le Canard de l’Etang

31 janvier 2012

Morin, Mélenchon, Villepin pour un référendum sur le nucéaire

Publié initialement sur L’Express.fr

Trois candidats, le gaulliste Villepin, le centriste Morin et l’ex-socialiste Mélenchon, défendent l’organisation d’un débat sur l’énergie de demain et la tenue d’un référendum sur le nucléaire. 

Sept candidats à la présidentielle se sont prêtés, samedi dernier, au jeu de l’association France Nature Environnement… Parmi eux, trois prétendants à l’Elysée, Dominique de Villepin, Hervé Morin, et Jean-Luc Mélenchon, proposent, en choeur, une consultation populaire sur l’épineuse question de l’énergie (comme Daniel Cohn-Bendit, dans le JDD). 

Il ne s’agirait pas simplement de poser une question sur le style: « Voulez-vous sortir du nucléaire ? » Trop bateau… Et puis, « ce serait démagogique, défend un membre de l’entourage de Dominique de Villepin, car tout le monde est conscient des risques de l’atome. » 

Non, mieux vaut débattre d’un sujet plus large. Dominique de Villepin souhaite un « Grenelle de l’énergie portant sur le mix énergétique ». Il s’agirait de réunir autour de la table associations et citoyens pour « définir la voie à suivre dans les prochaines décennies, sans oublier d’évoquer les ressources fossiles comme le gaz de schiste », dit-on dans l’entourage de l’ex-Premier ministre. 

Des tables rondes et des débats à la télé?

Philippe Vigier, secrétaire général du Nouveau centre, évoque, pour L’Express, « un débat sur le bouquet énergétique de demain, dont les énergies renouvelables ». 

Et du côté du Front de gauche, on veut discuter de « la sortie programmée du nucléaire, mais aussi de l’avenir des énergies carbonées, qui contiennent du gaz à effet de serre, et de l’économie d’énergie nécessaire, dans le logement par exemple. »  

Eric Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, imagine des tables rondes, des meetings, des face-à-face à la télévision. Il veut suivre « le modèle de la campagne pour le non au Traité européen en 2005″.  

Mais comment solliciter l’avis des Français sur un sujet aussi complexe? Le PS ne veut pas d’un référendum de ce genre, a déjà expliqué l’équipe de François Hollande, puisque ce serait poser une question trop compliquée.  

Pourtant, « les Français ont déjà répondu à des questions complexes comme sur le sort de l’Algérie et sur les institutions de la Ve République », réplique-t-on dans l’entourage de DDV. « Les Français sont adultes », renchérit Philippe Vigier du Nouveau centre. 

Les Français, friands du nucléaire?

Dernière question, à quoi sert un référendum si le candidat défend déjà une position? Ainsi, Dominique de Villepin prône une baisse de la part du nucléaire à 50% de la production de l’éléctricité d’ici à 2035. « Mais il convient de trouver un chemin qui fait consensus en France. D’où le débat », explique-t-on à République solidaire. 

« A titre personnel, Jean-Luc Mélenchon défend aussi la sortie progressive du nucléaire. Mais il veut interroger ses concitoyens car ce débat traverse toute la société », glisse Eric Coquerel. Y compris au sein du Front de gauche, admet-il volontiers. « La preuve: quand le Parti de gauche y est favorable, le PCF, pas du tout ». Et d’ailleurs, lui-même a changé récemment d’opinion. Avant Fukushima, il défendait encore le nucléaire.  

Un peu comme Hervé Morin qui soutient, encore aujourd’hui, cette énergie, garant, selon Philippe Vigier, « de l’indépendance de la France ». « Les Français, croit-il savoir, restent favorables à ce type d’énergie à condition qu’il soit plus sécurisé. » C’est ce que l’on verra peut-être si un débat public a effectivement lieu. 

28 janvier 2012

Sarkozy et l’environnement: du Grenelle au désamour?

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet va défendre, ce samedi, son Grenelle de l’environnement auprès de l’association France Nature environnement. L’occasion pour LEXPRESS.fr de revenir sur l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour les questions écologiques. 

Elle aura à coeur de défendre le bilan de « son » Grenelle. Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à passer, ce samedi, un oral de quinze minutes auprès de l’association France Nature Environnement (FNE). Sur le modèle de ce qu’avait fait Nicolas Hulot en 2007 avec son « pacte écologique », FNE veut entendre ce que les candidats à la présidentielle ont à dire sur le sujet de l’écologie. 

La tâche est lourde pour NKM, tant Nicolas Sarkozy s’est éloigné de ses premières amours pour le développement durable, matérialisées par le Grenelle de l’environnement. En mars 2010, le chef de l’Etat lâchait même: « L’environnement, ça commence à bien faire ». Et début janvier 2012, il critiquait les règles écologiques administratives trop « tatillonnes ». 

La ministre de l’Ecologie préférera certainement insister sur les prochains mois, voire sur le prochain quinquennat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy en mai prochain. Pour le moment, l’UMP ne propose rien de plus que « la poursuite du travail du Grenelle », perçu comme une « révolution » au parti majoritaire, comme l’affirme le député sarkozyste Alain Gest. « La Cour des comptes nous a même reprochés d’avoir vu trop grand, notamment sur les transports et les économies d’énergie », claironne l’élu de la Somme, chargé des questions d’énergie à l’UMP.  

