le Canard de l’Etang

11 avril 2012

Les sondages de la campagne les plus drôles

Lu initialement sur L’Express.fr

Choix électoral des Français en fonction de leurs pratiques sexuelles ou de leur consommation de pain, le candidat préféré pour partir en vacances… Les sondages insolites ne manquent pas durant cette campagne. 

Il n’y a pas que les intentions de vote que les instituts de sondages scrutent de près. Ce jeudi, deux études ont de quoi laisser pantois. 

Tout d’abord, les lecteurs de Direct Matin ont pu découvrir, dans le train ou dans le bus, que les Françaises choisiraient, pour faire le ménage, d’abord Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière (crédité d’environ 0.5% pour le premier tour) selon Mediaprism pour Le Journal des femmes

Arrive en deuxième position une autre femme, la candidate écologiste Eva Joly, puis en troisième, le candidat du NPA Philippe Poutou. Trois candidats de gauche et d’extrême gauche sont donc plébiscités pour effectuer les tâches ménagères. Les intéressés apprécieront sans doute. 

Les hommes veulent plus que les femmes des vacances avec des politiques

Mais pourquoi publier un tel sondage? « Mediaprism et le Journal des Femmes passent chaque semaine au crible les grands thèmes de la campagne électorale. Parler ‘politique’, c’est l’occasion de débattre, mais aussi de sourire », explique Justine Boivin, du magazine féminin en ligne.  

Autre étude décalé du jour: « avec quel candidat voudriez-vous partir en vacances? » Vous avez envie de savoir? Pas de panique, Voyagermoinscher.com a sollicité OpinionWay. Et c’est François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon qui obtiennent les meilleurs scores (19 et 17%, respectivement).  

On apprend à l’occasion que les hommes sont davantage prêts à partir avec un présidentiable que les femmes. A noter que les 18-24 ans préféreraient le président-candidat pour leurs congés; alors que les séniors, un éléctorat plutôt à droite, choissisent, eux, François Hollande. 

Ce n’est guère la première fois que les instituts de sondage publient ce genre d’enquêtes un peu insolites.  

Exemple: Harris Interactive, pour l’Auto-journal a posé, début mars, la question de l’année:« Et si un candidat était une voiture? » Nicolas Sarkozy serait donc une Porsche 911 (ou un Hummer), François Hollande, une Renault Scenic (voire une Twingo). François Bayrou, lui, est associé à la même Renault que son adversaire socialiste, mais aussi à une Citroën 2 CV. 

La moitié des Français veut que les candidats fassent attention à leur ligne

Encore plus drôle: Opinion Way s’est intéressé, fin mars, au choix électoral des Français en fonction de leurs… pratiques sexuelles. Sans voir de rapport à première vue, on constate que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont plus insatisfaits sexuellement. Que les partisans de François Bayrou font moins l’amour que les Français de gauche.  

Opinion Way, encore lui, a aussi sondé début février le choix des électeurs en fonction de leur consommation du pain. Incroyable mais vrai! 

On découvre ainsi, stupéfait (ou pas), que celui qui mange du pain à tous les repas, pour tous les mets, vote plutôt Nicolas Sarkozy (à 30%). Du coup, cela signifie-t-il que les ceux qui en mangent pas ou peu préfèrent François Hollande? Non, pas du tout. L’ »ennemi » de la baguette, tradition française depuis la nuit des temps, veut plutôt glisser un bulletin « Marine Le Pen » dans l’urne. Etrange, non? 

Conceptions de philosophie selon le choix du vote

Les valeurs, les idées… Philosophie Magazine a voulu connaitre, fin février, avec Ipsos, le choix électoral des Français par rapport à leurs conceptions d’ordre général. Les « hollandais » sont un peu plus convaincus que les « sarkozystes » que l’homme est bon (72% contre 66%).  

On est ravi d’apprendre, aussi, que les interrogés souhaitant voter pour le candidat PS sont plus méfiants vis-à-vis des élus que les Français pro-UMP. Et, sans surprise, on lit que les partisans d’un vote à gauche pensent que la priorité du chef de l’Etat concerne le bien-être de la population. Davantage, en tout cas, que la sécurité, priorité des électeurs de droite (néanmoins partagés sur la question).  

Bon, là au moins, on se rapproche un peu plus de politique… 

PL

23 juillet 2011

Les gaullistes de gauche ? « Une expression qui n’a plus de sens »

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

Ségolène Royal veut rassembler de l’extrême gauche aux gaullistes. La déclaration de la semaine passée.

L’historienne Chantal Morelle fait le point sur l’invocation récurrente du Général de Gaulle dans le discours politique.

 

Atlantico : Comment peut-on définir le gaullisme ?

Chantal Morelle : Ségolène Royal a évoqué, lundi dernier, le Conseil national de la Résistance (CNR) qui mêlait tous les partis et les syndicats résistants et n’était pas exclusivement gaulliste. Du temps du RPF, Malraux disait à propos du RPF, le premier mouvement gaulliste : « c’est le métro à 6 h du soir », signifiant ainsi que les adhérents venaient de tous les horizons sociaux et politiques, c’était un mouvement de rassemblement. En 1958 a été créée l’UNR (Union pour la nouvelle République), qui est devenue le parti de la majorité présidentielle, mais de Gaulle n’en a pas été le chef comme il avait été le présidente du RPF.

Le gaullisme est un mouvement qui a forgé l’histoire politique de la France et des Français, avec le général de Gaulle qui a imposé et défendu certaines valeurs. Il s’agit d’une référence importante, certes, mais dorénavant historique ; il n’est plus ni un courant de droite, ni un courant de gauche ce qui permet à tout le monde de s’en réclamer. Pourtant, si l’on y réfléchit, le gaullisme a duré le temps de la présidence du général de Gaulle, jusqu’à sa démission en 1969, soit onze ans ! Certains gaullistes historiques estiment que Georges Pompidou ne pouvait se dire gaulliste. Il aurait été un traitre selon certains.

En tout cas, le RPR (Rassemblement pour la République) créé par Jacques Chirac en 1976, n’est pas un mouvement gaulliste, bien qu’il soit le mouvement le plus proche. Le facteur personnel, le contexte politique, les enjeux en font autre chose qu’un parti gaulliste.

 

Comment le gaullisme n’est-il devenu qu’une simple référence historique ?

Les choses ont changé, les gens ont évolué. Cela ne veut pas dire que les valeurs du gaullisme n’existent plus. Elles existent chez tout le monde. C’est un mouvement constitutif du visage politique des Français et c’est la raison pour laquelle toute la classe politique s’en réclame : les valeurs de grandeur de la France, de l’indépendance nationale, la puissance nucléaire sont des valeurs que tout le monde revendique… Et depuis longtemps. Elles ne sont la propriété de personne.

Pour montrer les changements, prenons l’exemple de l’avancée de la construction européenne : c’est une donnée qui dépasse totalement le gaullisme. La place de la France en Europe, et dans le monde, a évolué. Certains gaullistes historiques rejettent l’intégration européenne telle qu’elle se fait au nom de la fidélité au général de Gaulle.

Sur ce sujet, on peut se réclamer du gaullisme comme le faisait Philippe Séguin, ou, encore aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement. Celui-ci est soutenu par des gaullistes historiques alors qu’il est issu d’un courant de pensée, le Ceres, qui appartenait à l’aile gauche du PS. Quand on se réclame du gaullisme, on s’appuie sur certains de ses aspects et c’est la raison pour laquelle chacun s’y retrouve.


