le Canard de l’Etang

18 avril 2012

Jouanno: « J’ai de vraies raisons de me plaindre de Sarkozy »

Lu sur L’Express.fr

L’ancienne ministre des Sports, aujourd’hui sénatrice UMP de Paris, s’apprête à voter Nicolas Sarkozy, même si elle a des « raisons personnelles d’être contre lui ». A L’Express, elle confie qu’elle est une « voix discordante » dans son camp. 

Un tweet de trop? La sénatrice UMP et l’ex-ministre Chantal Jouanno assure sur son compte du réseau social, qu’elle votera Nicolas Sarkozy même si elle a « des raisons personnelles d’être contre lui ». 

« Après Amara et Hirsch, j’ai aussi des raisons personnelles d’être contre Nicolas Sarkozy, mais je voterai pour lui car il est le seul à oser », écrit-elle dans ce tweet daté de mardi soir, sans donner d’autre précision

Chantal Jouanno, interrogée par L’Express, a tenu à préciser son propos. « Je voulais réagir au ralliement de Martin Hirsch et de Fadela Amara à François Hollande. Moi, j’ai de vraies raisons de me plaindre de Nicolas Sarkozy, sur l’écologie et la taxe carbone, notamment. » 

En 2010, elle avait vivement fait part de son désaccord par rapport à la décision gouvernementale de reporter la taxe carbone. Réplique du chef de l’Etat, à ce moment-là: « Je n’ai pas apprécié ses propos. » 

« Le programme de Hollande, qui peut se le payer? »

« J’ai une vraie opposition de fond sur certains points », souffle aujourd’hui Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie puis ministre des Sports dans le gouvernement Fillon. Avant d’ajouter: « Je savais que mon tweet allait être mal interprété, si on le lisait vite. Mais je suis une voix discordante au sein de mon parti. » 

Elle ne veut pas, pour autant, voter pour la gauche, explique-t-elle dans un autre message sur le site de micro-blogging. « Oser affronter les problèmes de la France, sans démagogie, sans renoncer. Et moi, je le dis sans demander, ni quémander de postes… Qui peut croire que la France peut se payer le programme de Hollande? », répond-elle encore au ministre Eric Besson. 

PL

11 avril 2012

Les sondages de la campagne les plus drôles

Lu initialement sur L’Express.fr

Choix électoral des Français en fonction de leurs pratiques sexuelles ou de leur consommation de pain, le candidat préféré pour partir en vacances… Les sondages insolites ne manquent pas durant cette campagne. 

Il n’y a pas que les intentions de vote que les instituts de sondages scrutent de près. Ce jeudi, deux études ont de quoi laisser pantois. 

Tout d’abord, les lecteurs de Direct Matin ont pu découvrir, dans le train ou dans le bus, que les Françaises choisiraient, pour faire le ménage, d’abord Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière (crédité d’environ 0.5% pour le premier tour) selon Mediaprism pour Le Journal des femmes

Arrive en deuxième position une autre femme, la candidate écologiste Eva Joly, puis en troisième, le candidat du NPA Philippe Poutou. Trois candidats de gauche et d’extrême gauche sont donc plébiscités pour effectuer les tâches ménagères. Les intéressés apprécieront sans doute. 

Les hommes veulent plus que les femmes des vacances avec des politiques

Mais pourquoi publier un tel sondage? « Mediaprism et le Journal des Femmes passent chaque semaine au crible les grands thèmes de la campagne électorale. Parler ‘politique’, c’est l’occasion de débattre, mais aussi de sourire », explique Justine Boivin, du magazine féminin en ligne.  

Autre étude décalé du jour: « avec quel candidat voudriez-vous partir en vacances? » Vous avez envie de savoir? Pas de panique, Voyagermoinscher.com a sollicité OpinionWay. Et c’est François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon qui obtiennent les meilleurs scores (19 et 17%, respectivement).  

On apprend à l’occasion que les hommes sont davantage prêts à partir avec un présidentiable que les femmes. A noter que les 18-24 ans préféreraient le président-candidat pour leurs congés; alors que les séniors, un éléctorat plutôt à droite, choissisent, eux, François Hollande. 

Ce n’est guère la première fois que les instituts de sondage publient ce genre d’enquêtes un peu insolites.  

Exemple: Harris Interactive, pour l’Auto-journal a posé, début mars, la question de l’année:« Et si un candidat était une voiture? » Nicolas Sarkozy serait donc une Porsche 911 (ou un Hummer), François Hollande, une Renault Scenic (voire une Twingo). François Bayrou, lui, est associé à la même Renault que son adversaire socialiste, mais aussi à une Citroën 2 CV. 

