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21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

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