le Canard de l’Etang

30 mars 2012

Bayrou de plus en plus cajolé par a droite

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

La majorité présidentielle ne cesse de faire des appels du pied au candidat du Modem, qui stagne dans les sondages, en vue du second tour. François Bayrou va-t-il, pour autant, se décider? Rien n’est moins sûr… 

François Bayrou perd des points dans les sondages. Le troisième homme de 2007 ne parvient plus à dépasser, pour l’instant, les 13% d’intentions de vote. Mais, paradoxe, il reste populaire dans les enquêtes d’opinions. Encore mieux: il gagnerait à tous les coups, face à Hollande ou Sarkozy, au second tour de la présidentielle.  

Comme ce scénario semble désormais improbable, ses adversaires commencent à lui lancer des fleurs. Pas François Hollande qui a plutôt l’oeil rivé sur sa gauche et sur Jean-Luc Mélenchon, qui monte, qui monte. Mais ses opposants de la majorité qui tentent de le draguer, lui et ses électeurs, en vue du second tour.  

Comme Valérie Pécresse, qui a laissé entendre que l’élu du Béarn pourrait devenir le successeur de François Fillon en cas de réélection de Nicolas Sarkozy. A-t-elle suivi les conseils d’Edouard Balladur? « C’est une erreur de laisser entendre que Juppé peut devenir Premier ministre. Il n’apporte pas une voix à Sarkozy, aurait expliqué Balladur, selon Le Canard enchaîné. Entre les deux tours, il faut clairement laisser entendre aux électeurs centristes que Bayrou ira à Matignon. C’est notre seule chance de gagner. »  

« C’est la même équation qu’en 2007 mais la différence cette année, c’est que François Bayrou fera nettement moins bien au premier tour, renchérit un ministre en exercice. Et donc, il n’aura pas d’autre choix que d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy. » Car, souffle François Fillon, ce mercredi sur France Inter, le candidat MoDem « représente un courant de pensée proche de celui de la majorité » et le centre et l’UMP ne doivent « rien commettre d’irréparable » pour pouvoir discuter après le premier tour. 

Sarkozy ne s’inquiète pas

En juillet dernier, le député béarnais avait confié, à quelques journalistes, qu’il était prêt à prendre ses responsabilités pour la présidentielle. Et donc, à donner une consigne de vote? Rien n’est moins sûr. Depuis, il a reculé sur cette question. Cela risquerait de le décrédibiliser. Car s’il appelle, à titre personnel, par exemple, à voter pour le candidat de droite, la gauche raillerait son positionnement de centre-droit. Et vice-versa.  

Et comment l’auteur d’Abus de pouvoir en 2009, pamphlet contre l’actuel hôte de l’Elysée, qui ne cesse, par ailleurs, de critiquer le programme de François Hollande, peut-il décider entre ces deux favoris de l’élection?  

« Il ne se trompera pas, il n’est pas socialiste », veut croire Alain Juppé, pourtant critique sur sa décision de poursuivre la campagne malgré la tuerie de Toulouse. L’un des membres de son équipe de campagne, Jean Arthuis, abonde en ce sens, dans un entretien accordé à Mediapart: « Il y a des positions à gauche qui sont difficilement compatibles, mais il faut qu’on en discute. »  

Selon Le Canard enchaîné de cette semaine, Nicolas Sarkozy, de toute façon, ne s’inquiéterait pas: « La montée de Mélenchon va obliger Hollande à courir derrière lui. Plus Mélenchon sera fort au premier tour, moins Hollande le sera au second tour. Effrayé par la gauche, l’électorat de Bayrou viendra vers moi en masse. »  

Nicolas Sarkozy, qui a besoin d’un report de voix pour battre Hollande au second tour, insiste. Via l’humour: A Elancourt, dans les Yvelines, le président-candidat a expliqué ce mercredi qu’on disait de lui qu’il était d’extrême droite. Puis d’extrême gauche: « Comme la terre est ronde, on me dira bientôt du centre. »  

Pourtant,selon une récente enquête de la TNS-Sofres, 47% des électeurs de François Bayrou voteraient Hollande, et seulement 33% Sarkozy.  

PL

29 mars 2012

Candidats, comment ne pas perdre le fil de votre campagne?

Publié par canarddeletang dans Non classé

 Tous les prétendants à l’Elysée se posent cette question: comment garder la main sur l’agenda médiatique, comment réussir à faire parler d’eux? 

