le Canard de l’Etang

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13 février 2011

Sarko, ceux qui l’aiment prennent l’avion…

Article publié sur le site de Marianne

Décidément, le rapport à l’aviation n’est pas simple en Sarkozie. Et l’on ne parle pas là de la vente sans cesse repoussée des Rafales au Brésil, mais bien des polémiques successives sur les voyages privés en avion des membres du gouvernement. Jets privés prêtés par des amis ou avions d’état utilisés à des fins personnelles, de MAM à Fillon, en passant par Estrosi ou bien sûr Sarkozy : retour sur ces voyages à risques.

 


Air Sarko One - capture d'écran - Dailymotion - Lepostfr

Air Sarko One – capture d’écran – Dailymotion – Lepostfr

 

 


Un voyage dans les airs d’un membre de gouvernement et, hop, une polémique… Un scoop dans la presse peut (facilement) susciter une flopée de commentaires venant de la classe politique, en particulier du banc de l’opposition.

MAM vient d’en faire les frais. A l’origine de l’affaire, des vacances au soleil, ou plus exactement en Tunisie, où le vent d’un soulèvement populaire souffle depuis le 17 décembre. La ministre des Affaires étrangères, pourtant considérée comme intègre et mesurée, s’est permis une petite escapade en jet privé et en famille, durant son séjour entre Noël et le jour de l’An. Le problème, le bolide des airs appartient à un proche de Ben Ali. Devant le feu des critiques de la presse et de la gauche, l’ex-garde des Sceaux a alors dû, vendredi dernier, se défendre sur le plateau du journal télévisé de France 2. Peine perdue : des journalistes ont moqué son argumentation approximative. Et Le Nouvel Obs’ révèle, le lendemain, l’existence d’un deuxième voyage à bord du jet privé d’Aziz Miled.

Elle ne dément pas, reconnaît son erreur de jugement, mais rien n’y fait. L’opposition continue de crier au scandale. Certains exigent même sa démission, alors que la majorité la soutient. Comme Nadine Morano qui ne s’est pas empêché, toutefois, de glisser : « Je ne serais pas partie en Tunisie. »

Le Premier ministre défend aussi sa ministre d’État. Car, entre amateurs de voyages en avion, on se comprend ? Mardi 8 février, pour griller le scoop du Canard Enchaîné qui publie un article à ce sujet, François Fillon avoue avoir emprunté, durant les congés de fin d’année, un avion du gouvernement égyptien. Matignon publie un communiqué détaillé de son séjour en famille, qui témoigne d’une nervosité inhabituelle. Craint-il de se faire taper sur les doigts par la presse ? Par le président de la République ? Ou veut-il apporter un répit à MAM ?

Ce n’est guère la première fois que des membres du gouvernement utilisent ce mode de transport avant de se faire sermonner.

Un premier scandale a visé l’ex-secrétaire d’État à l’Outre-mer, Christian Estrosi, qui a commandé en 2008 un avion privé pour rentrer en France assister à une cocktail organisé par l’Élysée. Un voyage au prix de 138 000 euros… Christian Estrosi présente ses excuses… le jour de la parution du Canard Enchaîné qui a sorti l’information.

Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, a, lui aussi, voyagé à bord d’un jet… pour la coquette somme de 116 500 euros. Pour des vacances? Non, pour se rendre en Martinique à une conférence internationale sur la reconstruction d’Haïti. Conscient de sa bourde, Il se voit alors contrant de démissionner, au même moment, d’ailleurs, que son collègue Christian Blanc – qui, lui, quitte son poste pour son goût prononcé pour la consommation de cigares.

Or, Michèle Alliot-Marie a voulu se différencier de son ex-collègue : « Je n’ai pas dépensé un sou français ou tunisien », a-t-elle juré, hier, devant les députés, à l’Assemblée. Au contraire, donc, d’Alain Joyandet.

Il faut rappeler que le chef de l’État exige, depuis la dernière campagne présidentielle, une « république irréprochable » (sic !). Car, oui, Nicolas Sarkozy, en tant que maître d’orchestre de l’exécutif, tente de montrer qu’il donne l’exemple. La preuve ? Il a, récemment, rejoint les États-Unis depuis Bruxelles, le weekend du 5 février, à bord d’un Falcon 7X de l’Etec, l’escadron des avions de la République. Et réglé son billet et celui de son épouse au prix commercial, comme le lui demandait la Cour des comptes.

