le Canard de l’Etang

7 février 2011

Mouvements de jeunes des partis politiques : pourquoi faire ?

 

Article publié dans Marianne

A quoi sert vraiment un mouvement de jeunes ? Marianne a posé la question à des responsables de petits mouvements de jeunes. Porter la voix des aînés à outrance, se chercher d’éventuels nouveaux électeurs… Marquer sa différence ? A peine…

 

Louison

 

 

Dessin : Louison

 

 

« Quand je ne suis pas d’accord avec François (Bayrou), je lui dis, confie François-Xavier Pénicaud. Et il écoute. » Pour illustrer son propos, le président des Jeunes Démocrates cite le mouvement des retraites à l’automne dernier. Selon lui, le troisième homme de la présidentielle de 2007 ne comprenait pas pourquoi les jeunes descendaient dans la rue et il avait voulu lui expliquer que ces jeunes avaient battu le pavé pour une bonne raison : « Ils manifestent une inquiétude quant à leur insertion professionnelle », avait-il défendu à l’époque.

Le premier rôle serait-il alors de taper sur les chefs? Tous, peu importe les obédiences, insistent sur la présence d’un débat interne à la famille politique. Quitte à reconnaître des désaccords entre deux générations d’une même structure… Il faut pouvoir exister.


Au diapason et s’opposer pour s’opposer

 

(François-Xavier Pénicaud - photo : Charles Cadiet - cc)

(François-Xavier Pénicaud – photo : Charles Cadiet – cc)

 

 

D’abord, qui dit plus jeune, dit aussi plus ouvert sur des questions sociétales. Les Jeunes démocrates veulent se différencier du MoDem sur « l’homosexualité et l’euthanasie », jure François-Xavier Pénicaud, bénévole du MoDem. Les jeunes pour la France, eux, disent se distinguer « sur des mesurettes », comme lors du débat sur le travail du dimanche : Christophe Bentz, leur président – salarié -, était « pour », son parti contre.

Mais pas seulement : ils prétendent ne pas avoir toujours les  « mêmes analyses politiques », croit savoir Christophe Bentz… Son homologue des Radicaux de Gauche, Sandra-Élise Revieriego, abonde en ce sens et donne un exemple récent : « Lorsque Jean-Michel Baylet a évoqué dans une tribune la possibilité d’un Front républicain avec le Parti radical valoisien de Jean-Louis Borloo, nous lui avons exprimé notre désaccord. » La jeune femme, pas rémunérée par son parti, mais salariée dans une agence de communication publique, précise : « Le problème ? Le parti de Jean-Louis Borloo est intégré à l’UMP. »

Mais a-t-elle une chance de se faire écouter ? Pas sûr… Mais peu importe, finalement. Les beaux discours suffisent : « Les Jeunes démocrates portent la voix de la jeunesse auprès du MoDem et la voix du MoDem à la jeunesse », murmure François-Xavier Pénicaud. Sandra-Elise Reviriego parle des Jeunes Radicaux comme d’une « force de négociation et de proposition », pour les aînés du parti. Et Isabelle Ignace des Jeunes Solidaires d’avancer l’idée d’une « plus-value considérable » provenant de ces militants dans la fleur de l’âge.

Alors, s’opposer pour s’opposer ? Un peu… Car, au final, « ils restent de la même famille que leurs aînés, avec une doctrine, un projet et des valeurs communes », comme l’admet le Secrétaire général des Jeunes Communistes, Pierric Annoot. Et, « à 99% », les Jeunes démocrates ont les mêmes idées que François Bayrou. Christophe Bentz résume : « Il s’agit d’une entité dirigée par un seul chef. »

