le Canard de l’Etang

19 septembre 2010

une Royal royale

Ségolène Royal

Ce n’est pas la favorite des sondages. Pas même la meilleure opposante du chef de l’Etat. Or, telle une rock-star, elle s’est offert, samedi 18 septembre, une piqûre de médiatisation avec l’an Trois de sa fête de la Fraternité à Arcueil.

Quelques jours après sa participation remarquée à l’émission « A vous de juger » (France 2), elle s’est hissée sur la scène devant un petit bataillon d’éléphants roses (avec, aussi, Jean-Luc Mélenchon, le ‘non-invité‘ de Benoît Hamon) au sein de l’assistance. Et entourée par une foule de fidèles, drogués par son charme, séduits par ses formules rhétoriques à l’emporte-pièce. Son but? Répéter en boucle que les socialistes demeurent unis. Puis jouer à l’anti-sarkozysme primaire.

La spécialiste de l’exactitude verbale n’a pas eu, selon certains médias, à convaincre la moindre personne. Tous les militants interrogés souhaitent qu’elle se représente. Elle est la seule, l’unique candidate capable de battre son concurrent de l’Elysée (Voir ici et ).

Pourtant, son parcours depuis sa défaite a été semé d’embûches. Tout a commencé par les trahisons des uns, les ires des autres (une petite piqûre de rappel) suite à la campagne de 2007.

Alors seule et délaissée, elle a encore fait preuve d’une grande crédibilité en affirmant ne pas avoir cru à plusieurs de ses promesses phares de son programme présidentiel. Et son idée de créer des postes de fonctionnaires masculins pour raccompagner les policières le soir a été  raillée par la droite depuis le débat Sarkozy-Royal dans l’entre-deux-tour (cliquez donc ici).

Le temps de l’errance, du repli régional est ensuite venu. Dame Royal, éloignée de toute polémique, a brillé par son absence politique. Juste quelques sorties, par ci, par là. Pour tacler le chef de l’Etat, évidemment, mais plus forcément dans la peau du messie de l’opposition.

Car, témoin de la chute de sa popularité, la candidate a voulu montrer qu’elle pourrait ne pas se représenter en 2012. Et donc que son ego n’est en fait pas vraiment développé (…et la marmotte met le chocolat dans le papier d’aluminium…).

Certaines déclarations, quelques interviews d’elle, plus récemment, ont toutefois fait coulé beaucoup d’encre. En particulier : lorsque Ségolène Royal a assuré vouloir s’entendre avec ses concurrents du moment –Martine Aubry et DSK– en vue de réaliser une liste gagnante et donc ne pas s’affronter lors des fameuses primaires du PS (un « pacte » décrié par un ancien « ségolâtre »).

Ou, encore, son discours de la Rochelle, véritable mise en scène de la réconciliation entre la Poitevine et la Lilloise, fâchées depuis le terrible congrès de Reims (qui a vu la seconde battre la première pour la place de la Première secrétaire du PS).

Plus tard, pour se départager de ses concurrents, elle entame une accélération à bâbord. En se rapprochant, petit à petit, de l’aile gauche du PS, voire des syndicats. La preuve? Cette phrase tant démagogique que cocasse, sur le plateau d’Arlette Chabot : « La réforme des retraites est celle du Médef. » Ou encore cette affirmation peu réalisable : « Si le PS revient au pouvoir, il rétablira la retraite à 60 ans. » Besancenot, son souffleur officiel ?

 

P.L

12 septembre 2010

‘Guéguerre’ et révolution

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Le PDG des communistes, Pierre Laurent, pratique du sport, l’anti-sarkozysme primaire, couplé à un soutien des ‘petites gens’ à outrance. En direct de la traditionnelle fête de l’Humanité, le secrétaire national a, pour son premier discours de clôture, envoyé des mots doux au chef de l’Etat : « Nous subissons (…) le pouvoir le plus rétrograde, le plus brutal, le plus autoritaire qu’il ait été permis d’imaginer. » Une guerre des mots, « citoyenne et pacifique ». Mais qui n’a qu’un dessein, celui d’attirer l’attention. Et d’acquérir une poignée de notoriété, à moins de deux ans de la présidentielle. Soit une période propice à cet habituel petit jeu verbal entre amis d’obédience différente.

