le Canard de l’Etang

23 mars 2012

« Mélenchon devient la maison commune de la gauche »

Publié par canarddeletang dans Elections, La gauche de la gauche, politique francaise, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage BVA, Jean-Luc Mélenchon se hisse sur la troisième marche du podium des sondages. Devant Bayrou et Le Pen. Selon Eric Coquerel, conseiller du candidat du Front de gauche, l’ancien socialiste peut passer le second tour de l’élection 

Selon une étude BVA pour RTL et la presse régionale, Jean-Luc Mélenchon devient le troisième homme. Il recueillerait 14% d’intentions de vote derrière François Hollande (29%) et Nicolas Sarkozy (27,5%). Le candidat du Front de gauche devance désormais François Bayrou (12%) et Marine Le Pen (13%).  

Ce que souhaitait Eric Coquerel, interrogé la semaine dernière par L’Express. Le secrétaire national du Parti de gauche et conseiller du candidat du Front de gauche, veut « gouverner le pays avec nos propositions. »  

Comment réagissez-vous à ce sondage inédit?

Ce sondage est important car il a été effectué après la tuerie de Toulouse. Et le discours de Jean-Luc Mélenchon sur l’amour et la fraternité a été reconnu, par les Français interrogés, comme plus fort que celui sur la haine.  

C’est aussi la confirmation de la réussite de la grande marche de la Bastille. On a su s’adresser au peuple de gauche, mais aussi aux Français qui cherchent un débouché politique, des solutions à leurs inquiétudes. Je constate aussi que les médias parlent de notre programme. Nous sommes perçus comme crédibles et je vois le changement depuis le début de cette campagne. 

On a l’impression que la dynamique s’accélère…

Quand on a atteint un score à deux chiffres, j’ai su qu’il y aurait un effet boule de neige, un effet exponentiel, que les chiffres des sondages allaient grimper de plus en plus vite. C’est un cercle vertueux. 

Jean-Luc Mélenchon parvient à réunir la gauche politique. On a vu, dimanche à la Bastille, des communistes, des syndicalistes… Et une gauche sociologique. Il y avait des membres de la classe populaire, mais aussi de la classe moyenne, désorientés car déçus du PS. On a su les reconquérir.  

Des écologistes et des anticapitalistes nous rejoignent. On devient la maison commune de la gauche, fidèle à ses valeurs, qui plaide pour la rupture du système. Nous portons le changement, nous avons besoin d’une rupture, il faut renouer avec ce qui a fait la grandeur de la France, c’est-à-dire le partage des richesses.  

Quelle serait la prochaine étape pour Jean-Luc Mélenchon, à un mois du premier tour?

Parvenir au second tour. On a toujours dit qu’on voulait gouverner le pays avec nos idées. C’est possible avec cette dynamique. J’avais déjà dit à L’Express, la semaine dernière, que 14/15% dans les sondages, c’était atteignable.  

Maintenant, il faut poursuivre la campagne, ce qu’on a fait depuis le début, confirmer la troisième place, se positionner devant le Front national. Ceci est un combat essentiel que de reléguer le parti du Front national à un rôle marginal car ce parti n’apporte pas les bonnes solutions.  

Voulez-vous toujours débattre avec François Hollande?

Oui, bien sûr, maintenant que la tuerie de Toulouse est derrière nous. Comment peut-il maintenant refuser cette discussion? Mais je souhaite un débat avec les autres candidats avant le premier tour de l’élection. Donc Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marine Le Pen. Il faut que les télévisions l’organisent. Sur quels sujets? Sur le partage des richesses, sur la politique de réindustrialisation, sur la question de savoir s’il faut, ou non, de l’austérité.  

Propos recueillis par PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

9 mars 2012

Objectif pour Mélenchon: passer devant Bayrou

Lu intialement sur L’Express.fr

Jean-Luc Mélenchon est crédité de 10% dans un sondage CSA-BFMTV-20 Minutes. Peut-il encore grimper et titiller ses adversaires tels que François Bayrou et Marine Le Pen? C’est en tout cas l’objectif affiché par le Front de gauche. 

