le Canard de l’Etang

2 avril 2012

Merkel prête à s’entendre avec Hollande sur le traité européen?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Economie, Elections, president de la Republique, PS

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon Jean-Marc Ayrault, l’équipe de François Hollande aurait noué des contacts avec l’entourage de la chancelière pour envisager l’ajout d’une annexe au nouveau traité européen. Mais rien n’est fait, loin de là. 

Et si Angela Merkel avait changé d’avis? Selon Der Spiegel, la chancelière serait prête à envisager l’ajout d’une annexe au traité européen de stabilité concernant la croissance. Exactement ce que défend François Hollande.  

Cité par le journal allemand, Jean-Marc Ayrault le confirme du bout des lèvres: « Il n’y a pas de contacts officiels entre le PS et la chancellerie ». Mais plutôt de manière officieuse, entre « conseillers » qui s’échangent quelques « messages ».  

Le conseiller du candidat du PS refuse, pour l’instant, d’en dire plus. Mais assure, à L’Express, qu’Angie se montre « réaliste », compte tenu des chances réelles de François Hollande d’accéder à l’Elysée, en dépit du resserrement des courbes des sondages des deux favoris. Angela préfère toujours la victoire de Nicolas Sarkozy. Mais son équipe se prépare à un éventuel changement de président. « Certains, parmi ses conseillers, sont pragmatiques », veut croire le germanophone Ayrault. 

Une « annexe » sur la croissance

Un proche du candidat PS, cité par un journaliste du Nouvel Obs’, veut également y croire: « On ne touche pas au traité lui-même, et en particulier aux clauses concernant l’automaticité des sanctions et la réduction des déficits, souffle ce proche de François Hollande, mais on ajoute une annexe ou un protocole (les deux ayant valeur juridique) concernant la croissance (avec, par exemple, la création d’euro-obligations pour financer de grands chantiers européens) ».  

Les hollandais misent beaucoup sur une inflexion de la position d’Angela Merkel avant le premier tour, ce qui est loin d’être acquis. Une telle issue permettrait de désavouer les cadres de l’UMP, qui n’ont cessé d’accuser la supposée inconséquence de François Hollande.  

PL

1 mars 2012

Le salon de l’Agriculture, un terrain miné pour Eva Joly

Publié par canarddeletang dans Economie, Elections, les Ecologistes, politique francaise, Societe

Lu initialement sur L’Express.fr

Eva Joly s’est, à son tour, rendue au Salon de l’Agriculture, ce jeudi, pendant trois heures. Elle a rencontré le président de la FNSEA, malgré les mauvaises relations entre le syndicat et les écologistes. L’Express y était. 

Quand Eva Joly s’était rendue au Salon de l’agriculture, en 2011, on la prenait pour la femme de José Bové. Elle marchait à côté de lui et n’était pas encore candidate à la présidentielle.  

Ce jeudi-après-midi, à la Porte de Versailles, ils se baladent encore côte à côte, entre les stands de bovins et de légumes. Mais les gens ne font plus l’erreur. Eva Joly a gagné en notoriété. Les visiteurs du Salon la reconnaissent à ses lunettes rouges.  

Souriante, elle prend le temps d’échanger avec quelques producteurs, de boire un peu d’eau, et même un verre de vin blanc. On lui présente des produits locaux, lui offre quelques mets. 

Il n’empêche: on entend plus de « José, José » quand il passe devant les badauds. Lui tenait « pendant des années » le stand de la Confédération paysanne, le seul syndicat agricole de gauche, minoritaire parmi des agriculteurs majoritairement de droite et franchement opposés aux écologistes. 

« Un gros malentendu »

Même ceux, dont on pourrait croire qu’ils sont bien disposés à l’égard de l’ancienne magistrate. Comme ce paysan, qui « produit du bio en Provence » et qui lui lance un « bouh ». « Elle est contre tout le monde, elle défend les 32 heures mais moi, à 66 ans, je travaille 70 heures. » Ce à quoi réplique le patron des Jeunes écologistes, Wandrille Jumeaux, présent à l’occasion: « Eva Joly ne propose pas les 32 heures pour tout le monde, les agriculteurs travaillent forcément plus car ils n’ont pas toujours l’argent pour créer de l’emploi et déléguer des tâches. »  

Julien Bayou, qui accompagne la candidate d’EELV, évoque, lui au début de la visite, « un gros malentendu » avec les agriculteurs.  