Lu initialement  sur L’express.fr

« Comment tourner la page » des tueries de Toulouse et de Montauban, s’est demandé Nicolas Sarkozy, mardi soir à Nantes. Comment passer à autre chose et (re)prendre la main sur l’agenda médiatique dans cette campagne? La question se pose pour chaque candidat.  

Forcément, la séquence qui a suivi le drame a été réservée aux thématiques chères à la droite: la sécurité et l’anti-terrorisme. Aussi Nicolas Sarkozy ne s’est-il pas privé, notamment mercredi à Elancourt (Yvelines), de critiquer son adversaire du PS, accusé de laxisme.  

François Hollande, du coup, ne devait pas perdre le fil de la campagne. Il lui fallait aborder la sécurité, pour répliquer à son concurrent d’en face. Oui, les socialistes sont compétents pour gérer la sécurité de la France, ont tenu à rappeler les ténors socialistes.  

Surprendre

Mais, le mieux, pour se faire entendre, quand même? Evoquer son domaine de prédilection… La sécurité, pour Sarkozy, donc. Et le « social », pour le PS: « Les enjeux de sécurité doivent être discutés, explique Marisol Touraine, responsable des questions sociales pour le candidat du PS. Mais cela ne peut effacer les préoccupations majeures des Français, que sont l’emploi et le pouvoir d’achat. » Elle songe aux priorités des Français, qui n’ont pas évolué avec les récents drames

Le candidat du Modem, lui, ne dirait pas autre chose. François Bayrou veut s’adresser au plus grand nombre. Evoquer les « thèmes qui intéressent vraiment les Français »: la dette, l’Europe, l’école, mais aussi « le produire en France », décliné sous toutes ses formes: l’artisanat, le tourisme, l’énergie photovoltaïque, par exemple.  

On ne peut guère reprocher au troisième homme de 2007 de changer d’avis au gré des semaines. Mais répéter, lors de ses déplacements et interviews, toujours les mêmes choses, ça marche? Pour Jean-Luc Mélenchon, éventuellement. Mais pas pour le Béarnais, qui stagne dans les sondages, à moins de quatre semaines du premier tour.  

Que reste-t-il à faire, alors? Surprendre… François Bayrou, en poursuivant sa campagne, le soir même du crime de Toulouse, avec son meeting de Grenoble, au cours duquel il a dit que la société était malade, a suscité l’ire de la droite. En particulier d’Alain Juppé et de Jean-François Copé. Mais on a parlé de lui… Ce que reconnaît avec plaisir son soutien Jean-Luc Bennahmias: « Mais il n’aime pas les surprises, ce n’est pas un magicien », sourit cet ancien écolo. 

Joly « ne peut pas faire le clown »

Surprendre aussi par des annonces de mesures. Parfois, cela ne fonctionne guère… Un exemple? La proposition de François Hollande d’accorder à 5% à 6% des élèves de tous les lycées de France une place aux classes préparatoires aux grandes écoles. Elle n’a suscité, en effet, que peu de réactions. Le thème est à peine abordé dans le débat de la campagne. Juste quelques déclarations de ministres pour dire que la mesure était « déjà en place ». Et c’est (presque) tout… 

Le candidat du PS n’aura donc pas réitéré son précédent succés. Quand François Hollande a proposé sa taxe pour les super-riches, ses conseillers ont été pris de court. Pas grave: on n’a parlé quasiment que de cela pendant plusieurs jours. Et cela a obligé Sarkozy à répliquer. Mission accomplie.  

« C’est une mesure imbécile », s’insurge cependant Bennahmias. Peu importe, à dire vrai. L’idée, c’est de marquer les esprits. Taper fort. Comme Eva Joly, quand elle a critiqué le défilé militaire du 14 juillet ou proposé la légalisation du cannabis et l’instauration d’un jour férié pour les juifs et les musulmans.  

A part ce genre de prises de position, il ne lui reste pas grand-chose: « L’ex-magistrate ne peut pas faire le clown, comme l’a fait Nicolas Dupont-Aignan, à une station de péage, pour parler du prix du carburant« , souligne Julien Bayou, ce soutien d’Eva Joly qui avait, avec l’association Jeudi noir, réquisitionné un bâtiment pour… parler de mal-logement. « NDA était un peu ridicule, mais ce n’était pas stupide. »  

PL

26 mars 2012

La banlieue, éternelle perdante de la campagne électorale

Lu initialement sur L’Express.fr

Dans les banlieues, certains craignent que l’affaire Mohamed Merah n’aboutisse à une stigmatisation des quartiers populaires. Et rêvent toujours que les candidats s’emparent de ce sujet. François Hollande devrait s’y montrer un peu plus. 