Peut-on affirmer que le gaullisme est né à droite ?

Le gaullisme est né en plusieurs étapes : il y a le “gaullisme de guerre” né dans des conditions bien spécifiques qui a rassemblé des gens de tous bords ; puis le gaullisme politique, plutôt inscrit à droite comme le RPF né en 1947, puis l’UNR en 1958.

Le général de Gaulle lui-même n’aimait pas que l’on donne son nom à un mouvement « fût-ce sous la forme d’un adjectif”, mais il a accepté qu’un mouvement politique se réclame de lui, comprenant qu’un chef de l’État ne pouvait pas être “au-dessus des partis”.

Son origine familiale, son éducation, sa culture faisait de lui un homme de droite, et même de la droite autoritaire, bonapartiste, favorable au régime présidentiel plutôt qu’au parlementarisme, tout en étant respectueux de la démocratie ; mais il était marqué par le christianisme social de la deuxième moitié du XIXe et du XXe siècle, d’où sa volonté de mener une politique plus sociale que beaucoup de gens de droite – “la seule querelle qui vaille est celle de l’homme” disait-il.

Le gaullisme a toujours été situé à droite dans le spectre politique, bien qu’il y ait eu des gaullistes de gauche, ils n’étaient à proprement parler de gauche.

 

Y a-t-il encore des gaullistes de gauche ?

« Gaulliste de gauche » est une expression qui n’a plus de sens. Cela en avait dans les années 1960. Certaines personnes étaient gaullistes mais provenaient de la gauche d’avant 1958. Ces derniers menaient ou voulaient mener une politique plus sociale, comme la participation aux bénéfices de l’entreprise. Les gaullistes de gauche étaient toutefois limités en nombre et Charles de Gaulle les aimait bien. Ce n’est pas le cas de Georges Pompidou, qui, sur le plan social était beaucoup plus conservateur.


Qui sont les héritiers du général de Gaulle ?

De Gaulle n’a pas un héritier, bien que certains se retrouvent davantage dans cette filiation que d’autres. Je pense à Dominique de Villepin et son mouvement République solidaire, lancé, non pas le 18, mais le 19 juin 2010 : c’est tout un symbole, mais ce n’est pas du gaullisme, puisque les temps ont changé : Villepin peut s’y référer, il ne peut avoir de projet gaulliste. On se réclame du  général de Gaulle, on peut le citer comme on peut citer Jean Jaurès – Nicolas Sarkozy l’a fait pendant sa campagne électorale sans être socialiste ! Et l’actuel chef de l’État n’est pas plus gaulliste que d’autres responsables politiques : il s’appuie sur le gaullisme comme sur d’autres sources qui ont permis à la France à se construire, comme tous les Français.

Nicolas Dupont-Aignan rejoint l’idée du général de Gaulle sur la construction européenne et l’indépendance nationale, il dit en effet qu’il est le seul vrai gaulliste. Mais ce n’est pas totalement vrai. La preuve ? Il a appelé à voter Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle de 2007, alors que celui-ci défendait une autre politique européenne. Donc il accepte que d’autres politiques soient menées car le gaullisme n’est pas une donnée applicable comme le voulait ou comme l’aurait fait le Général il y a un demi-siècle ! Avoir des principes ne signifie pas qu’on les applique.

 

Pourquoi Ségolène Royal veut-elle rassembler jusqu’aux gaullistes ?

A l’occasion de la campagne électorale, elle se veut rassembleuse, elle veut réunir le plus largement possible, à l’exception de l’extrême-droite. Son problème : elle n’est pas bien vue, plutôt isolée au sein du Parti socialiste, et, il lui faut trouver des soutiens ailleurs. Mais finalement c’est normal : aucun candidat(e) qui pourrait devenir président(e) de la République ne peut dire : « Je ne représente qu’une partie des Français. »

Pendant la campagne, on peut tenir un certain type de propos, mais dans la pratique, cela n’a plus le même sens. On ne peut mener une politique cohérente avec un spectre politique aussi large : on ne voit pas Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin travailler au sein du même gouvernement et mener la même politique ! Sauf, peut-être, ponctuellement : car tout le monde peut être d’accord sur un point précis, à un moment donné, en temps de crise par exemple

 

Comment Ségolène Royal peut-elle se réclamer à la fois du général de Gaulle et du président Mitterrand ?

François Mitterrand a été un président tout à fait gaullien : la Constitution a été à peine modifiée, contrairement à ce qu’il a toujours dit qu’il ferait. C’était la même pratique monarchique républicaine que celle du général de Gaulle, en son temps. Donc, sur ce plan, le rapprochement entre les deux chefs de l’Etat n’est pas incohérent.

Leur politique étrangère a souvent eu des points communs, la politique économique et sociale aussi, dans une certaine mesure : pensons aux nationalisations de l’après-guerre et à celles de 1981, à la sécurité sociale, et ce qu’il y avait de véritablement idéologique dans le programme du candidat Mitterrand n’a pas résisté à la force des contingences nationales et internationales. Mais si les deux personnalités sont différentes, elles ont toutes deux marqué la Ve République.

Propos recueillis par Philippe Lesaffre

 

 

9 juillet 2011

« Pourquoi je veux mettre fin au recrutement des enseignants par concours au niveau national »

 Interview du député (UMP) Grosperrin publiée par Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

La commission des affaires culturelles et de l’éducation a rejeté, mercredi 6 juillet, le rapport d’information sur la formation des enseignants. En cause : la proposition controversée de mettre fin au concours national. Selon Jacques Grosperrin, le président de la mission d’information à l’initiative du rapport, ses collègues parlementaires, qui se sont opposés au texte, ont cru qu’il était instrumentalisé par Nicolas Sarkozy. A tort, insiste le député du Doubs.

Atlantico :  Quel est l’origine de votre rapport ?

Jacques Grosperrin : Il y a eu, entre septembre et octobre 2010, une grosse polémique sur la mise en place d’une « stagiarisation » des enseignants qui venaient d’obtenir le Capes. A ce moment-là, j’avais demandé à la présidente de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation, Michèle Tabarot, qu’elle diligente une mission au sujet du recrutement et de la formation des enseignants. On s’était rendu compte que les résultats scolaires de nos collégiens et lycéens n’étaient pas très bons au niveau des pays de l’OCDE.

Cela a mis du temps et le président de la République, au moment de ses vœux au Grand Palais en 2011, a évoqué la formation des enseignants. Depuis, les choses ont évolué de manière naturelle à l’Assemblée nationale et j’ai été nommé president-rapporteur de la mission d’information. Ce qu’on voulait, c’est aussi dresser un premier bilan de la réforme dite de « masterisation »

Pourquoi vouloir supprimer le recrutement par concours ?

Nous voulons supprimer ces concours au niveau national, mais pas au niveau régional. Il convient, en effet, selon la vingtième proposition, de « remplacer le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter, sur la base d’un entretien professionnel, les enseignants. »

Nous voulons quelque chose de plus réaliste. En ce moment, il y a des masters, une formation en cinq ans. Et à la fin, l’enseignant doit être capable d’enseigner. Et de l’autre côté, il y a un concours qui évalue la même chose que le master, c’est-à-dire des conceptions académiques.

