le Canard de l’Etang

11 avril 2012

Les sondages de la campagne les plus drôles

Lu initialement sur L’Express.fr

Choix électoral des Français en fonction de leurs pratiques sexuelles ou de leur consommation de pain, le candidat préféré pour partir en vacances… Les sondages insolites ne manquent pas durant cette campagne. 

Il n’y a pas que les intentions de vote que les instituts de sondages scrutent de près. Ce jeudi, deux études ont de quoi laisser pantois. 

Tout d’abord, les lecteurs de Direct Matin ont pu découvrir, dans le train ou dans le bus, que les Françaises choisiraient, pour faire le ménage, d’abord Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière (crédité d’environ 0.5% pour le premier tour) selon Mediaprism pour Le Journal des femmes

Arrive en deuxième position une autre femme, la candidate écologiste Eva Joly, puis en troisième, le candidat du NPA Philippe Poutou. Trois candidats de gauche et d’extrême gauche sont donc plébiscités pour effectuer les tâches ménagères. Les intéressés apprécieront sans doute. 

Les hommes veulent plus que les femmes des vacances avec des politiques

Mais pourquoi publier un tel sondage? « Mediaprism et le Journal des Femmes passent chaque semaine au crible les grands thèmes de la campagne électorale. Parler ‘politique’, c’est l’occasion de débattre, mais aussi de sourire », explique Justine Boivin, du magazine féminin en ligne.  

Autre étude décalé du jour: « avec quel candidat voudriez-vous partir en vacances? » Vous avez envie de savoir? Pas de panique, Voyagermoinscher.com a sollicité OpinionWay. Et c’est François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon qui obtiennent les meilleurs scores (19 et 17%, respectivement).  

On apprend à l’occasion que les hommes sont davantage prêts à partir avec un présidentiable que les femmes. A noter que les 18-24 ans préféreraient le président-candidat pour leurs congés; alors que les séniors, un éléctorat plutôt à droite, choissisent, eux, François Hollande. 

Ce n’est guère la première fois que les instituts de sondage publient ce genre d’enquêtes un peu insolites.  

Exemple: Harris Interactive, pour l’Auto-journal a posé, début mars, la question de l’année:« Et si un candidat était une voiture? » Nicolas Sarkozy serait donc une Porsche 911 (ou un Hummer), François Hollande, une Renault Scenic (voire une Twingo). François Bayrou, lui, est associé à la même Renault que son adversaire socialiste, mais aussi à une Citroën 2 CV. 

La moitié des Français veut que les candidats fassent attention à leur ligne

Encore plus drôle: Opinion Way s’est intéressé, fin mars, au choix électoral des Français en fonction de leurs… pratiques sexuelles. Sans voir de rapport à première vue, on constate que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont plus insatisfaits sexuellement. Que les partisans de François Bayrou font moins l’amour que les Français de gauche.  

Opinion Way, encore lui, a aussi sondé début février le choix des électeurs en fonction de leur consommation du pain. Incroyable mais vrai! 

On découvre ainsi, stupéfait (ou pas), que celui qui mange du pain à tous les repas, pour tous les mets, vote plutôt Nicolas Sarkozy (à 30%). Du coup, cela signifie-t-il que les ceux qui en mangent pas ou peu préfèrent François Hollande? Non, pas du tout. L’ »ennemi » de la baguette, tradition française depuis la nuit des temps, veut plutôt glisser un bulletin « Marine Le Pen » dans l’urne. Etrange, non? 

Conceptions de philosophie selon le choix du vote

Les valeurs, les idées… Philosophie Magazine a voulu connaitre, fin février, avec Ipsos, le choix électoral des Français par rapport à leurs conceptions d’ordre général. Les « hollandais » sont un peu plus convaincus que les « sarkozystes » que l’homme est bon (72% contre 66%).  

On est ravi d’apprendre, aussi, que les interrogés souhaitant voter pour le candidat PS sont plus méfiants vis-à-vis des élus que les Français pro-UMP. Et, sans surprise, on lit que les partisans d’un vote à gauche pensent que la priorité du chef de l’Etat concerne le bien-être de la population. Davantage, en tout cas, que la sécurité, priorité des électeurs de droite (néanmoins partagés sur la question).  

Bon, là au moins, on se rapproche un peu plus de politique… 

PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

11 septembre 2011

Primaire socialiste : bataille verbale entre adversaires


La primaire socialiste approche, la bataille des mots entre candidats s’accentue. Normal, les prétendants au titre doivent se distinguer les uns des autres…

La règle du jeu ? Tacler son adversaire. Bien sûr, ce n’est pas le favori des sondages qui enchaîne le plus de piques verbales. Bien au contraire. François Hollande, en tête dans les intentions de vote selon les instituts de sondage, reste poli et calme face aux avalanches de reproches que ses concurrents lui adressent.

