le Canard de l’Etang

2 avril 2012

Merkel prête à s’entendre avec Hollande sur le traité européen?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Economie, Elections, president de la Republique, PS

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon Jean-Marc Ayrault, l’équipe de François Hollande aurait noué des contacts avec l’entourage de la chancelière pour envisager l’ajout d’une annexe au nouveau traité européen. Mais rien n’est fait, loin de là. 

Et si Angela Merkel avait changé d’avis? Selon Der Spiegel, la chancelière serait prête à envisager l’ajout d’une annexe au traité européen de stabilité concernant la croissance. Exactement ce que défend François Hollande.  

Cité par le journal allemand, Jean-Marc Ayrault le confirme du bout des lèvres: « Il n’y a pas de contacts officiels entre le PS et la chancellerie ». Mais plutôt de manière officieuse, entre « conseillers » qui s’échangent quelques « messages ».  

Le conseiller du candidat du PS refuse, pour l’instant, d’en dire plus. Mais assure, à L’Express, qu’Angie se montre « réaliste », compte tenu des chances réelles de François Hollande d’accéder à l’Elysée, en dépit du resserrement des courbes des sondages des deux favoris. Angela préfère toujours la victoire de Nicolas Sarkozy. Mais son équipe se prépare à un éventuel changement de président. « Certains, parmi ses conseillers, sont pragmatiques », veut croire le germanophone Ayrault. 

Une « annexe » sur la croissance

Un proche du candidat PS, cité par un journaliste du Nouvel Obs’, veut également y croire: « On ne touche pas au traité lui-même, et en particulier aux clauses concernant l’automaticité des sanctions et la réduction des déficits, souffle ce proche de François Hollande, mais on ajoute une annexe ou un protocole (les deux ayant valeur juridique) concernant la croissance (avec, par exemple, la création d’euro-obligations pour financer de grands chantiers européens) ».  

Les hollandais misent beaucoup sur une inflexion de la position d’Angela Merkel avant le premier tour, ce qui est loin d’être acquis. Une telle issue permettrait de désavouer les cadres de l’UMP, qui n’ont cessé d’accuser la supposée inconséquence de François Hollande.  

PL

16 février 2012

La candidature Sarkozy vue d’Allemagne: « Un marin fatigué »

Lu initalement sur L’Express.fr

Le chef de l’Etat a annoncé, ce mercredi soir, sa candidature à sa rééléction. La presse allemande, dont le pays sert de modèle à Nicolas Sarkozy, n’a pas oublié de commenter l’information qui « n’était pas une surprise ». 

Nicolas Sarkozy avait reçu le soutien suprême d’Angela Merkel. En direct de l’Elysée. Puis à la télévision, sur France 2 et la ZDF. Seulement ce mercredi soir, sur la Une, il n’a pas cité la chancelière, comme le souligne le quotidien régional Stuttgarter Zeitung. Pas plus que l’Allemagne, dont il n’a cessé, ces dernières semaines, de vanter le modèle social.  

Il est vrai qu’en France, le chômage a explosé durant son mandat. Et, du coup, ses compatriotes ne le croient plus capable, pense ce journal de Bade-Wurtemberg, de faire remonter l’emploi. C’était pourtant « l’une de ses promesses de 2007″ (« le travailler plus pour gagner plus »). Selon le quotidien de gauche, Die Tageszeitung (Die « TAZ« ), le candidat de la majorité ne pouvait les évoquer. Nicolas Sarkozy a préféré insisté sur son rôle dans le « management de la crise » mondiale.  

Passer pour le président dans la tempête… Nicolas Sarkozy s’est, en effet, présenté comme « le capitaine qui ne voulait pas quitter le navire ». D’où le titre, un brin moqueur du quotidien de Bavière, Die Süddeutsche Zeitung: « Captain Fatigué reste à bord »

Mais ce dernier « a un problème d’image », souligne « Die TAZ« : ce quotidien de gauche rappelle aussi qu’il est « un ami de Martin Bouygues », l’actionnaire de la chaîne -TF1- qui l’a accueilli. Et l’hôte de l’Elysée, écrit le journaliste allemand, est perçu comme un « président des riches ». Un surnom également employé par Die Süddeutschezeitung.  

