le Canard de l’Etang

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

14 mars 2012

Bayrou mise désormais sur la solidarité, mais ne change pas de campagne

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, politique francaise, Societe

Lu initialement sur L’Express.fr

François Bayrou a (re)présenté, ce mercredi, au cours d’une conférence de presse, son programme. Il crée la surprise en changeant de slogan, à moins de deux mois du premier tour. Mais ce sera la seule d’ici la fin de sa campagne pour celui qui veut rendre la France plus solidaire. 

A moins de deux mois du premier tour, François Bayrou change de slogan. Après « la France unie, rien ne lui résiste », voici « la France solidaire ». Doit-on s’attendre à d’autres surprises dans la campagne de François Bayrou, qui se stabilise autour de 11 à 14% dans les sondages? Pas vraiment, explique ce mercredi le candidat du Modem, lors d’une conférence de presse.  

« Les deux slogans sont liés. Chacun vit sur son îlot, seul, sans se préoccuper de son prochain. Il faut rapprocher les gens pour qu’ils puissent faire face à leurs difficultés économiques. » Les unir, en somme, dans un « contrat de vie partagé », dixit le centriste du Mouvement démocrate. 

« Traiter les sujets qui intéressent »

Cela ne change rien, en tout cas, au programme du troisième homme de 2007. Et donc à sa campagne. François Bayrou, qui sort un nouvel ouvrage, La France solidaire, ce jeudi, « n’aime pas faire des coups de communication, pour créer le buzz », précise son soutien Bernard Lehideux. « Il pourra toutefois avoir des nouvelles idées sur certains sujets en fonction du débat public », pense le membre de son équipe de campagne.  

D’abord, Bayrou pourra « réagir aux provocations des uns et des autres », imagine Jean-Luc Bennhamias. Mais aussi « aux promesses imbéciles » des autres candidats, comme la taxe pour les super-riches de François Hollande, « qu’il ne mettra jamais en oeuvre », avance l’ex-écologiste.  

Aussi ne faut-il pas attendre, de la part de François Bayrou, à « des promesses irréalisables », à l’instar dela réforme de Schengen ou du lien entre nationalité et fiscalité.  

L’important pour le candidat, c’est de « traiter des sujets qui intéressent les Français » comme l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation, répète François Bayrou. Comme à l’accoutumée depuis la déclaration de sa candidature

Lui se pose la question: « Comment allons-nous nous en sortir? » Réplique du tac au tac: « Par la solidarité entre concitoyens. » Entre les jeunes et les plus âgés, en particulier.  

« Stratégie de rassemblement »

L’élu des Pyrénées-Atlantiques propose ainsi de « ne plus couper les minimas sociaux si un parent âgé retourne vivre chez ses enfants », explique Bernard Lehideux. Cela revient en gros à inciter à « la colocation, au vivre ensemble », précise François Bayrou, ardent partisan des associations et des corps intermédiaires.  

Celui qui estime être le seul à défendre un « projet de société » veut aussi que les enfants fassent leur devoir à l’école, avant de rentrer chez eux. Avec de nouveaux profs? Bien au contraire, « puisqu’il faut maintenir le nombre de postes actuel ». Non plutôt avec des retraités à qui l’on pourrait demander de venir à l’école, histoire de « donner un coup de main aux plus jeunes », selon Bernard Lehideux. 

La solidarité touche aussi le monde économique puisque François Bayrou voudrait créer, par exemple, des emplois sans charges pour les entreprises de moins de 50 employés pourvu qu’elles embauchent un chômeur. 

Avec ces mesures répétées depuis plusieurs semaines, il ne lui reste que 39 jours pour convaincre les indécis. Et progresser de nouveau dans les sondages.  

PL

12 mars 2012

NKM assure le service après-vente des mesures de Villepinte

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet a détaillé ce lundi les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, lors de son grand meeting à Villepinte, dimanche. En particulier sur la réforme souhaitée des accords de Schengen.

