le Canard de l’Etang

28 février 2012

« Solliciter l’avis des Français sur des points secondaires est démagogique »

Lu initialement sur L’Express.fr

Presque tous les candidats à la présidentielle promettent d’organiser des référendums. Pourquoi vouloir demander leur avis aux Français? Les réponses de Yves Sintomer, professeur de sciences politiques et spécialiste de la démocratie participative. 

Presque tous les candidats à la présidentielle proposent l’organisation de référendums. Nicolas Sarkozy, « dès lors qu’il y aura blocage » des corps intermédiaires, François Bayrou sur la vie publique, Dominique de Villepin et Jean-Luc Mélenchon sur l’avenir de l’énergie en France, ainsi que Marine Le Pen.  

François Hollande, quant à lui, pourrait en organiser sur les questions institutionnelles et sur les transferts de souverainetés à l’Europe

Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à Paris-VIII et auteur, entre autres, de Pouvoir au Peuple (La Découverte, 2007) et La démocratie participative. Histoires et généalogies (La Découverte, 2011, avec Marie-Hélène Bacqué), se demande pourquoi la classe politique veut solliciter l’avis des Français. 

Le recours au référendum est de plus en plus avancé par les candidats. Est-ce une pratique vraiment à la mode?

De nombreux pays européens de l’ouest, comme l’Allemagne, l’Italie et la Suisse, organisent des référendums, en ouvrant, y compris, la possibilité qu’ils soient d’initiative populaire. C’est lié à la vague de démocratisation, notamment en Europe de l’Est et en Amérique latine.  

Or, en France, on en organise assez rarement depuis le mandat de Georges Pompidou et il n’est toujours pas possible que les citoyens en aient l’initiative. Il y a sans doute là une peur de la perte de contrôle relative qu’implique la décision de soumettre une question au suffrage populaire. 

Pour quelles raisons vouloir solliciter l’avis des Français?

Comme il y a un divorce entre les citoyens et la classe politique, les hommes et femmes politiques tentent de trouver des nouveaux moyens pour communiquer avec eux. Est-ce démagogique? Pas forcément, si le référendum devient un outil régulièrement utilisé et si les questions sont bien posées.  

Ce serait surtout démagogique si où un candidat proposait un référendum de manière purement tactique, comme c’est le cas aujourd’hui avec Nicolas Sarkozy, en sollicitant l’avis des Français sur certains points secondaires et en refusant de le faire pour des questions plus fondamentales

Cela peut prouver une défiance des politiques vis-à-vis des corps intermédiaires, aussi. Un référendum de type plébiscitaire vise à contourner le Parlement et les partis politiques, comme le montre l’action de Napoléon III ou de Charles de Gaulle.  

Dans certains cas, il peut aussi viser à contourner des blocages syndicaux ou corporatifs. Mais dans le cas du président actuel, qui a eu les moyens de faire adopter les mesures qu’il souhaite par une Assemblée qu’il contrôle, il ne s’agit pas de la même logique. 

Je pense que les pratiques référendaires vont se développer dans les prochaines années, et notamment en France. Avec la réforme de 2008, on ne va pas assez loin, car ce sont les parlementaires plus que les citoyens qui en ont l’initiative – et la réforme est, de plus, restée pendant longtemps lettre morte, faute de loi organique précisant les modalités de son application

Peut-on interroger les Français sur tous les sujets?

Si la pratique dans un pays est rare, comme en France, il est plus pertinent de proposer des référendums sur des textes d’orientation politique générale, des questions d’ordre constitutionnel, en bref, sur de grands enjeux.  

Lorsque la votation directe des citoyens est plus fréquente, comme en Suisse ou dans les Länder allemands, des sujets plus ordinaires peuvent aussi être proposés.  

Il est cependant préférable que la constitutionnalité de la question posée soit vérifiée pour éviter des propositions qui ne respecteraient pas les droits fondamentaux (c’est d’ailleurs le cas en Italie ou en Allemagne).  

