le Canard de l’Etang

9 mars 2012

Objectif pour Mélenchon: passer devant Bayrou

Lu intialement sur L’Express.fr

Jean-Luc Mélenchon est crédité de 10% dans un sondage CSA-BFMTV-20 Minutes. Peut-il encore grimper et titiller ses adversaires tels que François Bayrou et Marine Le Pen? C’est en tout cas l’objectif affiché par le Front de gauche. 

« Tout sera possible avec un score à deux chiffres. » Cette phrase, c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’a prononcée, il y a un mois. Trente jours plus tard, le candidat du Front de gauche atteint, dans un sondage de CSA-BFM-20 Minutes, la barre des 10%. Depuis son entrée en campagne, Jean-Luc Mélenchon n’a connu aucune baisse significative dans sa progression dans les sondages depuis sa candidature. « Et ça ne s’arrêtera pas », veut croire Alexis Corbière, conseiller de Paris et membre du Parti de gauche. 

Le candidat se situe à trois points de François Bayrou. « On peut passer devant lui, souffle son soutien, le Béarnais est coincé. »  

Pourra-t-il, pour autant, faire jeu égal avec la candidate du Front national, crédité de 15% par le CSA? « Ce serait une belle victoire, juge celui qui participe à la « riposte-anti FN », qui occupe une dizaine de personnes au Front de gauche. « Nous avons réussi à remobiliser l’électorat populaire, attiré par l’abstention. Et non le FN comme on pourrait le penser à tort », insiste Alexis Corbière. 

Selon les proches de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche défend ses idées, comme « la question sociale, la répartition des richesses, la lutte contre l’austérité » avec beaucoup de pédagogie ». « Nous parlons des vies des gens et ça les touche », précise Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, membre du FDG.  

« On arrive à les convaincre, renchérit Alexis Corbière. Y compris les réfractaires, comme ce bijoutier, présent à l’émission Paroles de candidats. Ce Français choisi par TF1, s’est montré, au final, en accord « sur les moyens (à apporter) pour régler les problèmes de l’ « insécurité ».  

« Une campagne a minima »

Mais François Hollande, en tête dans les sondages, n’y est-il pas pour quelque chose? Les mélenchonistes peuvent-ils être tentés de voter sans crainte pour leur favori au premier tour avant d’aller glisser un bulletin Hollande au second tour?  

« Non, c’est un piège, ils ont tort de réfléchir ainsi, avance Bernard Cazeneuve. Le porte-parole de François Hollande se montre ravi de voir « le total de la gauche grimper dans les sondages », mais ne se « satisfait » pas du bon score de Jean-Luc Mélenchon. « Le risque d’un nouveau 21 avril existe encore », explique le porte-parole de François Hollande, qui appelle au rassemblement de la gauche « dès le premier tour. »  

La crainte est réelle. D’où l’idée de séduire les mélenchonistes, avec la taxation des plus riches? Au PS, on assure que non. Pourtant, « cette mesure légitime nos propositions, se félicite Alexis Corbière. Et les gens vont préférer l’original à la copie », sourit le conseiller, selon lequel Hollande « ne va pas assez loin » et « fait une campagne à minima ». 

Jean-Luc Mélenchon abonde en ce sens. Dans une interview accordée au mensuel Regards, dirigé par Clémentine Autain, membre du Front de gauche, il lâche: « L’option de François Hollande, n’est pas celle d’un rapport de forces avec le capitalisme financier, mais une relation d’arrangements. » 

Le fameux « capitaine de pédalo » lui avait permis de grimper quelque peu dans les sondages. Alors pour aller titiller François Bayrou…

PL

8 mars 2012

Que faire après une défaite à la présidentielle?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique

Lu initialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy ne veut plus faire de la politique en cas de défaite en mai 2012. Quels ont été les choix de ses prédécesseurs et des candidats qui ont échoué à ce scrutin présidentiel?

Sarkozy l’a confirmé, ce jeudi, sur RMC. Il compte arrêter la politique en cas de défaite en mai 2012. « Vous n’entendrez plus parler de moi si je suis battu », avait-il déjà confié à quelques journalistes en Guyane.  

Quitter la vie politique après une défaite à la présidentielle? Certains laissent tomber, mettent un terme à leur vie publique. D’autres renoncent à se représenter, mais ne stoppent pas pour autant leur carrière. D’autres, encore, ne renoncent jamais, tentent, retentent jusqu’à l’éventuelle victoire.  