« Tout sera possible avec un score à deux chiffres. » Cette phrase, c’est Jean-Luc Mélenchon qui l’a prononcée, il y a un mois. Trente jours plus tard, le candidat du Front de gauche atteint, dans un sondage de CSA-BFM-20 Minutes, la barre des 10%. Depuis son entrée en campagne, Jean-Luc Mélenchon n’a connu aucune baisse significative dans sa progression dans les sondages depuis sa candidature. « Et ça ne s’arrêtera pas », veut croire Alexis Corbière, conseiller de Paris et membre du Parti de gauche. 

Le candidat se situe à trois points de François Bayrou. « On peut passer devant lui, souffle son soutien, le Béarnais est coincé. »  

Pourra-t-il, pour autant, faire jeu égal avec la candidate du Front national, crédité de 15% par le CSA? « Ce serait une belle victoire, juge celui qui participe à la « riposte-anti FN », qui occupe une dizaine de personnes au Front de gauche. « Nous avons réussi à remobiliser l’électorat populaire, attiré par l’abstention. Et non le FN comme on pourrait le penser à tort », insiste Alexis Corbière. 

Selon les proches de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche défend ses idées, comme « la question sociale, la répartition des richesses, la lutte contre l’austérité » avec beaucoup de pédagogie ». « Nous parlons des vies des gens et ça les touche », précise Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, membre du FDG.  

« On arrive à les convaincre, renchérit Alexis Corbière. Y compris les réfractaires, comme ce bijoutier, présent à l’émission Paroles de candidats. Ce Français choisi par TF1, s’est montré, au final, en accord « sur les moyens (à apporter) pour régler les problèmes de l’ « insécurité ».  

« Une campagne a minima »

Mais François Hollande, en tête dans les sondages, n’y est-il pas pour quelque chose? Les mélenchonistes peuvent-ils être tentés de voter sans crainte pour leur favori au premier tour avant d’aller glisser un bulletin Hollande au second tour?  

« Non, c’est un piège, ils ont tort de réfléchir ainsi, avance Bernard Cazeneuve. Le porte-parole de François Hollande se montre ravi de voir « le total de la gauche grimper dans les sondages », mais ne se « satisfait » pas du bon score de Jean-Luc Mélenchon. « Le risque d’un nouveau 21 avril existe encore », explique le porte-parole de François Hollande, qui appelle au rassemblement de la gauche « dès le premier tour. »  

La crainte est réelle. D’où l’idée de séduire les mélenchonistes, avec la taxation des plus riches? Au PS, on assure que non. Pourtant, « cette mesure légitime nos propositions, se félicite Alexis Corbière. Et les gens vont préférer l’original à la copie », sourit le conseiller, selon lequel Hollande « ne va pas assez loin » et « fait une campagne à minima ». 

Jean-Luc Mélenchon abonde en ce sens. Dans une interview accordée au mensuel Regards, dirigé par Clémentine Autain, membre du Front de gauche, il lâche: « L’option de François Hollande, n’est pas celle d’un rapport de forces avec le capitalisme financier, mais une relation d’arrangements. » 

Le fameux « capitaine de pédalo » lui avait permis de grimper quelque peu dans les sondages. Alors pour aller titiller François Bayrou…

PL

27 juin 2011

Pays basque : Batasuna, adios la frontière franco-espagnole ?

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin. Plusieurs activistes basques ont repoussé les policiers français venus l’interpeler. Elle risque jusqu’à douze ans de prison pour « participation à une organisation terroriste ». Membre de Batasuna, parti interdit en Espagne pour ses liens supposés avec l’ETA, mais autorisé en France, elle venait de sortir de six mois de clandestinité. Mais qui se cache derrière cette formation politique ?

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.  Crédit Reuters

Atlantico : Comment qualifier la formation basque « Batasuna » (dont le nom est revendiqué par ses membres mais n’est plus autorisé depuis 2003) ? Y a-t-il une différence entre la partie espagnole et la branche française du parti ?

Barbara Loyer : Batasuna est un parti indépendantiste basque. Il veut fonder un nouvel État souverain qui ferait disparaître à cet endroit la frontière franco-espagnole en rassemblant des territoires de France et d’Espagne. La nouvelle  frontière devrait passer au milieu du département des Pyrénées-Atlantiques. Elle inclurait, théoriquement, Bayonne mais pas la partie de son agglomération qui se trouve dans le département des Landes.