Dimanche, Nathalie Kosciusko-Morizet n’est jamais montée sur l’immense scène de Villepinte. Les ralliés, les VIP, les nouvelles têtes, les cadres: tous ont eu leur petit mot avant le discours du candidat. Mais pas NKM. Etonnant pour une porte-parole.  

« J’étais invitée sur plusieurs plateaux télé », s’est-elle justifiée, le lendemain. Ce lundi, elle a détaillé les propositions du candidat et assuré le service après-vente.  

« Nicolas Sarkozy veut, pour son prochain mandat, agir en France, comme en Europe, car il s’agit du même combat », affirme, en préambule,Nathalie Kosciusko-Morizet, assez critiquée en interne.  

D’abord via une réforme des accords de Schengen que le candidat appelle de ses voeux. « Au début, il y avait cinq pays dedans, aujourd’hui il y en a plus de vingt. Tout le monde sait en Europe que cela ne marche pas bien, avance NKM. Le système est décrié et jugé insuffisant par tous les membres de l’Union européenne. Y compris par les Italiens », qui ont dû faire face à l’arrivée de migrants, notamment après les révolutions arabes.  

Sous l’initiative franco-italienne, une réforme du texte régissant la libre-circulation des personnes au sein de l’espace Schengen est déjà en cours de modification. « Mais Sarkozy veut aller plus loin », répond la porte-parole. 

« Je récuse le terme de menace »

Il propose une « exclusion » d’un pays défaillant qui « ne protège pas les frontières de l’Europe » quand la réforme en question évoque une simple « suspension ». Et il veut une « politique migratoire commune ».  

Et ce afin de « dépasser les disparités » entre les différents Etats. NKM souligne que 60% des demandes d’asiles sont acceptées par Malte contre seulement 1,5% en Irlande.  

Ensuite, il prône un « By european act », l’équivalent du « produire français », à l’intérieur de l’Union européenne, une mesure censée séduire un électorat centriste. « Si les Etats-Unis et le Japon -certes à un degré moindre-, le font, se demande NKM comme Nicolas Sarkozy, la veille, pourquoi ne le ferions-nous pas? »  

Assurer le service après-vente, c’est aussi anticiper les éventuelles critiques venant de Bruxelles ou de Berlin. Nicolas Sarkozy prévient que si « dans les douze mois », aucune avancée au niveau européen n’a été remarquée, il agirait seul, et se retirerait de l’espace Schengen. Ce qui reviendrait à quitter, plus ou moins, l’Union européenne. 

Un ultimatum, voire une menace qui ne dit pas son nom? « Pas du tout, assure NKM, je récuse ce terme de menace. » Il s’agit simplement de mettre la pression sur ses partenaires européens pour « faire bouger les choses ». Avant de botter en touche: « Pour sauver la Grèce, on n’avait que quelques jours, voire quelques semaines, donc bon… »  

PL

10 mars 2012

Que se passerait-il si Sarkozy mourait?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique

Lu initialement sur L’Express.fr

Carla Bruni a « peur » que son mari ne meure sous la charge de travail. Que se passerait-il alors, en pleine campagne présidentielle? La réponse n’est pas si claire. 

« J’ai peur pour lui », « j’ai peur pour sa santé, ça paraît bête, mais parce qu’il se donne tellement à fond, il ne se ménage pas du tout », a confié sur France 5 Carla Bruni-Sarkozy.  

D’où cette question: qu’est-il prévu, dans la Constitution, en cas de décès du président de la République? 

Si le chef de l’Etat, qui a été victime en 2009 d’un malaise vagal, disparaissait ou était « empêché » d’exercer ses fonctions (en cas de coma, par exemple), une vacance de la République serait décrétée par le Conseil constitutionnel. Le président du Sénat, en l’occurrence le socialiste Jean-Pierre Bel, prendrait dans les 24 heures les fonctions du président de la République. Comme Alain Poher, après la mort de Georges Pompidou en 1974.  