Son collègue des Bouches-du-Rhône, Eric Diard, qui s’occupe des questions d’écologie, se félicite, lui, de la création de « la taxe sur les véhicules bonus-malus qui a fait que la France possède désormais le parc automobiles le moins polluant d’Europe. » A propos du Grenelle, « le bilan est parfois mitigé, admet l’élu. La réduction des déchets avance lentement, par exemple. Mais ce n’est pas en six mois que cela se joue, il faudra attendre plusieurs années ».  

Un bilan « mitigé »

Le rapporteur de la loi Grenelle II, le député radical Bertrand Pancher, abonde en ce sens. « Il y a eu des avancées » mais « la France pourrait mieux faire ».  

« Des décisions sont prises au niveau national sans toujours se préoccuper des caractéristiques des territoires », avance cet élu de la Meuse. Qui prend l’exemple de l’obligation d’installer devant chaque cours d’eau une bande de plantation ou d’herbes: « Il est parfois dur d’appliquer cette règle en raison de certains terrains drainés. »  

Autre difficulté évoquée par l’élu radical: l’opposition des habitants à l’installation d’éoliennes terrestres qui augmentent petit à petit. « Dans ma circonscription de Bar-le-Duc, explique Pancher, il y en a presque 300, ce qui pose des problèmes de télévision et de nuisances visuelles. » 

L’installation de cette source d’énergie sur le territoire français reste toutefois insuffisante, selon Jean-Louis Bel, président du syndicat des énergies renouvelables. « Il ne faut pas confondre déception et impatience », sourit Eric Diard.  

Des mesures fiscales incitatives dans le projet UMP

Des couacs, il y en a eu et il y en aura toujours, compte tenu de l’ampleur des décisions actées dans le Grenelle. La Cour des comptes en a retenu un majeur dans un rapport récent, qui critique le volet fiscal du Grenelle « pas respecté, incohérent, (et) inefficace ». « On a échoué sur la taxe carbone, admet Eric Diard, mais ce n’est pas de notre faute, le Conseil constitutionnel a censuré le texte. » 

Plus que le contenu même du Grenelle, ce sont les récents propos du chef de l’Etat, qui interpellent les associations. France nature environnement a très certainement hâte d’entendre ce que Nicolas Sarkozy, par le biais de NKM, a à leur dire.

P.L

23 janvier 2012

A quoi ressemblera le débat de François Hollande sur l’énergie?

Lu initialement sur L’Express.fr

Hollande propose l’ouverture « d’un débat sur l’avenir de l’énergie en France » au début de son mandat présidentiel. Quelle sorte de consultation? Avec quels acteurs? Les écolos sont sceptiques.

François Hollande a surpris, dimanche après-midi au Bourget, en dévoilant un pan de son programme. Ainsi sur l’énergie, il souhaite mettre en place, si les Français lui confient mandat, « un plan d’économie d’énergie » et, surtout, « un débat sur l’avenir de l’énergie en France ».

« Il faut en effet mobiliser le plus grand nombre, faire de la pédagogie », précise François Brottes, chargé des questions de l’énergie pour le candidat socialiste. Ce député de l’Isère, coprésident d’un groupe d’études sur les énergies de l’Assemblée nationale, évoque une consultation des citoyens « très vite » après l’éventuelle élection de François Hollande. Et ce « en vue d’expliquer aux gens comment nous pouvons contrôler la consommation d’énergie », « accompagner les familles pour qu’elles modifient leur comportement ».

S’agit-il d’inviter les Français à éteindre leur lumière dans une pièce non occupée? Pas seulement, sourit François Brottes: « Baisser la température des radiateurs, la nuit, aussi. » Plus sérieusement, « sans compréhension des Français, sans responsabilisation des consommateurs, il n’y aura pas d’économie de consommations d’énergie. »

Qu’en pensent les Verts? « Hollande évolue dans le bon sens, modestement, glisse Sergio Coronado, directeur de la stratégie et de la communication d’Eva Joly. Les écolos ont toujours été favorables aux débats. Mais si Hollande ne prend pas position, cela ne sert à rien. Car il ne s’agit pas seulement de montrer aux Français comment moins consommer. »

L’écologiste songe alors à la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’organiser un débat sur les centrales nucléaires: « Les Français ne sont pas des zozos, ils ont un avis sur la sortie de l’atome, tacle-t-il. On peut leur poser la question. »

Mais une consultation populaire en vue de l’organisation d’un référendum, le PS n’en veut pas. « C’est un sujet complexe, on ne peut pas simplifier en posant la question aux Français, sur le nucléaire », explique François Brottes.

Le temps législatif et le temps du débat

Le député PS reconnait que les modalités précises du débat ne sont pas encore arrêtées. Toutefois, une chose est sûre: « Il faudra mettre autour d’une table associations, consommateurs, ainsi qu’opérateurs pendant quelques mois. »

Mais comment arrêter un certain nombre de mesures avant l’élection et en même temps proposer une consultation? Cela peut-il faire évoluer les propositions du candidat après son éventuelle victoire, le 6 mai 2012?

Oui, confie François Brottes, le débat pourra conduire à des « ajustements » dans le projet du candidat. « Si nous trouvons des chemins plus adéquats pour parvenir aux objectifs de François Hollande, il est possible qu’il y ait quelques changements. Tout dépend des collectivités locales qui seront aussi impliquées dans cette consultation. »

En revanche, assure François Brottes, comme « il faut aller vite sur certains points, on n’attendra pas l’issue du débat pour débuter le temps législatif ».