Les relations restent tendues avec la FNSEA, syndicat classé à droite. « C’est un lobby de dingue », sourit Julien Bayou à son arrivée dans le hall principal du Salon. « Nous ne sommes pas d’accord sur leur modèle productiviste, mais Eva Joly y va pour dialoguer. » Et leur dire quoi ? « Qu’ils se trompent sur les pesticides, les OGM, mauvais pour la santé. » Michel Dupont, collaborateur de José Bové, qui dirige Eva Joly entre les stands, l’affirme haut et fort: « Les solutions des écolos sont celles de l’avenir. » 

« Nous ne sommes pas entendus »

La FNSEA ne le pense pas. Son président Xavier Beulin a toutefois rencontré Joly pendant vingt minutes. Et de manière courtoise. « Le modèle intensif et productiviste a montré ses limites », lui a expliqué la candidate, qui plaide pour une réforme de la PAC, afin qu’elle soit plus juste. Un peu comme François Hollande, qui veut redistribuer les aides. La candidate EELV souhaite aussi la mise en place d’un « circuit court entre producteurs et consommateurs » pour ne pas que le prix grimpent à cause d’intermédiaires.  

Le collaborateur de José Bové, Michel Dupont, parle « du produire local ». Qu’en est-il de l’agriculture biologique ? N’est-ce-pas plus cher ? « Sûrement, mais c’est surtout plus rémunérateur en terme d’emplois », avance Julien Bayou. 

Près du stand, une personne confie qu’elle ne l’aime pas et se demande pourquoi elle est là. Julien Bayou, qui justifie sa présence, se fait traiter de « merdeux ».  

Le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec, venu avec Jean-Vincent Placé, pour montrer que « la candidate n’est pas seule », l’admet volontiers: « Nous ne sommes pas entendus par la majorité des paysans. » Pas facile de réconcilier écologistes et agriculteurs.

PL

13 février 2012

Le nucléaire monte en pression dans la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Depuis la visite de Nicolas Sarkozy à Fessenheim, l’avenir de la filière nucléaire redevient un enjeu de l’élection présidentielle. Les annonces d’Eric Besson sur la prolongation des centrales renforcent ce sentiment de politisation. 

En un week-end, le débat sur le nucléaire est revenu sur le devant de la scène. Eric Besson a plaidé, ce samedi, pour une prolongation de la durée de vie des centrales à plus de 40 ans. C’est l’une des propositions d’un rapport sur l’avenir du paysage énergétique d’ici à 2050 qui lui a été remis ce lundi. 

Cette annonce gouvernementale intervient au lendemain de la visite du chef de l’Etat à Fessenheim. Un déplacement qui a permis à Nicolas Sarkozy de réitérer la promesse de ne pas fermer, en cas de réélection, la centrale alsacienne, la plus vieille de France. 

« Ce n’est pas une surprise, relativise Sergio Coronado, le directeur de la communication d’Eva Joly. Le président de la République défend à l’aise, et comme prévu, l’industrie nucléaire, vendue comme pas chère et sûre. » 

Se différencier du Parti socialiste

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi de relancer ce débat à ce moment précis? S’agirait-il pour le chef de l’Etat, pas encore candidat, de se différencier de François Hollande. Favorable à la fermeture de Fessenheim, le candidat socialiste avait paru embarrassé en novembre par plusieurs désaccords avec les alliés écologistes. 

Revenant ce samedi à la charge, Eric Besson a déclaré que le programme du candidat PS, partisan, selon lui, de « la sortie du nucléaire », allait provoquer une hausse des prix de l’électricité. Ce qu’a démenti, aussitôt, François Brottes, chargé des questions énergétiques auprès du candidat socialiste. 

La contexte de la visite présidentielle, en tout cas, surprend le PS, pas loin d’y voir une provocation. « Venir en Alsace juste après un pic de consommation de l’énergie, c’est indécent, soupire François Brottes. On a dû importer de l’énergie de l’Allemagne, car la filière du nucléaire ne fonctionne pas en en cas de record de consommation. »  

Cette visite intervient aussi quelques jours après la publication du rapport de la Cour des comptes sur les centrales nucléaires. Qui a donc précédé celui d’Eric Besson. Mais c’est « un pur hasard, selon un membre du cabinet du ministre de l’Energie, car le rapport a été commandé en octobre 2011″. 

