le Canard de l’Etang

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29 février 2012

Taxation des riches: « Hollande veut faire retourner la France dans les années 70″

Publié par canarddeletang dans Non classé

Lu inialement sur L’Express

François Hollande veut taxer les plus riches, a-t-il expliqué lundi soir. Comment réagissent nos partenaires allemands à cette nouvelle mesure? La presse le voit en tout cas comme un candidat très ancré à gauche. 

François Hollande s’inspire de François Mitterrand, c’est entendu. Même quand il propose de créer une tranche d’impôt à 75 % du revenu pour les plus riches? Le quotidien conservateur Die Welt pense que oui. Il s’agirait même d’un « retour aux années 70″, selon le journal qui illustre son article par l’affiche de campagne de l’unique président PS de la Ve République: « La Force tranquille ».  

Un retour aux années 70, donc, « voulu par Hollande », signe le journaliste allemand. A l’époque, se souvient-il, Mitterrand signe une alliance avec ses partenaires communistes. Et ce, avant qu’une grave crise économique n’éclate à la veille de la victoire de 1981.  

Klaus Ernst, le responsable de Die Linke, le Front de gauche à l’allemande, voit aussi Hollande plus « rouge » qu’on ne veuille le dire. il explique ainsi, au Tagespiegel, un quotidien berlinois, que son programme ressemble un peu plus à la gauche radicale d’outre-Rhin qu’au SPD.  

Cette proposition, en tout cas, a suscité la surprise, y compris dans le rang des socialistes. La Frankfurter Allgemeine Zeitung rappelle justement que cette proposition ne figure pas parmi les 60 engagements du candidat.  

« Le bashing des millionnaires est populaire »

N’est-ce pas alors un jeu tactique de la part du Corrézien? A cette question, La Süddeutsche Zeitung répond oui. « On ne sait pas » si ce genre de proposition « radicale », censée draguer les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon et du PCF, sera vraiment « mis en oeuvre ». Cette stratégie a, en tout cas, un nom: « le populisme », explique le journal basé à Munich, qui titre son papier ainsi: « Le jeu dangereux avec les extrêmes ».  

François Hollande, d’ailleurs, n’aurait pas le monopole de ce « jeu ». Son rival de l’UMP, le président sortant Sarkozy chasse sur les terres du FN, souligne la SZ.  

Par ailleurs, ce serait aussi une mesure à la mode, avance le journal de gauche, Der Tagesspiegel, selon lequel « le bashing des riches serait encore populaire en temps de crise ». D’après le correspondant de la TAZ à Paris qui écrit l’article, Sarkozy aurait un argument de poids: « la peur de l’exode des millionnaires ». Comme en 1981, quand Mitterrand briguait le poste de président de la République.  

PL

28 février 2012

« Solliciter l’avis des Français sur des points secondaires est démagogique »

Lu initialement sur L’Express.fr

Presque tous les candidats à la présidentielle promettent d’organiser des référendums. Pourquoi vouloir demander leur avis aux Français? Les réponses de Yves Sintomer, professeur de sciences politiques et spécialiste de la démocratie participative. 

Presque tous les candidats à la présidentielle proposent l’organisation de référendums. Nicolas Sarkozy, « dès lors qu’il y aura blocage » des corps intermédiaires, François Bayrou sur la vie publique, Dominique de Villepin et Jean-Luc Mélenchon sur l’avenir de l’énergie en France, ainsi que Marine Le Pen.  

François Hollande, quant à lui, pourrait en organiser sur les questions institutionnelles et sur les transferts de souverainetés à l’Europe

Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à Paris-VIII et auteur, entre autres, de Pouvoir au Peuple (La Découverte, 2007) et La démocratie participative. Histoires et généalogies (La Découverte, 2011, avec Marie-Hélène Bacqué), se demande pourquoi la classe politique veut solliciter l’avis des Français. 

Le recours au référendum est de plus en plus avancé par les candidats. Est-ce une pratique vraiment à la mode?

De nombreux pays européens de l’ouest, comme l’Allemagne, l’Italie et la Suisse, organisent des référendums, en ouvrant, y compris, la possibilité qu’ils soient d’initiative populaire. C’est lié à la vague de démocratisation, notamment en Europe de l’Est et en Amérique latine.  

Or, en France, on en organise assez rarement depuis le mandat de Georges Pompidou et il n’est toujours pas possible que les citoyens en aient l’initiative. Il y a sans doute là une peur de la perte de contrôle relative qu’implique la décision de soumettre une question au suffrage populaire. 

Pour quelles raisons vouloir solliciter l’avis des Français?

Comme il y a un divorce entre les citoyens et la classe politique, les hommes et femmes politiques tentent de trouver des nouveaux moyens pour communiquer avec eux. Est-ce démagogique? Pas forcément, si le référendum devient un outil régulièrement utilisé et si les questions sont bien posées.  

