le Canard de l’Etang

30 janvier 2010

Martine Aubry retourne sa veste

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Martine Aubry, en bon chef de famille socialiste pilote à vue…au gré de l’actualité. Voilà une semaine, la première Dame du PS créait la polémique sur le départ à la retraite en soulignant qu’il pourrait avoir lieu, selon elle,  à partir de « 61 ou 62 ans ». A condition, quand même, de prendre en compte la pénibilité au travail. Problème, l’aile gauche des socialistes y est farouchement opposée.  Le Bureau national du parti a (re)voté le départ à la retraite à 60 ans. Du coup, Martine Aubry se justifie au ‘jité’ de TF1. Elle assure vouloir respecter cette décision, admettant cependant que de nombreux salariés travaillent encore après 60 ans.

 

Autre jour, autre affaire. Martine Aubry n’ « accepte » plus la candidature de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon pour les régionales. Suivant la volonté des militants de la région, elle avait d’abord « pris note » de la liste Frêche, sans l’entériner à Solférino (donc pas de candidat « socialiste » contre le président sortant, au départ).

Or, aujourd’hui, elle retourne sa veste et souhaite la mise en place d’une liste socialo-écologiste. La raison ? Les propos du patron actuel du conseil régional, auteur d’une énième petite phrase assassine à l’égard, cette fois… d’un camarade socialiste, Laurent Fabius, un homme « pas très catholique » (il est d’origine juive) selon Georges Frêche.

Les deux hommes ne s’apprécient guère depuis belle lurette. Preuve récente de cette mésentente : si l’ex-Premier ministre vivait dans cette région du sud, Fabius ne voterait pas pour Frêche, a-t-il expliqué récemment.

 

Le président de Languedoc-Roussillon raille l’attitude du PS.  Il ne croit pas à l’aboutissement de cette fronde. Car la maire socialiste de Montpellier Hélène Mandroux, sûrement tête de (cette) liste part en campagne… seule car non accompagnée par les Verts.

Le candidat d’Europe Ecologie, Jean-Louis Roumégas ne renonce pas à sa liste au premier tour des régionales. Le Front de Gauche et le NPA non plus.d’ailleurs (les deux partis ont réussi à s’entendre :  la gauche radicale fait liste commune dans cette région).

 

P.L

15 décembre 2009

En vrac, quelques petites phrases de politiques qui ont fait l’actualité…

Le Canard de l’Etang publie quelques citations récentes d’hommes et de femmes politiques. De la majorité ou de l’opposition, elles sont toutes drôles, amusantes voire cocasses. Et parfois même sérieuses, gentilles, maladroites, méchantes. Un point commun : elles ont eu un écho médiatique considérable…

Chirac jacques

Nicolas Sarkozy, sur l’affaire Clearstream : « Au bout d’une longue enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel…Eh bien moi, je vais vous dire une chose: je fais totalement confiance à la justice. » Sans commentaire.

 

Jacques Chirac à propos d’un Maghrébin de Lormont, une commune girondine : « A mon avis, il est pas tout à fait né natif de la… » Réponse de Alain Juppé : « Il n’est pas Corrézien ». Auvergnat, peut-être ?

 

Rachida Dati, eurodéputée, en direct d’une émission de M6 : « Tu sais où je suis ? (…) Je suis à ma place dans l’hémicycle du Parlement de Strasbourg. Je n’en peux plus. Je pense qu’il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat. Je suis obligée de rester, là, de faire la maligne, parce qu’il y a juste un peu de presse. Et d’autre part, il y a l’élection de Barroso [le 16 septembre 2009]. Oui, oui, il va être élu. Mais si tu veux, quand t’es à Strasbourg, on voit si tu votes ou pas. Sinon ça veut dire que t’étais pas là ». Si elle reste un an, Daniel Cohn-Bendit lui offre une bouteille de champagne. Une promesse ironique de la part du leader du mouvement écologiste pendant la campagne des dernières élections européennes…

 

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale à propos de la volonté des socialistes de créer une commission sur les sondages de l’Elysée : « Ce qui me choquait c’était qu’ils (les socialistes) portent atteinte à la séparation des pouvoirs par rapport à la présidence de la République qui n’est pas responsable devant le Parlement ». Il est où le chantre de l’hyperparlement ?