D’ailleurs, c’est la direction du parti qui, parfois, nomme les pions. Au MPF, par exemple. Une élection démocratique pour élire le responsable ? « Cela ne marcherait que difficilement », botte-t-il en touche. Avant de se justifier, le sourire aux lèvres : « Je n’ai tué aucun concurrent, je connaissais presque tout le monde au sein de la formation, toute la pyramide hiérarchique, j’étais le second de mon prédécesseur.» Ainsi Christophe Bentz a-t-il été nommé pour sa proximité au mouvement de Philippe de Villiers. Et au mérite…


des jeunes… soumis

 

 

 

(Sandra-Elise Reviriego - photo : JRG - cc)

(Sandra-Elise Reviriego – photo : JRG – cc)

 

 

Les mouvements de jeunes se soumettent à la parole du grand manitou. Une mission, finalement, assez facile. Sur leur site, les Jeunes radicaux de gauche indiquent : « Notre désir de diffuser le radicalisme et de contribuer à son renouvellement et à sa pérennité ne peut être effectué que dans le cadre du Parti Radical de Gauche et à son profit. » Tout est dit…

Pierric Annoot, du Mouvement des Jeunes Communistes (MJC), résume assez bien cet état d’esprit : « Quand on entend Benjamin Lancar, président des Jeunes populaires, on a l’impression que Sarkozy est un dieu. » Aucune critique ne serait la bienvenue, tout est bien, tout est beau au gouvernement : message reçu cinq sur cinq.

Et du côté de l’extrême-droite, « le FNJ a toujours été soumis à l’autorité de Jean-Marie Le Pen », confie David Rachline, l’ex-président du mouvement. Ce qui laisse comprendre pourquoi l’autorité a facilement glissé du père vers la fille, à un tel point que « vingt des vingt-deux secrétaires régionaux du FNJ sont « marinistes » », comme il nous l’avait expliqué juste avant l’élection de Marine Le Pen à la tête du FN.

Un soutien… qui n’a guère payé ? Rachline, qui a « toujours nié » que son marinisme lui permettrait de « bouger dans l’organigramme » a été débarqué de la tête de l’organisation de jeunesse, pour devenir – quand même – secrétaire national… à la communication numérique.

S’ils ne peuvent s’opposer dans le champ des idées, il reste peut-être l’autonomie administrative comme gage d’indépendance. Une pirouette utilisée par les Jeunes communistes, qui « choisissent seul leur direction et leurs orientations politiques » – selon Pierric Annoot : « Nous sommes indépendants » du parti dirigé par Pierre Laurent. « 50 % de nos militants ne sont pas encartés au PCF, les adhérents ne sont pas obligés de cotiser pour les deux formations », glisse le jeune homme, salarié du mouvement, qui a, lui, choisi d’avoir les deux cartes. Pour donner l’exemple ?

 

des jeunes… peu nombreux

 

 

(capture d'écran Dailymotion de Pierric Annoot - MJCF - cc)

(capture d’écran Dailymotion de Pierric Annoot – MJCF – cc)

 

 

D’autres mouvements de jeunes ne peuvent, par exemple, gérer seuls leur budget : Christophe Bentz le dit sans envergure : « Selon les années, on peut recevoir entre 15 000 et 20 000 euros. » Cela dépend donc…

Les plus aisés parmi les mouvements de jeunes ? Les Jeunes communistes ont droit à un budget de… 500 000 euros. Ce qui peut paraître logique quand on sait que le PCF se hisse au troisième rang des forces politiques les plus riches de France (selon les chiffres du rapport 2009 de la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques). Une richesse – au passage – paradoxale pour un parti qui dispose certes d’une belle assise d’élus locaux, mais qui semble en voie d’extinction lors des échéances nationales…

Par ailleurs, les Jeunes communistes, mouvement né en 1920, ne forment pas le mouvement le plus important. Si podium il y avait, la formation monterait sur la deuxième marche : on compte 12 000 adhérents à la JC, soit plus qu’au MJS (5 500 personnes pour le mouvement socialiste apparu en 1993), mais moins que les Jeunes UMP, un mouvement né en… 2002 et regroupant 30 000 âmes.