On l’attaque, en particulier, sur son bilan à la tête du PS (1997-2008). Martine Aubry, qui l’a remplacé voilà trois ans, confie : “Quand j’ai pris le Parti socialiste, nous faisions pitié.

La petite phrase la plus virulente de ces derniers jours émane toutefois de la Dame du Poitou. Ségolène Royal s’en est pris violemment à François Hollande -avant de démentir le confidentiel que Le Figaro avait publié sur ce sujet. Son “point faible, c’est l’inaction, dit-elle. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique? Une seule?

“Elle est méchante”

L’ex-candidate socialiste de 2007 a aussi tapé sur la maire de Lille, sa rivale lors du Congrès de Reims de 2008 : “Sa seule expérience électorale, c’est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n’est pas facile. “ Tremblez…

Elle est méchante, Ségolène Royal ? Oui, “profondément”, répond Christine Boutin. Vraiment ? Non, pas du tout, se défend la socialiste : «C’est gentil ce que je dis. Si on ne dit rien, ce n’est pas rigolo.” En tout cas, Ségo n’est pas une “chochotte”

Méchante“ et “illuminée“, donc… mais aussi (presque) menteuse, selon “l’outsider” Manuel Valls. Au Parisien qui lui demandait une réaction à la proposition de Ségolène Royal de ne “pas augmenter les impôts“, le maire d’Evry répond : “C’est tromper les Français et je veux qu’on en débatte“. Selon Le Figaro, il aurait même comparé la présidente du Poitou-Charentes à “Nagui“. Boum…

Manuel Valls attaque aussi la maire de Lille et le président du Conseil général de Saône-et-Loire, mais de manière plus mesurée : “Quand j’entends Martine Aubry et Arnaud Montebourg dire qu’il ne faut pas accompagner le système capitaliste ou qu’il faut démondialiser, je dis : « Attention, ce sont les accents d’une gauche des années 1970.

Taper sur son advesaire de manière courtoise

Le strauss-kahnien Valls défend, par ailleurs, l’ex-DG du FMI, rentré, il y a peu, en France… pour mieux critiquer ses concurrents socialistes : “Ceux qui attaquent l’homme -d’une manière que je considère comme peu noble- comme l’a fait Arnaud Montebourg, ceux qui semblent se détacher de DSK, parce que ce serait moins populaire d’être son ami, comme l’a fait (…) Martine Aubry, oublient l’équation politique du bonhomme”, a jugé Manuel Valls.

Le plus souvent, la critique de son adversaire se fait dans la courtoisie. La preuve avec Arnaud Montebourg, chantre de la guerre contre la corruption, qui réagit à l’affaire Guérini : “Je veux remercier Harlem Désir qui a eu les mots qu’il fallait. Je regrette que sa position n’ait pas été celle du parti précédemment. On ne peut pas combattre l’affairisme du sarkozysme (…) si nous-mêmes ne sommes pas intraitables avec les nôtres”, a souligné le député de Saône-et-Loire.

Arnaud Montebourg, auteur d’un rapport ultra-critique sur la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, avait tout de même déploré que ses avertissements aient été “méprisés, que son travail ait été dénigré et son rapport enterré” par la direction du PS, donc par Martine Aubry.

P.L

23 juillet 2011

Les gaullistes de gauche ? « Une expression qui n’a plus de sens »

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

Ségolène Royal veut rassembler de l’extrême gauche aux gaullistes. La déclaration de la semaine passée.

L’historienne Chantal Morelle fait le point sur l’invocation récurrente du Général de Gaulle dans le discours politique.

 

Atlantico : Comment peut-on définir le gaullisme ?

Chantal Morelle : Ségolène Royal a évoqué, lundi dernier, le Conseil national de la Résistance (CNR) qui mêlait tous les partis et les syndicats résistants et n’était pas exclusivement gaulliste. Du temps du RPF, Malraux disait à propos du RPF, le premier mouvement gaulliste : « c’est le métro à 6 h du soir », signifiant ainsi que les adhérents venaient de tous les horizons sociaux et politiques, c’était un mouvement de rassemblement. En 1958 a été créée l’UNR (Union pour la nouvelle République), qui est devenue le parti de la majorité présidentielle, mais de Gaulle n’en a pas été le chef comme il avait été le présidente du RPF.