 

Frédéric Lefebvre, porte-parole UMP sur RTL : « Les médias ont pris la place de l’opposition : ils veulent abîmer Nicolas Sarkozy. » Mais encore ?

 

Puis au vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, au cours d’une conférence de presse UMP : « La politique de Nicolas Sarkozy a permis la chute du mur de l’immobilisme.» Lefevbre, un poète ? Villepin a du souci à se faire…

 

Dominique Paillet, porte-parole adjoint du parti présidentiel, en conférence de presse à l’ESJ Paris : « Je ne sais pas comment un porte-parole socialiste fonctionne. » Mais bien sûr…

 

François Bayrou sur Ségolène Royal (favorable à  une alliance avec le Modem au premier tour des prochaines régionales en Poitou-Charentes) : « Ce qu’elle fait, c’est souvent rigolo. » On n’en doute pas !

 

Benoît Hamon sur la situation de son parti, le PS à l’ESJ PARIS: « On est au fond du trou, les socialistes ont encore un bouton de fièvre. » Sans blague…

 

Jean-Pierre Raffarin évoque le débat sur l’identité nationale : « cela ne peut pas être une réflexion de comptoir. » Il plaide pour plus de « rigueur intellectuelle ». Ni plus, ni moins.

 

François Baroin, aussi. Sur France 5, le député-maire de Troyes réagit aux propos déroutants de Nadine Morano, ministre de la Famille[1] : « A quoi bon prendre le risque de faire de l’agit-prop pour ouvrir une auberge espagnole (…) à quelques semaines d’une échéance électorale qui évidemment va faciliter les amalgames, les confusions ?» C’est vrai !

 

Luc Chatel sur la disparition de l’histoire-géographie comme matière obligatoire en terminale S : « Les lycéens en S seront évalués en fin de première par une épreuve anticipée d’histoire-géo (tel) le français. Ils ne feront pas d’histoire en terminale, mais actuellement ils ne font pas non plus de français et je n’ai pas le sentiment qu’ils soient illettrés ». Encore heureux !

 

Et une citation de plus, pour la route, une…

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Claude Allègre, en septembre 2009, à Nice-Matin : Le réchauffement climatique ? Rien « qu’une vaste plaisanterie ». Les adeptes de cette théorie « prétendent prédire le climat dans cent ans, alors qu’on a du mal à obtenir une météo fiable à plus de trois jours »…Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Ecologistes du samedi soir, soyez sérieux !

P.L

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

[1] Lors d’un débat sur l’identité nationale, Nadine Morano demandait qu’un immigré « aime son pays, qu’il trouve un travail, qu’il ne parle pas verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers».

14 décembre 2009

Frédéric Lefebvre, les médias et son éventuel nouveau maroquin

Frédéric Lefebvre, les médias et son éventuel nouveau maroquin dans billet d'humeur lefebvre-290x300

 

Frédéric Lefebvre serait pressenti pour intégrer le gouvernement au prochain remaniement, après les régionales de mars 2010. Le chef de l’état lui aurait promis un petit maroquin, un poste auprès de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture. L’actuel porte-parole UMP pourrait devenir Secrétaire d’état chargé de la Communication. La fonction de son éventuel futur job reste néanmoins un mystère.

Volonté du président de la République : remercier « le bon client » de la presse. Gratifier celui qui préfère prêcher la bonne parole sarkozyste, plutôt que donner son propre avis, peu connu. Ses opinions restent confidentielles, dans l’ombre. Relèvent-elles du privé, comme la religion pour François Bayrou ?

