le Canard de l’Etang

11 avril 2012

Les sondages de la campagne les plus drôles

Lu initialement sur L’Express.fr

Choix électoral des Français en fonction de leurs pratiques sexuelles ou de leur consommation de pain, le candidat préféré pour partir en vacances… Les sondages insolites ne manquent pas durant cette campagne. 

Il n’y a pas que les intentions de vote que les instituts de sondages scrutent de près. Ce jeudi, deux études ont de quoi laisser pantois. 

Tout d’abord, les lecteurs de Direct Matin ont pu découvrir, dans le train ou dans le bus, que les Françaises choisiraient, pour faire le ménage, d’abord Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière (crédité d’environ 0.5% pour le premier tour) selon Mediaprism pour Le Journal des femmes

Arrive en deuxième position une autre femme, la candidate écologiste Eva Joly, puis en troisième, le candidat du NPA Philippe Poutou. Trois candidats de gauche et d’extrême gauche sont donc plébiscités pour effectuer les tâches ménagères. Les intéressés apprécieront sans doute. 

Les hommes veulent plus que les femmes des vacances avec des politiques

Mais pourquoi publier un tel sondage? « Mediaprism et le Journal des Femmes passent chaque semaine au crible les grands thèmes de la campagne électorale. Parler ‘politique’, c’est l’occasion de débattre, mais aussi de sourire », explique Justine Boivin, du magazine féminin en ligne.  

Autre étude décalé du jour: « avec quel candidat voudriez-vous partir en vacances? » Vous avez envie de savoir? Pas de panique, Voyagermoinscher.com a sollicité OpinionWay. Et c’est François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon qui obtiennent les meilleurs scores (19 et 17%, respectivement).  

On apprend à l’occasion que les hommes sont davantage prêts à partir avec un présidentiable que les femmes. A noter que les 18-24 ans préféreraient le président-candidat pour leurs congés; alors que les séniors, un éléctorat plutôt à droite, choissisent, eux, François Hollande. 

Ce n’est guère la première fois que les instituts de sondage publient ce genre d’enquêtes un peu insolites.  

Exemple: Harris Interactive, pour l’Auto-journal a posé, début mars, la question de l’année:« Et si un candidat était une voiture? » Nicolas Sarkozy serait donc une Porsche 911 (ou un Hummer), François Hollande, une Renault Scenic (voire une Twingo). François Bayrou, lui, est associé à la même Renault que son adversaire socialiste, mais aussi à une Citroën 2 CV. 

La moitié des Français veut que les candidats fassent attention à leur ligne

Encore plus drôle: Opinion Way s’est intéressé, fin mars, au choix électoral des Français en fonction de leurs… pratiques sexuelles. Sans voir de rapport à première vue, on constate que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont plus insatisfaits sexuellement. Que les partisans de François Bayrou font moins l’amour que les Français de gauche.  

Opinion Way, encore lui, a aussi sondé début février le choix des électeurs en fonction de leur consommation du pain. Incroyable mais vrai! 

On découvre ainsi, stupéfait (ou pas), que celui qui mange du pain à tous les repas, pour tous les mets, vote plutôt Nicolas Sarkozy (à 30%). Du coup, cela signifie-t-il que les ceux qui en mangent pas ou peu préfèrent François Hollande? Non, pas du tout. L’ »ennemi » de la baguette, tradition française depuis la nuit des temps, veut plutôt glisser un bulletin « Marine Le Pen » dans l’urne. Etrange, non? 

Conceptions de philosophie selon le choix du vote

Les valeurs, les idées… Philosophie Magazine a voulu connaitre, fin février, avec Ipsos, le choix électoral des Français par rapport à leurs conceptions d’ordre général. Les « hollandais » sont un peu plus convaincus que les « sarkozystes » que l’homme est bon (72% contre 66%).  

On est ravi d’apprendre, aussi, que les interrogés souhaitant voter pour le candidat PS sont plus méfiants vis-à-vis des élus que les Français pro-UMP. Et, sans surprise, on lit que les partisans d’un vote à gauche pensent que la priorité du chef de l’Etat concerne le bien-être de la population. Davantage, en tout cas, que la sécurité, priorité des électeurs de droite (néanmoins partagés sur la question).  

