le Canard de l’Etang

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8 juillet 2010

des mots doux entre politiques…et à l’encontre de la presse

Le désir d’avenir d’un politique? Tracer son chemin, augmenter sa liste de contacts et monter les échelons du pouvoir au sein d’un parti. Et, toujours, en ligne de mire, une élection, locale ou municipale, cantonales et régionales, présidentielle ou législative.

Pour parvenir tout en haut des grades, mieux vaut se tourner côté sunlight des tropiques médiatiques. Sur le terrain. Devant les caméras. Face aux micros. Sur un plateau TV et les ondes d’une radio. Ou encore dans les colonnes d’un journal. Le but du jeu ne change jamais au gré d’une carrière. Il s’agit de commenter un fait d’actualité. Mais pas n’importe comment. Envoyer une pique en l’air, par ci, par là. Pratiquer la guerre des mots avec ses opposants. Trouver la tournure adéquate. La formule qui fait mouche. Et qui va chatouiller son premier vis-à-vis, c’est à dire le journaliste, censé informer ses lecteurs et donc, reproduire la citation qui, au meilleur des cas, lorgnera en une des journaux, tel une frise artistique.

Les exemples, on les compte par centaine et par milliers. Pas besoin de les énumérer tous, bien sûr. Rien que ces derniers jours, l’actualité a proposé des informations en masse, des tonnes de petites phrases, assassines et cocasses à la fois, sur le dossier Woerth-Bettencourt.

En la matière,l’UMP et le PS pondent des recordmen, des specimen, des super-héros issus de la planète Krypton. Chaque fois, on se demande si la personne pourra encore innover pour la saison suivante. Or, au vu du scenario, on reste toujours (allons, quasiment toujours) subjugué par la beauté du geste. Ou plutôt de la parole.

En tête de peloton, à droite, un franc-tireur, le porte-flingue du chef de l’Etat, l’homme qui en fait presque un job à plein temps : Frédéric Lefebvre. Encore tout récemment, voilà à peine quarante-huit heures, il a évoqué à la chanceuse AFP « les dégueulis populistes de l’opposition ». Autre cible du porte-parole de l’UMP, le site d’information Mediapart, à l’origine des principales révélations sur l’héritière du groupe l’Oréal, Liliane Bettencourt. Il parle, sans rire, de « dingueries ».

Le président de la République, lui aussi, s’amuse. Plus discrètement. Mais quand même. Dernier exemple en date : cette drôle de menace à l’encontre du fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, qui a publié certaines écoutes (illégales?) de conversations privées (volées mais pas par le site d’info et elles ont été transmises à la police, faut-il le rappeler). « Au niveau déontologie, c’est inimaginable. Cela va lui retomber sur la tête », a-t-il glissé aux députés Nouveau Centre, reçus à l’Elysée.

Certains ministres n’hésitent plus non plus à comparer Mediapart à « une certaine presse des années 30″ (Christian Estrosi), ou à « un site de ragot » (Nadine Morano) qui emploie des « méthodes fascistes » (Xavier Bertrand, SG de l’UMP).

La gauche n’est pas en reste. Ségolène Royal force également le respect à ce niveau-là. Depuis quelques jours, elle s’emporte contre le gouvernement « corrompu ». Un mot si doux en ces temps amers..

P.L

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