le Canard de l’Etang

20 novembre 2010

Entre les JPF et le MPF : « Cela chipote parfois » (Christophe Bentz)

Les relations entre les jeunes et leurs aînés (2/4)

A la tête des Jeunes pour la France (JPF), Christophe Bentz, 23 ans, évoque son parcours, ses relations avec ses aînés du mouvement pour la France (MPF), ses missions et les réseaux sociaux.

 

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Christophe Bentz évoque un réel « débat interne », voire des différences entre JPF et MPF. (Photo : Antoine Lascault)

 

Les Jeunes pour la France, mouvement créé en 2001, compte « 3000 adhérents sur 15000 au MPF (formation née en 1994)», assure Christophe Bentz. Soit une proportion importante de jeunes, selon le président du mouvement.

 Christophe Bentz : « Mon bureau politique. »

 Qui dit adhérent ne veut pas dire militant : petite nuance, explique Christophe Bentz. Comme beaucoup de petites formations politiques, les militants dépassent en nombre les adhérents.Tant au JPF qu’au MPF.

 Christophe Bentz : « On ne peut pas connaître le chiffre exaxt des militants. »

Christophe Bentz : « On jauge un parti politique sur le nombre de militants. »

 Par ailleurs, comment expliquer les rapports entre les deux mouvements? Christophe Bentz y répond : les deux entités, sous la direction d’un seul chef -Philippe de Villiers-, suivent une même ligne politique.

 Christophe Bentz : « Entre les JPF et le MPF, une seule ligne politique. »

 Or, le débat interne reste ouvert. Ils leur arrivent de « chipoter » sur quelques points, sur des « mesurettes », selon le terme de Christophe Bentz. Qui donne un exemple : le travail du dimanche.

 Christophe Bentz : « Il y a des différences entre les jeunes et nos aînés. »

Christophe Bentz : « Cela chipote parfois entre nous. »

 Christophe Bentz justifie ainsi l’existence de son mouvement. « On ne s’adresse pas de la même manière aux jeunes qu’aux aînés », assure-t-il. D’où la mise en place d’un site autonome, comme l’est le mouvement des Jeunes pour la France. Et puis, « on aime bien avoir nos propres soirées ».

 Christophe Bentz : « Les JPF, un mouvement autonome. »

Christophe Bentz : « Pourquoi un mouvement autonome? »

 

Philippe Lesaffre, Antoine Lascault

20 novembre 2010

Christophe Bentz : « De plus en plus de nos aînés au MPF utilisent Facebook. »

L’utilisation des réseaux sociaux par les Jeunes pour la France (3/4)

A la tête des Jeunes pour la France (JPF), Christophe Bentz, 23 ans, évoque son parcours, ses relations avec ses aînés du mouvement pour la France (MPF), ses missions et les réseaux sociaux.

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Christophe Bentz utilise Facebook, mais pas twitter. (Photo : Antoine Lascault)

 

Le « terrain » en politique reste indispensable. Mais l’engagement se pratique de plus en plus sur la toile. D’où l’importance des réseaux sociaux, à l’instar de Facebook et de Twitter.

Au parti, un homme, membre du bureau politique, Alexandre Gitakos, s’occupe du Net et des réseaux sociaux. Mais cela ne lui prend que quelques heures par semaine, affirme Christophe Bentz.

 Christophe Bentz : « Le membre de mon bureau en charge du Net et des réseaux sociaux »

 Christophe Bentz, lui, utilise « beaucoup » ces moyens de « communication ». Mais pas trop Twitter, assure-t-il. La messagerie instantanée d’origine anglo-saxonne ne possède pas de version française. « Tout est en anglais et je parle peu cette langue », concède-t-il avec le sourire.

 Christophe Bentz : « Twitter? Je ne comprends pas. »

 Avant de réagir à un sondage Ifop, paru sur le site Rue89 , qui indique l’appartenance politique des amateurs de tweets. Selon les chiffres, le FN rafle la mise : le mouvement d’extrême droite semble être le parti politique le plus représenté parmi les tweeters (13% d’internautes qui se disent proches du FN ont un compte Twitter). Devant le Modem (11%), l’UMP (9%),  et les partis de gauche (moins de 7%).

 Christophe Bentz réagit aux chiffres du sondage à propos de l’origine politique des amateurs de Tweets.

 « Surpris par les chiffres », Christophe Bentz évalue «  à 4%  le nombre de sympathisants MPF ayant un compte Twitter ». Ces derniers ne s’en servent donc pas plus que lui. Pourquoi cette presque non-utilisation ? Il est incapable de l’expliquer.