Les Jeunes démocrates, qui peuvent compter sur un budget de 36 000 euros, sont, eux, 7000. Mais toute personne de moins 33 ans, qui s’inscrit au MoDem, entre automatiquement dans la liste des adhérents des J-Dem (et vice et versa). Un moyen, peut-être, de gonfler leurs chiffres ? Car il faut bien le rappeler, les Français affiliés aux sections jeunes des partis politique ne sont pas si nombreux : 65 000 têtes.

Et la proportion entre jeunes et ainés au sein d’une même famille politique varient selon les formations. Seulement 850 membres des Jeunes radicaux de gauche pour environ 10 000 au sein du PRG (8.5%). Mais 3 000 chez les Jeunes pour la France pour 17 000 au MPF (soit 17.6% de jeunes dans l’ensemble).

 

A la recherche de l’électeur jeune et perdu, les mouvements aiment se retrouver

 

 

(Christophe Bentz - photo : Antoine Lascaut - cc)

 

 

Alors, pourquoi, diable, y a-t-il des mouvements de jeunes ? « On ne s’adresse pas de la même manière aux jeunes, on ne perçoit pas les choses de la même manière », explique Christophe Bentz. Les jeunes, croit-il savoir, aiment se retrouver en réunions, en soirées, car c’est « sympathique », concède le président des JPF.

 

(Christophe Bentz – photo : Antoine Lascaut – cc)


Et certains éditoriaux – « destinés aux Jeunes » – figurent ainsi (et uniquement) sur leur site. Mais « cela m’arrive d’écrire des communiqués qui seront aussi en « une » du site du MPF », glisse quand même Christophe Bentz. Les Jeunes Communistes ne publient pas non plus que des communiqués en direction de leur génération : « On lutte (aussi) contre l’emprisonnement des opposants politiques à travers le monde », martèle – sans rire – Pierric Annoot. Les formations de jeunes ne s’adressent donc pas seulement aux jeunes (à leurs ouailles)… Aux aînés aussi !

 

 

« Nous ne nous situons pas dans un carcan communautaire », se défend Christophe Bentz. Le président privilégie « le dialogue inter-générationnel entre l’expérience des aînés et l’activisme des jeunes, une génération qui tracte beaucoup dans les marchés. » De quoi faire taire les éventuelles accusations de jeunisme qui toucheraient ces mouvements : oui, les jeunes aiment leurs vieux…

La distribution des tracts n’a pas lieu seulement devant les étales ou à la sortie de métro : dans les lycées et à la fac, aussi, comme le font les jeunes anticapitalistes, non pas regroupés autour d’un mouvement ordinaire, mais au sein de plusieurs comités locaux informels auprès d’établissements scolaires (il y aurait entre 500 et 600 adhérents environ, gérés par « une quarantaine de secrétaires nationaux », glisse l’un d’eux, Jean-Baptiste Tondu).

Peu importe le nombre de jeunes adhérents, pourvu qu’il y ait du prosélytisme politique… Il faut tracter… pour attirer de futurs militants. Autrement dit, d’éventuels électeurs en vue des prochains scrutins. Et s’ils veulent draguer le plus gros parti de France, le groupe des abstentionnistes, il y a (encore) beaucoup de travail…

29 janvier 2011

Le grand rassemblement des centres, « facçon puzzle »

Publié sur Marianne 2

Hervé Morin et Jean Arthuis ont lancé ce matin leur confédération centriste, une alliance en vue de présenter un candidat du centre à la présidentielle. Un rapprochement pour contrer Jean-Louis Borloo. Les deux hommes, en revanche, ne sont pas d’accord sur tout, bien au contraire. L’un veut se rapprocher de Bayrou, l’autre non…

Ils s’étaient donnés rendez-vous, à l’Assemblée nationale, dans une petite salle, à 12h15. Une conférence de presse pour officialiser leur entente, leur alliance. Celle du centre. Ou, plutôt, des centres, puisque la famille reste – depuis 2007 – éparpillée entre la majorité (le Nouveau centre, le Parti radical), l’opposition (le MoDem), et les autres (l’Alliance centriste). Jean Arthuis et Hervé Morin arrivent finalement une demi-heure en retard : il fallait bien se laisser désirer par la foule de journalistes, présents à l’occasion.