Ce lundi soir, François Hollande tiendra une réunion politique en Seine-Saint-Denis, à Bondy. Un petit meeting qui a lieu, peu de temps après une visite à Evry, chez Manuel Valls. Et avant un Grenelle des quartiers populaires, initialement prévu en mars, mais finalement organisé le 7 avril.  

Nicolas Sarkozy, lui, s’est déplacé, il y a quinze jours, de l’autre côté du périphérique, à Meaux, chez Jean-François Copé. Comme François Bayrou, dans les Hauts-de-Seine, le 22 février.  

Un déplacement par-ci, un déplacement par-là, pendant la campagne électorale. Et c’est tout?  

Conscient de la faible place laissée aux banlieues dans cette campagne, l’association AC-Le feu a squatté, trois jours fin février, un hôtel parisien pour interpeller les candidats à la présidentielle.  

Philippe Poutou, Clémentine Autain pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Eva Joly sont venus entendre les doléances de cette association, née après les émeutes de 2005.  

Banlieues stigmatisées

« Mais, ni François Bayrou, ni Nicolas Sarkozy ont honoré l’invitation », regrette Fatima Hani, secrétaire national de AC-Le feu. Peut-être viendront-ils le 14 avril prochain. Ce jour-là, l’association organise un débat national. « Si les dix candidats à l’Elysée ne viennent pas, on saura pourquoi », sourit Fatima Hani, pessimiste.  

Entre temps, un événement a chamboulé la campagne. La mort de Mohamed Merah, après ses assassinats perpétrés à Toulouse et Montauban, a projeté sous les feux médiatiques le thème de la sécurité.  

Quant aux banlieues, elles risquent d’être encore plus stigmatisées. « Cela peut véhiculer des amalgames, des stéréotypes comme le jeune de banlieue qui serait un prédélinquant », craint Jérôme Perronnet, directeur général des services auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes. De la banlieue, on en parle que quand c’est spectaculaire: des voitures qui brûlent, par exemple. Le développement d’une maison de la petite enfance, ça n’intéresse pas. »  

« On parle de nos quartiers populaires, reconnaît Fatima Hani. Mais on ne l’évoque que sous l’aspect sécuritaire et répressif. C’est devenu un sujet réchauffé à chaque présidentielle, que l’on utilise à des fins électoralistes. » Et la responsable de AC-Le Feu d’évoquer, en particulier, un « amalgame entre immigration et problème économique ». 

Les candidats ne connaissent pas les banlieues

Proche de Ségolène Royal, Kamel Chibli, ancien responsable de Désirs d’avenir, reconnaît volontiers, que depuis le début de la campagne, seuls les aspects ‘sécurité’ et ‘logement’ sont évoqués dans le débat public.  

Mais pourquoi? Est-ce parce que les candidats considèrent, chiffres à l’appui, qu’ils ne glaneront que peu de voix en banlieue en raison de la forte abstention dans ces quartiers? « A ce moment-là, cela ne sert à rien d’aller dans une crèche par exemple, s’agace Jérôme Perronnet, qui travaille au auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes.  

Les candidats n’y connaissent « pas grand-chose à la banlieue », croit-on à la mairie de Chanteloup-les-Vignes (UMP), une commune qui a bénéficié d’une partie des aides versées par l’Etat ces dernières années pour rénover les quartiers 

Et c’est justement pour « sensibiliser François Hollande » que le PS a organisé, début avril, le fameux Grenelle des banlieues, baptisé « printemps des quartiers populaires ». Il y aura aussi une visite en région parisienne pour le candidat du PS: « Sûrement à Mantes-la Jolie, voire à Aubervilliers », confie Kamel Chibli, qui espère y associer Ségolène Royal

Après les tueries de Toulouse et Montauban, et parce qu’il sait que la droite occupe avec force le terrain de la sécurité, François Hollande semble vouloir passer la seconde au sujet des banlieues. Face à Nicolas Sarkozy, dont le mot « Kärcher » est toujours collé à ses basques, François Hollande veut essayer de faire entendre sa musique.

