le Canard de l’Etang

13 février 2011

Sarko, ceux qui l’aiment prennent l’avion…

Article publié sur le site de Marianne

Décidément, le rapport à l’aviation n’est pas simple en Sarkozie. Et l’on ne parle pas là de la vente sans cesse repoussée des Rafales au Brésil, mais bien des polémiques successives sur les voyages privés en avion des membres du gouvernement. Jets privés prêtés par des amis ou avions d’état utilisés à des fins personnelles, de MAM à Fillon, en passant par Estrosi ou bien sûr Sarkozy : retour sur ces voyages à risques.

 


Air Sarko One - capture d'écran - Dailymotion - Lepostfr

Air Sarko One – capture d’écran – Dailymotion – Lepostfr

 

 


Un voyage dans les airs d’un membre de gouvernement et, hop, une polémique… Un scoop dans la presse peut (facilement) susciter une flopée de commentaires venant de la classe politique, en particulier du banc de l’opposition.

MAM vient d’en faire les frais. A l’origine de l’affaire, des vacances au soleil, ou plus exactement en Tunisie, où le vent d’un soulèvement populaire souffle depuis le 17 décembre. La ministre des Affaires étrangères, pourtant considérée comme intègre et mesurée, s’est permis une petite escapade en jet privé et en famille, durant son séjour entre Noël et le jour de l’An. Le problème, le bolide des airs appartient à un proche de Ben Ali. Devant le feu des critiques de la presse et de la gauche, l’ex-garde des Sceaux a alors dû, vendredi dernier, se défendre sur le plateau du journal télévisé de France 2. Peine perdue : des journalistes ont moqué son argumentation approximative. Et Le Nouvel Obs’ révèle, le lendemain, l’existence d’un deuxième voyage à bord du jet privé d’Aziz Miled.

Elle ne dément pas, reconnaît son erreur de jugement, mais rien n’y fait. L’opposition continue de crier au scandale. Certains exigent même sa démission, alors que la majorité la soutient. Comme Nadine Morano qui ne s’est pas empêché, toutefois, de glisser : « Je ne serais pas partie en Tunisie. »

Le Premier ministre défend aussi sa ministre d’État. Car, entre amateurs de voyages en avion, on se comprend ? Mardi 8 février, pour griller le scoop du Canard Enchaîné qui publie un article à ce sujet, François Fillon avoue avoir emprunté, durant les congés de fin d’année, un avion du gouvernement égyptien. Matignon publie un communiqué détaillé de son séjour en famille, qui témoigne d’une nervosité inhabituelle. Craint-il de se faire taper sur les doigts par la presse ? Par le président de la République ? Ou veut-il apporter un répit à MAM ?

Ce n’est guère la première fois que des membres du gouvernement utilisent ce mode de transport avant de se faire sermonner.

Un premier scandale a visé l’ex-secrétaire d’État à l’Outre-mer, Christian Estrosi, qui a commandé en 2008 un avion privé pour rentrer en France assister à une cocktail organisé par l’Élysée. Un voyage au prix de 138 000 euros… Christian Estrosi présente ses excuses… le jour de la parution du Canard Enchaîné qui a sorti l’information.

Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, a, lui aussi, voyagé à bord d’un jet… pour la coquette somme de 116 500 euros. Pour des vacances? Non, pour se rendre en Martinique à une conférence internationale sur la reconstruction d’Haïti. Conscient de sa bourde, Il se voit alors contrant de démissionner, au même moment, d’ailleurs, que son collègue Christian Blanc – qui, lui, quitte son poste pour son goût prononcé pour la consommation de cigares.

Or, Michèle Alliot-Marie a voulu se différencier de son ex-collègue : « Je n’ai pas dépensé un sou français ou tunisien », a-t-elle juré, hier, devant les députés, à l’Assemblée. Au contraire, donc, d’Alain Joyandet.

Il faut rappeler que le chef de l’État exige, depuis la dernière campagne présidentielle, une « république irréprochable » (sic !). Car, oui, Nicolas Sarkozy, en tant que maître d’orchestre de l’exécutif, tente de montrer qu’il donne l’exemple. La preuve ? Il a, récemment, rejoint les États-Unis depuis Bruxelles, le weekend du 5 février, à bord d’un Falcon 7X de l’Etec, l’escadron des avions de la République. Et réglé son billet et celui de son épouse au prix commercial, comme le lui demandait la Cour des comptes.

Le président, exempt de tout reproche ? Pas forcément… La presse belge – et non française – a révélé que Nicolas Sarkozy a mobilisé deux avions, Air Sarko One et le Falcon, pour faire un Paris-Bruxelles (à l’occasion d’un sommet européen, juste avant de s’envoler pour les États-Unis). Les deux capitales ne sont pourtant séparées que de quatre-vingt minutes de voyage en train. Et le transport ferroviaire aurait été moins pollueur. Le député socialiste René Dosière s’offusque.

Mais la cause n’est pas perdue : l’Élysée a publié, mercredi matin, un communiqué afin de demander à ses ministres de « privilégier la France » pour leurs congés…

Dans le même temps, on a frôlé de peu une nouvelle polémique à base d’avions, de pays sous tensions et de représentants de la République. Selon Libérationle président de la République aurait interdit, à la dernière minute , le voyage de trois députés UMP, souhaitant rejoindre la Côte d’Ivoire pour un séjour entre le 4 et le 8 février, ce voyage faisant trop la part belle à Laurent Gbagbo. Il y a parfois du bon à rater son avion et à rester sur le tarmac. 

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