Cependant, et c’est un secret pour personne, le porte-parole UMP aime débattre avec des politiques. Attaquer ses détracteurs. Provoquer verbalement. Lancer des ires en l’air. Et toujours sur un ton posé, calme, sans s’énerver pour protéger son ami le président.

Hobby favori : cracher gentiment dans la soupe socialiste. Et critiquer les médias, aussi.

Par exemple, sur les ondes de RTL. Selon lui, la presse aurait pris la place de l’opposition. Cette séquence est devenue culte. Stupide et drôle à la fois, la vidéo a fait un buzz. Et tout le monde en a parlé.

Autre moment phare à ne jamais oublier, son intervention sur RMC, où il s’est fait remarqué par son ignorance en matière de nouvelles technologies et du Net, en l’occurrence le Web 2.0.

 

P.L

5 décembre 2009

Révision de fiches à la Christian Vanneste

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« Ah, je l’ignorais ! ». Candide, le député du Nord (UMP), Christian Vanneste joue le naïf lorsqu’il apprend qu’il vient de donner une interview à un site-web d’extrême-droite. Le directeur de publication de Novopress Flandre, Bruno Larebière, collabore chez Minute. Et parmi les fondateurs, on y trouve un ex-mégrétiste, responsable du Bloc Identitaire, Fabrice Robert (une information de la Voix du Nord).

Christian Vanneste se montre « embarrassé ». Gêné pour ne pas avoir su ? Pour ne pas avoir préparé de fiches sur les opinions du site ? Et pour ne pas avoir cliqué sur Wikipédia qui indique clairement les rapports entre Novopress et « le Bloc Identitaire » ?

 Ce député, président d’une association ultra conservatrice, « Famille et liberté » nous avait habitué à autre chose. En principe, avant de passer à la télévision, celui-ci n’oublie jamais de réviser, chercher des preuves pour appuyer son propos, parfois proche de l’insulte et la diffamation. Sans rire, toujours sérieusement. L’une de ses dernières interventions ne déroge pas à la règle.

Le 12 novembre dernier, chez Yves Calvi, devant ses contradicteurs en faveur du mariage gay, il donne son point de vue. Argumente, précise sa pensée déroutante sur les homos.

Selon lui, « les homosexuels sont peu nombreux, leurs couples durent peu, l’infidélité et le nombre élevé de partenaires, l’absence de projet paternel sont fréquents chez les hommes qui cultivent pour beaucoup leur désir narcissique d’être d’éternels adolescents. Le repli sur soi, le désir maternel malmené chez les femmes, la présence souvent addictive du sexe, le nombre élevé de suicides forment un ensemble qui doit entraîner à l’évidence la compassion dès que la victimisation n’est plus utilisée comme une arme perverse de domination ».

Puis, le lendemain, le député apporte sa source sur le site de son association. Il ne s’agissait pas d’un extrait de sa copie du bac philo, fruit d’une quelconque réflexion interne, mais bien d’une étude publiée non pas lui : « Toutes ces donnés statistiques sont à la portée de n’importe quel lecteur objectif (Que Sais-je ? Sur l’homosexualité, de Jacques Corraze, PUF) », explique t-il, pour se défendre.

P.L

23 novembre 2009

Benoît Hamon :  » le PS est au fond du trou »

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Benoît Hamon est venu à l’ESJ PARIS. Le Canard de l’Etang révèle une petite confidence de ce « quadra » qui porte la parole socialiste.

 Les questions des étudiants ne concernaient guère les relations entre le PS et les médias (selon lui, seul le Figaro couvre le PS de manière « objective ». Libération, le Monde, et le Nouvel Obs’, « non »). Elles portaient plutôt sur la situation désastreuse de son parti, « au fond du trou ».