Le déserteur

Lionel Jospin, Premier ministre dont les sondages indiquent, peu avant le scrutin de 2002, qu’il pouvait battre le chef de l’Etat sortant, ne passe pas le premier tour. Pire, il est devancé par Jean-Marie Le Pen. « Tonnerre » dans la vie politique française. Dans son allocution après l’annonce des résultats, il fait part de son intention de quitter la vie politique française (après avoir déjà connu l’échec, en 1995).  

Plus tard, il invoque, entre autres, son âge, près de 65 ans, à l’époque. Il ne veut pas de commission, ni d’une mairie. D’où son retrait, laissant derrière lui un PS orphelin.  

Un mois après la sortie de son livre Le Monde comme je le vois, en octobre 2005, on lui demande, sur Europe 1, s’il désire se (re)présenter. La réponse est sans appel: non.  

Ce qui ne l’empêche pas de tacler la campagne électorale de Ségolène Royal en 2007. Et de soutenir François Hollande en 2012. 

Les mythos

Le soir du second tour, il se présente assis devant les Français, dit « au revoir ». Puis quitte la salle. La scène d’adieu de Valéry Giscard d’Estaing, après la défaite, a marqué les esprits. Voulait-il démontrer qu’il renonçait à briguer à nouveau le suffrage universel? Pas vraiment…  

VGE n’a jamais abandonné l’idée de revenir au sommet. Il attendra son heure, qu’il espère, à l’époque, arriver au scrutin de 1988. En vain, puisque Raymond Barre prend sa place. Il apporte ensuite un autre souffle à sa carrière en se faisant élire à l’Assemblée nationale. 

Quand Jacques Chirac démissionne de son poste de Premier ministre, il confie à son meilleur ennemi, VGE: « Je ne sais pas encore ce que je vais faire, lui souffle-t-il, cette année-là. J’hésite entre plusieurs possibilités. L’une d’elle serait d’ouvrir une galerie de peinture. [...] En tout cas, une chose est sûre, vous n’entendrez plus parler de moi! »  

On connait la suite. L’ancien maire de Paris n’abandonne pas l’idée d’emménager à l’Elysée. Pire, après son premier échec, en 1981, il aurait appelé en privé, selon Giscard d’Estaing, à voter François Mitterrand pour le second tour. Eviter que son meilleur ennemi, à qui il a menti, ne rempile à l’Elysée. 

Les persévérants

L’Assemblée nationale serait-il un lieu de consolation pour les candidats défaits et déçus? Ségolène Royal, en cas de victoire, en mai 2012, de son ex-compagnon, pourrait se voir attribuer le perchoir. Si, bien sur, celle qui avait pleuré suite à sa défaite à la primaire socialiste, devient députée. 

La Dame du Poitou s’inspire de François Mitterrand, son modèle. Lui non plus n’a jamais abandonné, l’espoir fait vivre…  

Il critique le général de Gaulle en 1958, se positionne contre l’élection du président au suffrage direct, publie Le coup d’Etat permanent en 1964. Mais il se présente en 1965, en 1974, cinq ans après n’avoir pu être candidat, et en 1981. Soit l’élection qui le hisse au sommet pendant deux septennats

Cette statistique, en tout cas, donne des idées à François Bayrou, candidat pour la troisième fois d’affilée à la présidentielle. Fera-t-il mieux qu’en 2007? 

Les discrets

Edouard Balladur, Premier ministre, champion des sondages en 1995, ne remporte pas, on le sait, l’élection présidentielle. Le troisième homme de se scrutin, ne se retire pas pour autant de la vie politique, mais retourne à l’Assemblée nationale. Il y restera jusqu’en 2007. Retraite, ensuite? Presque, il travaille un peu pour Nicolas Sarkozy qui lui propose, aussi, de devenir membre du Conseil constitutionnel. Offre qu’il décline… 

Alain Poher, ensuite. En tant que président du Sénat, entre 1968 et 1992, il assure deux fois l’intérim, respectivement à la démission de Charles de Gaulle, en 1969, et à la mort de Georges Pompidou, en 1974. Sa « deuxième fois » lui donne des envies. Il se présente à cette élection. Mais il n’atteint pas le second tour. Il se retire alors sur ses terres, le Sénat, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa retraite politique.

