le Canard de l’Etang

31 août 2010

Un aveu, ou presque…

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François Fillon, invité, lundi matin de France Inter, s’est gaussé des critiques, suscitées par le discours sécuritaire du gouvernement, en cours depuis début juillet.

A certains membres du « clergé » de France, ayant envoyé des ires en l’air, comme à l’opposition de gauche et même à quelques membres de la majorité présidentielle, il a répliqué, l’air presque épuisé : « Cette politique (d’expulsion des Roms en situation irrégulière) existe (pourtant) depuis 2009 ». Et même auparavant, au temps de son prédécesseur Dominique de Villepin, a-t-il indiqué, songeant à la terrible tribune de Galouzeau dans les colonnes du Monde (qu’il dénonce).

N’empêche que depuis le début de l’été, le gouvernement a instauré une belle mise en scène des reconduites à la frontière (volontaires, pour la plupart) de Roms et des destructions de campements. En indiquant, au passage, des objectifs chiffrés de reconduite aux pays d’origine (par l’intermédiaire d’Eric Besson). Comme s’il fallait montrer à l’opinion publique que le gouvernement se charge de ces actions, tambour battant…

Sans oublier toutes ces mesures proposées, par-ci, par-là, et censées, selon leurs auteurs de la majorité présidentielle, résoudre des problèmes…

En évoquant à la radio publique certains « propos » (musclés de ses ministres, durant l’été), qu’il ne cautionne pas, François Fillon reconnaît à demi-mot la mise en place  de cette « surenchère sécuritaire »  (dixit Fadela Amara) verbale, en particulier, à l’égard des Roms…

François Fillon défend la politique, mise en oeuvre, mais ne semble pas vouloir utiliser des mots qui tuent. Au contraire, donc, de certains de ses collègues…

P.L

18 août 2010

la série de l’été

Comme la télévision, l’actualité politique présente aussi ses séries durant la pause estivale.

D’abord, en prime-time, sur la une des canards de France et de Navarre et en titre des journaux des 20h : l’incroyable affaire Woerth-Bettencourt. A chaque jour sa révélation : la guerre a fait rage entre Médiapart, le Point, Marianne, le Monde ou encore le Figaro, le Nouvel Obs et Liberation. Toutes ces révélations ont secoué un gouvernement diminué, à en croire les sondages qui indiquait des chutes de popularité vertigineuses.

Suite à cette série de scoops, accompagnée des polémiques de fin de saison, à l’instar des cigares d’un tel ou des jets privés d’un autre, le président de la République a pris les choses en main. En vue de lancer la foudre vers la presse.

Toutefois, au bout de quelques épisodes bien ficelés au cours desquels certains ministres et d’autres dirigeants UMP ont bien aboyés contre une partie des médias, les scénaristes ont décidé de changer de registre.

Et d’accentuer le discours sécuritaire (car, rappelle le New York Times, cela plait aux Français), en songeant aux soi-disant ennemis de la planète France, souvent issues des communautés étrangères. En particulier les gens du voyage, pointés du doigt (au moins par le terrible Brice Hortefeux) depuis certains faits divers impliquant l’un des leurs.

Aussi le chef de l’État a-t-il fait le lien entre immigration et délinquance à Grenoble au début du mois d’août. En évoquant ses projets de réformes à propos du système de déchéance de la nationalité française. Histoire de poursuivre la série, ce sont ensuite d’autres dirigeants UMP qui ont fait part de leur réflexion à propos de ces voyous. Avec ces petites piques bien ciblées, telle la célèbre : « Français ou voyou ! » (Christian Estrosi)…

La raison évidente de ce remue-ménage en plein été? Détourner l’attention de l’opinion, des médias et oublier les polémiques précédentes.

Le succès a été faramineux. L’UMP aurait gagné en une quinzaine de jours des tonnes de militants, chiffres à l’appui (Information remise en question, toutefois, par le Monde).

Et, bien sûr, les réactions de l’opposition de gauche n’ont guère tardé. Exemple : le terrible Dany le Vert, évoquant dans une interview au Monde Nicolas Sarkozy, qui prendrait les Français (carrément) « pour des cons ». Pardon, ce tournant si prévisible a aussi surpris à droite. Notamment, le député villepiniste Jean-Pierre Grand.

L’un des axes majeurs, abordés au cours de série, reste l’ordre public, le défi des Roms, la sécurité des villes de France. Et là, chacun tape sur l’autre, défend son compère…ou pas !

Dernier combat verbal en date, celui opposant le maire de Nice, Christian Estrosi, membre du gouvernement, au premier magistrat de Grenoble, le socialiste Michel Destot.

Aplaudi par une poignée de parlementaires, le premier a donné, comme si de rien n’était, un carton jaune à certains maires de gauche, défaillants, selon lui, en terme de sécurité publique. Il a suggéré sans rire de les punir (avant toutefois de revenir sur ses propos). Dans sa ligne de mire, son homologue de Lille, Martine Aubry, et Michel Destot, donc, qui, lui, a engagé un dialogue courtois. En défendant son action. Par des mots virulents, on s’en doute, à l’encontre de l’Etat. Plusieurs de ces collègues de gauche l’ont soutenu ensuite…à l’instar de deux membres du gouvernement, Luc Chatel et Brice Hortefeux (il n’est pas coutume), qui viennent de recadrer leur collègue, chargé de l’industrie et à la tête de la cinquième ville de France. Pas question de s’en prendre aux mauvais élèves maires.

Mieux vaut tenter d’établir un classement, du genre qui a fait quoi entre l’Etat et les municipalités, voire d’ouvrir un débat, comme le propose le maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, et celui de Drancy, Jean-Christophe Cavada (NC).

Oui, pourquoi pas ! En attendant, quelle sera le synopsis du prochain épisode avant la rentrée scolaire?

 

P.L

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