le Canard de l’Etang

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27 décembre 2011

L’Etat encourage-t-il les Français à voter?

Publié par canarddeletang dans Non classé

Lu intialement sur l’express.fr

Selon les partis d’opposition, le gouvernement n’aurait rien fait pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales. Mais comment l’exécutif avait agi lors des deux précédentes présidentielles? LEXPRESS.fr remonte le temps. 

Il ne reste plus que quelques jours pour s’inscrire sur les listes électorales. Et ainsi, pouvoir participer à la prochaine élection présidentielle.  

Encore faut-il le savoir. Depuis plusieurs jours, les partis d’opposition se chargent de diffuser la nouvelle et accusent, au passage, le gouvernement de ne pas avoir organisé de campagne d’information. Des accusations portées par une partie de la droite et par la gauche (en particulier, les Jeunes socialistes, auteurs d’une savoureuse vidéo).  

Une remarque, en premier lieu: la critique de la gauche sur l’absence de campagne d’information de la part du gouvernement de droite n’est pas une première. Pierre Moscovici, l’actuel directeur de campagne de François Hollande, avait déjà envoyé une pique à l’éxécutif dans un entretien accordé au Monde en juin 2004, soit un peu avant les élections européennes: « La droite a joué la dépolitisation », avait-il estimé à l’époque. 

Mais qu’en est-il réellement? Traditionnellement, l’exécutif incite-t-il les non-inscrits à se rendre en mairie avant une présidentielle?  

Depuis 2000, le ministère de l’Intérieur laisse au collectif Civisme et démocratie (Cidem) le soin d’organiser les campagnes officielles d’incitation à l’inscription sur les listes électorales, et ce, avant chaque scrutin, y compris local et européen. Des opérations de sensibilisation financées par le gouvernement. 

Attaqué, notamment par le PS, le ministère de l’Intérieur a voulu se défendre, ce week-end. Selon le porte-parole de la Place Bauveau, Pierre-Henry Brandet, l’effort a été plus important qu’il y a un peu plus de quatre ans, à l’aube du scrutin présidentiel de 2007. Ainsi, 181 000 euros auraient été dépensées par le ministère pour la distribution d’affiches, de dépliants, et afin de financer une campagne sur le Web. Mais rien à la télévision ou au cinéma, comme à la fin du deuxième mandat de Jacques Chirac.  

Outre la distribution sur la voie publique de près de 250 000 dépliants et de 30 000 affiches, un spot publicitaire amusant avait été conçu, avec ce slogan: « ne laissez personne choisir à votre place ». Le message avait fait le tour des médias. En scène: un couple de parents, lors de la naissance de leur enfant dont le prénom, Jean-Paul, est… choisi par une sage-femme. 

Des « caravanes civiques », en tournée aux quatre coins de la France

Des publicités avaient aussi été diffusées sur la chaîne TV5 -plus de 450 fois entre le 16 novembre et le 31 décembre 2006- et sur les ondes de la radio RFI -dix passages par jour durant la deuxième moitié du mois de décembre- ciblant spécifiquement les 2 millions d’expatriés français.  

Résultat? Près de 1,4 million de personnes s’étaient inscrites pour la première fois, soit 3,4% du corps électoral. 830 000 mois de 30 ans s’étaient rués vers les hôtels de ville pour voir leur nom figurer sur les listes électorales. Quant aux autres, ils ont été inscrits d’office quand ils ont eu 18 ans (loi en vigueur depuis 1977).  

Pourquoi une telle campagne en 2006? On évoque, à l’époque, le résultat du vote du 21 avril 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen avait atteint le second tour de la présidentielle.  

Avant ce scrutin, la gauche était au pouvoir. Et sous Lionel Jospin, on ne faisait pas non plus semblant, en terme de sensibilisation. Le ministre de l’Education nationale d’alors avait parrainé une opération inédite d’incitation à l’inscription sur les listes électorales. Des « caravanes civiques », pardon, des Renault Espace, avaient fait le tour de France, en décembre 2001, à la rencontre de la population en âge de voter. 

