le Canard de l’Etang

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25 novembre 2010

République et Territoires

Chronique politique (semaine 3) sur A2P Radio

 

« Cette semaine, vous vouliez revenir sur l’actualité de l’ancien Premier-ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui crée son propre mouvement au sein de l’UMP au Sénat…

 

 République et Territoires…Deux termes, deux notions apposées l’une à l’autre. Qui se rapportent presque à une thèse d’histoire ou à un sujet de philo au bac…  Comme si le sénateur Raffarin avait retrouvé au fond d’un tiroir la copie de l’étudiant Raffarin?

 

 Le titre du mouvement, en tout cas, met en lumière son appartenance au sénat, la chambre des représentants des collectivités locales, des maires de France…

 

 Le sénateur était déjà à la tête d’un club de réflexion « dialogue et initiative » avec  certains membres du gouvernement et d’autres caciques de la majorité….

 

 Oui c’est vrai…dialoguer, l’ancien premier ministre ne s’en prive pas depuis l’élection de Nicolas Sarkozy….

 

 Chaque semaine, il retrouve une trentaine de proches sénateurs…Pour discuter, critiquer… Un groupe qui a rencontré le président de la République mardi matin…Afin de lui faire part de son soutien…

 

 Mais sans cacher ses opinions, parfois divergentes…

 

 Vous n’aurez pas ma liberté de penser », aurait-il pu répliquer au chef de l’Etat…

 

 La taxe professionnelle réformée? Il tacle la mesure…

 

 La surenchère sécuritaire de l’été dernier? Il ne cautionne pas…

 

 Le maintien de François Fillon à Matignon? Il évoque sa préférence pour Jean-Louis Borloo..

 

 Une liberté de ton, c’est presque une habitude dans le cercle privé des anciens Premiers ministres de droite…

 

 Alain Juppé (avant son entrée au gouvernement en tant que ministre d’Etat de la Défense), Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin, la liste est longue…

 

 Chacun sa musique, chacun ses origines politiques…

Charles de Gaulle, Jacques Chirac pour Alain Juppé et Dominique de Villepin. VGE pour Jean-Pierre Raffarin, un ex-giscardien et ancien membre de l’UDF… Ce dernier représente la tendance libérale-centriste de l’UMP, mouvement qu’il a rejoint à ses débuts en 2002…

 

 Une mouvance déçue, humiliée selon certains, après le remaniement d’il y a 10 jours…

 

 Les centristes  du gouvernement précédent ont été remerciés…de Jean-Louis Borloo (qui vient de quitter  la vice-présidence de l’UMP) à Hervé Morin, de Marc-Philippe Daubresse à Valérie Létard…

 

 Et ils voient tous d’un mauvais œil le retour d’anciens RPR, tel Alain Juppé, François Baroin, MAM ou des sarkozystes pur jus, comme Frédéric Lefebvre…

Philippe Lesaffre

 

20 novembre 2010

Christophe Bentz : « Mon chemin de croix. »

Du simple militant au président (1/4)

 

A la tête des Jeunes pour la France (JPF), Christophe Bentz, 23 ans, évoque son parcours, ses relations avec ses aînés du mouvement pour la France (MPF), ses missions et les réseaux sociaux.

 

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Christophe Bentz, toujours en relation avec les militants du terrain. (Photo : Antoine Lascault)

 

Bien calé dans son bureau, avenue de la Motte-Picquet à Paris, Christophe Bentz évoque son parcours politique. Membre des Jeunes pour la France (JPF) depuis 2007, il se penche sur son « chemin de croix » qui l’a mené jusqu’à la tête du mouvement.  Simple militant au départ, il a gravi les échelons pour devenir, trois ans plus tard, président.

 Christophe Bentz : « Quand je suis entré au MPF en 2007. »

Christophe Bentz : « Les raisons de mon engagement. »

Christophe Bentz : « Mon chemin de croix. »

 « Il n’y a pas eu de concurrent », sourit-il.  Ou presque : « Je les ai tué », plaisante Christophe Bentz. Avant de préciser, la voix grave : « J’ai été nommé au mérite. » Secrétaire général de son prédécesseur, il « connaissai(t) tous les dossiers, tous les militants ».