De ce point de vue, une décision référendaire et une décision parlementaire doivent être logées à la même enseigne. 

PL

10 février 2012

Pourquoi Hollande ne va-t-il pas hors des frontières de l’Europe?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, UMP

Lu intialement sur L’Express.fr

François Hollande fait le tour des capitales européennes. Mais il ne se déplace pas au-delà. Alors, pour nouer des contacts, le candidat envoie des « ambassadeurs » au Moyen-Orient ou aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas y aller lui-même? 

Laurent Fabius, missionné par François Hollande, s’est rendu, début février, en Israël, dans les Territoires palestiniens où il a pu converser avec Mahmoud Abbas sur la colonisation. Il a aussi rencontré des responsables libanais, durant son séjour à Beyrouth entre les 2 et 3 février.  

Mais ce n’est pas tout: l’ex-Premier ministre s’apprête bientôt à repartir en Asie, écrit, ce vendredi, Libération. Qui ajoute que Pierre Moscovici, le directeur de campagne du candidat socialiste, se rendra aux Etats-Unis. « En mars », précise l’entourage de François Hollande. Il y rencontrera Joe Biden et Hillary Clinton, histoire de nouer des contacts.  

Mais pourquoi le candidat PS, en quête de stature internationale, ne se déplace-t-il pas lui-même? « La campagne est dense et intense, répond Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, et il y a une juste répartition des tâches. Hollande se concentre sur la rencontre des Français. » 

Au Parti socialiste, on réplique aussi qu’il ira peut-être au Maghreb le mois prochain. Mais hormis ce déplacement encore incertain, rien d’autre, pour l’instant, au-delà des frontières de l’Europe. « La crise économique, sociale, financière est profonde et elle est liée à la question européenne », explique la porte-parole.  

Au programme, donc: un voyage à Londres, le 29 février, puis au Danemark et en Pologne, en mars. Doit-il voyager dans chaque pays européen? En tout cas, il ne se déplacera pas en Suisse, a confié, récemment, Pierre Moscovici. 

Le candidat socialiste s’est déjà rendu à Bruxelles, à Rome, à Madrid, ainsi qu’à Berlin. 

Berlin et Chicago, premiers déplacements en cas de victoire

Il a assisté, là-bas, à une réunion des sociaux-démocrates du SPD. Sans rencontrer Angela Merkel, à son plus grand regret. Il compte en effet la voir avant le premier tour, comme elle avait reçu la candidate socialiste de 2007, Ségolène Royal. Voeu pieu, pour l’instant, puisque la chancelière, interrogée lundi dernier avec le chef de l’Etat sur France 2 et la ZDF, a expliqué que ce n’était pas à l’ordre du jour.  

Depuis plusieurs mois, François Hollande et son équipe de campagne s’activent pour organiser des voyages à l’étranger. Or, souvent, ses projets de déplacement tombent à l’eau. Ou sont repoussés à plus tard advitam eternam: au Québec, en Asie, par exemple.  

Manque d’argent, manque de temps? Pas seulement. S’il avait décidé de se rendre aux Etats-Unis, par exemple, ses opposants auraient pu lui faire remarquer qu’il n’avait pu échanger avec le président des Etats-Unis. « Nous ne sommes pas guidés par ce genre d’analyse », répond Najat Vallaud-Belkacem. 

En tout cas, le candidat PS devra attendre son éventuelle victoire pour quitter le sol européen: il a déjà prévu de s’envoler vers Chicago, après un voyage post-victoire à Berlin. Comme un certain Nicolas Sarkozy. 

PL

7 février 2012

Merkel, supporter en chef de Sarkozy

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, PS, UMP

 

 

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont accordé un entretien croisé à France 2 et la ZDF ce lundi. Une leçon: la chancelière allemande soutient totalement le futur candidat de l’UMP et critique frontalement François Hollande. 