Jack Lang s’était même invité, à la veille du nouvel an, sur France 2, pour parler de « succès », le sourire aux lèvres. 

Le gouvernement veut-il « écarter » les jeunes?

En cette fin d’année, et toujours contrairement à aujourd’hui, il y eut des spots diffusés à la radio et sur les chaînes de télévision pour dire aux gens: « Ne pas voter, c’est laisser les autres décider à votre place« . 

Alors, pourquoi le gouvernement ne s’est-il pas, cette fois-ci, mobilisé laissant ainsi aux partis, le monopole de la campagne de sensibilisation? Le Parti radical de gauche a trouvé la réponse. Son président d’honneur Roger-Gérard Schwartzenberg s’est demandé samedi s’il ne s’agissait pas d’écarter les jeunes, « des catégories socio-démographiques souvent susceptibles de voter à gauche ».  

Vraiment? En 2006, on l’a vu, les campagnes d’information s’étaient succédé et avaient largement porté leurs fruits. Et aux dernières nouvelles, c’est bien le candidat de la droite, qui l’avait emporté.  

PL

23 décembre 2011

Nantes, bientôt officiellement bretonne ?

Des députés ont voté un amendement, ce mercredi, qui faciliterait le rattachement du département de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Les nostalgiques de la Bretagne originelle, certes prudents, se montrent ravis. 

 

Lu initialement sur lexpress.fr

Et si le département de Loire-Atlantique rejoignait la région bretonne ? Depuis une semaine, on reparle d’un éventuel redécoupage territorial dans les couloirs de l’Assemblée nationale.  

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, et son collègue écologiste, François de Rugy, élu de Loire-Atlantique, ont proposé, ce mercredi, un amendement facilitant le rattachement du département de Nantes, capitale de la Bretagne médiévale, à la Bretagne administrative. 

Seize parlementaires se sont prononcés en faveur du texte, neuf contre. « Ce vote a été trans-partisan, se félicite l’élu EELV, mes collègues du NC et du PS ont dit  » oui « , tandis que ceux de l’UMP ont été plus partagés. » Mais seulement 25 députés ont pris part au vote. « Comme pour 95% des textes soumis au sein de l’hémicycle », précise Marc Le Fur. 

Un amendement non « démocratique »?

Si la Loire-Atlantique demandait, à l’heure actuelle, son déplacement vers la Bretagne, tous les départements de la région d’origine, en l’occurrence les Pays de la Loire, devraient se prononcer pour le  » départ  » de l’un des leurs. Et c’est ça qui énervent les deux députés.  

Si le Sénat ne retoque pas leur amendement, seuls les habitants de la Loire-Atlantique se prononceraient pour un retour au sein de la région bretonne. Les Pays de la Loire ne bénéficieraient ainsi plus de leur droit de véto, se félicitent les deux députés.  

Mais ils pourraient perdre un morceau de leur territoire. « Ce ne serait donc pas respectueux pour leurs habitants », fustige le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Le président de la région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS) parle même d’un choix  » anti-démocratique« .  

Une critique que comprend Marc Le Fur, mais qu’il démonte aussitôt: « Quand vous déménagez d’un immeuble, vous n’avez pas à demander l’avis des autres propriétaires. » Non, il convient simplement de frapper à la porte de la destination choisie. En l’occurrence, la Bretagne, dont chaque département serait donc invité à dire « oui » ou « non » à la Loire-Atlantique. « La carte de France peut évoluer », se justifie le parlementaire breton de l’UMP, citant l’exemple de l’Alsace qui se prépare à une fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. 

Une Bretagne jusqu’au Mans?

Cette décision de la Chambre basse n’est toutefois qu’une étape, admettent les deux députés. « Pour paraphraser un sénateur de droite, la route est encore longue et la pente est rude », sourit François de Rugy.  