Ces joutes se pratiquent aussi entre membres du même clan, gauche ou droite, confondues. Les règles y sont d’ailleurs plus codifiées. Il ne suffit pas seulement de brailler contre autrui ou contre certaines politiques, même si certains s’y adonnent de temps à temps avec plaisir, comme Alain Juppé ou Dominique de Villepin.

Il convient plutôt de prendre parti dans le cadre d’une rivalité interne (et larvée). Comme celle entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand. Deux hommes qui s’envoient des fleurs une fois par saison. Le premier a récemment reproché au second l’absence d’une réelle université d’été de l’UMP, qui aurait permis, selon J.F. Copé, de répondre « aux attaques (verbales, toujours) du PS ».

Et, à l’occasion de ce combat de titans quadragénaires, deux responsables du parti majoritaire ont récemment pris …parti en faveur du patron des députés UMP.

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Premier trouble-fête, le ministre de la Relance, Patrick Devedjian. L’ancien patron de l’UMP a critiqué l’actuelle gestion du parti : « Un parti politique, ce n’est pas le Club Med. On n’a pas besoin de gentils organisateurs », a-t-il indiqué au Parisien. Mais plutôt « d’agitateurs d’idées (comme l’a été) Nicolas Sarkozy », à ce poste.

C’est Rachida Dati qui sème, quelques jours plus tard, la zizanie. L’eurodéputée estime, dans un entretien au Parisien (encore), que Jean-François Copé « ferait un excellent Secrétaire général ». L’ex-Garde des Sceaux évoque à son tour Nicolas Sarkozy et cite en vrac « les débats lancés » au cours de son mandat à la tête de l’UMP.

Celui qui en a la charge aujourd’hui, Xavier Bertrand, doit-il, pour autant, se sentir menacé ?

Pas si sûr à en croire le président de la République, dont certains propos ont été révélés dans le Figaro d’il y a quelques jours. A son « chouchou », Nicolas Sarkozy apporte son soutien. A sa manière : « Je (le) remercie (…) d’avoir accepté. C’est moi qui l’ai nommé. » Ah bon?

Oui, d’ailleurs, une dépêche de l’AFP, publiée un peu plus tard, semble corroborer ces propos. Voilà ce qu’on y lit : « Le ministre de l’agriculture, Bruno le Maire, a déclaré dimanche sur Radio J que « la succession de Xavier Bertrand » à la tête de l’UMP n’était « pas ouverte », tout en soulignant que c’est Nicolas Sarkozy qui « décidera quelle piste il suivra » pour le gouvernement comme pour le parti. »

Justement, Valérie Pécresse a offert ses services de conseillère. La ministre de l’Enseignement supérieur a proposé, le 9 septembre dernier, que le Secrétaire général soit dorénavant « élu par ses militants ». Et non plus « nommé » par le chef de l’Etat ?

Une révolution…

 P.L

MAJ 
Le député de Paris, Claude Goasquen, lui, ne veut pas prendre parti : il ne se prononce pour personne, ni J.F. Copé, ni B. Bertrand. Mais ce dernier accuse : « Le président de la République, constamment au téléphone », « s’occupe de tout ». Boum.

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8 septembre 2010

formez vos bataillons !

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Benjamin Lancar s’est confié une mission divine : sauver le chef de l’Etat, le gouvernement et le parti majoritaire. A peine réélu dans ses fonctions (dans des conditions pour le moins cocasses), le chef des Jeunes Pop’ a évoqué, lors d’un petit tour des médias (France Info et Arrêt sur Images), son programme fétiche. Qui tient en quelques mots : former une armée de militants, capables de se défendre des ‘attaques’ à l’encontre de sa famille politique, émanant de la Toile , cette « gaucho-sphère », comme il la nomme, avec une pincée de dérision, on s’en doute.