 Christophe Bentz : « Pourquoi Twitter n’est pas utilisé dans son parti. »

Christophe Bentz : « La seule utilité de Twitter? Diffuser des messages publiés sur notre page Facebook. »

     De loin, le président des JPF préfère Facebook. A condition, toutefois, de s’en servir qu’à dessein politique. Car il refuse d’y publier des informations d’ordre privé. Sauf exception, sourit-il : « On peut lire, sur ma page Facebook, ma date de naissance et le nom de ma copine.» Mais c’est tout.

Christophe Bentz : « Facebook et ma vie privée. »

Christophe Bentz : « Sur mon profil Facebook, il n’y a rien de privé, sauf… »

Sinon, Facebook est un formidable moyen de communication : « Boîte mail, chat, fil d’actualité politique » facilitant la diffusion d’idées, Facebook propose plusieurs outils.

 Christophe Bentz : « Pourquoi j’utilise Facebook. »

      Avant d’en venir à la page Facebook oficielle des JPF : « Les membres de ce groupe ne nous sont pas hostiles, ce sont principalement des sympathisants. » Et pas d’opposants, prêts à commenter, réagir, répliquer pour débattre ? « Non, moi par exemple, je ne suis pas inscrit à la newsletter du PS », sourit-il.

Christophe Bentz : « Sur la page Facebook des JPF? 90% de convaincus. »

Christophe Bentz : « Sur la page, il y a de tout : des militants et des adhérents. »

Christophe Bentz : « Mais aucun opposant sur la profil facebook. »

Christophe Bentz : « Comment les ‘fans’ se sont-ils inscrits sur la page des JPF? »

Christophe Bentz : « Je ne suis pas inscrit à la newsletter du parti socialiste. »

Il ne se prive guère, par ailleurs, de recommander aux élus MPF ou aux présidents des fédérations d’ouvrir un compte politique facebook, voire de tenir un blog. Et «cette ‘génération des aînés’ s’y met de plus en plus », se félicite-t-il.

 Christophe Bentz : « Les aînés s’y mettent de plus en plus. »

« Ce que Christophe Bentz propose aux aînés par rapport à Internet. »

     En revanche, et il le reconnaît aisément, ce ne sont pas toujours les responsables politiques qui gèrent leur page Facebook. « Philippe de Villiers possède beaucoup de conseillers en communication.»

Comment Christophe de Villiers esquive une première fois la question concernant la page Facebook de Philippe de Villiers.

Deuxième tentative : Christophe Bentz explique pourquoi il ne veut pas répondre à la question suivante : « Qui s’occupe du profil facebook du président du MPF? »

Christophe Bentz : « En revanche, Philippe de Villiers contrôle sa page Facebook. »

Christophe Bentz évoque ensuite les attachés parlementaires qui gèrent le profil de leur député.

Ecoutez ici.

 Au MPF, estime Christophe Bentz, il y aurait aujourd’hui autant de « cyber-militants » que de militants plus traditionnels, fidèles aux pratiques conventionnelles (porte-à-porte, tractage dans les marchés, etc…).

Christophe Bentz : « On trouve chez nous deux types de militants : le cybermilitant et le militant traditionnel. »

 Selon le président des JPF, un militant doit pouvoir faire les deux, être polyvalent : du terrain et de la communication via le Net et les réseaux sociaux.

En revanche, Christophe Bentz fait part d’une crainte : que ces militants restent figés derrière leur ordinateur, qu’ils soient « coupés du monde extérieur». Et donc que ces derniers deviennent « technocrates », comme les commissaires européens, qui selon lui, n’ont pas tous été « confrontés à la réalité du terrain ».

 Sa crainte à propos du Web : « Que la politique se technocratise. »

Christophe Bentz en profite alors pour critiquer les commissaires européens.

 

Philippe Lesaffre, Antoine Lascault

7 novembre 2010

Chahuts internes

Chronique politique pour une radio. Semaine 2.

Les piques verbales entre responsables politiques ne s’échangent pas qu’entre majorité et opposition : ça cogne aussi au sein de chaque clan…

 

En ces temps amers, une petite phrase assassine peut provoquer des remous. Un seul entretien d’un responsable politique  en quête de notoriété, et hop,  le tour est joué, le coup est lancé. Chaque semaine, son lot d’exemple. A droite, au centre, à gauche. Au sein de la majorité présidentielle et dans l’opposition. Les dirigeants se chamaillent, s’envoient des fleurs. C’est la guerre pour un poste, une mission, un mandat, à l’aube d’une élection.