Sans rire, le porte-parole des Eléphants roses apporte une ou deux réponses sans langue de bois, pour une fois. Le poing serré, il offre une analyse bien juste. Qui fait mouche. « Son parti va mieux, mais conserve des boutons de fièvre ». Des socialistes en voie de guérison ? « On se réorganise depuis le congrès de Reims », dit-il sobrement, sans rentrer dans les détails, malheureusement.

Ce qu’il remarque n’est pas faux.  « Martine » prend rarement la parole : la Première secrétaire se donne du temps pour réagir aux actes du chef de l’Etat, un président qui « sature l’espace médiatique » depuis son élection.

En bon porte-parole, Mister Hamon se charge des commentaires. Au nom du PS, forcément. Mais pas toujours. Parfois, c’est en son nom qu’il réagit. Car avant de publier un communiquer ou de répondre aux questions des journalistes, il ne peut pas toujours s’entretenir avec la direction de Solférino.

A ce moment-là, il essaye de trouver « une réponse (formellement) socialiste ».

Souci, il n’a pas le monopole de la parole devant les médias. D’autres dirigeants s’en chargent volontiers. Les « prises de parole » au sein « du deuxième parti de France » sont si nombreuses qu’elles forment une « mosaïque ».

Et entre les caciques et autres vieux routiers de la politique, comme Laurent Fabius ou les « quadras », dont il fait partie, à l’instar de Manuel Valls, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, les réactions ne sont pas toutes les mêmes. Elles divergent parfois. Et révèlent de profondes divisions au sein de cette famille social-démocrate.

Ainsi, trouver un candidat et un leader socialiste capable de mener le combat dans la vallée présidentielle en 2012 va relever d’un exploit.

Le porte-parole rappelle que les socialistes ont fait le pari d’organiser des primaires pour trouver la personne qui aura la lourde tâche de mener la campagne contre Nicolas Sarkozy. Et au bout de quelques minutes, il révèle du bout des lèvres que Martine Aubry et Ségolène Royal restent ses préférées.

Même si cette dernière s’est fait remarquée la semaine dernière par sa visite surprise à Dijon au grand dam de Vincent Peillon (cf billet précédent) ? Evidemment, car tout le monde aura vite « oublié » cette séquence idiote, estime t-il, sans se douter (ou pas) que des sondages annonceraient quelques jours plus tard une régression de Dame Royal dans les sondages…

 

P.L

 

12 novembre 2009

« Crispation » au sein de la majorité (Chantal Jouanno)

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Les jours se suivent et se ressemblent au gouvernement. Depuis plusieurs semaines, les couacs et autres mésaventures se multiplient, alors que Nicolas Sarkozy vient d’arriver à mi-mandat.

Après les polémiques concernant Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy, voilà que certains ex-Premiers ministres, notamment de droite critiquent le décisions du gouvernement et donc du chef de l’état. Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin (taxe professionnelle), Edouard Balladur (à propos des charters d’Afghans, renvoyés dans leur pays d’origine) ont tous envoyés des diatribes en l’air, montrant par là qu’ils n’abandonnaient pas leur liberté de blâmer.

Ils ne sont pas les seuls à monter au créneau au sein de la majorité. Moult députés et sénateurs s’en donnent à cœur joie pour dénoncer certaines actions de l’exécutif.

Dernier défi en date, celui du président de l’Assemblée nationale. Contre l’avis de MAM et de Jean-François Copé,  Bernard Accoyer accepte la proposition socialiste de créer une commission d’enquête sur les sondages très chers de l’Elysée (la Commission des lois aura néanmoins le dernier mot, mardi prochain).

Parfois, les ires passent comme une lettre à la Poste. Parfois, elles provoquent la colère noire du Château. Quand cela se produit, un coup de fil suffit pour passer le courroux et faire changer d’avis le parlementaire.