Ce serait surtout démagogique si où un candidat proposait un référendum de manière purement tactique, comme c’est le cas aujourd’hui avec Nicolas Sarkozy, en sollicitant l’avis des Français sur certains points secondaires et en refusant de le faire pour des questions plus fondamentales

Cela peut prouver une défiance des politiques vis-à-vis des corps intermédiaires, aussi. Un référendum de type plébiscitaire vise à contourner le Parlement et les partis politiques, comme le montre l’action de Napoléon III ou de Charles de Gaulle.  

Dans certains cas, il peut aussi viser à contourner des blocages syndicaux ou corporatifs. Mais dans le cas du président actuel, qui a eu les moyens de faire adopter les mesures qu’il souhaite par une Assemblée qu’il contrôle, il ne s’agit pas de la même logique. 

Je pense que les pratiques référendaires vont se développer dans les prochaines années, et notamment en France. Avec la réforme de 2008, on ne va pas assez loin, car ce sont les parlementaires plus que les citoyens qui en ont l’initiative – et la réforme est, de plus, restée pendant longtemps lettre morte, faute de loi organique précisant les modalités de son application

Peut-on interroger les Français sur tous les sujets?

Si la pratique dans un pays est rare, comme en France, il est plus pertinent de proposer des référendums sur des textes d’orientation politique générale, des questions d’ordre constitutionnel, en bref, sur de grands enjeux.  

Lorsque la votation directe des citoyens est plus fréquente, comme en Suisse ou dans les Länder allemands, des sujets plus ordinaires peuvent aussi être proposés.  

Il est cependant préférable que la constitutionnalité de la question posée soit vérifiée pour éviter des propositions qui ne respecteraient pas les droits fondamentaux (c’est d’ailleurs le cas en Italie ou en Allemagne).  

De ce point de vue, une décision référendaire et une décision parlementaire doivent être logées à la même enseigne. 

PL

28 février 2012

François Hollande en campagne marathon au Salon de l’Agriculture

Publié par canarddeletang dans Non classé

Publié initialement sur L’Express.fr

Arrivé ce matin vers 7 heures au Salon de l’Agriculture de Paris, le candidat socialiste devrait y rester plus de dix heures. Un rendez-vous longuement préparé. 

Sur les pas de Jacques Chirac… François Hollande débute ce mardi matin son marathon au Salon de l’Agriculture où il est arrivé vers 7 heures. Arrivé très tôt pour assister à la traite des animaux, le candidat devrait rester plus de 10 heures porte de Versailles, à Paris.  

« Ce n’est pas au nombre d’heures passées au salon de l’agriculture que se fait la confiance, que se donne un suffrage. Je ne suis pas du tout dans la recherche de je ne sais quel record », a fait valoir à la presse le député de Corrèze.  

« J’ai suffisamment de positions connues sur l’agriculture pour ne pas avoir à craindre quoi que ce soit ».  

François Hollande a d’abord assisté à la traite des vaches, des parthenaises, et a participé, brosse en mains, à leur nettoyage. Le député de Corrèze a pu admirer la fameuse Valentine, star à quatre pattes de ce 49e salon, une Gasconne de 7 ans, venue de Haute-Garonne. 

Vers 8 heures, au stand Planète viande, le candidat socialiste a pris un petit déjeuner des plus roboratifs: charcuterie et entrecôte grillée. Il devait en profiter pour échanger avec les responsables de toutes les filières animales. Il prendra son café « avec tous les responsables des syndicats agricoles réunis », précisait lundi le député Germinal Peiro, chargé des questions de l’agriculture auprès du socialiste. 

Hollande arpentera ensuite les allées du Salon, avec les présidents PS des régions Aquitaine et Bourgogne, Alain Rousset et François Patriat, et s’arrêtera sur différents stands dont celui de la Fédération nationale de l’agriculture biologique. Un déjeuner est également prévu avec les syndicats des filières végétales au stand des brasseurs. Ainsi qu’une visite dans le hall des régions, dans l’après-midi. 

Départ prévu vers 16 heures. Soit 10 heures après son arrivée, Porte de Versailles. Son adversaire de l’UMP, le chef de l’Etat sortant, a inauguré le Salon, ce samedi mais il n’y est resté que quatre heures. Une aubaine, donc, pour François Hollande qui prépare ce rendez vous depuis trois semaines avec son équipe de campagne. 

Hollande reformera la Pac

L’eurodéputé Stéphane Le Foll et le député de la Dordogne, Germinal Peiro, spécialiste des questions agricoles, ont préparé en amont cette visite. Ils ont soumis au candidat des idées et des propositions sur la ruralité et l’agriculture. Des suggestions issues des échanges entre le candidat et certains syndicats agricoles.  