Benjamin Lancar place tous ses opposants dans le même sac, journaliste ou blogeur, membre d’un média ou pas. Le support, peu lui importe, finalement. La question ne se pose guère. En ligne de mire, tout simplement, cette flopée de commentaires critiques et féroces qui aurait envahi sites d’information, blogs, ainsi que des réseaux sociaux. Et, forcément, parmi les thèmes abordés, son soi-disant lot d’erreurs factuelles et ses « campagnes de dénigrement », (dixit Eric Woerth, mais une expression reprise par Benjamin Lancar).

Aussi convient-il d’organiser « la riposte » avant 2012. Un brin prétentieux, un soupçon mégalo’, le jeune homme souhaite, ni plus, ni moins, « rétablir les vérités ». Pour parfaire la « démocratie », explique-t-il sérieusement à ses détracteurs du Web, si nombreux, à l’en croire.

D’ailleurs, mieux vaut connaître le patronyme de ses ennemis politiques, ces fameux « délinquants de la conscience, à l’instar de Mediapart et Marianne ». Une « Pravda et non des médias », publiant des papiers « mensongers » sur « l’affaire Bettencourt-Bannier », sourit le jeune homme, à l’initiative du célèbre Libdub.

Ce dernier tient d’ailleurs les mêmes propos que ses supérieurs de l’UMP et du gouvernement. Une politique que résume le journaliste de Rue89, Augustin Scalbert, sur le plateau d’Arrêt sur images : « A droite, le débat n’est pas vraiment installé comme au sein de la gauche, on a plus l’habitude de suivre plutôt le chef. » Le jeune homme, en face du reporter, le sourire gêné, ne pipe mot, à l’écoute de cette pique. Un silence qui en dit long…

 P.L

31 août 2010

Un aveu, ou presque…

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François Fillon, invité, lundi matin de France Inter, s’est gaussé des critiques, suscitées par le discours sécuritaire du gouvernement, en cours depuis début juillet.

A certains membres du « clergé » de France, ayant envoyé des ires en l’air, comme à l’opposition de gauche et même à quelques membres de la majorité présidentielle, il a répliqué, l’air presque épuisé : « Cette politique (d’expulsion des Roms en situation irrégulière) existe (pourtant) depuis 2009 ». Et même auparavant, au temps de son prédécesseur Dominique de Villepin, a-t-il indiqué, songeant à la terrible tribune de Galouzeau dans les colonnes du Monde (qu’il dénonce).

N’empêche que depuis le début de l’été, le gouvernement a instauré une belle mise en scène des reconduites à la frontière (volontaires, pour la plupart) de Roms et des destructions de campements. En indiquant, au passage, des objectifs chiffrés de reconduite aux pays d’origine (par l’intermédiaire d’Eric Besson). Comme s’il fallait montrer à l’opinion publique que le gouvernement se charge de ces actions, tambour battant…

Sans oublier toutes ces mesures proposées, par-ci, par-là, et censées, selon leurs auteurs de la majorité présidentielle, résoudre des problèmes…

En évoquant à la radio publique certains « propos » (musclés de ses ministres, durant l’été), qu’il ne cautionne pas, François Fillon reconnaît à demi-mot la mise en place  de cette « surenchère sécuritaire »  (dixit Fadela Amara) verbale, en particulier, à l’égard des Roms…

François Fillon défend la politique, mise en oeuvre, mais ne semble pas vouloir utiliser des mots qui tuent. Au contraire, donc, de certains de ses collègues…

P.L

18 août 2010

la série de l’été

Comme la télévision, l’actualité politique présente aussi ses séries durant la pause estivale.

D’abord, en prime-time, sur la une des canards de France et de Navarre et en titre des journaux des 20h : l’incroyable affaire Woerth-Bettencourt. A chaque jour sa révélation : la guerre a fait rage entre Médiapart, le Point, Marianne, le Monde ou encore le Figaro, le Nouvel Obs et Liberation. Toutes ces révélations ont secoué un gouvernement diminué, à en croire les sondages qui indiquait des chutes de popularité vertigineuses.

Suite à cette série de scoops, accompagnée des polémiques de fin de saison, à l’instar des cigares d’un tel ou des jets privés d’un autre, le président de la République a pris les choses en main. En vue de lancer la foudre vers la presse.

