le Canard de l’Etang

24 avril 2012

Le choix de Bayrou, ultime danger pour le MoDem

Lu initialement sur L’Express.fr

Le candidat centriste choisira-t-il entre François Hollande et Nicolas Sarkozy? Quelques-uns de ses partisans font déjà part de leur choix. Au risque de diviser le MoDem, à quelques semaines des législatives. 

François Bayrou l’a promis. Cette fois, il prendra « ses responsabilités » en vue du second tour. Choisira-t-il entre François Hollande et Nicolas Sarkozy? Le candidat du Mouvement démocrate n’a obtenu qu’un peu moins de 10% des suffrages au premier tour de la présidentielle.  

Comme l’avenir de sa politique est en jeu, il veut ne pas se précipiter, prendre le temps d’écrire aux deux finalistes, suivre le débat de l’entre-deux tours du 2 mai, pour éventuellement, ensuite, donner une consigne de vote. 

Ses soutiens, en tout cas, ne sont pas tous d’accord. Ce qui ne choque pas la sénatrice Jacqueline Gourrault, même avant la campagne des législatives: « C’est normal que chacun puisse donner son avis et penche à gauche ou à droite en vue du second tour, puisque le leitmotiv de Bayrou, c’est cette position centrale. » Va-t-elle le faire, donc? « Oui, car j’ai une préférence », sourit-elle. Mais pas tout de suite parce que, « comme je suis proche de lui, ce sera interprété comme le choix de François Bayrou ». 

« Ce sera une décision collective »

Le centriste, assure la sénatrice, écoute ses partisans. Il y a donc d’abord les « hollandais ». L’ancien écologiste Jean-Luc Bennahmias, la chiraquienne Dominique Versini et le président du MoDem du Nord, Olivier Henno, préfèrent le candidat socialiste. 

François Zocchetto, président du groupe Union centriste au Sénat, penche, lui, pour le candidat de l’UMP. D’autres n’ont pas encore exprimé d’opinion, mais ce ne saurait tarder.  

Son « confrère » de l’Alliance centriste, le sénateur Jean Arthuis, s’apprête, ce mardi, à donner la sienne. Sur Mediapart, il y a quelques semaines, il avait expliqué qu’il fallait « dire son choix ». Pro-PS? Pas vraiment, « il y a des positions à gauche qui sont difficilement compatibles ».  

Idem pour Alain Lambert selon lequel « Hollande devrait bouger sur les finances publiques » avant qu’il puisse lui apporter un éventuel soutien.  

Quant à Robert Rochefort, il n’est pas tendre, à l’instar de son champion Bayrou avec le programme du PS: « Les postes de fonctionnaires, le contrat d’avenir qui coûte très cher… François Hollande défend une vision rétrograde pour relancer l’économie, appliquant les recettes de la gauche des années 1970. » Mais il faudra bien se décider car le vote blanc, selon Robert Rochefort, n’est pas forcément « souhaitable ». 

Ces décisions vont-elles l’aider se positionner? « Bien sûr, car ce sera une décision collective », souffle la très proche Jacqueline Gourrault qui ajoute qu’elle sera connue entre le 3 et le 6 mai. 

« Ah vous m’emmerdez »

Ce sera difficile: François Bayrou, qui avait, un temps, envisagé un rapprochement avec le PS, dénonce le projet de François Hollande. Mais un soutien à Nicolas Sarkozy, qui « a abîmé l’image de la France », selon lui, paraît improbable. 

Donc il n’écoutera peut-être pas son ancien bras droit Hervé Morin qui souhaite qu’il appelle à voter Sarkozy. Ni son ancienne alliée Corine Lepage, François Hollande qu’elle soutient?  

En tout cas, pas question de le traîner sur ce terrain. A un journaliste qui lui posait la question du choix du second tour, il répliquait ce lundi: « Ah vous m’emmerdez… » « Ce n’est pas une décision qu’on prend, comme ça, en un jour », poursuit Jacqueline Gourrault. 

D’autant qu’elle sera lourde de conséquences pour l’avenir du MoDem. Un rapprochement avec le PS lui fermera les portes d’un nouveau grand parti centriste, résurgence de l’UDF. On voit mal les cadres du Nouveau centre s’allier avec François Bayrou, qui aurait appelé quelques jours auparavant à voter François Hollande.  

De la même façon, rallier Nicolas Sarkozy, c’est oublier une bonne fois pour toute l’idée d’un grand rassemblement de la gauche, sur le modèle de ce qu’avait fait Romano Prodi en Italie.  