« Il a déjà connu la défaite »

« Personne n’y croit à sa promesse de référendums « , poursuit le journaliste munichois. Comme la presse française, les journaux allemands se montrent ainsi assez critiques vis-à-vis de « l’omniprésident » -terme utilisé par Der Spiegel sur son site Web, comme titre au « dossier » Sarkozy.  

La Stuttgarter Zeitung relève d’ailleurs une citation du rédacteur en chef du Figaro: « Il ne lui reste plus que deux mois pour inverser la tendance. » Ce qui, pour le journaliste allemand, laisse penser que le quotidien conservateur serait lui aussi gagné par le défaitisme. 

C’est justement pour rattraper son retard sur son adversaire principal, François Hollande, que Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature plus tôt que prévu, analyse La Tageszeitung

Manque de bol, il a été obligé d’ « attendre 10 minutes avant de se faire interroger » par Laurence Ferrari (l’interview a débuté à 20h07), relève « Le journal économique Handelsblatt, qui titre son article en Français (« Oui, je suis candidat »). Pire il a dû regarder un reportage sur le meeting de François Hollande, à Rouen, ce qui « a dû lui sembler long ». 

Perdue d’avance, la bataille? Die Berliner Zeitung remonte le temps pour expliquer que l’actuel hôte de l’Elysée a déjà connu la défaite: en 1995, quand il avait décidé de soutenir Balladur. Sauf que le Premier ministre d’alors avait le vent en poupe dans les sondages, au moment de se présenter…  

PL

10 février 2012

Pourquoi Hollande ne va-t-il pas hors des frontières de l’Europe?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, UMP

Lu intialement sur L’Express.fr

François Hollande fait le tour des capitales européennes. Mais il ne se déplace pas au-delà. Alors, pour nouer des contacts, le candidat envoie des « ambassadeurs » au Moyen-Orient ou aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas y aller lui-même? 

Laurent Fabius, missionné par François Hollande, s’est rendu, début février, en Israël, dans les Territoires palestiniens où il a pu converser avec Mahmoud Abbas sur la colonisation. Il a aussi rencontré des responsables libanais, durant son séjour à Beyrouth entre les 2 et 3 février.  

Mais ce n’est pas tout: l’ex-Premier ministre s’apprête bientôt à repartir en Asie, écrit, ce vendredi, Libération. Qui ajoute que Pierre Moscovici, le directeur de campagne du candidat socialiste, se rendra aux Etats-Unis. « En mars », précise l’entourage de François Hollande. Il y rencontrera Joe Biden et Hillary Clinton, histoire de nouer des contacts.  

Mais pourquoi le candidat PS, en quête de stature internationale, ne se déplace-t-il pas lui-même? « La campagne est dense et intense, répond Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, et il y a une juste répartition des tâches. Hollande se concentre sur la rencontre des Français. » 

Au Parti socialiste, on réplique aussi qu’il ira peut-être au Maghreb le mois prochain. Mais hormis ce déplacement encore incertain, rien d’autre, pour l’instant, au-delà des frontières de l’Europe. « La crise économique, sociale, financière est profonde et elle est liée à la question européenne », explique la porte-parole.  

Au programme, donc: un voyage à Londres, le 29 février, puis au Danemark et en Pologne, en mars. Doit-il voyager dans chaque pays européen? En tout cas, il ne se déplacera pas en Suisse, a confié, récemment, Pierre Moscovici. 

Le candidat socialiste s’est déjà rendu à Bruxelles, à Rome, à Madrid, ainsi qu’à Berlin. 