Toutefois, au bout de quelques épisodes bien ficelés au cours desquels certains ministres et d’autres dirigeants UMP ont bien aboyés contre une partie des médias, les scénaristes ont décidé de changer de registre.

Et d’accentuer le discours sécuritaire (car, rappelle le New York Times, cela plait aux Français), en songeant aux soi-disant ennemis de la planète France, souvent issues des communautés étrangères. En particulier les gens du voyage, pointés du doigt (au moins par le terrible Brice Hortefeux) depuis certains faits divers impliquant l’un des leurs.

Aussi le chef de l’État a-t-il fait le lien entre immigration et délinquance à Grenoble au début du mois d’août. En évoquant ses projets de réformes à propos du système de déchéance de la nationalité française. Histoire de poursuivre la série, ce sont ensuite d’autres dirigeants UMP qui ont fait part de leur réflexion à propos de ces voyous. Avec ces petites piques bien ciblées, telle la célèbre : « Français ou voyou ! » (Christian Estrosi)…

La raison évidente de ce remue-ménage en plein été? Détourner l’attention de l’opinion, des médias et oublier les polémiques précédentes.

Le succès a été faramineux. L’UMP aurait gagné en une quinzaine de jours des tonnes de militants, chiffres à l’appui (Information remise en question, toutefois, par le Monde).

Et, bien sûr, les réactions de l’opposition de gauche n’ont guère tardé. Exemple : le terrible Dany le Vert, évoquant dans une interview au Monde Nicolas Sarkozy, qui prendrait les Français (carrément) « pour des cons ». Pardon, ce tournant si prévisible a aussi surpris à droite. Notamment, le député villepiniste Jean-Pierre Grand.

L’un des axes majeurs, abordés au cours de série, reste l’ordre public, le défi des Roms, la sécurité des villes de France. Et là, chacun tape sur l’autre, défend son compère…ou pas !

Dernier combat verbal en date, celui opposant le maire de Nice, Christian Estrosi, membre du gouvernement, au premier magistrat de Grenoble, le socialiste Michel Destot.

Aplaudi par une poignée de parlementaires, le premier a donné, comme si de rien n’était, un carton jaune à certains maires de gauche, défaillants, selon lui, en terme de sécurité publique. Il a suggéré sans rire de les punir (avant toutefois de revenir sur ses propos). Dans sa ligne de mire, son homologue de Lille, Martine Aubry, et Michel Destot, donc, qui, lui, a engagé un dialogue courtois. En défendant son action. Par des mots virulents, on s’en doute, à l’encontre de l’Etat. Plusieurs de ces collègues de gauche l’ont soutenu ensuite…à l’instar de deux membres du gouvernement, Luc Chatel et Brice Hortefeux (il n’est pas coutume), qui viennent de recadrer leur collègue, chargé de l’industrie et à la tête de la cinquième ville de France. Pas question de s’en prendre aux mauvais élèves maires.

Mieux vaut tenter d’établir un classement, du genre qui a fait quoi entre l’Etat et les municipalités, voire d’ouvrir un débat, comme le propose le maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, et celui de Drancy, Jean-Christophe Cavada (NC).

Oui, pourquoi pas ! En attendant, quelle sera le synopsis du prochain épisode avant la rentrée scolaire?

 

P.L

8 juillet 2010

des mots doux entre politiques…et à l’encontre de la presse

Le désir d’avenir d’un politique? Tracer son chemin, augmenter sa liste de contacts et monter les échelons du pouvoir au sein d’un parti. Et, toujours, en ligne de mire, une élection, locale ou municipale, cantonales et régionales, présidentielle ou législative.

Pour parvenir tout en haut des grades, mieux vaut se tourner côté sunlight des tropiques médiatiques. Sur le terrain. Devant les caméras. Face aux micros. Sur un plateau TV et les ondes d’une radio. Ou encore dans les colonnes d’un journal. Le but du jeu ne change jamais au gré d’une carrière. Il s’agit de commenter un fait d’actualité. Mais pas n’importe comment. Envoyer une pique en l’air, par ci, par là. Pratiquer la guerre des mots avec ses opposants. Trouver la tournure adéquate. La formule qui fait mouche. Et qui va chatouiller son premier vis-à-vis, c’est à dire le journaliste, censé informer ses lecteurs et donc, reproduire la citation qui, au meilleur des cas, lorgnera en une des journaux, tel une frise artistique.