« Nous avons rencontré, François Hollande et moi-même, deux syndicats, la FNSEA et la Confédération paysanne [dont le porte-parole a été, entre 2000 et 2004, José Bové, ndlr] au QG de campagne, voilà trois semaines », confie Germinal Peiro. Mais pas la Coordination rurale (CR) que François Hollande rencontrera du coup ce mardi. 

Celui-ci exposera son projet, ce mardi, vers 12 heures, lors d’un point-presse. Il s’agira de détailler ce que le socialiste ferait pour l’agriculture en cas de victoire en mai prochain. Des propositions déjà critiquées par Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture. De quoi parle-t-on, exactement? 

D’abord d’une réforme de la Politique agricole commune (Pac) puisque « 80% des aides ne sont répartis que par 20% des exploitants agricoles. »  

Produire local pour les cantines scolaires

François Hollande, avance son conseiller en agriculture, aimerait, par ailleurs, « sécuriser les revenus » des paysans, qui votent à droite. Le candidat PS souhaiterait qu’il n’y ait plus de contrats individuels entre producteurs et acheteurs, comme il y a eu entre les laitiers bretons et Lactalis

Il plaide aussi, pour une relocalisation de la production. « Il y a des marchés à conquérir au niveau local », soutient-on du côté du PS. Le fameux « produire en France »… Mais n’est-ce pas plus cher pour les consommateurs? « C’est moins cher, en tout cas, que de payer des chômeurs », plaide Germinal Peiro. 

« Ce serait bien que les cantines scolaires s’approvisionnent en produits locaux », avance le député. Et pour y parvenir, François Hollande proposera, par exemple, de mettre en relation des producteurs avec les écoles. « Cela permettra de faire baisser les prix puisqu’il n’y aura pas d’intermédiaires », soutient Germinal Peiro. En ajoutant qu’il faudra « former les cuisiniers » pour les inciter, par exemple, à se servir des légumes de saison.

PL

23 février 2012

« Marine Le Pen stigmatise les musulmans »

Publié par canarddeletang dans culture, partis de droite, politique francaise, Societe

Interview initialement publiée sur L’Express.fr

Marine Le Pen a-t-elle déclenché la polémique sur la viande halal à des fins politiques? Selon le politologue Dominique Reynié, le FN cherche avant tout à se radicaliser. 

Marine Le Pen a affirmé, ce samedi, que toute la viande distribuée en Ile-de-France serait, à l’insu des consommateurs, « exclusivement » de la viande halal. Ce mardi matin, elle a confirmé ses propos sur France Inter. Le politologue Dominique Reynié, président du think-tank Fondapol, proche de l’UMP et auteur de l’ouvrage Populisme, la pente fatale (Plon, 2011), réagit à cette polémique.
Pourquoi Marine Le Pen s’attaque à la viande halal?

C’est tactique, elle cherche à cliver: Marine Le Pen veut retrouver un certain radicalisme. Ses propos sont moins saillants, moins contrastés que lorsque son père s’exprimait quand il était patron du FN. Elle a modéré son propos depuis le début de sa présidence. Or, la société s’est durcie. Celle-ci a modifié son point de vue sur l’immigration, son rapport avec les juges, le rapport hommes-femmes.  

Je prends un exemple qui me semble parlant: François Berléand avait dit qu’Eva Joly ne devrait pas être candidate à la présidentielle car elle avait un accent et qu’elle n’était pas vraiment française. Personne n’avait repris ses propos, passés comme une lettre à la poste. Il y a dix ans, ils auraient été vivement fustigés.  

Avant, on ne parlait pas assez des problèmes interculturels, de l’immigration. Ces sujets n’étaient abordés que par les partis de protestations, ils en avaient le monopole. Or, petit à petit, les partis de gouvernement ont commencé à aborder ces thèmes. Et ils ont eu raison: il faut aborder, discuter, et régler les problèmes de manière sereine.  

Il s’agit d’évoquer les règles de la diversité dans nos sociétés multiculturelles. On peut discuter de l’alimentation dans les cantines, du ramadan d’une personne en plein procès (est-il plus faible à cette période et faut-il en prendre considération?). Mais pas comme le FN le fait. Ce parti aborde ces questions dans des termes non constructifs, de manière outrancière. Marine Le Pen joue sur les peurs.  

Il y a donc une volonté affichée de stigmatiser les musulmans?

Bien sûr. Elle manipule les données en cherchant à stigmatiser les musulmans. Peu importe l’exactitude de ses propos. Ce n’est pas grave. Jouer sur la métaphore de l’invasion, de l’acculturation, de l’occupation suffit. Les partis d’extrême droite ont toujours été perçus comme étant collaborateurs, mais là, le FN se prend pour un résistant.  