Dominique de Villepin continue dans cette optique son tour des médias pour tacler le chef de l’Etat…

L’ancien Premier ministre, le poète aux accents gaullistes, ne cesse de critiquer Nicolas Sarkozy. Le fondateur de République Solidaire a toujours sa carte de l’UMP. Mais cela ne l’empêche pas de se faire filmer en banlieue ou, près d’une vache, à la ferme. Sur un plateau télé ou à la radio. Pour montrer sa différence. Attaquer le bilan du président. Dernier exemple en date, dimanche sur Europe 1 : il évoque, sans rire, une parenthèse politique, ouverte depuis 2007 qu’il convient de refermer. Puis songe à la « France amoindrie, à ses principes affectés ». Avant, bien entendu, de se tourner vers « le spectacle pitoyable de la vie politique française ». Allusion peu masquée au remaniement, aux bisbilles entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand…(lire ici)

 La droite n’a pas le monopole du chahut interne…

Oui, ça s’agite aussi au centre, bien divisé depuis 2007. Les scissions se sont accumulées. D’abord, entre ceux qui ont rejoint le chef de l’Etat dans l’entre-deux tour de la présidentielle et les autres… Autrement dit entre les adeptes du Nouveau Centre, parti affilié à l’UMP et les membres du Mouvement Démocrate.

Puis entre les partisans de François Bayrou et les nostalgiques de l’ancienne UDF. Comme ce chef de file des sénateurs centristes, Jean Arthuis, à la tête de la commission des Finances, qui veut faire renaître de ces cendres l’ancien parti de centre-droit, héritier du giscardisme .

Il souhaite que les centristes soient représentés au premier tour en 2012. Se dit candidat à la candidature. Mais assure toutefois au journal le Point ne pas y penser tous les jours en se rasant (la preuve).

Jean Arthuis envoie aussi des piques au gouvernement…

Comme certains à l’UMP, il prêche la fin du bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune. Les sénateurs examinent cette semaine le budget de finance 2011 et « le compte n’y est pas ». Pas assez de rigueur, pas assez de réductions des dépenses de l’Etat. Jean Arthuis veut réduire davantage les niches fiscales. Et ne pas se leurrer : comme François Fillon (l’actuel locataire a récemment brisé le tabou), il sait que les impôts ne peuvent qu’augmenter.

A gauche, Manuel Valls a passé la vitesse supérieure à l’encontre du PS.

Le député-maire socialiste de Meaux tacle le comportement de certains responsables à gauche. L’un des chefs de file de l’aile droite estime que le PS bat encore de l’aile. Selon lui, les socialistes ne sont pas encore vraiment crédibles.

A qui la faute selon lui?

 Manuel Valls ne le dit pas noir sur blanc au Parisien-Aujourd’hui en France, mais il y pense. Son intervention vise  l’aile gauche du parti, représenté par le porte-parole Benoît Hamon, qui, voilà quelques jours, avait laissé entendre que les socialistes pouvaient  encore « discuter » de l’allongement de cotisation dans le dossier des retraites. Ré-dhi-bi-toire pour le proche de DSK, favorable, à cet allongement (au cœur du projet socialiste). Sans toutefois revenir sur les 60 ans qui devraient rester « un droit et non une obligation », murmure Manuel Valls, gardien de l’unité à la socialiste…(lire ici)

 P.L

1 novembre 2010

Nicolas Sarkozy et ses réflexions

 

Le Canard de l’Etang débute une autre carrière, celle de chroniqueur politique à la radio. Première épisode.

Quelques jours après le vote final de la réforme des retraites, que se passe-t-il du côté de l’Elysée ?

Nicolas Sarkozy réfléchit beaucoup. Au mouvement social, d’abord. Le chef de l’Etat vient d’acter la fin des hostilités. Avec, on s’en doute, un sentiment de fierté. Grève après grève, il n’a pas plié. Et a su résister aux pressions de la rue. Au contraire de son intime prédécesseur, Dominique de Villepin, lors des manifs contre CPE. Et peu importe si Olivier Besancenot murmure au Parisien que « la bataille n’est pas terminée »

Autre motif de satisfaction du président: les étudiants peu nombreux voilà sept jours à battre le pavé à l’appel de l’UNEF. Comme les salariés, moins nombreux que les fois précédentes à manifester jeudi dernier.

Et pas de panique : un récent sondage paru dans Ouest France montre que la réforme n’aura pas d’incidence sur ses électeurs de droite, prêts à 61 % à revoter pour lui en 2012.