Les esprits chagrins ne manqueront pourtant pas d’y voir une manière de critiquer la baisse de la part du nucléaire de 75% à 50% en 2030 dans la consommation d’électricité, mesure prônée par le candidat PS. « Pas du tout, répond l’entourage du ministre, il fallait mettre sur la table des éléments d’expertise dans le cadre d’un débat au Parlement, prévu pour 2013. » 

Le nucléaire, quatrième crainte des Français

L’accident de Fukushima, survenu il y a un an, reste évidemment dans toutes les têtes. « On fêtera le 11 mars le premier anniversaire de l’explosion », relève Sergio Coronado. 

Le débat sur l’énergie est-il pour autant devenu une priorité des Français? « La transition énergétique concerne les Français et les intéresse », avance le socialiste François Brottes, qui veut ouvrir un débat en cas d’élection en mai 2012, sur l’avenir du mix énergétique, sur les consommations d’énergie à réaliser

Le baromètre 2012 de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire lui donne raison. Le nucléaire est devenu, en 2011, la quatrième crainte des Français derrière le chômage et la misère. L’année passée, il était classé en 9e position.  

PL

28 janvier 2012

Sarkozy et l’environnement: du Grenelle au désamour?

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet va défendre, ce samedi, son Grenelle de l’environnement auprès de l’association France Nature environnement. L’occasion pour LEXPRESS.fr de revenir sur l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour les questions écologiques. 

Elle aura à coeur de défendre le bilan de « son » Grenelle. Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à passer, ce samedi, un oral de quinze minutes auprès de l’association France Nature Environnement (FNE). Sur le modèle de ce qu’avait fait Nicolas Hulot en 2007 avec son « pacte écologique », FNE veut entendre ce que les candidats à la présidentielle ont à dire sur le sujet de l’écologie. 

La tâche est lourde pour NKM, tant Nicolas Sarkozy s’est éloigné de ses premières amours pour le développement durable, matérialisées par le Grenelle de l’environnement. En mars 2010, le chef de l’Etat lâchait même: « L’environnement, ça commence à bien faire ». Et début janvier 2012, il critiquait les règles écologiques administratives trop « tatillonnes ». 

La ministre de l’Ecologie préférera certainement insister sur les prochains mois, voire sur le prochain quinquennat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy en mai prochain. Pour le moment, l’UMP ne propose rien de plus que « la poursuite du travail du Grenelle », perçu comme une « révolution » au parti majoritaire, comme l’affirme le député sarkozyste Alain Gest. « La Cour des comptes nous a même reprochés d’avoir vu trop grand, notamment sur les transports et les économies d’énergie », claironne l’élu de la Somme, chargé des questions d’énergie à l’UMP.  

Son collègue des Bouches-du-Rhône, Eric Diard, qui s’occupe des questions d’écologie, se félicite, lui, de la création de « la taxe sur les véhicules bonus-malus qui a fait que la France possède désormais le parc automobiles le moins polluant d’Europe. » A propos du Grenelle, « le bilan est parfois mitigé, admet l’élu. La réduction des déchets avance lentement, par exemple. Mais ce n’est pas en six mois que cela se joue, il faudra attendre plusieurs années ».  

Un bilan « mitigé »

Le rapporteur de la loi Grenelle II, le député radical Bertrand Pancher, abonde en ce sens. « Il y a eu des avancées » mais « la France pourrait mieux faire ».  

« Des décisions sont prises au niveau national sans toujours se préoccuper des caractéristiques des territoires », avance cet élu de la Meuse. Qui prend l’exemple de l’obligation d’installer devant chaque cours d’eau une bande de plantation ou d’herbes: « Il est parfois dur d’appliquer cette règle en raison de certains terrains drainés. »  

Autre difficulté évoquée par l’élu radical: l’opposition des habitants à l’installation d’éoliennes terrestres qui augmentent petit à petit. « Dans ma circonscription de Bar-le-Duc, explique Pancher, il y en a presque 300, ce qui pose des problèmes de télévision et de nuisances visuelles. » 

L’installation de cette source d’énergie sur le territoire français reste toutefois insuffisante, selon Jean-Louis Bel, président du syndicat des énergies renouvelables. « Il ne faut pas confondre déception et impatience », sourit Eric Diard.  