Pour ne citer qu’un exemple, Jean-François Lamour, en faveur de l’instauration d’une taxe de 10 % sur les profits des banques. Le député parisien avait voté « oui » une première fois avant de revenir, comme par hasard sur son choix initial, une fois avoir révélé s’être « trompé de bouton » : un comble pour un ancien champion de sabre. Au final, il a dit « non » au texte qui n’a pas été retenu.

Les ministres, aussi ne respectent pas toujours les règles de base, celle notamment de la « solidarité entre collègues ». L’ex-président d’Emmaüs France Martin Hirsch, d’une part ne comprend guère l’intérêt de lancer des débats sur l’identité nationale, un projet d’Eric Besson, devenu réalité, il y a peu.

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Rama Yade (sport) dépasse aussi les bornes, provoquant les foudres de François Fillon et Nadine Morano (famille).

Devant les caméras de la presse, elle montrait clairement son désaccord avec sa ministre de tutelle (Roselyne Bachelot) sur la fiscalité des footballeurs. Et de surcroît, elle refusait à moitié d’être « parachutée » dans le département du Val d’Oise sur la liste des régionales.

Terrible affront par ailleurs, la benjamine et la plus populaire parmi le gouvernement Fillon n’aurait dû être que numéro 2 derrière Axel Poniatowski. Finalement, l’erreur a été corrigée et elle aurait accepté d’être  tête de liste du 95, bien qu’elle voulait au départ rester dans son département des Hauts-de-Seine. Et même si les élus locaux ne semblent pas vouloir d’elle.

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Au sein même de cette famille politique, les langues se délient, pourvu que les caméras soient éteintes. Dans l’enceinte de l’ESJ Paris, l’ex-porte-parole UMP, Chantal Jouanno (voire la photo juste au dessus) ne se prive pas de tirer sur la secrétaire d’état aux Sports : « Rama a fait perdre Colombes (aux dernières municipales, 2008), car elle était peu sur le terrain, profitant de son statut de vedette ! ».

Or, cette dernière n’est pas non plus une députée parfaite, qui fait « oui » de la tête à chaque décision de Sarkozy, voire du gouvernement. Chantal Jouanno était pour l’instauration de la taxe bancaire et avait voté en faveur de l’amendement proposé par le socialiste Didier Migaud, fin octobre. Et ce au grand dam de Christine Lagarde, qui avait fait en sorte que les députés revotent le texte, passé la première fois. Or au second tour, Chantal Jouanno s’était « abstenue » car « le Parlement soutient (en principe) le gouvernement ».

Un épisode qui prouve en tout cas « la crispation » (C. Jouanno) présente au sein de la majorité depuis un certain temps.

 

P.L

26 octobre 2009

Copé vs Medef : duels en deux tours ?

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, le 25 septembre 2009 au Touquet

 

En une semaine, deux piques. Jean-François Copé s’en est pris deux fois au Medef au cours des sept derniers jours. Après une bataille perdue à l’Assemblée sur un examen de loi, le chantre de « l’hyperparlement » dénonce un projet de Nicolas Sarkozy et…propose de diminuer les recettes des entreprises.

Jean-François Copé, patron du groupe UMP à l’Assemblée nationale a blâmé dimanche le « grand emprunt » cher au chef de l’Etat. Sur un plateau de Canal +, l’ambitieux Copé se montre réticent : « attention avant de se précipiter sur un grand emprunt ». Puis suggère, à la place de « faire des économie ». Comment ? « On donne 65 milliards d’euros d’aide aux entreprises par an, peut-être qu’on peut réexaminer ces 65 milliards ».

Une pique adressée au Médef ? On peut en douter, sans l’ombre d’un soupçon. Le représentant des entreprises venait, en effet de le ‘rouler dans la farine’ sur la réforme de la taxe professionnelle, votée dernièrement à l’Assemblée nationale.