On veut dans un premier temps revoir la formation des enseignants dans son ensemble : à savoir, à la fin des trois ans de licence, organiser un concours pour l’entrée en Master 1. Ce serait un concours académique que l’on appellerait « admissibilité pour le Capes ». « L’admission pour le Capes », ce serait pour la fin du Master 2.

Durant ces deux années, l’étudiant sera de temps en temps dans un établissement scolaire : primaire, secondaire, etc. Ils seraient en situation pratique, de gestion d’une classe. Le jour où les masters seront bien organisés, le concours disparaîtra de fait. J’en suis certain, d’ici dix à quinze ans, quand l’opinion publique sera prête. La priorité sera de faire un recrutement au niveau local, voire régional, pour que nos professeurs arrêtent de partir dans des zones sensibles, difficiles, et afin qu’ils ne soient plus expatriés à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux où on les dégoûte du métier. Je ne veux plus de déracinement des enseignants avec, à la clé, parfois, un abandon de certains par manque de motivation… Les académies prendraient alors les meilleurs étudiants, qui sortent d’un master, avec un concours régional. Et je voudrais aussi que les chefs d’établissement fassent partie des jurys de concours.  

Certains syndicats vous accuse de vouloir « exploser la fonction publique »…

(soupir) Les syndicats ne jouent pas le rôle de syndicats. Ce que j’attends d’eux, c’est qu’ils s’interrogent sur les conditions de travail des élèves, des enseignants, sur la formation de ces derniers, sur le programme d’enseignement, sur ce qu’il se passe à l’école. Et non pas uniquement sur leur raison d’être : « plus de moyens, toujours, plus de profs » Ils sont sur des notions budgétaires. Ils sont en manque d’idées, manque de créativité… Ils sont déboussolés depuis Claude Allègre. Ils se cherchent… Peut-être pas tous les syndicats… Mais la plupart d’entre eux, en tout cas, ceux qui s’opposent à moi.

Pourquoi vos collègues, toutes tendances politiques confondues, ont-ils rejeté votre rapport ?

Ils ne devaient pas voter le contenu du rapport : celui-ci a été voté le 29 juin dernier à la majorité par les quinze membres de la mission d’information (composée de six députés socialistes et divers gauche et neuf membres de la majorité présidentielle, ndlr). Ce sont les seuls compétents à juger du contenu, autrement dit, des 20 propositions du rapport.

La mission d’information, d’ailleurs, n’était pas au complet. Le jour du vote, ce 29 juin, 4 socialistes étaient présents et ils ont préféré s’abstenir. Marie-Hélène Amiable, seule députée communiste de la mission d’information, a rejeté le contenu. Et il y avait six députés UMP et ils ont dit oui au contenu.

En revanche, mes collègues ont voté, mercredi 6 juillet, contre… la publication du rapport. Cela aurait été un acte démocratique de dire oui à ladite publication. C’est une première depuis vingt ans…

Les députés de la commission n’étaient pas nombreux lors du vote sur la publication du rapport. Seul un tiers de la commission… Sûrement en raison des vacances.

Pourquoi un tel rejet ? Ils étaient persuadés, y compris mes trois collègues de droite qui ont voté non avec les socialistes, que la vingtième proposition portant sur la fin du recrutement par concours national, m’avait été soufflé par le chef de l’Etat ou par le ministre de l’Education nationale. Selon eux, j’aurais été instrumentalisé. C’est archi-faux ! Une rumeur… Les deux ne m’ont jamais demandé des comptes… Je n’ai pas rencontré Nicolas Sarkozy… J’ai uniquement vu Luc Chatel et Valérie Pécresse, à l’époque ministre de l’Enseignement supérieur pour une audition commune.

Le PS fait souvent des coups tordus… On arrive à l’élection présidentielle. Ils sont à court d’idées. Ils sont dans une démarche anti-démocratique ! Les socialistes, je les sens crispés, perdus. Leur candidat fétiche n’est plus là. On aurait voté la deuxième année du second mandat, ce serait passé…

Et trois de mes « amis » politiques ont suivi l’opposition dans le vote. Parmi eux, il y avait Marc Bernier, un villepiniste, René Couanau, un député sans groupe parlementaire qui a quitté l’UMP, ainsi que Bernard Debré. J’ai eu, avec lui, une discussion franche. Il n’avait rien compris, d’autant plus qu’il n’avait pas participé au vote sur le contenu du rapport. Bon, il ne pouvait pas l’être car seuls les quinze parlementaires de la mission d’information – et il n’en faisait pas partie – ont voté sur ce contenu.

Le gros problème de mes collègues est le suivant : ils arrivent en commission au milieu d’un brouhaha, ils savent que les élections législatives arrivent vite… Des enseignants leur ont remonté les bretelles en leur disant : « Grosperrin veut supprimer le concours » alors que je pense qu’il sera supprimé dans une décennie.

Faire de la politique, c’est être courageux. C’est poser les vraies questions, les vrais problèmes. Avec Jean-François Copé et Christian Jacob, vous le voyez bien, on est dans le débat d’idées. On ne s’interdit rien. Aucun tabou ! A l’UMP, on veut améliorer le système…

Que va devenir le rapport provisoire ? Va-t-il garnir l’intérieur d’une armoire de l’Assemblée nationale ?

Non, il sera publié. Alain Boissinot, le recteur de l’académie de Versailles qui n’est pas de droite – je ne sais ce qu’il est, d’ailleurs –  pense que ces concours nationaux disparaîtront…

Je vais réunir les membres de la mission d’information : renégocier, rediscuter sur les propositions de la mission. Il y aura un nouveau vote, avant que le rapport ne repasse devant la commission fin septembre, début octobre prochain.

 

27 juin 2011

Pays basque : Batasuna, adios la frontière franco-espagnole ?

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin. Plusieurs activistes basques ont repoussé les policiers français venus l’interpeler. Elle risque jusqu’à douze ans de prison pour « participation à une organisation terroriste ». Membre de Batasuna, parti interdit en Espagne pour ses liens supposés avec l’ETA, mais autorisé en France, elle venait de sortir de six mois de clandestinité. Mais qui se cache derrière cette formation politique ?

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.  Crédit Reuters

Atlantico : Comment qualifier la formation basque « Batasuna » (dont le nom est revendiqué par ses membres mais n’est plus autorisé depuis 2003) ? Y a-t-il une différence entre la partie espagnole et la branche française du parti ?

Barbara Loyer : Batasuna est un parti indépendantiste basque. Il veut fonder un nouvel État souverain qui ferait disparaître à cet endroit la frontière franco-espagnole en rassemblant des territoires de France et d’Espagne. La nouvelle  frontière devrait passer au milieu du département des Pyrénées-Atlantiques. Elle inclurait, théoriquement, Bayonne mais pas la partie de son agglomération qui se trouve dans le département des Landes.

Cet Etat devrait être bascophone. Batasuna se déclare socialiste. Les militants tiennent des discours politiques avec un vocabulaire utilisé à l’ordinaire par la gauche, notamment les mots « répressions », « peuple », « torture », etc. C’est important pour comprendre que les déclarations de solidarité viennent plutôt de partis de gauche.

Théoriquement, Batasuna est en France l’expression du même projet politique que le parti du même nom interdit en Espagne mais doit s’adapter au contexte légal des élections françaises.