Lu initialement sur L’Express.fr

Si Nicolas Sarkozy avait un fan-club, Angela Merkel pourrait le diriger, sans problème. Du moins, c’est ce qui ressort de l’entretien d’une vingtaine de minutes des deux dirigeants, diffusé sur France 2 et la chaîne publique ZDF. 

La chancelière allemande n’a cessé de défendre le chef de l’Etat, embourbé dans les sondages à quelques semaines de la présidentielle. Ce qui, d’ailleurs, lui semble normal: « Nous sommes de la même famille politique« , souligne-t-elle. Logique, aussi, selon elle, car Nicolas Sarkozy l’avait soutenue pour sa campagne, avant le début de son deuxième mandat, en 2009. Du coup, pour lui rendre la pareille, elle a confirmé qu’elle défendrait le président de la République, « quoi qu’il fasse » dans les prochaines semaines. En somme, pour souligner que Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore présenté. 

Ainsi Angela Merkel s’immisce-t-elle dans la campagne politique française. Et elle va même plus loin. Devant les deux journalistes, David Pujadas pour France 2 et son homologue allemand de la ZDF, elle s’en est prise à François Hollande. Le candidat socialiste souhaitait rencontrer la chancelière allemande avant le premier tour de la présidentielle? Peine perdue: Angie, comme on la surnomme outre-Rhin, a rappelé que cette entrevue n’était pas « prévue », ni à l’ordre du jour.  

Obama et Royal oui, mais pas Hollande

Le journaliste allemand qui lui a posé la question, lui avait pourtant rappelé qu’avant le début de son mandat, elle avait rencontré Ségolène Royal, la candidate socialiste d’alors, mais aussi le représentant de la famille des démocrates et futur président des Etats-Unis, Barack Obama. 

Réplique de la chancelière: « Nicolas Sarkozy n’a pas non plus reçu le chef de l’opposition social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier. »  

Du coup, cela oblige François Hollande à la rencontrer après son éventuelle élection. Et ça coince, là aussi, au grand plaisir de Nicolas Sarkozy: le candidat PS veut renégocier, a-t-il redit sur Twitter, aujourd’hui, juste après le 14ème Conseil des ministres franco-allemand, « le Traité européen », pour y ajouter une partie sur la croissance en Europe? Fin de non-recevoir de la part d’Angie. Qui lui répond en prenant l’exemple turc: « Quand je suis arrivée à la chancellerie, je ne voulais pas poursuivre les pourparlers avec la Turquie sur l’adhésion à l’Union européenne, défendus par mon prédécesseur » Schröder. Elle n’avait pas eu le choix. 

Et là, c’est pareil. Les 26 chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un pacte de stabilité financière. Point barre. Nicolas Sarkozy peut donc jubiler… 

PL

14 décembre 2011

Le FN cajole l’électorat juif

Le vice-président du FN Louis Aliot est rentré d’un voyage en Israël, mardi soir. Ce voyage illustre la volonté de son parti de toucher l’électorat juif. Et ce depuis plusieurs années. 

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Le Front national tente le tout pour le tout. Une véritable opération séduction, entamée en 2004, est à l’oeuvre pour draguer l’électorat juif de France, qui boude depuis toujours le vote Le Pen. Le voyage en Israël de Louis Aliot, entre dimanche et mardi soir, en est une nouvelle illustration.

A peine élue députée européenne, en 2004, Marine Le Pen s’inscrit au voyage d’une délégation de parlementaires en Israël, prévue deux ans plus tard, afin d’y rencontrer, entre autres, le chef du gouvernement Ehud Olmert et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le voyage sera finalement annulé, les autorités israéliennes refusant de rencontrer un réprésentant frontiste. Conséquence des propos de Jean-Marie Le Pen sur le « détail » des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale.