 La blague de Christophe Bentz : « Les concurrents? Je les ai tous tué d’abord. »

Christophe Bentz : « J’ai été nommé au mérite. »

Christophe Bentz : « Les raisons qui ont poussé les chefs à me nommer. »

 Militant : un statut qu’il lui colle encore à la peau. « J’adore aller à la rencontre des Français, distribuer des tracts », glisse Christophe Bentz.  Qui en précise la finalité : « militer pour convaincre ». Avant une élection. Mais aussi en « hors-campagne », une période propice pour « recruter mieux », explique-t-il : « les citoyens français » sont en effet « plus à l’écoute » à ce moment-là.  Ils savent, selon le président des JPF, que les partis politiques n’ont pas d’arrière-pensées « électoralistes ».

 Christophe Bentz : « Militer hors campagne pour mieux recruter. »

 Christophe Bentz en profite pour définir certains termes, outre le « militantisme » : la « politique » et la « communication », qu’il convient de différencier, selon le président des JPF.

 Christophe Bentz : « Ma définition du militantisme. »

Christophe Bentz : « Ce que je pense des meetings. »

Christophe Bentz : « La politique et la communication, ce n’est pas pareil… »

Christophe Bentz : … »Mais c’est indissociable en 2010. »

Christophe Bentz parle également de sa mission à la présidence des JPF.

 Christophe Bentz : « Je fais tout, y compris le rangement de mon bureau. »

 Et cela prend du temps : « Je travaille plus que 35 heures par semaine », explique-t-il, la voix grave.

 - Christophe Bentz : « Je ne fais pas les 35 heures. »

- Christophe Bentz : « Je rejoins souvent les fédérations. »

- Christophe Bentz : « Je tracte toujours. »

- Christophe Bentz : « A quel moment je fais du terrain? »

 Christophe Bentz semble croire au cumul des mandats : « La politique n’est pas un métier, c’est une vocation, affirme le jeune président, les responsables peuvent être avocat, médecin, ouvrier, salarié… »

Christophe Bentz : « La politique n’est pas un métier. »

Lui, par exemple, quand il a pris sa carte du MPF, voulait devenir « vétérinaire ». Pas président du mouvement des jeunes. Aussi ne veut-il pas dire s’il vise plus tard une implantation locale, une députation ou pas : « Je ne cherche pas de poste », glisse Christophe Bentz. « Au sein de mon parti, j’irai là où on me dira d’aller, mais je ne ferai qu’un mandat. »

 Christophe Bentz : « J’aurais voulu être vétérinaire. »

Christophe Bentz : « Je ne ferai qu’un seul mandat, pas plus. »

Christophe Bentz : « Une autre mission aux JPF? Pourquoi pas! »

Christophe Bentz : « Plus tard, une députation? »

 

Philippe Lesaffre, Antoine Lascault

20 novembre 2010

Entre les JPF et le MPF : « Cela chipote parfois » (Christophe Bentz)

Les relations entre les jeunes et leurs aînés (2/4)

A la tête des Jeunes pour la France (JPF), Christophe Bentz, 23 ans, évoque son parcours, ses relations avec ses aînés du mouvement pour la France (MPF), ses missions et les réseaux sociaux.

 

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Christophe Bentz évoque un réel « débat interne », voire des différences entre JPF et MPF. (Photo : Antoine Lascault)

 

Les Jeunes pour la France, mouvement créé en 2001, compte « 3000 adhérents sur 15000 au MPF (formation née en 1994)», assure Christophe Bentz. Soit une proportion importante de jeunes, selon le président du mouvement.

 Christophe Bentz : « Mon bureau politique. »

 Qui dit adhérent ne veut pas dire militant : petite nuance, explique Christophe Bentz. Comme beaucoup de petites formations politiques, les militants dépassent en nombre les adhérents.Tant au JPF qu’au MPF.