A peine assis, le président du Nouveau centre lance : « Ça suffit, les photos, on en refera à la fin. » Des clichés utiles : on pourra y voir l’ex-ministre de la Défense qui donne, tout sourire, l’accolade à « Jean » Arthuis, président de l’Alliance centriste. Ce dernier, aussi à la tête de la Commission des Finances au Sénat, laisse à son collègue le premier mot.

De toute manière, les deux tiennent le même discours : ils veulent « construire une confédération centriste », une « association politique » (au même titre qu’un parti politique) ; « poser la première brique de la maison centriste », « histoire de discuter et porter nos valeurs autour d’un projet, puis d’un candidat », comme l’explique l’ancien bras droit de François Bayrou. Avant de préciser : « Ce ne sera pas, en revanche, une fusion de formations politiques ». Trop compliqué à réaliser, bien sûr…

Promis, chaque parti restera « autonome ». Avec ses propres idées. Qui, parfois, diffèrent. Hervé Morin le sait bien, mais botte aussitôt en touche : « Nous avons plus de choses en commun que de différences. » Par exemple ? Alors, d’abord, « les valeurs de liberté, de solidarité, et l’idée selon laquelle l’Europe permet de réguler l’économie et la finance ». Puis le passé, évoqué par son collègue Jean Arthuis : « Nous avons cheminé ensemble », au temps de l’UDF. Un parti qui n’a, d’ailleurs, pas disparu juridiquement. Et dont l’adhésion, en tant que parti fondateur du Mouvement démocrate, à la formation de François Bayrou a été renouvelée hier soir. Pour trois ans, lors d’une Assemblée générale au siège de l’UDF, au 133 bis, Rue de l’Université, à Paris.

Mais pourquoi, diable, le parti, créé par Valéry Giscard d’Estaing, végète-t-il encore ainsi ?  Pourquoi ne pas le dissoudre comme le RPR en 2002 ? « Car l’UDF, c’est un patrimoine », glisse Jean Arthuis, nostalgique de cette formation de centre-droit – « au frigidaire » depuis trois ans -, qui a assisté au rendez-vous de la veille. En présence d’autres membres du bureau politique et de son président, François Bayrou, réélu à son poste.

Le sénateur de Mayenne n’a pas totalement rompu avec le Béarnais. Il a voté pour lui, hier soir. Les parlementaires de l’Alliance centriste, bénéficient d’une partie du financement public du MoDem. Et son parti demeure un mouvement associé de l’UDF. Toutefois, Jean Arthuis ne cache plus qu’il aimerait un beau jour occuper les locaux de cette ancienne force centriste : « Bayrou ne s’y oppose pas. »

Le candidat à la dernière présidentielle reste dans les esprits de nos deux centristes. Mais divise, forcément. Morin ne veut plus entendre parler de François Bayrou, refuse toute discussion avec le troisième homme de la présidentielle de 2007. « Ce n’est pas la position du NC », justifie, humblement, son président, qui avait rejoint Nicolas Sarkozy dans l’entre-deux tour de 2007, alors qu’il avait bataillé auparavant pour le candidat du centre.

Les problèmes ne s’arrêtent pas là : Jean Arthuis souhaite que le candidat centriste ne se couche pas dès le premier tour du prochain scrutin, mais plutôt « qu’il discute » avec les deux qui l’auront devancé. Que ce soit un candidat de droite et/ou de gauche. Or, là, Hervé Morin ne rejoint pas non plus son collègue. Discuter ? Pas de problème, mais avec le représentant de la droite, uniquement.

En avant toute pour « l’Union centriste »?