Quels sont les combats que porte ce parti indépendantiste ?

Ce sont ceux de l’extrême gauche, d’une contestation des systèmes politiques actuels.  Le vocabulaire qu’ils emploient leur permet de converger avec les mouvements des Indignés dans de nombreux pays d’Europe, mais, à la différence des Indignés, l’idéologie nationaliste inscrit les actions de Batasuna dans des tactiques  à court et moyen terme beaucoup plus réfléchies, pour une stratégie à long terme.

Cette stratégie est explicitement celle de former un mouvement politique commun en France et en Espagne. Le fait que la coalition indépendantiste basque Bildu ait eu un tel succès en Espagne et que l’ETA poursuive sa lente évolution vers la disparition (bien qu’on trouve encore ses caches d’explosifs) change la donne, côté français. En effet, les indépendantistes basques en France ont été soucieux, jusqu’à maintenant, de ne pas se laisser dépasser par les partisans de la lutte armée.

Ils ont déjà bien du mal à s’implanter électoralement, et le développement du terrorisme en France leur porterait préjudice. Si l’ETA disparaît, cette inhibition est levée et une lutte interne entre nationalistes basques, en France comme en Espagne, va se développer, pour occuper le devant de la scène et gagner des parts de l’électorat.  Le fait d’apparaître comme victime est utile pour atteindre cet objectif.

Il faut écouter les discours comme des éléments de stratégies politiques mises en œuvre à des moments réfléchis. Il est utile aujourd’hui en France de commencer à faire bouger les associations et les partis sur un agenda politique que l’on maîtrise. Il faut inscrire le peuple basque dans les priorités du Pays basque, maintenant, après le succès de Bildu en Espagne et à la faveur du mouvement des indignés qui crée un élan dont il faut utiliser l’énergie. C’est de la politique, pas de l’idéalisme.

La question du mandat d’arrêt européen visant la militante basque Aurore Martin peut être traitée sur le plan juridique des libertés publiques en Europe. Le problème ici est le lien implicite fait entre la liberté des individus et celle d’un ‘peuple basque » que représenterait la militante concernée. Ce lien est trompeur.  Pour l’instant, en France, Batasuna ne représente rien sur le plan électoral. Il n’est pas plus le peuple basque que les électeurs de l’UMP qui portent des noms basque et parlent la langue basque.

Batasuna est interdit par la justice espagnole pour ses supposés liens avec l’ETA. Qu’en est-il exactement ?

Selon moi, les liens de Bastasuna avec l’ETA et l’idéologie totalitaire de cette organisation ne sont pas supposés mais réels. Il me semble que c »est un vrai problème que des militants de gauche ne soulèvent pas la contradiction qui existe, dans ce cas présent, entre le discours de gauche et la pensée totalitaire. Il ne faut pas seulement juger des discours mais des pratiques politiques.

3 mars 2011

Charlie hebdo boudé par ses confrères ?

 

 Publié sur Marianne 2

L’hebdo satirique se plaint, ce qu’il fait rarement, de voir ses derniers scoops ignorés par le Canard enchaîné et France Inter. Quitte à raviver une vieille querelle entre Charb et Philippe Val, l’actuel patron de France inter.



 

Une de Charlie Hebdo

Une de Charlie Hebdo

Charlie Hebdo n’est pas que le journal « bête et méchant », vilain rejeton d’Hara Kiri de feu le professeur Choron. Charlie sort aussi des infos, relaie la contestation du pouvoir en place et compte bien le faire savoir.

C’est, en tout cas, ce qui ressort du dernier numéro, paru ce mercredi 23 février, dans lequel le journal, sous la plume de Laurent Léger et de son directeur Charb, s’en prend plus ou moins méchamment à ses confrères, coupables de… ne pas avoir cité l’hebdo satirique.

L’origine de la première salve : le travail d’enquête de Charlie Hebdo sur l’IPEMED, un think tank réunissant un bon nombre de personnalités de la classe politique française, mais aussi… Aziz Miled, le fameux homme d’affaires tunisien qui a tant embarrassé Michèle Alliot-Marie. Des révélations sur les accointances entre ce club et les politiques provoquant la démission d’Élisabeth Guigou dudit think tank, le 17 février dernier, au lendemain de la parution de l’article du Canard enchaîné.

Sauf que voilà, Charlie Hebdo fait valoir que l’information, parue dans le journal du mercredi (dans un article non signé) et largement reprise par les médias, ne faisait pas référence à… l’enquête que le journal de Charb avait publiée, une semaine plus tôt, le 9 février.

Chaque titre de la presse veut en effet se tailler la part du lion dans les affaires qui embarrassent le pouvoir…

Pour Brigitte Rossigneux du Canard enchaîné, ce qu’insinue Charlie n’est « pas du genre du Canard ». Dès lors, l’omission de la référence au journal satirique concurrent est « tout à fait malencontreuse ». Omission que n’excluait pas Charlie, certes persifleur mais quand même prudent : « Loin de nous l’idée de dire que nous aurions été pillés. Peut-être que nos confrères ne nous ont pas lu. » Dont acte.


Charlie provoque

Deuxième sujet de mécontentement pour les journalistes du journal bête et méchant : France Inter n’a pas évoqué l’appel des 47 palmés de l’Éducation nationale dans sa revue de presse. Terrible erreur, d’après Charb, le directeur de la publication : leur info aurait été pourtant « publiée par toutes les télés, toutes les revues de presse (euh, au moins citée par France Info ), tous les journaux (…) » (L’Humanité, l’AFP , entre autres). Mais pas par la radio dirigée par l’ancien directeur de Charlie, Philippe Val. Or, cela ne daterait pas d’hier. Bien au contraire. France Inter ne citerait pas Charlie Hebdo « depuis que la revue de presse de la station publique est aux mains de sarkozystes pommadés », écrit Charb dans un – tout – petit encadré en bas de la page 3. Joint par Marianne 2, Charb persiste et signe : « Tout le monde, à ma connaissance en a parlé, sauf la revue de presse de France Inter. Alors soit le journaliste a des consignes, soit il prend lui-même les devants. » Lorsqu’on lui demande s’il visait Philippe Val à travers son texte, Charb répond : « Il n’était visé que dans le cas où il aurait donné des consignes contre Charlie Hebdo. » L’attaque contre Val est dans la continuité de ce qui s’est passé lors de son arrivée à la station, lorsque Philippe Val avait viré Frédéric Pommier, visiblement coupable d’avoir mentionné Siné Hebdo dans sa revue de presse, puis d’avoir limogé deux humoristes stars de la radio, Stéphane Guillon et Didier Porte en juin 2010.

Questionné par Marianne2, Bruno Duvic, en charge de la revue de presse depuis septembre 2009, relativise : « C’est juste une petite provocation. Je n’ai aucune consigne de ne pas citer Charlie Hebdo », se défend-il. Tous les matins, je lis des papiers chouettes que je ne cite pas et je reçois des mails d’éditorialistes qui râlent car je n’ai pas repris leur article. »

En fait, le conflit entre Charb et Val, son prédécesseur, ne date pas de la semaine dernière. Déjà, en 2008, Charb – il a pris les rênes du journal en mai 2009 – n’était pas tendre avec son ex-collègue : « Philippe Val est directeur mais c’est celui qui ressemble le moins bien au journal », avait-il grommelé à l’époque. Mais l’attaque plus frontale de Charlie s’explique peut-être par le fait que, depuis un mois, Philippe Val, qui n’a pas souhaité répondre aux questions de Marianne2, n’est plus actionnaire de l’hebdomadaire satirique.