 Christophe Bentz : « On ne peut pas connaître le chiffre exaxt des militants. »

Christophe Bentz : « On jauge un parti politique sur le nombre de militants. »

 Par ailleurs, comment expliquer les rapports entre les deux mouvements? Christophe Bentz y répond : les deux entités, sous la direction d’un seul chef -Philippe de Villiers-, suivent une même ligne politique.

 Christophe Bentz : « Entre les JPF et le MPF, une seule ligne politique. »

 Or, le débat interne reste ouvert. Ils leur arrivent de « chipoter » sur quelques points, sur des « mesurettes », selon le terme de Christophe Bentz. Qui donne un exemple : le travail du dimanche.

 Christophe Bentz : « Il y a des différences entre les jeunes et nos aînés. »

Christophe Bentz : « Cela chipote parfois entre nous. »

 Christophe Bentz justifie ainsi l’existence de son mouvement. « On ne s’adresse pas de la même manière aux jeunes qu’aux aînés », assure-t-il. D’où la mise en place d’un site autonome, comme l’est le mouvement des Jeunes pour la France. Et puis, « on aime bien avoir nos propres soirées ».

 Christophe Bentz : « Les JPF, un mouvement autonome. »

Christophe Bentz : « Pourquoi un mouvement autonome? »

 

Philippe Lesaffre, Antoine Lascault

20 novembre 2010

Christophe Bentz : « De plus en plus de nos aînés au MPF utilisent Facebook. »

L’utilisation des réseaux sociaux par les Jeunes pour la France (3/4)

A la tête des Jeunes pour la France (JPF), Christophe Bentz, 23 ans, évoque son parcours, ses relations avec ses aînés du mouvement pour la France (MPF), ses missions et les réseaux sociaux.

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Christophe Bentz utilise Facebook, mais pas twitter. (Photo : Antoine Lascault)

 

Le « terrain » en politique reste indispensable. Mais l’engagement se pratique de plus en plus sur la toile. D’où l’importance des réseaux sociaux, à l’instar de Facebook et de Twitter.

Au parti, un homme, membre du bureau politique, Alexandre Gitakos, s’occupe du Net et des réseaux sociaux. Mais cela ne lui prend que quelques heures par semaine, affirme Christophe Bentz.

 Christophe Bentz : « Le membre de mon bureau en charge du Net et des réseaux sociaux »

 Christophe Bentz, lui, utilise « beaucoup » ces moyens de « communication ». Mais pas trop Twitter, assure-t-il. La messagerie instantanée d’origine anglo-saxonne ne possède pas de version française. « Tout est en anglais et je parle peu cette langue », concède-t-il avec le sourire.

 Christophe Bentz : « Twitter? Je ne comprends pas. »

 Avant de réagir à un sondage Ifop, paru sur le site Rue89 , qui indique l’appartenance politique des amateurs de tweets. Selon les chiffres, le FN rafle la mise : le mouvement d’extrême droite semble être le parti politique le plus représenté parmi les tweeters (13% d’internautes qui se disent proches du FN ont un compte Twitter). Devant le Modem (11%), l’UMP (9%),  et les partis de gauche (moins de 7%).

 Christophe Bentz réagit aux chiffres du sondage à propos de l’origine politique des amateurs de Tweets.

 « Surpris par les chiffres », Christophe Bentz évalue «  à 4%  le nombre de sympathisants MPF ayant un compte Twitter ». Ces derniers ne s’en servent donc pas plus que lui. Pourquoi cette presque non-utilisation ? Il est incapable de l’expliquer.

 Christophe Bentz : « Pourquoi Twitter n’est pas utilisé dans son parti. »

Christophe Bentz : « La seule utilité de Twitter? Diffuser des messages publiés sur notre page Facebook. »

     De loin, le président des JPF préfère Facebook. A condition, toutefois, de s’en servir qu’à dessein politique. Car il refuse d’y publier des informations d’ordre privé. Sauf exception, sourit-il : « On peut lire, sur ma page Facebook, ma date de naissance et le nom de ma copine.» Mais c’est tout.