Le gaullisme est un mouvement qui a forgé l’histoire politique de la France et des Français, avec le général de Gaulle qui a imposé et défendu certaines valeurs. Il s’agit d’une référence importante, certes, mais dorénavant historique ; il n’est plus ni un courant de droite, ni un courant de gauche ce qui permet à tout le monde de s’en réclamer. Pourtant, si l’on y réfléchit, le gaullisme a duré le temps de la présidence du général de Gaulle, jusqu’à sa démission en 1969, soit onze ans ! Certains gaullistes historiques estiment que Georges Pompidou ne pouvait se dire gaulliste. Il aurait été un traitre selon certains.

En tout cas, le RPR (Rassemblement pour la République) créé par Jacques Chirac en 1976, n’est pas un mouvement gaulliste, bien qu’il soit le mouvement le plus proche. Le facteur personnel, le contexte politique, les enjeux en font autre chose qu’un parti gaulliste.

 

Comment le gaullisme n’est-il devenu qu’une simple référence historique ?

Les choses ont changé, les gens ont évolué. Cela ne veut pas dire que les valeurs du gaullisme n’existent plus. Elles existent chez tout le monde. C’est un mouvement constitutif du visage politique des Français et c’est la raison pour laquelle toute la classe politique s’en réclame : les valeurs de grandeur de la France, de l’indépendance nationale, la puissance nucléaire sont des valeurs que tout le monde revendique… Et depuis longtemps. Elles ne sont la propriété de personne.

Pour montrer les changements, prenons l’exemple de l’avancée de la construction européenne : c’est une donnée qui dépasse totalement le gaullisme. La place de la France en Europe, et dans le monde, a évolué. Certains gaullistes historiques rejettent l’intégration européenne telle qu’elle se fait au nom de la fidélité au général de Gaulle.

Sur ce sujet, on peut se réclamer du gaullisme comme le faisait Philippe Séguin, ou, encore aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement. Celui-ci est soutenu par des gaullistes historiques alors qu’il est issu d’un courant de pensée, le Ceres, qui appartenait à l’aile gauche du PS. Quand on se réclame du gaullisme, on s’appuie sur certains de ses aspects et c’est la raison pour laquelle chacun s’y retrouve.


Peut-on affirmer que le gaullisme est né à droite ?

Le gaullisme est né en plusieurs étapes : il y a le “gaullisme de guerre” né dans des conditions bien spécifiques qui a rassemblé des gens de tous bords ; puis le gaullisme politique, plutôt inscrit à droite comme le RPF né en 1947, puis l’UNR en 1958.

Le général de Gaulle lui-même n’aimait pas que l’on donne son nom à un mouvement « fût-ce sous la forme d’un adjectif”, mais il a accepté qu’un mouvement politique se réclame de lui, comprenant qu’un chef de l’État ne pouvait pas être “au-dessus des partis”.

Son origine familiale, son éducation, sa culture faisait de lui un homme de droite, et même de la droite autoritaire, bonapartiste, favorable au régime présidentiel plutôt qu’au parlementarisme, tout en étant respectueux de la démocratie ; mais il était marqué par le christianisme social de la deuxième moitié du XIXe et du XXe siècle, d’où sa volonté de mener une politique plus sociale que beaucoup de gens de droite – “la seule querelle qui vaille est celle de l’homme” disait-il.

Le gaullisme a toujours été situé à droite dans le spectre politique, bien qu’il y ait eu des gaullistes de gauche, ils n’étaient à proprement parler de gauche.

 

Y a-t-il encore des gaullistes de gauche ?

« Gaulliste de gauche » est une expression qui n’a plus de sens. Cela en avait dans les années 1960. Certaines personnes étaient gaullistes mais provenaient de la gauche d’avant 1958. Ces derniers menaient ou voulaient mener une politique plus sociale, comme la participation aux bénéfices de l’entreprise. Les gaullistes de gauche étaient toutefois limités en nombre et Charles de Gaulle les aimait bien. Ce n’est pas le cas de Georges Pompidou, qui, sur le plan social était beaucoup plus conservateur.


Qui sont les héritiers du général de Gaulle ?

De Gaulle n’a pas un héritier, bien que certains se retrouvent davantage dans cette filiation que d’autres. Je pense à Dominique de Villepin et son mouvement République solidaire, lancé, non pas le 18, mais le 19 juin 2010 : c’est tout un symbole, mais ce n’est pas du gaullisme, puisque les temps ont changé : Villepin peut s’y référer, il ne peut avoir de projet gaulliste. On se réclame du  général de Gaulle, on peut le citer comme on peut citer Jean Jaurès – Nicolas Sarkozy l’a fait pendant sa campagne électorale sans être socialiste ! Et l’actuel chef de l’État n’est pas plus gaulliste que d’autres responsables politiques : il s’appuie sur le gaullisme comme sur d’autres sources qui ont permis à la France à se construire, comme tous les Français.