Le président, exempt de tout reproche ? Pas forcément… La presse belge – et non française – a révélé que Nicolas Sarkozy a mobilisé deux avions, Air Sarko One et le Falcon, pour faire un Paris-Bruxelles (à l’occasion d’un sommet européen, juste avant de s’envoler pour les États-Unis). Les deux capitales ne sont pourtant séparées que de quatre-vingt minutes de voyage en train. Et le transport ferroviaire aurait été moins pollueur. Le député socialiste René Dosière s’offusque.

Mais la cause n’est pas perdue : l’Élysée a publié, mercredi matin, un communiqué afin de demander à ses ministres de « privilégier la France » pour leurs congés…

Dans le même temps, on a frôlé de peu une nouvelle polémique à base d’avions, de pays sous tensions et de représentants de la République. Selon Libérationle président de la République aurait interdit, à la dernière minute , le voyage de trois députés UMP, souhaitant rejoindre la Côte d’Ivoire pour un séjour entre le 4 et le 8 février, ce voyage faisant trop la part belle à Laurent Gbagbo. Il y a parfois du bon à rater son avion et à rester sur le tarmac. 

13 février 2011

Proposer l’interdiction du tabac pour créer le buzz ? Raté…

Article publié sur Marianne 

Ou comment se débrouiller pour qu’on parle (un peu) de vous dans les médias… Jacques Attali propose d’interdire le tabac en France. Une mesure controversée et peu reprise dans les médias.

 



Serge Gainsbourg - capture d'écran - Dailymotion - ina

Serge Gainsbourg – capture d’écran – Dailymotion – ina


La Finlande a voté, en automne 2010, l’interdiction du tabac à l’orée de l’année 2040 et les moins de 18 ans n’ont plus le droit de fumer. Jacques Attali propose, lui, de transposer cette mesure… en France, une magnifique martingale pour désendetter l’Etat.

Car, il faut le dire – et Attali s’y colle -, la cigarette, c’est bien pire que le terrible Mediator. Il n’y qu’à voir les statistiques que l’ex-conseiller de Mitterrand s’empresse de noter : « Personne, absolument personne, ne se demande pourquoi on ne traite pas avec la même sévérité un produit totalement inutile, à la nocivité aujourd’hui avérée, consommé chaque jour par 1,3 milliard de personnes dans le monde et qui fait chaque année 5 millions de morts, soit plus que le sida et le paludisme réunis. » Le médicament conçu par Servier, n’aurait, en revanche, causé qu’entre 500 et 2000 morts… Or, critiqué par le monde médical, il avait pris l’eau voilà deux ans.

Le (très) libéral socialiste souligne certes que des mesures ont été prises pour « réduire l’usage » du tabac dans l’espace public. Il évoque certes le prix d’un paquet de clopes qui grimpe de manière régulière. Mais simplement pour tacler les producteurs de cigarettes : « La hausse (…) ne fait qu’augmenter les profits des compagnies et les revenus des États, coupables de complicité d’empoisonnement. » Mais les faits sont là : les Français fument beaucoup (« 25% » d’entre eux), y compris les jeunes, et surtout les femmes, comme le rappelle, à juste titre, Jacques Attali.

Au-delà du danger lié à la consommation du tabac, cette mesure aurait des effets néfastes. N’en déplaise à l’écrivain Attali qui sous-estime les nombreuses conséquences : « On remettrait en cause quelques emplois », souligne-t-il. Seulement quelques-uns? « Les États perdraient quelques recettes ; on encouragerait pour un temps le marché noir (déjà important ) ; on devrait faire quelques dépenses pour désintoxiquer ceux qui le sont. »

L’idée saugrenue, forcément, dérange du côté des principaux intéressés :  les buralistes, par la voix de leur patron, Pascal Montredon (à la tête de la confédération des buralistes), se montrent « abasourdis » et parlent de « propos totalitaires ».

« On gagnerait tant en qualité et en espérance de vie que le bilan, même économique, serait évidemment partout positif », martèle l’économiste Jacques Attali. « Pourquoi pas supprimer le soleil qui provoque chaque jour des cancers de la peau ? », ironise Yves Trévilly, porte-parole de British American Tobacco France.

