le Canard de l’Etang

31 mars 2009

Buffet à l’ESJ Paris : une « camarade » qui défend son parti…et la gauche

http://www.rmc.fr/blogs/public/images/Bourdin_and_co/buffetmarie.jpg

Marie Georges Buffet était aujourd’hui l’invitée de l’Ecole Supérieure de Journalisme à Paris. La cheftaine du PCF en a profité pour expliquer que son parti était la troisième force politique de France en terme d’élus. Et non un parti à l’agonie.

Un petit peu, quand même. Elle le sait bien puisqu’elle glisse les raisons de la chute des Communistes depuis 1981: suprématie du vote utile, manie « de jauger le parti » seulement par les résultats de chaque présidentielle. Et comme ils sont mauvais, on estime que le parti se meurt. L’opinion lui colle donc une étiquette peu glorieuse. Qui explique le désamour.  Forcément.

D’ailleurs, 2012 est dans tous les esprits. Maints politiques ne pensent qu’à cette échéance. Ou presque. A l’instar de Bayrou, qui est l’auteur d’un beau « lapsus révélateur ». Le centriste a confondu lors d’un rassemblement des siens, les Européennes de juin et la prochaine présidentielle.

Sujets fétiches de Dame Buffet, l’alliance entre le PCF et le parti de Gauche, fondé par Mélenchon pour les Européennes, ainsi que sa relation avec les médias.

Jamais tendre, toujours sympathique, parfois dure, elle nous fait part de ses attentes vis-à-vis des journalistes. Justement, elle regrette, avec une pointe d’ironie que les émissions de TV invitent de plus en plus des consultants sportifs ou des « spécialistes », au côté des présentateurs et autres journalistes. Des professionnels qui prennent en quelque sorte la place du reporter. C’est-à-dire les « espères »[1].

D’ailleurs, qu’espère t-elle ? Battre le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) aux prochaines élections avec « son front de gauche » qui rassemble aussi des déçus de la défunte LCR ? Refonder la gauche ? Vaste programme, Madame. Mais encore ? Formuler des idées « révolutionnaires mais nouvelles », précise t-elle.

En outre, elle nous pose une question qui tue. C’est quoi la gauche aujourd’hui? Elle n’y répond pas, bien sûr. Toutefois, elle nous invite à réfléchir. A nous torturer.

Sauvé. Elle laisse quelques pistes de réflexion. Etre de gauche, c’est « contester » la droite ? Oui. Or critiquer le « candidat devenu président » (Sarko) ne suffit pas. Construire un projet alternatif répondant aux questions des « hommes et femmes qui souffrent ». D’accord, mais encore faut-il s’entendre entre « camarades ». Car le problème, c’est que les projets de gauche sont trop nombreux. Et pas toujours lisibles. MGB le reconnaît aisément.

P.L


 

 

[1] Buffet ne prononce pas le « x » du mot « expert »

30 mars 2009

Demain, dans le Journal (officiel), « une règle en temps de crise » (Fillon)

http://www.rmc.fr/blogs/public/images/Les_grandes_gueules/Mars%202009/fillon.jpg

Un gouvernement en faveur du capitalisme moral. Et s’opposant aux entrepreneurs qui perdent la raison.

Vraiment ? François Fillon vient de présenter le décret tant attendu, censé réglementer les stock-options des PDG, dont les entreprises sont aidées par l’Etat. Pour celles qui bénéficient d’un soutien financier, aucun bonus n’est toléré. Et ce, jusqu’au moins « 2010 ». Le pouvoir exécutif aurait-il un talent de prémonition ? La croissance reprendra t-elle l’année prochaine, comme le croit la BCE ? Peut-être. Et après ?

La crise terminée, les patrons, encadrés par l’Etat, pourront à nouveau s’en mettre plein les poches. Annoncer des suppressions de postes de temps en temps. Délocaliser même si l’entreprise est rentable. Se référer (uniquement) au code éthique de bonne gouvernance du Medef. Chère à Laurence Parisot. Et tellement efficace…

P.L

26 mars 2009

Sarko, président de…

En direct de Saint-Quentin (Aisne), au cœur du giron du « gentil Xavier Bertrand », à l’heure du discours du président de la République. Le scoop.

http://lamouette.blog.lemonde.fr/files/2008/08/nicolas-sarkozy.1218183177.jpg

Sarko, le président de tous les Français ? Sans distinction de couleur de peau, d’âge, de profession ? Que ce soit des pauvres, des riches, mais encore des ouvriers, des cadres, des PDG  en quête de stock-options et autres bonus ? Mais aussi une population que rien n’arrête pour battre le pavé ? Prête à tout, pour sortir pancartes de chez soi ? Les Français qui se réclament de la gauche ? Les camarades socialistes, communistes, sans oublier les radicaux, les Trotskistes, qui rêvent de révolution sociale, comme en Guadeloupe ? En principe seulement.