Cet Etat devrait être bascophone. Batasuna se déclare socialiste. Les militants tiennent des discours politiques avec un vocabulaire utilisé à l’ordinaire par la gauche, notamment les mots « répressions », « peuple », « torture », etc. C’est important pour comprendre que les déclarations de solidarité viennent plutôt de partis de gauche.

Théoriquement, Batasuna est en France l’expression du même projet politique que le parti du même nom interdit en Espagne mais doit s’adapter au contexte légal des élections françaises.

Quels sont les combats que porte ce parti indépendantiste ?

Ce sont ceux de l’extrême gauche, d’une contestation des systèmes politiques actuels.  Le vocabulaire qu’ils emploient leur permet de converger avec les mouvements des Indignés dans de nombreux pays d’Europe, mais, à la différence des Indignés, l’idéologie nationaliste inscrit les actions de Batasuna dans des tactiques  à court et moyen terme beaucoup plus réfléchies, pour une stratégie à long terme.

Cette stratégie est explicitement celle de former un mouvement politique commun en France et en Espagne. Le fait que la coalition indépendantiste basque Bildu ait eu un tel succès en Espagne et que l’ETA poursuive sa lente évolution vers la disparition (bien qu’on trouve encore ses caches d’explosifs) change la donne, côté français. En effet, les indépendantistes basques en France ont été soucieux, jusqu’à maintenant, de ne pas se laisser dépasser par les partisans de la lutte armée.

Ils ont déjà bien du mal à s’implanter électoralement, et le développement du terrorisme en France leur porterait préjudice. Si l’ETA disparaît, cette inhibition est levée et une lutte interne entre nationalistes basques, en France comme en Espagne, va se développer, pour occuper le devant de la scène et gagner des parts de l’électorat.  Le fait d’apparaître comme victime est utile pour atteindre cet objectif.

Il faut écouter les discours comme des éléments de stratégies politiques mises en œuvre à des moments réfléchis. Il est utile aujourd’hui en France de commencer à faire bouger les associations et les partis sur un agenda politique que l’on maîtrise. Il faut inscrire le peuple basque dans les priorités du Pays basque, maintenant, après le succès de Bildu en Espagne et à la faveur du mouvement des indignés qui crée un élan dont il faut utiliser l’énergie. C’est de la politique, pas de l’idéalisme.

La question du mandat d’arrêt européen visant la militante basque Aurore Martin peut être traitée sur le plan juridique des libertés publiques en Europe. Le problème ici est le lien implicite fait entre la liberté des individus et celle d’un ‘peuple basque » que représenterait la militante concernée. Ce lien est trompeur.  Pour l’instant, en France, Batasuna ne représente rien sur le plan électoral. Il n’est pas plus le peuple basque que les électeurs de l’UMP qui portent des noms basque et parlent la langue basque.

Batasuna est interdit par la justice espagnole pour ses supposés liens avec l’ETA. Qu’en est-il exactement ?

Selon moi, les liens de Bastasuna avec l’ETA et l’idéologie totalitaire de cette organisation ne sont pas supposés mais réels. Il me semble que c »est un vrai problème que des militants de gauche ne soulèvent pas la contradiction qui existe, dans ce cas présent, entre le discours de gauche et la pensée totalitaire. Il ne faut pas seulement juger des discours mais des pratiques politiques.

7 février 2011

Mouvements de jeunes des partis politiques : pourquoi faire ?

 

Article publié dans Marianne

A quoi sert vraiment un mouvement de jeunes ? Marianne a posé la question à des responsables de petits mouvements de jeunes. Porter la voix des aînés à outrance, se chercher d’éventuels nouveaux électeurs… Marquer sa différence ? A peine…

 

Louison

 

 

Dessin : Louison

 

 

« Quand je ne suis pas d’accord avec François (Bayrou), je lui dis, confie François-Xavier Pénicaud. Et il écoute. » Pour illustrer son propos, le président des Jeunes Démocrates cite le mouvement des retraites à l’automne dernier. Selon lui, le troisième homme de la présidentielle de 2007 ne comprenait pas pourquoi les jeunes descendaient dans la rue et il avait voulu lui expliquer que ces jeunes avaient battu le pavé pour une bonne raison : « Ils manifestent une inquiétude quant à leur insertion professionnelle », avait-il défendu à l’époque.