« Ce ne sera pas facile, nous avons juste percé un obstacle, reconnaît, de son côté, l’élu de la majorité, il faudra convaincre. » Car rien n’est certain. Avant un référendum, encore faut-il qu’une pétition populaire recueille assez de signatures. « On oblige personne à prendre une décision, c’est le choix des personnes », rassure l’élu EELV. Les deux députés se montrent pourtant confiants: « Les habitants de Loire Atlantique et de Bretagne semblent favorables à une réunification », veut croire Marc Le Fur.  

Si le département de Nantes glissait vers la Bretagne, l’autre région, celle des Pays de la Loire, devrait alors « prendre une décision », pense François de Rugy. Le statu quo ne serait pas à l’ordre du jour et le député EELV envisage un rattachement. Soit à une région plus au centre, soit, peut-être -soyons fous-, à la Bretagne. La région s’élargirait alors jusqu’au Mans.  

Cela va faire parler dans les penty!

P.L

18 décembre 2011

Les écolos bouclent la difficile question des investitures

Publié par canarddeletang dans Elections, les Ecologistes, politique francaise

Le Conseil fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts se réunit, ce week-end, pour valider les investitures aux législatives de juin 2012. Pas si facile, même pour les écolos… 

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Il n’y a pas qu’au PS et à l’UMP que les investitures pour les législatives posent problème. A Europe Ecologie – Les Verts (EELV), aussi. Le conseil fédéral se réunit, ce week-end, pour valider ses candidats. Et ce ne sera guère une partie de plaisir.  

A cause, notamment, de l’accord signé entre les écologistes et les socialistes qui prévoit, en vue des législatives de juin 2012, près de 80 candidatures communes entre les deux partis. L’idée de départ? Eviter les divisions à gauche et « les duels au second tour entre la droite républicaine et le FN », précise David Cormand, secrétaire général chargé des élections à EELV. Avant d’admettre que les conséquences peuvent être désastreuses: « C’est toujours compliqué quand il s’agit de l’ego des gens », sourit l’écolo. 

Et ces « gens » sont répartis aux quatre coins de la France, si bien que la direction nationale semble faire face à une fronde des fédérations. En Normandie, deux responsables ont ainsi démissionné au début du mois de décembre.  

La situation est plus difficile dans les Bouches-du-Rhône. Dans ce département, trois circonscriptions sont réservées aux écologistes. Mais les socialistes leur ont offert deux qu’ils ne souhaitaient pas: « Elles sont ingagnables, s’insurge Anne-Laure Faugère, porte-parole des écolos de la région PACA. Les socialistes n’ont pas respecté l’accord dans notre département. » D’où la volonté des Verts locaux de présenter leur propres candidats dans les 16 circonscriptions du département. Et donc d’entrer en concurrence avec leurs homologues socialistes faisant ainsi fi de l’accord avec le PS.  

Les élus de ce département rejettent, aussi, la candidature de Christophe Masse et de Jean-David Ciot, des proches de Jean-Noël Guérini, le puissant patron des Bouches-du Rhône, mis en examen. « On ne veut pas d’élus corrompus qui font ce qui veulent des subventions publiques, tonne la porte-parole écolo. Place aux autres! »  

« De toute manière, seule l’instance nationale des Verts peut valider les investitures, glisse Cormand. On ira donc sur place en janvier avec Jean-Vincent Placé pour régler ce différend avec les élus locaux. » 

« La direction de EELV ne soutient guère l’ouverture »

Un autre souci au sein du mouvement concerne la relation entre les Verts historiques et « les ex-non Verts », selon l’expression de Cormand, désignant les membres du rassemblement de la mouvance Europe-Ecologie, lors des élections européennes de 2009. Marie Bové, qui en fait partie, n’a pas obtenu l’aval des militants locaux (pourtant très peu nombreux le jour de l’assemblée générale consultative) pour se présenter en Gironde, à Bordeaux-II. « La direction nationale de EELV ne soutient guère l’ouverture vers la société civile d’Europe Ecologie », estime la fille de José Bové.  