Pas de panique : l’économiste, qui a planché pour Nicolas Sarkozy sur la croissance en 2008, n’avait pas été repris à 100%. Loin de là : les propositions de la commission du docteur Attali – dont celle sur la libéralisation des taxis – avait été peu suivies…

Et, de toute manière, son idée ne fait guère la « une » de la presse, ce matin : pas une ligne dans La Tribune, Le Figaro ou Les Échos ; ni sur les sites d’information comme Mediapart, Rue89 et Slate.fr (site cofondé par Jacques Attali). Rien qu’une brève dans La Croix, L’Humanité, Le Parisien, Libération. Et un petit article dans les colonnes de France Soir. Pas vraiment un succès…

7 février 2011

Divergences entre amis socialistes et écolos

On le sait, il en faut peu pour que des membres d’une famille politique se divisent : une actualité et, hop,  l’analyse diverge.

 Même s’il ne pèse plus grand-chose dans la vie politique, même si l’heure de cet amoureux des montres est passée, ses déclarations de la semaine dernière ont fait (un peu) de bruit : d’abord, Julien Dray, simple député de l’Essonne, s’est moqué des gentils conseils d’ami que tous les socialistes adressent ces temps-ci à Jean-Luc Mélenchon – soit de calmer ses critiques envers leur préféré (?) Strauss-Kahn.

Oui, suggère Julien Dray, on peut écouter le président du Parti de gauche, candidat à la présidentielle.

Le député socialiste ne demande, par ailleurs, pas la démission de Michèle Alliot-Marie. Ou, du moins, pas avec autant de fougue, que ses compères de parti, tels Ayrault et Hamon.

 Les socialistes n’ont pas le monopole du « débat interne »  à gauche. Ça chamaille aussi chez les écolos. La juge Joly, qui presse son concurrent Hulot à « se décider » (comme Yannick Jadot, eurodéputé vert), évoque le soutien de Dany Cohn Bendit à sa candidature pour 2012. Ce dernier, pourtant, n’a jamais caché qu’il envisageait aussi qu’« Europe-Écologie » ne présente… personne à la présidentielle. En échange, toutefois, d’un accord en vue des prochaines législatives avec les socialistes. Et là, le trublion de Mai 68, pour éviter un nouveau 21 avril, invite le candidat des verts à reculer au profit de son homologue-candidat socialiste si les sondages indiquent, à trois mois du scrutin national, que le Front national pourrait passer le second tour de la présidentielle.

 Autre source d’embarras pour les Ecolos : Borloo et NKM. Éva Joly tacle autant Marine Le Pen que l’ancien ministre de l’Ecologie. Problème, Jean-Vincent Placé, bras-droit de Cécile Duflot, qui, certes, tape sur la loi « Grenelle 2 », chantonne des mots doux pour qualifier la première partie du texte issu du grenelle de l’environnement… avant d’encenser Nathalie Kosciusko-Morizet, la « Ségolène de 2017 »…

7 février 2011

Web-séries :s’engager pour se faire connaître

Article publié dans Marianne

On ne compte plus les Web-séries sur la Toile, des productions souvent auto-financées avec de jeunes comédiens. L’idée ? Se faire connaître et partager sa passion. Mais pas seulement : il s’agit aussi de transmettre certains messages. Souvent d’ordre écologique.



Dessin - Louison

Dessin – Louison

Les séries ne se regardent plus qu’à la télévision. On peut les suivre sur le Net, où elles sont diffusées à outrance. Le nombre de visionnages et leur popularité grimpent en flèche. Parmi ces feuilletons, certaines surfent sur la vague écolo. Et traitent de développement durable, sujet à la mode par les temps qui courent.

Chacun son format (des épisodes de 2 à 10 minutes, en général), chacun son ton. Quelques séries défendent leurs idées par l’humour au premier degré, en particulier grâce à l’effet de blagues – pas toujours réussies – qui se succèdent. C’est le cas de Planète Bureau, une série qui vise à sensibiliser les entreprises aux éco-gestes. Elle est née d’une collaboration entre une agence de communication engagée, ICOM, et une troupe de théâtre, La compagnie du 4. Trois volets ont déjà été diffusés avec un thème par épisode.

D’abord, le covoiturage, décrit comme une manière « conviviale » de se déplacer qui permet une économie d’essence et d’accident de la route, rappelle l’une des personnages féminins. Peu dupe, toutefois. Ce mode de transports resterait peu populaire, regrette-t-elle, faussement affectée. Celle-ci n’arrive pas à « convaincre ses collègues ».