Bon, là au moins, on se rapproche un peu plus de politique… 

PL

11 septembre 2011

Primaire socialiste : bataille verbale entre adversaires


La primaire socialiste approche, la bataille des mots entre candidats s’accentue. Normal, les prétendants au titre doivent se distinguer les uns des autres…

La règle du jeu ? Tacler son adversaire. Bien sûr, ce n’est pas le favori des sondages qui enchaîne le plus de piques verbales. Bien au contraire. François Hollande, en tête dans les intentions de vote selon les instituts de sondage, reste poli et calme face aux avalanches de reproches que ses concurrents lui adressent.

On l’attaque, en particulier, sur son bilan à la tête du PS (1997-2008). Martine Aubry, qui l’a remplacé voilà trois ans, confie : “Quand j’ai pris le Parti socialiste, nous faisions pitié.

La petite phrase la plus virulente de ces derniers jours émane toutefois de la Dame du Poitou. Ségolène Royal s’en est pris violemment à François Hollande -avant de démentir le confidentiel que Le Figaro avait publié sur ce sujet. Son “point faible, c’est l’inaction, dit-elle. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique? Une seule?

“Elle est méchante”

L’ex-candidate socialiste de 2007 a aussi tapé sur la maire de Lille, sa rivale lors du Congrès de Reims de 2008 : “Sa seule expérience électorale, c’est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n’est pas facile. “ Tremblez…

Elle est méchante, Ségolène Royal ? Oui, “profondément”, répond Christine Boutin. Vraiment ? Non, pas du tout, se défend la socialiste : «C’est gentil ce que je dis. Si on ne dit rien, ce n’est pas rigolo.” En tout cas, Ségo n’est pas une “chochotte”

Méchante“ et “illuminée“, donc… mais aussi (presque) menteuse, selon “l’outsider” Manuel Valls. Au Parisien qui lui demandait une réaction à la proposition de Ségolène Royal de ne “pas augmenter les impôts“, le maire d’Evry répond : “C’est tromper les Français et je veux qu’on en débatte“. Selon Le Figaro, il aurait même comparé la présidente du Poitou-Charentes à “Nagui“. Boum…

Manuel Valls attaque aussi la maire de Lille et le président du Conseil général de Saône-et-Loire, mais de manière plus mesurée : “Quand j’entends Martine Aubry et Arnaud Montebourg dire qu’il ne faut pas accompagner le système capitaliste ou qu’il faut démondialiser, je dis : « Attention, ce sont les accents d’une gauche des années 1970.

Taper sur son advesaire de manière courtoise

Le strauss-kahnien Valls défend, par ailleurs, l’ex-DG du FMI, rentré, il y a peu, en France… pour mieux critiquer ses concurrents socialistes : “Ceux qui attaquent l’homme -d’une manière que je considère comme peu noble- comme l’a fait Arnaud Montebourg, ceux qui semblent se détacher de DSK, parce que ce serait moins populaire d’être son ami, comme l’a fait (…) Martine Aubry, oublient l’équation politique du bonhomme”, a jugé Manuel Valls.

Le plus souvent, la critique de son adversaire se fait dans la courtoisie. La preuve avec Arnaud Montebourg, chantre de la guerre contre la corruption, qui réagit à l’affaire Guérini : “Je veux remercier Harlem Désir qui a eu les mots qu’il fallait. Je regrette que sa position n’ait pas été celle du parti précédemment. On ne peut pas combattre l’affairisme du sarkozysme (…) si nous-mêmes ne sommes pas intraitables avec les nôtres”, a souligné le député de Saône-et-Loire.

Arnaud Montebourg, auteur d’un rapport ultra-critique sur la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, avait tout de même déploré que ses avertissements aient été “méprisés, que son travail ait été dénigré et son rapport enterré” par la direction du PS, donc par Martine Aubry.

P.L

14 juillet 2011

Le culot de Roselyne Bachelot

Seule au monde ? A contre-courant ? Roselyne Bachelot, ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale, ne cesse de cultiver sa différence au sein de l’exécutif. La solidarité gouvernementale, cette proche amie de François Fillon ne connaît pas. Ou fait mine de ne guère s’y intéresser. Peu lui importe de gêner ses collègues ministres.

Le mariage  gay ? La ministre n’est pas la seule à défendre l’union homosexuelle, mais elle pense que l’opinion publique l’acceptera un beau jour, ainsi que l’adoption des enfants pour un couple de même sexe.