« Il faut accepter nos différences et la diversité d’appréciation » de chaque membre de famille, glisse Hervé Morin. Y compris au sein de son propre parti, divisé, pour ne pas changer : Jean-Christophe Lagarde et François Sauvadet, qui préférerait une alliance plus large avec Jean-Louis Borloo, rejettent l’idée de cette alliance. Jean Arthuis, lui, évoque un simple « problème de communication. » Et du côté du NC ?  Rien de grave, ou presque : « Les choses sont très claires entre nous », réplique Hervé Morin, un brin irrité. Avant de riposter par une pirouette : « A l’UMP, aussi, il y a des différences, entre ceux qui pensent que les Français travaillent 35h par semaine et ceux qui croient qu’ils sont plutôt à 39h. » Même chose au PS, contrarié entre les partisans d’une « social-démocratie et ceux qui pensent que Mélenchon est l’avenir de la gauche ».

Et l’avenir du centre, avec ou sans Jean-Louis Borloo ? Son mouvement, le Parti radical, se décidera le 15 mai prochain s’il s’émancipe, ou non, de l’UMP. L’ancien N°2 du gouvernement vise aussi au noble rassemblement du centre, sa propre réunion des sensibilités républicaines et gaullistes sociales. Hervé Morin et Jean Arthuis clament haut et fort que l’ancien maire de Valenciennes a toute sa place dans l’Alliance. « Le 16 mai, il sera avec nous », imagine Hervé Morin. Encore faut-il que les Valoisiens s’écartent de l’UMP, condition sine qua non de tout rapprochement à la confédération.

Mais pourquoi ne pas l’attendre, Borloo, alors ? Les deux hommes donnent en effet l’impression de vouloir contrer l’ancien maire de Valenciennes. « On écarte personne », jure Jean Arthuis, « confiant ». « C’est en marchant qu’on avance », lance-t-il, comme pour mieux défendre le rassemblement des centres. On avance… et on discute à compter de ce jour. Car, il faut bien le dire, « les cantonales arrivent vite, elles ont lieu avant mai : en mars ». Avec quelle étiquette les candidats vont-ils se présenter ? Sous quel nom ? « La confédération pourrait s’appeler ‘l’Union centriste’ », propose Jean Arthuis. Un nom qui ne semble pas ravir le président du NC : « Ils se présenteront tous comme il veulent ». Le plus important, pour les cantonales, c’est le candidat, et pas l’étiquette, explique Hervé Morin.

Comme s’il n’était pas confiant en la réussite de son projet…

1 janvier 2011

Vœux des politiques : le blabla du 31 décembre

Hervé Morin a adressé ses voeux aux Français depuis sa cuisine le 31 décembre 2010.

Ils recommencent chaque année. Entre le 30 décembre et le jour du Nouvel An, les politiques adressent (presque) tous leurs vœux aux Français. Un message destiné à leurs électeurs, cette fois-ci, à deux ans de la présidentielle. Un exercice ludique et intéressé. Une communication finement préparée.

Il s’agit d’abord de se présenter comme le commun des mortels dans une période de crise. Hervé Morin, debout dans sa cuisine, débute son allocution par un mignon : je me trouve « dans le lieu que j’aime le plus ». Puis continue son récit, sans avoir peur d’en faire trop. Il assure aimer préparer les repas ainsi que le « bon vin ». Et alors que préfère-t-il? Le ballon de rouge ou le verre de blanc? On aimerait savoir…

François Bayrou, aussi filmé de chez lui, reste plus mesuré. De son bureau, derrière une bibliothèque, en petit pull, enfilé sur une cravate noire, il évoque les gens « dans le chagrin » puis les otages français, dont des journalistes. Fatigué, le patron du Mouvement démocrate se montre naturel et termine même par un joli sourire adressée à ses ouailles. Ceux qui lui ont envoyé des mots doux, des messages de soutien quand il a eu ce malaise, voilà quelques jours.