Berlin et Chicago, premiers déplacements en cas de victoire

Il a assisté, là-bas, à une réunion des sociaux-démocrates du SPD. Sans rencontrer Angela Merkel, à son plus grand regret. Il compte en effet la voir avant le premier tour, comme elle avait reçu la candidate socialiste de 2007, Ségolène Royal. Voeu pieu, pour l’instant, puisque la chancelière, interrogée lundi dernier avec le chef de l’Etat sur France 2 et la ZDF, a expliqué que ce n’était pas à l’ordre du jour.  

Depuis plusieurs mois, François Hollande et son équipe de campagne s’activent pour organiser des voyages à l’étranger. Or, souvent, ses projets de déplacement tombent à l’eau. Ou sont repoussés à plus tard advitam eternam: au Québec, en Asie, par exemple.  

Manque d’argent, manque de temps? Pas seulement. S’il avait décidé de se rendre aux Etats-Unis, par exemple, ses opposants auraient pu lui faire remarquer qu’il n’avait pu échanger avec le président des Etats-Unis. « Nous ne sommes pas guidés par ce genre d’analyse », répond Najat Vallaud-Belkacem. 

En tout cas, le candidat PS devra attendre son éventuelle victoire pour quitter le sol européen: il a déjà prévu de s’envoler vers Chicago, après un voyage post-victoire à Berlin. Comme un certain Nicolas Sarkozy. 

PL

7 février 2012

Merkel, supporter en chef de Sarkozy

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, PS, UMP

 

 

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont accordé un entretien croisé à France 2 et la ZDF ce lundi. Une leçon: la chancelière allemande soutient totalement le futur candidat de l’UMP et critique frontalement François Hollande. 

Lu initialement sur L’Express.fr

Si Nicolas Sarkozy avait un fan-club, Angela Merkel pourrait le diriger, sans problème. Du moins, c’est ce qui ressort de l’entretien d’une vingtaine de minutes des deux dirigeants, diffusé sur France 2 et la chaîne publique ZDF. 

La chancelière allemande n’a cessé de défendre le chef de l’Etat, embourbé dans les sondages à quelques semaines de la présidentielle. Ce qui, d’ailleurs, lui semble normal: « Nous sommes de la même famille politique« , souligne-t-elle. Logique, aussi, selon elle, car Nicolas Sarkozy l’avait soutenue pour sa campagne, avant le début de son deuxième mandat, en 2009. Du coup, pour lui rendre la pareille, elle a confirmé qu’elle défendrait le président de la République, « quoi qu’il fasse » dans les prochaines semaines. En somme, pour souligner que Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore présenté. 

Ainsi Angela Merkel s’immisce-t-elle dans la campagne politique française. Et elle va même plus loin. Devant les deux journalistes, David Pujadas pour France 2 et son homologue allemand de la ZDF, elle s’en est prise à François Hollande. Le candidat socialiste souhaitait rencontrer la chancelière allemande avant le premier tour de la présidentielle? Peine perdue: Angie, comme on la surnomme outre-Rhin, a rappelé que cette entrevue n’était pas « prévue », ni à l’ordre du jour.  

Obama et Royal oui, mais pas Hollande

Le journaliste allemand qui lui a posé la question, lui avait pourtant rappelé qu’avant le début de son mandat, elle avait rencontré Ségolène Royal, la candidate socialiste d’alors, mais aussi le représentant de la famille des démocrates et futur président des Etats-Unis, Barack Obama. 

Réplique de la chancelière: « Nicolas Sarkozy n’a pas non plus reçu le chef de l’opposition social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier. »  

Du coup, cela oblige François Hollande à la rencontrer après son éventuelle élection. Et ça coince, là aussi, au grand plaisir de Nicolas Sarkozy: le candidat PS veut renégocier, a-t-il redit sur Twitter, aujourd’hui, juste après le 14ème Conseil des ministres franco-allemand, « le Traité européen », pour y ajouter une partie sur la croissance en Europe? Fin de non-recevoir de la part d’Angie. Qui lui répond en prenant l’exemple turc: « Quand je suis arrivée à la chancellerie, je ne voulais pas poursuivre les pourparlers avec la Turquie sur l’adhésion à l’Union européenne, défendus par mon prédécesseur » Schröder. Elle n’avait pas eu le choix. 