L’enjeu était de taille. La TP assure des revenus conséquents aux collectivités locales. Mais sa suppression handicape les entreprises. Du coup, exempter de nombreuses entreprises de cet impôt « imbécile » (dixit F. Mitterrand) et trouver des recettes de substitution devenait le cheval de bataille du Medef. Et du gouvernement, au nom de l’embauche.

Le député-maire de Meaux, J.F. Copé défendait, lui en bon serviteur des collectivités locales la bonne rentrée d’argent dans les caisses des mairies.

Avec l’appui exceptionnel de l’opposition, le chef des députés UMP a mené une fronde contre le gouvernement, soutenu par Laurence Parisot (Medef), au cours de l’examen de la réforme de la TP.

Conséquence, un bras de fer a eu lieu entre Christine Lagarde et certains députés UMP, à l’origine d’un amendement qui n’a, finalement pas été retenu. Celui-ci prévoyait d’exonérer de TP des entreprises au chiffre d’affaires de moins de 152 000 euros. Et non à 500 000 euros, comme le voulait  le gouvernement.

Or, finalement, après moult discussions et compromis entre les deux parties, l’amendement n’est pas retenu… par les députés UMP et son rédacteur Marc Laffineur, vice-président du groupe UMP qui « a cédé » en faveur de la barre des 500 000.

Du coup, la loi a été réécrite entièrement au grand dam de l’opposition, qui raille « la retraire, la défaite » de M. Laffineur. Et ainsi de Copé, battu une première fois par le Médef.

Maintenant, la question se pose. Comment Laurence Parisot va-t-elle réagir à la dernière recommandation de Copé visant à « faire des économies » ? A quand le deuxième tour de la
zizanie ?

P.L

20 octobre 2009

Dominique Paillé défend son rôle, le président de la République et ses camarades de l’UMP, devant un parterre d’étudiants de l’ESJ Paris

Le porte-parole « véhicule des messages« 

 

Devant une centaine d’étudiants de journalisme, Dominique Paillé se tient debout, un micro à la main. Un silence s’installe et le porte-parole prend la parole. Rapidement, il nous décrit sa principale activité. Sans langue de bois, pour une fois. Son job consiste à « véhiculer le message d’un parti…

…« À ses électeurs ». Et en premier lieu, le monde « rural agricole », un vivier en voix non négligeable, comme le rappelle Dominique Paillé. Celui-ci n’évoque pas les récentes réunions entre l’UMP et Chasse, Pêche, Nature et Traditions. Frédéric Nihous, président de CPNT a rencontré cet après-midi Bruno le Maire (ministre de l’Agriculture) pour discuter de la situation des agriculteurs. Au début du mois d’octobre, le chasseur de Valenciennes s’était déjà entretenu avec Jean-Louis Borloo (Ecologie)

…« À ses détracteurs ». L’opposition socialiste et communiste, d’abord. Mais pas seulement. Les chiraco-villepinistes, aussi. Et, bien sûr, quelques membres du Nouveau Centre, un parti de la majorité qui rêve d’une autonomie vis-à-vis de l’UMP, et dont certains caciques dénoncent le paquet fiscal, cher à Nicolas Sarkozy.

…« Aux citoyens sensibles à l’actualité ». Seulement ceux qui ne s’intéressent pas à la politique ? Ou d’autres encore ?

 

 

La citation.

 

« Je ne sais pas comment fonctionne un porte-parole du PS ». (Dominique Paillé)

 

 Porte-flingue de l’UMP

 

Les polémiques médiatiques se suivent et se ressemblent. Ces « affaires » ravissent la presse. Notamment celle concernant la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Epad. Les journaux commentent, l’opposition crie au scandale.

Face à cette mascarade, l’UMP se doit de réagir. Telle une armée sur la défensive aux ordres d’un seul homme, les caciques de la majorité chantent le même refrain. Exemple, l’affaire ‘Jean Sarkozy’ qui « vise (rait d’abord) le chef de l’état » et non son fils, explique Dominique Paillé.