Martine Aubry évoque devant la place publique les rumeurs qui courent sur sa vie privée et son mari – qui, selon elle, sont véhiculées par des membres de la majorité ? Roselyne Bachelot « comprend (son) indignation, sa révolte » alors que certains ministres dénoncent la méthode de la candidate à la primaire socialiste.

SOS Racisme organise un concert à Paris pour le 14 juillet. Roselyne Bachelot se pointe au rendez-vous et se présente aux côtés du… rebelle Jean-Louis Borloo, du socialiste François Lamy et de l’écologiste Eva Joly (entre autres).

Et cette manie de « déranger » ne date pas d’hier. En 1998, déjà, Roselyne Bachelot votait la loi socialiste instaurant le Pacs. Contre l’avis de ses amis politiques opposés au texte.

Osée, Roselyne !

22 juin 2011

Droite et centre en 2012 : Printemps des prétendants

On avance, on avance, on avance… La présidentielle de 2012 arrive vite et, forcément, petits et grands candidats s’agitent. Présentent candidature. S’excitent. S’envoient piques et fleurs. Le printemps des prétendants a démarré, c’est entendu.

Christine Boutin, la dernière à s’être déclarée, veut porter les couleurs de son mini-parti chrétien-démocrate. Cette ancienne ministre veut « apaiser la France ». Noble cause ? Certes. Est-elle la seule  ? Pas vraiment. Le gaulliste Galouzeau de Villepin, « déterminé », lui aussi, à se présenter en 2012, en a marre que « tout ce qui touche à la politique devienne scandale ». Aveu de candidature…

L’ex-ministre de l’Ecologie, l’assez populaire Jean-Louis Borloo aurait pu, lui aussi, raconter la même histoire. Celui qui se voyait déjà Premier ministre sous Sarkozy voilà quelques mois se prépare, selon ses proches, à « gagner la présidentielle ». Va et veut-il vraiment y aller ? Il ne cesse, il est vrai, de répéter que le chef de l’Etat dresse les Français les uns contre les autres. Surtout depuis que DSK est hors-jeu.

Une sortie de piste dont devrait aussi profiter le centriste indépendant (et solitaire) François Bayrou, censé pouvoir voler quelques voix au centre-gauche. Des sociaux-démocrates (issus de l’aile droite du PS) aux quelques radicaux de gauche, dont le parti (le PRG) a déclaré vouloir peut-être présenter quelqu’un en 2012Jean-Pierre Baylet, voire Bernard Tapie – avant d’envisager, finalement, de participer à la primaire PS.

Forcément, ils veulent tous porter la voix des plus faibles. Des oubliés du quinquennat, ceux à qui l’on pense avant une élection, comme le dit si bien le chasseur Frédéric Nihous, pourtant proche de l’UMP – puisque membre du « comité de liaison », le regroupement des partis amis de la majorité. Ce dernier, qu’on n’entend (presque) pas non plus depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, a décidé de (re)mettre son fusil sur ses épaules pour défendre « les ruraux et les agriculteurs ».

Un thème cher au chef de l’Etat… à l’approche de l’échéance de 2012. Le président de la République, impopulaire dans les sondages, ne s’est pas encore déclaré candidat à sa réélection. Mais les signes ne trompent plus. Il se déplace deux fois par semaine dans une région de France. Il propose un moratoire de la fermeture des classes du primaire… à l’orée de la rentrée de septembre 2012. Impose une prime pour certains salariés et prépare son futur staff de campagne – avec, entre autres, le retrait du gouvernement de son ami Hortefeux, voilà quelques mois déjà.

6 mai 2011

Et le gagnant est… Mitterrand !

Les sondages pour la présidentielle se multiplient et se ressemblent. Tous montrent un président… battu par Marine Le Pen et ses trois concurrents de gauche. François Hollande, l’un d’entre eux, pense pouvoir gagner, le vent en poupe.

Les dés ne seraient pourtant pas pipés et Moscovici s’en fait l’écho. Tout excès de confiance serait néfaste, prévient le député strauss-kahnien.