Les socialistes Martine Aubry et Ségolène Royal utilisent le même argument : la carte de la proximité avec les faibles, les ‘petites’ gens. Une pensée pour les pauvres, pour les « gens en difficulté » (dixit Ségolène Royal), voire les « malades » (Martine Aubry).

Nicolas Sarkozy, il faut bien le dire, en prend, lui, pour son grade. Ses opposants en appellent au rassemblement. A « la force du progrès, de la gauche, des Français qui veulent que ça change », confie la candidate socialiste de 2007. L’alternance, glisse-t-elle, « nous y parviendrons tous ensemble ». Comme c’est beau :  chaque Français devrait verser sa petite larme. Mais attendez, ce n’est pas tout : la Première secrétaire du PS propose de reconstruire, ne riez pas, une « France juste, forte et confiante ». Françaises, Français, sortez vos petits mouchoirs.

L’avenir, les centristes en parlent aussi. François Bayrou cite ses thèmes de prédilection : l’éducation, les emplois. Hervé Morin, son ancien bras droit mais désormais concurrent, préfère fixer ses priorités pour 2011. Partir « à la rencontre des Français » à l’occasion d’un tour de Gaulle. Et tracer la voie « du rassemblement » de la famille centriste, éclatée et divisée.

Morin, Villepin : même combat. Le meilleur ennemi de l’actuel chef de l’Etat, président de République solidaire, rend presque publique sa candidature pour 2012 avec un cultissime : « Vous pouvez comptez sur moi. » Ah oui?

De ces remue-ménage, le président de la République, distant et froid, n’en a cure : il angle son message traditionnel de fin d’année sur le Front National, ces partisans du retour des monnaies nationales : Nicolas Sarkozy soutient, explique-t-il, « l’euro » et … « François Fillon ». Comme si on en doutait encore.

Restent les cancres, ceux qui ne veulent tenter l’exercice de la vidéo. Cécile Duflot refuse de jouer le jeu, comme l’a rappelé TF1 au 20h du 31 : la patronne d’Europe-Ecologie-les Verts n’en verrait guère « l’utilité ». Fainéante, l’écolo?

Les communistes préfèrent, peu à tort, d’ailleurs, la comédie. Le parti, vieux briscard de 90 balais, présente une parodie du discours de Nicolas Sarkozy. Amusant ! (Au passage, la Une n’a pas voulu passer des extraits de cette vidéo dans son dernier journal télévisé de l’année 2010). 

Quant à leur encombrant ami du Parti de Gauche, le terrible Jean-Luc Mélenchon, il écrit ceci sur son blog : « D’aucuns sollicitent mes précieux souhaits pour l’avenir. A condition d’avoir le bon gout de les formuler en images. Une vidéo. Comme Bayrou, Villepin et ainsi de suite. Caramba ! Que n’y ai-je pensé ! J’aurais été beau comme un camion neuf devant son parking. « Mes chers compatriotes, jusque là vous deviez écouter le chef de l’état. Cela vous collait les boules si vous ne l’aimiez pas ou ça vous mettait en jambes pour les huitres si vous étiez de son bord. Dorénavant, vous devrez écouter aussi les hautes pensées et larges visées de tous ses concurrents d’hier et de demain, plus tous ceux qui se la pètent grave. Françaises, français, ayez pitié des ces malheureux, ils croient bien faire ! » Moi, j’écoute Sarkozy le soir du 31. Un point c’est tout ! Juste pour le boulot. »

Bonne année…

P.L

14 décembre 2010

« Les gens se sont aperçus qu’on sortait des choses pas trop bêtes »

Parcours de François-Xavier Pénicaud au sein du Modem (1/7) :

 

 

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 François-Xavier Pénicaud, président des Jeunes Démocrates (photo : Charles Cadiet)

 

François-Xavier Pénicaud a été élu président des Jeunes Démocrates à la mi-septembre. Originaire de la région lyonnaise (« j’ai grandi à la campagne », voir plus bas, le son), il est aussi conseiller départemental du Mouvement démocrate du Rhône et animateur de la section du parti dans la ville de Bron.