Il n’en possèderait pas toutes les prérogatives: « Il ne peut pas organiser de référendum ni poursuivre une révision de la Constitution si elle est engagée », précise le constitutionnaliste Didier Maus. Une élection présidentielle serait organisée dans les 15 à 35 jours après la disparition. « Sauf cas de force majeure, crise ou guerre, par exemple », nuance Didier Maus. 

Et si les deux hommes, le chef de l’Etat et le président du Sénat, se voient empêchés au même moment d’exercer le pouvoir? « Dans ce cas de figure, il n’y a personne d’autres, s’amuse Didier Maus. Le Sénat doit choisir un nouveau président, qui assurera l’intérim à l’Elysée. »  

Mais si le drame intervient en pleine campagne électorale? Là, ça se complique.  

- Cas numéro 1: le candidat meurt avant la publication de la liste officielle des candidats (le 19 mars prochain). Le Conseil constitutionnel n’est pas obligé de reporter les élections. 

Le parti du sortant peut encore se trouver un candidat de substitution. Alain Juppé ou François Fillon, par exemple, pour l’UMP. Même chose, d’ailleurs, pour l’opposition: Martine Aubry, finaliste à la primaire socialiste, pourrait suppléer François Hollande pour le PS. Et du côté de François Bayrou? « Je ne vois personne à part lui au Mouvement démocrate », répond Didier Maus. 

Une chose est sûre: celui-ci ne pourra, en tout cas, récupérer les parrainages de l’ancien candidat, puisqu’ils sont personnels. 

Attention, selon les candidats, les Sages peuvent réagir différemment, et tenir compte de leur importance dans le jeu politique: « Si Jacques Cheminade avait un problème, par exemple, cela ne changerait pas le paysage politique », explique Didier Maus.  

Au Conseil constitutionnel de trancher, en somme. 

- Cas numéro 2: un décès survient parmi les candidats après la publication officielle de la liste des prétendants (le 19 mars). La conséquence est sans appel: le scrutin est reporté. Qu’il s’agisse de Nathalie Arthaud, de François Hollande ou de Jacques Cheminade. Comme dans les médias, l’égalité au sens strict. 

PL

9 mars 2012

Objectif pour Mélenchon: passer devant Bayrou

Lu intialement sur L’Express.fr

Jean-Luc Mélenchon est crédité de 10% dans un sondage CSA-BFMTV-20 Minutes. Peut-il encore grimper et titiller ses adversaires tels que François Bayrou et Marine Le Pen? C’est en tout cas l’objectif affiché par le Front de gauche. 

« Tout sera possible avec un score à deux chiffres. » Cette phrase, c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’a prononcée, il y a un mois. Trente jours plus tard, le candidat du Front de gauche atteint, dans un sondage de CSA-BFM-20 Minutes, la barre des 10%. Depuis son entrée en campagne, Jean-Luc Mélenchon n’a connu aucune baisse significative dans sa progression dans les sondages depuis sa candidature. « Et ça ne s’arrêtera pas », veut croire Alexis Corbière, conseiller de Paris et membre du Parti de gauche. 

Le candidat se situe à trois points de François Bayrou. « On peut passer devant lui, souffle son soutien, le Béarnais est coincé. »  

Pourra-t-il, pour autant, faire jeu égal avec la candidate du Front national, crédité de 15% par le CSA? « Ce serait une belle victoire, juge celui qui participe à la « riposte-anti FN », qui occupe une dizaine de personnes au Front de gauche. « Nous avons réussi à remobiliser l’électorat populaire, attiré par l’abstention. Et non le FN comme on pourrait le penser à tort », insiste Alexis Corbière. 

Selon les proches de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche défend ses idées, comme « la question sociale, la répartition des richesses, la lutte contre l’austérité » avec beaucoup de pédagogie ». « Nous parlons des vies des gens et ça les touche », précise Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, membre du FDG.  