Et puis, il y a l’unité du mouvement à préserver. Comment, en effet, préparer les législatives entre des partisans de Hollande et d’autres de Sarkozy? Finalement, le plus simple serait encore de voter blanc ou de ne pas dire pour qui voter. Comme en 2007… 4

PL

22 avril 2012

Les supporters de Bayrou hésitent sur leur choix au second tour

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, politique francaise

Lu initialement sur L’Express.fr

Les militants centristes ont découvert avec stupéfaction le score de leur champion et celui, élevé, de Marine Le Pen. Déçus, ils tentent de comprendre l’échec du Béarnais. 

« Les militants sont venus, mais ils sont cachés par les journalistes. » La remarque, un peu drôle, émane d’Adrien, un membre des Jeunes démocrates. Il est 18h45 au QG de François Bayrou. Et les soutiens du troisième homme de 2007 se font plutôt rares. Les derniers sondages le donnent en effet autour de 10% d’intentions de vote.

Certains ont quand même décidé de venir au 133, rue de l’Université, à Paris. Ils arborent une écharpe, voire un tee-shirt à l’effigie du Béarnais. Comme Elya, un partisan du centre, remonté contre les sondages d’avant le 1er tour. « A croire, selon eux, que tout est déjà joué. »

Il y croit, il veut y croire, mais il est bien seul. A trois mètres de lui, Adrien, qui milite chez les Jeunes démocrates depuis la campagne de 2007, ne se fait pas d’illusion: « On sera à 10%, pas plus. »

« On n’a pas réussi à casser le duo PS-UMP, chacun avec leurs alliés »

Dans la salle de presse, les journalistes se regroupent autour du grand écran, 20h approche. »On connaît les tendances », murmure Bernard Lehideux, vice-président du Modem « décu ». « J’attends de savoir si Bayrou est en dessous ou au dessus de la barre des deux chiffres », explique-t-il en face du buffet. Avant de poursuivre, en songeant aux premières estimations: « Il y a eu, chez Bayrou, la cohérence des idées, mais cela n’a pas marché. »

A 20h, à l’extérieur, quelques militants entonnent un « Bayrou, président ». Avant de découvrir le classement et la troisième place de Marine Le Pen. Près de 20% pour la candidate du Front national, un chiffre qui fait froid dans le dos. Yann Wehrling, le porte-parole de la formation centriste, reste prostré devant la télévision, ne sachant que dire.

« Pour gagner, on peut mentir, pour gouverner, ce n’est pas possible, donc nous sommes inquiets ». 

Yves qui a adhéré à l’UDF en 2005 pense comprendre les résultats: « Les Français aiment les grandes gueules comme la présidente du FN et Jean-Luc Mélenchon. » Et le militant, à l’écharpe orange, explique que son champion « n’est pas bon pendant les interviews ».

Arnaud, un sympathisant qui aura 18 ans ce lundi, trouve le classement du premier tour et le score si bas du Béarnais « affolant ». Et pense que son candidat n’a pas assez « creusé » ses thèmes de campagne. « On n’a pas réussi à casser le duo PS-UMP, chacun avec leurs alliés », s’agace Jean Lasalle, député des Pyrénées Atlantiques. Bernard Lehideux, lui, s’amuse, un verre d’eau à la main: « Pour gagner, on peut mentir, pour gouverner, ce n’est pas possible, donc nous sommes inquiets. »

« L’abstention sera importante. »

Mais avant le prochain quinquennat, il y a le second tour et les militants semblent bien embêtés. Yves ne sait pas pour qui il veut voter, ne sait pas s’il va se déplacer, le 6 mai. Adrien, lui, penche pour Hollande et imagine que les 3 millions de votants seront partagés entre le vote blanc, Sarkozy et le socialiste. « Pas du tout », réplique Adrien qui votera pour le candidat de l’UMP car Hollande, « c’est n’importe quoi. » « L’abstention sera importante au sein des soutiens de Bayrou », dit-il, avant d’applaudir quand Marielle de Sarnez prend la parole en direct à la télévision, la voix cassée.