Quelles mesures seront prioritaires au Parlement? Pour le savoir, il faut attendre quelques jours encore.Hollande présentera son programme détaillé et chiffré, ce jeudi. Patience, donc…

PL

18 décembre 2011

Les écolos bouclent la difficile question des investitures

Publié par canarddeletang dans Elections, les Ecologistes, politique francaise

Le Conseil fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts se réunit, ce week-end, pour valider les investitures aux législatives de juin 2012. Pas si facile, même pour les écolos… 

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Il n’y a pas qu’au PS et à l’UMP que les investitures pour les législatives posent problème. A Europe Ecologie – Les Verts (EELV), aussi. Le conseil fédéral se réunit, ce week-end, pour valider ses candidats. Et ce ne sera guère une partie de plaisir.  

A cause, notamment, de l’accord signé entre les écologistes et les socialistes qui prévoit, en vue des législatives de juin 2012, près de 80 candidatures communes entre les deux partis. L’idée de départ? Eviter les divisions à gauche et « les duels au second tour entre la droite républicaine et le FN », précise David Cormand, secrétaire général chargé des élections à EELV. Avant d’admettre que les conséquences peuvent être désastreuses: « C’est toujours compliqué quand il s’agit de l’ego des gens », sourit l’écolo. 

Et ces « gens » sont répartis aux quatre coins de la France, si bien que la direction nationale semble faire face à une fronde des fédérations. En Normandie, deux responsables ont ainsi démissionné au début du mois de décembre.  

La situation est plus difficile dans les Bouches-du-Rhône. Dans ce département, trois circonscriptions sont réservées aux écologistes. Mais les socialistes leur ont offert deux qu’ils ne souhaitaient pas: « Elles sont ingagnables, s’insurge Anne-Laure Faugère, porte-parole des écolos de la région PACA. Les socialistes n’ont pas respecté l’accord dans notre département. » D’où la volonté des Verts locaux de présenter leur propres candidats dans les 16 circonscriptions du département. Et donc d’entrer en concurrence avec leurs homologues socialistes faisant ainsi fi de l’accord avec le PS.  

Les élus de ce département rejettent, aussi, la candidature de Christophe Masse et de Jean-David Ciot, des proches de Jean-Noël Guérini, le puissant patron des Bouches-du Rhône, mis en examen. « On ne veut pas d’élus corrompus qui font ce qui veulent des subventions publiques, tonne la porte-parole écolo. Place aux autres! »  

« De toute manière, seule l’instance nationale des Verts peut valider les investitures, glisse Cormand. On ira donc sur place en janvier avec Jean-Vincent Placé pour régler ce différend avec les élus locaux. » 

« La direction de EELV ne soutient guère l’ouverture »

Un autre souci au sein du mouvement concerne la relation entre les Verts historiques et « les ex-non Verts », selon l’expression de Cormand, désignant les membres du rassemblement de la mouvance Europe-Ecologie, lors des élections européennes de 2009. Marie Bové, qui en fait partie, n’a pas obtenu l’aval des militants locaux (pourtant très peu nombreux le jour de l’assemblée générale consultative) pour se présenter en Gironde, à Bordeaux-II. « La direction nationale de EELV ne soutient guère l’ouverture vers la société civile d’Europe Ecologie », estime la fille de José Bové.  

Celle-ci, déçue du résultat, cite d’autres membres de la nouvelle génération de la formation à avoir échoués devant les adhérents. Le proche de Nicolas Hulot, Pascal Durand, n’a pas non plus convaincu les adhérents de la 10e circonscription de Paris. Pourquoi un échec ? On a reproché à Marie Bové de ne pas être assez implantée à Bordeaux… « Mais j’y milite depuis quinze ans », répond-t-elle, ajoutant, selon ses comptes, que le futur groupe écolo à l’Assemblée nationale ne sera composé presque que d’anciens cadres des Verts.  

Pour éviter tel scénario, David Cormand envisagerait de lui proposer une autre circonscription. « Je l’ai trouvée courageuse de se présenter à Bordeaux », précise-t-il. Réplique de l’intéressée: « Je respecte le choix des adhérents, je suis contre toute sorte de parachutage ou de bidouillage. » 

P.L

15 décembre 2011

Mais où Jack Lang sera-t-il parachuté ?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, PS

Le député PS se cherche un nouveau fief pour les législatives de juin 2012. Où sera-t-il accueilli? Le patron de la fédération socialiste de la Somme vient de lui proposer une circonscription à Amiens. Mais la situation est bien compliquée. 

Jack Lang ne se représentera pas dans la 6e circonscription du Pas-de Calais. Le député socialiste l’a fait savoir, le 30 novembre dernier, avant le vote des militants. Pour preuve de bonne foi, il a même félicité Brigitte Bourguignon, l’adjointe au maire de Boulogne-sur-Mer, qui a obtenu l’investiture par le PS.  

Rien à voir avec le courrier, daté du 21 novembre, d’Arnaud Montebourg sur « le système de corruption » qui toucherait certains élus du Nord, jure-t-on dans l’entourage de Jack Lang. 

Voilà donc l’ancien ministre de la Culture à la recherche d’un nouveau point de chute. Selon Le Parisien daté de ce mercredi, la direction du Parti socialiste verrait bien l’ancien ministre de François Mitterrand candidat dans les Vosges à Saint-Dié, dans le département où il est justement né. 