Christophe Bentz : « Facebook et ma vie privée. »

Christophe Bentz : « Sur mon profil Facebook, il n’y a rien de privé, sauf… »

Sinon, Facebook est un formidable moyen de communication : « Boîte mail, chat, fil d’actualité politique » facilitant la diffusion d’idées, Facebook propose plusieurs outils.

 Christophe Bentz : « Pourquoi j’utilise Facebook. »

      Avant d’en venir à la page Facebook oficielle des JPF : « Les membres de ce groupe ne nous sont pas hostiles, ce sont principalement des sympathisants. » Et pas d’opposants, prêts à commenter, réagir, répliquer pour débattre ? « Non, moi par exemple, je ne suis pas inscrit à la newsletter du PS », sourit-il.

Christophe Bentz : « Sur la page Facebook des JPF? 90% de convaincus. »

Christophe Bentz : « Sur la page, il y a de tout : des militants et des adhérents. »

Christophe Bentz : « Mais aucun opposant sur la profil facebook. »

Christophe Bentz : « Comment les ‘fans’ se sont-ils inscrits sur la page des JPF? »

Christophe Bentz : « Je ne suis pas inscrit à la newsletter du parti socialiste. »

Il ne se prive guère, par ailleurs, de recommander aux élus MPF ou aux présidents des fédérations d’ouvrir un compte politique facebook, voire de tenir un blog. Et «cette ‘génération des aînés’ s’y met de plus en plus », se félicite-t-il.

 Christophe Bentz : « Les aînés s’y mettent de plus en plus. »

« Ce que Christophe Bentz propose aux aînés par rapport à Internet. »

     En revanche, et il le reconnaît aisément, ce ne sont pas toujours les responsables politiques qui gèrent leur page Facebook. « Philippe de Villiers possède beaucoup de conseillers en communication.»

Comment Christophe de Villiers esquive une première fois la question concernant la page Facebook de Philippe de Villiers.

Deuxième tentative : Christophe Bentz explique pourquoi il ne veut pas répondre à la question suivante : « Qui s’occupe du profil facebook du président du MPF? »

Christophe Bentz : « En revanche, Philippe de Villiers contrôle sa page Facebook. »

Christophe Bentz évoque ensuite les attachés parlementaires qui gèrent le profil de leur député.

Ecoutez ici.

 Au MPF, estime Christophe Bentz, il y aurait aujourd’hui autant de « cyber-militants » que de militants plus traditionnels, fidèles aux pratiques conventionnelles (porte-à-porte, tractage dans les marchés, etc…).

Christophe Bentz : « On trouve chez nous deux types de militants : le cybermilitant et le militant traditionnel. »

 Selon le président des JPF, un militant doit pouvoir faire les deux, être polyvalent : du terrain et de la communication via le Net et les réseaux sociaux.

En revanche, Christophe Bentz fait part d’une crainte : que ces militants restent figés derrière leur ordinateur, qu’ils soient « coupés du monde extérieur». Et donc que ces derniers deviennent « technocrates », comme les commissaires européens, qui selon lui, n’ont pas tous été « confrontés à la réalité du terrain ».

 Sa crainte à propos du Web : « Que la politique se technocratise. »

Christophe Bentz en profite alors pour critiquer les commissaires européens.

 

Philippe Lesaffre, Antoine Lascault

20 novembre 2010

Christophe Bentz : le goût du débat

Ses relations avec d’autres mouvements (4/4)

 

A la tête des Jeunes pour la France (JPF), Christophe Bentz, 23 ans, évoque son parcours, ses relations avec ses aînés du mouvement pour la France (MPF), ses missions et les réseaux sociaux.