Des mesures fiscales incitatives dans le projet UMP

Des couacs, il y en a eu et il y en aura toujours, compte tenu de l’ampleur des décisions actées dans le Grenelle. La Cour des comptes en a retenu un majeur dans un rapport récent, qui critique le volet fiscal du Grenelle « pas respecté, incohérent, (et) inefficace ». « On a échoué sur la taxe carbone, admet Eric Diard, mais ce n’est pas de notre faute, le Conseil constitutionnel a censuré le texte. » 

Plus que le contenu même du Grenelle, ce sont les récents propos du chef de l’Etat, qui interpellent les associations. France nature environnement a très certainement hâte d’entendre ce que Nicolas Sarkozy, par le biais de NKM, a à leur dire.

P.L

23 janvier 2012

A quoi ressemblera le débat de François Hollande sur l’énergie?

Lu initialement sur L’Express.fr

Hollande propose l’ouverture « d’un débat sur l’avenir de l’énergie en France » au début de son mandat présidentiel. Quelle sorte de consultation? Avec quels acteurs? Les écolos sont sceptiques.

François Hollande a surpris, dimanche après-midi au Bourget, en dévoilant un pan de son programme. Ainsi sur l’énergie, il souhaite mettre en place, si les Français lui confient mandat, « un plan d’économie d’énergie » et, surtout, « un débat sur l’avenir de l’énergie en France ».

« Il faut en effet mobiliser le plus grand nombre, faire de la pédagogie », précise François Brottes, chargé des questions de l’énergie pour le candidat socialiste. Ce député de l’Isère, coprésident d’un groupe d’études sur les énergies de l’Assemblée nationale, évoque une consultation des citoyens « très vite » après l’éventuelle élection de François Hollande. Et ce « en vue d’expliquer aux gens comment nous pouvons contrôler la consommation d’énergie », « accompagner les familles pour qu’elles modifient leur comportement ».

S’agit-il d’inviter les Français à éteindre leur lumière dans une pièce non occupée? Pas seulement, sourit François Brottes: « Baisser la température des radiateurs, la nuit, aussi. » Plus sérieusement, « sans compréhension des Français, sans responsabilisation des consommateurs, il n’y aura pas d’économie de consommations d’énergie. »

Qu’en pensent les Verts? « Hollande évolue dans le bon sens, modestement, glisse Sergio Coronado, directeur de la stratégie et de la communication d’Eva Joly. Les écolos ont toujours été favorables aux débats. Mais si Hollande ne prend pas position, cela ne sert à rien. Car il ne s’agit pas seulement de montrer aux Français comment moins consommer. »

L’écologiste songe alors à la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’organiser un débat sur les centrales nucléaires: « Les Français ne sont pas des zozos, ils ont un avis sur la sortie de l’atome, tacle-t-il. On peut leur poser la question. »

Mais une consultation populaire en vue de l’organisation d’un référendum, le PS n’en veut pas. « C’est un sujet complexe, on ne peut pas simplifier en posant la question aux Français, sur le nucléaire », explique François Brottes.

Le temps législatif et le temps du débat

Le député PS reconnait que les modalités précises du débat ne sont pas encore arrêtées. Toutefois, une chose est sûre: « Il faudra mettre autour d’une table associations, consommateurs, ainsi qu’opérateurs pendant quelques mois. »

Mais comment arrêter un certain nombre de mesures avant l’élection et en même temps proposer une consultation? Cela peut-il faire évoluer les propositions du candidat après son éventuelle victoire, le 6 mai 2012?

Oui, confie François Brottes, le débat pourra conduire à des « ajustements » dans le projet du candidat. « Si nous trouvons des chemins plus adéquats pour parvenir aux objectifs de François Hollande, il est possible qu’il y ait quelques changements. Tout dépend des collectivités locales qui seront aussi impliquées dans cette consultation. »

En revanche, assure François Brottes, comme « il faut aller vite sur certains points, on n’attendra pas l’issue du débat pour débuter le temps législatif ».

Quelles mesures seront prioritaires au Parlement? Pour le savoir, il faut attendre quelques jours encore.Hollande présentera son programme détaillé et chiffré, ce jeudi. Patience, donc…

PL

3 décembre 2011

Discours : ce qu’a dit Sarkozy, ce qu’a dit Merkel

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont tous les deux exprimés sur la crise européenne en moins de 24 heures, respectivement à Berlin et à Toulon. LEXPRESS.fr a suivi les deux et dresse les divergences et les rapprochements. 

