le Canard de l’Etang

24 avril 2012

Le choix de Bayrou, ultime danger pour le MoDem

Lu initialement sur L’Express.fr

Le candidat centriste choisira-t-il entre François Hollande et Nicolas Sarkozy? Quelques-uns de ses partisans font déjà part de leur choix. Au risque de diviser le MoDem, à quelques semaines des législatives. 

François Bayrou l’a promis. Cette fois, il prendra « ses responsabilités » en vue du second tour. Choisira-t-il entre François Hollande et Nicolas Sarkozy? Le candidat du Mouvement démocrate n’a obtenu qu’un peu moins de 10% des suffrages au premier tour de la présidentielle.  

Comme l’avenir de sa politique est en jeu, il veut ne pas se précipiter, prendre le temps d’écrire aux deux finalistes, suivre le débat de l’entre-deux tours du 2 mai, pour éventuellement, ensuite, donner une consigne de vote. 

Ses soutiens, en tout cas, ne sont pas tous d’accord. Ce qui ne choque pas la sénatrice Jacqueline Gourrault, même avant la campagne des législatives: « C’est normal que chacun puisse donner son avis et penche à gauche ou à droite en vue du second tour, puisque le leitmotiv de Bayrou, c’est cette position centrale. » Va-t-elle le faire, donc? « Oui, car j’ai une préférence », sourit-elle. Mais pas tout de suite parce que, « comme je suis proche de lui, ce sera interprété comme le choix de François Bayrou ». 

« Ce sera une décision collective »

Le centriste, assure la sénatrice, écoute ses partisans. Il y a donc d’abord les « hollandais ». L’ancien écologiste Jean-Luc Bennahmias, la chiraquienne Dominique Versini et le président du MoDem du Nord, Olivier Henno, préfèrent le candidat socialiste. 

François Zocchetto, président du groupe Union centriste au Sénat, penche, lui, pour le candidat de l’UMP. D’autres n’ont pas encore exprimé d’opinion, mais ce ne saurait tarder.  

Son « confrère » de l’Alliance centriste, le sénateur Jean Arthuis, s’apprête, ce mardi, à donner la sienne. Sur Mediapart, il y a quelques semaines, il avait expliqué qu’il fallait « dire son choix ». Pro-PS? Pas vraiment, « il y a des positions à gauche qui sont difficilement compatibles ».  

Idem pour Alain Lambert selon lequel « Hollande devrait bouger sur les finances publiques » avant qu’il puisse lui apporter un éventuel soutien.  

Quant à Robert Rochefort, il n’est pas tendre, à l’instar de son champion Bayrou avec le programme du PS: « Les postes de fonctionnaires, le contrat d’avenir qui coûte très cher… François Hollande défend une vision rétrograde pour relancer l’économie, appliquant les recettes de la gauche des années 1970. » Mais il faudra bien se décider car le vote blanc, selon Robert Rochefort, n’est pas forcément « souhaitable ». 

Ces décisions vont-elles l’aider se positionner? « Bien sûr, car ce sera une décision collective », souffle la très proche Jacqueline Gourrault qui ajoute qu’elle sera connue entre le 3 et le 6 mai. 

« Ah vous m’emmerdez »

Ce sera difficile: François Bayrou, qui avait, un temps, envisagé un rapprochement avec le PS, dénonce le projet de François Hollande. Mais un soutien à Nicolas Sarkozy, qui « a abîmé l’image de la France », selon lui, paraît improbable. 

Donc il n’écoutera peut-être pas son ancien bras droit Hervé Morin qui souhaite qu’il appelle à voter Sarkozy. Ni son ancienne alliée Corine Lepage, François Hollande qu’elle soutient?  

En tout cas, pas question de le traîner sur ce terrain. A un journaliste qui lui posait la question du choix du second tour, il répliquait ce lundi: « Ah vous m’emmerdez… » « Ce n’est pas une décision qu’on prend, comme ça, en un jour », poursuit Jacqueline Gourrault. 

D’autant qu’elle sera lourde de conséquences pour l’avenir du MoDem. Un rapprochement avec le PS lui fermera les portes d’un nouveau grand parti centriste, résurgence de l’UDF. On voit mal les cadres du Nouveau centre s’allier avec François Bayrou, qui aurait appelé quelques jours auparavant à voter François Hollande.  

De la même façon, rallier Nicolas Sarkozy, c’est oublier une bonne fois pour toute l’idée d’un grand rassemblement de la gauche, sur le modèle de ce qu’avait fait Romano Prodi en Italie.  

Et puis, il y a l’unité du mouvement à préserver. Comment, en effet, préparer les législatives entre des partisans de Hollande et d’autres de Sarkozy? Finalement, le plus simple serait encore de voter blanc ou de ne pas dire pour qui voter. Comme en 2007… 4

PL

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