 

 

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 Christophe Bentz dans son bureau au MPF (photo : Antoine Lascault)

 

Le président des JPF songe à ses relations avec les autres mouvements de jeunes. Il a, bien entendu, plus de liens avec des forces politiques « de droite ». Plus avec le FN, avoue-t-il. « La direction a rompu le contact, je ne sais pas pourquoi. »

Christophe Bentz : « Des relations avec d’autres mouvements de droite? Bien entendu. »

Christophe Bentz : « Des relations avec qui? »

Le MPF fréquente également l’UNI, le syndicat étudiant de droite, très proche en terme d’idées.

Christophe Bentz : « Nous sommes proches de l’UNI. »

« Je fréquente aussi des gens de gauche», assure-t-il, le sourire aux lèvres. Mais de manière privée, pas dans le cadre du travail.

Forcément, depuis que Philippe de Villiers a rejoint le comité de liaison et la majorité présidentielle, les rapports avec les Jeunes Populaires se sont accrus. Il ne s’empêche pas, toutefois, de tacler son homologue des Jeunes UMP, Benjamin Lancar.

« As de la communication », il ne ferait plus beaucoup de politique, tout comme certains ministres actuels, déplore Christophe Bentz.

Christophe Bentz tacle Benjamin Lancar, son homologue de l’UMP, un « as de la communication ».

Le président des Jeunes pour la France tape sur le bilan de Benjamin Lancar, en particulier sur le projet avorté « UMP Facs ». 

Ecoutez ici.

Le Web, selon lui très ouvert, n’est pas qu’une gauchospère. « Toutes les opinions politiques y sont représentées ». Y compris l’extrême droite, terme dont il jure pourtant ne pas comprendre le sens. Lui préfère dire « la droite patriote ».

Christophe Bentz : « Le Web n’est pas qu’une gauchosphère… »

Christophe Bentz : « La fachosphère? Je ne connais pas. »

Finalement, Christophe Bentz  glorifie le Web. Puis profite de l’occasion pour prôner le débat, pas assez développé « chez les jeunes », à son gout. « Si demain, on m’invite à débattre avec le responsable des jeunes du NPA de Besancenot, j’y vais », affirme le président des JPF.

Christophe Bentz : « Je trouve qu’il n’y a pas assez de débats entre jeunes. »

Débattre à tout prix ? Pas toujours. La preuve ? La rencontre refusée avec la CFTC, le syndicat chrétien, en pleine mobilisation contre la réforme des retraites. Au départ d’accord pour participer à la discussion, Christophe Bentz a refusé, à la dernière minute, de se pointer au rendez-vous. Il avait lu sur le site du syndicat, deux heures avant le début du débat, un communiqué de la CFTC, appelant à manifester. Et pour « dire stop à ces grèves », il a renoncé à venir débattre. 

Christophe Bentz et la CFTC.

Christophe Bentz : « Aller débattre avec la CFTC, c’était cautionner le mouvement de grève dans les transports. »

Or, il assure avoir pris cette décision « sur un coup de tête ».

Ecoutez là.

En principe, le président des Jeunes pour la France jure vouloir refuser aucun débat…

Si, si, je vous jure…

… »sauf en cas de grève« …

La preuve.

Au moins, « on a parlé de nous », murmure Christophe Bentz. Cette sortie médiatique a en effet été relayée …par le journal d’extrême droite Minute. Une simple brève que le président des JPF a diffusé sur son site. « J’assume », explique-t-il.

Ecoutez le son à propos de Minute.

A part ces quelques lignes, pas grand’ chose à se mettre sous la dent. Christophe Bentz analyse cette (presque) non-médiatisation.

Christophe Bentz : « Le cercle vertueux des médias. »

Christophe Bentz : « On polarise sur les deux grands partis politiques. »

Avant de citer, en vrac, les différents titres de la presse nationale qui ont quand même parlé d’eux : « Le Monde Magazine, le Figaro, Libération, Valeurs Actuelles »...

Christophe Bentz : « les JPF dans la presse nationale? Un peu. »

 

Philippe Lesaffre, Antoine Lascault

7 novembre 2010

Chahuts internes

Chronique politique pour une radio. Semaine 2.