La série se penche aussi sur le gaspillage de papier et des bouteilles en plastique. Et là non plus, la protagoniste peine à responsabiliser les membres de sa boîte. Exemple, l’un des personnages, sceptique, ne veut pas changer ses habitudes et passer à l’eau du robinet… car il préfère l’eau gazeuse.

Pathétique ? Ridicule ? Un peu…   Bienvenue au pays des « Bisounours » !


Épisode 1 : « co-voiturage… ô désespoir »
envoyé par Planete-Bureau. – Gag, sketch et parodie humouristique en video.

 

De ce feuilleton au ton comique, un brin raté, un brin tordu, on passe au sombre univers de la Web-série The Coat, une fiction née en 2007 (9 épisodes diffusés), qui dresse le tableau d’un monde, ravagé par une explosion et sans humanité. Une vision d’un futur possible ? « Nous voulions montrer ce que pourrait devenir la terre si on ne fait rien aujourd’hui », explique l’un des trois créateurs, Mathieu Caillière. Le metteur en scène et acteur principal pointe les dangers « du réchauffement climatique, de la montée des eaux, de la fonte des glaciers ». A la naissance de ce projet, en 2007 – « à une époque où l’on ne parlait pas beaucoup d’écologie » -, il travaillait dans le domaine du développement durable.

Et lui, aussi, a toujours voulu sensibiliser. « Éteindre la lumière, fermer le robinet », ça reste important, ce sont des gestes utiles. Mais, promis, pas d’approche moralisatrice dans la série. Vraiment ? Ne joue-t-elle pas sur nos peurs ? Sur un certain catastrophisme ambiant ?

Elle débute par le réveil du protagoniste. Seul, il découvre un monde… différent et décoiffant. Au départ, peu d’action et beaucoup de lenteur. Puis, au fil des épisodes, tout s’accélère. Le héros croise des survivants… craintifs, anxieux. Ce qui révèle « une insécurité, un retour au côté primitif de l’homme », comme l’explique Mathieu Caillière. Qui évoque ensuite la quête du personnage qu’il interprète : rejoindre une terre d’espoir, la seule poche d’humanité encore existante : Babylone. « C’est la cité du mystère, l’éden de l’espoir », sourit le metteur en scène.


The Coat – Bande-Annonce 01
envoyé par Seb-PJ. – Regardez des web séries et des films.

 


Le futur, d’autres web-séries en parlent aussi. Exemple : Le Visiteur du Futur, un feuilleton qui évoque le sauvetage de la planète (« sauver le monde ») sur un ton plus léger. Mais ce n’était guère l’idée de départ : « J’ai d’abord créer quelque chose qui n’existait pas à la télévision, une science-fiction humoristique », raconte le créateur et scénariste de la série, François Descraques. La première saison propose, au début, quelques épisodes à histoire bouclée : « Des sketchs » indépendants et « facile à réaliser ».



Le visiteur du futur EPISODE 1
envoyé par FrancoisDescraques. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

 

Mais comme la série, qui « vise un public large », fonctionne bien, le créateur a « changé la formule » en cours de route. Et écrit une intrique sur du plus long cours. Les épisodes de la saison 2 (l’épisode 7 vient d’être diffusé) durent plus longtemps – dix minutes environ -, sont « plus pertinents » et reliés les uns aux autres. Il s’agissait dorénavant, pour le créateur, de « montrer ce que c’est de vouloir transformer le monde, ce que cela peut impliquer dans la vie de tout les jours. Les gens n’ont pas tous envie, y compris moi, confie François Descraques, de changer leurs habitudes et faire des sacrifices pour le bien de la planète. »

Et il s’emploie à illustrer son propos à l’écran par l’absurde. Le visiteur du futur recommande par exemple de ne pas manger de sandwichs, de ne proposer aucun rendez-vous galant à une fille, de n’acheter aucune bouteille de lait, mais encore de ne pas se rendre à une boulangerie. Des actions qui, selon le visiteur du futur, conduiraient à la catastrophe dans un temps éloigné du présent.

Mais on en a tous cure, croit savoir François Descraques : « Personne ne veut renoncer à son bonheur, à son plaisir, excepté, peut-être, des moines bouddhistes », sourit-il.