Pour Marine Le Pen, la tentative de rapprochement avec la communauté juive fait presque figure d’obsession. Depuis près de dix ans, elle cherche à rencontrer quelques-uns de ses membres. Comme le raconte Romain Rosso, journaliste à L’Express, dans son livre La Face cachée de Marine Le Pen (Flammarion), elle décroche un rendez-vous avec le président de l’association France-Israël, l’avocat Gilles-William Goldnadel, en 2004, parfois perçu comme trop à droite, par le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Le Crif refuse de recevoir Marine Le Pen. En janvier 2006, son président d’alors, Roger Cukierman, lui tourne carrément le dos.

La victoire symbolique de Washington

Il faut attendre son élection à la tête du FN, en janvier 2011, pour que Marine Le Pen reprenne son opération séduction. Elle accorde au quotidien israélien de centre-gauche Haaretz un entretien et insiste sur l’aspect « pro-sioniste » de sa formation politique. Et explique au Point, en février dernier, que les camps de concentration étaient un « summum de la barbarie ».

Marine Le Pen insiste. Elle veut s’adresser aux juifs de France et s’invite à Radio J en mars 2011. Mais au dernier moment, la radio annule sa venue. « Cette invitation prenait des proportions trop importantes », explique alors Frédéric Haziza, le chef du service politique de la radio de la communauté juive.

Echec et mat? Marine Le Pen ne s’avoue pas vaincue. L’épisode suivant a lieu deux mois plus tard, à l’occasion d’un entretien accordé à Israël Magazine, au cours duquel elle assure que les « juifs n’on rien à craindre du Front national ». Puis en novembre, lors d’un voyage aux Etats-Unis. A Washington, elle finit par croiser l’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor, et échange avec lui sur la situation de l’Europe.

Mais la controverse enfle immédiatement. Le diplomate savait-il réellement qui il rencontrait? Le FN assure que oui. L’Etat hébreu jure le contraire.

Aliot a vu « en privé » des parlementaires israéliens

Prochaine étape pour la présidente frontiste: se rendre en Israël, ce qu’elle envisage depuis de longues années, et prendre langue avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu. C’est loin d’être gagné… Pour preuve, les difficultés qu’a dû surmonter Louis Alliot.

Le mystère plane autour des rendez-vous du numéro 2 du FN, durant son voyage de trois jours. Il se serait entretenu, « en privé », affirme-t-il sur les ondes de France Inter, avec des « élus locaux » de presque toutes les tendances politiques. Mais il ne veut pas donner de noms. A peine affirme-t-il avoir été « bien » accueilli, alors qu’il ne s’est pas excusé pour les propos de Jean-Marie Le Pen, toujours président d’honneur de son parti.

Il aurait aussi discuté avec des « Français qui vivent en Israël », notamment des « retraités ». D’après Louis Aliot, certains membres de la communauté juive de France et des Franco-Israéliens pourraient voter pour le Front national en 2012.

Cacophonie autour de la position du FN sur la Palestine

Louis Aliot a alterné un discours ferme, puis ouvert, à l’égard de la Palestine. Pour lui, les Palestiniens qui ne reconnaissent pas l’Etat hébreu sont des « terroristes », à qui il ne faut pas « parler ». Dans le même temps, le même Aliot affirme être favorable à la création d’un Etat palestinien.

A ses côtés, Michel Thooris, candidat frontiste aux législatives pour les Français de l’étranger dans la circonscription englobant Israël, a qualifié les colonies juives « d’implantations légitimes ». Une perche tendue aux ultras du gouvernement israélien emmenés par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Thooris a précisé, au micro de l’AFP, que « les juifs sont chez eux en Judée et Samarie », utilisant le terme des Israéliens pour désigner la Cisjordanie occupée. « Cette position n’engage ni Marine (Le Pen), ni le Front (national) », a dû corriger derechef Louis Aliot.

Quant à la future visite en Israël de Marine Le Pen elle-même, Louis Aliot affirme que ce ne sera guère possible avant mai 2012: « Elle a un emploi du temps chargé. » Les responsables israéliens aussi.