Nicolas Dupont-Aignan rejoint l’idée du général de Gaulle sur la construction européenne et l’indépendance nationale, il dit en effet qu’il est le seul vrai gaulliste. Mais ce n’est pas totalement vrai. La preuve ? Il a appelé à voter Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle de 2007, alors que celui-ci défendait une autre politique européenne. Donc il accepte que d’autres politiques soient menées car le gaullisme n’est pas une donnée applicable comme le voulait ou comme l’aurait fait le Général il y a un demi-siècle ! Avoir des principes ne signifie pas qu’on les applique.

 

Pourquoi Ségolène Royal veut-elle rassembler jusqu’aux gaullistes ?

A l’occasion de la campagne électorale, elle se veut rassembleuse, elle veut réunir le plus largement possible, à l’exception de l’extrême-droite. Son problème : elle n’est pas bien vue, plutôt isolée au sein du Parti socialiste, et, il lui faut trouver des soutiens ailleurs. Mais finalement c’est normal : aucun candidat(e) qui pourrait devenir président(e) de la République ne peut dire : « Je ne représente qu’une partie des Français. »

Pendant la campagne, on peut tenir un certain type de propos, mais dans la pratique, cela n’a plus le même sens. On ne peut mener une politique cohérente avec un spectre politique aussi large : on ne voit pas Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin travailler au sein du même gouvernement et mener la même politique ! Sauf, peut-être, ponctuellement : car tout le monde peut être d’accord sur un point précis, à un moment donné, en temps de crise par exemple

 

Comment Ségolène Royal peut-elle se réclamer à la fois du général de Gaulle et du président Mitterrand ?

François Mitterrand a été un président tout à fait gaullien : la Constitution a été à peine modifiée, contrairement à ce qu’il a toujours dit qu’il ferait. C’était la même pratique monarchique républicaine que celle du général de Gaulle, en son temps. Donc, sur ce plan, le rapprochement entre les deux chefs de l’Etat n’est pas incohérent.

Leur politique étrangère a souvent eu des points communs, la politique économique et sociale aussi, dans une certaine mesure : pensons aux nationalisations de l’après-guerre et à celles de 1981, à la sécurité sociale, et ce qu’il y avait de véritablement idéologique dans le programme du candidat Mitterrand n’a pas résisté à la force des contingences nationales et internationales. Mais si les deux personnalités sont différentes, elles ont toutes deux marqué la Ve République.

Propos recueillis par Philippe Lesaffre

 

 

27 juin 2011

Pays basque : Batasuna, adios la frontière franco-espagnole ?

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin. Plusieurs activistes basques ont repoussé les policiers français venus l’interpeler. Elle risque jusqu’à douze ans de prison pour « participation à une organisation terroriste ». Membre de Batasuna, parti interdit en Espagne pour ses liens supposés avec l’ETA, mais autorisé en France, elle venait de sortir de six mois de clandestinité. Mais qui se cache derrière cette formation politique ?

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.

Aurore Martin, la militante basque, visée par un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne, a failli être arrêtée, mardi 21 juin.  Crédit Reuters

Atlantico : Comment qualifier la formation basque « Batasuna » (dont le nom est revendiqué par ses membres mais n’est plus autorisé depuis 2003) ? Y a-t-il une différence entre la partie espagnole et la branche française du parti ?

Barbara Loyer : Batasuna est un parti indépendantiste basque. Il veut fonder un nouvel État souverain qui ferait disparaître à cet endroit la frontière franco-espagnole en rassemblant des territoires de France et d’Espagne. La nouvelle  frontière devrait passer au milieu du département des Pyrénées-Atlantiques. Elle inclurait, théoriquement, Bayonne mais pas la partie de son agglomération qui se trouve dans le département des Landes.

Cet Etat devrait être bascophone. Batasuna se déclare socialiste. Les militants tiennent des discours politiques avec un vocabulaire utilisé à l’ordinaire par la gauche, notamment les mots « répressions », « peuple », « torture », etc. C’est important pour comprendre que les déclarations de solidarité viennent plutôt de partis de gauche.

Théoriquement, Batasuna est en France l’expression du même projet politique que le parti du même nom interdit en Espagne mais doit s’adapter au contexte légal des élections françaises.

Quels sont les combats que porte ce parti indépendantiste ?