Oui, devenir le deuxième président socialiste de la Ve République n’est pas chose aisée. Surtout avec plusieurs candidats potentiels qui se livrent en coulisses une lutte impardonnable, avant la primaire PS… Angoisse, angoisse (lire ici)…

« Reproduire le succès de François Mitterrand, un rêve réalisable? », s’interroge la presse de gauche, avec un arrière-goût de nostalgie. Mediapart se demande dans un livre ce que sont devenues les 110 propositions de 1981 chères à l’ex-président de la République (lien payant). En organisant un débat Montebourg-Hollande. Tout fier, Edwy Plenel : « Nous sommes les premiers à fêter sa victoire ». Peut-être…

Mais d’autres titres de presse s’emparent aussi du sujet. Séquence émotion et nostalgie obligatoire : L’Express, par exemple, propose à Laurent Fabius de songer… à la soirée électorale du 10 mai 1981.

P.L

6 mai 2011

La majorité lance la bataille pour 2012 et Sarkozy semble s’en satisfaire

Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore prononcé mais sa candidature à sa réélection ne fait plus de doute. Elle est devenue, parole de Juppé, « un secret de Polinichelle ». Du coup, ses sbires s’activent. La majorité met en place les prémices d’une campagne, quatre ans après le début de son mandat (certains articles dressent le tableau de son bilan : à lire ici et par exemple). Tous à l’abordage pour défendre le bilan du président de la République - alors que les sondages n’indiquent rien de bon.

Sans ses réformes, la France aurait couru au « désastre », souligne Henri Guaino. François Fillon et ses ministres, ainsi que l’UMP, lancent la bataille de 2012 pour ‘attraper’ ceux qui « doutent » (lire ici et ).

A la plus grande joie, d’ailleurs, du principal intéressé : « J’apprécie beaucoup le travail de Jean-François Copé et l’aide de cette formation politique », assure Nicolas Sarkozy dans les colonnes de L’Express. Et concernant la formule du ministre des Affaires étrangères sur son éventuelle candidature : « Je prends comme un compliment sa remarque. » Avant d’insister : Alain Juppé « est un homme crédible qui dit des choses justes ».

Le ministre d’Etat et maire de Bordeaux avait fustigé la « droitisation » de certains au sein de la majorité… Une bonne remarque, M. le Président ?

P.L

13 avril 2011

Quand le gouvernement se divise depuis les cantonales…

A un an de la présidentielle, certains ministres affichent leurs différences sur plusieurs points.

Depuis les cantonales, les membres du gouvernement ne s’entendent plus. Tous n’ont pas donné, d’abord, la même consigne de vote pour le second tour de l’élection locale. Certains ont clairement affiché leur préférence pour le PS en cas de duel gauche-FN. D’autres ont préféré suivre la voie de Jean-François Copé et du chef de l’Etat, celle du « ni-ni ». Le débat sur la laïcité a suscité, ensuite, des réserves de la part du gaulliste social François Fillon qui a boudé le rendez-vous de l’UMP.

Et ce n’était qu’un début : la règle de la non-reconduite d’un fonctionnaire sur deux ne plaît plus à l’ensemble du gouvernement. François Baroin veut poursuivre la mesure. Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique, Georges Tron s’y oppose. Autre fracture : l’immigration légale. Quand Claude Guéant et Xavier Bertrand veulent la réduire, Christine Lagarde ne suit pas ses collègues.

La prochaine présidentielle provoque aussi quelques remous chez les ministres. Nicolas Sarkozy coule dans les sondages, François Fillon, voire Alain Jupé, apparaissent comme des outsiders pour représenter la majorité présidentielle en 2012.

Et dans ce contexte, l’ancien N°2 du gouvernement Fillon, le radical valoisien Jean-Louis Borloo s’échappe de l’UMP, construit sa candidature au nom d’un rassemblement « centriste, écologique et social ».

Du coup, ses concurrents de l’intérieur appellent au rassemblement de toute la droite et du centre. Outre Copé et Larcher, François Fillon – qui avait été reconduit à Matignon à la place de l’ex-ministre de l’Ecologie, candidat au poste de Premier ministre, à l’époque – et Alain Juppé – qui, à la suite d’une défaite aux législatives en 2007 avait été remplacé dans sa fonction de ministre d’Etat par… Borloo – ont critiqué la volonté d’indépendance du patron des radicaux valoisiens. Il faut se rassembler dés le premier tour et non éparpiller les voix, ont-ils rappelé.

Le ministre de la Ville, Maurice Leroy (NC), se montre, au contraire, ravi de l’éventuelle candidature de Borloo.  Elle permettrait, selon lui, d’éviter la défaite de la droite en disqualifiant la gauche pour le second tour de la présidentielle.