Tous égoïstes ?

03 Nicolas Sarkozy 1er : pour une nouvelle taxe carbonne !
envoyé par lesmiettesTV. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.


Cette série SF, un brin délirante, un brin philosophique, n’a, en fait, rien de politique. Au contraire de « La quête sans Fin », une production presque théâtrale qui met en scène une époque médiévale avec, entre autres, deux protagonistes, le preux chevalier Nicolas 1er et la fée Golène… Qui font référence, bien sûr, à l’actuel chef d’État et à la candidate socialiste à la présidentielle de 2007. Les deux créateurs – et acteurs, au passage  -, Jonathan et Isabelle Meli, ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin : ils prévoient de créer un nouveau personnage pour une saison 2 : « Une femme qui vole aux étrangers pour rendre aux Français », allusion non masquée à Marine Le Pen, qui vient d’être « adoubée » présidente du FN.


« Une taxe contre tout sujet qui salit la nature»

« Il est possible de dresser un parallèle entre l’époque actuelle et le Moyen-Âge », explique Jonathan Meli. Avec une préférence : l’utilisation d’un ton léger, comique, caricatural et démagogique pour traiter « de sujets marronniers qui reviennent à intervalle régulière dans les médias ». Y compris, donc, l’écologie, thème central du troisième épisode (sur 9 déjà en ligne) : « A l’époque, on parlait beaucoup de la taxe carbone. On s’en est servi pour l’histoire : Nicolas 1er décide d’instaurer un impôt pour tout sujet qui salit la nature. » Ou comment inventer une taxe populaire…

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce couple parle d’écologie. Dans une précédente Web-série, Un jour de plus, aujourd’hui défunte, les deux avaient évoqué, le temps d’un épisode, les animaux en voix de disparition et ces « hommes pollueurs et méchants ».

« Ce qu’on recherche, c’est de faire réfléchir les gens », conclut Jonathan Meli, apôtre d’une « éducation populaire ». Mais non prise de tête.

Décidément, la vague verte n’a pas fini de se déployer…

7 février 2011

Mouvements de jeunes des partis politiques : pourquoi faire ?

 

Article publié dans Marianne

A quoi sert vraiment un mouvement de jeunes ? Marianne a posé la question à des responsables de petits mouvements de jeunes. Porter la voix des aînés à outrance, se chercher d’éventuels nouveaux électeurs… Marquer sa différence ? A peine…

 

Louison

 

 

Dessin : Louison

 

 

« Quand je ne suis pas d’accord avec François (Bayrou), je lui dis, confie François-Xavier Pénicaud. Et il écoute. » Pour illustrer son propos, le président des Jeunes Démocrates cite le mouvement des retraites à l’automne dernier. Selon lui, le troisième homme de la présidentielle de 2007 ne comprenait pas pourquoi les jeunes descendaient dans la rue et il avait voulu lui expliquer que ces jeunes avaient battu le pavé pour une bonne raison : « Ils manifestent une inquiétude quant à leur insertion professionnelle », avait-il défendu à l’époque.

Le premier rôle serait-il alors de taper sur les chefs? Tous, peu importe les obédiences, insistent sur la présence d’un débat interne à la famille politique. Quitte à reconnaître des désaccords entre deux générations d’une même structure… Il faut pouvoir exister.


Au diapason et s’opposer pour s’opposer

 

(François-Xavier Pénicaud - photo : Charles Cadiet - cc)

(François-Xavier Pénicaud – photo : Charles Cadiet – cc)

 

 

D’abord, qui dit plus jeune, dit aussi plus ouvert sur des questions sociétales. Les Jeunes démocrates veulent se différencier du MoDem sur « l’homosexualité et l’euthanasie », jure François-Xavier Pénicaud, bénévole du MoDem. Les jeunes pour la France, eux, disent se distinguer « sur des mesurettes », comme lors du débat sur le travail du dimanche : Christophe Bentz, leur président – salarié -, était « pour », son parti contre.