 

P.L avec M.B

3 mars 2011

Sondages: gouvernement et sondeurs la main sur le frein

Article publié sur Marianne 2

Le Sénat a voté à l’unanimité une proposition de loi sur les sondages politiques. Mais le texte est à la fois peu apprécié par le gouvernement et par les sondeurs. L’Assemblée nationale va-t-elle s’emparer de cette proposition de loi et la porter jusqu’au bout ?

 



Hugues Portelli, sénateur UMP - capture d'écran- Dailymotion - UMP
Hugues Portelli, sénateur UMP – capture d’écran- Dailymotion – UMP

 

Rendre la production et la publication de sondages plus transparentes, une noble cause ? La proposition de loi, chère à Hugues Portelli (UMP) et Jean-pierre Sueur (PS), et votée, lundi 14 février, à l’unanimité au Sénat, pose des questions légitimes : « Elle part d’un bon sentiment », estime Stéphane Rozès – directeur de l’agence de conseil, CAP -, interrogé par Marianne 2. « Il fallait faire quelque chose » pour améliorer le texte datant de 1977 à propos de l’encadrement des sondages politiques.

Mais c’est quoi, un sondage ? Les sénateurs apportent dans leur proposition de loi une définition plus précise et Stéphane Rozès, ancien dirigeant de l’institut de sondage CSA, n’y voit aucun inconvénient. La presse publie souvent, en effet, le résultat de « consultations diverses non représentatives » (qui se distinguent, donc, des sondages).

Stéphane Rozès rejoint aussi les rédacteurs du texte qui proposent de réformer la commission des sondages et de renforcer ses prérogatives. Elle est actuellement composée de neuf magistrats et de deux « experts » en sciences politiques, en droit public et en mathématiques. Il s’agirait d’équilibrer la balance des deux « groupes » (6+5 au lieu de 9+2 à l’origine).

La commission des sondages « n’est pas inerte », se plaint Jérôme Sainte-Marie, directeur général adjoint de CSA. « Elle vérifie que les sondeurs appliquent bien les règles mais ne vérifie pas la vérité publiée », tient-il à préciser.

« Je suis pour qu’il y ait, également, des représentants de la droite et de la gauche », avance Stéphane Rozès. Qui prône, au passage, pour que la commission des sondages recueille l’ensemble des questions posées par les instituts de sondage de telle manière à ce que le journal, client d’un sondage, ne puisse pas oublier de passer une interrogation dans ses colonnes ou procéder à un tri opportun. « Il serait bon, par ailleurs, que chacun puisse savoir pourquoi un commanditaire a choisi tel ou tel institut et pourquoi », recommande l’ancien sondeur.

Mais son accord s’arrête là. Car les sénateurs, des « non-spécialistes, mal conseillés », croit-il savoir, « n’apportent pas les bonnes réponses ». L’ancien patron de l’institut de sondage rejoint l’avis du… gouvernement, représenté, lors du vote à la chambre haute, par Patrick Ollier. Le ministre des Relations avec le parlement salue certes « le bon travail et les bonnes intentions » des sénateurs chargés d’élaborer le texte. En revanche, ce dernier trouve les solutions proposées « inapplicables ».

Stéphane Rozès botte en touche : « Je ne m’exprime qu’en tant qu’ancien dirigeant d’un institut de sondage ». Et c’est comme ex-patron du département politique – opinion de CSA, fonction qu’il a occupé pendant plus d’une décennie, qu’il tape sur la proposition de loi.

« Le législateur n’a pas à dire comment une profession doit travailler »

Stéphane Rozès - capture d'écran - Dailymotion - France Info

Stéphane Rozès – capture d’écran – Dailymotion – France Info

D’abord sur la publication des résultats. Les sénateurs souhaitent que les journaux puissent passer les résultats bruts avant redressement, question de transparence et « moralisation du débat public » – d’après les dires du rapporteur du texte, Jean-Pierre Sueur. Stéphane Rozès prend l’exemple des intentions de vote – minorées – du FN pour illustrer son opposition : « Quand les sondés répondent le FN à 5 %, au final, le chiffre peut monter à 12%. » Un écart facile à comprendre : les sympathisants du parti d’extrême-droite n’ont pas forcément envie de dire pour qui ils veulent voter. « C’est au sondeur, en fonction d’indicateurs variés – attitude lors des précédents scrutins, par exemple -, de se rapprocher au plus près de la réalité », explique-t-il. Le résultat brut « n’aurait donc aucun intérêt aux yeux des électeurs » selon Jérôme Sainte-Marie. Cela représente presque, glisse Stephane Rozès, une désinformation. Frédéric Dabi (Ifop) parle, lui, de « secrets de fabrication » que les instituts n’ont pas à dévoiler.

Second souci, pointé du doigt par Jérôme Sainte-Marie : les marges d’erreur que les instituts ne doivent guère publier : « Les sondages, imparfaits, ne sont pas une science exacte. Plutôt un outil performant, un miroir pour bien comprendre notre société », confie-t-il.

Autre problème – et non des moindres – aux yeux de Stéphane Rozès : l’origine du client. « L’organigramme de sondage doit préciser le nom et la qualité de l’acheteur s’il est différent du commanditaire », peut-on lire sur la proposition de loi. « Il s’agit d’un retour en arrière car le commanditaire est forcément le client, celui qui paie », s’exclame Stéphane Rozès. Et de toute manière, tacle Jérôme Sainte-Marie, « les instituts publient déjà le nom du commanditaire… »

« Le scientifique se doit de montrer comment il a travaillé, ça ne doit pas être tabou », réplique Jean-Pierre Sieur. Réponse du berger à la bergère, en signe de conclusion, du côté de l’ex-sondeur, Stéphane Rozès : « Le législateur n’a pas à dire comment une profession doit travailler. » Il souhaite que la loi ne passe pas.

Or, Jérôme Sainte-Marie est persuadé, lui, que « la loi passera ». Le sondeur de CSA réfléchit d’ailleurs aux raisons qui ont poussé les sénateurs à se prononcer en masse pour la proposition de loi : « Les sondeurs ont une mauvaise réputation, un côté manipulateur. » Chez les législateurs, on évoque les vertus de la transparence… ce qui fait bien rire le directeur général adjoint de CSA : « Et si on demandait aux journalistes de donner leurs sources ou aux médecins le nom de leurs patients… Trop de transparence, jure Jérôme Sainte-Marie, tue la transparence. »

Le gouvernement, lui, s’oppose aux propositions. Celui-ci fera tout pour retarder le passage du texte à l’Assemblée, au grand dam du sénateur Sueur, rapporteur du texte.