Un peu plus tard, c’est au tour de François Bayrou de s’exprimer. Il est déçu, forcément, n’appelle à voter pour personne, mais veut construire une force du centre, après l’élection. Réaction d’Adrien, le militant: « C’est possible de réunir toutes les tendances centristes à ce moment-là. » Encore de l’espoir, toujours de l’espoir…

PL

17 avril 2012

Bayrou souffle le froid et le chaud avec Sarkozy

Lu initialement sur L’Express.fr

François Bayrou a admis, ce mardi, que le chef de l’Etat « s’était un peu amélioré » depuis 2007. Mais que sur le style. Et encore, quelques heures après, il regrettait avoir tenu de tels propos. Retour sur cinq ans de valse-hésitation. 

Ce mardi matin, François Bayrou se sentait de bonne humeur vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Interrogé par BFMTV/RMC, il a jugé que le chef de l’Etat sortant « s’était un tout petit peu amélioré » depuis 2007. 

« Un petit peu, sur le style », précise de son côté Jean-Luc Bennahmias, soutien centriste, qui a déjeuné, ce mardi, avec le président du Mouvement démocrate. « François Bayrou regrette d’avoir dit ça », confie cependant l’ex-écolo. Ce ne serait pas le fond de sa pensée. 

Mince! ceux qui guettent les indices d’un soutien à Hollande ou Sarkozy vont encore être déçus, une semaine après cette confidence, en forme de soutien au candidat UMP: « Je suis plus proche humainement de M. Hollande, mais programmatiquement plus proche de M. Sarkozy. » 

Mais depuis le début de sa campagne, il attaque quand même le bilan de Nicolas Sarkozy: « Le candidat de l’UMP n’arrive pas, après cinq ans de mandat, à dégager un plan d’action pour le pays ». Ou encore, voilà quelques jours: « Son programme, c’est une dispersion de mesures sans liens, disparates, sans cohérence, rien de nouveau, rien de construit. » 

Depuis trois ans, c’est en fait le pas de danse que le centriste a adopté. Depuis la publication d’« Abus de pouvoir », violente charge contre Sarkozy, il alterne le chaud et le froid.  

Le chaud: La France est aux mains d’ »un clan, celui de l’argent, de l’entente sous la table », et l’actuel locataire de l’Elysée en est le « parrain ». Après la campagne présidentielle de 2007, fort de son succès électoral, il tape fort. Parle de la présidence de Nicolas Sarkozy comme une « egocratie ». En septembre 2009, lors de l’université d’été de son nouveau parti, il évoque un « régime d’inégalités, de domination, d’injustices économiques, sociales, démocratiques », qui a « corrodé ce qui a fait la France ».  

Le froid intervient après l’échec des européennes en juin 2009. Alain Juppé, resté ami avec lui, pense que « l’affaiblissement de Nicolas Sarkozy et l’ancrage à gauche du PS sous la férule d’Aubry laisse une place à un centre gauche. » Conseil suivi: le Béarnais se rapproche d’une partie du PS. 

« L’image de la France a été abîmée »

Sauf que cette stratégie ne paie pas. « Nous pensions que le PS pouvait bouger, c’est la raison pour laquelle nous lui avions tendu la main. Mais pour des raisons tactiques ou stratégiques, ce n’est pas la direction suivie, dit-il à l’époquesur RTL.  

Il se réconcilie ensuite avec le chef de l’Etat, le voit secrètement et devient de moins en moins critique, en particulier sur les questions économiques. Il est d’accord, en effet, sur la règle d’or budgétaire, qu’appelle de ses voeux la majorité présidentielle. Et ne s’oppose pas à la réforme des retraites, même s’il ne la vote pas à l’Assemblée nationale, finalement, puisqu’elle est, à son goût, trop injuste.  

Mais comme toujours avec Nicolas Sarkozy, François Bayrou reprend ses critiques. A l’automne 2010: « L’image de la France a été abîmée, explique le député béarnais. On a cherché à exciter des passions qui existent toujours dans un peuple mais que les gouvernants ont le devoir de calmer. On a commencé, avec le discours de Grenoble, par dire ‘Il y a un lien direct entre immigration et insécurité’. C’est un premier pas qui n’avait jamais été franchi, sauf par les extrêmes. »  

Des propos durs qu’il pourrait toujours tenir à l’heure actuelle, même si, à quelques jours du premier tour de la présidentielle, il n’exclut plus un éventuel poste auprès de la majorité présidentielle. En tout cas, il ne dit plus « non » aussi ouvertement qu’auparavant, dit simplement ne pas vouloir répondre à la question… 

Jusqu’à ce qu’il dise franchement qu’il le soutient, Nicolas Sarkozy ne pourra jamais considérer le ralliement de François Bayrou comme acquis. Faut-il encore qu’il le dise…  

PL

16 avril 2012

Le premier tour de la présidentielle est-il déjà joué?