La moitié des Français veut que les candidats fassent attention à leur ligne

Encore plus drôle: Opinion Way s’est intéressé, fin mars, au choix électoral des Français en fonction de leurs… pratiques sexuelles. Sans voir de rapport à première vue, on constate que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont plus insatisfaits sexuellement. Que les partisans de François Bayrou font moins l’amour que les Français de gauche.  

Opinion Way, encore lui, a aussi sondé début février le choix des électeurs en fonction de leur consommation du pain. Incroyable mais vrai! 

On découvre ainsi, stupéfait (ou pas), que celui qui mange du pain à tous les repas, pour tous les mets, vote plutôt Nicolas Sarkozy (à 30%). Du coup, cela signifie-t-il que les ceux qui en mangent pas ou peu préfèrent François Hollande? Non, pas du tout. L’ »ennemi » de la baguette, tradition française depuis la nuit des temps, veut plutôt glisser un bulletin « Marine Le Pen » dans l’urne. Etrange, non? 

Conceptions de philosophie selon le choix du vote

Les valeurs, les idées… Philosophie Magazine a voulu connaitre, fin février, avec Ipsos, le choix électoral des Français par rapport à leurs conceptions d’ordre général. Les « hollandais » sont un peu plus convaincus que les « sarkozystes » que l’homme est bon (72% contre 66%).  

On est ravi d’apprendre, aussi, que les interrogés souhaitant voter pour le candidat PS sont plus méfiants vis-à-vis des élus que les Français pro-UMP. Et, sans surprise, on lit que les partisans d’un vote à gauche pensent que la priorité du chef de l’Etat concerne le bien-être de la population. Davantage, en tout cas, que la sécurité, priorité des électeurs de droite (néanmoins partagés sur la question).  

Bon, là au moins, on se rapproche un peu plus de politique… 

PL

26 mars 2012

La banlieue, éternelle perdante de la campagne électorale

Lu initialement sur L’Express.fr

Dans les banlieues, certains craignent que l’affaire Mohamed Merah n’aboutisse à une stigmatisation des quartiers populaires. Et rêvent toujours que les candidats s’emparent de ce sujet. François Hollande devrait s’y montrer un peu plus. 

Ce lundi soir, François Hollande tiendra une réunion politique en Seine-Saint-Denis, à Bondy. Un petit meeting qui a lieu, peu de temps après une visite à Evry, chez Manuel Valls. Et avant un Grenelle des quartiers populaires, initialement prévu en mars, mais finalement organisé le 7 avril.  

Nicolas Sarkozy, lui, s’est déplacé, il y a quinze jours, de l’autre côté du périphérique, à Meaux, chez Jean-François Copé. Comme François Bayrou, dans les Hauts-de-Seine, le 22 février.  

Un déplacement par-ci, un déplacement par-là, pendant la campagne électorale. Et c’est tout?  

Conscient de la faible place laissée aux banlieues dans cette campagne, l’association AC-Le feu a squatté, trois jours fin février, un hôtel parisien pour interpeller les candidats à la présidentielle.  

Philippe Poutou, Clémentine Autain pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Eva Joly sont venus entendre les doléances de cette association, née après les émeutes de 2005.  

Banlieues stigmatisées

« Mais, ni François Bayrou, ni Nicolas Sarkozy ont honoré l’invitation », regrette Fatima Hani, secrétaire national de AC-Le feu. Peut-être viendront-ils le 14 avril prochain. Ce jour-là, l’association organise un débat national. « Si les dix candidats à l’Elysée ne viennent pas, on saura pourquoi », sourit Fatima Hani, pessimiste.  

Entre temps, un événement a chamboulé la campagne. La mort de Mohamed Merah, après ses assassinats perpétrés à Toulouse et Montauban, a projeté sous les feux médiatiques le thème de la sécurité.  

Quant aux banlieues, elles risquent d’être encore plus stigmatisées. « Cela peut véhiculer des amalgames, des stéréotypes comme le jeune de banlieue qui serait un prédélinquant », craint Jérôme Perronnet, directeur général des services auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes. De la banlieue, on en parle que quand c’est spectaculaire: des voitures qui brûlent, par exemple. Le développement d’une maison de la petite enfance, ça n’intéresse pas. »  

« On parle de nos quartiers populaires, reconnaît Fatima Hani. Mais on ne l’évoque que sous l’aspect sécuritaire et répressif. C’est devenu un sujet réchauffé à chaque présidentielle, que l’on utilise à des fins électoralistes. » Et la responsable de AC-Le Feu d’évoquer, en particulier, un « amalgame entre immigration et problème économique ». 