Celle-ci, déçue du résultat, cite d’autres membres de la nouvelle génération de la formation à avoir échoués devant les adhérents. Le proche de Nicolas Hulot, Pascal Durand, n’a pas non plus convaincu les adhérents de la 10e circonscription de Paris. Pourquoi un échec ? On a reproché à Marie Bové de ne pas être assez implantée à Bordeaux… « Mais j’y milite depuis quinze ans », répond-t-elle, ajoutant, selon ses comptes, que le futur groupe écolo à l’Assemblée nationale ne sera composé presque que d’anciens cadres des Verts.  

Pour éviter tel scénario, David Cormand envisagerait de lui proposer une autre circonscription. « Je l’ai trouvée courageuse de se présenter à Bordeaux », précise-t-il. Réplique de l’intéressée: « Je respecte le choix des adhérents, je suis contre toute sorte de parachutage ou de bidouillage. » 

P.L

15 décembre 2011

Mais où Jack Lang sera-t-il parachuté ?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, PS

Le député PS se cherche un nouveau fief pour les législatives de juin 2012. Où sera-t-il accueilli? Le patron de la fédération socialiste de la Somme vient de lui proposer une circonscription à Amiens. Mais la situation est bien compliquée. 

Jack Lang ne se représentera pas dans la 6e circonscription du Pas-de Calais. Le député socialiste l’a fait savoir, le 30 novembre dernier, avant le vote des militants. Pour preuve de bonne foi, il a même félicité Brigitte Bourguignon, l’adjointe au maire de Boulogne-sur-Mer, qui a obtenu l’investiture par le PS.  

Rien à voir avec le courrier, daté du 21 novembre, d’Arnaud Montebourg sur « le système de corruption » qui toucherait certains élus du Nord, jure-t-on dans l’entourage de Jack Lang. 

Voilà donc l’ancien ministre de la Culture à la recherche d’un nouveau point de chute. Selon Le Parisien daté de ce mercredi, la direction du Parti socialiste verrait bien l’ancien ministre de François Mitterrand candidat dans les Vosges à Saint-Dié, dans le département où il est justement né. 

Jack Lang se verrait plus rester dans le Nord de la France, et plus précisément à Amiens-ouest. Nicolas Dumont, le patron de la fédération socialiste de la Somme, l’accueillerait volontiers. Lui-même prêt à se présenter, il a expliqué, ce mercredi matin sur les ondes de France Bleu Picardie, qu’il pourrait laisser sa place à l’ancien ministre de l’Education nationale. Un appel qu’aurait apprécié l’intéressé: « Il est honoré et touché », dit-on dans son entourage. 

Un parachutage semé d’embûches

L’affaire est-elle pliée? Pas vraiment, car la situation est plus compliquée. Christophe Borgel, le secrétaire national socialiste chargé des élections, dément l’appel de son concurrent: « Je ne le comprends pas, il n’a pas dit la même chose » à la direction du PS. Une chose est sûre, selon lui : « Jack Lang ne sera pas candidat à Amiens-ouest. » 

Justement, le Monsieur élections des socialistes se verrait bien candidat dans cette première circonscription de la Somme. Ce qui a tendance à irriter le Premier secrétaire fédéral: « Christophe Borgel, avec qui je n’ai pas de contact depuis des semaines, ne veut pas passer par le vote des militants. Or, les adhérents ont le droit de choisir leur candidat. » 

Que faire de Lang, alors ? Suspens, les discussions sont en cours. 

P.L

14 décembre 2011

Le FN cajole l’électorat juif

Le vice-président du FN Louis Aliot est rentré d’un voyage en Israël, mardi soir. Ce voyage illustre la volonté de son parti de toucher l’électorat juif. Et ce depuis plusieurs années. 

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Le Front national tente le tout pour le tout. Une véritable opération séduction, entamée en 2004, est à l’oeuvre pour draguer l’électorat juif de France, qui boude depuis toujours le vote Le Pen. Le voyage en Israël de Louis Aliot, entre dimanche et mardi soir, en est une nouvelle illustration.