Alors, gagnant, le chef de l’Etat ?

Oui, mais chut, il ne faut pas le dire. Ses ministres ne doivent piper mot à ce sujet. Les seuls vainqueurs, clament-ils tous comme des moutons, restent les Français, voire  « les plus modestes », comme le dit si bien Eric Besson dans une interview accordée au Figaro.

Mais surtout pas l’exécutif. Non, non, non…

Là, pour une fois, Nicolas Sarkozy rejoint son meilleur ennemi du centre, François Bayrou. Qui a évoqué sur Europe 1, le 31 octobre, deux perdants, le gouvernement autant que les syndicats.

L’ancien candidat à la présidentielle a d’ailleurs évoqué un autre centriste, l’éternel ministre de l’Ecologie. Jean-Louis Borloo qui, selon lui, ne serait pas assez « solide » pour Matignon.

Il plaît au moins à Jean-Pierre Raffarin. L’ex-Premier ministre livre ses pistes pour un acte II du quinquennat, une étape, je cite, « d’apaisement ». Il écrit sur son blog que l’actuel ministre d’Etat semble « capable » d’impulser un nouveau cap plus social. 

Presque cinq mois que ça dure : l’annonce du remaniement par l’Elysée en juin dernier…

Cela passionne les foules, inspire les journalistes, torture les ministres. A ce petit jeu des chaises musicales, le roi s’amuse depuis juin. Ou pas : Nicolas Sarkozy n’arrive guère à se décider. François Fillon doit-il rester ? Des parlementaires le souhaitent. Jean-Louis Borloo doit-il le remplacer ? Quelques ministres n’y voient guère d’inconvénients, comme Fadela Amara, secrétaire d’Etat au logement ou le ministre de la Défense, Hervé Morin, tout deux sur le départ (lire ).

Et le principal concerné, qu’en pense-t-il? Rien, jure-t-il, les cheveux mieux coiffés. Avant de prôner la justice sociale en ces temps amers dans une interview sur Canal +

Autre incertitude : la tête de l’UMP. Xavier Bertrand l’actuel secrétaire général ou Jean-François Copé, patron des députés UMP, telle est la question de l’Elysée. En tout cas, le président de la République attend. Comme si de rien n’était. Et profite d’un emploi du temps chargé. Au point de reporter semaine après semaine, la date du remaniement, véritable calvaire des ministres, certains donnés partant, d’autres restants (lire ici).

Alors c’est pour quand ce remaniement ?

On évoque la mi-novembre. Soit après les rendez-vous internationaux : le sommet de Séoul et la préparation du G20, présidé par Nicolas Sarkozy, son déplacement dès le 2 novembre à Londres pour parler défense et célébrer la relation franco-britannique,  la venue en France du président chinois Hu Jintao, puis, sans rire, la célébration des 40 ans de la mort du général de Gaulle le 9 novembre à Colombey les Deux Eglises.

P.L

31 octobre 2010

Le Canard de l’Etang se penchera désormais sur la « Nouvelle Vague Politique »

Publié par canarddeletang dans Elections, medias, partis politiques-divers, politique francaise

Le Canard est devenu co-créateur d’un nouveau blog politique, dédié aux mouvements de jeunes des partis politiques. De temps en temps, il rencontrera de jeunes responsables, peu importe le parti, peu importe les opinions. 

Le projet est né d’une évidence. Les mouvements politiques de jeunes, excepté ceux des gros partis, restent peu connus, peu médiatisés.

La preuve : excepté Benjamin Lancar à la tête des Jeunes Populaires (UMP) et Lauriane Deniaud du Mouvement des Jeunes Socialistes, connaissez-vous le nom des responsables de jeunes des autres formations? Bonne question, non?

Il a donc été décidé de leur donner la parole. D’ouvrir le débat à deux ans de la présidentielle.

Judicieux?

Première rencontre : Christophe Bentz, le président des Jeunes pour la France (JPF). Membre du Mouvement pour la France (MPF) depuis 2007, il évoque son parcours, ses relations  avec ses aînés, ses missions à la tête de sa formation, les réseaux sociaux.

Lire ici http://url.exen.fr/31717/

P.L

21 octobre 2010

La politique dans la peau

Michèle Cotta a évoqué, lors d’une conférence à l’ESJ Paris, sa carrière de journaliste politique (Combat, l’Express, Le Point, France Inter, RTL).  Anecdote après anecdote, l’ancienne patronne de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (ex-CSA) a replongé dans ses souvenirs, parfois les plus lointains.