Ce sont ceux de l’extrême gauche, d’une contestation des systèmes politiques actuels.  Le vocabulaire qu’ils emploient leur permet de converger avec les mouvements des Indignés dans de nombreux pays d’Europe, mais, à la différence des Indignés, l’idéologie nationaliste inscrit les actions de Batasuna dans des tactiques  à court et moyen terme beaucoup plus réfléchies, pour une stratégie à long terme.

Cette stratégie est explicitement celle de former un mouvement politique commun en France et en Espagne. Le fait que la coalition indépendantiste basque Bildu ait eu un tel succès en Espagne et que l’ETA poursuive sa lente évolution vers la disparition (bien qu’on trouve encore ses caches d’explosifs) change la donne, côté français. En effet, les indépendantistes basques en France ont été soucieux, jusqu’à maintenant, de ne pas se laisser dépasser par les partisans de la lutte armée.

Ils ont déjà bien du mal à s’implanter électoralement, et le développement du terrorisme en France leur porterait préjudice. Si l’ETA disparaît, cette inhibition est levée et une lutte interne entre nationalistes basques, en France comme en Espagne, va se développer, pour occuper le devant de la scène et gagner des parts de l’électorat.  Le fait d’apparaître comme victime est utile pour atteindre cet objectif.

Il faut écouter les discours comme des éléments de stratégies politiques mises en œuvre à des moments réfléchis. Il est utile aujourd’hui en France de commencer à faire bouger les associations et les partis sur un agenda politique que l’on maîtrise. Il faut inscrire le peuple basque dans les priorités du Pays basque, maintenant, après le succès de Bildu en Espagne et à la faveur du mouvement des indignés qui crée un élan dont il faut utiliser l’énergie. C’est de la politique, pas de l’idéalisme.

La question du mandat d’arrêt européen visant la militante basque Aurore Martin peut être traitée sur le plan juridique des libertés publiques en Europe. Le problème ici est le lien implicite fait entre la liberté des individus et celle d’un ‘peuple basque » que représenterait la militante concernée. Ce lien est trompeur.  Pour l’instant, en France, Batasuna ne représente rien sur le plan électoral. Il n’est pas plus le peuple basque que les électeurs de l’UMP qui portent des noms basque et parlent la langue basque.

Batasuna est interdit par la justice espagnole pour ses supposés liens avec l’ETA. Qu’en est-il exactement ?

Selon moi, les liens de Bastasuna avec l’ETA et l’idéologie totalitaire de cette organisation ne sont pas supposés mais réels. Il me semble que c »est un vrai problème que des militants de gauche ne soulèvent pas la contradiction qui existe, dans ce cas présent, entre le discours de gauche et la pensée totalitaire. Il ne faut pas seulement juger des discours mais des pratiques politiques.

27 juin 2011

10 ans après sa suppression, faut-il regretter le service militaire ?

Publié par canarddeletang dans Elections, medias, Societe

Publié sur Atlantico (question de société mais politique, tout de même)

Propos recueillis par P.L

Atlantico : Faut-il regretter le service militaire ?

Annie Crépin : On ne peut pas le regretter tel qu’il était devenu à la fin du XXe siècle. En raison de la diversification – louable –  de ses formes à la suite de sa transformation en service national en 1965, l’inégalité était réapparue. Par exemple, ceux qui avaient fait des études avaient tendance à partir en coopération, et ne risquaient plus de rencontrer d’autres jeunes moins diplômés qui, eux, se retrouvaient en caserne à réaliser des tâches répétitives. Et il devint de plus en plus difficile de demander à des conscrits et des conscrites de participer à des guerres hors du territoire. En outre, ces guerres, par exemple la première guerre du Golfe,  semblaient nécessiter le recours à un haut niveau de technicité et donc aux compétences de militaires professionnels.

Mais on peut regretter toutes les conséquences heureuses qu’était parvenu à atteindre le service personnel obligatoire de la IIIe République et de la IVe République quand il était véritablement universel  : cohésion et intégration sociales, apprentissage du civisme. Car presque tous les garçons d’une même génération et de classes sociales différentes étaient obligés de se mêler, de se côtoyer et de vivre ensemble. Bien sûr, il ne faut pas idéaliser le passé – voir ce qu’en disait Courteline déjà au temps de sa splendeur –  et le service comportait des zones d’ombre ; ne serait-ce que l’exclusion des femmes. Il est vrai que pendant longtemps les femmes ne furent pas considérées comme des citoyennes et que le service militaire était perçu comme l’expression par excellence de la citoyenneté.  

Le service militaire a disparu dans un silence général. Il aurait fallu le réformer profondément mais cette réforme aurait coûté cher. Il a été remplacé par une Journée d’appel de préparation à la défense (JAPD), devenue Journée de la Défense et de la citoyenneté (JDC). Une seule journée semble bien insuffisante ! C’est juste un premier contact avec les militaires et avec les questions de Défense.