PL

6 mars 2012

Des paroles et des actes: Laurent Fabius va-t-il faire trébucher Nicolas Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Laurent Fabius se confrontera, ce mardi soir sur France 2, à Nicolas Sarkozy, dans l’émission Des paroles et des actes. Comment l’ancien Premier ministre fonctionne-t-il dans un face-à-face? Retour sur quelques-unes de ses prestations.

Qui aura la lourde tâche de représenter François Hollande dans le premier débat auquel participera Nicolas Sarkozy depuis son accession à l’Elysée? Pas un ami de trente ans, pas même un fidèle soutien politique. Non. Plutôt un ex-opposant interne, observateur critique de ses années à la tête du PS.
Ce mardi, c’est Fabius-Sarkozy. L’ancien chef de gouvernement de François Mitterrand portera, ce mardi soir, la contradiction au président sortant, lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2.
Un débat très attendu pour celui qui aux quatre coins du monde, représente le candidat du PS, avec qui, pourtant, il ne s’entend pas du tout. « Hollande, président? On croit rêver », avait-il notamment soufflé en avril dernier devant des étudiants.
Laurent Fabius, qui a travaillé sur les 100 premiers jours de la présidence éventuelle de François Hollande, est-il le meilleur pour le défendre face au candidat de la majorité?

Poser une question pour déstabiliser

En 1986, le jeune Premier ministre, âgé de 40 ans, n’avait cessé, lors d’un débat face à Jacques Chirac, d’interrompre l’alors maire de Paris. Qui finit par le traiter de « roquet ». Laurent Fabius, un brin déstabilisé, lâche alors cette phrase, restée célèbre pour s’être retournée contre son auteur: « Je vous en prie, vous parlez au Premier ministre de la France! » Le tout accompagné d’un geste de la main d’une grande condescendance.
Depuis, celui qui fut aussi président de l’Assemblée nationale a poli son image et s’est imposé comme un débatteur madré et redoutable. Sa technique préférée: poser une question à son adversaire d’un jour, pour le déstabiliser.
C’est ce qu’il fait face à Jean-Louis Borloo, lors de l’entre deux tours des élections législatives de 2007, qui a suivi la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy. « Monsieur Borloo, vous pouvez répondre par oui ou par non, propose, avec le sourire, l’ex-chef du gouvernement. Pouvez-vous nous dire devant des millions de gens qui nous écoutent qu’il n’y aura pas d’augmentation de la TVA après les élections? »
Une stratégie payante? La réplique embarrassé de celui qui est alors ministre de l’Economie du premier gouvernement Fillon aurait selon les mauvaises langues favorisé un sursaut du PS et coûté le siège à plusieurs dizaines de candidats UMP.

Tel un maître face à son élève

En 2002, déjà, suite à la défaite du PS aux législatives, Laurent Fabius interpelle, en pleine soirée électorale, son adversaire de l’UMP, le lyonnais Dominique Perben, à l’époque garde des Sceaux. « Si des députés UMP proposent des amnisties politico-financières, comment réagira le gouvernement? », demande Laurent Fabius.
Cette manière de provoquer son adversaire semble lui coller à la peau. En mars 2010, face à Eric Woerth, dont le parti vient de perdre les élections régionales, Laurent Fabius s’amuse pour critiquer les éléments de langage des ministres: « Si ce soir, on dit que le scrutin n’est pas une sanction contre l’UMP et le gouvernement, c’est un certain humour », sourit-il.
Et ça marche, ce genre de provocation… Lors du même soir, il débat, entre autres, avec Xavier Bertrand. En parvenant à l’agacer quand il évoque la politique du bouclier fiscal. Réplique du patron de l’UMP: « Vous ne manquez pas de toupet, vous qui avez été à l’origine de l’allègement de la fiscalité des stock-options. » Réponse immédiate de l’intéressé, tel un maître devant son élève: « C’est une contre-vérité. »
Osera-t-il s’en prendre ainsi, ce mardi soir, au chef de l’Etat sortant, qui aimerait, lui, le déstabiliser en soulignant « sa carrière en zigzag »?