Les candidats ne connaissent pas les banlieues

Proche de Ségolène Royal, Kamel Chibli, ancien responsable de Désirs d’avenir, reconnaît volontiers, que depuis le début de la campagne, seuls les aspects ‘sécurité’ et ‘logement’ sont évoqués dans le débat public.  

Mais pourquoi? Est-ce parce que les candidats considèrent, chiffres à l’appui, qu’ils ne glaneront que peu de voix en banlieue en raison de la forte abstention dans ces quartiers? « A ce moment-là, cela ne sert à rien d’aller dans une crèche par exemple, s’agace Jérôme Perronnet, qui travaille au auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes.  

Les candidats n’y connaissent « pas grand-chose à la banlieue », croit-on à la mairie de Chanteloup-les-Vignes (UMP), une commune qui a bénéficié d’une partie des aides versées par l’Etat ces dernières années pour rénover les quartiers 

Et c’est justement pour « sensibiliser François Hollande » que le PS a organisé, début avril, le fameux Grenelle des banlieues, baptisé « printemps des quartiers populaires ». Il y aura aussi une visite en région parisienne pour le candidat du PS: « Sûrement à Mantes-la Jolie, voire à Aubervilliers », confie Kamel Chibli, qui espère y associer Ségolène Royal

Après les tueries de Toulouse et Montauban, et parce qu’il sait que la droite occupe avec force le terrain de la sécurité, François Hollande semble vouloir passer la seconde au sujet des banlieues. Face à Nicolas Sarkozy, dont le mot « Kärcher » est toujours collé à ses basques, François Hollande veut essayer de faire entendre sa musique.

PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

31 janvier 2012

Morin, Mélenchon, Villepin pour un référendum sur le nucéaire

Publié initialement sur L’Express.fr

Trois candidats, le gaulliste Villepin, le centriste Morin et l’ex-socialiste Mélenchon, défendent l’organisation d’un débat sur l’énergie de demain et la tenue d’un référendum sur le nucléaire. 

Sept candidats à la présidentielle se sont prêtés, samedi dernier, au jeu de l’association France Nature Environnement… Parmi eux, trois prétendants à l’Elysée, Dominique de Villepin, Hervé Morin, et Jean-Luc Mélenchon, proposent, en choeur, une consultation populaire sur l’épineuse question de l’énergie (comme Daniel Cohn-Bendit, dans le JDD). 

Il ne s’agirait pas simplement de poser une question sur le style: « Voulez-vous sortir du nucléaire ? » Trop bateau… Et puis, « ce serait démagogique, défend un membre de l’entourage de Dominique de Villepin, car tout le monde est conscient des risques de l’atome. » 

Non, mieux vaut débattre d’un sujet plus large. Dominique de Villepin souhaite un « Grenelle de l’énergie portant sur le mix énergétique ». Il s’agirait de réunir autour de la table associations et citoyens pour « définir la voie à suivre dans les prochaines décennies, sans oublier d’évoquer les ressources fossiles comme le gaz de schiste », dit-on dans l’entourage de l’ex-Premier ministre. 

Des tables rondes et des débats à la télé?

Philippe Vigier, secrétaire général du Nouveau centre, évoque, pour L’Express, « un débat sur le bouquet énergétique de demain, dont les énergies renouvelables ». 

Et du côté du Front de gauche, on veut discuter de « la sortie programmée du nucléaire, mais aussi de l’avenir des énergies carbonées, qui contiennent du gaz à effet de serre, et de l’économie d’énergie nécessaire, dans le logement par exemple. »  

Eric Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, imagine des tables rondes, des meetings, des face-à-face à la télévision. Il veut suivre « le modèle de la campagne pour le non au Traité européen en 2005″.  

Mais comment solliciter l’avis des Français sur un sujet aussi complexe? Le PS ne veut pas d’un référendum de ce genre, a déjà expliqué l’équipe de François Hollande, puisque ce serait poser une question trop compliquée.  

Pourtant, « les Français ont déjà répondu à des questions complexes comme sur le sort de l’Algérie et sur les institutions de la Ve République », réplique-t-on dans l’entourage de DDV. « Les Français sont adultes », renchérit Philippe Vigier du Nouveau centre. 