Mais pas seulement : ils prétendent ne pas avoir toujours les  « mêmes analyses politiques », croit savoir Christophe Bentz… Son homologue des Radicaux de Gauche, Sandra-Élise Revieriego, abonde en ce sens et donne un exemple récent : « Lorsque Jean-Michel Baylet a évoqué dans une tribune la possibilité d’un Front républicain avec le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo, nous lui avons exprimé notre désaccord. » La jeune femme, pas rémunérée par son parti, mais salariée dans une agence de communication publique, précise : « Le problème ? Le parti de Jean-Louis Borloo est intégré à l’UMP. »

Mais a-t-elle une chance de se faire écouter ? Pas sûr… Mais peu importe, finalement. Les beaux discours suffisent : « Les Jeunes démocrates portent la voix de la jeunesse auprès du MoDem et la voix du MoDem à la jeunesse », murmure François-Xavier Pénicaud. Sandra-Elise Reviriego parle des Jeunes Radicaux comme d’une « force de négociation et de proposition », pour les aînés du parti. Et Isabelle Ignace des Jeunes Solidaires d’avancer l’idée d’une « plus-value considérable » provenant de ces militants dans la fleur de l’âge.

Alors, s’opposer pour s’opposer ? Un peu… Car, au final, « ils restent de la même famille que leurs aînés, avec une doctrine, un projet et des valeurs communes », comme l’admet le Secrétaire général des Jeunes Communistes, Pierric Annoot. Et, « à 99% », les Jeunes démocrates ont les mêmes idées que François Bayrou. Christophe Bentz résume : « Il s’agit d’une entité dirigée par un seul chef. »

D’ailleurs, c’est la direction du parti qui, parfois, nomme les pions. Au MPF, par exemple. Une élection démocratique pour élire le responsable ? « Cela ne marcherait que difficilement », botte-t-il en touche. Avant de se justifier, le sourire aux lèvres : « Je n’ai tué aucun concurrent, je connaissais presque tout le monde au sein de la formation, toute la pyramide hiérarchique, j’étais le second de mon prédécesseur.» Ainsi Christophe Bentz a-t-il été nommé pour sa proximité au mouvement de Philippe de Villiers. Et au mérite…


des jeunes… soumis

 

 

 

(Sandra-Elise Reviriego - photo : JRG - cc)

(Sandra-Elise Reviriego – photo : JRG – cc)

 

 

Les mouvements de jeunes se soumettent à la parole du grand manitou. Une mission, finalement, assez facile. Sur leur site, les Jeunes radicaux de gauche indiquent : « Notre désir de diffuser le radicalisme et de contribuer à son renouvellement et à sa pérennité ne peut être effectué que dans le cadre du Parti Radical de Gauche et à son profit. » Tout est dit…

Pierric Annoot, du Mouvement des Jeunes Communistes (MJC), résume assez bien cet état d’esprit : « Quand on entend Benjamin Lancar, président des Jeunes populaires, on a l’impression que Sarkozy est un dieu. » Aucune critique ne serait la bienvenue, tout est bien, tout est beau au gouvernement : message reçu cinq sur cinq.

Et du côté de l’extrême-droite, « le FNJ a toujours été soumis à l’autorité de Jean-Marie Le Pen », confie David Rachline, l’ex-président du mouvement. Ce qui laisse comprendre pourquoi l’autorité a facilement glissé du père vers la fille, à un tel point que « vingt des vingt-deux secrétaires régionaux du FNJ sont « marinistes » », comme il nous l’avait expliqué juste avant l’élection de Marine Le Pen à la tête du FN.

Un soutien… qui n’a guère payé ? Rachline, qui a « toujours nié » que son marinisme lui permettrait de « bouger dans l’organigramme » a été débarqué de la tête de l’organisation de jeunesse, pour devenir – quand même – secrétaire national… à la communication numérique.

S’ils ne peuvent s’opposer dans le champ des idées, il reste peut-être l’autonomie administrative comme gage d’indépendance. Une pirouette utilisée par les Jeunes communistes, qui « choisissent seul leur direction et leurs orientations politiques » – selon Pierric Annoot : « Nous sommes indépendants » du parti dirigé par Pierre Laurent. « 50 % de nos militants ne sont pas encartés au PCF, les adhérents ne sont pas obligés de cotiser pour les deux formations », glisse le jeune homme, salarié du mouvement, qui a, lui, choisi d’avoir les deux cartes. Pour donner l’exemple ?

