le Canard de l’Etang

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28 décembre 2009

Une note salée pour l’UMP et le PS en cette fin d’année

L’année se termine sur une note peu glorieuse pour les deux grands partis traditionnels de France.

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Deux affaires récentes internes au PS illustrent à merveille les contradictions qui règnent au sein de ce parti : d’abord le cas Georges Frêche (photo ci-dessus), président de région, exclu du PS pour des propos sulfureux mais dont la liste pour les régionales en Languedoc-Roussillon est tolérée par la rue de Solférino (la direction des socialistes a choisi de ne pas présenter de candidat alternatif à l’actuel président de région),  puis ensuite, Julien Dray, pas mis en examen dans une affaire de détournement de fonds suspects, mais rayé de la liste en Essonne le temps d’une enquête judiciaire.

Or, au bout de quelques mois, la justice décide finalement de ne pas le renvoyer en correctionnelle, puis du jour au lendemain, la direction des socialistes le rappelle et il reprend le flambeau de la bataille électorale (tête de liste en Essonne). Ouf, on a eu peur, on était persuadé que les socialistes se moquaient de la présomption d’innocence. 

Par ailleurs, on connaissait bien les divisions et autres bisbilles fratricides entre éléphants roses. Les dernières joutes verbales entre Ségolène Royal et son ex-lieutenant Vincent Peillon, animateur du courant « l’Espoir à gauche » le démontraient aisément.

Forcément, la majorité présidentielle ironise sur son adversaire comme si elle était hors de reproche. Mais ce n’est pas le cas, loin de là. L’action du gouvernement (débat sur l’identité nationale, renvoi de migrants afghans) dérange y compris au sein de l’UMP.

Dominique de Villepin et François Baroin demandent l’arrêt du débat « en période de crise » (dixit Galouzeau de Villepin).

 

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Puis, peu après, une secrétaire d’Etat (photo) se montre choquée par des propos anti-minarets, attribués à un ex-Garde des Sceaux. Nora Berra (le maroquin des Aînés au gouvernement) quitte juste avant Noël une réunion parlementaire UMP lorsque l’ancien ministre de la Justice Pascal Clément glisse : « Le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France. »

Une petite phrase qui provoque le courroux de la Lyonnaise d’origine algérienne. Martin Hirsch et Natalie Kosciusko-Morizet aurait aussi manifesté leur  mécontentement. Toutefois, selon Pascal Clément, la ministre « invente ».

Outre cette (énième) polémique, l’opposition continue de crier au scandale. Le débat prend une tournure désagréable. Certains caciques socialiste, tel Jean-Christophe Cambadélis craquent puis comparent l’itinéraire du ministre de l’Identité et l’Immigration « à celui de (Pierre) Laval », homme politique important sous le régime de Vichy.

Nicolas Sarkozy ralle. Mais soutient encore Eric Besson, ministre « le plus détesté de France », selon Marianne.

Il voudrait cependant rectifier le tir, s’exprimer sur l’identité nationale début février, apaiser les conflits internes. Sans oublier, évidemment de dénoncer tout dérapage verbal, comme celui de Nadine Morano, « sous-ministre » de la Famille qui s’était fait remarquer à la mi-décembre par ses propos sur les jeunes Musulmans.

 

P.L

15 décembre 2009

En vrac, quelques petites phrases de politiques qui ont fait l’actualité…

Le Canard de l’Etang publie quelques citations récentes d’hommes et de femmes politiques. De la majorité ou de l’opposition, elles sont toutes drôles, amusantes voire cocasses. Et parfois même sérieuses, gentilles, maladroites, méchantes. Un point commun : elles ont eu un écho médiatique considérable…

Chirac jacques

Nicolas Sarkozy, sur l’affaire Clearstream : « Au bout d’une longue enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel…Eh bien moi, je vais vous dire une chose: je fais totalement confiance à la justice. » Sans commentaire.

 

Jacques Chirac à propos d’un Maghrébin de Lormont, une commune girondine : « A mon avis, il est pas tout à fait né natif de la… » Réponse de Alain Juppé : « Il n’est pas Corrézien ». Auvergnat, peut-être ?

 

Rachida Dati, eurodéputée, en direct d’une émission de M6 : « Tu sais où je suis ? (…) Je suis à ma place dans l’hémicycle du Parlement de Strasbourg. Je n’en peux plus. Je pense qu’il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat. Je suis obligée de rester, là, de faire la maligne, parce qu’il y a juste un peu de presse. Et d’autre part, il y a l’élection de Barroso [le 16 septembre 2009]. Oui, oui, il va être élu. Mais si tu veux, quand t’es à Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon ça veut dire que t’étais pas là ». Si elle reste un an, Daniel Cohn-Bendit lui offre une bouteille de champagne. Une promesse ironique de la part du leader du mouvement écologiste pendant la campagne des dernières élections européennes…

 

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale à propos de la volonté des socialistes de créer une commission sur les sondages de l’Elysée : « Ce qui me choquait c’était qu’ils (les socialistes) portent atteinte à la séparation des pouvoirs par rapport à la présidence de la République qui n’est pas responsable devant le Parlement ». Il est où le chantre de l’hyperparlement ?