A peine élue députée européenne, en 2004, Marine Le Pen s’inscrit au voyage d’une délégation de parlementaires en Israël, prévue deux ans plus tard, afin d’y rencontrer, entre autres, le chef du gouvernement Ehud Olmert et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le voyage sera finalement annulé, les autorités israéliennes refusant de rencontrer un réprésentant frontiste. Conséquence des propos de Jean-Marie Le Pen sur le « détail » des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale.

Pour Marine Le Pen, la tentative de rapprochement avec la communauté juive fait presque figure d’obsession. Depuis près de dix ans, elle cherche à rencontrer quelques-uns de ses membres. Comme le raconte Romain Rosso, journaliste à L’Express, dans son livre La Face cachée de Marine Le Pen (Flammarion), elle décroche un rendez-vous avec le président de l’association France-Israël, l’avocat Gilles-William Goldnadel, en 2004, parfois perçu comme trop à droite, par le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Le Crif refuse de recevoir Marine Le Pen. En janvier 2006, son président d’alors, Roger Cukierman, lui tourne carrément le dos.

La victoire symbolique de Washington

Il faut attendre son élection à la tête du FN, en janvier 2011, pour que Marine Le Pen reprenne son opération séduction. Elle accorde au quotidien israélien de centre-gauche Haaretz un entretien et insiste sur l’aspect « pro-sioniste » de sa formation politique. Et explique au Point, en février dernier, que les camps de concentration étaient un « summum de la barbarie ».

Marine Le Pen insiste. Elle veut s’adresser aux juifs de France et s’invite à Radio J en mars 2011. Mais au dernier moment, la radio annule sa venue. « Cette invitation prenait des proportions trop importantes », explique alors Frédéric Haziza, le chef du service politique de la radio de la communauté juive.

Echec et mat? Marine Le Pen ne s’avoue pas vaincue. L’épisode suivant a lieu deux mois plus tard, à l’occasion d’un entretien accordé à Israël Magazine, au cours duquel elle assure que les « juifs n’on rien à craindre du Front national ». Puis en novembre, lors d’un voyage aux Etats-Unis. A Washington, elle finit par croiser l’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor, et échange avec lui sur la situation de l’Europe.

Mais la controverse enfle immédiatement. Le diplomate savait-il réellement qui il rencontrait? Le FN assure que oui. L’Etat hébreu jure le contraire.

Aliot a vu « en privé » des parlementaires israéliens

Prochaine étape pour la présidente frontiste: se rendre en Israël, ce qu’elle envisage depuis de longues années, et prendre langue avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu. C’est loin d’être gagné… Pour preuve, les difficultés qu’a dû surmonter Louis Alliot.

Le mystère plane autour des rendez-vous du numéro 2 du FN, durant son voyage de trois jours. Il se serait entretenu, « en privé », affirme-t-il sur les ondes de France Inter, avec des « élus locaux » de presque toutes les tendances politiques. Mais il ne veut pas donner de noms. A peine affirme-t-il avoir été « bien » accueilli, alors qu’il ne s’est pas excusé pour les propos de Jean-Marie Le Pen, toujours président d’honneur de son parti.

Il aurait aussi discuté avec des « Français qui vivent en Israël », notamment des « retraités ». D’après Louis Aliot, certains membres de la communauté juive de France et des Franco-Israéliens pourraient voter pour le Front national en 2012.

Cacophonie autour de la position du FN sur la Palestine

Louis Aliot a alterné un discours ferme, puis ouvert, à l’égard de la Palestine. Pour lui, les Palestiniens qui ne reconnaissent pas l’Etat hébreu sont des « terroristes », à qui il ne faut pas « parler ». Dans le même temps, le même Aliot affirme être favorable à la création d’un Etat palestinien.

A ses côtés, Michel Thooris, candidat frontiste aux législatives pour les Français de l’étranger dans la circonscription englobant Israël, a qualifié les colonies juives « d’implantations légitimes ». Une perche tendue aux ultras du gouvernement israélien emmenés par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Thooris a précisé, au micro de l’AFP, que « les juifs sont chez eux en Judée et Samarie », utilisant le terme des Israéliens pour désigner la Cisjordanie occupée. « Cette position n’engage ni Marine (Le Pen), ni le Front (national) », a dû corriger derechef Louis Aliot.