Les exemples, on les compte par centaine et par milliers. Pas besoin de les énumérer tous, bien sûr. Rien que ces derniers jours, l’actualité a proposé des informations en masse, des tonnes de petites phrases, assassines et cocasses à la fois, sur le dossier Woerth-Bettencourt.

En la matière,l’UMP et le PS pondent des recordmen, des specimen, des super-héros issus de la planète Krypton. Chaque fois, on se demande si la personne pourra encore innover pour la saison suivante. Or, au vu du scenario, on reste toujours (allons, quasiment toujours) subjugué par la beauté du geste. Ou plutôt de la parole.

En tête de peloton, à droite, un franc-tireur, le porte-flingue du chef de l’Etat, l’homme qui en fait presque un job à plein temps : Frédéric Lefebvre. Encore tout récemment, voilà à peine quarante-huit heures, il a évoqué à la chanceuse AFP « les dégueulis populistes de l’opposition ». Autre cible du porte-parole de l’UMP, le site d’information Mediapart, à l’origine des principales révélations sur l’héritière du groupe l’Oréal, Liliane Bettencourt. Il parle, sans rire, de « dingueries ».

Le président de la République, lui aussi, s’amuse. Plus discrètement. Mais quand même. Dernier exemple en date : cette drôle de menace à l’encontre du fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, qui a publié certaines écoutes (illégales?) de conversations privées (volées mais pas par le site d’info et elles ont été transmises à la police, faut-il le rappeler). « Au niveau déontologie, c’est inimaginable. Cela va lui retomber sur la tête », a-t-il glissé aux députés Nouveau Centre, reçus à l’Elysée.

Certains ministres n’hésitent plus non plus à comparer Mediapart à « une certaine presse des années 30″ (Christian Estrosi), ou à « un site de ragot » (Nadine Morano) qui emploie des « méthodes fascistes » (Xavier Bertrand, SG de l’UMP).

La gauche n’est pas en reste. Ségolène Royal force également le respect à ce niveau-là. Depuis quelques jours, elle s’emporte contre le gouvernement « corrompu ». Un mot si doux en ces temps amers..

P.L

21 juin 2010

l’Appel de Villepin, éclipsé…

Dominique de Villepin, président de République solidaire.

Comme on s’y attendait, l’actualité des Bleus a éclipsé, ce week-end, tout fait politique de fin de semaine, en une des journaux. Mondial oblige, les célébrations de l’Appel d’un certain général, en l’an de grâce 1940, à Londres, n’a fait qu’une petite percée dans les médias.

Les célébrations du fondateur de la Ve ont eu, avec la présence de Nicolas Sarkozy à Londres dans le studio historique de la BBC, que peu de poids dans les colonnes de presse, comparé aux péripéties scandaleuses et à mourir de rire des Bleus.

Alors, bien sûr, ce n’est pas la création en grande pompe d’un mouvement politique par le digne héritier du gaullisme, ancien chef de la diplomatie et du gouvernement français, qui allait faire le buzz médiatique, samedi dernier. Quoique…

Sa recette miracle? Un rendez-vous, annoncé depuis belle lurette et minutieusement fixé le lendemain de l’anniversaire de l’Appel du 18 juin. Une arrivée digne du messie ou d’une « big star » américaine, entourée d’une poignée de parlementaires – mais sans certains de ses ‘amis politiques’-, de photographes, de journalistes et de  milliers de fans, hurlant son noble nom, avec, en fond sonore, « I’ve got a feeling » des “Black Eyed Peas”. Puis des petites phrases assassines à l’égard de l’actuel chef d’Etat. Et quelques propositions, faute de programme, avec sa fibre gaullienne et le verbe qu’on lui connaît. Rien de sensationnel, en somme.