Lu intialement sur L’Express.fr

Les derniers sondages donnent François Hollande devant Nicolas Sarkozy au premier tour, tous les deux largement devant le reste de leurs concurrents. Alors cette présidentielle est-elle déjà jouée? Pas tout-à-fait, répondent les sondeurs. 

A moins d’une semaine du premier tour, reste-t-il un brin de suspense? L’ordre d’arrivée au soir du 22 avril est-il déjà établi par les derniers sondages ou doit-on s’attendre à des surprises?  

« L’écart entre les deux premiers et le troisième est assez net selon les sondages », glisse Jean-Daniel Lévy d’Harris Interactive, pour qui cela ne bougera plus à ce niveau là. 

Pourtant, près de 20% des électeurs déclarent se décider à la dernière minute, souvent dans l’isoloir. Entre ces derniers et ceux qui peuvent encore changer d’avis, « cela représente, selon Frédéric Dabi, 13 à 15 millions de Français ».  

« Les moins informés, les moins diplômés, le plus souvent, selon Jean-Daniel Lévy, disent s’intéresser à la présidentielle juste avant le premier tour ». Cette fameuse « France silencieuse », tous les candidats s’y sont adressés, sans que l’on sache qui en profitera réllement. 

La principale incertitude reste l’ordre d’arrivée des deux favoris. « Cela se joue dans un mouchoir de poche, Nicolas Sarkozy et François Hollande sont à un point d’écart pour l’Ifop« , souligne Frédéric Dabi, directeur adjoint de cet institut, selon lequel il y a donc « une incertitude sur celui qui arrivera en tête ». « Une première pour un président sortant, poursuit le sondeur. Même VGE en 1981 dominait les études.«  

« Le troisième ne gagne de médaille »

« Les jeux ne sont pas faits », prévient, du coup, Gaël Sliman, ce vendredi sur France Inter, qui perçoit, selon ses études de BVA, des « vases communicants » entre le président sortant et Marine Le Pen d’une part, ainsi qu’entre l’élu de Corrèze et Jean-Luc Mélenchon d’autre part. Ce qui peut faire gagner ou perdre des points aux deux favoris. Et donc renverser la tendance.  

D’où la prudence de mise, côté PS, qui n’oublie pas la mésaventure de 2002, et les appels au vote utile. L’UMP rappelle, elle, que tout est possible encore. Chaque camp, ainsi, a profité des meetings pour mobiliser au-delà de son propre électorat.  

Autre interrogation qui découle de la précédente: qui, de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen, se hissera sur la troisième marche du candidat? « Ce n’est pas un enjeu, le 3ème ne remporte pas de médaille », sourit le sondeur d’Harris Interactive, qui ajoute: « Seul compte le score », pour le rapport de force en vue du second tour.

PL

11 avril 2012

Les sondages de la campagne les plus drôles

Lu initialement sur L’Express.fr

Choix électoral des Français en fonction de leurs pratiques sexuelles ou de leur consommation de pain, le candidat préféré pour partir en vacances… Les sondages insolites ne manquent pas durant cette campagne. 

Il n’y a pas que les intentions de vote que les instituts de sondages scrutent de près. Ce jeudi, deux études ont de quoi laisser pantois. 

Tout d’abord, les lecteurs de Direct Matin ont pu découvrir, dans le train ou dans le bus, que les Françaises choisiraient, pour faire le ménage, d’abord Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière (crédité d’environ 0.5% pour le premier tour) selon Mediaprism pour Le Journal des femmes

Arrive en deuxième position une autre femme, la candidate écologiste Eva Joly, puis en troisième, le candidat du NPA Philippe Poutou. Trois candidats de gauche et d’extrême gauche sont donc plébiscités pour effectuer les tâches ménagères. Les intéressés apprécieront sans doute. 

Les hommes veulent plus que les femmes des vacances avec des politiques

Mais pourquoi publier un tel sondage? « Mediaprism et le Journal des Femmes passent chaque semaine au crible les grands thèmes de la campagne électorale. Parler ‘politique’, c’est l’occasion de débattre, mais aussi de sourire », explique Justine Boivin, du magazine féminin en ligne.  

Autre étude décalé du jour: « avec quel candidat voudriez-vous partir en vacances? » Vous avez envie de savoir? Pas de panique, Voyagermoinscher.com a sollicité OpinionWay. Et c’est François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon qui obtiennent les meilleurs scores (19 et 17%, respectivement).  