P.L

3 décembre 2011

Discours : ce qu’a dit Sarkozy, ce qu’a dit Merkel

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont tous les deux exprimés sur la crise européenne en moins de 24 heures, respectivement à Berlin et à Toulon. LEXPRESS.fr a suivi les deux et dresse les divergences et les rapprochements. 

Un nouveau traité européen?

Angela Merkel: « Il faut réparer les erreurs nées de la construction de la zone monétaire et économique, et renforcer cette dernière. L’union fiscale est en marche (…) Nous pouvons modifier les traités existants, ou créer de nouveaux textes. »  

Nicolas Sarkozy:  » La France milite avec l’Allemagne pour un nouveau Traité. »  

Au départ réticent pour modifier les traités de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a changé d’avis et rejoint la position d’Angela Merkel. Il s’agit dorénavant, pour les deux voisins, de renforcer la solidarité entre les Vingt-sept et d’instaurer des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas les règles d’équilibre budgétaire. 

Bruxelles, gendarme de l’Europe?

Angela Merkel: « Je souhaite la mise en place de sanctions en cas de non-respect des règles d’équilibre des comptes. (…) Les états membres de l’euro doivent être accompagnés, soutenus pour régler leurs problèmes de dettes. »  

Nicolas Sarkozy: « Plus de solidarité en Europe exige plus de discipline (…) La solidarité ne doit pas être un encouragement au laxisme. (…) Examinons en commun nos budgets. Instaurons des sanctions plus rapides, plus automatiques et plus sévères pour ceux qui ne respectent pas leurs engagements. » 

Nicolas Sarkozy, qui refuse d’évoquer le mot « fédéralisme », prône une gouvernance « intergouvernementale », dominée par les chefs d’État et de gouvernement, qui décideraient de la plupart des sujets à la majorité qualifiée. Angela Merkel plaide, elle, pour un rôle accru de la Commission européenne et la Cour européenne de justice (CEJ) qui pourrait surveiller les pays qui enfreignent les règles du pacte de stabilité.  

Le rôle de la BCE

Angela Merkel : « Il faut avoir confiance en elle pour la stabilité de la monnaie. (…) Celui qui soutient les euro-bonds n’a pas compris l’essence de la crise. » 

Nicolas Sarkozy: « Il y a des débats sur ce que lui autorisent ses statuts. Je ne veux pas entrer dans ces débats. La BCE est indépendante. Elle le restera. Je suis convaincu que face au risque déflationniste qui menace l’Europe la Banque Centrale agira. » 

Il s’agissait de la plus grande divergence entre Paris et Berlin. La première puissance européenne, qui craint l’inflation, souhaite que la Banque centrale européenne reste indépendante, et ne se préoccupe que de la stabilité des prix au sein de la zone euro. Elle ne doit pas, souligne Angela Merkel, mutualiser la dette des membres de l’Eurogroupe en créant des « euro-bonds », comme l’aurait souhaité le chef d’Etat français. Sur ce point, Nicolas Sarkozy s’est plié aux injonctions de l’Allemagne. 

P.L
 

27 juin 2011

Pays basque : Batasuna, adios la frontière franco-espagnole ?

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin. Plusieurs activistes basques ont repoussé les policiers français venus l’interpeler. Elle risque jusqu’à douze ans de prison pour « participation à une organisation terroriste ». Membre de Batasuna, parti interdit en Espagne pour ses liens supposés avec l’ETA, mais autorisé en France, elle venait de sortir de six mois de clandestinité. Mais qui se cache derrière cette formation politique ?

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.  Crédit Reuters

Atlantico : Comment qualifier la formation basque « Batasuna » (dont le nom est revendiqué par ses membres mais n’est plus autorisé depuis 2003) ? Y a-t-il une différence entre la partie espagnole et la branche française du parti ?