Car Nicolas Sarkozy pense d’abord à une caste en particulier. Et pas n’importe laquelle. Celle qui a les moyens de s’offrir une Rolex avant cinquante ans ? Voire. Les habitants de belles et riches banlieues, comme Neuilly-sur-Seine ? Evidemment. Mais pas que. La France qui travaille, qui se lève tôt ? Voilà, nous y sommes.

Sarko glisse pendant son discours qu’il songe à eux. « J’ai  voulu protéger la France exposée à la crise, la France qui travaille malgré l’angoisse, la France qui ne proteste pas et qui est soumise à des pressions considérables ». C’est-à-dire « cette majorité silencieuse qui n’a pas les moyens de se mettre en grève, ou de manifester ».

En un mot, le pauvre employé, ou l’ouvrier qui peine à remplir sa tirelire. L’individu qui souffre en silence face au patron sans scrupule, qui ne cherche que son bonheur matériel. Qui ne respecte guère le code de la bonne gouvernance du Medef. Qui se fiche des remontrances du ministre Laurent Wauquiez. Et qui, malgré ses erreurs, s’en tire toujours honorablement. Avec un portefeuille garni.

P.L

23 mars 2009

primaires UMP pour les régionales : Pécresse, une étoile filante élue

http://colleges.ac-rouen.fr/sainte-marie/hotpotatoes/images/pecresse.jpg

Les militants ont élu la princesse Pécresse. La ministre de l’Enseignement supérieur vient de battre son concurrent à la primaire qui désigne le candidat de la droite aux prochaines régionales. Haut la main, en plus : quasiment 60 % des suffrages. Et même si seulement un militant sur deux (environ) s’est rendu aux urnes. Le patron de l’UMP, Xavier Bertrand résume bien l’affaire. « La différence est claire ».

Oui, les adhérents au parti sarkozyste n’ont pas souhaité l’élection de Roger Karoutchi. Le ‘sous-ministre’ chargé de la relation au Parlement est pourtant le préféré de la majorité des élus franciliens. Le chef de file de l’opposition parisienne.  Le chouchou de Dadu et Jean Sarkozy, ou encore François Guéant..

Ainsi les militants UMP se tournent-ils plutôt vers la spécialiste de l’absentéisme politique, puisque Valérie se pointe rarement au conseil régional depuis son élection en 2004 (manque de temps, comprenez-vous!). La ministre fétiche des étudiants et profs chercheurs, qui ont adoré son projet de loi sur les universités. Une femme qui a du reculer sous la pression de la rue.  Car son texte, si décrié a été métamorphosé.

La « nouvelle étoile du sarkozysme », titre le Figaro d’aujourd’hui. Plutôt une étoile filante..

 

23 mars 2009

La priorité de Barack Obama? Jacques Chirac et non Nicolas Sarkozy

Un camouflet pour Sarkozy. Ou un revers. Nos confrères du Figaro révélaient la semaine dernière, que Barack Obama avait envoyé mi-mars un courrier au président Chirac. «Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble afin de construire un monde plus sûr». Et ce « dans un esprit de paix et d’amitié ».

Le locataire de la Maison Blanche évoque certainement le combat de l’ancien président de la République pour le dialogue des cultures. Jacques Chirac, lui a trouvé cette lettre « sympathique ». Elle l’est moins, en revanche pour Nicolas Sarkozy, qui n’a toujours pas réussi à rencontrer l’hôte de la Maison Blanche, depuis sa victoire du 4 novembre dernier.

Sarko doit être déçu, tellement il considère Obama comme un « copain ». Tellement il aurait préféré le voir avant tous les autres. Et tellement il estime être le président de l’Europe. Voire plus, si affinités. Par exemple, chef d’orchestre de la prochaine réunion du G20, le 2 avril, à Londres?