Jack Lang se verrait plus rester dans le Nord de la France, et plus précisément à Amiens-ouest. Nicolas Dumont, le patron de la fédération socialiste de la Somme, l’accueillerait volontiers. Lui-même prêt à se présenter, il a expliqué, ce mercredi matin sur les ondes de France Bleu Picardie, qu’il pourrait laisser sa place à l’ancien ministre de l’Education nationale. Un appel qu’aurait apprécié l’intéressé: « Il est honoré et touché », dit-on dans son entourage. 

Un parachutage semé d’embûches

L’affaire est-elle pliée? Pas vraiment, car la situation est plus compliquée. Christophe Borgel, le secrétaire national socialiste chargé des élections, dément l’appel de son concurrent: « Je ne le comprends pas, il n’a pas dit la même chose » à la direction du PS. Une chose est sûre, selon lui : « Jack Lang ne sera pas candidat à Amiens-ouest. » 

Justement, le Monsieur élections des socialistes se verrait bien candidat dans cette première circonscription de la Somme. Ce qui a tendance à irriter le Premier secrétaire fédéral: « Christophe Borgel, avec qui je n’ai pas de contact depuis des semaines, ne veut pas passer par le vote des militants. Or, les adhérents ont le droit de choisir leur candidat. » 

Que faire de Lang, alors ? Suspens, les discussions sont en cours. 

P.L

14 décembre 2011

Le FN cajole l’électorat juif

Le vice-président du FN Louis Aliot est rentré d’un voyage en Israël, mardi soir. Ce voyage illustre la volonté de son parti de toucher l’électorat juif. Et ce depuis plusieurs années. 

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Le Front national tente le tout pour le tout. Une véritable opération séduction, entamée en 2004, est à l’oeuvre pour draguer l’électorat juif de France, qui boude depuis toujours le vote Le Pen. Le voyage en Israël de Louis Aliot, entre dimanche et mardi soir, en est une nouvelle illustration.

A peine élue députée européenne, en 2004, Marine Le Pen s’inscrit au voyage d’une délégation de parlementaires en Israël, prévue deux ans plus tard, afin d’y rencontrer, entre autres, le chef du gouvernement Ehud Olmert et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le voyage sera finalement annulé, les autorités israéliennes refusant de rencontrer un réprésentant frontiste. Conséquence des propos de Jean-Marie Le Pen sur le « détail » des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale.

Pour Marine Le Pen, la tentative de rapprochement avec la communauté juive fait presque figure d’obsession. Depuis près de dix ans, elle cherche à rencontrer quelques-uns de ses membres. Comme le raconte Romain Rosso, journaliste à L’Express, dans son livre La Face cachée de Marine Le Pen (Flammarion), elle décroche un rendez-vous avec le président de l’association France-Israël, l’avocat Gilles-William Goldnadel, en 2004, parfois perçu comme trop à droite, par le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Le Crif refuse de recevoir Marine Le Pen. En janvier 2006, son président d’alors, Roger Cukierman, lui tourne carrément le dos.

La victoire symbolique de Washington

Il faut attendre son élection à la tête du FN, en janvier 2011, pour que Marine Le Pen reprenne son opération séduction. Elle accorde au quotidien israélien de centre-gauche Haaretz un entretien et insiste sur l’aspect « pro-sioniste » de sa formation politique. Et explique au Point, en février dernier, que les camps de concentration étaient un « summum de la barbarie ».

Marine Le Pen insiste. Elle veut s’adresser aux juifs de France et s’invite à Radio J en mars 2011. Mais au dernier moment, la radio annule sa venue. « Cette invitation prenait des proportions trop importantes », explique alors Frédéric Haziza, le chef du service politique de la radio de la communauté juive.

Echec et mat? Marine Le Pen ne s’avoue pas vaincue. L’épisode suivant a lieu deux mois plus tard, à l’occasion d’un entretien accordé à Israël Magazine, au cours duquel elle assure que les « juifs n’on rien à craindre du Front national ». Puis en novembre, lors d’un voyage aux Etats-Unis. A Washington, elle finit par croiser l’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor, et échange avec lui sur la situation de l’Europe.

Mais la controverse enfle immédiatement. Le diplomate savait-il réellement qui il rencontrait? Le FN assure que oui. L’Etat hébreu jure le contraire.

Aliot a vu « en privé » des parlementaires israéliens

Prochaine étape pour la présidente frontiste: se rendre en Israël, ce qu’elle envisage depuis de longues années, et prendre langue avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu. C’est loin d’être gagné… Pour preuve, les difficultés qu’a dû surmonter Louis Alliot.

Le mystère plane autour des rendez-vous du numéro 2 du FN, durant son voyage de trois jours. Il se serait entretenu, « en privé », affirme-t-il sur les ondes de France Inter, avec des « élus locaux » de presque toutes les tendances politiques. Mais il ne veut pas donner de noms. A peine affirme-t-il avoir été « bien » accueilli, alors qu’il ne s’est pas excusé pour les propos de Jean-Marie Le Pen, toujours président d’honneur de son parti.

Il aurait aussi discuté avec des « Français qui vivent en Israël », notamment des « retraités ». D’après Louis Aliot, certains membres de la communauté juive de France et des Franco-Israéliens pourraient voter pour le Front national en 2012.