PL

23 mars 2012

« Mélenchon devient la maison commune de la gauche »

Publié par canarddeletang dans Elections, La gauche de la gauche, politique francaise, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage BVA, Jean-Luc Mélenchon se hisse sur la troisième marche du podium des sondages. Devant Bayrou et Le Pen. Selon Eric Coquerel, conseiller du candidat du Front de gauche, l’ancien socialiste peut passer le second tour de l’élection 

Selon une étude BVA pour RTL et la presse régionale, Jean-Luc Mélenchon devient le troisième homme. Il recueillerait 14% d’intentions de vote derrière François Hollande (29%) et Nicolas Sarkozy (27,5%). Le candidat du Front de gauche devance désormais François Bayrou (12%) et Marine Le Pen (13%).  

Ce que souhaitait Eric Coquerel, interrogé la semaine dernière par L’Express. Le secrétaire national du Parti de gauche et conseiller du candidat du Front de gauche, veut « gouverner le pays avec nos propositions. »  

Comment réagissez-vous à ce sondage inédit?

Ce sondage est important car il a été effectué après la tuerie de Toulouse. Et le discours de Jean-Luc Mélenchon sur l’amour et la fraternité a été reconnu, par les Français interrogés, comme plus fort que celui sur la haine.  

C’est aussi la confirmation de la réussite de la grande marche de la Bastille. On a su s’adresser au peuple de gauche, mais aussi aux Français qui cherchent un débouché politique, des solutions à leurs inquiétudes. Je constate aussi que les médias parlent de notre programme. Nous sommes perçus comme crédibles et je vois le changement depuis le début de cette campagne. 

On a l’impression que la dynamique s’accélère…

Quand on a atteint un score à deux chiffres, j’ai su qu’il y aurait un effet boule de neige, un effet exponentiel, que les chiffres des sondages allaient grimper de plus en plus vite. C’est un cercle vertueux. 

Jean-Luc Mélenchon parvient à réunir la gauche politique. On a vu, dimanche à la Bastille, des communistes, des syndicalistes… Et une gauche sociologique. Il y avait des membres de la classe populaire, mais aussi de la classe moyenne, désorientés car déçus du PS. On a su les reconquérir.  

Des écologistes et des anticapitalistes nous rejoignent. On devient la maison commune de la gauche, fidèle à ses valeurs, qui plaide pour la rupture du système. Nous portons le changement, nous avons besoin d’une rupture, il faut renouer avec ce qui a fait la grandeur de la France, c’est-à-dire le partage des richesses.  

Quelle serait la prochaine étape pour Jean-Luc Mélenchon, à un mois du premier tour?

Parvenir au second tour. On a toujours dit qu’on voulait gouverner le pays avec nos idées. C’est possible avec cette dynamique. J’avais déjà dit à L’Express, la semaine dernière, que 14/15% dans les sondages, c’était atteignable.  

Maintenant, il faut poursuivre la campagne, ce qu’on a fait depuis le début, confirmer la troisième place, se positionner devant le Front national. Ceci est un combat essentiel que de reléguer le parti du Front national à un rôle marginal car ce parti n’apporte pas les bonnes solutions.  

Voulez-vous toujours débattre avec François Hollande?

Oui, bien sûr, maintenant que la tuerie de Toulouse est derrière nous. Comment peut-il maintenant refuser cette discussion? Mais je souhaite un débat avec les autres candidats avant le premier tour de l’élection. Donc Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marine Le Pen. Il faut que les télévisions l’organisent. Sur quels sujets? Sur le partage des richesses, sur la politique de réindustrialisation, sur la question de savoir s’il faut, ou non, de l’austérité.  

Propos recueillis par PL

23 mars 2012

Mélenchon va-t-il pousser Hollande vers l’Elysée?

Lu intialement sur L’Express.fr

Jean-Luc Mélenchon continue de grimper dans les sondages et avec lui le total des voix de gauche. Mais François Hollande profitera-t-il, au second tour, de la bonne campagne du Front de gauche? Pas sûr. 