Et là, c’est pareil. Les 26 chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un pacte de stabilité financière. Point barre. Nicolas Sarkozy peut donc jubiler… 

PL

30 janvier 2012

Sarkozy, le Gerhard Schröder français?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, partis de droite, politique francaise

Lu initialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy vante les réformes engagées par l’ex-chancelier allemand, Gerhard Schröder, pour justifier celles qu’il veut mettre en place. Outre-Rhin, ces mesures avaient été, à leur lancement, critiquées par une partie de la classe politique. 

« En Allemagne, elle a été mise en place en 2004 par un socialiste. » Voilà comment Nicolas Sarkozy a justifié (à tort), dimanche soir, l’augmentation d’1,6 point de la TVA. Le chef de l’Etat pensait au social-démocrate Gerhard Schröder, « un homme de qualité ». 

Ce chancelier est souvent cité par Nicolas Sarkozy. Mais qu’a-t-il fait pour mériter autant de louanges de la part du chef de l’Etat? L’Allemand, au pouvoir de 1998 à 2005, a réformé son Etat-providence, réduit les charges sociales en vue d’améliorer la compétitivité des entreprises. Et ce, contre l’avis des syndicats et d’une partie de l’opposition. Une illustration du « courage », que souhaite incarner le chef de l’Etat.  

Mesures critiquées 

En mars 2003, Gerhard Schröder se trouve donc au plus mal dans les sondages. Il s’appuie alors sur son parti, les sociaux-démocrates du SPD et ces partenaires écologistes de coalition, les Grünen, pour porter les grandes lignes de sa réforme. 

L’opposition chrétienne-démocrate de la CDU soutient, elle, le texte dans son ensemble. Mais puisqu’il faut se démarquer du gouvernement, l’alors chef de l’opposition, Angela Merkel, critique le plan, se demandant si le chancelier « perçoit bien la gravité de la crise » économique.  

L’aile gauche du SPD râle aussi. Mais pas pour les mêmes raisons: Andrea Ypsilanti, patronne en 2003 de la fédération du SPD en Hesse, refuse à l’époque, toute « remise en cause de l’Etat-providence ». Gerhard Schröder s’en défendra plus tard dans une interview à l’hebdomadaire Der Spiegel d’octobre 2006, en faisant un parallèle avec les mobilisations en Allemagne: « Les gens ont manifesté car ils pensaient qu’on cassait le modèle de l’Etat-providence, mais ce n’est pas vrai. » 

L’ex-chancelier a donc réussi à réformer son pays, malgré les critiques venues de gauche, comme de droite. Mais, pour Nicolas Sarkozy, il a pu réussir telle prouesse, grâce à un allié de poids: les syndicats qu’ils jugent, moins « politisés » qu’en France.  

Les défaites du SPD 

Au pouvoir, Gerhard Schröder n’était pas de cet avis. Interrogé parDer Spiegel, il faisait état d’une méfiance non négligeable de leur part: les chefs, de l’époque, des syndicalistes d’IG Metall et de Ver.di, auraient été très « agressifs » à son encontre. Et auraient entravé le processus de mise en place de la réforme, qui commence en 2006, selon lui, à « porter ses fruits ».  

Enfin, dernier axe de la comparaison franco-allemande que dresse Nicolas Sarkozy: Schröder, très impopulaire au moment de la mise en place de ses réformes, est finalement sorti vainqueur des législatives anticipées de 2005. Signe qu’en oeuvrant pour le pays, même lorsqu’on prend des mesures douloureuses, on peut s’en sortir dans les urnes.  

Là aussi, ce n’est pas non plus tout-à-fait exact. Certes, Gerhard Schröder signe une remontée incroyable pour remporter le scrutin, mais son impossiblité à constituer une alliance avec le reste de la gauche le contraint à négocier avec la droite. Au final, il laissera la place de chancelier à Angela Merkel et démissionnera du Bundestag.  