Le premier rôle serait-il alors de taper sur les chefs? Tous, peu importe les obédiences, insistent sur la présence d’un débat interne à la famille politique. Quitte à reconnaître des désaccords entre deux générations d’une même structure… Il faut pouvoir exister.


Au diapason et s’opposer pour s’opposer

 

(François-Xavier Pénicaud - photo : Charles Cadiet - cc)

(François-Xavier Pénicaud – photo : Charles Cadiet – cc)

 

 

D’abord, qui dit plus jeune, dit aussi plus ouvert sur des questions sociétales. Les Jeunes démocrates veulent se différencier du MoDem sur « l’homosexualité et l’euthanasie », jure François-Xavier Pénicaud, bénévole du MoDem. Les jeunes pour la France, eux, disent se distinguer « sur des mesurettes », comme lors du débat sur le travail du dimanche : Christophe Bentz, leur président – salarié -, était « pour », son parti contre.

Mais pas seulement : ils prétendent ne pas avoir toujours les  « mêmes analyses politiques », croit savoir Christophe Bentz… Son homologue des Radicaux de Gauche, Sandra-Élise Revieriego, abonde en ce sens et donne un exemple récent : « Lorsque Jean-Michel Baylet a évoqué dans une tribune la possibilité d’un Front républicain avec le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo, nous lui avons exprimé notre désaccord. » La jeune femme, pas rémunérée par son parti, mais salariée dans une agence de communication publique, précise : « Le problème ? Le parti de Jean-Louis Borloo est intégré à l’UMP. »

Mais a-t-elle une chance de se faire écouter ? Pas sûr… Mais peu importe, finalement. Les beaux discours suffisent : « Les Jeunes démocrates portent la voix de la jeunesse auprès du MoDem et la voix du MoDem à la jeunesse », murmure François-Xavier Pénicaud. Sandra-Elise Reviriego parle des Jeunes Radicaux comme d’une « force de négociation et de proposition », pour les aînés du parti. Et Isabelle Ignace des Jeunes Solidaires d’avancer l’idée d’une « plus-value considérable » provenant de ces militants dans la fleur de l’âge.

Alors, s’opposer pour s’opposer ? Un peu… Car, au final, « ils restent de la même famille que leurs aînés, avec une doctrine, un projet et des valeurs communes », comme l’admet le Secrétaire général des Jeunes Communistes, Pierric Annoot. Et, « à 99% », les Jeunes démocrates ont les mêmes idées que François Bayrou. Christophe Bentz résume : « Il s’agit d’une entité dirigée par un seul chef. »

D’ailleurs, c’est la direction du parti qui, parfois, nomme les pions. Au MPF, par exemple. Une élection démocratique pour élire le responsable ? « Cela ne marcherait que difficilement », botte-t-il en touche. Avant de se justifier, le sourire aux lèvres : « Je n’ai tué aucun concurrent, je connaissais presque tout le monde au sein de la formation, toute la pyramide hiérarchique, j’étais le second de mon prédécesseur.» Ainsi Christophe Bentz a-t-il été nommé pour sa proximité au mouvement de Philippe de Villiers. Et au mérite…


des jeunes… soumis

 

 

 

(Sandra-Elise Reviriego - photo : JRG - cc)

(Sandra-Elise Reviriego – photo : JRG – cc)

 

 

Les mouvements de jeunes se soumettent à la parole du grand manitou. Une mission, finalement, assez facile. Sur leur site, les Jeunes radicaux de gauche indiquent : « Notre désir de diffuser le radicalisme et de contribuer à son renouvellement et à sa pérennité ne peut être effectué que dans le cadre du Parti Radical de Gauche et à son profit. » Tout est dit…

Pierric Annoot, du Mouvement des Jeunes Communistes (MJC), résume assez bien cet état d’esprit : « Quand on entend Benjamin Lancar, président des Jeunes populaires, on a l’impression que Sarkozy est un dieu. » Aucune critique ne serait la bienvenue, tout est bien, tout est beau au gouvernement : message reçu cinq sur cinq.