Vous prônez un service civique obligatoire…

Oui, car le service militaire fut aussi une école du citoyen. Bien sûr, il ne s’agit absolument pas de revenir à une forme militaire du service mais de retrouver son équivalent en matière d’apprentissage de la citoyenneté, d’intégration sociale et de solidarité. Sans non plus en faire la solution exclusive qui se substituerait entre autres au rôle de l’école car le service civique ne peut pas devenir, à lui tout seul, le palliatif des manques de toutes les autres instances de socialisation et d’intégration citoyenne.


C’est ce qu’a créé l’Agence nationale du service civique sous l’égide de Martin Hirsch. Mais pour l’instant il ne s’adresse qu’à une minorité de volontaires. Et il est encore très mal connu, malheureusement, il est vrai qu’il ne date que de 2010. Je souhaite qu’il devienne, très progressivement, obligatoire. Cette obligation et cet universalisme permettraient de remplir véritablement les attentes sociales et civiques qu’on est en droit d’espérer de ce service des citoyens .


Parle-t-on de travaux d’intérêt général ?

Non, absolument pas, et il me semble qu’il y a une confusion regrettable entre des réalités toutes différentes. Je n’aime pas l’utilisation de ce mot à propos du service civique car il renvoie à l’idée de punition ou, au mieux, à l’idée d’une sorte de réhabilitation.


Je ne nie pas l’intérêt des travaux d’intérêt général pour des jeunes qui ont été délinquants. Mais le service civique, lui, devrait s’adresser à tout le monde. C’est, comme son nom l’indique, un service, non une sanction non plus que du bénévolat, aussi estimable soit celui-ci.


Si je souhaite qu’on tende à un service civique obligatoire de façon pragmatique, c’est qu’il  faut tenir compte d’un certain nombre d’obstacles et qu’il faut procéder avec précaution. Par exemple, il faut faire attention à ne pas entrer en infraction avec le code du Travail. Les jeunes ne doivent pas faire des tâches que les salariés peuvent faire. Il faut aussi penser aux contraires budgétaires.


Donc il faudrait que ce soit court : deux mois, qui peuvent être fractionnés en plusieurs périodes de stages. Il seraient effectués en différents domaines : action humanitaire, protection civile, champ de l’environnement, apprentissage des premiers secours, formation à la prévention sous toutes ses formes etc. Il devrait y avoir, par ailleurs, une dimension européenne : par exemple, faute de créer dans l’immédiat un service civique européen, la possibilité pour les Français de faire des stages dans un pays de l’Union européenne.

Le service civique pourrait aussi avoir une dimension de prévention « militaire ». À côté des guerres de « professionnels », il peut y avoir aussi une guerre « urbaine » d’attentats , ce fut  le cas il y a une quinzaine d’années dans le métro et dans le RER parisiens. Éviter la panique qui conduit à s’en remettre au « tout sécuritaire », être formé/e à la maîtrise de soi et au sang-froid, fait partie de l’éducation du citoyen, de la citoyenne.


D’un strict point de vue comptable, la formation à la prévention, d’ailleurs, dispensée à un maximum de gens permettrait la réalisation d’économies en évitant parfois accidents et catastrophes. Le bénéfice social du service obligatoire – une plus grande cohésion sociale –  aurait aussi des retombées économiques positives !  Il doit y avoir un débat pour la campagne de 2012 : il faut que les candidates et les candidats en discutent.

 

6 mai 2011

Et le gagnant est… Mitterrand !

Les sondages pour la présidentielle se multiplient et se ressemblent. Tous montrent un président… battu par Marine Le Pen et ses trois concurrents de gauche. François Hollande, l’un d’entre eux, pense pouvoir gagner, le vent en poupe.

Les dés ne seraient pourtant pas pipés et Moscovici s’en fait l’écho. Tout excès de confiance serait néfaste, prévient le député strauss-kahnien.

Oui, devenir le deuxième président socialiste de la Ve République n’est pas chose aisée. Surtout avec plusieurs candidats potentiels qui se livrent en coulisses une lutte impardonnable, avant la primaire PS… Angoisse, angoisse (lire ici)…

« Reproduire le succès de François Mitterrand, un rêve réalisable? », s’interroge la presse de gauche, avec un arrière-goût de nostalgie. Mediapart se demande dans un livre ce que sont devenues les 110 propositions de 1981 chères à l’ex-président de la République (lien payant). En organisant un débat Montebourg-Hollande. Tout fier, Edwy Plenel : « Nous sommes les premiers à fêter sa victoire ». Peut-être…

Mais d’autres titres de presse s’emparent aussi du sujet. Séquence émotion et nostalgie obligatoire : L’Express, par exemple, propose à Laurent Fabius de songer… à la soirée électorale du 10 mai 1981.