Et c’est sans compter sur les défaites du SPD aux élections locales entre 2003 et 2005. Le parti de Gerhard Schröder s’est vu concurrencer par la gauche de la gauche, ainsi que par l’extrême droite. Le 19 septembre 2004, en Saxe, par exemple, le SPD n’obtient que 10% des suffrages, soit 0,2 points de plus que le NPD (extrême droite).  

Aujourd’hui, le SPD profite de l’impopularité de la coalition de centre-droit d’Angela Merkel, à bout de souffle, à un an des élections générales. Mais, une chose est sûre, le SPD, qui a perdu beaucoup d’adhérents, a eu du mal à tourner la page de la réforme imaginée par Gerhard Schröder. 

En prenant exemple sur l’ex-chancelier, Nicolas Sarkozy risque bien de précipiter l’UMP dans pareille spirale.  

5 décembre 2011

Crise de l’euro, François Hollande est-il d’accord avec ses cousins germains ?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, PS

Publié initialement sur lexpress.fr

 Invité d’honneur du congrès du SPD en Allemagne ce lundi, François Hollande a pu comparer les propositions des sociaux-démocrates aux siennes pour résoudre la crise des dettes souveraines. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. 

 

Pour la première fois de l’histoire, un socialiste français s’est exprimé à la tribune d’un congrès du SPD. Et c’est à François Hollande qu’est revenu cet honneur, signe qu’aujourd’hui les deux partis frères veulent travailler main dans la main.  

Au terme d’une demi-heure de discours, le candidat PS est apparu tout sourire, autant que Sigmar Gabriel, un patron du SPD « détendu » depuis quelques semaines, selon le quotidien « Die Tageszeitung ». Cette bonne ambiance signifie-t-elle pour autant que les deux formations partagent les mêmes solutions pour sauver l’Union européenne? 

Globalement, oui. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. C’est le cas concernant l’instauration d’une Europe fédérale. PS et SPD militent pour la création d’un gouvernement économique commun. Mais le SPD, fédéraliste, va plus loin. 

Une affaire de nuances

Il prône la mise en place d’une véritable union européenne économique. Pour cette formation politique, la crise serait une chance pour (re)construire le groupe des 27. Martin Schulz, l’actuel président du groupe social-démocrate au Parlement européen, plaide pour l’instauration d’une véritable présidence de l’UE. Il propose que ce chef soit élu par le Parlement européen. Et ce dernier pourrait nommer les membres de la Commission européenne, métarmorphosée en une sorte de mini-gouvernement des 27. 

En face, l’Europe est, selon François Hollande, « une aventure humaine destinée à nous rendre plus forts ». Le candidat propose « un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance ». Mais pas un mot sur l’éventuelle mise en place d’une Europe plus fédérale.  De la même façon, François Hollande critique sans hésitation le projet d’Angela Merkel de réviser les traités existants pour créer une sorte de mini-zone Euro. Ce serait, selon lui, trop long à mettre en place. Sigmar Gabriel reste, lui, évasif sur le sujet: « Ce n’est pas la priorité », s’est-il contenté d’expliquer lors du congrès de son parti.  

Le principal désaccord concerne en réalité la fameuse « règle d’or ». Les Allemands, y compris les sociaux-démocrates, restent attachés à l’équilibre budgétaire. En juin 2009, ils ont voté, avec la droite (CDU) l’obligation de réduire le déficit budgétaire à 0,35% du PIB d’ici à 2016. Les socialistes s’opposent, eux, à l’inscription d’une telle règle dans la constitution. Mais François Hollande évoque aussi la necessité de parvenir, en France, à l’équilibre budgétaire

Sur cette question du redressement des comptes publics, les deux partis ne sont pas encore d’accord sur la méthode à adopter. Angela Merkel souhaite que la Cour européenne de justice contrôle les budgets nationaux. François Hollande rejette cette idée, tandis que le SPD ne s’est pas encore prononcé pour ou contre.  