Sur la viande halal, cela renvoie à l’idée que des cultures exogènes sont importées avant d’être déployées dans la société d’accueil. Si on écoute Marine Le Pen, on pourrait penser que cette culture externe parvient à se développer et menacer la culture d’accueil. La viande halal touche aussi au repas, à la famille, donc cela peut toucher tout le monde.  

Pourtant, Marine Le Pen a entrepris depuis des mois une stratégie de dédiabolisation du FN. Cela est contradictoire de sa part?

Non, je ne crois pas. Elle n’a pas dit, comme un parti d’extrême droite aurait pu dire autrefois, que le musulman est inférieur. Elle dit: nous sommes accueillants, ils sont envahissants. Elle se présente comme un défenseur de la culture française. Toutefois, sa stratégie est limite car la frontière avec l’islamophobie n’est pas loin. Avec ce débat, elle se situe sur le fil du rasoir.  

Cela dit, tout le monde lui tombe dessus mais c’est à son avantage. Autant, son voyage à Vienne, où elle a côtoyé des racistes, était une erreur politique en contradiction avec sa stratégie de dédiabolisation. Autant avec ce débat, elle parvient à ses fins. 

PL

22 février 2012

Bayrou, métro, boulot, banlieue

Publié par canarddeletang dans Non classé
Bayrou, métro, boulot, banlieueLe candidat du MoDem était en déplacement en banlieue parisienne le 22 février 2012.

P.L./LEXPRESS.fr

François Bayrou s’est rendu ce mercredi à Gennevilliers et à Villeneuve-la-Garenne pour rencontrer des habitants de banlieue parisienne. Et discuter avec des associatifs de quartiers. L’Express y était. 

De son balcon d’un quartier de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), une dame d’une quarantaine d’années fait un signe de main. Et crie plusieurs fois, depuis le 5e étage: « Bayrou, je vais voter pour vous. » A une centaine de mètres de là, ce mercredi, le candidat du MoDem est en train de visiter la commune, de saluer les habitants qui croisent son chemin. François Bayrou entend cette femme qui scande son nom. Et ne peut s’empêcher de sourire.  

« C’est vraiment agréable », souffle le président du Mouvement démocrate, que les sondages ne voient pas au delà de 14% d’intentions de vote au premier tour. Peu importe, lui y croit.  

Sur le terrain, il soigne son image d’homme proche des gens. Il demande le prénom des enfants, évoque sa famille comme il l’a fait sur TF1, l’autre soir. Il veut aussi connaître la profession de chaque passant et accepte volontiers les photos-souvenirs. 

Chaque commerce visité, chaque rue arpentée est l’occasion d’écouter les doléances des habitants: « Nous ne sommes pas des fouteurs de merde, on veut juste du travail », s’exclame par exemple un jeune de Gennevilliers. Avant de conclure: « Sarkozy, on en a marre. Hollande, on ne sait pas ce qu’il dit. » François Bayrou savoure. 

« Je suis du centre »

« Ce que ces gens veulent, c’est qu’on les écoute sur leur vie, ils ont besoin de parler », glisse le candidat, à l’aise dans cet exercice. Bien entendu, il ne s’empêche pas de tacler, sur ce point, ses adversaires: « Pourquoi ne viennent-ils pas en banlieue? Car ils pensent qu’ils n’ont rien à y gagner », souligne le Béarnais, oubliant que le socialiste était mardi dans le Val-de-Marne. 

Diaporama(s)

Bayrou en banlieue, visite en images

Le candidat du MoDem était en déplacement en banlieue parisienne le 22 février 2012.

P.L./LEXPRESS.fr

Bayrou, lui, n’est pas venu en voiture avec son chauffeur. En métro, plutôt, sans réserver de wagon. Et au milieu des voyageurs. Qui le reconnaissent la plupart du temps. Mais pas toujours. Il croise par exemple un informaticien de Californie qui lui a demandé qui il était. « François Bayrou: je me présente à l’élection présidentielle ». Réplique de son vis-à-vis: « Vous êtes de droite ou de gauche? » Et Bayrou de répondre, dans la langue de Shakespeare: « Ni l’un ni l’autre, je suis du centre. » 

« C’est naturel de prendre le métro », dit-il. Une pratique rare chez les hommes politiques? « Je ne veux pas donner de leçon de morale, sourit Bayrou. Nous prenons surtout ce moyen de transport car c’est plus pratique pour se rendre à notre rendez-vous. » Immortalisée par la presse, l’image claque comme un symbole. 

« C’est dur une campagne »

Et ça marche? « Je pense qu’une visite de quartiers touche plus d’électeurs qu’un grand meeting au Bourget, veut croire Bernard Lehideux, supporter de Bayrou. Ce responsable de l’organisation des meetings de VGE en 1981 attend le candidat centriste qui déjeune dans un restaurant. A l’intérieur, Bayrou écoute des représentants d’associations de quartiers et des éducateurs. Et attend le dessert pour prendre la parole.  