Barbara Loyer : Batasuna est un parti indépendantiste basque. Il veut fonder un nouvel État souverain qui ferait disparaître à cet endroit la frontière franco-espagnole en rassemblant des territoires de France et d’Espagne. La nouvelle  frontière devrait passer au milieu du département des Pyrénées-Atlantiques. Elle inclurait, théoriquement, Bayonne mais pas la partie de son agglomération qui se trouve dans le département des Landes.

Cet Etat devrait être bascophone. Batasuna se déclare socialiste. Les militants tiennent des discours politiques avec un vocabulaire utilisé à l’ordinaire par la gauche, notamment les mots « répressions », « peuple », « torture », etc. C’est important pour comprendre que les déclarations de solidarité viennent plutôt de partis de gauche.

Théoriquement, Batasuna est en France l’expression du même projet politique que le parti du même nom interdit en Espagne mais doit s’adapter au contexte légal des élections françaises.

Quels sont les combats que porte ce parti indépendantiste ?

Ce sont ceux de l’extrême gauche, d’une contestation des systèmes politiques actuels.  Le vocabulaire qu’ils emploient leur permet de converger avec les mouvements des Indignés dans de nombreux pays d’Europe, mais, à la différence des Indignés, l’idéologie nationaliste inscrit les actions de Batasuna dans des tactiques  à court et moyen terme beaucoup plus réfléchies, pour une stratégie à long terme.

Cette stratégie est explicitement celle de former un mouvement politique commun en France et en Espagne. Le fait que la coalition indépendantiste basque Bildu ait eu un tel succès en Espagne et que l’ETA poursuive sa lente évolution vers la disparition (bien qu’on trouve encore ses caches d’explosifs) change la donne, côté français. En effet, les indépendantistes basques en France ont été soucieux, jusqu’à maintenant, de ne pas se laisser dépasser par les partisans de la lutte armée.

Ils ont déjà bien du mal à s’implanter électoralement, et le développement du terrorisme en France leur porterait préjudice. Si l’ETA disparaît, cette inhibition est levée et une lutte interne entre nationalistes basques, en France comme en Espagne, va se développer, pour occuper le devant de la scène et gagner des parts de l’électorat.  Le fait d’apparaître comme victime est utile pour atteindre cet objectif.

Il faut écouter les discours comme des éléments de stratégies politiques mises en œuvre à des moments réfléchis. Il est utile aujourd’hui en France de commencer à faire bouger les associations et les partis sur un agenda politique que l’on maîtrise. Il faut inscrire le peuple basque dans les priorités du Pays basque, maintenant, après le succès de Bildu en Espagne et à la faveur du mouvement des indignés qui crée un élan dont il faut utiliser l’énergie. C’est de la politique, pas de l’idéalisme.

La question du mandat d’arrêt européen visant la militante basque Aurore Martin peut être traitée sur le plan juridique des libertés publiques en Europe. Le problème ici est le lien implicite fait entre la liberté des individus et celle d’un ‘peuple basque » que représenterait la militante concernée. Ce lien est trompeur.  Pour l’instant, en France, Batasuna ne représente rien sur le plan électoral. Il n’est pas plus le peuple basque que les électeurs de l’UMP qui portent des noms basque et parlent la langue basque.

Batasuna est interdit par la justice espagnole pour ses supposés liens avec l’ETA. Qu’en est-il exactement ?

Selon moi, les liens de Bastasuna avec l’ETA et l’idéologie totalitaire de cette organisation ne sont pas supposés mais réels. Il me semble que c »est un vrai problème que des militants de gauche ne soulèvent pas la contradiction qui existe, dans ce cas présent, entre le discours de gauche et la pensée totalitaire. Il ne faut pas seulement juger des discours mais des pratiques politiques.