Borloo pourrait en effet « choper » les voix de certains villepinistes pour gêner l’ex-Premier ministre s’il se lançait à l’aventure. Attirer des centristes de Bayrou, pas dupe de la manœuvre politicienne. Capter une partie de l’électorat écologiste tenté par le populaire Hulot, son « ami » qui vient, lui, de se présenter officiellement à la présidentielle. Et peut-être quelques sympathisants de centre-gauche, charmés par DSK.

Des électeurs utiles au chef de l’Etat s’il veut passer le premier tour en 2012… Or, au vu des sondages quotidiens, c’est loin d’être gagné. Nicolas Sarkozy se voit régulièrement talonné par le candidat socialiste et Marine Le Pen.  La stratégie chère à Buisson de se rapprocher des idées du FN, depuis l’affaire des Roms à l’été dernier, devait permettre d’abattre la formation d’extrême droite comme lors du dernier scrutin de 2007. L’échec est patent.

Le président de la République a, en outre, irrité son électorat de centre-droit. Le chef de l’Etat s’en serait-il rendu compte ? Aurait-il donc proposé au centriste Borloo de s’émanciper pour que Nicolas Sarkozy puisse se sauver ? Y aurait-il un pacte entre les deux pour que l’un reste à l’Elysée et que l’autre gagne Matignon en 2012 ?

Des interrogations qui n’engagent que l’auteur… ou pas.

P.L

1 avril 2011

On refait le match

« Ce serait un beau match. » Eric Besson évoque ainsi l’éventuelle confrontation entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn en 2012.

Scrutin présidentiel, rencontre sportive, même combat ? Entre la politique et le football, la frontière semble poreuse…  Joueurs et politiques pratiquent, en fait, la même activité sur le terrain. Certains temporisent, la balle au pied. D’autres foncent, droit au but, tête baissée… Et forcément, le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Personne n’est à l’abri d’une défaite.

Soit l’équipe se fait tacler et prend une branlée. Soit elle assure la victoire et marque des points. Tout dépend de l’équipe et de ses individualités. Les joueurs, unis et solidaires, peuvent gagner. Or, s’ils la joue perso et non « collectif », préférant le drible à la passe, ils prennent un risque.

Quand l’arbitre siffle la fin de partie, les caméras sont braqués sur le résultat. Dans le vestiaire, plus tard, les uns se congratulent, se tapent dans la main. Les autres en prennent pour leur grade…

Après la rencontre, les joueurs refont le match. Mais, revers de la médaille, les langues se délient, des signes d’inimitié apparaissent au grand jour entre membres d’une équipe divisée… Ils ne peuvent pas tous s’encadrer, se voir, s’entendre. Et ils n’ont plus honte de le dire suite à la déroute.

Face à la cacophonie, le grand manitou se doit d’intervenir. Distribuer les cartons jaunes. Le prochain match arrive à grand pas. Et l’équipe doit se ressaisir, se rabibocher. Comment procéder? Un rendez-vous dans le bureau du chef pour clore l’incident. Une sanction verbale pour les fauteurs de trouble… Puis, à la sortie, pratiquer une gymnastique linguistique commune pour minimiser les bisbilles. Marquer la fin des embrouilles. Ou, du moins, pour faire semblant qu’elles n’existent plus. Car personne n’est dupe, c’est entendu.

Toute allusion à l’actualité politique serait fortuite…

P.L

17 mars 2011

A l’assemblée nationale, une règle du jeu

Il était une fois une Assemblée nationale. Dans l’hémicycle, des groupes parlementaires. Des députés, tantôt assidus, tantôt cancres et maîtres de l’école buissonnière. Leur jeu préféré ? Se chamailler en séance plénière, en commission. Ou face aux ministres, parfois sur place pour répondre aux questions des élus du peuple.

Aux acides interrogations visant la majorité, voire le chef de l’Etat, les membres du gouvernement répliquent sans broncher. De temps en temps, le verbe piquant. En ligne de mire : l’opposition, forcément coupable d’un quelconque délit médiatisé… Le (timide) Premier ministre profite parfois de ses (délicieux) moments au sein du Palais Bourbon pour lancer certaines piques à la gauche. François Fillon, comme ses collègues, ne s’en lasse pas. Ce qui provoque, (presque) à chaque fois, huées chez les uns, applaudissements chez les autres… Un brouhaha qui oblige le maître des lieux (pas toujours Bernard Accoyer) à calmer ses parlementaires par ce timide « Je vous en prie ».