Les Français, friands du nucléaire?

Dernière question, à quoi sert un référendum si le candidat défend déjà une position? Ainsi, Dominique de Villepin prône une baisse de la part du nucléaire à 50% de la production de l’éléctricité d’ici à 2035. « Mais il convient de trouver un chemin qui fait consensus en France. D’où le débat », explique-t-on à République solidaire. 

« A titre personnel, Jean-Luc Mélenchon défend aussi la sortie progressive du nucléaire. Mais il veut interroger ses concitoyens car ce débat traverse toute la société », glisse Eric Coquerel. Y compris au sein du Front de gauche, admet-il volontiers. « La preuve: quand le Parti de gauche y est favorable, le PCF, pas du tout ». Et d’ailleurs, lui-même a changé récemment d’opinion. Avant Fukushima, il défendait encore le nucléaire.  

Un peu comme Hervé Morin qui soutient, encore aujourd’hui, cette énergie, garant, selon Philippe Vigier, « de l’indépendance de la France ». « Les Français, croit-il savoir, restent favorables à ce type d’énergie à condition qu’il soit plus sécurisé. » C’est ce que l’on verra peut-être si un débat public a effectivement lieu. 

31 janvier 2012

« Nicolas Sarkozy fait du deux en un, président et candidat »

Sarkozy ne veut pas encore se porter candidat à sa réélection officiellement, a-t-il dit ce matin aux parlementaires de l’UMP, réunis à l’Elysée. Mais « la patience fait monter le désir », s’est-il justifié. Qu’en pensent les députés?

 Lire la vidéo ici

Les parlementaires UMP ont été reçus, ce mardi matin, à l’Elysée, pour que Nicolas Sarkozy leur précise ce qu’il compte faire durant les dernières semaines de son quinquennat. 

29 janvier 2012

Bruno Le Maire à l’heure des doutes

Lu initialement sur L’Express.fr

Bruno Le Maire va faire connaître, ce samedi, les projet de l’UMP, soumis au vote des militants, lors d’un conseil national. Mais depuis qu’on lui a confié le poste de rédacteur du projet du parti, il cultive sa différence dans les propositions. 

Ce samedi, le conseil national de l’UMP aura un drôle de goût pour Bruno Le Maire. Le ministre de l’Agriculture doit en effet y présenter les propositions du parti pour le candidat de la majorité. L’aboutissement de plusieurs mois de travail au service du collectif. 

L’heure n’est pourtant pas à l’auto-satisfaction, plutôt aux doutes. Ces dernières semaines, on l’a vu faire entendre sa différence sur plusieurs sujets, sur la TVA ou la loi sur le génocide arménien. S’il réaffirme « une grande loyauté » envers Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire revendique « un ton singulier ». « Je reste déterminé à défendre mes idées, je ne suis pas un petit robot », explique-t-il à LEXPRESS.fr.  

Surtout, le 16 janvier, il brise un tabou dans une interview accordée à Libération. Le bilan de Nicolas Sarkozy? « Il est bon, mais il faut reconnaître les erreurs », explique-t-il, ciblant, parmi les « échecs » du quinquennat le bouclier fiscal, le débat sur l’identité nationale, ainsi que la hausse du chômage…  

Si le député de la Droite populaireLionnel Luca lui conseille de démissionner, Jean-François Copé préfère minorer. « Personnellement, je ne verse ni dans le triomphalisme, ni dans l’auto-flagellation. Mais après tout, chacun fait comme il le sent », glisse le secrétaire général de l’UMP. 

Pour un membre du gouvernement, les choses sont simples: Bruno Le Maire ne croit plus à la victoire. « Il est convaincu que le président veut avoir raison contre tous et que le syndrome CPE le guette », précise ce ministre. A en croire cette même source, le ministre n’est pas tendre avec le chef de l’Etat. Il estime que le président de la République n’écoute plus qu’une poignée de conseillers de l’Elysée, à l’origine des choix qu’il annoncera dimanche soir à la télévision. Parmi eux: les sondeurs Patrick Buisson et Pierre Giacometti. « A moins d’un miracle, il juge que le lien entre les Français et le président est irrémédiablement abîmé. » 

Y aurait-il quelque amertume chez l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin? Bien que pensant avoir réussi à l’Agriculture -il se compare volontiers à son illustre prédécesseur Jacques Chirac dans ce domaine- il a échoué en juin 2011 à obtenir le ministère de l’Economie que le chef de l’Etat lui avait pourtant promis. Pire, c’est son « ami » François Baroin qui obtient le poste… 

A partir de ce moment-là, Bruno Le Maire commence à cultiver sa différence sur le fond, alors qu’il est censé plancher sur le projet de l’UMP, avec l’aide de Jean-François Copé.  