Mélenchon deviendra-t-il le troisième homme de l’élection? Il se hisse, en tout cas, sur le podium d’un sondage BVA (14%), devant Marine Le Pen et François Bayrou. Et derrière Nicolas Sarkozy ainsi que François Hollande, qui reste à 29,5% d’intentions de vote du premier tour. « Selon les Français interrogés, le candidat du Front de gauche fait la meilleure campagne, souligne Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA. On parle de lui et il intéresse les gens. »  

Du coup, peut-il déranger le candidat du PS? « C’est difficile de dire si Mélenchon peut nuire à Hollande », souffle le sondeur. Qui ajoute, toutefois, que le premier prend des voix au second.  

Mais le Corrézien reste élevé dans les sondages, réplique-t-on du côté socialiste. « S’il était à 25% ou encore un peu moins, je m’inquiéterais, assure François Kalfon, spécialiste des sondages de la formation socialiste. Mais ce n’est pas le cas. »  

Au PS, on se réjouit officiellement de la montée de Mélenchon. D’abord parce que le total de la gauche est de plus en plus élevé: à 45,5 % selon l’étude réalisé par BVA, soit bien plus qu’en 2007 (36%). Et surtout parce que 82% des électeurs potentiels du Front de gauche glisseraient un bulletin « Hollande » dans l’urne au second tour.  

Des abstentionnistes pas forcément de gauche

Pour l’heure, le candidat du Front de gauche empiète peu sur les terres de François Hollande. « Mélenchon a récupéré, outre des voix hollandaises, un nombre important d’abstentionnistes », explique Sliman. Il aurait donc remis en jeu, et à gauche, certains électeurs. 

Une arme très utile pour François Hollande … à condition qu’ils votent socialiste au second tour. Ces derniers seraient-ils alors prêts à voter pour le candidat du PS, représentant d’ »une social-démocratie responsable », selon les termes de l’historien Romain Ducoulombier, spécialiste des gauches en France et en Europe? « Pas sûr. Ce ne sont pas forcément des personnes idéologisées mais un électorat énervé par la crise que Mélenchon a su capter », répond l’enseignant. 

Pour François Kalfon, le M. sondage du PS, il n’y a aucun problème de fossé politique entre les deux électorats de la gauche: « Elle a toujours eu deux jambes. Mélenchon a réussi à attirer des personnes qui ont subi la crise. Nous partageons avec lui les diagnostics, mais pas toutes les solutions à apporter. »  

« Pas de passerelles entre gauche radicale et extrême droite »

Justement, certains pourraient décider de s’abstenir à nouveau s’ils jugent le candidat du PS incapable d’obtenir la « rupture du système ». 

Mélenchon peut-il aussi attirer des électeurs frontistes, qui pourraient ensuite voter Hollande? « Les passerelles entre la gauche radicale et l’extrême droite sont marginales », répond Gaël Sliman de BVA.  

Mais au PS, on veut y croire. D’autant plus que, selon un sondage de la TNS Sofres, 26% des électeurs de Marine Le Pen pourraient choisir Hollande au second tour.  

« Je n’exclus pas, confie justement François Kalfon, que quelques électeurs, prêts à voter pour Le Pen pour sa campagne axée sur les thématiques sociales, pourraient finalement se décider pour Mélenchon, si la candidate du FN retrouve ses thèmes de prédilection, comme la sécurité. »  

Puis pour Hollande, donc… Dans une logique encore toute théorique.

PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

14 mars 2012

Bayrou mise désormais sur la solidarité, mais ne change pas de campagne

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, politique francaise, Societe

Lu initialement sur L’Express.fr

François Bayrou a (re)présenté, ce mercredi, au cours d’une conférence de presse, son programme. Il crée la surprise en changeant de slogan, à moins de deux mois du premier tour. Mais ce sera la seule d’ici la fin de sa campagne pour celui qui veut rendre la France plus solidaire. 

A moins de deux mois du premier tour, François Bayrou change de slogan. Après « la France unie, rien ne lui résiste », voici « la France solidaire ». Doit-on s’attendre à d’autres surprises dans la campagne de François Bayrou, qui se stabilise autour de 11 à 14% dans les sondages? Pas vraiment, explique ce mercredi le candidat du Modem, lors d’une conférence de presse.  

« Les deux slogans sont liés. Chacun vit sur son îlot, seul, sans se préoccuper de son prochain. Il faut rapprocher les gens pour qu’ils puissent faire face à leurs difficultés économiques. » Les unir, en somme, dans un « contrat de vie partagé », dixit le centriste du Mouvement démocrate. 