Et du côté de l’extrême-droite, « le FNJ a toujours été soumis à l’autorité de Jean-Marie Le Pen », confie David Rachline, l’ex-président du mouvement. Ce qui laisse comprendre pourquoi l’autorité a facilement glissé du père vers la fille, à un tel point que « vingt des vingt-deux secrétaires régionaux du FNJ sont « marinistes » », comme il nous l’avait expliqué juste avant l’élection de Marine Le Pen à la tête du FN.

Un soutien… qui n’a guère payé ? Rachline, qui a « toujours nié » que son marinisme lui permettrait de « bouger dans l’organigramme » a été débarqué de la tête de l’organisation de jeunesse, pour devenir – quand même – secrétaire national… à la communication numérique.

S’ils ne peuvent s’opposer dans le champ des idées, il reste peut-être l’autonomie administrative comme gage d’indépendance. Une pirouette utilisée par les Jeunes communistes, qui « choisissent seul leur direction et leurs orientations politiques » – selon Pierric Annoot : « Nous sommes indépendants » du parti dirigé par Pierre Laurent. « 50 % de nos militants ne sont pas encartés au PCF, les adhérents ne sont pas obligés de cotiser pour les deux formations », glisse le jeune homme, salarié du mouvement, qui a, lui, choisi d’avoir les deux cartes. Pour donner l’exemple ?

 

des jeunes… peu nombreux

 

 

(capture d'écran Dailymotion de Pierric Annoot - MJCF - cc)

(capture d’écran Dailymotion de Pierric Annoot – MJCF – cc)

 

 

D’autres mouvements de jeunes ne peuvent, par exemple, gérer seuls leur budget : Christophe Bentz le dit sans envergure : « Selon les années, on peut recevoir entre 15 000 et 20 000 euros. » Cela dépend donc…

Les plus aisés parmi les mouvements de jeunes ? Les Jeunes communistes ont droit à un budget de… 500 000 euros. Ce qui peut paraître logique quand on sait que le PCF se hisse au troisième rang des forces politiques les plus riches de France (selon les chiffres du rapport 2009 de la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques). Une richesse – au passage – paradoxale pour un parti qui dispose certes d’une belle assise d’élus locaux, mais qui semble en voie d’extinction lors des échéances nationales…

Par ailleurs, les Jeunes communistes, mouvement né en 1920, ne forment pas le mouvement le plus important. Si podium il y avait, la formation monterait sur la deuxième marche : on compte 12 000 adhérents à la JC, soit plus qu’au MJS (5 500 personnes pour le mouvement socialiste apparu en 1993), mais moins que les Jeunes UMP, un mouvement né en… 2002 et regroupant 30 000 âmes.

Les Jeunes démocrates, qui peuvent compter sur un budget de 36 000 euros, sont, eux, 7000. Mais toute personne de moins 33 ans, qui s’inscrit au MoDem, entre automatiquement dans la liste des adhérents des J-Dem (et vice et versa). Un moyen, peut-être, de gonfler leurs chiffres ? Car il faut bien le rappeler, les Français affiliés aux sections jeunes des partis politique ne sont pas si nombreux : 65 000 têtes.

Et la proportion entre jeunes et ainés au sein d’une même famille politique varient selon les formations. Seulement 850 membres des Jeunes radicaux de gauche pour environ 10 000 au sein du PRG (8.5%). Mais 3 000 chez les Jeunes pour la France pour 17 000 au MPF (soit 17.6% de jeunes dans l’ensemble).

 

A la recherche de l’électeur jeune et perdu, les mouvements aiment se retrouver

 

 

(Christophe Bentz - photo : Antoine Lascaut - cc)

 

 

Alors, pourquoi, diable, y a-t-il des mouvements de jeunes ? « On ne s’adresse pas de la même manière aux jeunes, on ne perçoit pas les choses de la même manière », explique Christophe Bentz. Les jeunes, croit-il savoir, aiment se retrouver en réunions, en soirées, car c’est « sympathique », concède le président des JPF.