Début septembre, la première mouture du projet UMP qu’il a présentée à Marseille, a fortement déplu. « Oui, cela a été difficile, le projet a été très critiqué », se souvient Bruno Le Maire. Les deux mesures, qu’il prône encore aujourd’hui, ont finalement été retirées du texte, faute d’unanimité: la fiscalisation des allocations familiales et une baisse des allocations chômage des cadres. 

« Je n’ai jamais voulu faire du bruit », assure, aujourd’hui, le ministre, tout de même décu de ne pas avoir pu « aller plus loin » avec ses « idées nouvelles ». Pour ne pas « diviser », il a donc préfèré faire machine arrière pour que, dit-il à Europe 1 le 5 septembre, « la philosophie du projet rassemble l’ensemble des sensibilités de notre famille politique. » Comme un parfum de résignation… 

23 décembre 2011

Nantes, bientôt officiellement bretonne ?

Des députés ont voté un amendement, ce mercredi, qui faciliterait le rattachement du département de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Les nostalgiques de la Bretagne originelle, certes prudents, se montrent ravis. 

 

Lu initialement sur lexpress.fr

Et si le département de Loire-Atlantique rejoignait la région bretonne ? Depuis une semaine, on reparle d’un éventuel redécoupage territorial dans les couloirs de l’Assemblée nationale.  

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, et son collègue écologiste, François de Rugy, élu de Loire-Atlantique, ont proposé, ce mercredi, un amendement facilitant le rattachement du département de Nantes, capitale de la Bretagne médiévale, à la Bretagne administrative. 

Seize parlementaires se sont prononcés en faveur du texte, neuf contre. « Ce vote a été trans-partisan, se félicite l’élu EELV, mes collègues du NC et du PS ont dit  » oui « , tandis que ceux de l’UMP ont été plus partagés. » Mais seulement 25 députés ont pris part au vote. « Comme pour 95% des textes soumis au sein de l’hémicycle », précise Marc Le Fur. 

Un amendement non « démocratique »?

Si la Loire-Atlantique demandait, à l’heure actuelle, son déplacement vers la Bretagne, tous les départements de la région d’origine, en l’occurrence les Pays de la Loire, devraient se prononcer pour le  » départ  » de l’un des leurs. Et c’est ça qui énervent les deux députés.  

Si le Sénat ne retoque pas leur amendement, seuls les habitants de la Loire-Atlantique se prononceraient pour un retour au sein de la région bretonne. Les Pays de la Loire ne bénéficieraient ainsi plus de leur droit de véto, se félicitent les deux députés.  

Mais ils pourraient perdre un morceau de leur territoire. « Ce ne serait donc pas respectueux pour leurs habitants », fustige le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Le président de la région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS) parle même d’un choix  » anti-démocratique« .  

Une critique que comprend Marc Le Fur, mais qu’il démonte aussitôt: « Quand vous déménagez d’un immeuble, vous n’avez pas à demander l’avis des autres propriétaires. » Non, il convient simplement de frapper à la porte de la destination choisie. En l’occurrence, la Bretagne, dont chaque département serait donc invité à dire « oui » ou « non » à la Loire-Atlantique. « La carte de France peut évoluer », se justifie le parlementaire breton de l’UMP, citant l’exemple de l’Alsace qui se prépare à une fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. 

Une Bretagne jusqu’au Mans?

Cette décision de la Chambre basse n’est toutefois qu’une étape, admettent les deux députés. « Pour paraphraser un sénateur de droite, la route est encore longue et la pente est rude », sourit François de Rugy.  

« Ce ne sera pas facile, nous avons juste percé un obstacle, reconnaît, de son côté, l’élu de la majorité, il faudra convaincre. » Car rien n’est certain. Avant un référendum, encore faut-il qu’une pétition populaire recueille assez de signatures. « On oblige personne à prendre une décision, c’est le choix des personnes », rassure l’élu EELV. Les deux députés se montrent pourtant confiants: « Les habitants de Loire Atlantique et de Bretagne semblent favorables à une réunification », veut croire Marc Le Fur.  