Il s’agit quand même d’un meeting hautement symbolique, visant, à terme une réforme de la finance mondiale…Le rêve de notre président de la République!

http://clabedan.typepad.com/photos/uncategorized/chirac.jpg

Sarko a remis le 18 mars les insignes de chevalier de la légion d’honneur à Bernadette Chirac. En présence de son prédécesseur « Jacques », il affirme : « nous trois, on pourrait faire la même famille ». En terme d’énergie. Evidemment.

20 mars 2009

Jean Sarkozy tacle Copé et adoube Karoutchi, le ministre qui énerve « papa »…

Les primaires entre Pécresse et Karoutchi vont-elles conduire à un imbroglio familial chez les Sarkozy?

http://jmag77.typepad.com/photos/nicolas_sarkozy/jean-sarkozy-2481125_1350.jpg

Fait notoire, Sarko s’irrite souvent. La dernière colère en date, relevée par les Confidentiels du Figaro du 17 mars : le président serait remonté contre Roger Karoutchi, « sous-ministre » chargé de la relation avec le Parlement, qui se servirait de la famille Sarkozy pour sa campagne des primaires UMP pour les régionales. Une ire étrange.

Car le secrétaire d’Etat s’est tout simplement rendu à Neuilly-sur-Seine recevoir l’onction et le soutien de Jean Sarkozy, cadet du petit Nicolas. Le ministre fait juste son travail : il se ‘promène’ en Ile-de-France à la rencontre de ses électeurs, notamment du 92 (département des Hauts-de-Seine). Autrement dit, il mène sa campagne pour tenter d’être élu candidat des régionales de l’année prochaine. Comme l’avait demandé Nicolas Sarkozy, en fait. Celui-ci voulait que les candidats ‘s’affrontent’ pendant des primaires tels des Socialistes avant une présidentielle. Les militants UMP ont leur mot à dire, d’après Sarko. Ainsi est-ce l’occasion, pour eux de départager les deux prétendants.

En un mot, Karoutchi est grondé, parce qu’il suit les préceptes de l’Elysée (en menant sa campagne, donc). Vraiment bizarre, non ? Le président refuse peut-être aussi que son fiston prenne parti. Qu’il clame haut et fort le nom de son préféré pour conduire la liste des  régionales contre Jean-Paul Huchon, le socialiste sortant. A ce moment là, l’étrange atteindrait son paroxysme.

Puisque Jean Sarkozy respecte une vieille consigne de papa. C’est-à-dire réprimander Jean-François Copé (aussi souvent que possible, et là devant Karoutchi), qui avait auparavant adoubé la princesse Pécresse. Au grand dam de Jean Sarkozy qui lui en veut (vraiment?) de ne pas avoir respecté la neutralité politique. Comme lui, au final…

P.L

19 mars 2009

un bouclier fiscal mal aimé

 

Une majorité divisée

 

« Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts ». C’est ainsi que Nicolas Sarkozy tente de suspendre le débat interne à la majorité concernant le paquet fiscal. Certains détracteurs de cette mesure estiment, à l’instar de l’opposition, qu’il s’agit seulement d’un cadeau aux riches et à l’électorat de l’UMP. En ces temps de crise, il faudrait, selon Pierre Méhaignerie demander aux classes les plus aisées un effort supplémentaire. Les taxer davantage. Et faire en sorte qu’ils puissent rendre plus que 50 % de leur revenu. Le PS observe avec amusement l’ampleur d’une fronde qui se montre de plus en plus critique vis-à-vis des décisions du gouvernement. Hier, le travail du dimanche ; aujourd’hui, l’OTAN, le paquet fiscal, voire la baisse de la TVA dans la restauration. Jean-François Copé et Xavier Bertrand se sont pris la main, pour défendre, ensemble le projet de Sarko. Incroyable, non ?

http://www.mpdaubresse.fr/sessions/data/img/Pierre-Mehaignerie%20photo.jpg

Retenir l’argent, le but de Sarko

 

Nicolas Sarkozy ne recule pas dans le Doubs. Pas moyen de supprimer le paquet fiscal, ou du moins le suspendre, le temps que l’activité économique redémarre. Normal. Un président (transparent) ne revient pas sur une promesse de campagne. Surtout lorsqu’il en va de l’avenir des bénéficiaires de cette mesure fiscale. En effet, ne faut-il pas les retenir ? Les empêcher de quitter le pays ?  Eviter qu’ils ne s’installent dans un paradis fiscal ? En un mot, faire en sorte que l’argent reste en France… Or, il ne s’agit pas forcément des plus riches foyers de France et de Navarre. Plutôt des propriétaires (de logements) qui ne disposent pas toujours d’un emploi stable.