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« Tout m’intéresse », explique Michèle Cotta. La journaliste n’aborde toutefois qu’un seul thème : son domaine de prédilection, la politique.  Et en particulier, les entretiens qu’elle a pu mener depuis le début de sa longue carrière.

« J’ai eu la chance de faire la première interview de Jacques Chirac », glisse-t-elle, tout sourire. A l’époque, le futur chef de l’Etat « n’était rien ». Ou presque : il venait d’obtenir un siège à l’Assemblée (1967). Suite à cette rencontre, elle avait alors déclaré : « Ce député (de Corrèze) va devenir président de la République.» Une intuition qui s’est révélée juste quelques décennies plus tard.

Pugnace

L’ex-journaliste de RTL se souvient d’un autre entretien avec Jacques Chirac en 1981, lors du Grand Jury, un rendez-vous politique, né un an plus tôt, à son initiative. Durant ce face-à-face, elle pose à l’ex-Premier ministre une question « naturelle » sur l’interdiction éventuelle de la peine de mort. Sujet que le  candidat à la présidentielle ne voulait pas aborder. « Il n’était pas si sympa que cela », se souvient-elle.

Michèle Cotta a aussi décroché la … « la première interview de François Mitterrand » lors de l’affaire de l’Observatoire en 1959, rappelle-t-elle.

Parole, parole

La journaliste qui, durant quarante ans, a travaillé pour la presse écrite et la radio, juge sur l’évolution de la classe politique : « Les responsables ne sont plus autant intéressants qu’avant. Je ne me vois pas discuter d’histoire avec Nicolas Sarkozy, qui, en revanche, est plus fort en meeting ».

Comme le bon orateur Valéry Giscard d’Estaing : « Il m’avait invitée une fois avec d’autres éditorialistes. Après cette entrevue, personne n’avait été capable de résumer son propos. »

Michèle Cotta évoque ensuite le rapport entre journalistes et responsables politiques. Elle trouve « normal » de déjeuner avec eux. Mais ne croit pas au « off ». « Quand un politique demande à un journaliste de ne pas ébruiter sa confidence, il pense le contraire ». Manipulateur, « il a intérêt à ce que cela sorte ».

P.L

 

 

Pourquoi ne pas avoir entamé une carrière politique ? « J’ai grandi dans ce milieu-là. Mon père (Jacques Cotta) a été maire socialiste de Nice (entre 1945 et 1947). Il a fait partie des flingués en politique. Je préfère rester libre, observer et décrypter.»

 

14 octobre 2010

bourdes et maladresses en politique

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A propos du dossier des retraites, tout semble permis. Outre la bataille des amendements (avant le vote final) au Sénat sur le projet de réforme, surgit une guerre des mots entre certains dirigeants des deux bords politiques. Au risque, parfois, de tomber dans le coup bas, voire la maladresse (lire un article de Libération à ce sujet). Les deux dernières imprécisions concernent François Baroin et Ségolène Royal.

Suite à son entretien face à Laurence Ferrari sur TF1, le 12 octobre dernier, la présidente de Poitou-Charentes a déclenché l’ire de la majorité. Qui a crié au scandale…presque à tort.

Certes, ses propos peuvent induire en erreur, surtout si l’on ne l’écoute pas jusqu’au bout. Car, en effet, elle invite, au début de l’interview, les jeunes à battre le pavé « pacifiquement » contre la réforme du chef de l’Etat. Sauf qu’avant la fin de son échange avec la présentatrice du 20h, elle procède à un magnifique rétropédalage. Elle assure alors ne pas demander aux lycéens de descendre dans la rue. Mais s’ils se décident tout de même à le faire, Ségolène Royal leur demande de ne pas mettre le feu aux poudres (ce qu’elle précise le lendemain sur France Info).

Forcément, des membres du gouvernement comme Nadine Morano, Rama Yade, Eric Besson (mais aussi le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, et …le candidat à la candidature socialiste, Manuel Valls) ont aussitôt saisi l’occasion de polémiquer. En évoquant « l’irresponsabilité » de l’ex-candidate à la présidentielle.

La réaction de la majorité paraît peut-être démesurée. N’empêche que Ségolène Royal a fait preuve d’une certaine maladresse. Ce qu’elle a, d’ailleurs, admis sur les ondes de France Info.