 

des jeunes… peu nombreux

 

 

(capture d'écran Dailymotion de Pierric Annoot - MJCF - cc)

(capture d’écran Dailymotion de Pierric Annoot – MJCF – cc)

 

 

D’autres mouvements de jeunes ne peuvent, par exemple, gérer seuls leur budget : Christophe Bentz le dit sans envergure : « Selon les années, on peut recevoir entre 15 000 et 20 000 euros. » Cela dépend donc…

Les plus aisés parmi les mouvements de jeunes ? Les Jeunes communistes ont droit à un budget de… 500 000 euros. Ce qui peut paraître logique quand on sait que le PCF se hisse au troisième rang des forces politiques les plus riches de France (selon les chiffres du rapport 2009 de la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques). Une richesse – au passage – paradoxale pour un parti qui dispose certes d’une belle assise d’élus locaux, mais qui semble en voie d’extinction lors des échéances nationales…

Par ailleurs, les Jeunes communistes, mouvement né en 1920, ne forment pas le mouvement le plus important. Si podium il y avait, la formation monterait sur la deuxième marche : on compte 12 000 adhérents à la JC, soit plus qu’au MJS (5 500 personnes pour le mouvement socialiste apparu en 1993), mais moins que les Jeunes UMP, un mouvement né en… 2002 et regroupant 30 000 âmes.

Les Jeunes démocrates, qui peuvent compter sur un budget de 36 000 euros, sont, eux, 7000. Mais toute personne de moins 33 ans, qui s’inscrit au MoDem, entre automatiquement dans la liste des adhérents des J-Dem (et vice et versa). Un moyen, peut-être, de gonfler leurs chiffres ? Car il faut bien le rappeler, les Français affiliés aux sections jeunes des partis politique ne sont pas si nombreux : 65 000 têtes.

Et la proportion entre jeunes et ainés au sein d’une même famille politique varient selon les formations. Seulement 850 membres des Jeunes radicaux de gauche pour environ 10 000 au sein du PRG (8.5%). Mais 3 000 chez les Jeunes pour la France pour 17 000 au MPF (soit 17.6% de jeunes dans l’ensemble).

 

A la recherche de l’électeur jeune et perdu, les mouvements aiment se retrouver

 

 

(Christophe Bentz - photo : Antoine Lascaut - cc)

 

 

Alors, pourquoi, diable, y a-t-il des mouvements de jeunes ? « On ne s’adresse pas de la même manière aux jeunes, on ne perçoit pas les choses de la même manière », explique Christophe Bentz. Les jeunes, croit-il savoir, aiment se retrouver en réunions, en soirées, car c’est « sympathique », concède le président des JPF.

 

(Christophe Bentz – photo : Antoine Lascaut – cc)


Et certains éditoriaux – « destinés aux Jeunes » – figurent ainsi (et uniquement) sur leur site. Mais « cela m’arrive d’écrire des communiqués qui seront aussi en « une » du site du MPF », glisse quand même Christophe Bentz. Les Jeunes Communistes ne publient pas non plus que des communiqués en direction de leur génération : « On lutte (aussi) contre l’emprisonnement des opposants politiques à travers le monde », martèle – sans rire – Pierric Annoot. Les formations de jeunes ne s’adressent donc pas seulement aux jeunes (à leurs ouailles)… Aux aînés aussi !

 

 

« Nous ne nous situons pas dans un carcan communautaire », se défend Christophe Bentz. Le président privilégie « le dialogue inter-générationnel entre l’expérience des aînés et l’activisme des jeunes, une génération qui tracte beaucoup dans les marchés. » De quoi faire taire les éventuelles accusations de jeunisme qui toucheraient ces mouvements : oui, les jeunes aiment leurs vieux…

La distribution des tracts n’a pas lieu seulement devant les étales ou à la sortie de métro : dans les lycées et à la fac, aussi, comme le font les jeunes anticapitalistes, non pas regroupés autour d’un mouvement ordinaire, mais au sein de plusieurs comités locaux informels auprès d’établissements scolaires (il y aurait entre 500 et 600 adhérents environ, gérés par « une quarantaine de secrétaires nationaux », glisse l’un d’eux, Jean-Baptiste Tondu).

Peu importe le nombre de jeunes adhérents, pourvu qu’il y ait du prosélytisme politique… Il faut tracter… pour attirer de futurs militants. Autrement dit, d’éventuels électeurs en vue des prochains scrutins. Et s’ils veulent draguer le plus gros parti de France, le groupe des abstentionnistes, il y a (encore) beaucoup de travail…

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