le Canard de l’Etang

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23 novembre 2009

Benoît Hamon :  » le PS est au fond du trou »

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Benoît Hamon est venu à l’ESJ PARIS. Le Canard de l’Etang révèle une petite confidence de ce « quadra » qui porte la parole socialiste.

 Les questions des étudiants ne concernaient guère les relations entre le PS et les médias (selon lui, seul le Figaro couvre le PS de manière « objective ». Libération, le Monde, et le Nouvel Obs’, « non »). Elles portaient plutôt sur la situation désastreuse de son parti, « au fond du trou ».

Sans rire, le porte-parole des Eléphants roses apporte une ou deux réponses sans langue de bois, pour une fois. Le poing serré, il offre une analyse bien juste. Qui fait mouche. « Son parti va mieux, mais conserve des boutons de fièvre ». Des socialistes en voie de guérison ? « On se réorganise depuis le congrès de Reims », dit-il sobrement, sans rentrer dans les détails, malheureusement.

Ce qu’il remarque n’est pas faux.  « Martine » prend rarement la parole : la Première secrétaire se donne du temps pour réagir aux actes du chef de l’Etat, un président qui « sature l’espace médiatique » depuis son élection.

En bon porte-parole, Mister Hamon se charge des commentaires. Au nom du PS, forcément. Mais pas toujours. Parfois, c’est en son nom qu’il réagit. Car avant de publier un communiquer ou de répondre aux questions des journalistes, il ne peut pas toujours s’entretenir avec la direction de Solférino.

A ce moment-là, il essaye de trouver « une réponse (formellement) socialiste ».

Souci, il n’a pas le monopole de la parole devant les médias. D’autres dirigeants s’en chargent volontiers. Les « prises de parole » au sein « du deuxième parti de France » sont si nombreuses qu’elles forment une « mosaïque ».

Et entre les caciques et autres vieux routiers de la politique, comme Laurent Fabius ou les « quadras », dont il fait partie, à l’instar de Manuel Valls, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, les réactions ne sont pas toutes les mêmes. Elles divergent parfois. Et révèlent de profondes divisions au sein de cette famille social-démocrate.

Ainsi, trouver un candidat et un leader socialiste capable de mener le combat dans la vallée présidentielle en 2012 va relever d’un exploit.

Le porte-parole rappelle que les socialistes ont fait le pari d’organiser des primaires pour trouver la personne qui aura la lourde tâche de mener la campagne contre Nicolas Sarkozy. Et au bout de quelques minutes, il révèle du bout des lèvres que Martine Aubry et Ségolène Royal restent ses préférées.

Même si cette dernière s’est fait remarquée la semaine dernière par sa visite surprise à Dijon au grand dam de Vincent Peillon (cf billet précédent) ? Evidemment, car tout le monde aura vite « oublié » cette séquence idiote, estime t-il, sans se douter (ou pas) que des sondages annonceraient quelques jours plus tard une régression de Dame Royal dans les sondages…

 

P.L

 

15 novembre 2009

jeu d’ego

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« L’Espoir à gauche », à l’ère des combats de titans. Ou plutôt entre deux ‘chefs’ : le chef du courant, à l’origine royaliste Vincent Peillon et Ségolène Royal, un duel entre une candidate à la présidentielle et son porte-parole de campagne, voire l’ancien supporter en chef et lieutenant.

Hier, des mots durs ont été prononcés, des piques se sont envolées entre les deux socialistes, pourtant proches, autrefois. La raison ?

La présence inattendue de Ségolène Royal à une « rencontre du rassemblement » de Dijon, organisée par Vincent Peillon sur le thème de l’éducation. Une journée de débats pour préparer « l’avenir de la gauche » réunissant autour d’une table des socialistes et autres ségolâtres, des adeptes d’Europe-Ecologie (dont Gabriel Cohn-Bendit, frère de Daniel), des membres du Modem (exemple, Marielle de Sarnez) et des amis de Robert Hue (ex-PCF).

Mais en principe sans « présidentiables », exigeait Vincent Peillon, qui jure sans rire ne pas faire partie de cette caste, incommodante à ses yeux. Ainsi, François Bayrou n’était pas convié, tout comme Ségolène Royal, venue quand même.

Celle-ci, isolée politiquement quoi qu’elle en dise, boudée par ses sympathisants du courant « l’Espoir à gauche » s’est « auto-invitée » (Vincent Peillon). Et il trouve cela « puéril ».

La Dame du Poitou donne son point de vue, forcément différent. Elle aurait rejoint le rassemblement « à l’invitation » de François Rebsamen. Or le maire de Dijon dément, gêné. Pas grave pour Ségolène, qui se positionne finalement en victime : « Je ne comprends pas que Vincent Peillon auquel j’ai accordé toute ma confiance et une place éminente dans l’organisation de ce mouvement puisse aujourd’hui déraper ». En oubliant apparemment que ce « mouvement » avait été fondé en son absence. Ségolène Royal se trouvait au Brésil à ce moment-là.