Quant à la future visite en Israël de Marine Le Pen elle-même, Louis Aliot affirme que ce ne sera guère possible avant mai 2012: « Elle a un emploi du temps chargé. » Les responsables israéliens aussi.

P.L

8 décembre 2011

La proportionnelle aux législatives, c’est pour bientôt ?

 

Publié initialement sur lexpress.fr
Tous les partis de France défendent l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives. Tous? Non: l’UMP résiste encore. Certains, au sein du mouvement présidentiel, commencent, toutefois, à changer d’avis. 

Un petit parti en terme de représentativité à l’Assemblée nationale a tendance à militer pour l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Normal: cela lui permettrait d’entrer au Parlement, ou d’accroître sa présence. C’est le cas du Front national, mais aussi du Front de gauche ou de la chrétienne Christine Boutin qui aimerait que 100 députés soient élus ainsi. 

Mais les « gros » partis que sont l’UMP et le PS peuvent-ils leur emboîter le pas? Au PS, c’est fait. Mais sous la contrainte de leurs partenaires écologistes. L’accord signé avec eux prévoit une dose de proportionnelle sur la base de 15 à 20% des députés. Cette fourchette -et non un chiffre précis- montre en tout cas combien il fut difficile de s’entendre sur cette question de la proportionnelle. 

« Il faut d’abord réfléchir au redécoupage et ne pas agir dans l’urgence », justifie l’élu Europe Ecologie-Les Verts, David Cormand, membre du bureau exécutif et délégué des élections, qui reconnait que les négociations furent complexes. Les Verts plaidaient, d’ailleurs au départ, pour une proportionnelle intégrale, « à l’allemande ».  

Le PS, lui, ne militait que pour « une soixantaine de députés élus sur ce mode de scrutin ». « Je suis globalement pour le scrutin majoritaire uninominal, mais, avec une touche de proportionnelle, toutes les tendances pourraient être représentées sur les bancs de l’Assemblée nationale », confie Christophe Borgel, secrétaire national socialiste, chargé de la vie des élections, 

L’Assemblée, « un arc-en-ciel »?

Et l’UMP, alors? Souhaite-t-elle que tous les partis soient représentés? « Mais c’est déjà le cas, réplique le député Alain Marleix, ancien responsable des élections de l’UMP. Vous avez des écolos, des communistes. » Avant de nuancer son propos: « Seule l’extrême droite ne siège pas à l’Assemblée. » 

Selon lui, les députés, qui voteraient en faveur de l’introduction de la proportionnelle, « se tireraient une balle dans le pied ». Pire, « les socialistes se feraient hara-kiri », en ouvrant largement les bancs à leurs concurrents.  

« La Chambre basse ne doit pas être un arc-en-ciel, prévient Marleix, elle est là pour gouverner. La proportionnelle a d’ailleurs tué la quatrième République, parce qu’elle pose des problèmes de gouvernance. »  

La proportionnelle pose surtout la question de l’arrivée aux mandats locaux du FN. Une perspective, qui n’enchante guère Alain Marleix: « Mitterrand, pour tacler la droite, avait introduit la proportionnelle pour les législatives de 1986. Résultat: 35 députés FN avaient été élus. »  

Pour l’écolo David Cormand, il serait finalement normal que le FN soit représenté. « Le FN est-il un parti légal ? Si oui, il peut avoir des représentants du peuple. »  

Mais l’UMP craint pour ses circonscriptions. « La droite pourrait en perdre entre 50 et 100 au profit de la gauche en cas de triangulaire avec un candidat Front national, lors des prochaines législatives », estime David Cormand.  