On apprend à l’occasion que les hommes sont davantage prêts à partir avec un présidentiable que les femmes. A noter que les 18-24 ans préféreraient le président-candidat pour leurs congés; alors que les séniors, un éléctorat plutôt à droite, choissisent, eux, François Hollande. 

Ce n’est guère la première fois que les instituts de sondage publient ce genre d’enquêtes un peu insolites.  

Exemple: Harris Interactive, pour l’Auto-journal a posé, début mars, la question de l’année:« Et si un candidat était une voiture? » Nicolas Sarkozy serait donc une Porsche 911 (ou un Hummer), François Hollande, une Renault Scenic (voire une Twingo). François Bayrou, lui, est associé à la même Renault que son adversaire socialiste, mais aussi à une Citroën 2 CV. 

La moitié des Français veut que les candidats fassent attention à leur ligne

Encore plus drôle: Opinion Way s’est intéressé, fin mars, au choix électoral des Français en fonction de leurs… pratiques sexuelles. Sans voir de rapport à première vue, on constate que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont plus insatisfaits sexuellement. Que les partisans de François Bayrou font moins l’amour que les Français de gauche.  

Opinion Way, encore lui, a aussi sondé début février le choix des électeurs en fonction de leur consommation du pain. Incroyable mais vrai! 

On découvre ainsi, stupéfait (ou pas), que celui qui mange du pain à tous les repas, pour tous les mets, vote plutôt Nicolas Sarkozy (à 30%). Du coup, cela signifie-t-il que les ceux qui en mangent pas ou peu préfèrent François Hollande? Non, pas du tout. L’ »ennemi » de la baguette, tradition française depuis la nuit des temps, veut plutôt glisser un bulletin « Marine Le Pen » dans l’urne. Etrange, non? 

Conceptions de philosophie selon le choix du vote

Les valeurs, les idées… Philosophie Magazine a voulu connaitre, fin février, avec Ipsos, le choix électoral des Français par rapport à leurs conceptions d’ordre général. Les « hollandais » sont un peu plus convaincus que les « sarkozystes » que l’homme est bon (72% contre 66%).  

On est ravi d’apprendre, aussi, que les interrogés souhaitant voter pour le candidat PS sont plus méfiants vis-à-vis des élus que les Français pro-UMP. Et, sans surprise, on lit que les partisans d’un vote à gauche pensent que la priorité du chef de l’Etat concerne le bien-être de la population. Davantage, en tout cas, que la sécurité, priorité des électeurs de droite (néanmoins partagés sur la question).  

Bon, là au moins, on se rapproche un peu plus de politique… 

PL

10 avril 2012

Et Bayrou continua de chuter

François Bayrou, crédité de 9,5% dans deux sondages ce mardi, poursuit sa chute. Les partisans du candidat du Mouvement démocrate en viennent à espérer que, dans l’isoloir, les Français revoient leur choix. 

Lu initialement sur L’Express.fr

 

François Bayrou poursuit sa chute libre. Le premier tour approche et le candidat du MoDem dégringole. Deux sondages d’Ipsos et de l’Ifop, parus ce mardi matin, le créditent de 9,5%. L’homme des 18,5% des voix en 2007 serait-il sur le point de réitérer son score de 2002, soit 6,84%?  

Le Béarnais assure ne pas avoir les yeux rivés sur les enquêtes d’opinion et poursuit sa campagne comme si de rien n’était. Encore ce week-end, il sillonnait l’île de La Réunion, alors que ses concurrents se reposaient pour les fêtes de Pâques. Et, ce mardi, il rencontre des Français à Rouen. 

« Je parle des sujets qui intéressent les Français, au contraire de mes opposants », martèle le candidat centriste, à longueur d’interviews, alors qu’en 2007, il aimait taper sur les instituts de sondage. Parmi ses proches, officiellement, aucune raison de s’inquiéter: « La baisse des sondages, assure la sénatrice centriste, Jacqueline Gourrault, me donne la pêche, me donne encore plus envie de me battre pour mes idées. » 

Mais pourquoi ce candidat, « populaire », selon cette élue du Loir-et-Cher, stagne-t-il ainsi depuis des semaines? « Je ne sais pas », souffle-t-elle, avant d’ajouter, pleine d’espoir: « Il fera un peu plus que ce qu’on lui prédit. » Yann Wehrling, porte-parole du MoDem, abonde en ce sens: « Les Français se décident toujours au dernier moment, les marges d’erreur des sondages sont importantes, et à part Mélenchon, personne ne grimpe vraiment dans les intentions de vote. »  

« Le paradoxe » Bayrou

S’il obtient entre « 12 et 15% », en tout cas, Nicolas Sarkozy, qui a besoin de ses électeurs, pourrait, a-t-il confié en petit comité, le nommer à Matignon ou à un poste de ministre d’Etat. 

