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21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

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