« On arrive à les convaincre, renchérit Alexis Corbière. Y compris les réfractaires, comme ce bijoutier, présent à l’émission Paroles de candidats. Ce Français choisi par TF1, s’est montré, au final, en accord « sur les moyens (à apporter) pour régler les problèmes de l’ « insécurité ».  

« Une campagne a minima »

Mais François Hollande, en tête dans les sondages, n’y est-il pas pour quelque chose? Les mélenchonistes peuvent-ils être tentés de voter sans crainte pour leur favori au premier tour avant d’aller glisser un bulletin Hollande au second tour?  

« Non, c’est un piège, ils ont tort de réfléchir ainsi, avance Bernard Cazeneuve. Le porte-parole de François Hollande se montre ravi de voir « le total de la gauche grimper dans les sondages », mais ne se « satisfait » pas du bon score de Jean-Luc Mélenchon. « Le risque d’un nouveau 21 avril existe encore », explique le porte-parole de François Hollande, qui appelle au rassemblement de la gauche « dès le premier tour. »  

La crainte est réelle. D’où l’idée de séduire les mélenchonistes, avec la taxation des plus riches? Au PS, on assure que non. Pourtant, « cette mesure légitime nos propositions, se félicite Alexis Corbière. Et les gens vont préférer l’original à la copie », sourit le conseiller, selon lequel Hollande « ne va pas assez loin » et « fait une campagne à minima ». 

Jean-Luc Mélenchon abonde en ce sens. Dans une interview accordée au mensuel Regards, dirigé par Clémentine Autain, membre du Front de gauche, il lâche: « L’option de François Hollande, n’est pas celle d’un rapport de forces avec le capitalisme financier, mais une relation d’arrangements. » 

Le fameux « capitaine de pédalo » lui avait permis de grimper quelque peu dans les sondages. Alors pour aller titiller François Bayrou…

PL

8 mars 2012

Que faire après une défaite à la présidentielle?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique

Lu initialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy ne veut plus faire de la politique en cas de défaite en mai 2012. Quels ont été les choix de ses prédécesseurs et des candidats qui ont échoué à ce scrutin présidentiel?

Sarkozy l’a confirmé, ce jeudi, sur RMC. Il compte arrêter la politique en cas de défaite en mai 2012. « Vous n’entendrez plus parler de moi si je suis battu », avait-il déjà confié à quelques journalistes en Guyane.  

Quitter la vie politique après une défaite à la présidentielle? Certains laissent tomber, mettent un terme à leur vie publique. D’autres renoncent à se représenter, mais ne stoppent pas pour autant leur carrière. D’autres, encore, ne renoncent jamais, tentent, retentent jusqu’à l’éventuelle victoire.  

Le déserteur

Lionel Jospin, Premier ministre dont les sondages indiquent, peu avant le scrutin de 2002, qu’il pouvait battre le chef de l’Etat sortant, ne passe pas le premier tour. Pire, il est devancé par Jean-Marie Le Pen. « Tonnerre » dans la vie politique française. Dans son allocution après l’annonce des résultats, il fait part de son intention de quitter la vie politique française (après avoir déjà connu l’échec, en 1995).  

Plus tard, il invoque, entre autres, son âge, près de 65 ans, à l’époque. Il ne veut pas de commission, ni d’une mairie. D’où son retrait, laissant derrière lui un PS orphelin.  

Un mois après la sortie de son livre Le Monde comme je le vois, en octobre 2005, on lui demande, sur Europe 1, s’il désire se (re)présenter. La réponse est sans appel: non.  

Ce qui ne l’empêche pas de tacler la campagne électorale de Ségolène Royal en 2007. Et de soutenir François Hollande en 2012. 