Or, pour l’instant, le centriste n’en est plus là. Pierre Albertini, ancien maire de Rouen, pense savoir pourquoi : « On n’a pas réussi à faire comprendre qu’il fallait faire un effort au niveau des finances publiques immédiatement ». « Si d’autres candidats n’avaient pas été dans le déni et avaient évoqué les problèmes économiques de la France, la dette et l’emploi, comme François Bayrou, il aurait été mieux placé dans les sondages », pense Yann Wehrling. La faute des autres, donc? « Il a fait du mieux qu’il a pu », sourit-il. 

Le thème du « produire en France », chère au centriste, a pourtant été abordé dans le débat public: « Oui, je suis d’accord, les propositions du candidat Bayrou sont d’ailleurs appréciés, se réjouit Yann Wehrling, mais c’est vrai que cela ne se voit pas dans les intentions de vote », dit-il, évoquant ainsi un « paradoxe ».  

« Même si les Français veulent entendre la vérité sur les comptes publics, par exemple, précise Jean-Luc Bennahmias, écolo du centre, ils préféreront toujours quelqu’un qui pourra leur dire: ‘je vous promets de dépenser…’ » 

Fatalistes bayrouistes… 

PL

5 avril 2012

Sarkozy progresse dans l’électorat de Bayrou

Lu initialement sur L’Express.fr

Vers qui vont se reporter les électeurs de François Bayrou au premier tour? Il y a quelques semaines, on pouvait répondre François Hollande. Moins maintenant. 

Jean-Pierre Raffarin, comme d’autres avant lui, ne dit pas non à l’éventualité. François Bayrou, Premier ministre de Nicolas Sarkozy? Fin de non-recevoir du centriste: « Je ne me prête à aucune de ces manoeuvres, a-t-il (re)dit, ravi, ce jeudi matin, sur Europe 1.  

Pas grave: ce qui compte, c’est de draguer ses électeurs. Car le président-candidat ne peut l’emporter sans les voix bayrouistes, dont le candidat dégringole dans les sondages: 10% selon la dernière étude de l’institut CSA pour BFMTV et 20 Minutes

En cas de non-qualification, vers qui ces électeurs se tourneraient-ils donc? Au début de l’année, la réponse sautait aux yeux: François Hollande. Depuis, la tendance a changé. Pour Nicolas Sarkozy, ce changement est logique: pour plaire à Jean-Luc Mélenchon, François Hollande serait obligé de gauchiser son discours et donc de se couper de l’électorat centriste.  

Hollande ou Sarkozy?

Selon l’Ifop, fin mars, les électeurs du Béarnais choisissent, en vue du second tour, plus le président-candidat (43%) que le socialiste (32%). A la mi-mars, François Hollande attirait encore davantage les bayrouistes du premier tour: 31% contre 42%. L’écart était, en janvier, encore plus important: les bayrouistes préféraient à 52% l’élu de Corrèze, et à 26%, le président-candidat 

Si l’on se penche sur l’évolution du deuxième choix des électeurs de François Bayrou, toujours d’après l’Ifop, l’écart est assez marquant: près de la moitié des 11,5% des électeurs voulant voter pour le Mouvement démocrate ne sont pas sûrs de leur choix. Et parmi ces derniers, 5% pourraient finalement changer d’avis et voter, le 22 avril, pour le candidat socialiste, contre… 28% pour Nicolas Sarkozy.  

En janvier, la part d’indécis parmi les votants centristes était encore plus importante, mais seulement 14% de ces derniers déclaraient pouvoir, en deuxième choix, glisser un bulletin « Sarkozy » au premier tour, contre 21% pour François Hollande. C’est vrai qu’à l’époque une candidature Dominique de Villepin était d’actualité. L’ancien Premier ministre était le deuxième choix pour 10% de ceux qui déclaraient vouloir voter François Bayrou.  

Bayrouistes indécis

Pour CSA (sondage mi-mars), et OpinionWay (fin mars), François Hollande domine (encore) le match des bayrouistes du premier tour. Mais tout peut basculer. Nicolas Sarkozy est encore derrière, mais il progresse parmi les sympathisans du MoDem.  