 

(Christophe Bentz – photo : Antoine Lascaut – cc)


Et certains éditoriaux – « destinés aux Jeunes » – figurent ainsi (et uniquement) sur leur site. Mais « cela m’arrive d’écrire des communiqués qui seront aussi en « une » du site du MPF », glisse quand même Christophe Bentz. Les Jeunes Communistes ne publient pas non plus que des communiqués en direction de leur génération : « On lutte (aussi) contre l’emprisonnement des opposants politiques à travers le monde », martèle – sans rire – Pierric Annoot. Les formations de jeunes ne s’adressent donc pas seulement aux jeunes (à leurs ouailles)… Aux aînés aussi !

 

 

« Nous ne nous situons pas dans un carcan communautaire », se défend Christophe Bentz. Le président privilégie « le dialogue inter-générationnel entre l’expérience des aînés et l’activisme des jeunes, une génération qui tracte beaucoup dans les marchés. » De quoi faire taire les éventuelles accusations de jeunisme qui toucheraient ces mouvements : oui, les jeunes aiment leurs vieux…

La distribution des tracts n’a pas lieu seulement devant les étales ou à la sortie de métro : dans les lycées et à la fac, aussi, comme le font les jeunes anticapitalistes, non pas regroupés autour d’un mouvement ordinaire, mais au sein de plusieurs comités locaux informels auprès d’établissements scolaires (il y aurait entre 500 et 600 adhérents environ, gérés par « une quarantaine de secrétaires nationaux », glisse l’un d’eux, Jean-Baptiste Tondu).

Peu importe le nombre de jeunes adhérents, pourvu qu’il y ait du prosélytisme politique… Il faut tracter… pour attirer de futurs militants. Autrement dit, d’éventuels électeurs en vue des prochains scrutins. Et s’ils veulent draguer le plus gros parti de France, le groupe des abstentionnistes, il y a (encore) beaucoup de travail…

14 octobre 2010

bourdes et maladresses en politique

http://sarkononmerci.fr/assets/segolene-royal.jpg

A propos du dossier des retraites, tout semble permis. Outre la bataille des amendements (avant le vote final) au Sénat sur le projet de réforme, surgit une guerre des mots entre certains dirigeants des deux bords politiques. Au risque, parfois, de tomber dans le coup bas, voire la maladresse (lire un article de Libération à ce sujet). Les deux dernières imprécisions concernent François Baroin et Ségolène Royal.

Suite à son entretien face à Laurence Ferrari sur TF1, le 12 octobre dernier, la présidente de Poitou-Charentes a déclenché l’ire de la majorité. Qui a crié au scandale…presque à tort.

Certes, ses propos peuvent induire en erreur, surtout si l’on ne l’écoute pas jusqu’au bout. Car, en effet, elle invite, au début de l’interview, les jeunes à battre le pavé « pacifiquement » contre la réforme du chef de l’Etat. Sauf qu’avant la fin de son échange avec la présentatrice du 20h, elle procède à un magnifique rétropédalage. Elle assure alors ne pas demander aux lycéens de descendre dans la rue. Mais s’ils se décident tout de même à le faire, Ségolène Royal leur demande de ne pas mettre le feu aux poudres (ce qu’elle précise le lendemain sur France Info).

Forcément, des membres du gouvernement comme Nadine Morano, Rama Yade, Eric Besson (mais aussi le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, et …le candidat à la candidature socialiste, Manuel Valls) ont aussitôt saisi l’occasion de polémiquer. En évoquant « l’irresponsabilité » de l’ex-candidate à la présidentielle.

La réaction de la majorité paraît peut-être démesurée. N’empêche que Ségolène Royal a fait preuve d’une certaine maladresse. Ce qu’elle a, d’ailleurs, admis sur les ondes de France Info.

Autre maladresse (ou pas), les récents contacts de Benoît Hamon avec la gauche de la gauche (voir ici, et ). François Baroin en profite (ainsi) pour mélanger le programme du PS et celui d’autres partis. Invité de France Inter du 13 octobre, il évoque la proposition du PS sur le dossier des retraites : « Il défend le départ à 60 ans à taux plein. » Erreur (relevée par le journaliste) : oui, les socialistes défendent le droit de partir à la retraite dès 60 ans. Mais pas avec un taux plein, comme le réclament Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot…et le mouvement des jeunes socialistes (MJS) (lire un article du Figaro : « le PS fait de l’équilibrisme » ou celui de Public Sénat : « le PS est-il ambigu sur les retraites? »).