Les mythos

Le soir du second tour, il se présente assis devant les Français, dit « au revoir ». Puis quitte la salle. La scène d’adieu de Valéry Giscard d’Estaing, après la défaite, a marqué les esprits. Voulait-il démontrer qu’il renonçait à briguer à nouveau le suffrage universel? Pas vraiment…  

VGE n’a jamais abandonné l’idée de revenir au sommet. Il attendra son heure, qu’il espère, à l’époque, arriver au scrutin de 1988. En vain, puisque Raymond Barre prend sa place. Il apporte ensuite un autre souffle à sa carrière en se faisant élire à l’Assemblée nationale. 

Quand Jacques Chirac démissionne de son poste de Premier ministre, il confie à son meilleur ennemi, VGE: « Je ne sais pas encore ce que je vais faire, lui souffle-t-il, cette année-là. J’hésite entre plusieurs possibilités. L’une d’elle serait d’ouvrir une galerie de peinture. [...] En tout cas, une chose est sûre, vous n’entendrez plus parler de moi! »  

On connait la suite. L’ancien maire de Paris n’abandonne pas l’idée d’emménager à l’Elysée. Pire, après son premier échec, en 1981, il aurait appelé en privé, selon Giscard d’Estaing, à voter François Mitterrand pour le second tour. Eviter que son meilleur ennemi, à qui il a menti, ne rempile à l’Elysée. 

Les persévérants

L’Assemblée nationale serait-il un lieu de consolation pour les candidats défaits et déçus? Ségolène Royal, en cas de victoire, en mai 2012, de son ex-compagnon, pourrait se voir attribuer le perchoir. Si, bien sur, celle qui avait pleuré suite à sa défaite à la primaire socialiste, devient députée. 

La Dame du Poitou s’inspire de François Mitterrand, son modèle. Lui non plus n’a jamais abandonné, l’espoir fait vivre…  

Il critique le général de Gaulle en 1958, se positionne contre l’élection du président au suffrage direct, publie Le coup d’Etat permanent en 1964. Mais il se présente en 1965, en 1974, cinq ans après n’avoir pu être candidat, et en 1981. Soit l’élection qui le hisse au sommet pendant deux septennats

Cette statistique, en tout cas, donne des idées à François Bayrou, candidat pour la troisième fois d’affilée à la présidentielle. Fera-t-il mieux qu’en 2007? 

Les discrets

Edouard Balladur, Premier ministre, champion des sondages en 1995, ne remporte pas, on le sait, l’élection présidentielle. Le troisième homme de se scrutin, ne se retire pas pour autant de la vie politique, mais retourne à l’Assemblée nationale. Il y restera jusqu’en 2007. Retraite, ensuite? Presque, il travaille un peu pour Nicolas Sarkozy qui lui propose, aussi, de devenir membre du Conseil constitutionnel. Offre qu’il décline… 

Alain Poher, ensuite. En tant que président du Sénat, entre 1968 et 1992, il assure deux fois l’intérim, respectivement à la démission de Charles de Gaulle, en 1969, et à la mort de Georges Pompidou, en 1974. Sa « deuxième fois » lui donne des envies. Il se présente à cette élection. Mais il n’atteint pas le second tour. Il se retire alors sur ses terres, le Sénat, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa retraite politique.

PL

6 mars 2012

Des paroles et des actes: Laurent Fabius va-t-il faire trébucher Nicolas Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Laurent Fabius se confrontera, ce mardi soir sur France 2, à Nicolas Sarkozy, dans l’émission Des paroles et des actes. Comment l’ancien Premier ministre fonctionne-t-il dans un face-à-face? Retour sur quelques-unes de ses prestations.

Qui aura la lourde tâche de représenter François Hollande dans le premier débat auquel participera Nicolas Sarkozy depuis son accession à l’Elysée? Pas un ami de trente ans, pas même un fidèle soutien politique. Non. Plutôt un ex-opposant interne, observateur critique de ses années à la tête du PS.
Ce mardi, c’est Fabius-Sarkozy. L’ancien chef de gouvernement de François Mitterrand portera, ce mardi soir, la contradiction au président sortant, lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2.
Un débat très attendu pour celui qui aux quatre coins du monde, représente le candidat du PS, avec qui, pourtant, il ne s’entend pas du tout. « Hollande, président? On croit rêver », avait-il notamment soufflé en avril dernier devant des étudiants.
Laurent Fabius, qui a travaillé sur les 100 premiers jours de la présidence éventuelle de François Hollande, est-il le meilleur pour le défendre face au candidat de la majorité?