« Traiter les sujets qui intéressent »

Cela ne change rien, en tout cas, au programme du troisième homme de 2007. Et donc à sa campagne. François Bayrou, qui sort un nouvel ouvrage, La France solidaire, ce jeudi, « n’aime pas faire des coups de communication, pour créer le buzz », précise son soutien Bernard Lehideux. « Il pourra toutefois avoir des nouvelles idées sur certains sujets en fonction du débat public », pense le membre de son équipe de campagne.  

D’abord, Bayrou pourra « réagir aux provocations des uns et des autres », imagine Jean-Luc Bennhamias. Mais aussi « aux promesses imbéciles » des autres candidats, comme la taxe pour les super-riches de François Hollande, « qu’il ne mettra jamais en oeuvre », avance l’ex-écologiste.  

Aussi ne faut-il pas attendre, de la part de François Bayrou, à « des promesses irréalisables », à l’instar dela réforme de Schengen ou du lien entre nationalité et fiscalité.  

L’important pour le candidat, c’est de « traiter des sujets qui intéressent les Français » comme l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation, répète François Bayrou. Comme à l’accoutumée depuis la déclaration de sa candidature

Lui se pose la question: « Comment allons-nous nous en sortir? » Réplique du tac au tac: « Par la solidarité entre concitoyens. » Entre les jeunes et les plus âgés, en particulier.  

« Stratégie de rassemblement »

L’élu des Pyrénées-Atlantiques propose ainsi de « ne plus couper les minimas sociaux si un parent âgé retourne vivre chez ses enfants », explique Bernard Lehideux. Cela revient en gros à inciter à « la colocation, au vivre ensemble », précise François Bayrou, ardent partisan des associations et des corps intermédiaires.  

Celui qui estime être le seul à défendre un « projet de société » veut aussi que les enfants fassent leur devoir à l’école, avant de rentrer chez eux. Avec de nouveaux profs? Bien au contraire, « puisqu’il faut maintenir le nombre de postes actuel ». Non plutôt avec des retraités à qui l’on pourrait demander de venir à l’école, histoire de « donner un coup de main aux plus jeunes », selon Bernard Lehideux. 

La solidarité touche aussi le monde économique puisque François Bayrou voudrait créer, par exemple, des emplois sans charges pour les entreprises de moins de 50 employés pourvu qu’elles embauchent un chômeur. 

Avec ces mesures répétées depuis plusieurs semaines, il ne lui reste que 39 jours pour convaincre les indécis. Et progresser de nouveau dans les sondages.  

PL

12 mars 2012

NKM assure le service après-vente des mesures de Villepinte

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet a détaillé ce lundi les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, lors de son grand meeting à Villepinte, dimanche. En particulier sur la réforme souhaitée des accords de Schengen.

Dimanche, Nathalie Kosciusko-Morizet n’est jamais montée sur l’immense scène de Villepinte. Les ralliés, les VIP, les nouvelles têtes, les cadres: tous ont eu leur petit mot avant le discours du candidat. Mais pas NKM. Etonnant pour une porte-parole.  

« J’étais invitée sur plusieurs plateaux télé », s’est-elle justifiée, le lendemain. Ce lundi, elle a détaillé les propositions du candidat et assuré le service après-vente.  

« Nicolas Sarkozy veut, pour son prochain mandat, agir en France, comme en Europe, car il s’agit du même combat », affirme, en préambule,Nathalie Kosciusko-Morizet, assez critiquée en interne.  

D’abord via une réforme des accords de Schengen que le candidat appelle de ses voeux. « Au début, il y avait cinq pays dedans, aujourd’hui il y en a plus de vingt. Tout le monde sait en Europe que cela ne marche pas bien, avance NKM. Le système est décrié et jugé insuffisant par tous les membres de l’Union européenne. Y compris par les Italiens », qui ont dû faire face à l’arrivée de migrants, notamment après les révolutions arabes.  

Sous l’initiative franco-italienne, une réforme du texte régissant la libre-circulation des personnes au sein de l’espace Schengen est déjà en cours de modification. « Mais Sarkozy veut aller plus loin », répond la porte-parole. 

« Je récuse le terme de menace »

Il propose une « exclusion » d’un pays défaillant qui « ne protège pas les frontières de l’Europe » quand la réforme en question évoque une simple « suspension ». Et il veut une « politique migratoire commune ».  

Et ce afin de « dépasser les disparités » entre les différents Etats. NKM souligne que 60% des demandes d’asiles sont acceptées par Malte contre seulement 1,5% en Irlande.  