http://www.pierre-mehaignerie.org/design/menu.png

Minorité-majorité

 

Tout au long de sa campagne, l’actuel locataire de l’Elysée s’obstine à refuser d’augmenter le SMIC. C’est-à-dire donner un coup de pouce au pouvoir d’achat et relancer la consommation, dirait un socialiste. Car il serait injuste d’aider une population minoritaire (les smicards) sans soutenir en même temps le reste des salariés, majoritaires. Une idée ? Augmenter le salaire pour tout le monde. Non : une mesure impossible à mettre en place puisque les « caisses sont vides ». L’argument du président : ne pas aider une petite partie de la population sous prétexte que c’est injuste pour les autres. Pourtant, quelque chose cloche. Combien de personnes sont autorisées à payer moins d’impôt en France ? 15000 têtes sont protégées par ce bouclier magique…Une minorité, non ?

14 mars 2009

François Fillon du côté de chez Total

 

http://blogs.rtl.fr/aphatie/public/janvier/francois_fillon_500_pc_matignon.jpg

 

Le Premier ministre s’offre un répit de pessimisme, en affirmant sans rire que Total va « créer plus d’emplois qu’elle n’en supprime ». Le géant pétrolier est « une des plus belles entreprises françaises ». Effectivement, elle « rapporte » beaucoup d’argent en ces temps de crise et de faillite de l’Etat…

Conclusion du chef du gouvernement : « Je pense qu’il faut distinguer les entreprises qui commettent des erreurs, qui ne se conduisent pas normalement au regard des lois de la République et les entreprises qui au contraire, comme c’est le cas de Total, assument pleinement leur responsabilité ».

Or, les profits de l’année passée (14 milliards d’euros) n’ont pas été partagés également entre salariés, actionnaires et investissement, comme le souhaite le président de la République.

En tout cas, François Fillon contredit son secrétaire d’Etat, Laurent Wauquiez. Le « sous-ministre » prend des allures de justicier, en jugeant « scandaleuse » l’annonce de la suppression de  555 postes en France.

14 mars 2009

Message privé !

Publié par canarddeletang dans billet-ironie

Le jeune homme vient de s’en apercevoir. Quelqu’un vient de pirater son blog. Et y a publié une lettre anonyme. Fichtre. Le dépositaire du Canard de l’Etang devrait faire attention. Il n’est plus à l’abri d’une telle mésaventure. Mais qui est l’auteur de ce courrier ? Un homme qui a « raté sa vie » ? Qui n’a pu s’acheter une Rolex à 50 ans ?

 

Les chroniques habituelles reviennent vite.

 

13 mars 2009

lettre d’un anonyme…

Si tu lis la presse depuis quelques semaines, voilà ce que tu apprends.

Tu as moins de 18 ans, encore au bahut : tu ne pourras plus acheter des clopes au buraliste de ton quartier. Tu es jeune, à la fac, dans un IUT, en école de commerce, tu viens de réaliser que tu ne pourras plus boire des litres d’alcool lors de soirées arrosées, acheter de l’alcool dans une petite épicerie. Ou du moins entre 20h et 6h du matin. Et ceci grâce (à cause de?) à ta ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui ne veut que ton bien et éviter que les jeunes se saoulent trop durant les open bars.

Tu es jeune et tu réalises que ton gouvernement souhaite couper ton accès à Internet si tu télécharges de la musique, tes séries préférées ou encore les films que tu refuses désormais de voir au cinéma en raison du prix que tu trouves exorbitant. Et qui ne cesse de grimper.

Bien sûr, tu auras reçu, au préalable deux avertissements par ta boîte de messagerie et par lettre recommandée. Mais tu ne les auras pas pris en compte. Et si Sarko supprime temporairement ton abonnement, il est possible que tu ne puisses plus communiquer avec l’extérieur, puisque ton forfait inclut aussi la télévision et le téléphone. Toutefois, tu sais bien que tu pourras aisément contourner l’interdit, et tu te dis que ce projet de loi ne règle aucun problème.  

