le Canard de l’Etang

5 juin 2010

Bayrou (re)penche t-il à droite ?

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Outre le jugement de Brice Hortefeux, condamné en première instance à payer une amende de 750 euros pour injure raciale, la presse s’est emparée, ce week-end, d’un autre dossier politique : le retour soudain de François Bayrou sous le soleil des tropiques médiatiques.

Le président du MoDem, si discret depuis sa déculottée des régionales, se serait réconcilié avec son meilleur ennemi, Nicolas Sarkozy, qui l’a  invité au mois d’avril dernier à le rencontrer. Puis, récent invité du Grand Jury, François Bayrou a paru moins virulent à l’égard du chef de l’Etat. Selon Libération, enfin, il aurait confié à Pierre Méhaignerie vouloir se rapprocher de l’UMP, « se recentrer », puisque toute alliance à gauche est tombée à l’eau suite à ses nombreux échecs électoraux.

François Bayrou, lui, dément. Pas question que son mouvement rejoigne, d’une manière ou d’une autre, la majorité présidentielle, comme le lui a  récemment suggéré l’ancien centriste Dominique Paillé, porte-parole UMP. Dans une lettre adressée à ses militants et publiée par le JDD, il maintient sa rigide ligne de conduite, née en 2007 : le développement d’un « centre indépendant », « utile », selon ses propres mots, à la démocratie française.

Le Béarnais n’oublie pas de glisser, dans son courrier, une petite pique à la ‘sauce Bayrou’: « Les orientations de Nicolas Sarkozy ont porté atteinte à des principes pour nous essentiels. La justice fiscale a été niée par le « bouclier fiscal (…).» Sans pour autant rejeter le futur projet de loi sur les retraites, bientôt présenté par le gouvernement : « Si la réforme proposée est raisonnable, je la soutiendrai. Dans le cas contraire, je ne l’approuverai pas. »

 Etrange délit d’Alzheimer de la presse en ligne

Ce week-end, plusieurs sites-web se sont fait l’écho des raisons qui ont poussé le président de la République à se rapprocher de son principal détracteur. François Bayrou peut, on s’en doute, servir à Nicolas Sarkozy en vue des prochaines échéances électorales, pour 2012, en particulier. Le Figaro.fr et le Parisien.fr, dans un paragraphe étrangement identique, tentent une explication plausible : « Nicolas Sarkozy préfère que le créneau du centre soit occupé par un rival très affaibli plutôt que par un de ses ministres (Hervé Morin ou Jean-Louis Borloo) susceptibles en plus de capter des voix à l’UMP. En outre, Bayrou peut ravir quelques voix à gauche. »

Mais c’est là que le bât blesse. Car, il y a quelques jours, les (presque) mêmes journaux (voir ici et ) expliquaient que le chef de l’Etat réfléchissait à une éventuelle candidature du …populaire Jean-Louis Borloo, capable, à ses yeux, de l’aider à  « court-circuiter » François Bayrou, à réunir les écologistes de centre-droit et autres « bobos de gauche » et à rassembler une bonne réserve de voix en vue du deuxième tour de la présidentielle. Or voilà qu’aujourd’hui, trois semaines plus tard, Nicolas Sarkozy voudrait empêcher tout centriste appartenant à sa majorité de se porter candidat !

Et d’ailleurs, Dominique de Villepin,  entré en pré-campagne à quelques jours du lancement de son parti politique, ne lui fait pas peur ?

P.L

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