13 avril 2010

Pour Nicolas Sarkozy, un entretien à la TV, ce n’est pas toujours cosy…

Pour Nicolas Sarkozy, un entretien à la TV, ce n’est pas toujours cosy… dans billet d'humeur 08207930-46ca-11df-bd38-e8f7f97f1192

Nicolas Sarkozy se rend aux Etats-Unis et vient  se faire interviewer sur le plateau télé de CBS, le « network » qui l’avait pourtant, en novembre 2007, déjà enquiquiné avec des questions non taquines sur son ex  Cécilia. En colère, il avait quitté le studio en plein entretien.

Cette fois-ci, il ne s’est pas énervé quand la journaliste a évoqué (à la fin, certes), au bout de trente minutes d’interview, la fameuse rumeur sur les infidélités du couple Sarkozy, véritable affaire d’Etat de la semaine dernière.

En France, autre temps, autre mœurs : le chef d’Etat ne se déplace pas pour répondre aux questions des journalistes télé. Il préfère rester au Château. Sauf exception, il est vrai.

Outre sa présence au 20h de Laurence Ferrari (TF1), le temps d’un entretien traditionnel (avant de répondre à un panel de Français), le président était venu à France 3 pour le 19/20. Or, quelques minutes avant le direct, il avait dû subir l’affront d’un technicien qui avait refusé de le saluer. Et des manifestants de France Télévisions l’avaient froidement accueilli à son arrivée.

Comme dirait Nicolas Sarkozy, être président de la République, ce n’est pas toujours « un métier facile »…

P.L

23 septembre 2009

Nicolas Sarkozy, comme d’habitude : entre admiration et vengeance

Nicolas Sarkozy fixe les priorités de la rentrée

Nicolas Sarkozy réagit à l’actualité au cours d’un entretien accordé à TF1 et à France 2, ce mercredi soir. Et rappelle à ses compatriotes deux choses importantes.

Le chef de l’état admire Barack Obama. Celui-ci « est en avance  sur son pays ». Par cette pirouette, dont il a le secret, Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas louer son ‘copain des Etats-Unis’.

Mais expliquer le refus de la première puissance économique de plafonner les bonus des traders et autres banquiers. Tel un prince en son royaume, fidèle aux us et coutumes du pays, Barack Obama se voit obliger de défendre la liberté de l’individu ainsi que de l’entreprise, et ne peut se déclarer favorable au plafonnement, que prône Sarkozy depuis le déclenchement de la crise financière et économique.

Or, au fond de lui-même, Obama doit forcément penser comme le président français.

Lorsque les journalistes évoquent, un peu plus tard, l’affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy prend un air grave. Puis, soudain, telle une victime sort ses mouchoirs, ou presque.

L’ex-ministre de l’Intérieur aurait « découvert avec stupéfaction » que son nom figurait sur les listings de Clearstream, une banque luxembourgeoise dont il « ignorait (pourtant) l’existence ». Vengeur, il s’en prend « aux coupables traduits devant un tribunal correctionnel »(beau lapsus révélateur) par « des juges indépendants ».

Ainsi ne prend-il pas en compte la présomption d’innocence des prévenus, pourtant un droit fondamental. Soit, un « nouvel acharnement » contre l’un d’entre eux,  l’ami Villepin, qui jurait devant le feu des médias, au début du procès Clearstream, il y a deux jours, qu’il « était là par la volonté d’un seul homme », Sarko…

 

P.L

22 juillet 2009

quand le Canard de l’Etang n’écrit pas de si longs discours…

slam : Bernard-Henri Lévy compare le PS à un « grand corps malade » déjà  »mort« . Aurait t-il été inspiré par le chanteur français de slam, Fabien Marsaud, plus connu sous le pseudonyme Grand Corps Malade ? 

lumière socialiste : le plus sarkozyste des socialistes, Jack Lang éclaire la lanterne de quelques journalistes du Parisien. Sur la direction du PS, qu´il prend pour un « arbre sec« : « la rue de Solférino éteint ses lampions du jeudi au lundi soir ». Ecolo, ces socialistes? 