Tu travailles depuis un certain temps, tu te lèves chaque matin à l’aube, tu te fatigues jusqu’au crépuscule pour une entreprise, qui malgré la crise économique gagnent des milliards sans partager le profit avec ses salariés. Par exemple, tu bosses depuis une décennie à Total, qui vient de battre un sacré record (14 milliards d’euros en 2008), mais qui annoncent 555 suppressions de postes.

Tu es employé,  prof ou instituteur. Tu pensais faire confiance à Sarko qui se voulait depuis des lustres président des « gentils Français » contre les « méchants capitalistes », voire les « traders fourbes », dans la lutte contre les dérives de l’ultralibéralisme.

Or, tu viens de réaliser que « l’Etat ne peut (effectivement) pas tout », comme dirait Lionel Jospin. Tu te dis déçus du comportement du petit Nicolas, qui refuse de commenter l’actu de Total. Tu réalises que la colère de Laurent Wauquiez n’est pas efficace. Le secrétaire d’Etat à l’emploi se montre « scandalisé ». Mais qui ne l’est pas ?

Malheureusement,  tu te retrouves coincé dans un terrible dilemme. Car déçu du sarkozysme, tu espères sans doute te remettre à l’opposition. Tu te crois d’ailleurs peut-être socialiste ou bayrouiste (et oui, cela existe !). Ainsi suis-tu sûrement la vie politique de cette opposition, qui a bien du mal à survivre. A ton plus grand désarroi. Car franchement, tu t’interroges. Où sont les Eléphants roses socialistes ? Les membres du PS ne cessent de se battre depuis 2002, et la terrible (ou pas, à toi de voir !) défaite de Lionel Jospin, incapable de passer le premier tour de la présidentielle.

Tu n’es absolument pas nostalgique quand tu repenses au Congrès de Reims, où les querelles intestines étaient à leur paroxysme. Tu te poses la question. Tu as observé tous les caciques du parti réunis et souriants annoncer les listes des élections européennes de juin prochain. Et alors tu t’es dit qu’ils allaient enfin s’aimer. Peine perdue, cher(e) ami(e).

Certains barons remettent en cause les listes. Refusent certains parachutages, comme celui d’Henri Weber au centre, alors qu’il était sénateur de Seine Maritime. Lancent des pétitions pour constituer une fronde contre la direction du parti.

Tu es au courant. Il s’agit évidemment du maire de Lyon, Gérard Collomb. Celui-ci rejette la présence de Vincent Peillon dans le sud-est, puisqu’il est eurodéputé du nord-ouest.

Tu penses peut-être comme le « bourgmestre » des Gones que c’est une erreur et que cela revient sûrement à prendre le militant socialiste pour un imbécile. Et, pantois, tu cherches à comprendre. Au bout d’un instant, tu trouves une réponse. Le PS est avant tout un fourre-tout sans leader. Voilà. Le chef charismatique manque.

Au contraire de l’UMP. En effet, cette droite, bien que divisée entre gaullistes et sarkozystes (pour schématiser) n’est pas contrôlée par son secrétaire général, Xavier Bertrand. Le maître de l’Elysée tient le volant. Tire les ficelles.

Sarko dirige le gouvernement, gronde les ministres qui ne font pas le travail qu’il demande, vire ceux qui dépassent les bornes, nomme des amis à des postes clés. Et se prend, un peu pour un justicier lorsqu’il cherche (souvent avec succès) à libérer des prisonniers médiatisés. Avant hier en Libye (secondé par son ex, Cécilia), hier en Colombie, et aujourd’hui au Mexique.

Un président, tu l’auras remarqué, qui se trouve tellement fort, qu’il devient exemplaire. Ségolène Royal n’est pas le modèle d’Obama, comme elle l’avait supposé avec une certaine ironie. Sarko l’est. En « 50 jours, Barack Obama n’a pas laissé le temps aux Américains de souffler. Fermeture de Guantanamo, début de la fin de la guerre en Irak, énergie, santé, les plans de réforme se succèdent à un rythme effréné alors que l’Administration a à gérer une récession économique qui ne cesse de s’aggraver » (le Figaro du 10 mars). Un autre hyperactif, en somme…

cordialement,

PS : l’auteur se cache derrière un voile

12

LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
MoDem de l'Ariège |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...
| UNI ...