Cacophonie autour de la position du FN sur la Palestine

Louis Aliot a alterné un discours ferme, puis ouvert, à l’égard de la Palestine. Pour lui, les Palestiniens qui ne reconnaissent pas l’Etat hébreu sont des « terroristes », à qui il ne faut pas « parler ». Dans le même temps, le même Aliot affirme être favorable à la création d’un Etat palestinien.

A ses côtés, Michel Thooris, candidat frontiste aux législatives pour les Français de l’étranger dans la circonscription englobant Israël, a qualifié les colonies juives « d’implantations légitimes ». Une perche tendue aux ultras du gouvernement israélien emmenés par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Thooris a précisé, au micro de l’AFP, que « les juifs sont chez eux en Judée et Samarie », utilisant le terme des Israéliens pour désigner la Cisjordanie occupée. « Cette position n’engage ni Marine (Le Pen), ni le Front (national) », a dû corriger derechef Louis Aliot.

Quant à la future visite en Israël de Marine Le Pen elle-même, Louis Aliot affirme que ce ne sera guère possible avant mai 2012: « Elle a un emploi du temps chargé. » Les responsables israéliens aussi.

P.L

8 décembre 2011

La proportionnelle aux législatives, c’est pour bientôt ?

 

Publié initialement sur lexpress.fr
Tous les partis de France défendent l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives. Tous? Non: l’UMP résiste encore. Certains, au sein du mouvement présidentiel, commencent, toutefois, à changer d’avis. 

Un petit parti en terme de représentativité à l’Assemblée nationale a tendance à militer pour l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Normal: cela lui permettrait d’entrer au Parlement, ou d’accroître sa présence. C’est le cas du Front national, mais aussi du Front de gauche ou de la chrétienne Christine Boutin qui aimerait que 100 députés soient élus ainsi. 

Mais les « gros » partis que sont l’UMP et le PS peuvent-ils leur emboîter le pas? Au PS, c’est fait. Mais sous la contrainte de leurs partenaires écologistes. L’accord signé avec eux prévoit une dose de proportionnelle sur la base de 15 à 20% des députés. Cette fourchette -et non un chiffre précis- montre en tout cas combien il fut difficile de s’entendre sur cette question de la proportionnelle. 

« Il faut d’abord réfléchir au redécoupage et ne pas agir dans l’urgence », justifie l’élu Europe Ecologie-Les Verts, David Cormand, membre du bureau exécutif et délégué des élections, qui reconnait que les négociations furent complexes. Les Verts plaidaient, d’ailleurs au départ, pour une proportionnelle intégrale, « à l’allemande ».  

Le PS, lui, ne militait que pour « une soixantaine de députés élus sur ce mode de scrutin ». « Je suis globalement pour le scrutin majoritaire uninominal, mais, avec une touche de proportionnelle, toutes les tendances pourraient être représentées sur les bancs de l’Assemblée nationale », confie Christophe Borgel, secrétaire national socialiste, chargé de la vie des élections, 

L’Assemblée, « un arc-en-ciel »?

Et l’UMP, alors? Souhaite-t-elle que tous les partis soient représentés? « Mais c’est déjà le cas, réplique le député Alain Marleix, ancien responsable des élections de l’UMP. Vous avez des écolos, des communistes. » Avant de nuancer son propos: « Seule l’extrême droite ne siège pas à l’Assemblée. » 

Selon lui, les députés, qui voteraient en faveur de l’introduction de la proportionnelle, « se tireraient une balle dans le pied ». Pire, « les socialistes se feraient hara-kiri », en ouvrant largement les bancs à leurs concurrents.  

« La Chambre basse ne doit pas être un arc-en-ciel, prévient Marleix, elle est là pour gouverner. La proportionnelle a d’ailleurs tué la quatrième République, parce qu’elle pose des problèmes de gouvernance. »  

La proportionnelle pose surtout la question de l’arrivée aux mandats locaux du FN. Une perspective, qui n’enchante guère Alain Marleix: « Mitterrand, pour tacler la droite, avait introduit la proportionnelle pour les législatives de 1986. Résultat: 35 députés FN avaient été élus. »  

Pour l’écolo David Cormand, il serait finalement normal que le FN soit représenté. « Le FN est-il un parti légal ? Si oui, il peut avoir des représentants du peuple. »  

Mais l’UMP craint pour ses circonscriptions. « La droite pourrait en perdre entre 50 et 100 au profit de la gauche en cas de triangulaire avec un candidat Front national, lors des prochaines législatives », estime David Cormand.  

« Certains, à l’UMP, évoquent la proportionnelle »

Malgré tout, à l’UMP, on commence à se poser la question. Selon Alain Minc, proche du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy pourrait « l’imposer dès 2012″. Mais l’UMP peut-elle changer d’avis et inscrire cette mesure dans la boîte à idée pour la présidentielle? « Je ne le crois pas, glisse Marleix. La direction de l’UMP n’a pas débattu du sujet. »  

« La question n’est pourtant plus taboue » au sein du parti présidentiel, écrit Guillaume Tabard dans Les Echos. « Certains à l’UMP en discutent, il est vrai, répond Marleix. Des candidats à la députation, qui n’ont pu obtenir de circonscriptions, par exemple, souhaitent une réforme. »  

P.L

5 décembre 2011

Crise de l’euro, François Hollande est-il d’accord avec ses cousins germains ?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, PS

Publié initialement sur lexpress.fr

 Invité d’honneur du congrès du SPD en Allemagne ce lundi, François Hollande a pu comparer les propositions des sociaux-démocrates aux siennes pour résoudre la crise des dettes souveraines. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. 