Mais, on le sait, cela ne calme pas les travées… Cris, pantalonnades, gestes de mauvaise humeur restent la règle du jeu… Or, nous ne sommes pas à l’abri d’une lueur d’espoir,  d’un « moment de grâce », comme le dit un éditorialiste

Quand un député, atteint d’un cancer du pancréas, revient à l’Assemblée nationale suite à quelques mois d’absence, c’est toute une Assemblée, membres du gouvernement compris, qui se lève pour le féliciter du combat contre la mort qu’il mène. Emu, touché, Patrick Roy, apparenté PS, a remercié, le 15 mars, ses amis politiques, ainsi que ses opposants de droite, de leur soutien. Avant de clore son discours par un « la vie est belle »… Le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer – celui-ci l’a beaucoup soutenu -, a même versé une larme à la fin de sa prise de parole.

Vingt-quatre heures avant d’annoncer sa volonté de porter plainte contre… un un autre collègue, cette fois communiste, Maxime Gremetz. Un véritable comédien qui, visiblement, préfère le cinéma à la politique. Quoiqu’entre ces deux termes, la frontière demeure poreuse… Le député s’offusque que deux voitures ne soient pas bien garé à l’extérieur de l’enceinte. Plutôt que d’écouter NKM évoquer la « catastrophe » japonaise… Les bonnes habitudes ne disparaissent jamais.

P.L

3 mars 2011

La Dame du PS cherche idées concrètes

Rattraper le temps perdu. Reprendre l’ascendant médiatique sur son concurrent socialiste. Qui a pris un tour d’avance sur le terrain des caméras et de la presse. Sans pour autant évoquer celui des idées, faute de pouvoir le faire, mandat à Washington oblige. Aubry veut dépasser DSK, ancré en pôle position des sondages depuis des lustres.

La Première secrétaire a donc accéléré le tempo. Et va présenter le programme du PS, plus tôt que prévu. Avant les cantonales, comme expliqué au Monde, daté du 3 mars. Quelques propositions plutôt vagues sur l’emploi des jeunes ou sur la construction de logements sociaux. Quelques piques adressées au chef de l’Etat. En matière de sécurité, dont le bilan de Sarkozy est « terrible ». Sur la réforme des collectivités territoriales, que la maire de Lille veut « abroger ». Et, bien sûr, sur la façon de gouverner du président de la République. Sa manière « d’opposer les Français », l’instauration d’une « concurrence » entre les gens à tous les étages, sa vision dichotomique des jeunes : soit « paresseux », soit « délinquant ».

Mais quand il s’agit de détailler certaines mesures, là, Martine Aubry se la joue absente. Les journalistes du journal vespéral posent une question, et hop, une pirouette pour ne pas y répondre. Trop tôt ? Faut préparer une fiche. Le temps presse. Exemple : la Première secrétaire va-t-elle ramener le déficit à 3% ? Aucune idée, Aubry n’apporte aucune piste. Elle préfère évoquer l’Europe puis contrer le pacte de stabilité de Sarkozy et de Merkel : « Il faut remettre en ordre les finances publiques, mais avec un autre chemin, compatible avec la croissance, en France comme en Europe », explique-t-elle.

Et ce projet dont elle vient de présenter les grandes lignes, est-ce le sien ou celui du PS? « C’est le projet pour faire gagner notre candidat, mais surtout le projet que la France et les Français attendent », assure la Dame du Nord.

Les yeux visiblement rivés sur son autre concurrent. Pas celui de Washington. Mais celui à sa gauche, l’ancien sénateur Mélenchon, camarade ex-socialiste qui veut mener le pays sous l’étiquette Front de gauche avec la Gauche unitaire – à fond derrière lui – et en compagnie des communistes – encore méfiants. Car le candidat avance, pas à pas. Il court les plateaux télé pour débattre avec ses opposants comme Le Pen ou encore Daubresse et Jacob (pour ne citer qu’eux). Et histoire de détailler son programme, mesure après mesure (plus ou moins) concrète. Au contraire, donc, d’Aubry…

P.L

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