Autre maladresse (ou pas), les récents contacts de Benoît Hamon avec la gauche de la gauche (voir ici, et ). François Baroin en profite (ainsi) pour mélanger le programme du PS et celui d’autres partis. Invité de France Inter du 13 octobre, il évoque la proposition du PS sur le dossier des retraites : « Il défend le départ à 60 ans à taux plein. » Erreur (relevée par le journaliste) : oui, les socialistes défendent le droit de partir à la retraite dès 60 ans. Mais pas avec un taux plein, comme le réclament Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot…et le mouvement des jeunes socialistes (MJS) (lire un article du Figaro : « le PS fait de l’équilibrisme » ou celui de Public Sénat : « le PS est-il ambigu sur les retraites? »).

La majorité utilise sûrement cette petite différence entre le MJS et les aînés afin de laisser planer le doute. D’autant plus que les socialistes maîtrisent à perfection les ambiguïtés.

En particulier, à cause du nombre important de porte-parole au sein du parti. Dernier exemple en date : la demande au gouvernement d’organiser un référendum sur les retraites avant la navette parlementaire. Outre Jean-Luc Mélenchon (ex-PS), Ségolène Royal et Jean-Pierre Bel (président du groupe PS au Sénat) s’y sont montrés favorables…au contraire du véritable porte-parole, Benoît Hamon, qui s’est exprimé au nom du parti (si, si, lisez). Confus?

P.L

4 octobre 2010

Mediapart, dans le viseur des francs-tireurs

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Mediapart, ennemi numéro 1 ? La question mérite réflexion, suite au concert de propos méprisants  d’une partie du gouvernement et de certains responsables de l’UMP.

La dernière invective émane de Dominique Paillé, porte-parole du parti présidentiel. Qui a déjà, par le passé, dit tout le bien qu’il pense d’Edwy Plenel. Mais, à l’époque, sur Facebook. Et non face à un journaliste du site d’information en ligne, Laurent Mauduit, sur le plateau d’Arrêt sur images. Là-bas, il n’a pu se retenir. En déversant, au passage, toute sa colère.

Ce « tract, publiant des insinuations, s’emporte-t-il, irrité, pratique une véritable chasse à l’homme ».

Les journalistes de Mediapart, le seul titre qui en prend pour son grade, n’ont guère apprécié.  

Les autres médias, soi-disant de l’opposition, n’auraient rien à se reprocher, glisse Dominique Paillé, sinon de le « faire rire », comme « le journal Libération« .

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(Nicolas Beau, rédacteur en chef de Bakchich)

Les autres journaux (support papier ou sur le Net), le porte-parole n’a pas envie de les critiquer. Pas même Bakchich, pourtant peu tendre avec Eric Besson ces derniers temps. Son rédacteur en chef, Nicolas Beau, participe à la conversation d’Arrêt sur images. Et, justement, ce dernier n’est pas fan des unes de Marianne, un brin trop anti-sarkozyste selon lui (« Le voyou de la république » ou encore « Pathétique »). Alors, cela fait plaisir à Dominique Paillé. Qui confirme, à l’occasion, et le sourire aux lèvres, avoir été un informateur du Canard Enchaîné quand ce même Nicolas Beau y travaillait. Ah, le bon vieux temps : presque nostalgique, Dominique Paillé, hein ?

Pas un mot, donc, à propos des autres médias, en ligne ou non, critiques vis-à-vis du gouvernement. Rue89 s’en prend à un conseiller d’Eric Woerth ? Pas grave. L’Express.fr évoque des lettres mettant en cause l’argumentation du ministre de la réforme des retraites ? Oh, ce n’est rien…Ah oui, ils ne « pratiquent pas la chasse à l’homme» !

Deuxième raison de sa colère

Outre son insulte (en est-ce une, finalement ?), surprenante émanant d’un homme, en principe, assez calme (quoique…), Dominique Paillé a aussi l’art et la manière de se placer en victime . Il évoque une « recherche effrénée (chez Mediapart) du scoop l’un après l’autre », de telle sorte qu’on ne puisse pas « dire la vérité, démentir », ni même entamer un « débat ». Le pauvre…

Un petit conseil d’ami : le porte-parole pourrait demander audience à la gauche et voir comment elle se débrouille face à la succession d’annonces gouvernementales, quasi quotidiennes depuis 2007. 

La morale de son discours : l’argumentation laisse à désirer..

Le site en ligne, lui, évoque la  gêne occasionnée au sommet de l’Etat par la divulgation de tous ces secrets, toutes ces révélations en cascade. Une violence verbale, donc, pour masquer l’absence de réponse de la part de la majorité. Ainsi les politiques n’ont-ils pas à se justifier devant leurs électeurs. Malins ?