 

Pour la première fois de l’histoire, un socialiste français s’est exprimé à la tribune d’un congrès du SPD. Et c’est à François Hollande qu’est revenu cet honneur, signe qu’aujourd’hui les deux partis frères veulent travailler main dans la main.  

Au terme d’une demi-heure de discours, le candidat PS est apparu tout sourire, autant que Sigmar Gabriel, un patron du SPD « détendu » depuis quelques semaines, selon le quotidien « Die Tageszeitung ». Cette bonne ambiance signifie-t-elle pour autant que les deux formations partagent les mêmes solutions pour sauver l’Union européenne? 

Globalement, oui. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. C’est le cas concernant l’instauration d’une Europe fédérale. PS et SPD militent pour la création d’un gouvernement économique commun. Mais le SPD, fédéraliste, va plus loin. 

Une affaire de nuances

Il prône la mise en place d’une véritable union européenne économique. Pour cette formation politique, la crise serait une chance pour (re)construire le groupe des 27. Martin Schulz, l’actuel président du groupe social-démocrate au Parlement européen, plaide pour l’instauration d’une véritable présidence de l’UE. Il propose que ce chef soit élu par le Parlement européen. Et ce dernier pourrait nommer les membres de la Commission européenne, métarmorphosée en une sorte de mini-gouvernement des 27. 

En face, l’Europe est, selon François Hollande, « une aventure humaine destinée à nous rendre plus forts ». Le candidat propose « un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance ». Mais pas un mot sur l’éventuelle mise en place d’une Europe plus fédérale.  De la même façon, François Hollande critique sans hésitation le projet d’Angela Merkel de réviser les traités existants pour créer une sorte de mini-zone Euro. Ce serait, selon lui, trop long à mettre en place. Sigmar Gabriel reste, lui, évasif sur le sujet: « Ce n’est pas la priorité », s’est-il contenté d’expliquer lors du congrès de son parti.  

Le principal désaccord concerne en réalité la fameuse « règle d’or ». Les Allemands, y compris les sociaux-démocrates, restent attachés à l’équilibre budgétaire. En juin 2009, ils ont voté, avec la droite (CDU) l’obligation de réduire le déficit budgétaire à 0,35% du PIB d’ici à 2016. Les socialistes s’opposent, eux, à l’inscription d’une telle règle dans la constitution. Mais François Hollande évoque aussi la necessité de parvenir, en France, à l’équilibre budgétaire

Sur cette question du redressement des comptes publics, les deux partis ne sont pas encore d’accord sur la méthode à adopter. Angela Merkel souhaite que la Cour européenne de justice contrôle les budgets nationaux. François Hollande rejette cette idée, tandis que le SPD ne s’est pas encore prononcé pour ou contre.  

PS et SPD pour les euro-obligations

Socialistes et sociaux-démocrates se rejoignent, en revanche, sur certains points. Ils soutiennent la taxation des transactions financières ainsi que la mise en place d’ »euro-bonds » pour mutualiser les dettes souveraines. Ils veulent, tous deux, renforcer le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le candidat socialiste suggère, en plus, que le FESF travaille en commun avec la Banque centrale européenne (BCE).  

Sur le rôle de la BCE, le candidat socialiste a dit, en Allemagne, « respecter l’indépendance » de l’institution. Il ne veut pas froisser ses « camarades et amis » d’outre-Rhin. Or, selon lui, l’établissement bancaire doit remplir son « rôle de prêteur ». Ce que refuse Angela Merkel. Mais pas son prédécesseur social-démocrate, interrogé par le journal Welt am Sonntag : Gerhard Schröder est d’accord avec la position de François Hollande, afin de lutter contre la spéculation.  

Au fil des rencontres et des discussions, PS et SPD se sont grandement rapprochés sur la politique européenne à mener. Un rapprochement, qui pourrait ne servir à rien si, et François Hollande, et le futur candidat du SPD aux élections de 2013 venaient à perdre. 

 P.L

9 juillet 2011

« Pourquoi je veux mettre fin au recrutement des enseignants par concours au niveau national »

 Interview du député (UMP) Grosperrin publiée par Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

La commission des affaires culturelles et de l’éducation a rejeté, mercredi 6 juillet, le rapport d’information sur la formation des enseignants. En cause : la proposition controversée de mettre fin au concours national. Selon Jacques Grosperrin, le président de la mission d’information à l’initiative du rapport, ses collègues parlementaires, qui se sont opposés au texte, ont cru qu’il était instrumentalisé par Nicolas Sarkozy. A tort, insiste le député du Doubs.

Atlantico :  Quel est l’origine de votre rapport ?

Jacques Grosperrin : Il y a eu, entre septembre et octobre 2010, une grosse polémique sur la mise en place d’une « stagiarisation » des enseignants qui venaient d’obtenir le Capes. A ce moment-là, j’avais demandé à la présidente de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation, Michèle Tabarot, qu’elle diligente une mission au sujet du recrutement et de la formation des enseignants. On s’était rendu compte que les résultats scolaires de nos collégiens et lycéens n’étaient pas très bons au niveau des pays de l’OCDE.

Cela a mis du temps et le président de la République, au moment de ses vœux au Grand Palais en 2011, a évoqué la formation des enseignants. Depuis, les choses ont évolué de manière naturelle à l’Assemblée nationale et j’ai été nommé president-rapporteur de la mission d’information. Ce qu’on voulait, c’est aussi dresser un premier bilan de la réforme dite de « masterisation »

Pourquoi vouloir supprimer le recrutement par concours ?

