le Canard de l’Etang

19 septembre 2010

une Royal royale

Ségolène Royal

Ce n’est pas la favorite des sondages. Pas même la meilleure opposante du chef de l’Etat. Or, telle une rock-star, elle s’est offert, samedi 18 septembre, une piqûre de médiatisation avec l’an Trois de sa fête de la Fraternité à Arcueil.

Quelques jours après sa participation remarquée à l’émission « A vous de juger » (France 2), elle s’est hissée sur la scène devant un petit bataillon d’éléphants roses (avec, aussi, Jean-Luc Mélenchon, le ‘non-invité‘ de Benoît Hamon) au sein de l’assistance. Et entourée par une foule de fidèles, drogués par son charme, séduits par ses formules rhétoriques à l’emporte-pièce. Son but? Répéter en boucle que les socialistes demeurent unis. Puis jouer à l’anti-sarkozysme primaire.

La spécialiste de l’exactitude verbale n’a pas eu, selon certains médias, à convaincre la moindre personne. Tous les militants interrogés souhaitent qu’elle se représente. Elle est la seule, l’unique candidate capable de battre son concurrent de l’Elysée (Voir ici et ).

Pourtant, son parcours depuis sa défaite a été semé d’embûches. Tout a commencé par les trahisons des uns, les ires des autres (une petite piqûre de rappel) suite à la campagne de 2007.

Alors seule et délaissée, elle a encore fait preuve d’une grande crédibilité en affirmant ne pas avoir cru à plusieurs de ses promesses phares de son programme présidentiel. Et son idée de créer des postes de fonctionnaires masculins pour raccompagner les policières le soir a été  raillée par la droite depuis le débat Sarkozy-Royal dans l’entre-deux-tour (cliquez donc ici).

Le temps de l’errance, du repli régional est ensuite venu. Dame Royal, éloignée de toute polémique, a brillé par son absence politique. Juste quelques sorties, par ci, par là. Pour tacler le chef de l’Etat, évidemment, mais plus forcément dans la peau du messie de l’opposition.

Car, témoin de la chute de sa popularité, la candidate a voulu montrer qu’elle pourrait ne pas se représenter en 2012. Et donc que son ego n’est en fait pas vraiment développé (…et la marmotte met le chocolat dans le papier d’aluminium…).

Certaines déclarations, quelques interviews d’elle, plus récemment, ont toutefois fait coulé beaucoup d’encre. En particulier : lorsque Ségolène Royal a assuré vouloir s’entendre avec ses concurrents du moment –Martine Aubry et DSK– en vue de réaliser une liste gagnante et donc ne pas s’affronter lors des fameuses primaires du PS (un « pacte » décrié par un ancien « ségolâtre »).

Ou, encore, son discours de la Rochelle, véritable mise en scène de la réconciliation entre la Poitevine et la Lilloise, fâchées depuis le terrible congrès de Reims (qui a vu la seconde battre la première pour la place de la Première secrétaire du PS).

Plus tard, pour se départager de ses concurrents, elle entame une accélération à bâbord. En se rapprochant, petit à petit, de l’aile gauche du PS, voire des syndicats. La preuve? Cette phrase tant démagogique que cocasse, sur le plateau d’Arlette Chabot : « La réforme des retraites est celle du Médef. » Ou encore cette affirmation peu réalisable : « Si le PS revient au pouvoir, il rétablira la retraite à 60 ans. » Besancenot, son souffleur officiel ?

 

P.L

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