Les piques verbales entre responsables politiques ne s’échangent pas qu’entre majorité et opposition : ça cogne aussi au sein de chaque clan…

 

En ces temps amers, une petite phrase assassine peut provoquer des remous. Un seul entretien d’un responsable politique  en quête de notoriété, et hop,  le tour est joué, le coup est lancé. Chaque semaine, son lot d’exemple. A droite, au centre, à gauche. Au sein de la majorité présidentielle et dans l’opposition. Les dirigeants se chamaillent, s’envoient des fleurs. C’est la guerre pour un poste, une mission, un mandat, à l’aube d’une élection.

Dominique de Villepin continue dans cette optique son tour des médias pour tacler le chef de l’Etat…

L’ancien Premier ministre, le poète aux accents gaullistes, ne cesse de critiquer Nicolas Sarkozy. Le fondateur de République Solidaire a toujours sa carte de l’UMP. Mais cela ne l’empêche pas de se faire filmer en banlieue ou, près d’une vache, à la ferme. Sur un plateau télé ou à la radio. Pour montrer sa différence. Attaquer le bilan du président. Dernier exemple en date, dimanche sur Europe 1 : il évoque, sans rire, une parenthèse politique, ouverte depuis 2007 qu’il convient de refermer. Puis songe à la « France amoindrie, à ses principes affectés ». Avant, bien entendu, de se tourner vers « le spectacle pitoyable de la vie politique française ». Allusion peu masquée au remaniement, aux bisbilles entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand…(lire ici)

 La droite n’a pas le monopole du chahut interne…

Oui, ça s’agite aussi au centre, bien divisé depuis 2007. Les scissions se sont accumulées. D’abord, entre ceux qui ont rejoint le chef de l’Etat dans l’entre-deux tour de la présidentielle et les autres… Autrement dit entre les adeptes du Nouveau Centre, parti affilié à l’UMP et les membres du Mouvement Démocrate.

Puis entre les partisans de François Bayrou et les nostalgiques de l’ancienne UDF. Comme ce chef de file des sénateurs centristes, Jean Arthuis, à la tête de la commission des Finances, qui veut faire renaître de ces cendres l’ancien parti de centre-droit, héritier du giscardisme .

Il souhaite que les centristes soient représentés au premier tour en 2012. Se dit candidat à la candidature. Mais assure toutefois au journal le Point ne pas y penser tous les jours en se rasant (la preuve).

Jean Arthuis envoie aussi des piques au gouvernement…

Comme certains à l’UMP, il prêche la fin du bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune. Les sénateurs examinent cette semaine le budget de finance 2011 et « le compte n’y est pas ». Pas assez de rigueur, pas assez de réductions des dépenses de l’Etat. Jean Arthuis veut réduire davantage les niches fiscales. Et ne pas se leurrer : comme François Fillon (l’actuel locataire a récemment brisé le tabou), il sait que les impôts ne peuvent qu’augmenter.

A gauche, Manuel Valls a passé la vitesse supérieure à l’encontre du PS.

Le député-maire socialiste de Meaux tacle le comportement de certains responsables à gauche. L’un des chefs de file de l’aile droite estime que le PS bat encore de l’aile. Selon lui, les socialistes ne sont pas encore vraiment crédibles.

A qui la faute selon lui?

 Manuel Valls ne le dit pas noir sur blanc au Parisien-Aujourd’hui en France, mais il y pense. Son intervention vise  l’aile gauche du parti, représenté par le porte-parole Benoît Hamon, qui, voilà quelques jours, avait laissé entendre que les socialistes pouvaient  encore « discuter » de l’allongement de cotisation dans le dossier des retraites. Ré-dhi-bi-toire pour le proche de DSK, favorable, à cet allongement (au cœur du projet socialiste). Sans toutefois revenir sur les 60 ans qui devraient rester « un droit et non une obligation », murmure Manuel Valls, gardien de l’unité à la socialiste…(lire ici)

 P.L

1 novembre 2010

Nicolas Sarkozy et ses réflexions

 

Le Canard de l’Etang débute une autre carrière, celle de chroniqueur politique à la radio. Première épisode.