campagne à la Sarkozy : Roger Karoutchi sur les chances de l´UMP de reprendre la présidence de la région Ile-de-France au socialiste Huchon : Yes, we can, « si nous partons unis à la bataille » (Figaro.fr). Ensemble, tous devient possible !

en vacances  : Hadopi 2, la loi anti-pirates du Net n´est pas encore adoptée : le vote à l´Assemblée nationale est reporté à la mi-septembre, pour cause de débat interminable. Les socialistes ont déjà ´pondu´ 747 amendements mais pourraient en rédiger bien d´autres encore pendant la pause estivale. À vos plumes, les députés, l’outrance n´est pas une tare. 

décès de Maurice Grimaud, le PS publie un mot : Maurice Grimaud, l´ex-préfet de police parisien, notamment durant Mai 68 est mort le 16 juillet dernier. Sa mission d´autrefois : éviter que cette crise ne dérape en bain de sang. « Grâce à son action », souligne le PS, « nous pouvons retenir que cette période de notre histoire est synonyme de liberté, d’émancipation de la jeunesse et de conquêtes sociales ».

Dany le Rouge s´y met aussi  : l´enfant terrible de Mai 68 lui rend hommage sur France Info et salue tout de même la mémoire d´un « véritable républicain ». Cohn-Bendit, « touché par la Vierge » ?

Boire ou volant (Une brève écrite en octobre 2008 à la vieille du Oktoberfest, la fête de la bière, où les Bavarois ‘se lâchent’, y compris l’ancien chef CDU du Land, dont les propos ont surpris plus d’un) : 

Selon l´ex-Ministre-président bavarois, Günther Beckstein, « boire deux litres de bière » avant de conduire ne pose aucun problème. Imaginez donc un Allemand sur une autoroute française. Les gendarmes doivent-ils se montrer plus indulgents dans la lutte contre les ivrognes au volant ? Infliger des sanctions moins lourdes ? Mettre de l´eau dans leur vin ?

P.L

20 juillet 2009

la CSU bavaroise et Philippe de Villiers

Le Canard de l’Etang fête son premier anniversaire depuis le sud de l’Allemagne en Bavière.

Sa capitale, Munich est certes dirigée par un  maire social-démocrate,  mais c ‘est la CSU, formation tradi-catholique qui règne en ces lieux bavarois depuis des lustres.

Le parti politique domine la région.  Cependant, il perd lentement de sa superbe, si l’on en croit les suffrages précédents, de moins en moins flatteurs pour les têtes d’affiche. Dernier scrutin en date, le week-end dernier : Horst Seehofer, ministre-président de Bavière est réélu a la tête du parti, mais avec seulement 88 % des voix, un score décevant pour cette « union« .

http://www.spiegel.de/img/0,1020,819479,00.jpg

à gauche, sur la photo : Horst Seehofer, chef de la CSU et ministre-président de la Bavière depuis octobre 2008

Celle-ci veut à tout prix marquer son autonomie vis-à-vis de la CDU, copine protestante du nord. Notamment sur les questions d’Europe, dont les positions divergent.

http://www.pourlafrance.fr/medias/images/phdviliers(1).jpg

En France, cependant, elle ressemble grosso modo au parti de Philippe de Villiers, « baron » catholique de Vendée (85) mais normand par son père, eurosceptique,  gardien volontaire des traditions locales et sauveur de la ruralité (à l’origine du spectacle du « Puy du Fou » dans le 85). Soit un peu comme ses homologues bavarois, qui aiment faire perdurer de vieilles traditions, comme la fête de la bière

.http://www.gite-rural-la-roche-posay-vienne.com/news-gite-rural/Le%20Puy%20du%20Fou%202006%20.27.JPG

Puy du Fou, spectacle créé en 1977

http://sattlers.org/mickey/site/archive/2004/09/images/2004-09-18-oktoberfest-girl.jpg

 image « classique » de la fête munichoise de la bière,  la fameuse « Oktoberfest », qui a lieu chaque année, fin septembre-début octobre et ce depuis 1810

P.L

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