Nous voulons supprimer ces concours au niveau national, mais pas au niveau régional. Il convient, en effet, selon la vingtième proposition, de « remplacer le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter, sur la base d’un entretien professionnel, les enseignants. »

Nous voulons quelque chose de plus réaliste. En ce moment, il y a des masters, une formation en cinq ans. Et à la fin, l’enseignant doit être capable d’enseigner. Et de l’autre côté, il y a un concours qui évalue la même chose que le master, c’est-à-dire des conceptions académiques.

On veut dans un premier temps revoir la formation des enseignants dans son ensemble : à savoir, à la fin des trois ans de licence, organiser un concours pour l’entrée en Master 1. Ce serait un concours académique que l’on appellerait « admissibilité pour le Capes ». « L’admission pour le Capes », ce serait pour la fin du Master 2.

Durant ces deux années, l’étudiant sera de temps en temps dans un établissement scolaire : primaire, secondaire, etc. Ils seraient en situation pratique, de gestion d’une classe. Le jour où les masters seront bien organisés, le concours disparaîtra de fait. J’en suis certain, d’ici dix à quinze ans, quand l’opinion publique sera prête. La priorité sera de faire un recrutement au niveau local, voire régional, pour que nos professeurs arrêtent de partir dans des zones sensibles, difficiles, et afin qu’ils ne soient plus expatriés à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux où on les dégoûte du métier. Je ne veux plus de déracinement des enseignants avec, à la clé, parfois, un abandon de certains par manque de motivation… Les académies prendraient alors les meilleurs étudiants, qui sortent d’un master, avec un concours régional. Et je voudrais aussi que les chefs d’établissement fassent partie des jurys de concours.  

Certains syndicats vous accuse de vouloir « exploser la fonction publique »…

(soupir) Les syndicats ne jouent pas le rôle de syndicats. Ce que j’attends d’eux, c’est qu’ils s’interrogent sur les conditions de travail des élèves, des enseignants, sur la formation de ces derniers, sur le programme d’enseignement, sur ce qu’il se passe à l’école. Et non pas uniquement sur leur raison d’être : « plus de moyens, toujours, plus de profs » Ils sont sur des notions budgétaires. Ils sont en manque d’idées, manque de créativité… Ils sont déboussolés depuis Claude Allègre. Ils se cherchent… Peut-être pas tous les syndicats… Mais la plupart d’entre eux, en tout cas, ceux qui s’opposent à moi.

Pourquoi vos collègues, toutes tendances politiques confondues, ont-ils rejeté votre rapport ?

Ils ne devaient pas voter le contenu du rapport : celui-ci a été voté le 29 juin dernier à la majorité par les quinze membres de la mission d’information (composée de six députés socialistes et divers gauche et neuf membres de la majorité présidentielle, ndlr). Ce sont les seuls compétents à juger du contenu, autrement dit, des 20 propositions du rapport.

La mission d’information, d’ailleurs, n’était pas au complet. Le jour du vote, ce 29 juin, 4 socialistes étaient présents et ils ont préféré s’abstenir. Marie-Hélène Amiable, seule députée communiste de la mission d’information, a rejeté le contenu. Et il y avait six députés UMP et ils ont dit oui au contenu.

En revanche, mes collègues ont voté, mercredi 6 juillet, contre… la publication du rapport. Cela aurait été un acte démocratique de dire oui à ladite publication. C’est une première depuis vingt ans…

Les députés de la commission n’étaient pas nombreux lors du vote sur la publication du rapport. Seul un tiers de la commission… Sûrement en raison des vacances.

Pourquoi un tel rejet ? Ils étaient persuadés, y compris mes trois collègues de droite qui ont voté non avec les socialistes, que la vingtième proposition portant sur la fin du recrutement par concours national, m’avait été soufflé par le chef de l’Etat ou par le ministre de l’Education nationale. Selon eux, j’aurais été instrumentalisé. C’est archi-faux ! Une rumeur… Les deux ne m’ont jamais demandé des comptes… Je n’ai pas rencontré Nicolas Sarkozy… J’ai uniquement vu Luc Chatel et Valérie Pécresse, à l’époque ministre de l’Enseignement supérieur pour une audition commune.

Le PS fait souvent des coups tordus… On arrive à l’élection présidentielle. Ils sont à court d’idées. Ils sont dans une démarche anti-démocratique ! Les socialistes, je les sens crispés, perdus. Leur candidat fétiche n’est plus là. On aurait voté la deuxième année du second mandat, ce serait passé…

Et trois de mes « amis » politiques ont suivi l’opposition dans le vote. Parmi eux, il y avait Marc Bernier, un villepiniste, René Couanau, un député sans groupe parlementaire qui a quitté l’UMP, ainsi que Bernard Debré. J’ai eu, avec lui, une discussion franche. Il n’avait rien compris, d’autant plus qu’il n’avait pas participé au vote sur le contenu du rapport. Bon, il ne pouvait pas l’être car seuls les quinze parlementaires de la mission d’information – et il n’en faisait pas partie – ont voté sur ce contenu.

Le gros problème de mes collègues est le suivant : ils arrivent en commission au milieu d’un brouhaha, ils savent que les élections législatives arrivent vite… Des enseignants leur ont remonté les bretelles en leur disant : « Grosperrin veut supprimer le concours » alors que je pense qu’il sera supprimé dans une décennie.