Quelques jours après le vote final de la réforme des retraites, que se passe-t-il du côté de l’Elysée ?

Nicolas Sarkozy réfléchit beaucoup. Au mouvement social, d’abord. Le chef de l’Etat vient d’acter la fin des hostilités. Avec, on s’en doute, un sentiment de fierté. Grève après grève, il n’a pas plié. Et a su résister aux pressions de la rue. Au contraire de son intime prédécesseur, Dominique de Villepin, lors des manifs contre CPE. Et peu importe si Olivier Besancenot murmure au Parisien que « la bataille n’est pas terminée »

Autre motif de satisfaction du président: les étudiants peu nombreux voilà sept jours à battre le pavé à l’appel de l’UNEF. Comme les salariés, moins nombreux que les fois précédentes à manifester jeudi dernier.

Et pas de panique : un récent sondage paru dans Ouest France montre que la réforme n’aura pas d’incidence sur ses électeurs de droite, prêts à 61 % à revoter pour lui en 2012.

Alors, gagnant, le chef de l’Etat ?

Oui, mais chut, il ne faut pas le dire. Ses ministres ne doivent piper mot à ce sujet. Les seuls vainqueurs, clament-ils tous comme des moutons, restent les Français, voire  « les plus modestes », comme le dit si bien Eric Besson dans une interview accordée au Figaro.

Mais surtout pas l’exécutif. Non, non, non…

Là, pour une fois, Nicolas Sarkozy rejoint son meilleur ennemi du centre, François Bayrou. Qui a évoqué sur Europe 1, le 31 octobre, deux perdants, le gouvernement autant que les syndicats.

L’ancien candidat à la présidentielle a d’ailleurs évoqué un autre centriste, l’éternel ministre de l’Ecologie. Jean-Louis Borloo qui, selon lui, ne serait pas assez « solide » pour Matignon.

Il plaît au moins à Jean-Pierre Raffarin. L’ex-Premier ministre livre ses pistes pour un acte II du quinquennat, une étape, je cite, « d’apaisement ». Il écrit sur son blog que l’actuel ministre d’Etat semble « capable » d’impulser un nouveau cap plus social. 

Presque cinq mois que ça dure : l’annonce du remaniement par l’Elysée en juin dernier…

Cela passionne les foules, inspire les journalistes, torture les ministres. A ce petit jeu des chaises musicales, le roi s’amuse depuis juin. Ou pas : Nicolas Sarkozy n’arrive guère à se décider. François Fillon doit-il rester ? Des parlementaires le souhaitent. Jean-Louis Borloo doit-il le remplacer ? Quelques ministres n’y voient guère d’inconvénients, comme Fadela Amara, secrétaire d’Etat au logement ou le ministre de la Défense, Hervé Morin, tout deux sur le départ (lire ).

Et le principal concerné, qu’en pense-t-il? Rien, jure-t-il, les cheveux mieux coiffés. Avant de prôner la justice sociale en ces temps amers dans une interview sur Canal +

Autre incertitude : la tête de l’UMP. Xavier Bertrand l’actuel secrétaire général ou Jean-François Copé, patron des députés UMP, telle est la question de l’Elysée. En tout cas, le président de la République attend. Comme si de rien n’était. Et profite d’un emploi du temps chargé. Au point de reporter semaine après semaine, la date du remaniement, véritable calvaire des ministres, certains donnés partant, d’autres restants (lire ici).

Alors c’est pour quand ce remaniement ?

On évoque la mi-novembre. Soit après les rendez-vous internationaux : le sommet de Séoul et la préparation du G20, présidé par Nicolas Sarkozy, son déplacement dès le 2 novembre à Londres pour parler défense et célébrer la relation franco-britannique,  la venue en France du président chinois Hu Jintao, puis, sans rire, la célébration des 40 ans de la mort du général de Gaulle le 9 novembre à Colombey les Deux Eglises.

P.L

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