Poser une question pour déstabiliser

En 1986, le jeune Premier ministre, âgé de 40 ans, n’avait cessé, lors d’un débat face à Jacques Chirac, d’interrompre l’alors maire de Paris. Qui finit par le traiter de « roquet ». Laurent Fabius, un brin déstabilisé, lâche alors cette phrase, restée célèbre pour s’être retournée contre son auteur: « Je vous en prie, vous parlez au Premier ministre de la France! » Le tout accompagné d’un geste de la main d’une grande condescendance.
Depuis, celui qui fut aussi président de l’Assemblée nationale a poli son image et s’est imposé comme un débatteur madré et redoutable. Sa technique préférée: poser une question à son adversaire d’un jour, pour le déstabiliser.
C’est ce qu’il fait face à Jean-Louis Borloo, lors de l’entre deux tours des élections législatives de 2007, qui a suivi la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy. « Monsieur Borloo, vous pouvez répondre par oui ou par non, propose, avec le sourire, l’ex-chef du gouvernement. Pouvez-vous nous dire devant des millions de gens qui nous écoutent qu’il n’y aura pas d’augmentation de la TVA après les élections? »
Une stratégie payante? La réplique embarrassé de celui qui est alors ministre de l’Economie du premier gouvernement Fillon aurait selon les mauvaises langues favorisé un sursaut du PS et coûté le siège à plusieurs dizaines de candidats UMP.

Tel un maître face à son élève

En 2002, déjà, suite à la défaite du PS aux législatives, Laurent Fabius interpelle, en pleine soirée électorale, son adversaire de l’UMP, le lyonnais Dominique Perben, à l’époque garde des Sceaux. « Si des députés UMP proposent des amnisties politico-financières, comment réagira le gouvernement? », demande Laurent Fabius.
Cette manière de provoquer son adversaire semble lui coller à la peau. En mars 2010, face à Eric Woerth, dont le parti vient de perdre les élections régionales, Laurent Fabius s’amuse pour critiquer les éléments de langage des ministres: « Si ce soir, on dit que le scrutin n’est pas une sanction contre l’UMP et le gouvernement, c’est un certain humour », sourit-il.
Et ça marche, ce genre de provocation… Lors du même soir, il débat, entre autres, avec Xavier Bertrand. En parvenant à l’agacer quand il évoque la politique du bouclier fiscal. Réplique du patron de l’UMP: « Vous ne manquez pas de toupet, vous qui avez été à l’origine de l’allègement de la fiscalité des stock-options. » Réponse immédiate de l’intéressé, tel un maître devant son élève: « C’est une contre-vérité. »
Osera-t-il s’en prendre ainsi, ce mardi soir, au chef de l’Etat sortant, qui aimerait, lui, le déstabiliser en soulignant « sa carrière en zigzag »?

PL

1 mars 2012

Le salon de l’Agriculture, un terrain miné pour Eva Joly

Publié par canarddeletang dans Economie, Elections, les Ecologistes, politique francaise, Societe

Lu initialement sur L’Express.fr

Eva Joly s’est, à son tour, rendue au Salon de l’Agriculture, ce jeudi, pendant trois heures. Elle a rencontré le président de la FNSEA, malgré les mauvaises relations entre le syndicat et les écologistes. L’Express y était. 

Quand Eva Joly s’était rendue au Salon de l’agriculture, en 2011, on la prenait pour la femme de José Bové. Elle marchait à côté de lui et n’était pas encore candidate à la présidentielle.  

Ce jeudi-après-midi, à la Porte de Versailles, ils se baladent encore côte à côte, entre les stands de bovins et de légumes. Mais les gens ne font plus l’erreur. Eva Joly a gagné en notoriété. Les visiteurs du Salon la reconnaissent à ses lunettes rouges.  