Cela lui permet de dérouler son programme sur le produire et l’instruire en France. « Je ne raconte pas d’histoire, je ne promets pas ce que je ne peux promettre », conclut-il, hilare. « C’était bien, glisse un collaborateur du site Bayrou.fr. Mais peut-être aurait-il dû y avoir plus de d’interaction entre lui et les associatifs. » Comme avec les habitants des deux communes qu’il a visitées.  

Bayrou est-il fatigué, au final? Le candidat, amusé, demande pourquoi on lui pose cette question. Eva Joly a annulé au dernier moment une visite de crèche en Seine-Saint-Denis. Marielle de Sarnez, à côté, répond à sa place: « C’est dur une campagne… » 

PL

20 février 2012

« La France n’appartient pas à la droite »

Publié par canarddeletang dans Elections, president de la Republique, PS, UMP

Interview initialement publiée sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy accuse François Hollande de « ne pas aimer la France ». Une résurrection du concept de « l’Anti-France »? Non, selon le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite. Analyse. 

Nicolas Sarkozy a accusé, ce dimanche à Marseille, son adversaire socialiste de « ne pas aimer la France ». Réplique immédiate du PS: le candidat-président est « prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. (…) Il n’a pas hésité à user de la thématique éculée de ‘l’anti-France’ », accuse Victorin Lurel, le député guadeloupéen, responsable du pôle outre-mer de la campagne de François Hollande.

Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême-droite revient sur le thème de l’anti-France et sur le discours du chef de l’Etat, candidat à la présidentielle. 

Nicolas Sarkozy a-t-il effectivement évoqué le thème de l’anti-France, ce dimanche?

Non, il faut distinguer « l’anti-France » et la désignation de ceux qui n’aiment pas la France. L’anti-France, c’est spécifique à l’extrême-droite: il s’agit de désigner un groupe religieux ou ethnique, auteur d’un complot contre la nation.

Victorin Lurel interprète de manière excessive les déclarations de Nicolas Sarkozy. Il ne faut pas entrer dans la caricature, la surenchère. C’est ce qu’a d’ailleurs expliqué François Hollande, après le meeting de Marseille. (Sur BFMTV, dimanche soir, NDLR: « Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui veut vous chercher dans la cour de récréation que vous êtes obligé d’aller le suivre dans ce pugilat. Je m’y refuse. »)

On peut parler de la France, on peut débattre. Mais il peut y avoir plusieurs conceptions de la France. Il n’y a pas que celle de la droite. La France ne lui appartient pas.

Pourquoi le chef de l’Etat a-t-il expliqué, sans le citer, que le candidat du PS « n’aimait pas la France »?

Le président de la République a été très clivant. Peut-être parce que l’UMP n’a rien d’autre pour mobiliser. Cela fonctionne, mais montre un certain désarroi. C’est éculé. La droite a la manie d’accuser la gauche de trahison et de ne pas savoir représenter la France depuis les années 20. En 1981, la droite craignait l’arrivée des chars soviétiques sur la place de la Concorde.

Le discours du Front national ressemble de plus en plus à celui de l’UMP, fustige Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle du Front de gauche…

Non, les programmes se distinguent: le président de la République ne souhaite pas, a-t-il dit à Marseille, l’immigration zéro, comme le prône Marine Le Pen.

Mais c’est vrai qu’il existe un discours, à l’UMP, qui vise à attirer des électeurs frontistes. Comment? En proposant, par exemple, d’organiser des référendums, en rappelant aussi les racines chrétiennes de la France, ou encore en proposant d’instaurer une dose de proportionnelle « à la marge« .

Sur ce dernier point, cela ne sert à rien, je pense. En 1986, 35 députés FN sont entrés à l’Assemblée nationale mais ils n’avaient pas de marge de manoeuvre. Je crois que le chef de l’Etat a pensé au piège suivant: enfermer le parti de Marine Le Pen et le confiner dans un parti contestataire.

PL

16 février 2012

Sur quoi le président de la République pourra-t-il faire campagne?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu intialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy est officiellement candidat à sa réélection. En difficulté dans les sondages, sur quels thèmes de son bilan peut-il encore s’appuyer? 

Ca y est, Nicolas Sarkozy a (enfin) annoncé sa candidature. Reste une question: sur quels thèmes peut-il faire campagne avant le premier tour, pour rattraper son adversaire François Hollande, en tête de tous les sondages?  