Alors à quand un débat et un vote à la Chambre basse ? « Le plus vite possible, espère le sénateur du Loiret. Avant la présidentielle, en juin prochain, suggère-t-il. Ce serait suspect et absurde que l’Assemblée nationale n’inscrive pas le texte à l’ordre du jour alors que les sénateurs, de toutes les obédiences, ont voté à l’unanimité. »

Mais le gouvernement freine des quatre fers à travers la voix de Patrick Ollier, qui a évoqué au Palais du Luxembourg, outre l’éventuelle inapplicabilité du texte, l’inconstitutionnalité de la proposition de loi. « Étonnant, répond Jean-Pierre Sueur, nous avions interrogé le ministère de la Justice qui n’a jamais relevé de risque d’inconstitutionnalité. » Le gouvernement propose une nouvelle phase de discussions avec les sénateurs ? « La proposition de loi est publique depuis le 25 octobre dernier », rappelle le sénateur. Visiblement en colère. Mais pas suivi par les principaux intéressés, les sondeurs…

 

P.L

3 mars 2011

La cour des comptes dénonce le musée «fantôme» des sports

Article publié sur Marianne 2

Mais quel est donc ce musée national du sport? La Cour des comptes fustige dans son dernier rapport public annuel l’établissement labellisé musée de France : pas de local, pas d’installation permanente, aucune priorité. En un mot, un musée virtuel si peu visité…



Musée national du sport - capture d'écran - Dailymotion - sport 365

Musée national du sport – capture d’écran – Dailymotion – sport 365


Le musée du sport national, vous connaissez ? Avec 600 000 objets et documents, il possède l’une des plus importantes collections au monde portant sur l’histoire des sports. Toujours pas ? Pourtant, né en 1963 (!), il vise, selon le ministère des Sports auquel il est rattaché, à « faire découvrir l’éthique du sport, à montrer comment il est le reflet de notre société d’un point de vue historique, sociologique et anthropologique ». En un mot, il se veut le « musée de l’identité sportive ». Noble cause, non ?

Mais il reste méconnu du grand public. La Cour des comptes, dans son rapport annuel, rendu public le 17 février, utilise d’ailleurs le terme de « musée imaginaire » pour qualifier l’établissement public administratif et « musée de France » depuis 2004.  Imaginaire… Ou, plutôt, sans véritable local, ni galerie permanente ni installation. Domicilié au Parc des Princes à partir de 1979, il bénéficie à l’intérieur du stade parisien, de deux étages. Mais sa collection n’a été présentée de manière continue qu’entre 1988 et 1997. L’organisation du Mondial en France a eu raison de ce musée si précaire : les salles ont fermé à ce moment-là, faute d’espace.

Une partie des pièces a déménagé en juin 2008 dans le XIIIe arrondissement de Paris, boulevard de France, dans les locaux de la secrétaire d’État au Sport (Chantal Jouanno actuellement). Une « vitrine » – nom du pseudo-musée – qui n’expose que… 350 objets : 1200 m2, trois salles contiguës au premier étage avec une boutique au rez-de-chaussée. La « vitrine »,  aura coûté la bagatelle de 4.4 millions d’euros. L’enveloppe initiale ne prévoyait pourtant que… 3.5 millions. Le chantier avait, de surcroît, pris « des retards en cascade » selon les dires de la Cour des comptes.

A l’intérieur, des objets nécessaires à la pratique sportive, comme le gant de boxe de Marcel Cerdan ; des objets témoignant de l’organisation d’une compétition (affiches par exemple), mais aussi des œuvres artistiques, notamment  la prestigieuse coupe dite « Gravelotte » des premiers jeux d’Athènes en 1896. La « vitrine » se compose d’une galerie permanente, « Le sport s’expose », et d’expositions temporaires.

Or, le succès, en revanche, s’est fait attendre. Entre juin 2008 et septembre 2009, seuls 11 173 visiteurs ont pris la peine de passer l’entrée, une moyenne de… 50 personnes par jour. Et cela malgré un ticket d’accès bon marché : 4 euros au tarif plein et gratuité pour les mineurs. Au total, le musée a gagné, durant cette période, seulement 23 000 euros.

C’est bien connu, la quantité ne fait pas la qualité… sauf quand celle-ci manque aussi à l’appel. La Cour des comptes souligne « le champ muséologique très vaste », et met en lumière « l’absence de définition des priorités ». La preuve ? Le musée a mis en place un conseil scientifique et culturel consultatif en novembre 1991 pour « définir la stratégie d’enrichissement de la collection ». Mais il ne s’est réuni qu’une fois l’an entre 1992 et 1995 et aucune trace d’un quelconque compte rendu ultérieur… jusqu’à la métamorphose du musée en un établissement public en 2006 qui prévoit en principe un conseil d’administration en compagnie d’une instance scientifique (selon la loi sur « les musées de France »), saisie avant toute acquisition d’objets.

La Cour des comptes précise que ce musée « n’est pas parvenu à formuler une stratégie précise en matière d’enrichissement de la collection, sinon en se contentant de souligner la complexité de cette entreprise ». Un projet culturel et scientifique a été redéfini en novembre 2010. Mais il reste encore au ministère de la Culture de soumettre l’approbation. Le musée évolue certes, mais au pas d’escargot…

Le rapport fustige, par ailleurs, le manque d’engagement (« une attention limitée », écrivent les magistrats) du ministère des Sports qui alloue au musée un budget de 0.9 millions d’euros. Pendant longtemps, sa tutelle était « éclatée entre deux services du ministère (…) la direction des sports devait définir les orientations générales du musée » sans avoir à s’occuper de l’administratif et des finances. Cette dichotomie a cessé en 2008… Mais les problèmes ne se sont pas arrêtés pour autant : l’actuel directeur général (nommé conjointement par les ministres du Sport et de la Culture) n’a reçu une lettre de mission qu’onze mois après sa nomination. A cause de grèves à la Poste ?

Mais pas de panique : l’optimisme est de mise, la ministre des Sports, dans un droit de réponse publié par le rapport, évoque, pour le musée, « un nouveau cap dans son développement ». Un protocole d’accord a même été signé en mai 2010 entre le ministère du Sport, le musée et le maire de Nice pour que l’établissement s’installe dans la ville dirigée par Christian Estrosi à l’intérieur du prochain « grand stade » : une mise à disposition d’une surface de plus de 5000 m2. Mais la galerie dans le XIIIe arrondissement ne disparaît pas tout de suite : le ministère des Sports a signé un bail courant jusqu’à fin 2012… 

 

P.L

7 février 2011

Web-séries :s’engager pour se faire connaître

Article publié dans Marianne

On ne compte plus les Web-séries sur la Toile, des productions souvent auto-financées avec de jeunes comédiens. L’idée ? Se faire connaître et partager sa passion. Mais pas seulement : il s’agit aussi de transmettre certains messages. Souvent d’ordre écologique.



Dessin - Louison

Dessin – Louison

Les séries ne se regardent plus qu’à la télévision. On peut les suivre sur le Net, où elles sont diffusées à outrance. Le nombre de visionnages et leur popularité grimpent en flèche. Parmi ces feuilletons, certaines surfent sur la vague écolo. Et traitent de développement durable, sujet à la mode par les temps qui courent.

Chacun son format (des épisodes de 2 à 10 minutes, en général), chacun son ton. Quelques séries défendent leurs idées par l’humour au premier degré, en particulier grâce à l’effet de blagues – pas toujours réussies – qui se succèdent. C’est le cas de Planète Bureau, une série qui vise à sensibiliser les entreprises aux éco-gestes. Elle est née d’une collaboration entre une agence de communication engagée, ICOM, et une troupe de théâtre, La compagnie du 4. Trois volets ont déjà été diffusés avec un thème par épisode.