PL

1 mars 2012

Le salon de l’Agriculture, un terrain miné pour Eva Joly

Publié par canarddeletang dans Economie, Elections, les Ecologistes, politique francaise, Societe

Lu initialement sur L’Express.fr

Eva Joly s’est, à son tour, rendue au Salon de l’Agriculture, ce jeudi, pendant trois heures. Elle a rencontré le président de la FNSEA, malgré les mauvaises relations entre le syndicat et les écologistes. L’Express y était. 

Quand Eva Joly s’était rendue au Salon de l’agriculture, en 2011, on la prenait pour la femme de José Bové. Elle marchait à côté de lui et n’était pas encore candidate à la présidentielle.  

Ce jeudi-après-midi, à la Porte de Versailles, ils se baladent encore côte à côte, entre les stands de bovins et de légumes. Mais les gens ne font plus l’erreur. Eva Joly a gagné en notoriété. Les visiteurs du Salon la reconnaissent à ses lunettes rouges.  

Souriante, elle prend le temps d’échanger avec quelques producteurs, de boire un peu d’eau, et même un verre de vin blanc. On lui présente des produits locaux, lui offre quelques mets. 

Il n’empêche: on entend plus de « José, José » quand il passe devant les badauds. Lui tenait « pendant des années » le stand de la Confédération paysanne, le seul syndicat agricole de gauche, minoritaire parmi des agriculteurs majoritairement de droite et franchement opposés aux écologistes. 

« Un gros malentendu »

Même ceux, dont on pourrait croire qu’ils sont bien disposés à l’égard de l’ancienne magistrate. Comme ce paysan, qui « produit du bio en Provence » et qui lui lance un « bouh ». « Elle est contre tout le monde, elle défend les 32 heures mais moi, à 66 ans, je travaille 70 heures. » Ce à quoi réplique le patron des Jeunes écologistes, Wandrille Jumeaux, présent à l’occasion: « Eva Joly ne propose pas les 32 heures pour tout le monde, les agriculteurs travaillent forcément plus car ils n’ont pas toujours l’argent pour créer de l’emploi et déléguer des tâches. »  

Julien Bayou, qui accompagne la candidate d’EELV, évoque, lui au début de la visite, « un gros malentendu » avec les agriculteurs.  

Les relations restent tendues avec la FNSEA, syndicat classé à droite. « C’est un lobby de dingue », sourit Julien Bayou à son arrivée dans le hall principal du Salon. « Nous ne sommes pas d’accord sur leur modèle productiviste, mais Eva Joly y va pour dialoguer. » Et leur dire quoi ? « Qu’ils se trompent sur les pesticides, les OGM, mauvais pour la santé. » Michel Dupont, collaborateur de José Bové, qui dirige Eva Joly entre les stands, l’affirme haut et fort: « Les solutions des écolos sont celles de l’avenir. » 

« Nous ne sommes pas entendus »

La FNSEA ne le pense pas. Son président Xavier Beulin a toutefois rencontré Joly pendant vingt minutes. Et de manière courtoise. « Le modèle intensif et productiviste a montré ses limites », lui a expliqué la candidate, qui plaide pour une réforme de la PAC, afin qu’elle soit plus juste. Un peu comme François Hollande, qui veut redistribuer les aides. La candidate EELV souhaite aussi la mise en place d’un « circuit court entre producteurs et consommateurs » pour ne pas que le prix grimpent à cause d’intermédiaires.  

Le collaborateur de José Bové, Michel Dupont, parle « du produire local ». Qu’en est-il de l’agriculture biologique ? N’est-ce-pas plus cher ? « Sûrement, mais c’est surtout plus rémunérateur en terme d’emplois », avance Julien Bayou. 

Près du stand, une personne confie qu’elle ne l’aime pas et se demande pourquoi elle est là. Julien Bayou, qui justifie sa présence, se fait traiter de « merdeux ».  

Le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec, venu avec Jean-Vincent Placé, pour montrer que « la candidate n’est pas seule », l’admet volontiers: « Nous ne sommes pas entendus par la majorité des paysans. » Pas facile de réconcilier écologistes et agriculteurs.

PL

1 mars 2012

Pourquoi Bayrou stagne dans les sondages

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre

Lu intialement sur L’Express.fr

François Bayrou est crédité de 10,5 à 13% des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle. Il y a encore un mois, on envisageait sa présence au second tour. Comment le Modem explique-t-il cette baisse de régime? 