P.L

6 mai 2011

La majorité lance la bataille pour 2012 et Sarkozy semble s’en satisfaire

Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore prononcé mais sa candidature à sa réélection ne fait plus de doute. Elle est devenue, parole de Juppé, « un secret de Polinichelle ». Du coup, ses sbires s’activent. La majorité met en place les prémices d’une campagne, quatre ans après le début de son mandat (certains articles dressent le tableau de son bilan : à lire ici et par exemple). Tous à l’abordage pour défendre le bilan du président de la République - alors que les sondages n’indiquent rien de bon.

Sans ses réformes, la France aurait couru au « désastre », souligne Henri Guaino. François Fillon et ses ministres, ainsi que l’UMP, lancent la bataille de 2012 pour ‘attraper’ ceux qui « doutent » (lire ici et ).

A la plus grande joie, d’ailleurs, du principal intéressé : « J’apprécie beaucoup le travail de Jean-François Copé et l’aide de cette formation politique », assure Nicolas Sarkozy dans les colonnes de L’Express. Et concernant la formule du ministre des Affaires étrangères sur son éventuelle candidature : « Je prends comme un compliment sa remarque. » Avant d’insister : Alain Juppé « est un homme crédible qui dit des choses justes ».

Le ministre d’Etat et maire de Bordeaux avait fustigé la « droitisation » de certains au sein de la majorité… Une bonne remarque, M. le Président ?

P.L

3 mars 2011

La Dame du PS cherche idées concrètes

Rattraper le temps perdu. Reprendre l’ascendant médiatique sur son concurrent socialiste. Qui a pris un tour d’avance sur le terrain des caméras et de la presse. Sans pour autant évoquer celui des idées, faute de pouvoir le faire, mandat à Washington oblige. Aubry veut dépasser DSK, ancré en pôle position des sondages depuis des lustres.

La Première secrétaire a donc accéléré le tempo. Et va présenter le programme du PS, plus tôt que prévu. Avant les cantonales, comme expliqué au Monde, daté du 3 mars. Quelques propositions plutôt vagues sur l’emploi des jeunes ou sur la construction de logements sociaux. Quelques piques adressées au chef de l’Etat. En matière de sécurité, dont le bilan de Sarkozy est « terrible ». Sur la réforme des collectivités territoriales, que la maire de Lille veut « abroger ». Et, bien sûr, sur la façon de gouverner du président de la République. Sa manière « d’opposer les Français », l’instauration d’une « concurrence » entre les gens à tous les étages, sa vision dichotomique des jeunes : soit « paresseux », soit « délinquant ».

Mais quand il s’agit de détailler certaines mesures, là, Martine Aubry se la joue absente. Les journalistes du journal vespéral posent une question, et hop, une pirouette pour ne pas y répondre. Trop tôt ? Faut préparer une fiche. Le temps presse. Exemple : la Première secrétaire va-t-elle ramener le déficit à 3% ? Aucune idée, Aubry n’apporte aucune piste. Elle préfère évoquer l’Europe puis contrer le pacte de stabilité de Sarkozy et de Merkel : « Il faut remettre en ordre les finances publiques, mais avec un autre chemin, compatible avec la croissance, en France comme en Europe », explique-t-elle.

Et ce projet dont elle vient de présenter les grandes lignes, est-ce le sien ou celui du PS? « C’est le projet pour faire gagner notre candidat, mais surtout le projet que la France et les Français attendent », assure la Dame du Nord.

Les yeux visiblement rivés sur son autre concurrent. Pas celui de Washington. Mais celui à sa gauche, l’ancien sénateur Mélenchon, camarade ex-socialiste qui veut mener le pays sous l’étiquette Front de gauche avec la Gauche unitaire – à fond derrière lui – et en compagnie des communistes – encore méfiants. Car le candidat avance, pas à pas. Il court les plateaux télé pour débattre avec ses opposants comme Le Pen ou encore Daubresse et Jacob (pour ne citer qu’eux). Et histoire de détailler son programme, mesure après mesure (plus ou moins) concrète. Au contraire, donc, d’Aubry…

P.L

3 mars 2011

Charlie hebdo boudé par ses confrères ?

 

 Publié sur Marianne 2

L’hebdo satirique se plaint, ce qu’il fait rarement, de voir ses derniers scoops ignorés par le Canard enchaîné et France Inter. Quitte à raviver une vieille querelle entre Charb et Philippe Val, l’actuel patron de France inter.