 

Frédéric Lefebvre, porte-parole UMP sur RTL : « Les médias ont pris la place de l’opposition : ils veulent abîmer Nicolas Sarkozy. » Mais encore ?

 

Puis au vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, au cours d’une conférence de presse UMP : « La politique de Nicolas Sarkozy a permis la chute du mur de l’immobilisme.» Lefevbre, un poète ? Villepin a du souci à se faire…

 

Dominique Paillet, porte-parole adjoint du parti présidentiel, en conférence de presse à l’ESJ Paris : « Je ne sais pas comment un porte-parole socialiste fonctionne. » Mais bien sûr…

 

François Bayrou sur Ségolène Royal (favorable à  une alliance avec le Modem au premier tour des prochaines régionales en Poitou-Charentes) : « Ce qu’elle fait, c’est souvent rigolo. » On n’en doute pas !

 

Benoît Hamon sur la situation de son parti, le PS à l’ESJ PARIS: « On est au fond du trou, les socialistes ont encore un bouton de fièvre. » Sans blague…

 

Jean-Pierre Raffarin évoque le débat sur l’identité nationale : « cela ne peut pas être une réflexion de comptoir. » Il plaide pour plus de « rigueur intellectuelle ». Ni plus, ni moins.

 

François Baroin, aussi. Sur France 5, le député-maire de Troyes réagit aux propos déroutants de Nadine Morano, ministre de la Famille[1] : « A quoi bon prendre le risque de faire de l’agit-prop pour ouvrir une auberge espagnole (…) à quelques semaines d’une échéance électorale qui évidemment va faciliter les amalgames, les confusions ?» C’est vrai !

 

Luc Chatel sur la disparition de l’histoire-géographie comme matière obligatoire en terminale S : « Les lycéens en S seront évalués en fin de première par une épreuve anticipée d’histoire-géo (tel) le français. Ils ne feront pas d’histoire en terminale, mais actuellement ils ne font pas non plus de français et je n’ai pas le sentiment qu’ils soient illettrés ». Encore heureux !

 

Et une citation de plus, pour la route, une…

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Claude Allègre, en septembre 2009, à Nice-Matin : Le réchauffement climatique ? Rien « qu’une vaste plaisanterie ». Les adeptes de cette théorie « prétendent prédire le climat dans cent ans, alors qu’on a du mal à obtenir une météo fiable à plus de trois jours »…Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Ecologistes du samedi soir, soyez sérieux !

P.L

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

[1] Lors d’un débat sur l’identité nationale, Nadine Morano demandait qu’un immigré « aime son pays, qu’il trouve un travail, qu’il ne parle pas verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers».

14 décembre 2009

Frédéric Lefebvre, les médias et son éventuel nouveau maroquin

Frédéric Lefebvre, les médias et son éventuel nouveau maroquin dans billet d'humeur lefebvre-290x300

 

Frédéric Lefebvre serait pressenti pour intégrer le gouvernement au prochain remaniement, après les régionales de mars 2010. Le chef de l’état lui aurait promis un petit maroquin, un poste auprès de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture. L’actuel porte-parole UMP pourrait devenir Secrétaire d’état chargé de la Communication. La fonction de son éventuel futur job reste néanmoins un mystère.

Volonté du président de la République : remercier « le bon client » de la presse. Gratifier celui qui préfère prêcher la bonne parole sarkozyste, plutôt que donner son propre avis, peu connu. Ses opinions restent confidentielles, dans l’ombre. Relèvent-elles du privé, comme la religion pour François Bayrou ?

Cependant, et c’est un secret pour personne, le porte-parole UMP aime débattre avec des politiques. Attaquer ses détracteurs. Provoquer verbalement. Lancer des ires en l’air. Et toujours sur un ton posé, calme, sans s’énerver pour protéger son ami le président.

Hobby favori : cracher gentiment dans la soupe socialiste. Et critiquer les médias, aussi.

Par exemple, sur les ondes de RTL. Selon lui, la presse aurait pris la place de l’opposition. Cette séquence est devenue culte. Stupide et drôle à la fois, la vidéo a fait un buzz. Et tout le monde en a parlé.

Autre moment phare à ne jamais oublier, son intervention sur RMC, où il s’est fait remarqué par son ignorance en matière de nouvelles technologies et du Net, en l’occurrence le Web 2.0.