Souriante, elle prend le temps d’échanger avec quelques producteurs, de boire un peu d’eau, et même un verre de vin blanc. On lui présente des produits locaux, lui offre quelques mets. 

Il n’empêche: on entend plus de « José, José » quand il passe devant les badauds. Lui tenait « pendant des années » le stand de la Confédération paysanne, le seul syndicat agricole de gauche, minoritaire parmi des agriculteurs majoritairement de droite et franchement opposés aux écologistes. 

« Un gros malentendu »

Même ceux, dont on pourrait croire qu’ils sont bien disposés à l’égard de l’ancienne magistrate. Comme ce paysan, qui « produit du bio en Provence » et qui lui lance un « bouh ». « Elle est contre tout le monde, elle défend les 32 heures mais moi, à 66 ans, je travaille 70 heures. » Ce à quoi réplique le patron des Jeunes écologistes, Wandrille Jumeaux, présent à l’occasion: « Eva Joly ne propose pas les 32 heures pour tout le monde, les agriculteurs travaillent forcément plus car ils n’ont pas toujours l’argent pour créer de l’emploi et déléguer des tâches. »  

Julien Bayou, qui accompagne la candidate d’EELV, évoque, lui au début de la visite, « un gros malentendu » avec les agriculteurs.  

Les relations restent tendues avec la FNSEA, syndicat classé à droite. « C’est un lobby de dingue », sourit Julien Bayou à son arrivée dans le hall principal du Salon. « Nous ne sommes pas d’accord sur leur modèle productiviste, mais Eva Joly y va pour dialoguer. » Et leur dire quoi ? « Qu’ils se trompent sur les pesticides, les OGM, mauvais pour la santé. » Michel Dupont, collaborateur de José Bové, qui dirige Eva Joly entre les stands, l’affirme haut et fort: « Les solutions des écolos sont celles de l’avenir. » 

« Nous ne sommes pas entendus »

La FNSEA ne le pense pas. Son président Xavier Beulin a toutefois rencontré Joly pendant vingt minutes. Et de manière courtoise. « Le modèle intensif et productiviste a montré ses limites », lui a expliqué la candidate, qui plaide pour une réforme de la PAC, afin qu’elle soit plus juste. Un peu comme François Hollande, qui veut redistribuer les aides. La candidate EELV souhaite aussi la mise en place d’un « circuit court entre producteurs et consommateurs » pour ne pas que le prix grimpent à cause d’intermédiaires.  

Le collaborateur de José Bové, Michel Dupont, parle « du produire local ». Qu’en est-il de l’agriculture biologique ? N’est-ce-pas plus cher ? « Sûrement, mais c’est surtout plus rémunérateur en terme d’emplois », avance Julien Bayou. 

Près du stand, une personne confie qu’elle ne l’aime pas et se demande pourquoi elle est là. Julien Bayou, qui justifie sa présence, se fait traiter de « merdeux ».  

Le sénateur de Loire-Atlantique Ronan Dantec, venu avec Jean-Vincent Placé, pour montrer que « la candidate n’est pas seule », l’admet volontiers: « Nous ne sommes pas entendus par la majorité des paysans. » Pas facile de réconcilier écologistes et agriculteurs.

PL

1 mars 2012

Pourquoi Bayrou stagne dans les sondages

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre

Lu intialement sur L’Express.fr

François Bayrou est crédité de 10,5 à 13% des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle. Il y a encore un mois, on envisageait sa présence au second tour. Comment le Modem explique-t-il cette baisse de régime? 

Si François Bayrou était au second tour, il gagnerait à tous les coups. Peu importe son rival, François Hollande ou Nicolas Sarkozy. 65 % des Français, interrogés par l’Ifop, ont une bonne image du candidat du Modem. Ce qui fait de lui l’un des hommes politiques les plus populaires.  