La majorité utilise sûrement cette petite différence entre le MJS et les aînés afin de laisser planer le doute. D’autant plus que les socialistes maîtrisent à perfection les ambiguïtés.

En particulier, à cause du nombre important de porte-parole au sein du parti. Dernier exemple en date : la demande au gouvernement d’organiser un référendum sur les retraites avant la navette parlementaire. Outre Jean-Luc Mélenchon (ex-PS), Ségolène Royal et Jean-Pierre Bel (président du groupe PS au Sénat) s’y sont montrés favorables…au contraire du véritable porte-parole, Benoît Hamon, qui s’est exprimé au nom du parti (si, si, lisez). Confus?

P.L

19 septembre 2010

une Royal royale

Ségolène Royal

Ce n’est pas la favorite des sondages. Pas même la meilleure opposante du chef de l’Etat. Or, telle une rock-star, elle s’est offert, samedi 18 septembre, une piqûre de médiatisation avec l’an Trois de sa fête de la Fraternité à Arcueil.

Quelques jours après sa participation remarquée à l’émission « A vous de juger » (France 2), elle s’est hissée sur la scène devant un petit bataillon d’éléphants roses (avec, aussi, Jean-Luc Mélenchon, le ‘non-invité‘ de Benoît Hamon) au sein de l’assistance. Et entourée par une foule de fidèles, drogués par son charme, séduits par ses formules rhétoriques à l’emporte-pièce. Son but? Répéter en boucle que les socialistes demeurent unis. Puis jouer à l’anti-sarkozysme primaire.

La spécialiste de l’exactitude verbale n’a pas eu, selon certains médias, à convaincre la moindre personne. Tous les militants interrogés souhaitent qu’elle se représente. Elle est la seule, l’unique candidate capable de battre son concurrent de l’Elysée (Voir ici et ).

Pourtant, son parcours depuis sa défaite a été semé d’embûches. Tout a commencé par les trahisons des uns, les ires des autres (une petite piqûre de rappel) suite à la campagne de 2007.

Alors seule et délaissée, elle a encore fait preuve d’une grande crédibilité en affirmant ne pas avoir cru à plusieurs de ses promesses phares de son programme présidentiel. Et son idée de créer des postes de fonctionnaires masculins pour raccompagner les policières le soir a été  raillée par la droite depuis le débat Sarkozy-Royal dans l’entre-deux-tour (cliquez donc ici).

Le temps de l’errance, du repli régional est ensuite venu. Dame Royal, éloignée de toute polémique, a brillé par son absence politique. Juste quelques sorties, par ci, par là. Pour tacler le chef de l’Etat, évidemment, mais plus forcément dans la peau du messie de l’opposition.

Car, témoin de la chute de sa popularité, la candidate a voulu montrer qu’elle pourrait ne pas se représenter en 2012. Et donc que son ego n’est en fait pas vraiment développé (…et la marmotte met le chocolat dans le papier d’aluminium…).

Certaines déclarations, quelques interviews d’elle, plus récemment, ont toutefois fait coulé beaucoup d’encre. En particulier : lorsque Ségolène Royal a assuré vouloir s’entendre avec ses concurrents du moment –Martine Aubry et DSK– en vue de réaliser une liste gagnante et donc ne pas s’affronter lors des fameuses primaires du PS (un « pacte » décrié par un ancien « ségolâtre »).

Ou, encore, son discours de la Rochelle, véritable mise en scène de la réconciliation entre la Poitevine et la Lilloise, fâchées depuis le terrible congrès de Reims (qui a vu la seconde battre la première pour la place de la Première secrétaire du PS).

Plus tard, pour se départager de ses concurrents, elle entame une accélération à bâbord. En se rapprochant, petit à petit, de l’aile gauche du PS, voire des syndicats. La preuve? Cette phrase tant démagogique que cocasse, sur le plateau d’Arlette Chabot : « La réforme des retraites est celle du Médef. » Ou encore cette affirmation peu réalisable : « Si le PS revient au pouvoir, il rétablira la retraite à 60 ans. » Besancenot, son souffleur officiel ?

