicolas Sarkozy ? Nul ne peut l’avancer. Pour l’instant.

Et s’il s’en va, que fera-il ? Se consacrera t-il entièrement à l’écriture, une passion que l’ancien pensionnaire de l’ESJ Paris n’a pas vraiment abandonné ? L’avenir nous le dira.

 

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