Seul souci: avant le deuxième tour, il y a le premier. Et les intentions de vote, à ce sujet, stagnent depuis quelques semaines. Les instituts de sondages le créditent de 10,5 à 13 %, soit le niveau atteint après sa déclaration de candidature début janvier.  

« Si rien ne bouge d’ici la fin mars, cela deviendra mission impossible, admet Jean-Luc Bennahmias, soutien écolo de François Bayrou. Ce sera dur pour le candidat mais rien n’est encore joué et il est solide. »  

Yann Wehrling, porte-parole du Modem, va un peu plus loin: « Les sondages restent figés pour tout le monde, il n’y aucune dynamique, mais seulement des baisses et des hausses d’un ou deux points. » Il songe, notamment, à Nicolas Sarkozy qui rattrape un peu François Hollande à cause de ralliements de petits candidats comme Hervé Morin, Christine Boutin et Frédéric Nihous

Les Français, « pas entrés en campagne »

Mais le candidat-président et le socialiste attirent une majorité d’électeurs qui avaient voté pour leur camp il y 5 ans. Ce qui n’est pas encore le cas pour François Bayrou, selon la TNS Sofres. Celui-ci ne récupère pour l’instant que moins de la moitié de ses électeurs de 2007. Et plus de 50% de ceux qui veulent glisser un bulletin Bayrou dans l’urne le 22 avril prochain ne sont pas certains de leurs choix.  

Mais que se passe-t-il? Bayrou, interrogé par l’Express, lors d’une sortie en métro la semaine dernière, avait expliqué que les Français n’étaient pas « entrés en campagne ». Du moins, pas encore, « en raison des vacances d’hiver ».  

« Ceux qui s’intéressent de loin à la politique », dixit Bennahmias, n’entendent, pour l’instant, que « des bruits de fonds », sourit Bernard Lehideux, membre de l’équipe de campagne. D’où la précision du porte-parole, Yann Wehrling: « Les Français ne sont pas attentifs car la campagne n’est pas à la hauteur de ce qu’ils attendent. » 

Pourquoi? « Les principaux candidats, qu’on entend sans arrêt, n’abordent pas les enjeux essentiels », avance l’ancien écologiste Yann Werhling, reprenant à son compte la critique du « monopole médiatique », la fameuse « sark-hollandisation », chère à François Bayrou. « Chacun des deux parlent plus fort pour se faire entendre », commente Bernard Lehideux. 

« C’est normal d’être plus aggressif »

Ainsi, ce dernier n’arriverait pas à faire entendre sa voix. « En février, le Modem était dans une phase de réflexion et de rencontres avec les Français, analyse Bernard Lehideux, ancien responsable des meetings de VGE. Il faudra convaincre désormais, faire en sorte que les idées du Mouvement démocrate pénètrent davantage sur le terrain, parler de l’équilibre des finances et de la politique fiscale. » 

Et ce, dit-on au Modem, grâce la stricte égalité du temps de parole de tous les candidats imposée dans les médias de l’audiovisuel. 

Mais aussi en tapant plus fort, pour reprendre la main? François Bayrou hausse un peu plus le ton depuis quelques jours sur ses rivaux de droite et de gauche. PS et UMP, qui ont « des affaires à la pelle et des cadavres dans les placards », « ont mis à mal sans cesse la séparation des pouvoirs », a expliqué, par exemple, François Bayrou lors de son dernier forum, ce samedi, sur la moralisation de la vie publique.  

« Il l’a toujours dit, mais c’est vrai que le choix des mots a évolué », admet Wehrling. « C’est normal d’être un peu plus aggressif, renchérit Jean-Luc Bennahmias, les autres candidats ne se gênent pas non plus. » En attendant, l’ancien membre des Verts prévient: « Il ne faudra pas trop le faire, car ensuite il faudra rassembler le pays. »  

Eh oui… Malgré tout, les bayrouïstes voient toujours leur champion à l’Elysée.  

PL

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