le Canard de l’Etang

7 mai 2012

A la Mutualité, tristesse et colère chez les militants UMP

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Plusieurs centaines de supporters de Nicolas Sarkozy se sont rassemblés devant le la Mutualité. Espoir, tristesse, colère… Devant un écran géant, ils ont suivi la soirée électorale. Reportage. 

« Le prochain président de la République sera François Hollande » lance, à 19h30, aux journalistes, le sourire las, le porte-parole adjoint de Nicolas Sarkozy, Guillaume Peltier quand il arrive à la Mutualité. Douche froide. Au même moment, des militants UMP veulent encore croire à une victoire « surprise » de Nicolas Sarkozy. Ils savent pourtant que le rassemblement de la Concorde est annulé, le signe sans équivoque qu’il n’y aura pas de remake de 2007

Vers 18h, un jeune militant devant la salle de la Mutualité, avait lancé un « pas trop de larmes, d’accord? » à son pote. Dans la salle bondée, règne une bonne ambiance, mais les militants n’y croient guère à l’image de Theophile, 21 ans et militant depuis 5 ans: « La défaite est due à la crise et je comprends que les indécis aient pu être choqués par la droitisation du président lors de la campagne du second tour. Mais je vais militer à fond désormais. »  

« Nicolas, Nicolas! »

Ils sont plusieurs centaines à se masser devant le Palais de la Mutualité et l’écran géant qui retransmet la soirée électorale. Les militants ont amené leurs drapeaux tricolores distribués lors des meetings de la Concorde le 15 avril et du Trocadéro le 1er mai.  

Sur l’écran, les images se succèdent et suscitent des réactions opposées. Le direct depuis Tulle, le fief de François Hollande, est hué copieusement par la foule qui scande une dernière fois son tube « Hollande en Corrèze, Sarkozy à l’Elysée ». Même traitement pour les images en provenance de la rue de Solférino, le siège du PS. Plus surprenant, le rouge de la tenue de Laurence Ferrari est vilipendé par certaines personnes présentes.  

Les cris de joie fusent à la vue des visages d’Alain Juppé puis de Jean-François Copé. Et si des « Nicolas, Nicolas! » sont encore scandés régulièrement, les visages s’assombrissent au fil des estimations consultées sur les smartphones.  

A l’intérieur de la salle de la Mutualité, Benjamin Lancar, patron des Jeunes Populaires, conserve un sourire de façade mais se dit « très triste ». Il n’est pas encore 20h, mais le militant connait les premières estimations: son président à qui il est « attaché », dit-il, a perdu l’élection. 

« Il y a eu un rejet de l’homme car le programme était bon »

A l’extérieur, les militants suivent le décompte sur l’écran géant. Lorsque le visage de François Hollande apparait, des hurlements stridents de tristesse et de rage montent de la foule. Suivent des sifflets et des quolibets contre le nouveau président. Le chant favori des militants UMP est désormais: « On est dans la merde, on est dans la merde! ». 

Benjamin Lancar, lui, est resté de marbre à l’annonce des résultats. Il veut défendre son champion grand perdant du soir: »Il n’y a pas beaucoup d’écart entre le gagnant et le perdant, en tout cas pas autant que les sortants des voisins européens qui ont largement perdu. » « C’est que le courage de Sarkozy a payé », juge le patron des Jeunes Pop’.  

Après les résultats, chacun y va de son analyse sur les raisons de la défaite. Pour Pierre, 21 ans, sympathisant UMP: « Il y a eu un rejet de l’homme car le programme était bon. » Reprenant les récentes critiques de Nicolas Sarkozy contre la presse, un militant parisien, Vincent, 33 ans, pointe « des désinformations de la part de la presse ». « C’est pour cela en partie qu’on a perdu. Mediapart n’a dit que du négatif. » 

« Ce soir, c’est le cauchemar qui commence »

Les images de la foule rassemblée à la Bastille défilent sur l’écran géant: « Ce ne sont que des drapeaux du Front de gauche » lâche, amer, Jonathan qui ajoute: « On va faire partie des trois pays au monde avec des communistes au gouvernement », convaincu que le nouveau président composera un gouvernement avec ses alliés du Front de gauche. 

Avec son ami Léo, 16 ans, ils lancent, dépités: « On va rentrer à la maison et ce soir c’est le cauchemar qui commence ». Mais les deux jeunes militants pensent aussi à l’avenir: « En 2017, Copé a les épaules pour prendre l’Elysée, il a une ligné vraiment à droite, c’est ça qu’il nous faut ».