« Certains, à l’UMP, évoquent la proportionnelle »

Malgré tout, à l’UMP, on commence à se poser la question. Selon Alain Minc, proche du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy pourrait « l’imposer dès 2012″. Mais l’UMP peut-elle changer d’avis et inscrire cette mesure dans la boîte à idée pour la présidentielle? « Je ne le crois pas, glisse Marleix. La direction de l’UMP n’a pas débattu du sujet. »  

« La question n’est pourtant plus taboue » au sein du parti présidentiel, écrit Guillaume Tabard dans Les Echos. « Certains à l’UMP en discutent, il est vrai, répond Marleix. Des candidats à la députation, qui n’ont pu obtenir de circonscriptions, par exemple, souhaitent une réforme. »  

P.L

5 décembre 2011

Crise de l’euro, François Hollande est-il d’accord avec ses cousins germains ?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, PS

Publié initialement sur lexpress.fr

 Invité d’honneur du congrès du SPD en Allemagne ce lundi, François Hollande a pu comparer les propositions des sociaux-démocrates aux siennes pour résoudre la crise des dettes souveraines. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. 

 

Pour la première fois de l’histoire, un socialiste français s’est exprimé à la tribune d’un congrès du SPD. Et c’est à François Hollande qu’est revenu cet honneur, signe qu’aujourd’hui les deux partis frères veulent travailler main dans la main.  

Au terme d’une demi-heure de discours, le candidat PS est apparu tout sourire, autant que Sigmar Gabriel, un patron du SPD « détendu » depuis quelques semaines, selon le quotidien « Die Tageszeitung ». Cette bonne ambiance signifie-t-elle pour autant que les deux formations partagent les mêmes solutions pour sauver l’Union européenne? 

Globalement, oui. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. C’est le cas concernant l’instauration d’une Europe fédérale. PS et SPD militent pour la création d’un gouvernement économique commun. Mais le SPD, fédéraliste, va plus loin. 

Une affaire de nuances

Il prône la mise en place d’une véritable union européenne économique. Pour cette formation politique, la crise serait une chance pour (re)construire le groupe des 27. Martin Schulz, l’actuel président du groupe social-démocrate au Parlement européen, plaide pour l’instauration d’une véritable présidence de l’UE. Il propose que ce chef soit élu par le Parlement européen. Et ce dernier pourrait nommer les membres de la Commission européenne, métarmorphosée en une sorte de mini-gouvernement des 27. 

En face, l’Europe est, selon François Hollande, « une aventure humaine destinée à nous rendre plus forts ». Le candidat propose « un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance ». Mais pas un mot sur l’éventuelle mise en place d’une Europe plus fédérale.  De la même façon, François Hollande critique sans hésitation le projet d’Angela Merkel de réviser les traités existants pour créer une sorte de mini-zone Euro. Ce serait, selon lui, trop long à mettre en place. Sigmar Gabriel reste, lui, évasif sur le sujet: « Ce n’est pas la priorité », s’est-il contenté d’expliquer lors du congrès de son parti.  

Le principal désaccord concerne en réalité la fameuse « règle d’or ». Les Allemands, y compris les sociaux-démocrates, restent attachés à l’équilibre budgétaire. En juin 2009, ils ont voté, avec la droite (CDU) l’obligation de réduire le déficit budgétaire à 0,35% du PIB d’ici à 2016. Les socialistes s’opposent, eux, à l’inscription d’une telle règle dans la constitution. Mais François Hollande évoque aussi la necessité de parvenir, en France, à l’équilibre budgétaire

Sur cette question du redressement des comptes publics, les deux partis ne sont pas encore d’accord sur la méthode à adopter. Angela Merkel souhaite que la Cour européenne de justice contrôle les budgets nationaux. François Hollande rejette cette idée, tandis que le SPD ne s’est pas encore prononcé pour ou contre.  

PS et SPD pour les euro-obligations

Socialistes et sociaux-démocrates se rejoignent, en revanche, sur certains points. Ils soutiennent la taxation des transactions financières ainsi que la mise en place d’ »euro-bonds » pour mutualiser les dettes souveraines. Ils veulent, tous deux, renforcer le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le candidat socialiste suggère, en plus, que le FESF travaille en commun avec la Banque centrale européenne (BCE).  