« Pour un sortant, estime Frédéric Dabi de l’Ifop, un bilan est difficile à gérer. » Et il est, selon les enquêtes, « mal-aimé ». En particulier, sur les questions économiques et sociales: résultats faibles sur le chômage, promesses non tenues en termes de pouvoir d’achat (le fameux « travailler plus pour gagner plus »)…  

« Il peut faire campagne sur ces thématiques, analyse Jérôme Fourquet de l’Ifop, mais pour dire quoi? Ce sont les priorités des Français et ces derniers jugent François Hollande plus crédible. » En effet, selon 51% des interrogés dans l’enquête de l’institut, en février, le candidat socialiste est le plus capable de mener une politique sociale (contre 17% pour Nicolas Sarkozy et 32% qui répondent « ni l’un ni l’autre »).  

« Président protecteur, ça ne marche plus »

Que peut-il faire, alors? « Faire en sorte que les priorités des Français changent, souffle Jean-Daniel Lévy, d’Harris Interactive, et ne plus être un président gestionnaire mais celui qui pourra sauver le pays en danger. »  

Et c’est justement ce qu’il a fait, mercredi soir, sur le plateau de TF1, se comparant à « un capitaine » qui ne veut pas « abandonner le navire »: « Il faut que les Français comprennent que si la France est forte, ils seront protégés », souffle le candidat de la majorité.  

Défendre ses concitoyens va être son leitmotiv: « Je veux, a-t-il dit, par exemple, mercredi soir, « protéger les chômeurs en leur permettant de trouver un emploi ». 

Mais se positionner en tant que président bouclier contre les crises mondiales, est-ce vraiment une bonne solution? « Non, ça ne marche plus depuis la perte du triple A, répond Jean-Daniel Lévy. Il y a donc un paradoxe puisque on le juge plutôt capable de répondre à la crise au niveau international. 

Jérôme Sainte-Marie de CSA, interrogé par Le Parisien de ce mercredi, pense au conflit entre Israël et l’Iran. « Face à un risque de guerre, dit-il, l’opinion se rassemble derrière le chef de l’Etat. »  

L’enquête de l’Ifop montre justement que l’actuel hôte de l’Elysée est perçu comme étant plus capable de défendre les intérêts de la France à l’étranger. « Mais cela ne sert à rien, croit savoir Jérôme Fourquet, sa position tranchée vis-à-vis de la Libye ne lui a pas permis, par exemple, d’améliorer sa popularité. » 

« Sur la délinquance, jugé plus crédible que Hollande »

Dans le détail, en revanche, certaines réformes ont trouvé grâce aux yeux des Français. Le sondeur Frédéric Dabi cite la réforme des retraites - »malgré tout »-, la réforme sur l’autonomie des universités et sur les régimes spéciaux.  

Et qu’a cité de son bilan le candidat-président de la République devant Laurence Ferrari? La « réduction des dépenses » mais aussi la réforme des retraites et l’autonomie des universités. 

Et sur tout ce qui touche à l’insécurité, à la délinquance? Les Français le trouvent plus à même de lutter contre ce fléau de la société par rapport à François Hollande. « Mais si on le juge seul, on s’aperçoit que sa crédibilité sur ce thème a baissé de 35 points en cinq ans », explique Jérôme Fourquet qui parle de « désamour ». Du coup, Sarkozy n’en a pas parlé, sur TF1. 

C’est pourtant un domaine cher à l’électorat de droite. Un secteur de l’opinion qu’il tente de récupérer en 2012, comme l’a déjà montré son interview au Figaro Magazine.  

« Il s’est adressé à l’ensemble de l’électorat de droite et pas seulement aux sympathisants du Front national ou de la droite dure, explique Jérôme Fourquet. A la droite traditionnelle et catholique sur les questions de l’euthanasie, ainsi que sur le droit de vote aux étrangers et le mariage aux couples de mêmes sexes. » A la droite humaniste, aussi, favorable  » à la valorisation du travail. »  

Mais quand Laurence Ferrari lui pose la question, Nicolas Sarkozy botte en touche: « Je veux m’adresser à tous les Français. » Il a, a-t-il glissé, « quelque chose » à leur « dire ». 

PL

16 février 2012

La candidature Sarkozy vue d’Allemagne: « Un marin fatigué »

Lu initalement sur L’Express.fr

Le chef de l’Etat a annoncé, ce mercredi soir, sa candidature à sa rééléction. La presse allemande, dont le pays sert de modèle à Nicolas Sarkozy, n’a pas oublié de commenter l’information qui « n’était pas une surprise ». 

Nicolas Sarkozy avait reçu le soutien suprême d’Angela Merkel. En direct de l’Elysée. Puis à la télévision, sur France 2 et la ZDF. Seulement ce mercredi soir, sur la Une, il n’a pas cité la chancelière, comme le souligne le quotidien régional Stuttgarter Zeitung. Pas plus que l’Allemagne, dont il n’a cessé, ces dernières semaines, de vanter le modèle social.  