PS et SPD pour les euro-obligations

Socialistes et sociaux-démocrates se rejoignent, en revanche, sur certains points. Ils soutiennent la taxation des transactions financières ainsi que la mise en place d’ »euro-bonds » pour mutualiser les dettes souveraines. Ils veulent, tous deux, renforcer le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le candidat socialiste suggère, en plus, que le FESF travaille en commun avec la Banque centrale européenne (BCE).  

Sur le rôle de la BCE, le candidat socialiste a dit, en Allemagne, « respecter l’indépendance » de l’institution. Il ne veut pas froisser ses « camarades et amis » d’outre-Rhin. Or, selon lui, l’établissement bancaire doit remplir son « rôle de prêteur ». Ce que refuse Angela Merkel. Mais pas son prédécesseur social-démocrate, interrogé par le journal Welt am Sonntag : Gerhard Schröder est d’accord avec la position de François Hollande, afin de lutter contre la spéculation.  

Au fil des rencontres et des discussions, PS et SPD se sont grandement rapprochés sur la politique européenne à mener. Un rapprochement, qui pourrait ne servir à rien si, et François Hollande, et le futur candidat du SPD aux élections de 2013 venaient à perdre. 

 P.L

3 décembre 2011

Discours : ce qu’a dit Sarkozy, ce qu’a dit Merkel

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont tous les deux exprimés sur la crise européenne en moins de 24 heures, respectivement à Berlin et à Toulon. LEXPRESS.fr a suivi les deux et dresse les divergences et les rapprochements. 

Un nouveau traité européen?

Angela Merkel: « Il faut réparer les erreurs nées de la construction de la zone monétaire et économique, et renforcer cette dernière. L’union fiscale est en marche (…) Nous pouvons modifier les traités existants, ou créer de nouveaux textes. »  

Nicolas Sarkozy:  » La France milite avec l’Allemagne pour un nouveau Traité. »  

Au départ réticent pour modifier les traités de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a changé d’avis et rejoint la position d’Angela Merkel. Il s’agit dorénavant, pour les deux voisins, de renforcer la solidarité entre les Vingt-sept et d’instaurer des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas les règles d’équilibre budgétaire. 

Bruxelles, gendarme de l’Europe?

Angela Merkel: « Je souhaite la mise en place de sanctions en cas de non-respect des règles d’équilibre des comptes. (…) Les états membres de l’euro doivent être accompagnés, soutenus pour régler leurs problèmes de dettes. »  

Nicolas Sarkozy: « Plus de solidarité en Europe exige plus de discipline (…) La solidarité ne doit pas être un encouragement au laxisme. (…) Examinons en commun nos budgets. Instaurons des sanctions plus rapides, plus automatiques et plus sévères pour ceux qui ne respectent pas leurs engagements. » 

Nicolas Sarkozy, qui refuse d’évoquer le mot « fédéralisme », prône une gouvernance « intergouvernementale », dominée par les chefs d’État et de gouvernement, qui décideraient de la plupart des sujets à la majorité qualifiée. Angela Merkel plaide, elle, pour un rôle accru de la Commission européenne et la Cour européenne de justice (CEJ) qui pourrait surveiller les pays qui enfreignent les règles du pacte de stabilité.  

Le rôle de la BCE

Angela Merkel : « Il faut avoir confiance en elle pour la stabilité de la monnaie. (…) Celui qui soutient les euro-bonds n’a pas compris l’essence de la crise. » 

Nicolas Sarkozy: « Il y a des débats sur ce que lui autorisent ses statuts. Je ne veux pas entrer dans ces débats. La BCE est indépendante. Elle le restera. Je suis convaincu que face au risque déflationniste qui menace l’Europe la Banque Centrale agira. » 

Il s’agissait de la plus grande divergence entre Paris et Berlin. La première puissance européenne, qui craint l’inflation, souhaite que la Banque centrale européenne reste indépendante, et ne se préoccupe que de la stabilité des prix au sein de la zone euro. Elle ne doit pas, souligne Angela Merkel, mutualiser la dette des membres de l’Eurogroupe en créant des « euro-bonds », comme l’aurait souhaité le chef d’Etat français. Sur ce point, Nicolas Sarkozy s’est plié aux injonctions de l’Allemagne. 