Ces ingrédients donnent au final un discours assez démago’, moqué par l’UMP et certains membres du gouvernement, tels la versaillaise – chiraquienne Valérie Pécresse et le centriste Marc-Philippe Daubresse. Mais qui fit, aussi, causé le socialiste François Hollande, celui-là révélant que « si Villepin va jusqu’au bout –et se présente en 2012-, il compliquera la tâche du candidat de droite », soit Nicolas Sarkozy ! Un bon ‘scoop’, minimisé, forcément, par le parti présidentiel, qui peut remercier la pathétique équipe de France…

P.L

 

9 juin 2010

Daniel Cohn-Bendit et ses « noms d’oiseaux »

Daniel Cohn-Bendit et ses

Daniel Cohn-Bendit ne changera pas. Pas « à quelques années de la retraite », comme il le dit si bien sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus. Invité de Michel Denisot, le leader d’Europe Ecologie (EE) a été contraint, lundi 7 juin, de justifier le week-end mouvementé des écologistes, tiraillés entre partisans de l’ex-enfant terrible de Mai 68, en faveur d’une candidature à la prochaine présidentielle d’Eva Joly, d’un côté, et proches de la jeune direction des Verts, de l’autre – le jeune N°2 du parti, Jean-Vincent Placé voudrait plutôt que la patronne Cécile Duflot représente les Verts en 2012.

Dany le Vert assume avoir traité Jean-Vincent Placé de « crétin » après que celui-ci eut évoqué, durant la convention de EE, « la (Joly) vieille éthique ». 

Censés en principe réfléchir à l’avenir d’ Europe Ecologie – pour l’instant, qu’un « rassemblement qui veut devenir une force politique, la troisième en France », dixit Daniel Cohn-Bendit -, suite à leur bon résultat aux dernières régionales, après les précédentes élections européennes, les écolos ont donc, tels des éléphants socialistes, préféré se chamailler au grand jour. Et pour le plus grand plaisir des journalistes, amenés, forcément, à se gausser.

Daniel Cohn-Bendit, face à la gentille moquerie de Jean-Michel Aphatie, se défend : « Et alors ? Qui ne le dit pas, ‘crétin’ ? » (…) « Je suis sûr qu’à RTL, les journalistes se chamaillent, se traitent parfois de noms d’oiseau ! » Réponse immédiate du chroniqueur : « Mais pas à l’antenne ! » Certes, sauf que les journalistes restent plus cachés, à l’ombre des caméras et des sunlights…

« Le grand chef de l’UMP dit : ‘Fermez vos gueules’ » (Daniel Cohn-Bendit)

Réalisant ensuite que sa pique adressée à Jean-Michel Aphatie n’allait pas fonctionner, Daniel Cohn-Bendit tente une énième fois de se justifier. A propos d’Europe Ecologie, certaines attitudes  de Verts « l’irritent » et il dit « les choses » comme il « les pense ». Selon lui, il est bon de s’engueuler au sein d’une équipe (politique) avant de mettre les problèmes sur la table.

« EE n’est pas encore une famille », regrette t-il, amer, avant de s’en prendre au chef de l’Etat, le ton sec, la voix sérieuse : « L’UMP, non plus, n’en est pas une. Il y a un grand chef qui lance des ‘fermez vos gueules’ ! Et c’est pour ça qu’il n’y a pas de noms d’oiseaux…»

La tentation était trop forte pour ne pas y résister…

P.L

5 juin 2010

Bayrou (re)penche t-il à droite ?

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Outre le jugement de Brice Hortefeux, condamné en première instance à payer une amende de 750 euros pour injure raciale, la presse s’est emparée, ce week-end, d’un autre dossier politique : le retour soudain de François Bayrou sous le soleil des tropiques médiatiques.

Le président du MoDem, si discret depuis sa déculottée des régionales, se serait réconcilié avec son meilleur ennemi, Nicolas Sarkozy, qui l’a  invité au mois d’avril dernier à le rencontrer. Puis, récent invité du Grand Jury, François Bayrou a paru moins virulent à l’égard du chef de l’Etat. Selon Libération, enfin, il aurait confié à Pierre Méhaignerie vouloir se rapprocher de l’UMP, « se recentrer », puisque toute alliance à gauche est tombée à l’eau suite à ses nombreux échecs électoraux.