Or, d’autres titres ont aussi  contribué à « l’éclairage » du grand public avec leurs propres scoops dérangeants. Mais aucune réplique aussi violente de la part du gouvernement ou de l’UMP n’ont suivi…

Quelques ministres ont certes démenti, par ailleurs, l’accusation du journal le Monde : non, l’Elysée n’a pas autorisé une enquête illicite afin de démasquer la fuite de l’affaire Woerth-Bettencourt. Mais il n’y a pas eu d’insulte ni de pique. Juste certaines incompréhensions à propos de cette ‘affaire’ dans l’affaire. Le Monde est-il une institution qu’on ne peut mettre en cause par des mots amers ? A croire que oui…

Pourquoi autant de haine à l’égard de Mediapart, seulement?

Ces reporters, issus de la presse écrite traditionnelle, émettent une autre hypothèse plausible : « le pouvoir » a peur du Net, n’arrive à cerner ses contours, à contrôler ce monde de l’interaction entre le journaliste « professionnel » et le « citoyen de la démocratie » (dixit Edwy Plenel). Or, Rue89 et Bakchich vivent dans le même monde et ne sont pas la cible du « pouvoir »…Etrange ? Pas tellement, à vrai dire…

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(Pierre Péan)

Mediapart publie des articles d’investigation (des papiers dont raffole d’ailleurs Pierre Péan). Mais pas seulement. Des partis pris, également, signés souvent Edwy Plenel. A l’aide de sa plume, « l’ex-trotskiste » dit tout le bien qu’il pense de Nicolas Sarkozy. En devenant plus ou moins membre d’une certaine opposition politique. Par ses textes, d’abord. Mais aussi par sa participation à plusieurs …meetings, en particulier, aux côtés de Martine Aubry ou encore Cécile Duflot.

Nicolas Beau estime à Arrêt sur Images que ce n’est pas la fonction du journaliste. Le président des Jeunes  UMP n’aurait pas pu dire mieux. Benjamin Lancar avait dénoncé, toujours sur le site de Daniel Schneidermann, la présence d’Edwy Plenel au temple socialiste de la Rochelle.

Aussi « les activités extra-journalistiques » du co-fondateur de Mediapart expliqueraient-elles ces critiques acerbes ?

Laurent Mauduit aporte une précision, en défendant, au passage, son ‘dirlo’ : «Un journal publie toujours des éditoriaux, cela fait partie du journalisme (…) et l’internaute s’y retrouve sur Mediapart. » Comment ? Grâce à la lecture des sous-titres : « Partis pris, entretiens ou enquêtes…»

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(Laurent Mauduit, Mediapart)

A l’instar de celle concernant le bilan du président brésilien sortant. Un reportage bien ficelé, agréable à lire, il est vrai. Mais qui a pour titre : « Bravo, Lula », deux mots qui n’évoquent guère l’investigation, plutôt l’éditorial ou le « parti pris ».

Soit un mélange des genres, non? Mais tant que l’internaute « s’y retrouve », tout va…

 P.L

 

28 septembre 2010

Un (faux) discours de Nicolas Sarkozy devant la presse

AU SECOND DEGRE

Les jours passent et se ressemblent-ils pour nos deux confrères, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, retenus en otage ? La journaliste Anne-Sophie Lapix ne les oublie pas. Le Canard de l’Etang, non plus. Il a imaginé leur retour, l’invitation à l’Elysée, le discours du chef de l’Etat…

 http://www.lepoint.fr/content/system/media/1/200901/31915_une-sarko-presse.jpg

Vêtu d’un costume noir, Nicolas Sarkozy se montre radieux. Devant Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, émus, amaigris,  le président gigote, fidèle à son habitude. Il veut, tout d’abord, rendre hommage aux deux reporters, « à leur courage, à leur force ».

A côté de Carla Bruni, le chef de l’Etat évoque ensuite les médias, la presse, les journalistes, « qui font un métier formidable si risqué». Mais, sans qui, « notre république n’aurait pas ses allures de démocratie irréprochable », narre-t-il, la voix grave. Avant de parler « secret des sources », son « dada » (si, si, je vous assure).

Le patron du journal Le Monde, Eric Fottorino, tire la tronche. Xavier Bertrand, Nadine Morano et Edwy Plenel, eux, se marrent, semble-t-il, complices (n’est-ce-pas?).