Lui et son collègue, Frédéric Lefebvre, aussi, naturellement. Les deux porte-parole de l’UMP attaquent verbalement leurs « adversaires » et défendent Jean Sarkozy. En un mot, ils usent souvent de commentaires acerbes, de diatribes assez violentes.

A ce petit jeu, Frédéric Lefebvre, célébrissime « aboyeur en chef » (expression lue dans Libération, ce matin 20 octobre) semble robuste.

Mais son collègue des Deux-Sèvres n’est pas mauvais non plus. Loin de là. D’ailleurs, il admet que le terme presque flatteur de « porte-flingue » lui convient aisément. En témoignent ses dernières piques contre le Modem et le PS, un parti qui « tape » régulièrement sur l’UMP (Or, « c’est son rôle », reconnaît-il).

Au moment de l’affaire Frédéric Mitterrand, Dominique Paillé avait dénoncé « la pantalonnade de la gauche ». Aujourd’hui, dans les locaux de l’ESJ Paris, il s’en prend aux médias. Pour défendre son camarade Lefebvre, qui, la veille sur les ondes de RTL, dénonçait une certaine presse : celle qui « tenterait d’abîmer Nicolas Sarkozy (…) et (qui) se prend pour l’opposition ».

Dominique Paillé se montre en revanche incapable de citer des noms en particuliers. Car, et il le rappelle le sourire crispé, « il n’est pas de la police ».

Tous les journaux, à la tête d’un « complot politico-médiatique » ? La presse dans sa totalité, affiliée à la gauche ? Si l’on juge les propos du porte-parole devant les graines de journalistes, on pourrait presque y croire.

Le Figaro, bien qu’appartenant au groupe Dassault est « très critique vis-à-vis du gouvernement », dit-il, hilare. Davantage que le « tract » (Frédéric Lefebvre) Libération ?

 

Sarkozy, « ouvert au débat »

 

S’il recoupe ses informations et « ne ment pas », alors tout baigne : le journaliste « fait son travail ». Dominique Paillé assure respecter ses opinions, bien que parfois différentes des siennes.

Car il prône le débat d’idées jusqu’à l’obsession. Et au sein de sa majorité aussi. « Oui ».

Un étudiant, qui le prend au mot cite les diatribes de quelques membres de sa majorité contre l’action gouvernementale, dont Jean-François Copé, chantre de « l’hyper-parlement » et Alain Juppé, maire décomplexé de Bordeaux, deux hommes qui refusent de vendre leur liberté de blâmer.

Paillé jure que cela ne le dérange pas. Comme pour convaincre son auditoire, Dominique Paillé rajoute un autre exemple : les « villepinistes » qui taclent parfois les « sarkozystes ».

D’ailleurs, le président de la République a(urait) le même avis, selon Dominique Paillet. L’ancien député des Deux-Sèvres explique que l’hôte de l’Elysée est « ouvert » au débat, accepte la critique. Il dément ainsi le journaliste Arnaud Leparmentier du Monde qui écrit le contraire dans « son » édition du dimanche 18 octobre. Contredire le chef de l’état et être « cash » avec lui reste une tâche ardue, selon le quotidien vespéral. 

En effet, Sarkozy n’a-t-il pas, par exemple, puni Rama Yade, qui avait dit non, naguère à une invitation du chef de l’état ? Préférant un mandat national, elle avait refusé de mener une liste UMP aux européennes, comme le souhaitait le président. Vexé, ne lui avait-il pas, en décembre 2008 « exclu » le maroquin des Affaires européennes, offrant ce poste à Bruno le Maire ?

 

P.L

23 septembre 2009

Nicolas Sarkozy, comme d’habitude : entre admiration et vengeance

Nicolas Sarkozy fixe les priorités de la rentrée

Nicolas Sarkozy réagit à l’actualité au cours d’un entretien accordé à TF1 et à France 2, ce mercredi soir. Et rappelle à ses compatriotes deux choses importantes.