Si le département de Nantes glissait vers la Bretagne, l’autre région, celle des Pays de la Loire, devrait alors « prendre une décision », pense François de Rugy. Le statu quo ne serait pas à l’ordre du jour et le député EELV envisage un rattachement. Soit à une région plus au centre, soit, peut-être -soyons fous-, à la Bretagne. La région s’élargirait alors jusqu’au Mans.  

Cela va faire parler dans les penty!

P.L

8 décembre 2011

La proportionnelle aux législatives, c’est pour bientôt ?

 

Publié initialement sur lexpress.fr
Tous les partis de France défendent l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives. Tous? Non: l’UMP résiste encore. Certains, au sein du mouvement présidentiel, commencent, toutefois, à changer d’avis. 

Un petit parti en terme de représentativité à l’Assemblée nationale a tendance à militer pour l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Normal: cela lui permettrait d’entrer au Parlement, ou d’accroître sa présence. C’est le cas du Front national, mais aussi du Front de gauche ou de la chrétienne Christine Boutin qui aimerait que 100 députés soient élus ainsi. 

Mais les « gros » partis que sont l’UMP et le PS peuvent-ils leur emboîter le pas? Au PS, c’est fait. Mais sous la contrainte de leurs partenaires écologistes. L’accord signé avec eux prévoit une dose de proportionnelle sur la base de 15 à 20% des députés. Cette fourchette -et non un chiffre précis- montre en tout cas combien il fut difficile de s’entendre sur cette question de la proportionnelle. 

« Il faut d’abord réfléchir au redécoupage et ne pas agir dans l’urgence », justifie l’élu Europe Ecologie-Les Verts, David Cormand, membre du bureau exécutif et délégué des élections, qui reconnait que les négociations furent complexes. Les Verts plaidaient, d’ailleurs au départ, pour une proportionnelle intégrale, « à l’allemande ».  

Le PS, lui, ne militait que pour « une soixantaine de députés élus sur ce mode de scrutin ». « Je suis globalement pour le scrutin majoritaire uninominal, mais, avec une touche de proportionnelle, toutes les tendances pourraient être représentées sur les bancs de l’Assemblée nationale », confie Christophe Borgel, secrétaire national socialiste, chargé de la vie des élections, 

L’Assemblée, « un arc-en-ciel »?

Et l’UMP, alors? Souhaite-t-elle que tous les partis soient représentés? « Mais c’est déjà le cas, réplique le député Alain Marleix, ancien responsable des élections de l’UMP. Vous avez des écolos, des communistes. » Avant de nuancer son propos: « Seule l’extrême droite ne siège pas à l’Assemblée. » 

Selon lui, les députés, qui voteraient en faveur de l’introduction de la proportionnelle, « se tireraient une balle dans le pied ». Pire, « les socialistes se feraient hara-kiri », en ouvrant largement les bancs à leurs concurrents.  

« La Chambre basse ne doit pas être un arc-en-ciel, prévient Marleix, elle est là pour gouverner. La proportionnelle a d’ailleurs tué la quatrième République, parce qu’elle pose des problèmes de gouvernance. »  

La proportionnelle pose surtout la question de l’arrivée aux mandats locaux du FN. Une perspective, qui n’enchante guère Alain Marleix: « Mitterrand, pour tacler la droite, avait introduit la proportionnelle pour les législatives de 1986. Résultat: 35 députés FN avaient été élus. »  

Pour l’écolo David Cormand, il serait finalement normal que le FN soit représenté. « Le FN est-il un parti légal ? Si oui, il peut avoir des représentants du peuple. »  

Mais l’UMP craint pour ses circonscriptions. « La droite pourrait en perdre entre 50 et 100 au profit de la gauche en cas de triangulaire avec un candidat Front national, lors des prochaines législatives », estime David Cormand.  

« Certains, à l’UMP, évoquent la proportionnelle »

Malgré tout, à l’UMP, on commence à se poser la question. Selon Alain Minc, proche du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy pourrait « l’imposer dès 2012″. Mais l’UMP peut-elle changer d’avis et inscrire cette mesure dans la boîte à idée pour la présidentielle? « Je ne le crois pas, glisse Marleix. La direction de l’UMP n’a pas débattu du sujet. »  

« La question n’est pourtant plus taboue » au sein du parti présidentiel, écrit Guillaume Tabard dans Les Echos. « Certains à l’UMP en discutent, il est vrai, répond Marleix. Des candidats à la députation, qui n’ont pu obtenir de circonscriptions, par exemple, souhaitent une réforme. »  

P.L

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