le Canard de l’Etang

25 avril 2012

Royal, arme de séduction massive des électeurs du FN

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Ségolène Royal enchaine les interviews pour s’adresser aux électeurs du Front national, « les victimes de la crise ». Qu’apporte-t-elle de plus qu’un autre socialiste? 

Dimanche dernier, Marine Le Pen a obtenu plus de 18% des voix au premier tour de la présidentielle. Forcément, ses électeurs détiennent la clé du scrutin. Nicolas Sarkozy et François Hollande ne peuvent l’emporter sans eux. D’où les appels de pieds. Côté PS, on bénéficie d’une arme redoutable: Ségolène Royal. Au JT de France 3, le 23 avril, à Public Sénat le lendemain, et sur France Inter, ce mardi, elle s’adresse à eux. En les distinguant.

Parmi les électeurs du Front national, il y a certes un « noyau dur » qui adhère aux thèses de l’extrême droite. Mais il y a les autres, selon la présidente de la région Poitou-Charentes. Et ce sont ces derniers que la gauche veut séduire: ceux qui ont exprimé, au travers du vote du premier tour, de la « colère, du désarroi », les déçus du sarkozysme, à qui on a « tant promis notamment sur le travail », a-t-elle assurée ce mardi sur France Inter. « Ils doivent être entendus ».

« Ségolène a cette capacité d’expliquer aux ouvriers, aux jeunes, à la classe populaire le programme de François Hollande, veut croire l’une de ses proches, la maire du IVe arrondissement de Paris, Dominique Bertinotti. Elle peut facilement évoquer les problèmes du quotidien comme le loyer, l’essence. » Et elle le fait « avec efficacité ».

« Audible »

Selon elle, parmi ceux qui ont voté pour Marine Le Pen, certains sont issus de la gauche: « Les victimes de la crise, ceux qui se sont sentent délaissées, oubliées ». « J’ai noté une certaine désespérance parmi ces électeurs, qui ont choisi une forme de radicalité, en votant pour les extrêmes », précise Dominique Bertinotti. Mais qui dit radicalité ne dit pas, selon elle, « méfiance de la gauche ».

Ségolène Royal évoque des formes d’insécurité « tant dans la rue qu’au niveau de l’emploi avec la précarité, martèle la candidate de 2007, « chantre, il y a cinq ans, de l’ordre juste« , sourit Dominique Bertinotti.

Du coup, peut-elle les faire revenir au bercail? Pas tous, selon les sondages qui étudient le report de voix des électeurs de Le Pen vers Hollande. « Mais Ségolène Royal est audible depuis 2007″, pense-t-elle. Ce dont François Hollande ne veut pas se passer. L’ancienne candidate a participé à « beaucoup de conseils politiques pendant la campagne et il y a beaucoup d’échanges entre les deux personnalités », qui se sont retrouvées, le temps d’un meeting à Rennes, début avril.

« Elle apporte certes sa pierre à l’édifice, mais elle n’est pas la seule, nuance Frédéric Dabi, le sondeur de l’Ifop qui remarque: « Arnaud Montebourg, lors de la primaire d’octobre 2011, avait obtenu un score supérieur à sa moyenne nationale dans les zones du nord-est, bastion des classes populaires. » Des régions où le vote FN est élevé, traditionnellement.

Arnaud Montebourg et Ségolène Royal, donc… Le PS a finalement ses propres armes pour partir à la chasse de l’électeur FN, victime de la crise. Mais encore faut-il ne pas reculer sur certains points du programme, comme le droit de vote des étrangers. Le Front de gauche dénonce déja les « danses du ventre » du PS devant le FN et regrette notamment que Ségolène Royal ait déclaré (avant d’être recadrée) que cet engagement ne soit plus « une priorité ».

PL

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