P.L
 

8 octobre 2010

Le bouclier de Nicolas, une épée de Damoclès du quinquennat?

2/2

(lire la première partie de cette « fausse enquête » : Nicolas Sarkozy, à la recherche de ses électeurs catholiques : http://url.exen.fr/15942/

Deuxième solution : mettre sur la table du débat public une éventuelle suppression à venir du bouclier fiscal. L’un des symboles du quinquennat de Nicolas a du plomb dans l’aile.

http://cache.20minutes.fr/img/photos/20mn/2010-09/2010-09-29/article_baroin.jpg

(François Baroin, ministre des Finances)

Depuis le début de son élection, le chef de l’Etat jurait pourtant ne pas vouloir  l’abandonner au bord de la route, comme l’exigeait la gauche.

Or, certains responsables de la majorité ont commencé à ne plus soutenir cette mesure mal aimée, en temps de crise économique. D’abord, Alain Juppé. Puis Jean Arthuis, le président centriste de la Commission des Finances du Sénat, favorable à l’exécution du bouclier, mais aussi de l’ISF.

Jean-François Copé a ensuite rejoint la cohorte des frondeurs. Pour plaire à l’opinion, il dit vouloir entamer « une réflexion » sur la suppression des deux mesures. Le doute s’empare jusqu’au sommet de l’Etat : le probable futur ex-Premier ministre François Fillon a, lui, évoqué un dossier plus « tabou » du tout.

Mais pourquoi l’était-il avant, ce bouclier ? Le gouvernement ne pouvait pas y toucher. Une promesse électorale reste une promesse. Et, comme l’a répété Nicolas Sarkozy tout au long de son mandat en cours, l’Allemagne « l’a inscrit dans sa Constitution ». Si cette grande puissance a adopté ce bouclier fiscal, la France peut bien le faire aussi. Sauf que l’affirmation présidentielle est… erronée.

Alors, conscient de cette bourde imparable, l’exécutif a, soudain, fait mine de découvrir…que les Teutons n’avait pas ce genre de dispositif. Et qu’aucun Allemand ne devait payer d’impôt sur sa fortune.

Suite à un voyage outre-Rhin, survenu fin septembre, François Baroin a, répandu cette (bonne ?) nouvelle.  Au risque de s’afficher. Et en prônant, au passage, avec son compère de l’Elysée, la convergence du modèle fiscal français avec l’Allemagne (lire aussi ici).

Du coup, une centaine de députés UMP (dont le modeste Neuilléen Balkany) anticipe. Libres comme l’air, ils proposent dorénavant la suppression pure et simple du bouclier fiscal et de l’ISF , dans la loi du budget 2011, pourtant déjà votée il y a quelques jours.  Le ministre des Finances refuse (voir ici ou ). Ou, du moins, pour l’instant. Car, demain est un autre jour. La réflexion peut perdurer encore longtemps (ou pas). Jusqu’à l’élection de 2012 ?

 P.L

22 juillet 2009

quand le Canard de l’Etang n’écrit pas de si longs discours…

slam : Bernard-Henri Lévy compare le PS à un « grand corps malade » déjà  »mort« . Aurait t-il été inspiré par le chanteur français de slam, Fabien Marsaud, plus connu sous le pseudonyme Grand Corps Malade ? 

lumière socialiste : le plus sarkozyste des socialistes, Jack Lang éclaire la lanterne de quelques journalistes du Parisien. Sur la direction du PS, qu´il prend pour un « arbre sec« : « la rue de Solférino éteint ses lampions du jeudi au lundi soir ». Ecolo, ces socialistes? 