Il est vrai qu’en France, le chômage a explosé durant son mandat. Et, du coup, ses compatriotes ne le croient plus capable, pense ce journal de Bade-Wurtemberg, de faire remonter l’emploi. C’était pourtant « l’une de ses promesses de 2007″ (« le travailler plus pour gagner plus »). Selon le quotidien de gauche, Die Tageszeitung (Die « TAZ« ), le candidat de la majorité ne pouvait les évoquer. Nicolas Sarkozy a préféré insisté sur son rôle dans le « management de la crise » mondiale.  

Passer pour le président dans la tempête… Nicolas Sarkozy s’est, en effet, présenté comme « le capitaine qui ne voulait pas quitter le navire ». D’où le titre, un brin moqueur du quotidien de Bavière, Die Süddeutsche Zeitung: « Captain Fatigué reste à bord »

Mais ce dernier « a un problème d’image », souligne « Die TAZ« : ce quotidien de gauche rappelle aussi qu’il est « un ami de Martin Bouygues », l’actionnaire de la chaîne -TF1- qui l’a accueilli. Et l’hôte de l’Elysée, écrit le journaliste allemand, est perçu comme un « président des riches ». Un surnom également employé par Die Süddeutschezeitung.  

« Il a déjà connu la défaite »

« Personne n’y croit à sa promesse de référendums « , poursuit le journaliste munichois. Comme la presse française, les journaux allemands se montrent ainsi assez critiques vis-à-vis de « l’omniprésident » -terme utilisé par Der Spiegel sur son site Web, comme titre au « dossier » Sarkozy.  

La Stuttgarter Zeitung relève d’ailleurs une citation du rédacteur en chef du Figaro: « Il ne lui reste plus que deux mois pour inverser la tendance. » Ce qui, pour le journaliste allemand, laisse penser que le quotidien conservateur serait lui aussi gagné par le défaitisme. 

C’est justement pour rattraper son retard sur son adversaire principal, François Hollande, que Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature plus tôt que prévu, analyse La Tageszeitung

Manque de bol, il a été obligé d’ « attendre 10 minutes avant de se faire interroger » par Laurence Ferrari (l’interview a débuté à 20h07), relève « Le journal économique Handelsblatt, qui titre son article en Français (« Oui, je suis candidat »). Pire il a dû regarder un reportage sur le meeting de François Hollande, à Rouen, ce qui « a dû lui sembler long ». 

Perdue d’avance, la bataille? Die Berliner Zeitung remonte le temps pour expliquer que l’actuel hôte de l’Elysée a déjà connu la défaite: en 1995, quand il avait décidé de soutenir Balladur. Sauf que le Premier ministre d’alors avait le vent en poupe dans les sondages, au moment de se présenter…  

PL

13 février 2012

Le nucléaire monte en pression dans la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Depuis la visite de Nicolas Sarkozy à Fessenheim, l’avenir de la filière nucléaire redevient un enjeu de l’élection présidentielle. Les annonces d’Eric Besson sur la prolongation des centrales renforcent ce sentiment de politisation. 

En un week-end, le débat sur le nucléaire est revenu sur le devant de la scène. Eric Besson a plaidé, ce samedi, pour une prolongation de la durée de vie des centrales à plus de 40 ans. C’est l’une des propositions d’un rapport sur l’avenir du paysage énergétique d’ici à 2050 qui lui a été remis ce lundi. 

Cette annonce gouvernementale intervient au lendemain de la visite du chef de l’Etat à Fessenheim. Un déplacement qui a permis à Nicolas Sarkozy de réitérer la promesse de ne pas fermer, en cas de réélection, la centrale alsacienne, la plus vieille de France. 

« Ce n’est pas une surprise, relativise Sergio Coronado, le directeur de la communication d’Eva Joly. Le président de la République défend à l’aise, et comme prévu, l’industrie nucléaire, vendue comme pas chère et sûre. » 

Se différencier du Parti socialiste

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi de relancer ce débat à ce moment précis? S’agirait-il pour le chef de l’Etat, pas encore candidat, de se différencier de François Hollande. Favorable à la fermeture de Fessenheim, le candidat socialiste avait paru embarrassé en novembre par plusieurs désaccords avec les alliés écologistes. 

Revenant ce samedi à la charge, Eric Besson a déclaré que le programme du candidat PS, partisan, selon lui, de « la sortie du nucléaire », allait provoquer une hausse des prix de l’électricité. Ce qu’a démenti, aussitôt, François Brottes, chargé des questions énergétiques auprès du candidat socialiste. 

La contexte de la visite présidentielle, en tout cas, surprend le PS, pas loin d’y voir une provocation. « Venir en Alsace juste après un pic de consommation de l’énergie, c’est indécent, soupire François Brottes. On a dû importer de l’énergie de l’Allemagne, car la filière du nucléaire ne fonctionne pas en en cas de record de consommation. »  

Cette visite intervient aussi quelques jours après la publication du rapport de la Cour des comptes sur les centrales nucléaires. Qui a donc précédé celui d’Eric Besson. Mais c’est « un pur hasard, selon un membre du cabinet du ministre de l’Energie, car le rapport a été commandé en octobre 2011″. 

