le Canard de l’Etang

17 avril 2012

Bayrou souffle le froid et le chaud avec Sarkozy

Lu initialement sur L’Express.fr

François Bayrou a admis, ce mardi, que le chef de l’Etat « s’était un peu amélioré » depuis 2007. Mais que sur le style. Et encore, quelques heures après, il regrettait avoir tenu de tels propos. Retour sur cinq ans de valse-hésitation. 

Ce mardi matin, François Bayrou se sentait de bonne humeur vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Interrogé par BFMTV/RMC, il a jugé que le chef de l’Etat sortant « s’était un tout petit peu amélioré » depuis 2007. 

« Un petit peu, sur le style », précise de son côté Jean-Luc Bennahmias, soutien centriste, qui a déjeuné, ce mardi, avec le président du Mouvement démocrate. « François Bayrou regrette d’avoir dit ça », confie cependant l’ex-écolo. Ce ne serait pas le fond de sa pensée. 

Mince! ceux qui guettent les indices d’un soutien à Hollande ou Sarkozy vont encore être déçus, une semaine après cette confidence, en forme de soutien au candidat UMP: « Je suis plus proche humainement de M. Hollande, mais programmatiquement plus proche de M. Sarkozy. » 

Mais depuis le début de sa campagne, il attaque quand même le bilan de Nicolas Sarkozy: « Le candidat de l’UMP n’arrive pas, après cinq ans de mandat, à dégager un plan d’action pour le pays ». Ou encore, voilà quelques jours: « Son programme, c’est une dispersion de mesures sans liens, disparates, sans cohérence, rien de nouveau, rien de construit. » 

Depuis trois ans, c’est en fait le pas de danse que le centriste a adopté. Depuis la publication d’« Abus de pouvoir », violente charge contre Sarkozy, il alterne le chaud et le froid.  

Le chaud: La France est aux mains d’ »un clan, celui de l’argent, de l’entente sous la table », et l’actuel locataire de l’Elysée en est le « parrain ». Après la campagne présidentielle de 2007, fort de son succès électoral, il tape fort. Parle de la présidence de Nicolas Sarkozy comme une « egocratie ». En septembre 2009, lors de l’université d’été de son nouveau parti, il évoque un « régime d’inégalités, de domination, d’injustices économiques, sociales, démocratiques », qui a « corrodé ce qui a fait la France ».  

Le froid intervient après l’échec des européennes en juin 2009. Alain Juppé, resté ami avec lui, pense que « l’affaiblissement de Nicolas Sarkozy et l’ancrage à gauche du PS sous la férule d’Aubry laisse une place à un centre gauche. » Conseil suivi: le Béarnais se rapproche d’une partie du PS. 

« L’image de la France a été abîmée »

Sauf que cette stratégie ne paie pas. « Nous pensions que le PS pouvait bouger, c’est la raison pour laquelle nous lui avions tendu la main. Mais pour des raisons tactiques ou stratégiques, ce n’est pas la direction suivie, dit-il à l’époquesur RTL.  

Il se réconcilie ensuite avec le chef de l’Etat, le voit secrètement et devient de moins en moins critique, en particulier sur les questions économiques. Il est d’accord, en effet, sur la règle d’or budgétaire, qu’appelle de ses voeux la majorité présidentielle. Et ne s’oppose pas à la réforme des retraites, même s’il ne la vote pas à l’Assemblée nationale, finalement, puisqu’elle est, à son goût, trop injuste.  

Mais comme toujours avec Nicolas Sarkozy, François Bayrou reprend ses critiques. A l’automne 2010: « L’image de la France a été abîmée, explique le député béarnais. On a cherché à exciter des passions qui existent toujours dans un peuple mais que les gouvernants ont le devoir de calmer. On a commencé, avec le discours de Grenoble, par dire ‘Il y a un lien direct entre immigration et insécurité’. C’est un premier pas qui n’avait jamais été franchi, sauf par les extrêmes. »  

Des propos durs qu’il pourrait toujours tenir à l’heure actuelle, même si, à quelques jours du premier tour de la présidentielle, il n’exclut plus un éventuel poste auprès de la majorité présidentielle. En tout cas, il ne dit plus « non » aussi ouvertement qu’auparavant, dit simplement ne pas vouloir répondre à la question… 

Jusqu’à ce qu’il dise franchement qu’il le soutient, Nicolas Sarkozy ne pourra jamais considérer le ralliement de François Bayrou comme acquis. Faut-il encore qu’il le dise…  

PL

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