Un nouveau traité européen?

Angela Merkel: « Il faut réparer les erreurs nées de la construction de la zone monétaire et économique, et renforcer cette dernière. L’union fiscale est en marche (…) Nous pouvons modifier les traités existants, ou créer de nouveaux textes. »  

Nicolas Sarkozy:  » La France milite avec l’Allemagne pour un nouveau Traité. »  

Au départ réticent pour modifier les traités de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a changé d’avis et rejoint la position d’Angela Merkel. Il s’agit dorénavant, pour les deux voisins, de renforcer la solidarité entre les Vingt-sept et d’instaurer des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas les règles d’équilibre budgétaire. 

Bruxelles, gendarme de l’Europe?

Angela Merkel: « Je souhaite la mise en place de sanctions en cas de non-respect des règles d’équilibre des comptes. (…) Les états membres de l’euro doivent être accompagnés, soutenus pour régler leurs problèmes de dettes. »  

Nicolas Sarkozy: « Plus de solidarité en Europe exige plus de discipline (…) La solidarité ne doit pas être un encouragement au laxisme. (…) Examinons en commun nos budgets. Instaurons des sanctions plus rapides, plus automatiques et plus sévères pour ceux qui ne respectent pas leurs engagements. » 

Nicolas Sarkozy, qui refuse d’évoquer le mot « fédéralisme », prône une gouvernance « intergouvernementale », dominée par les chefs d’État et de gouvernement, qui décideraient de la plupart des sujets à la majorité qualifiée. Angela Merkel plaide, elle, pour un rôle accru de la Commission européenne et la Cour européenne de justice (CEJ) qui pourrait surveiller les pays qui enfreignent les règles du pacte de stabilité.  

Le rôle de la BCE

Angela Merkel : « Il faut avoir confiance en elle pour la stabilité de la monnaie. (…) Celui qui soutient les euro-bonds n’a pas compris l’essence de la crise. » 

Nicolas Sarkozy: « Il y a des débats sur ce que lui autorisent ses statuts. Je ne veux pas entrer dans ces débats. La BCE est indépendante. Elle le restera. Je suis convaincu que face au risque déflationniste qui menace l’Europe la Banque Centrale agira. » 

Il s’agissait de la plus grande divergence entre Paris et Berlin. La première puissance européenne, qui craint l’inflation, souhaite que la Banque centrale européenne reste indépendante, et ne se préoccupe que de la stabilité des prix au sein de la zone euro. Elle ne doit pas, souligne Angela Merkel, mutualiser la dette des membres de l’Eurogroupe en créant des « euro-bonds », comme l’aurait souhaité le chef d’Etat français. Sur ce point, Nicolas Sarkozy s’est plié aux injonctions de l’Allemagne. 

P.L
 

1 novembre 2010

Nicolas Sarkozy et ses réflexions

 

Le Canard de l’Etang débute une autre carrière, celle de chroniqueur politique à la radio. Première épisode.

Quelques jours après le vote final de la réforme des retraites, que se passe-t-il du côté de l’Elysée ?

Nicolas Sarkozy réfléchit beaucoup. Au mouvement social, d’abord. Le chef de l’Etat vient d’acter la fin des hostilités. Avec, on s’en doute, un sentiment de fierté. Grève après grève, il n’a pas plié. Et a su résister aux pressions de la rue. Au contraire de son intime prédécesseur, Dominique de Villepin, lors des manifs contre CPE. Et peu importe si Olivier Besancenot murmure au Parisien que « la bataille n’est pas terminée »

Autre motif de satisfaction du président: les étudiants peu nombreux voilà sept jours à battre le pavé à l’appel de l’UNEF. Comme les salariés, moins nombreux que les fois précédentes à manifester jeudi dernier.

Et pas de panique : un récent sondage paru dans Ouest France montre que la réforme n’aura pas d’incidence sur ses électeurs de droite, prêts à 61 % à revoter pour lui en 2012.

Alors, gagnant, le chef de l’Etat ?