D’abord, le covoiturage, décrit comme une manière « conviviale » de se déplacer qui permet une économie d’essence et d’accident de la route, rappelle l’une des personnages féminins. Peu dupe, toutefois. Ce mode de transports resterait peu populaire, regrette-t-elle, faussement affectée. Celle-ci n’arrive pas à « convaincre ses collègues ».

La série se penche aussi sur le gaspillage de papier et des bouteilles en plastique. Et là non plus, la protagoniste peine à responsabiliser les membres de sa boîte. Exemple, l’un des personnages, sceptique, ne veut pas changer ses habitudes et passer à l’eau du robinet… car il préfère l’eau gazeuse.

Pathétique ? Ridicule ? Un peu…   Bienvenue au pays des « Bisounours » !


Épisode 1 : « co-voiturage… ô désespoir »
envoyé par Planete-Bureau. – Gag, sketch et parodie humouristique en video.

 

De ce feuilleton au ton comique, un brin raté, un brin tordu, on passe au sombre univers de la Web-série The Coat, une fiction née en 2007 (9 épisodes diffusés), qui dresse le tableau d’un monde, ravagé par une explosion et sans humanité. Une vision d’un futur possible ? « Nous voulions montrer ce que pourrait devenir la terre si on ne fait rien aujourd’hui », explique l’un des trois créateurs, Mathieu Caillière. Le metteur en scène et acteur principal pointe les dangers « du réchauffement climatique, de la montée des eaux, de la fonte des glaciers ». A la naissance de ce projet, en 2007 – « à une époque où l’on ne parlait pas beaucoup d’écologie » -, il travaillait dans le domaine du développement durable.

Et lui, aussi, a toujours voulu sensibiliser. « Éteindre la lumière, fermer le robinet », ça reste important, ce sont des gestes utiles. Mais, promis, pas d’approche moralisatrice dans la série. Vraiment ? Ne joue-t-elle pas sur nos peurs ? Sur un certain catastrophisme ambiant ?

Elle débute par le réveil du protagoniste. Seul, il découvre un monde… différent et décoiffant. Au départ, peu d’action et beaucoup de lenteur. Puis, au fil des épisodes, tout s’accélère. Le héros croise des survivants… craintifs, anxieux. Ce qui révèle « une insécurité, un retour au côté primitif de l’homme », comme l’explique Mathieu Caillière. Qui évoque ensuite la quête du personnage qu’il interprète : rejoindre une terre d’espoir, la seule poche d’humanité encore existante : Babylone. « C’est la cité du mystère, l’éden de l’espoir », sourit le metteur en scène.


The Coat – Bande-Annonce 01
envoyé par Seb-PJ. – Regardez des web séries et des films.

 


Le futur, d’autres web-séries en parlent aussi. Exemple : Le Visiteur du Futur, un feuilleton qui évoque le sauvetage de la planète (« sauver le monde ») sur un ton plus léger. Mais ce n’était guère l’idée de départ : « J’ai d’abord créer quelque chose qui n’existait pas à la télévision, une science-fiction humoristique », raconte le créateur et scénariste de la série, François Descraques. La première saison propose, au début, quelques épisodes à histoire bouclée : « Des sketchs » indépendants et « facile à réaliser ».



Le visiteur du futur EPISODE 1
envoyé par FrancoisDescraques. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

 

Mais comme la série, qui « vise un public large », fonctionne bien, le créateur a « changé la formule » en cours de route. Et écrit une intrique sur du plus long cours. Les épisodes de la saison 2 (l’épisode 7 vient d’être diffusé) durent plus longtemps – dix minutes environ -, sont « plus pertinents » et reliés les uns aux autres. Il s’agissait dorénavant, pour le créateur, de « montrer ce que c’est de vouloir transformer le monde, ce que cela peut impliquer dans la vie de tout les jours. Les gens n’ont pas tous envie, y compris moi, confie François Descraques, de changer leurs habitudes et faire des sacrifices pour le bien de la planète. »

Et il s’emploie à illustrer son propos à l’écran par l’absurde. Le visiteur du futur recommande par exemple de ne pas manger de sandwichs, de ne proposer aucun rendez-vous galant à une fille, de n’acheter aucune bouteille de lait, mais encore de ne pas se rendre à une boulangerie. Des actions qui, selon le visiteur du futur, conduiraient à la catastrophe dans un temps éloigné du présent.

Mais on en a tous cure, croit savoir François Descraques : « Personne ne veut renoncer à son bonheur, à son plaisir, excepté, peut-être, des moines bouddhistes », sourit-il.

Tous égoïstes ?

03 Nicolas Sarkozy 1er : pour une nouvelle taxe carbonne !
envoyé par lesmiettesTV. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.


Cette série SF, un brin délirante, un brin philosophique, n’a, en fait, rien de politique. Au contraire de « La quête sans Fin », une production presque théâtrale qui met en scène une époque médiévale avec, entre autres, deux protagonistes, le preux chevalier Nicolas 1er et la fée Golène… Qui font référence, bien sûr, à l’actuel chef d’État et à la candidate socialiste à la présidentielle de 2007. Les deux créateurs – et acteurs, au passage  -, Jonathan et Isabelle Meli, ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin : ils prévoient de créer un nouveau personnage pour une saison 2 : « Une femme qui vole aux étrangers pour rendre aux Français », allusion non masquée à Marine Le Pen, qui vient d’être « adoubée » présidente du FN.


« Une taxe contre tout sujet qui salit la nature»

« Il est possible de dresser un parallèle entre l’époque actuelle et le Moyen-Âge », explique Jonathan Meli. Avec une préférence : l’utilisation d’un ton léger, comique, caricatural et démagogique pour traiter « de sujets marronniers qui reviennent à intervalle régulière dans les médias ». Y compris, donc, l’écologie, thème central du troisième épisode (sur 9 déjà en ligne) : « A l’époque, on parlait beaucoup de la taxe carbone. On s’en est servi pour l’histoire : Nicolas 1er décide d’instaurer un impôt pour tout sujet qui salit la nature. » Ou comment inventer une taxe populaire…

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce couple parle d’écologie. Dans une précédente Web-série, Un jour de plus, aujourd’hui défunte, les deux avaient évoqué, le temps d’un épisode, les animaux en voix de disparition et ces « hommes pollueurs et méchants ».

« Ce qu’on recherche, c’est de faire réfléchir les gens », conclut Jonathan Meli, apôtre d’une « éducation populaire ». Mais non prise de tête.

Décidément, la vague verte n’a pas fini de se déployer…

9 janvier 2011

Le comportement des politiques agace les lecteurs de Marianne2.fr

Article publié sur le site de Marianne

Surfant sur la vague de Stéphane Hessel, auteur du livre à succès :«Indignez-vous!», les Mariannautes ont pris la plume pour se …révolter. Ce qu’on retient des témoignages : l’attitude de certains politiques, proches, selon eux, des milieux financiers, les agace. Autant que certains journalistes et certaines équipes sportives de France… Florilèges de commentaires !

Qu’est-ce qui agace les Mariannautes ?

Dans la foulée de la publication du premier numéro de Marianne de 2011 (Qu’est ce qui vous indigne ?), nous vous avons demandé de vous exprimer.