Ce que les études successives de l’institut Ipsos démontrent. Début mars, ils étaient 17% à préférer, en vue du second tour, en cas de non-qualification de leur champion, le candidat de droite, 28% fin mars (contre 32% François Hollande), et 32% début avril (contre 40%, encore, pour le candidat de gauche)… 

Le score des indécis reste aussi important. 25% des électeurs bayrouistes pour l’Ifop (selon la dernière enquête de début avril) ne savent pas pour qui voter au second tour. D’après l’étude d’Ipsos du 26 mars, pour France Télévisions et Le Monde, ils étaient 40% (mais 28% début avril).  

Qui va gagner l’élection? Les électeurs de François Bayrou sont partagés… Selon la dernière enquête de BVA, publiée début avril pour Le Parisien, outre les 25% des électeurs bayrouistes sans choix pour le second tour, 37% préfèrent François Hollande, 38% Nicolas Sarkozy.  

Et l’institut CSA, dans son étude du mois d’avril, a demandé aux sympathisants du Modem qui ils voyaient élu président de la République. Réponse: François Hollande à 36%, Sarkozy à 36% et quelqu’un d’autre à 26%. François Bayrou? L’espoir fait vivre… 

PL

4 avril 2012

En haussant la voix, Bayrou espère remonter la pente

Lu initialement sur L’Express.fr

François Bayrou, le candidat centriste, ne perd pas espoir, malgré la chute des sondages, et hausse le ton contre ses adversaires et le service public. En coulisses, certains soutiens y croient de moins en moins. 

Les jours passent et il ne cesse de dégringoler dans les sondages. François Bayrou, à trois semaines du premier tour, est désormais crédité de 10% selon une étude d’Ipsos, paru ce mardi. Le Béarnais ne semble plus, ainsi, en mesure de se qualifier pour le second tour. C’est pourtant l’un des hommes politiques les plus populaires.  

Comment, alors, expliquer ce paradoxe? « On n’a pas réussi à faire comprendre aux Français qu’il faudra faire des efforts budgétaires immédiatement », souffle Pierre Albertini, membre de l’équipe de campagne du candidat, qui, pourtant, martèle ses propositions avec une réelle constance, depuis sa déclaration de candidature.  

L’entourage du candidat l’assure depuis plusieurs semaines: non, il n’y aura pas de surprise. « Il n’aime pas le buzz », explique Bernard Lehideux, membre de son équipe de campagne. Et, de toute manière, estime l’ex-député-maire de Rouen, Pierre Albertini, « les Français ne comprendraient pas qu’il change de comportement. » Et qu’il fasse, en somme, « comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande », toujours en tête des intentions de vote. 

Critiquer le service public

Pourtant, il y a bien du changement. Certes, minime. Certains conseillers, en premier lieu sa plus fidèle lieutenante, Marielle de Sarnez, lui avaient conseillé de se mettre en colère, de hausser le ton. Le président du MoDem lève donc la voix depuis quelques jours. 

Contre France 2, par exemple, au sujet d’un débat entre les 10 candidats (ou leurs représentants) à la présidentielle avant le premier tour.  

« Comment une grande chaîne publique peut-elle organiser plusieurs heures d’antenne, en prime time pour la primaire du PS et rien, en vue du second tour, se demande ainsi, ce mardi, François Bayrou. Excusez-nous, c’est quand même plus important. »  

Celui qui avait dénoncé à outrance les sondages en 2007 pense taper juste. « On pourra ainsi voir quels candidats se dérobent, et ceux qui s’affrontent », s’amuse Bayrou, qui y croit encore. « La confrontation de candidats intéresse les Français, juge Bernard Lehideux, France 2 a réuni 6 candidats sur un plateau. Quatre personnes de plus, c’est possible, on peut trouver une solution. »  

Moralisation de la vie politique

Cela peut-il, pour autant, changer la donne? Au MoDem, on sait qu’il en faudra un peu plus: « Un débat peut nous permettre de grappiller un ou deux points, guère plus », glisse Albertini.  

Autre cible du Modem? Libération, coupable d’avoir fait une Une, ce lundi, trop ironique sur « l’homme seul ». Le fond orange, sans rien d’autre en première page, a irrité plus d’un militant. Ce qui a poussé l’équipe Web à réaliser, le jour même, en soirée, une parodie de cette Une, publiée sur le site du candidat, en évoquant la « sarkhollandisation » de la campagne.  