 

Une de Charlie Hebdo

Une de Charlie Hebdo

Charlie Hebdo n’est pas que le journal « bête et méchant », vilain rejeton d’Hara Kiri de feu le professeur Choron. Charlie sort aussi des infos, relaie la contestation du pouvoir en place et compte bien le faire savoir.

C’est, en tout cas, ce qui ressort du dernier numéro, paru ce mercredi 23 février, dans lequel le journal, sous la plume de Laurent Léger et de son directeur Charb, s’en prend plus ou moins méchamment à ses confrères, coupables de… ne pas avoir cité l’hebdo satirique.

L’origine de la première salve : le travail d’enquête de Charlie Hebdo sur l’IPEMED, un think tank réunissant un bon nombre de personnalités de la classe politique française, mais aussi… Aziz Miled, le fameux homme d’affaires tunisien qui a tant embarrassé Michèle Alliot-Marie. Des révélations sur les accointances entre ce club et les politiques provoquant la démission d’Élisabeth Guigou dudit think tank, le 17 février dernier, au lendemain de la parution de l’article du Canard enchaîné.

Sauf que voilà, Charlie Hebdo fait valoir que l’information, parue dans le journal du mercredi (dans un article non signé) et largement reprise par les médias, ne faisait pas référence à… l’enquête que le journal de Charb avait publiée, une semaine plus tôt, le 9 février.

Chaque titre de la presse veut en effet se tailler la part du lion dans les affaires qui embarrassent le pouvoir…

Pour Brigitte Rossigneux du Canard enchaîné, ce qu’insinue Charlie n’est « pas du genre du Canard ». Dès lors, l’omission de la référence au journal satirique concurrent est « tout à fait malencontreuse ». Omission que n’excluait pas Charlie, certes persifleur mais quand même prudent : « Loin de nous l’idée de dire que nous aurions été pillés. Peut-être que nos confrères ne nous ont pas lu. » Dont acte.


Charlie provoque

Deuxième sujet de mécontentement pour les journalistes du journal bête et méchant : France Inter n’a pas évoqué l’appel des 47 palmés de l’Éducation nationale dans sa revue de presse. Terrible erreur, d’après Charb, le directeur de la publication : leur info aurait été pourtant « publiée par toutes les télés, toutes les revues de presse (euh, au moins citée par France Info ), tous les journaux (…) » (L’Humanité, l’AFP , entre autres). Mais pas par la radio dirigée par l’ancien directeur de Charlie, Philippe Val. Or, cela ne daterait pas d’hier. Bien au contraire. France Inter ne citerait pas Charlie Hebdo « depuis que la revue de presse de la station publique est aux mains de sarkozystes pommadés », écrit Charb dans un – tout – petit encadré en bas de la page 3. Joint par Marianne 2, Charb persiste et signe : « Tout le monde, à ma connaissance en a parlé, sauf la revue de presse de France Inter. Alors soit le journaliste a des consignes, soit il prend lui-même les devants. » Lorsqu’on lui demande s’il visait Philippe Val à travers son texte, Charb répond : « Il n’était visé que dans le cas où il aurait donné des consignes contre Charlie Hebdo. » L’attaque contre Val est dans la continuité de ce qui s’est passé lors de son arrivée à la station, lorsque Philippe Val avait viré Frédéric Pommier, visiblement coupable d’avoir mentionné Siné Hebdo dans sa revue de presse, puis d’avoir limogé deux humoristes stars de la radio, Stéphane Guillon et Didier Porte en juin 2010.

Questionné par Marianne2, Bruno Duvic, en charge de la revue de presse depuis septembre 2009, relativise : « C’est juste une petite provocation. Je n’ai aucune consigne de ne pas citer Charlie Hebdo », se défend-il. Tous les matins, je lis des papiers chouettes que je ne cite pas et je reçois des mails d’éditorialistes qui râlent car je n’ai pas repris leur article. »

En fait, le conflit entre Charb et Val, son prédécesseur, ne date pas de la semaine dernière. Déjà, en 2008, Charb – il a pris les rênes du journal en mai 2009 – n’était pas tendre avec son ex-collègue : « Philippe Val est directeur mais c’est celui qui ressemble le moins bien au journal », avait-il grommelé à l’époque. Mais l’attaque plus frontale de Charlie s’explique peut-être par le fait que, depuis un mois, Philippe Val, qui n’a pas souhaité répondre aux questions de Marianne2, n’est plus actionnaire de l’hebdomadaire satirique.

 

P.L avec M.B

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