Le premier motif de révolte, de très loin, semble être le comportement des politiques : Nicolas Sarkozy,  Rama Yade (la « bobo », écrivent certains), les socialistes… Certains lecteurs du site Marianne2.fr soupçonnent la caste politique de tremper parfois dans la corruption. Mais toutes les élites sont montrées du doigt : banquiers, dirigeants du CAC 40, …

Autre source de courroux ? La spéculation grimpante, les journalistes, les membres de l’équipe de France de tennis, «pour la plupart, exilés fiscaux suisses» (selon un Mariannaute), et les vingt-trois Bleus, lors de la dernière coupe du Monde de football en Afrique  du Sud.

Mais encore ? Ah oui, la neige et le prix des huîtres…

Florilège de commentaires argumentés ou simplement drôles.


Nathalie Carmona : «Que dire devant la défection croissante des Français face au suffrage universel ? Nos politiques, de droite comme de gauche, nous trahissent régulièrement en préférant leurs petites combines et en soignant leur égo, délaissant le bien-être de leurs concitoyens».

 

Francis Bonnet : Le C.A.C. craque 

«Après la crise de 2008, j’avais écrit le texte (prémonitoire ?) : «Le C.A.C. craque»

«Pièce par pièce, une à une, t’avais fait fortune, mais le CAC craque. Pour tes tunes, c’est plus la roue de la fortune car le CAC craque. Les banques se vident. N’ont plus le gros bide à cause de leurs bêtises et du CAC qui craque. (…) Épargnant, maintenant t’es perdant. Le CAC craque. Même si t’as la haine, faut sauver le système, pour empêcher que le CAC craque. Tu croyais que l’argent était essentiel et très important, pourtant le CAC craque. La solution ne serait-elle pas la Révolution quand le CAC craque ? (…) Demain serez au chômage pendant que les traders feront leur fromage même si le CAC craque. Écoutez bien le gouvernement et ses leçons, serrez bien la ceinture de vos caleçons puisqu’on vous le dit : le CAC craque. Quand bien même z’avez la haine, faudra en chier pour sauver le système car le CAC craque.»


Séraphin :« La corruption de nos politiques, l’aveuglement de nos politiques, la financiarisation de l’économie et l’inertie de nos politiques,  les 6 millions de chômeurs et l’inertie de nos politiques, les 7 millions de pauvres et l’indifférence de nos politiques.»

France Pillee
: « M’ont révolté en 2011 : 1° l’attitude d’une majorité de journalistes bobos-masos suicidaires, pro-burqa, pro-islam, pro-immigré, pro-tireur de Villiers le Bel ; 2° la poursuite de l’immigration ; 3° les prières des Musulmans, rue Myrha et Poissonnière ; 4° la non-application des peines de justice ; 6° les grèvistes des retraites ; 7° la sous-taxation des héritages, des revenus et des patrimoines ; 8° les revenus indécents des artistes, footballeurs, acteurs, patrons, etc… ; 9° l’équipe de France de tennis, composée d’expatriés fiscaux suisses ; 10° l’équipe de France de football, composée de voyous et d’enfants gâtés ; 11° les faux-culs écologistes, telle Cécile Duflot avec ses quatre enfants et son séjour aux Maldives ; 12° les privilèges du Sénat.»

Ali-Mage
: «La fausse devise française : Liberté-Égalité-Fraternité. Actuellement ce serait plutôt : Cupidité – Spéculation et enculades.»

Dom Ducn : « 1. l’impunité des directeurs de banques ; 2. le cynisme de Sarko et de son clan ; 3. leur mépris de notre constitution ; 4. leur mépris des gens ordinaires (…) pauvres ; 5. leur populisme à vomir ; 6. la fin de toute valeur morale, remplacée par l’adoration du veau d’or ; 7. la perte du sens (des mots, de la vie, de la mort, de la justice, de la fraternité, de la solidarité…).»

Philippe Coupellier  : «Que la personnalité politique préférée des Français soit Rama Yade, une bobo qui n’a aucun courage politique, la reine du rétro-pédalage… Preuve que les Français votent pour des gens à leur image, sans aucun courage !»

Alain Redon : «La suppression de l ‘ISF ! Donner quitus aux grandes fortunes qui se désolidarisent du sort de ceux qui sont dans le besoin…»

Yves-Serge Melamedoff : «Le consensus général que l’on trouve, quelque soit la radio que l’on écoute, pour nous vendre le centrisme, l’inexorabilité de la crise, de la mondialisation heureuse et de l’impossibilité d’une autre politique que celle prônée par les Sarkozy, DSK et les autres.»

ELiHaNNaH : «Ce qui me révolte? Le manque de neige : j’avais décidé de faire de la luge et nada ! Rien ! Snifffff !»

Elie Arié : «Ce qui me révolte, c’est la hausse du prix des huîtres.»

 

P.L

14 décembre 2010

« Les gens se sont aperçus qu’on sortait des choses pas trop bêtes »

Parcours de François-Xavier Pénicaud au sein du Modem (1/7) :

 

 

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 François-Xavier Pénicaud, président des Jeunes Démocrates (photo : Charles Cadiet)

 

François-Xavier Pénicaud a été élu président des Jeunes Démocrates à la mi-septembre. Originaire de la région lyonnaise (« j’ai grandi à la campagne », voir plus bas, le son), il est aussi conseiller départemental du Mouvement démocrate du Rhône et animateur de la section du parti dans la ville de Bron.

Commune où il a mis en place une liste électorale en vue des municipales de 2008.

Plus tard, à l’occasion des régionales, son nom a figuré à la neuvième place sur la liste Rhône-Alpes, au côté d’Azouz Bégag. « J’étais également responsable de la communication-Web pendant cette campagne. »

Puis, à partir d’août 2009, il a secondé son prédécesseur à la tête du mouvement des Jeunes Démocrates, Franck Faveur, étant chargé des relations extérieures et presse. « Je faisais du travail de petite main. »

Qu’est-ce qui lui a permis de monter en grade au sein du mouvement des Jeunes ?

D’abord, croit-il savoir, son « travail de fond lors des régionales ». « J’ai organisé des réunions publiques dans plusieurs départements de France ». Résultat? « Les gens se sont aperçus qu’on sortait des choses pas trop bêtes », sourit François-Xavier Pénicaud.

Autre raison de son élection : « Ce que j’ai fait au niveau local, se félicite le président des Jeunes Démocrates. Le département du Rhône est le deuxième département en
terme de militants, d’adhérents après l’Ile-de-France. »

François-Xavier Pénicaud travaille depuis son élection à mettre en place un bureau national, une équipe de six vice-présidents « bénévoles », avec des périmètres précis (formation, innovation, recherche ; éducation, citoyenneté, sécurité, vie associative ; cohésion des territoires, politique de la ville et de la vie rurale ; économie et emploi ; Europe et international ;  solidarité, égalité des chances, santé et logement).

Ils travaillent tous avec les membres du « shadow cabinet de François Bayrou » afin de mettre en place un programme, des idées en vue des échéances électorales.

 

François-Xavier Pénicaud revendique son appartenance au monde rural. « Ce n’est pas pour imiter François Bayrou », jure-t-il. mp3

Lire la suite de l’entretien du président des Jeunes Démocrates ici.

Avec, entre autres, son analyse des principaux partis politiques français.

Le PS? « Des têtes de pioches! » Les Verts? « Sectaires! »Le Nouveau Centre? « Humilié lors du dernier remaniement. »

 P. L

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