 

P.L

5 décembre 2009

Révision de fiches à la Christian Vanneste

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« Ah, je l’ignorais ! ». Candide, le député du Nord (UMP), Christian Vanneste joue le naïf lorsqu’il apprend qu’il vient de donner une interview à un site-web d’extrême-droite. Le directeur de publication de Novopress Flandre, Bruno Larebière, collabore chez Minute. Et parmi les fondateurs, on y trouve un ex-mégrétiste, responsable du Bloc Identitaire, Fabrice Robert (une information de la Voix du Nord).

Christian Vanneste se montre « embarrassé ». Gêné pour ne pas avoir su ? Pour ne pas avoir préparé de fiches sur les opinions du site ? Et pour ne pas avoir cliqué sur Wikipédia qui indique clairement les rapports entre Novopress et « le Bloc Identitaire » ?

 Ce député, président d’une association ultra conservatrice, « Famille et liberté » nous avait habitué à autre chose. En principe, avant de passer à la télévision, celui-ci n’oublie jamais de réviser, chercher des preuves pour appuyer son propos, parfois proche de l’insulte et la diffamation. Sans rire, toujours sérieusement. L’une de ses dernières interventions ne déroge pas à la règle.

Le 12 novembre dernier, chez Yves Calvi, devant ses contradicteurs en faveur du mariage gay, il donne son point de vue. Argumente, précise sa pensée déroutante sur les homos.

Selon lui, « les homosexuels sont peu nombreux, leurs couples durent peu, l’infidélité et le nombre élevé de partenaires, l’absence de projet paternel sont fréquents chez les hommes qui cultivent pour beaucoup leur désir narcissique d’être d’éternels adolescents. Le repli sur soi, le désir maternel malmené chez les femmes, la présence souvent addictive du sexe, le nombre élevé de suicides forment un ensemble qui doit entraîner à l’évidence la compassion dès que la victimisation n’est plus utilisée comme une arme perverse de domination ».

Puis, le lendemain, le député apporte sa source sur le site de son association. Il ne s’agissait pas d’un extrait de sa copie du bac philo, fruit d’une quelconque réflexion interne, mais bien d’une étude publiée non pas lui : « Toutes ces donnés statistiques sont à la portée de n’importe quel lecteur objectif (Que Sais-je ? Sur l’homosexualité, de Jacques Corraze, PUF) », explique t-il, pour se défendre.

P.L

4 décembre 2009

les rendez-vous de Nicolas Sarkozy : on annule, on annule, on annule !

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Jamais deux sans trois. Ce célèbre adage s’applique parfois en politique. L’expression permet ici de comprendre une coutume du chef de l’état, liée à ses voyages, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Le président de la République vient d’annuler deux rendez-vous à la dernière minute : une rencontre avec Gordon Brown, à Londres, prévue à l’origine aujourd’hui, vendredi 4 octobre. Et une apparition à l’institut Montaigne, pour un débat sur l’identité nationale.

Une habitude, donc car il ne s’était déjà pas rendu au congrès de l’Association des maires de France (AMF), courant du mois de novembre.

A chaque fois, le président a demandé à des membres du gouvernement de le représenter en mission commandée. Prêts à se faire huer. Et défendre la position de l’Elysée.

Ses lieutenants favoris ? D’abord François Fillon, envoyé spécial récidiviste auprès de l’AMF et au débat sur l’identité nationale.

Puis Michel Barnier, le nouveau commissaire chargé du marché intérieur et des services financiers, en Grande-Bretagne.

La raison de ces faux pas présidentiels : la colère des intervenants. Certains maires dénoncent la réforme des collectivités territoriales. Et les banquiers britanniques s’offusquent des derniers propos de Nicolas Sarkozy, qui après la nomination de son ex-ministre des Affaires étrangères, à Bruxelles les avait achevé verbalement devant des cadres UMP: «  les Anglais sont les perdants (de la crise). C‘est quand même très rassurant que ce soient les idées françaises de régulation qui triomphent en Europe ».

Par ailleurs, sa participation au débat sur l’identité nationale aurait déplu. Et provoqué de vifs remous au sein de l’opinion et de l’opposition, contre l’initiative controversé du gouvernement, à l’aube des régionales de mars 2010.

Du coup, Nicolas Sarkozy a changé son emploi du temps, « trop chargé ». Le chef de l’état s’est entretenu ce matin avec le président béninois Boni Yayi à Paris. Puis a accueilli à un « déjeuner de travail » le président du Conseil Européen, le Belge Herman Van Rompuy.  

La morale de ce modeste billet ? Tout déplacement « contre-productif » (Financial Times), comme en GB est à proscrire, selon le Château.

Peu importe la destination des voyages présidentiels, pourvu qu’on ne siffle pas le président. Une condition : l’applaudir tendrement, tel un bon chef d’état.

 P.L

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