campagne à la Sarkozy : Roger Karoutchi sur les chances de l´UMP de reprendre la présidence de la région Ile-de-France au socialiste Huchon : Yes, we can, « si nous partons unis à la bataille » (Figaro.fr). Ensemble, tous devient possible !

en vacances  : Hadopi 2, la loi anti-pirates du Net n´est pas encore adoptée : le vote à l´Assemblée nationale est reporté à la mi-septembre, pour cause de débat interminable. Les socialistes ont déjà ´pondu´ 747 amendements mais pourraient en rédiger bien d´autres encore pendant la pause estivale. À vos plumes, les députés, l’outrance n´est pas une tare. 

décès de Maurice Grimaud, le PS publie un mot : Maurice Grimaud, l´ex-préfet de police parisien, notamment durant Mai 68 est mort le 16 juillet dernier. Sa mission d´autrefois : éviter que cette crise ne dérape en bain de sang. « Grâce à son action », souligne le PS, « nous pouvons retenir que cette période de notre histoire est synonyme de liberté, d’émancipation de la jeunesse et de conquêtes sociales ».

Dany le Rouge s´y met aussi  : l´enfant terrible de Mai 68 lui rend hommage sur France Info et salue tout de même la mémoire d´un « véritable républicain ». Cohn-Bendit, « touché par la Vierge » ?

Boire ou volant (Une brève écrite en octobre 2008 à la vieille du Oktoberfest, la fête de la bière, où les Bavarois ‘se lâchent’, y compris l’ancien chef CDU du Land, dont les propos ont surpris plus d’un) : 

Selon l´ex-Ministre-président bavarois, Günther Beckstein, « boire deux litres de bière » avant de conduire ne pose aucun problème. Imaginez donc un Allemand sur une autoroute française. Les gendarmes doivent-ils se montrer plus indulgents dans la lutte contre les ivrognes au volant ? Infliger des sanctions moins lourdes ? Mettre de l´eau dans leur vin ?

P.L

20 juillet 2009

la CSU bavaroise et Philippe de Villiers

Le Canard de l’Etang fête son premier anniversaire depuis le sud de l’Allemagne en Bavière.

Sa capitale, Munich est certes dirigée par un  maire social-démocrate,  mais c ‘est la CSU, formation tradi-catholique qui règne en ces lieux bavarois depuis des lustres.

Le parti politique domine la région.  Cependant, il perd lentement de sa superbe, si l’on en croit les suffrages précédents, de moins en moins flatteurs pour les têtes d’affiche. Dernier scrutin en date, le week-end dernier : Horst Seehofer, ministre-président de Bavière est réélu a la tête du parti, mais avec seulement 88 % des voix, un score décevant pour cette « union« .

http://www.spiegel.de/img/0,1020,819479,00.jpg

à gauche, sur la photo : Horst Seehofer, chef de la CSU et ministre-président de la Bavière depuis octobre 2008

Celle-ci veut à tout prix marquer son autonomie vis-à-vis de la CDU, copine protestante du nord. Notamment sur les questions d’Europe, dont les positions divergent.

http://www.pourlafrance.fr/medias/images/phdviliers(1).jpg

En France, cependant, elle ressemble grosso modo au parti de Philippe de Villiers, « baron » catholique de Vendée (85) mais normand par son père, eurosceptique,  gardien volontaire des traditions locales et sauveur de la ruralité (à l’origine du spectacle du « Puy du Fou » dans le 85). Soit un peu comme ses homologues bavarois, qui aiment faire perdurer de vieilles traditions, comme la fête de la bière

.http://www.gite-rural-la-roche-posay-vienne.com/news-gite-rural/Le%20Puy%20du%20Fou%202006%20.27.JPG

Puy du Fou, spectacle créé en 1977

http://sattlers.org/mickey/site/archive/2004/09/images/2004-09-18-oktoberfest-girl.jpg

 image « classique » de la fête munichoise de la bière,  la fameuse « Oktoberfest », qui a lieu chaque année, fin septembre-début octobre et ce depuis 1810

P.L

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