Le chef de l’état admire Barack Obama. Celui-ci « est en avance  sur son pays ». Par cette pirouette, dont il a le secret, Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas louer son ‘copain des Etats-Unis’.

Mais expliquer le refus de la première puissance économique de plafonner les bonus des traders et autres banquiers. Tel un prince en son royaume, fidèle aux us et coutumes du pays, Barack Obama se voit obliger de défendre la liberté de l’individu ainsi que de l’entreprise, et ne peut se déclarer favorable au plafonnement, que prône Sarkozy depuis le déclenchement de la crise financière et économique.

Or, au fond de lui-même, Obama doit forcément penser comme le président français.

Lorsque les journalistes évoquent, un peu plus tard, l’affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy prend un air grave. Puis, soudain, telle une victime sort ses mouchoirs, ou presque.

L’ex-ministre de l’Intérieur aurait « découvert avec stupéfaction » que son nom figurait sur les listings de Clearstream, une banque luxembourgeoise dont il « ignorait (pourtant) l’existence ». Vengeur, il s’en prend « aux coupables traduits devant un tribunal correctionnel »(beau lapsus révélateur) par « des juges indépendants ».

Ainsi ne prend-il pas en compte la présomption d’innocence des prévenus, pourtant un droit fondamental. Soit, un « nouvel acharnement » contre l’un d’entre eux,  l’ami Villepin, qui jurait devant le feu des médias, au début du procès Clearstream, il y a deux jours, qu’il « était là par la volonté d’un seul homme », Sarko…

 

P.L

18 septembre 2009

tests ADN : camouflet pour le Parlement français

http://www.linternaute.com/actualite/presidentielle-2007/documents/eric-besson/images/eric-besson-index.jpg

 

A quoi sert un parlementaire en France ? A débattre des textes. Que deviennent les lois, une fois votée ? Certaines s’appliquent. D’autres non. Celles-ci terminent au placard !

Dernier exemple en date, les tests ADN, une règle censée contrôler le regroupement familial des immigrés et limiter les venues clandestines sur le territoire français (une des nombreuses promesses de campagne du candidat Sarkozy). Et une mesure bien muselée avec les restrictions apportées par le Sénat en 2007.

Mais le ministre de l’Immigration, Eric Besson renonce à signer l’utile décret d’application, rendant ainsi caduc le réglement. On connaissait sa réticence vis-à-vis de cette mesure. Fidèle à son avis, il a donc, d’une pirouette sur RTL, écarter les tests ADN, provoquant ainsi la foudre de quelques députés et autres partisans d’un parlement fort, tel l’ambitieux Jean-François Copé. Le chef du groupe UMP de l’Assemblée nationale n’aime guère lorsqu’un méchant ministre remette en cause le travail du gentil député.

Le président de la République, lui n’en a cure. Nicolas Sarkozy ne s’est pas emporté contre l’ancien socialiste Besson. Devant des députés UMP, il aurait même déclaré que les tests ADN, outil détectant volontiers les fraudes aux regroupements familiaux, « ne servent à rien ». Ni plus ni moins.

Le chef de l’Etat aurait-il consulté dernièrement les statistiques montrant que le nombre d’étrangers entrant en France grâce au regroupement familial diminuait légèrement depuis cinq ans, au contraire des titres de séjours obtenus par un mariage ? Et qu’il vaudrait mieux, par conséquent, s’attaquer aux unions de complaisance, en hausse ces dernières années ?

Par des réformes, Sarkozy voulait donner de nouveaux droits au Parlement français. Offrir des prérogatives en plus aux députés et sénateurs.

Or, ce revirement se présente plutôt comme un coup dur pour les deux Chambres législatives du pays. Au grand désarroi de Copé, barde du principe de l’omniparlement et, on le sait, candidat à la présidentielle de 2017.

 

P.L

 

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