Sa venue prouve en tout cas la solitude de l’ex-candidate à la présidentielle qui a besoin d’un appareil, d’un parti, d’un courant à ses pieds pour exister politiquement. Son groupe de fans, Désirs d’Avenirs ne lui suffit plus.

A Dijon, Ségolène Royal voulait donc se refaire une santé. Serrer des mains. Qu’on parle d’elle aux côtés de militants. Et qu’on oublie, le temps d’un déjeuner, l’organisateur de cette « rencontre » d’une gauche apparemment unie, celle d’un rassemblement élargi pour battre Nicolas Sarkozy en 2012.

D’où ce joli coup médiatique qui embarrasse Vincent Peillon. Car évidemment, les caméras se sont braquées sur Dame Royal et plus sur lui, à l’instar de son premier rendez-vous du même genre, les ateliers d’été de Marseille et la photo de classe regroupant à l‘époque Marielle de Sarnez, Robert Hue, Daniel Cohn-Bendit ou encore Christiane Taubira. Une « gauche plurielle » sans candidat à la présidentielle, contrairement à Dijon.

 

P.L

12 novembre 2009

« Crispation » au sein de la majorité (Chantal Jouanno)

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Les jours se suivent et se ressemblent au gouvernement. Depuis plusieurs semaines, les couacs et autres mésaventures se multiplient, alors que Nicolas Sarkozy vient d’arriver à mi-mandat.

Après les polémiques concernant Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy, voilà que certains ex-Premiers ministres, notamment de droite critiquent le décisions du gouvernement et donc du chef de l’état. Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin (taxe professionnelle), Edouard Balladur (à propos des charters d’Afghans, renvoyés dans leur pays d’origine) ont tous envoyés des diatribes en l’air, montrant par là qu’ils n’abandonnaient pas leur liberté de blâmer.

Ils ne sont pas les seuls à monter au créneau au sein de la majorité. Moult députés et sénateurs s’en donnent à cœur joie pour dénoncer certaines actions de l’exécutif.

Dernier défi en date, celui du président de l’Assemblée nationale. Contre l’avis de MAM et de Jean-François Copé,  Bernard Accoyer accepte la proposition socialiste de créer une commission d’enquête sur les sondages très chers de l’Elysée (la Commission des lois aura néanmoins le dernier mot, mardi prochain).

Parfois, les ires passent comme une lettre à la Poste. Parfois, elles provoquent la colère noire du Château. Quand cela se produit, un coup de fil suffit pour passer le courroux et faire changer d’avis le parlementaire.

Pour ne citer qu’un exemple, Jean-François Lamour, en faveur de l’instauration d’une taxe de 10 % sur les profits des banques. Le député parisien avait voté « oui » une première fois avant de revenir, comme par hasard sur son choix initial, une fois avoir révélé s’être « trompé de bouton » : un comble pour un ancien champion de sabre. Au final, il a dit « non » au texte qui n’a pas été retenu.

Les ministres, aussi ne respectent pas toujours les règles de base, celle notamment de la « solidarité entre collègues ». L’ex-président d’Emmaüs France Martin Hirsch, d’une part ne comprend guère l’intérêt de lancer des débats sur l’identité nationale, un projet d’Eric Besson, devenu réalité, il y a peu.

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Rama Yade (sport) dépasse aussi les bornes, provoquant les foudres de François Fillon et Nadine Morano (famille).

Devant les caméras de la presse, elle montrait clairement son désaccord avec sa ministre de tutelle (Roselyne Bachelot) sur la fiscalité des footballeurs. Et de surcroît, elle refusait à moitié d’être « parachutée » dans le département du Val d’Oise sur la liste des régionales.

Terrible affront par ailleurs, la benjamine et la plus populaire parmi le gouvernement Fillon n’aurait dû être que numéro 2 derrière Axel Poniatowski. Finalement, l’erreur a été corrigée et elle aurait accepté d’être  tête de liste du 95, bien qu’elle voulait au départ rester dans son département des Hauts-de-Seine. Et même si les élus locaux ne semblent pas vouloir d’elle.

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Au sein même de cette famille politique, les langues se délient, pourvu que les caméras soient éteintes. Dans l’enceinte de l’ESJ Paris, l’ex-porte-parole UMP, Chantal Jouanno (voire la photo juste au dessus) ne se prive pas de tirer sur la secrétaire d’état aux Sports : « Rama a fait perdre Colombes (aux dernières municipales, 2008), car elle était peu sur le terrain, profitant de son statut de vedette ! ».

Or, cette dernière n’est pas non plus une députée parfaite, qui fait « oui » de la tête à chaque décision de Sarkozy, voire du gouvernement. Chantal Jouanno était pour l’instauration de la taxe bancaire et avait voté en faveur de l’amendement proposé par le socialiste Didier Migaud, fin octobre. Et ce au grand dam de Christine Lagarde, qui avait fait en sorte que les députés revotent le texte, passé la première fois. Or au second tour, Chantal Jouanno s’était « abstenue » car « le Parlement soutient (en principe) le gouvernement ».

Un épisode qui prouve en tout cas « la crispation » (C. Jouanno) présente au sein de la majorité depuis un certain temps.

 

P.L

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