Faire de la politique, c’est être courageux. C’est poser les vraies questions, les vrais problèmes. Avec Jean-François Copé et Christian Jacob, vous le voyez bien, on est dans le débat d’idées. On ne s’interdit rien. Aucun tabou ! A l’UMP, on veut améliorer le système…

Que va devenir le rapport provisoire ? Va-t-il garnir l’intérieur d’une armoire de l’Assemblée nationale ?

Non, il sera publié. Alain Boissinot, le recteur de l’académie de Versailles qui n’est pas de droite – je ne sais ce qu’il est, d’ailleurs –  pense que ces concours nationaux disparaîtront…

Je vais réunir les membres de la mission d’information : renégocier, rediscuter sur les propositions de la mission. Il y aura un nouveau vote, avant que le rapport ne repasse devant la commission fin septembre, début octobre prochain.

 

27 juin 2011

Pays basque : Batasuna, adios la frontière franco-espagnole ?

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin. Plusieurs activistes basques ont repoussé les policiers français venus l’interpeler. Elle risque jusqu’à douze ans de prison pour « participation à une organisation terroriste ». Membre de Batasuna, parti interdit en Espagne pour ses liens supposés avec l’ETA, mais autorisé en France, elle venait de sortir de six mois de clandestinité. Mais qui se cache derrière cette formation politique ?

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.  Crédit Reuters

Atlantico : Comment qualifier la formation basque « Batasuna » (dont le nom est revendiqué par ses membres mais n’est plus autorisé depuis 2003) ? Y a-t-il une différence entre la partie espagnole et la branche française du parti ?

Barbara Loyer : Batasuna est un parti indépendantiste basque. Il veut fonder un nouvel État souverain qui ferait disparaître à cet endroit la frontière franco-espagnole en rassemblant des territoires de France et d’Espagne. La nouvelle  frontière devrait passer au milieu du département des Pyrénées-Atlantiques. Elle inclurait, théoriquement, Bayonne mais pas la partie de son agglomération qui se trouve dans le département des Landes.

Cet Etat devrait être bascophone. Batasuna se déclare socialiste. Les militants tiennent des discours politiques avec un vocabulaire utilisé à l’ordinaire par la gauche, notamment les mots « répressions », « peuple », « torture », etc. C’est important pour comprendre que les déclarations de solidarité viennent plutôt de partis de gauche.

Théoriquement, Batasuna est en France l’expression du même projet politique que le parti du même nom interdit en Espagne mais doit s’adapter au contexte légal des élections françaises.

Quels sont les combats que porte ce parti indépendantiste ?

Ce sont ceux de l’extrême gauche, d’une contestation des systèmes politiques actuels.  Le vocabulaire qu’ils emploient leur permet de converger avec les mouvements des Indignés dans de nombreux pays d’Europe, mais, à la différence des Indignés, l’idéologie nationaliste inscrit les actions de Batasuna dans des tactiques  à court et moyen terme beaucoup plus réfléchies, pour une stratégie à long terme.

Cette stratégie est explicitement celle de former un mouvement politique commun en France et en Espagne. Le fait que la coalition indépendantiste basque Bildu ait eu un tel succès en Espagne et que l’ETA poursuive sa lente évolution vers la disparition (bien qu’on trouve encore ses caches d’explosifs) change la donne, côté français. En effet, les indépendantistes basques en France ont été soucieux, jusqu’à maintenant, de ne pas se laisser dépasser par les partisans de la lutte armée.

Ils ont déjà bien du mal à s’implanter électoralement, et le développement du terrorisme en France leur porterait préjudice. Si l’ETA disparaît, cette inhibition est levée et une lutte interne entre nationalistes basques, en France comme en Espagne, va se développer, pour occuper le devant de la scène et gagner des parts de l’électorat.  Le fait d’apparaître comme victime est utile pour atteindre cet objectif.

Il faut écouter les discours comme des éléments de stratégies politiques mises en œuvre à des moments réfléchis. Il est utile aujourd’hui en France de commencer à faire bouger les associations et les partis sur un agenda politique que l’on maîtrise. Il faut inscrire le peuple basque dans les priorités du Pays basque, maintenant, après le succès de Bildu en Espagne et à la faveur du mouvement des indignés qui crée un élan dont il faut utiliser l’énergie. C’est de la politique, pas de l’idéalisme.

La question du mandat d’arrêt européen visant la militante basque Aurore Martin peut être traitée sur le plan juridique des libertés publiques en Europe. Le problème ici est le lien implicite fait entre la liberté des individus et celle d’un ‘peuple basque » que représenterait la militante concernée. Ce lien est trompeur.  Pour l’instant, en France, Batasuna ne représente rien sur le plan électoral. Il n’est pas plus le peuple basque que les électeurs de l’UMP qui portent des noms basque et parlent la langue basque.

Batasuna est interdit par la justice espagnole pour ses supposés liens avec l’ETA. Qu’en est-il exactement ?

Selon moi, les liens de Bastasuna avec l’ETA et l’idéologie totalitaire de cette organisation ne sont pas supposés mais réels. Il me semble que c »est un vrai problème que des militants de gauche ne soulèvent pas la contradiction qui existe, dans ce cas présent, entre le discours de gauche et la pensée totalitaire. Il ne faut pas seulement juger des discours mais des pratiques politiques.

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