Oui, mais chut, il ne faut pas le dire. Ses ministres ne doivent piper mot à ce sujet. Les seuls vainqueurs, clament-ils tous comme des moutons, restent les Français, voire  « les plus modestes », comme le dit si bien Eric Besson dans une interview accordée au Figaro.

Mais surtout pas l’exécutif. Non, non, non…

Là, pour une fois, Nicolas Sarkozy rejoint son meilleur ennemi du centre, François Bayrou. Qui a évoqué sur Europe 1, le 31 octobre, deux perdants, le gouvernement autant que les syndicats.

L’ancien candidat à la présidentielle a d’ailleurs évoqué un autre centriste, l’éternel ministre de l’Ecologie. Jean-Louis Borloo qui, selon lui, ne serait pas assez « solide » pour Matignon.

Il plaît au moins à Jean-Pierre Raffarin. L’ex-Premier ministre livre ses pistes pour un acte II du quinquennat, une étape, je cite, « d’apaisement ». Il écrit sur son blog que l’actuel ministre d’Etat semble « capable » d’impulser un nouveau cap plus social. 

Presque cinq mois que ça dure : l’annonce du remaniement par l’Elysée en juin dernier…

Cela passionne les foules, inspire les journalistes, torture les ministres. A ce petit jeu des chaises musicales, le roi s’amuse depuis juin. Ou pas : Nicolas Sarkozy n’arrive guère à se décider. François Fillon doit-il rester ? Des parlementaires le souhaitent. Jean-Louis Borloo doit-il le remplacer ? Quelques ministres n’y voient guère d’inconvénients, comme Fadela Amara, secrétaire d’Etat au logement ou le ministre de la Défense, Hervé Morin, tout deux sur le départ (lire ).

Et le principal concerné, qu’en pense-t-il? Rien, jure-t-il, les cheveux mieux coiffés. Avant de prôner la justice sociale en ces temps amers dans une interview sur Canal +

Autre incertitude : la tête de l’UMP. Xavier Bertrand l’actuel secrétaire général ou Jean-François Copé, patron des députés UMP, telle est la question de l’Elysée. En tout cas, le président de la République attend. Comme si de rien n’était. Et profite d’un emploi du temps chargé. Au point de reporter semaine après semaine, la date du remaniement, véritable calvaire des ministres, certains donnés partant, d’autres restants (lire ici).

Alors c’est pour quand ce remaniement ?

On évoque la mi-novembre. Soit après les rendez-vous internationaux : le sommet de Séoul et la préparation du G20, présidé par Nicolas Sarkozy, son déplacement dès le 2 novembre à Londres pour parler défense et célébrer la relation franco-britannique,  la venue en France du président chinois Hu Jintao, puis, sans rire, la célébration des 40 ans de la mort du général de Gaulle le 9 novembre à Colombey les Deux Eglises.

P.L

25 mai 2010

Xavier Bertrand ou comment gagner au jeu de l’évitement

Jean-Michel Aphatie - Xavier Bertrand sur RTL le 25 mai 2010

 

Xavier Bertrand, patron de l’UMP, présente aujourd’hui ses propositions pour la réforme des retraites. « Il va bien falloir se résoudre à travailler au-delà de 60 ans », glisse t-il, ce matin, au micro de RTL. Avant de montrer sa volonté de taxer les hauts revenus. En vertu d’une solidarité avec les plus pauvres ? Ou, tout simplement, pour que la dose à propos du relèvement de l’âge légal du départ à la retraite – fixé à 60 ans depuis 1982 – qu’il prône,  passe plus facilement ? Il ne donne bien sûr, pas de réponse.

 

Bertrand et les chiffres, ça fait deux ?

Or, à travers les lignes, on devine ensuite son petit jeu d’évitement[1]. Le « Chouchou » de l’Elysée refuse de chiffrer le seuil « des hauts revenus ». Jean-Michel Aphatie, en face de lui, n’aura pas non plus de réponse sur « les classes moyennes supérieures », bien qu’il jure toutefois ne pas vouloir les mettre à contribution. Bertrand, incapable de « chiffrer » : vraiment ? Non, plutôt la flemme, semble t-il  – « C’est au gouvernement de le faire ! » – , voire la crainte que l’opinion publique s’enflamme suite à une éventuelle déclaration faramineuse sur les classes moyennes : « Je ne veux pas jeter en pâture un chiffre ! » Non, vaut mieux pas, Xavier B. !