Sur le fond, en revanche, pas de changement. François Bayrou veut creuser les mêmes mesures, toujours. Comme sur la moralisation de la vie politique qu’il entend mener dès son élection par un référendum. Faut-il, encore, qu’il parvienne aux portes de l’Elysée, ne serait-ce qu’en se rapprochant du second tour. 

PL

30 mars 2012

Bayrou de plus en plus cajolé par a droite

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

La majorité présidentielle ne cesse de faire des appels du pied au candidat du Modem, qui stagne dans les sondages, en vue du second tour. François Bayrou va-t-il, pour autant, se décider? Rien n’est moins sûr… 

François Bayrou perd des points dans les sondages. Le troisième homme de 2007 ne parvient plus à dépasser, pour l’instant, les 13% d’intentions de vote. Mais, paradoxe, il reste populaire dans les enquêtes d’opinions. Encore mieux: il gagnerait à tous les coups, face à Hollande ou Sarkozy, au second tour de la présidentielle.  

Comme ce scénario semble désormais improbable, ses adversaires commencent à lui lancer des fleurs. Pas François Hollande qui a plutôt l’oeil rivé sur sa gauche et sur Jean-Luc Mélenchon, qui monte, qui monte. Mais ses opposants de la majorité qui tentent de le draguer, lui et ses électeurs, en vue du second tour.  

Comme Valérie Pécresse, qui a laissé entendre que l’élu du Béarn pourrait devenir le successeur de François Fillon en cas de réélection de Nicolas Sarkozy. A-t-elle suivi les conseils d’Edouard Balladur? « C’est une erreur de laisser entendre que Juppé peut devenir Premier ministre. Il n’apporte pas une voix à Sarkozy, aurait expliqué Balladur, selon Le Canard enchaîné. Entre les deux tours, il faut clairement laisser entendre aux électeurs centristes que Bayrou ira à Matignon. C’est notre seule chance de gagner. »  

« C’est la même équation qu’en 2007 mais la différence cette année, c’est que François Bayrou fera nettement moins bien au premier tour, renchérit un ministre en exercice. Et donc, il n’aura pas d’autre choix que d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy. » Car, souffle François Fillon, ce mercredi sur France Inter, le candidat MoDem « représente un courant de pensée proche de celui de la majorité » et le centre et l’UMP ne doivent « rien commettre d’irréparable » pour pouvoir discuter après le premier tour. 

Sarkozy ne s’inquiète pas

En juillet dernier, le député béarnais avait confié, à quelques journalistes, qu’il était prêt à prendre ses responsabilités pour la présidentielle. Et donc, à donner une consigne de vote? Rien n’est moins sûr. Depuis, il a reculé sur cette question. Cela risquerait de le décrédibiliser. Car s’il appelle, à titre personnel, par exemple, à voter pour le candidat de droite, la gauche raillerait son positionnement de centre-droit. Et vice-versa.  

Et comment l’auteur d’Abus de pouvoir en 2009, pamphlet contre l’actuel hôte de l’Elysée, qui ne cesse, par ailleurs, de critiquer le programme de François Hollande, peut-il décider entre ces deux favoris de l’élection?  

« Il ne se trompera pas, il n’est pas socialiste », veut croire Alain Juppé, pourtant critique sur sa décision de poursuivre la campagne malgré la tuerie de Toulouse. L’un des membres de son équipe de campagne, Jean Arthuis, abonde en ce sens, dans un entretien accordé à Mediapart: « Il y a des positions à gauche qui sont difficilement compatibles, mais il faut qu’on en discute. »  

Selon Le Canard enchaîné de cette semaine, Nicolas Sarkozy, de toute façon, ne s’inquiéterait pas: « La montée de Mélenchon va obliger Hollande à courir derrière lui. Plus Mélenchon sera fort au premier tour, moins Hollande le sera au second tour. Effrayé par la gauche, l’électorat de Bayrou viendra vers moi en masse. »  

Nicolas Sarkozy, qui a besoin d’un report de voix pour battre Hollande au second tour, insiste. Via l’humour: A Elancourt, dans les Yvelines, le président-candidat a expliqué ce mercredi qu’on disait de lui qu’il était d’extrême droite. Puis d’extrême gauche: « Comme la terre est ronde, on me dira bientôt du centre. »  

Pourtant,selon une récente enquête de la TNS-Sofres, 47% des électeurs de François Bayrou voteraient Hollande, et seulement 33% Sarkozy.  

PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

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