 

P.L

12 septembre 2010

‘Guéguerre’ et révolution

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Le PDG des communistes, Pierre Laurent, pratique du sport, l’anti-sarkozysme primaire, couplé à un soutien des ‘petites gens’ à outrance. En direct de la traditionnelle fête de l’Humanité, le secrétaire national a, pour son premier discours de clôture, envoyé des mots doux au chef de l’Etat : « Nous subissons (…) le pouvoir le plus rétrograde, le plus brutal, le plus autoritaire qu’il ait été permis d’imaginer. » Une guerre des mots, « citoyenne et pacifique ». Mais qui n’a qu’un dessein, celui d’attirer l’attention. Et d’acquérir une poignée de notoriété, à moins de deux ans de la présidentielle. Soit une période propice à cet habituel petit jeu verbal entre amis d’obédience différente.

Ces joutes se pratiquent aussi entre membres du même clan, gauche ou droite, confondues. Les règles y sont d’ailleurs plus codifiées. Il ne suffit pas seulement de brailler contre autrui ou contre certaines politiques, même si certains s’y adonnent de temps à temps avec plaisir, comme Alain Juppé ou Dominique de Villepin.

Il convient plutôt de prendre parti dans le cadre d’une rivalité interne (et larvée). Comme celle entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand. Deux hommes qui s’envoient des fleurs une fois par saison. Le premier a récemment reproché au second l’absence d’une réelle université d’été de l’UMP, qui aurait permis, selon J.F. Copé, de répondre « aux attaques (verbales, toujours) du PS ».

Et, à l’occasion de ce combat de titans quadragénaires, deux responsables du parti majoritaire ont récemment pris …parti en faveur du patron des députés UMP.

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Premier trouble-fête, le ministre de la Relance, Patrick Devedjian. L’ancien patron de l’UMP a critiqué l’actuelle gestion du parti : « Un parti politique, ce n’est pas le Club Med. On n’a pas besoin de gentils organisateurs », a-t-il indiqué au Parisien. Mais plutôt « d’agitateurs d’idées (comme l’a été) Nicolas Sarkozy », à ce poste.

C’est Rachida Dati qui sème, quelques jours plus tard, la zizanie. L’eurodéputée estime, dans un entretien au Parisien (encore), que Jean-François Copé « ferait un excellent Secrétaire général ». L’ex-Garde des Sceaux évoque à son tour Nicolas Sarkozy et cite en vrac « les débats lancés » au cours de son mandat à la tête de l’UMP.

Celui qui en a la charge aujourd’hui, Xavier Bertrand, doit-il, pour autant, se sentir menacé ?

Pas si sûr à en croire le président de la République, dont certains propos ont été révélés dans le Figaro d’il y a quelques jours. A son « chouchou », Nicolas Sarkozy apporte son soutien. A sa manière : « Je (le) remercie (…) d’avoir accepté. C’est moi qui l’ai nommé. » Ah bon?

Oui, d’ailleurs, une dépêche de l’AFP, publiée un peu plus tard, semble corroborer ces propos. Voilà ce qu’on y lit : « Le ministre de l’agriculture, Bruno le Maire, a déclaré dimanche sur Radio J que « la succession de Xavier Bertrand » à la tête de l’UMP n’était « pas ouverte », tout en soulignant que c’est Nicolas Sarkozy qui « décidera quelle piste il suivra » pour le gouvernement comme pour le parti. »

Justement, Valérie Pécresse a offert ses services de conseillère. La ministre de l’Enseignement supérieur a proposé, le 9 septembre dernier, que le Secrétaire général soit dorénavant « élu par ses militants ». Et non plus « nommé » par le chef de l’Etat ?

Une révolution…

 P.L

MAJ 
Le député de Paris, Claude Goasquen, lui, ne veut pas prendre parti : il ne se prononce pour personne, ni J.F. Copé, ni B. Bertrand. Mais ce dernier accuse : « Le président de la République, constamment au téléphone », « s’occupe de tout ». Boum.

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