Les esprits chagrins ne manqueront pourtant pas d’y voir une manière de critiquer la baisse de la part du nucléaire de 75% à 50% en 2030 dans la consommation d’électricité, mesure prônée par le candidat PS. « Pas du tout, répond l’entourage du ministre, il fallait mettre sur la table des éléments d’expertise dans le cadre d’un débat au Parlement, prévu pour 2013. » 

Le nucléaire, quatrième crainte des Français

L’accident de Fukushima, survenu il y a un an, reste évidemment dans toutes les têtes. « On fêtera le 11 mars le premier anniversaire de l’explosion », relève Sergio Coronado. 

Le débat sur l’énergie est-il pour autant devenu une priorité des Français? « La transition énergétique concerne les Français et les intéresse », avance le socialiste François Brottes, qui veut ouvrir un débat en cas d’élection en mai 2012, sur l’avenir du mix énergétique, sur les consommations d’énergie à réaliser

Le baromètre 2012 de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire lui donne raison. Le nucléaire est devenu, en 2011, la quatrième crainte des Français derrière le chômage et la misère. L’année passée, il était classé en 9e position.  

PL

10 février 2012

Pourquoi Hollande ne va-t-il pas hors des frontières de l’Europe?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, UMP

Lu intialement sur L’Express.fr

François Hollande fait le tour des capitales européennes. Mais il ne se déplace pas au-delà. Alors, pour nouer des contacts, le candidat envoie des « ambassadeurs » au Moyen-Orient ou aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas y aller lui-même? 

Laurent Fabius, missionné par François Hollande, s’est rendu, début février, en Israël, dans les Territoires palestiniens où il a pu converser avec Mahmoud Abbas sur la colonisation. Il a aussi rencontré des responsables libanais, durant son séjour à Beyrouth entre les 2 et 3 février.  

Mais ce n’est pas tout: l’ex-Premier ministre s’apprête bientôt à repartir en Asie, écrit, ce vendredi, Libération. Qui ajoute que Pierre Moscovici, le directeur de campagne du candidat socialiste, se rendra aux Etats-Unis. « En mars », précise l’entourage de François Hollande. Il y rencontrera Joe Biden et Hillary Clinton, histoire de nouer des contacts.  

Mais pourquoi le candidat PS, en quête de stature internationale, ne se déplace-t-il pas lui-même? « La campagne est dense et intense, répond Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, et il y a une juste répartition des tâches. Hollande se concentre sur la rencontre des Français. » 

Au Parti socialiste, on réplique aussi qu’il ira peut-être au Maghreb le mois prochain. Mais hormis ce déplacement encore incertain, rien d’autre, pour l’instant, au-delà des frontières de l’Europe. « La crise économique, sociale, financière est profonde et elle est liée à la question européenne », explique la porte-parole.  

Au programme, donc: un voyage à Londres, le 29 février, puis au Danemark et en Pologne, en mars. Doit-il voyager dans chaque pays européen? En tout cas, il ne se déplacera pas en Suisse, a confié, récemment, Pierre Moscovici. 

Le candidat socialiste s’est déjà rendu à Bruxelles, à Rome, à Madrid, ainsi qu’à Berlin. 

Berlin et Chicago, premiers déplacements en cas de victoire

Il a assisté, là-bas, à une réunion des sociaux-démocrates du SPD. Sans rencontrer Angela Merkel, à son plus grand regret. Il compte en effet la voir avant le premier tour, comme elle avait reçu la candidate socialiste de 2007, Ségolène Royal. Voeu pieu, pour l’instant, puisque la chancelière, interrogée lundi dernier avec le chef de l’Etat sur France 2 et la ZDF, a expliqué que ce n’était pas à l’ordre du jour.  

Depuis plusieurs mois, François Hollande et son équipe de campagne s’activent pour organiser des voyages à l’étranger. Or, souvent, ses projets de déplacement tombent à l’eau. Ou sont repoussés à plus tard advitam eternam: au Québec, en Asie, par exemple.  

Manque d’argent, manque de temps? Pas seulement. S’il avait décidé de se rendre aux Etats-Unis, par exemple, ses opposants auraient pu lui faire remarquer qu’il n’avait pu échanger avec le président des Etats-Unis. « Nous ne sommes pas guidés par ce genre d’analyse », répond Najat Vallaud-Belkacem. 

En tout cas, le candidat PS devra attendre son éventuelle victoire pour quitter le sol européen: il a déjà prévu de s’envoler vers Chicago, après un voyage post-victoire à Berlin. Comme un certain Nicolas Sarkozy. 

PL

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