« Le gouvernement est le garant d’une presse indépendante », poursuit Nicolas Sarkozy. Dont le regard se tourne alors vers Eric Besson, qui porte un exemplaire de l’hebdomadaire Bakchich. Puis, en direction d’un reporter du Parisien-Aujourd’hui en France, debout derrière Marie-Odile Amaury, (encore) propriétaire du journal.

A la fin de la bonne parole présidentielle, précédée d’un applaudissement mérité, le chef de l’Etat lâche un sourire du bout des lèvres. Il vient de remarquer qu’un journaliste de la rubrique politique du Parisien entame une conversation avec le patron du Figaro, Etienne Mougeotte, et son ami Serge Dassault, l’actionnaire principal du quotidien, aussi fabricant de Rafales et sénateur UMP de l’Essonne. Pour échanger quelques « idées saines »?

Quelques instants plus tard, Nicolas Sarkozy de constater, enfin, que le socialiste Arnaud Montebourg et l’économiste Christine Lagarde ont rejoint, ensemble, l’interviewer d’Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach. Sûrement en vue d’un entretien vraiment « intéressant ».

Tout comme cette chronique (du futur). Si, si…

P.L

 

26 septembre 2010

Fillon, sur le départ

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On le disait non expulsable, Premier ministre jusqu’au bout, soit jusqu’au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Et (quasiment) prêt à remplir sa tâche de « collaborateur » cinq ans d’affilée (2007-2012).

Le chouchou des parlementaires UMP paraissait (presque) intouchable, paré à endurer les difficultés liées à son poste de Matignon.  Passé le cap de la mi-saison, en 2009, certains se posaient même la question devenue inévitable : restera-t-il l’unique Premier ministre de Nicolas Sarkozy ? Le doute semblait permis…Au vu de sa popularité, toujours en amont de celle du chef de l’Etat. Au vu, aussi, de sa discrétion, semble-t-il complémentaire avec le Président. Car ne dit-on pas que les différences s’assemblent, du moins, entre une carpe et un lapin ?

Or, justement, l’homme au fort tempérament, perché à l’Elysée, a, en pleine tempête médiatique (mais bien avant l’été), annoncé un remaniement ministériel pour l’automne prochain. Et ainsi ouvert la voie à toute spéculation en vue du jeu des chaises musicales gouvernementales. Y compris à Matignon, dont l’actuel locataire lorgnerait sur la mairie de Paris (en vue de l’élection municipale, prévue en 2014) depuis un certain temps. Un possible « challenge », évoqué par quelques « fillonnistes » de temps en temps.

La fin d’une ère ?

Réservé, François Fillon sait aussi sortir de ses gonds, en particulier, à l’Assemblée nationale, quand il veut recadrer les députés de l’opposition. Or, depuis la dernière rentrée, le Premier ministre a aussi brisé le silence afin de mettre un terme au chahut …au sein de son propre camp politique.

Ses cibles ? D’abord les auteurs des « petites phrases » assassines, ces surenchères sécuritaires qui se sont succédé en juillet et en août.

Puis, plus récemment, le secrétaire général du parti présidentiel, Xavier Bertrand, et le chef de file des députés UMP, Jean-François  Copé, qui se livrent une véritable bataille à couteaux tirés, le deuxième souhaitant la place du premier. D’ailleurs, on l’a écrit (et entendu), cette mission (diriger ce parti) pourrait aussi intéresser François Fillon.

En réalité, le « collaborateur » de l’Elysée, après avoir reçu mille et un coups depuis le début de son ‘mandat’, semble avoir doucement compris qu’il allait bientôt faire ses valises. Sinon comment comprendre son arrivée tonitruante aux journées parlementaires de l’UMP, en compagnie de Jean-Louis Borloo, l’un de ses possibles successeurs (avec MAM)? Ou encore son interview, diffusée dimanche 26 septembre, sur France 2, au cours de laquelle il se démarque du chef de l’Etat («ce n’est pas mon mentor») ? Il y explique son « choix de 2004» de le soutenir, en dépit du courant politique (au sein de l’UMP) qui les sépare, et ce, afin que Nicolas Sarkozy « devienne » président de la République. En affirmant, au passage, avoir contribué à l’élaboration du programme présidentiel.

Durant cet entretien, le Sarthois tire, entre les lignes, le bilan de son action. Qui prendra donc fin, sauf surprise, dans quelques semaines…

France 2 aurait pu lui demander ce qu’il comptait faire après son éventuel départ. Mais, attention, pas de conclusion hâtive : Nicolas Sarkozy peut encore le retenir, histoire de prendre tout le monde au dépourvu…

 P.L

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