Ensuite, il prône un « By european act », l’équivalent du « produire français », à l’intérieur de l’Union européenne, une mesure censée séduire un électorat centriste. « Si les Etats-Unis et le Japon -certes à un degré moindre-, le font, se demande NKM comme Nicolas Sarkozy, la veille, pourquoi ne le ferions-nous pas? »  

Assurer le service après-vente, c’est aussi anticiper les éventuelles critiques venant de Bruxelles ou de Berlin. Nicolas Sarkozy prévient que si « dans les douze mois », aucune avancée au niveau européen n’a été remarquée, il agirait seul, et se retirerait de l’espace Schengen. Ce qui reviendrait à quitter, plus ou moins, l’Union européenne. 

Un ultimatum, voire une menace qui ne dit pas son nom? « Pas du tout, assure NKM, je récuse ce terme de menace. » Il s’agit simplement de mettre la pression sur ses partenaires européens pour « faire bouger les choses ». Avant de botter en touche: « Pour sauver la Grèce, on n’avait que quelques jours, voire quelques semaines, donc bon… »  

PL

10 mars 2012

Que se passerait-il si Sarkozy mourait?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique

Lu initialement sur L’Express.fr

Carla Bruni a « peur » que son mari ne meure sous la charge de travail. Que se passerait-il alors, en pleine campagne présidentielle? La réponse n’est pas si claire. 

« J’ai peur pour lui », « j’ai peur pour sa santé, ça paraît bête, mais parce qu’il se donne tellement à fond, il ne se ménage pas du tout », a confié sur France 5 Carla Bruni-Sarkozy.  

D’où cette question: qu’est-il prévu, dans la Constitution, en cas de décès du président de la République? 

Si le chef de l’Etat, qui a été victime en 2009 d’un malaise vagal, disparaissait ou était « empêché » d’exercer ses fonctions (en cas de coma, par exemple), une vacance de la République serait décrétée par le Conseil constitutionnel. Le président du Sénat, en l’occurrence le socialiste Jean-Pierre Bel, prendrait dans les 24 heures les fonctions du président de la République. Comme Alain Poher, après la mort de Georges Pompidou en 1974.  

Il n’en possèderait pas toutes les prérogatives: « Il ne peut pas organiser de référendum ni poursuivre une révision de la Constitution si elle est engagée », précise le constitutionnaliste Didier Maus. Une élection présidentielle serait organisée dans les 15 à 35 jours après la disparition. « Sauf cas de force majeure, crise ou guerre, par exemple », nuance Didier Maus. 

Et si les deux hommes, le chef de l’Etat et le président du Sénat, se voient empêchés au même moment d’exercer le pouvoir? « Dans ce cas de figure, il n’y a personne d’autres, s’amuse Didier Maus. Le Sénat doit choisir un nouveau président, qui assurera l’intérim à l’Elysée. »  

Mais si le drame intervient en pleine campagne électorale? Là, ça se complique.  

- Cas numéro 1: le candidat meurt avant la publication de la liste officielle des candidats (le 19 mars prochain). Le Conseil constitutionnel n’est pas obligé de reporter les élections. 

Le parti du sortant peut encore se trouver un candidat de substitution. Alain Juppé ou François Fillon, par exemple, pour l’UMP. Même chose, d’ailleurs, pour l’opposition: Martine Aubry, finaliste à la primaire socialiste, pourrait suppléer François Hollande pour le PS. Et du côté de François Bayrou? « Je ne vois personne à part lui au Mouvement démocrate », répond Didier Maus. 

Une chose est sûre: celui-ci ne pourra, en tout cas, récupérer les parrainages de l’ancien candidat, puisqu’ils sont personnels. 

Attention, selon les candidats, les Sages peuvent réagir différemment, et tenir compte de leur importance dans le jeu politique: « Si Jacques Cheminade avait un problème, par exemple, cela ne changerait pas le paysage politique », explique Didier Maus.  

Au Conseil constitutionnel de trancher, en somme. 

- Cas numéro 2: un décès survient parmi les candidats après la publication officielle de la liste des prétendants (le 19 mars). La conséquence est sans appel: le scrutin est reporté. Qu’il s’agisse de Nathalie Arthaud, de François Hollande ou de Jacques Cheminade. Comme dans les médias, l’égalité au sens strict. 

PL

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