 

P.L


 

 

[1] Selon Wikipédia, il s’agit d’un comportement de défense mis en place pour ne pas se trouver confronté avec une situation redoutée

19 avril 2010

Raffarin s’en prend au style présidentiel de Nicolas Sarkozy

http://medias.lepost.fr/ill/2009/08/31/v-7-1180796-1251734082.jpg

Au Grand Jury RTL-Le Figaro, Jean-Pierre Raffarin tacle deux ex-Premiers ministres UMP, Villepin et Juppé, coupables à ses yeux, d’évoquer trop tôt leurs éventuelles candidatures à la présidentielle de 2012. Personne ne devrait évoquer le prochain scrutin. Ou, du moins, pas avant l’année prochaine.

Car ce n’est guère la priorité du moment, souligne Raffarin. Le sénateur poitevin voudrait, au contraire, que chacun se concentre sur le « sujet qui intéresse vraiment nos compatriotes », le dossier épineux des retraites.

Mais pas n’importe comment. Outre son devoir de négocier avec chaque acteur (syndicats, patrons d’entreprise), le président de la République doit « rassembler » les Français. Et « renforcer l’union nationale ».

Minute, papillon : Sarkozy, l’a-t-il mise à mal depuis 2007 ? Un peu…Obnubilé par la « rupture » et non la cohésion, le chef de l’Etat a « désacralisé la fonction » du Château, glisse t-il, sans vergogne. CQFD.

P.L

26 octobre 2009

Copé vs Medef : duels en deux tours ?

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, le 25 septembre 2009 au Touquet

 

En une semaine, deux piques. Jean-François Copé s’en est pris deux fois au Medef au cours des sept derniers jours. Après une bataille perdue à l’Assemblée sur un examen de loi, le chantre de « l’hyperparlement » dénonce un projet de Nicolas Sarkozy et…propose de diminuer les recettes des entreprises.

Jean-François Copé, patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale a blâmé dimanche le « grand emprunt » cher au chef de l’Etat. Sur un plateau de Canal +, l’ambitieux Copé se montre réticent : « attention avant de se précipiter sur un grand emprunt ». Puis suggère, à la place de « faire des économie ». Comment ? « On donne 65 milliards d’euros d’aide aux entreprises par an, peut-être qu’on peut réexaminer ces 65 milliards ».

Une pique adressée au Médef ? On peut en douter, sans l’ombre d’un soupçon. Le représentant des entreprises venait, en effet de le ‘rouler dans la farine’ sur la réforme de la taxe professionnelle, votée dernièrement à l’Assemblée nationale.

L’enjeu était de taille. La TP assure des revenus conséquents aux collectivités locales. Mais sa suppression handicape les entreprises. Du coup, exempter de nombreuses entreprises de cet impôt « imbécile » (dixit F. Mitterrand) et trouver des recettes de substitution devenait le cheval de bataille du Medef. Et du gouvernement, au nom de l’embauche.

Le député-maire de Meaux, J.F. Copé défendait, lui en bon serviteur des collectivités locales la bonne rentrée d’argent dans les caisses des mairies.

Avec l’appui exceptionnel de l’opposition, le chef des députés UMP a mené une fronde contre le gouvernement, soutenu par Laurence Parisot (Medef), au cours de l’examen de la réforme de la TP.

Conséquence, un bras de fer a eu lieu entre Christine Lagarde et certains députés UMP, à l’origine d’un amendement qui n’a, finalement pas été retenu. Celui-ci prévoyait d’exonérer de TP des entreprises au chiffre d’affaires de moins de 152 000 euros. Et non à 500 000 euros, comme le voulait  le gouvernement.

Or, finalement, après moult discussions et compromis entre les deux parties, l’amendement n’est pas retenu… par les députés UMP et son rédacteur Marc Laffineur, vice-président du groupe UMP qui « a cédé » en faveur de la barre des 500 000.

Du coup, la loi a été réécrite entièrement au grand dam de l’opposition, qui raille « la retraire, la défaite » de M. Laffineur. Et ainsi de Copé, battu une première fois par le Médef.

Maintenant, la question se pose. Comment Laurence Parisot va-t-elle réagir à la dernière recommandation de Copé visant à « faire des économies » ? A quand le deuxième tour de la
zizanie ?

P.L

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