Si François Bayrou était au second tour, il gagnerait à tous les coups. Peu importe son rival, François Hollande ou Nicolas Sarkozy. 65 % des Français, interrogés par l’Ifop, ont une bonne image du candidat du Modem. Ce qui fait de lui l’un des hommes politiques les plus populaires.  

Seul souci: avant le deuxième tour, il y a le premier. Et les intentions de vote, à ce sujet, stagnent depuis quelques semaines. Les instituts de sondages le créditent de 10,5 à 13 %, soit le niveau atteint après sa déclaration de candidature début janvier.  

« Si rien ne bouge d’ici la fin mars, cela deviendra mission impossible, admet Jean-Luc Bennahmias, soutien écolo de François Bayrou. Ce sera dur pour le candidat mais rien n’est encore joué et il est solide. »  

Yann Wehrling, porte-parole du Modem, va un peu plus loin: « Les sondages restent figés pour tout le monde, il n’y aucune dynamique, mais seulement des baisses et des hausses d’un ou deux points. » Il songe, notamment, à Nicolas Sarkozy qui rattrape un peu François Hollande à cause de ralliements de petits candidats comme Hervé Morin, Christine Boutin et Frédéric Nihous

Les Français, « pas entrés en campagne »

Mais le candidat-président et le socialiste attirent une majorité d’électeurs qui avaient voté pour leur camp il y 5 ans. Ce qui n’est pas encore le cas pour François Bayrou, selon la TNS Sofres. Celui-ci ne récupère pour l’instant que moins de la moitié de ses électeurs de 2007. Et plus de 50% de ceux qui veulent glisser un bulletin Bayrou dans l’urne le 22 avril prochain ne sont pas certains de leurs choix.  

Mais que se passe-t-il? Bayrou, interrogé par l’Express, lors d’une sortie en métro la semaine dernière, avait expliqué que les Français n’étaient pas « entrés en campagne ». Du moins, pas encore, « en raison des vacances d’hiver ».  

« Ceux qui s’intéressent de loin à la politique », dixit Bennahmias, n’entendent, pour l’instant, que « des bruits de fonds », sourit Bernard Lehideux, membre de l’équipe de campagne. D’où la précision du porte-parole, Yann Wehrling: « Les Français ne sont pas attentifs car la campagne n’est pas à la hauteur de ce qu’ils attendent. » 

Pourquoi? « Les principaux candidats, qu’on entend sans arrêt, n’abordent pas les enjeux essentiels », avance l’ancien écologiste Yann Werhling, reprenant à son compte la critique du « monopole médiatique », la fameuse « sark-hollandisation », chère à François Bayrou. « Chacun des deux parlent plus fort pour se faire entendre », commente Bernard Lehideux. 

« C’est normal d’être plus aggressif »

Ainsi, ce dernier n’arriverait pas à faire entendre sa voix. « En février, le Modem était dans une phase de réflexion et de rencontres avec les Français, analyse Bernard Lehideux, ancien responsable des meetings de VGE. Il faudra convaincre désormais, faire en sorte que les idées du Mouvement démocrate pénètrent davantage sur le terrain, parler de l’équilibre des finances et de la politique fiscale. » 

Et ce, dit-on au Modem, grâce la stricte égalité du temps de parole de tous les candidats imposée dans les médias de l’audiovisuel. 

Mais aussi en tapant plus fort, pour reprendre la main? François Bayrou hausse un peu plus le ton depuis quelques jours sur ses rivaux de droite et de gauche. PS et UMP, qui ont « des affaires à la pelle et des cadavres dans les placards », « ont mis à mal sans cesse la séparation des pouvoirs », a expliqué, par exemple, François Bayrou lors de son dernier forum, ce samedi, sur la moralisation de la vie publique.  

« Il l’a toujours dit, mais c’est vrai que le choix des mots a évolué », admet Wehrling. « C’est normal d’être un peu plus aggressif, renchérit Jean-Luc Bennahmias, les autres candidats ne se gênent pas non plus. » En attendant, l’ancien membre des Verts prévient: « Il ne faudra pas trop le faire, car ensuite il faudra rassembler le pays. »  

Eh oui… Malgré tout, les bayrouïstes voient toujours leur champion à l’Elysée.  

PL

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