Sur le rôle de la BCE, le candidat socialiste a dit, en Allemagne, « respecter l’indépendance » de l’institution. Il ne veut pas froisser ses « camarades et amis » d’outre-Rhin. Or, selon lui, l’établissement bancaire doit remplir son « rôle de prêteur ». Ce que refuse Angela Merkel. Mais pas son prédécesseur social-démocrate, interrogé par le journal Welt am Sonntag : Gerhard Schröder est d’accord avec la position de François Hollande, afin de lutter contre la spéculation.  

Au fil des rencontres et des discussions, PS et SPD se sont grandement rapprochés sur la politique européenne à mener. Un rapprochement, qui pourrait ne servir à rien si, et François Hollande, et le futur candidat du SPD aux élections de 2013 venaient à perdre. 

 P.L

3 décembre 2011

Discours : ce qu’a dit Sarkozy, ce qu’a dit Merkel

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont tous les deux exprimés sur la crise européenne en moins de 24 heures, respectivement à Berlin et à Toulon. LEXPRESS.fr a suivi les deux et dresse les divergences et les rapprochements. 

Un nouveau traité européen?

Angela Merkel: « Il faut réparer les erreurs nées de la construction de la zone monétaire et économique, et renforcer cette dernière. L’union fiscale est en marche (…) Nous pouvons modifier les traités existants, ou créer de nouveaux textes. »  

Nicolas Sarkozy:  » La France milite avec l’Allemagne pour un nouveau Traité. »  

Au départ réticent pour modifier les traités de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a changé d’avis et rejoint la position d’Angela Merkel. Il s’agit dorénavant, pour les deux voisins, de renforcer la solidarité entre les Vingt-sept et d’instaurer des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas les règles d’équilibre budgétaire. 

Bruxelles, gendarme de l’Europe?

Angela Merkel: « Je souhaite la mise en place de sanctions en cas de non-respect des règles d’équilibre des comptes. (…) Les états membres de l’euro doivent être accompagnés, soutenus pour régler leurs problèmes de dettes. »  

Nicolas Sarkozy: « Plus de solidarité en Europe exige plus de discipline (…) La solidarité ne doit pas être un encouragement au laxisme. (…) Examinons en commun nos budgets. Instaurons des sanctions plus rapides, plus automatiques et plus sévères pour ceux qui ne respectent pas leurs engagements. » 

Nicolas Sarkozy, qui refuse d’évoquer le mot « fédéralisme », prône une gouvernance « intergouvernementale », dominée par les chefs d’État et de gouvernement, qui décideraient de la plupart des sujets à la majorité qualifiée. Angela Merkel plaide, elle, pour un rôle accru de la Commission européenne et la Cour européenne de justice (CEJ) qui pourrait surveiller les pays qui enfreignent les règles du pacte de stabilité.  

Le rôle de la BCE

Angela Merkel : « Il faut avoir confiance en elle pour la stabilité de la monnaie. (…) Celui qui soutient les euro-bonds n’a pas compris l’essence de la crise. » 

Nicolas Sarkozy: « Il y a des débats sur ce que lui autorisent ses statuts. Je ne veux pas entrer dans ces débats. La BCE est indépendante. Elle le restera. Je suis convaincu que face au risque déflationniste qui menace l’Europe la Banque Centrale agira. » 

Il s’agissait de la plus grande divergence entre Paris et Berlin. La première puissance européenne, qui craint l’inflation, souhaite que la Banque centrale européenne reste indépendante, et ne se préoccupe que de la stabilité des prix au sein de la zone euro. Elle ne doit pas, souligne Angela Merkel, mutualiser la dette des membres de l’Eurogroupe en créant des « euro-bonds », comme l’aurait souhaité le chef d’Etat français. Sur ce point, Nicolas Sarkozy s’est plié aux injonctions de l’Allemagne. 

P.L
 

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