François Bayrou, lui, dément. Pas question que son mouvement rejoigne, d’une manière ou d’une autre, la majorité présidentielle, comme le lui a  récemment suggéré l’ancien centriste Dominique Paillé, porte-parole UMP. Dans une lettre adressée à ses militants et publiée par le JDD, il maintient sa rigide ligne de conduite, née en 2007 : le développement d’un « centre indépendant », « utile », selon ses propres mots, à la démocratie française.

Le Béarnais n’oublie pas de glisser, dans son courrier, une petite pique à la ‘sauce Bayrou’: « Les orientations de Nicolas Sarkozy ont porté atteinte à des principes pour nous essentiels. La justice fiscale a été niée par le « bouclier fiscal (…).» Sans pour autant rejeter le futur projet de loi sur les retraites, bientôt présenté par le gouvernement : « Si la réforme proposée est raisonnable, je la soutiendrai. Dans le cas contraire, je ne l’approuverai pas. »

 Etrange délit d’Alzheimer de la presse en ligne

Ce week-end, plusieurs sites-web se sont fait l’écho des raisons qui ont poussé le président de la République à se rapprocher de son principal détracteur. François Bayrou peut, on s’en doute, servir à Nicolas Sarkozy en vue des prochaines échéances électorales, pour 2012, en particulier. Le Figaro.fr et le Parisien.fr, dans un paragraphe étrangement identique, tentent une explication plausible : « Nicolas Sarkozy préfère que le créneau du centre soit occupé par un rival très affaibli plutôt que par un de ses ministres (Hervé Morin ou Jean-Louis Borloo) susceptibles en plus de capter des voix à l’UMP. En outre, Bayrou peut ravir quelques voix à gauche. »

Mais c’est là que le bât blesse. Car, il y a quelques jours, les (presque) mêmes journaux (voir ici et ) expliquaient que le chef de l’Etat réfléchissait à une éventuelle candidature du …populaire Jean-Louis Borloo, capable, à ses yeux, de l’aider à  « court-circuiter » François Bayrou, à réunir les écologistes de centre-droit et autres « bobos de gauche » et à rassembler une bonne réserve de voix en vue du deuxième tour de la présidentielle. Or voilà qu’aujourd’hui, trois semaines plus tard, Nicolas Sarkozy voudrait empêcher tout centriste appartenant à sa majorité de se porter candidat !

Et d’ailleurs, Dominique de Villepin,  entré en pré-campagne à quelques jours du lancement de son parti politique, ne lui fait pas peur ?

P.L

25 mai 2010

Xavier Bertrand ou comment gagner au jeu de l’évitement

Jean-Michel Aphatie - Xavier Bertrand sur RTL le 25 mai 2010

 

Xavier Bertrand, patron de l’UMP, présente aujourd’hui ses propositions pour la réforme des retraites. « Il va bien falloir se résoudre à travailler au-delà de 60 ans », glisse t-il, ce matin, au micro de RTL. Avant de montrer sa volonté de taxer les hauts revenus. En vertu d’une solidarité avec les plus pauvres ? Ou, tout simplement, pour que la dose à propos du relèvement de l’âge légal du départ à la retraite – fixé à 60 ans depuis 1982 – qu’il prône,  passe plus facilement ? Il ne donne bien sûr, pas de réponse.

 

Bertrand et les chiffres, ça fait deux ?

Or, à travers les lignes, on devine ensuite son petit jeu d’évitement[1]. Le « Chouchou » de l’Elysée refuse de chiffrer le seuil « des hauts revenus ». Jean-Michel Aphatie, en face de lui, n’aura pas non plus de réponse sur « les classes moyennes supérieures », bien qu’il jure toutefois ne pas vouloir les mettre à contribution. Bertrand, incapable de « chiffrer » : vraiment ? Non, plutôt la flemme, semble t-il  – « C’est au gouvernement de le faire ! » – , voire la crainte que l’opinion publique s’enflamme suite à une éventuelle déclaration faramineuse sur les classes moyennes : « Je ne veux pas jeter en pâture un chiffre ! » Non, vaut mieux pas, Xavier B. !

 

P.L


 

 

[1] Selon Wikipédia, il s’agit d’un comportement de défense mis en place pour ne pas se trouver confronté avec une situation redoutée

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