PL avec TW

3 mai 2012

Les gros bobards du débat Sarkozy-Hollande

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr avec les extraits du débat Sarkozy-Hollande en question

Le débat entre Nicolas Sarkozy et François Hollande a donné lieu à plusieurs imprécisions et à quelques mensonges, notamment sur l’hôtel Bristol. L’Express fait le point sur quelques erreurs des deux candidats. 

Lors du débat présidentiel de ce mercredi soir, les deux candidats se sont livrés à une querelle intense sur le bilan de Nicolas Sarkozy et les propositions de François Hollande. Les argumentations ont donné lieu à quelques imprécisions, voire à quelques mensonges. 

Retrouvez l’essentiel du débat  

Financer son parti dans un grand hôtel

François Hollande explique, à la fin de la joute verbale de 2h50, qu’il n’irait jamais dans un grand hôtel parisien pour financer son parti politique. Réplique de son rival de droite: ce n’est pas vrai. Aïe! Le Parisien a publié, le 7 décembre 2009, une photo montrant le chef de l’Etat d’Eric Woerth, alors trésorier de l’UMP, devant le Bristol. Nicolas Sarkozy venait de réunir le Premier cercle, les plus gros donateurs de l’UMP. 

 Les chiffres du chômage

 

Les deux candidats ont aussi bataillé sur les chiffres du chômage. Selon François Hollande, il a augmenté en cinq ans d’un million de personnes. Inexact, réplique Nicolas Sarkozy, pour qui il s’est accru de 422 000 inscrits depuis le début de son quinquennat.  

Les deux rivaux voient… juste. Mais n’utilisent pas les mêmes sources: le premier se sert de Pôle emploi, le second du Bureau international du travail.  

 La récession en France

Le président de la République en est sûr et fier: la France, dirigée par son gouvernement, aurait été le seul Etat à ne pas avoir connu de semestre de récession. Une affirmation déjà mise en cause par lemonde.fr 

L’élu corrézien, agressif, n’a pas voulu laisser passer cela, estimant qu’il s’agissait d’un mensonge. Bien vu: depuis le deuxième trimestre de l’année 2009, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suède, le Danemark, l’Autriche, la Slovaquie, la Pologne et la Finlande n’ont pas connu de récession… 

 Les centres de rétention et l’immigration

 

Sur l’immigration et, en particulier, sur les centres de rétention, Nicolas Sarkozy a paru plus à l’aise qu’au début du débat. Il a cité, document à l’appui, un extrait d‘une lettre de François Hollande à l’association France Terre d’asile.  

Le député de Corrèze demande, dans l’extrait lu par le chef de l’Etat, que la rétention redevienne « l’exception et non un instrument banal de procédure ». Soit le contraire de ce qu’il venait de déclarer lors du débat: « Vous venez de dire aux Français, sourit Nicolas Sarkozy, que garderiez les centres de rétention. »  

Le chef de l’Etat a eu raison de pointer du doigt ce changement de position.  

L’association, qui a appelé à voter contre le président sortant, explique que les propos de Nicolas Sarkozy relevaient « du mensonge et de la manipulation ». « Jamais François Hollande n’a proposé la disparition des centres de rétention », estime France Terre d’asile. 

Le Corrézien s’engage en fait, dans ce courrier, à « mettre fin dès mai 2012 à la rétention des enfants et donc des familles avec enfants ». Ce que confirme ce jeudi matin, son équipe de campagne: « François Hollande a pris l’engagement d’interdire la rétention pour les enfants. » 

 Dette et déficit publics

Sur l’augmentation de la dette publique, François Hollande a attaqué son adversaire: « La dette a augmenté de 600 milliards d’euros depuis le début du quinquennat. » Réponse du tac au tac de Nicolas Sarkozy: « Le déficit [sic] depuis 2007 n’a pas augmenté de 600 milliards, mais de 500 milliards. Une erreur de 100 milliards. » Erreur? Pas tout à fait.Les deux candidats ne parlaient pas de la même période.

Selon l’Insee, la dette publique était de 1211,6 milliards d’euros fin 2007 et 1717,3 milliards fin 2011, ce qui explique la hausse de 505 milliards évoquée par Nicolas Sarkozy. Quant aux 600 milliards de François Hollande, voilà l’explication: jeudi, François Hollande a précisé son propos. Il parlait de l’évolution de la dette de fin 2006, et non fin 2007, à fin 2012, considérant que le budget est déjà voté et qu’il va hériter des choix de Nicolas Sarkozy pour cette année.

« La dette devra être prise à la fin de l’exercice, a fait valoir le candidat PS, les dépenses ont été engagées, les recettes qui auraient été nécessaires n’ont pas été votées, et donc je ne pourrai pas les réclamer dans l’année 2012. » Dans ce cas là, l’augmentation de 600 milliards devrait bien être atteinte.  

PL

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