Commune où il a mis en place une liste électorale en vue des municipales de 2008.

Plus tard, à l’occasion des régionales, son nom a figuré à la neuvième place sur la liste Rhône-Alpes, au côté d’Azouz Bégag. « J’étais également responsable de la communication-Web pendant cette campagne. »

Puis, à partir d’août 2009, il a secondé son prédécesseur à la tête du mouvement des Jeunes Démocrates, Franck Faveur, étant chargé des relations extérieures et presse. « Je faisais du travail de petite main. »

Qu’est-ce qui lui a permis de monter en grade au sein du mouvement des Jeunes ?

D’abord, croit-il savoir, son « travail de fond lors des régionales ». « J’ai organisé des réunions publiques dans plusieurs départements de France ». Résultat? « Les gens se sont aperçus qu’on sortait des choses pas trop bêtes », sourit François-Xavier Pénicaud.

Autre raison de son élection : « Ce que j’ai fait au niveau local, se félicite le président des Jeunes Démocrates. Le département du Rhône est le deuxième département en
terme de militants, d’adhérents après l’Ile-de-France. »

François-Xavier Pénicaud travaille depuis son élection à mettre en place un bureau national, une équipe de six vice-présidents « bénévoles », avec des périmètres précis (formation, innovation, recherche ; éducation, citoyenneté, sécurité, vie associative ; cohésion des territoires, politique de la ville et de la vie rurale ; économie et emploi ; Europe et international ;  solidarité, égalité des chances, santé et logement).

Ils travaillent tous avec les membres du « shadow cabinet de François Bayrou » afin de mettre en place un programme, des idées en vue des échéances électorales.

 

François-Xavier Pénicaud revendique son appartenance au monde rural. « Ce n’est pas pour imiter François Bayrou », jure-t-il. mp3

Lire la suite de l’entretien du président des Jeunes Démocrates ici.

Avec, entre autres, son analyse des principaux partis politiques français.

Le PS? « Des têtes de pioches! » Les Verts? « Sectaires! »Le Nouveau Centre? « Humilié lors du dernier remaniement. »

 P. L

25 novembre 2010

République et Territoires

Chronique politique (semaine 3) sur A2P Radio

 

« Cette semaine, vous vouliez revenir sur l’actualité de l’ancien Premier-ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui crée son propre mouvement au sein de l’UMP au Sénat…

 

 République et Territoires…Deux termes, deux notions apposées l’une à l’autre. Qui se rapportent presque à une thèse d’histoire ou à un sujet de philo au bac…  Comme si le sénateur Raffarin avait retrouvé au fond d’un tiroir la copie de l’étudiant Raffarin?

 

 Le titre du mouvement, en tout cas, met en lumière son appartenance au sénat, la chambre des représentants des collectivités locales, des maires de France…

 

 Le sénateur était déjà à la tête d’un club de réflexion « dialogue et initiative » avec  certains membres du gouvernement et d’autres caciques de la majorité….

 

 Oui c’est vrai…dialoguer, l’ancien premier ministre ne s’en prive pas depuis l’élection de Nicolas Sarkozy….

 

 Chaque semaine, il retrouve une trentaine de proches sénateurs…Pour discuter, critiquer… Un groupe qui a rencontré le président de la République mardi matin…Afin de lui faire part de son soutien…

 

 Mais sans cacher ses opinions, parfois divergentes…

 

 Vous n’aurez pas ma liberté de penser », aurait-il pu répliquer au chef de l’Etat…

 

 La taxe professionnelle réformée? Il tacle la mesure…

 

 La surenchère sécuritaire de l’été dernier? Il ne cautionne pas…

 

 Le maintien de François Fillon à Matignon? Il évoque sa préférence pour Jean-Louis Borloo..

 

 Une liberté de ton, c’est presque une habitude dans le cercle privé des anciens Premiers ministres de droite…

 

 Alain Juppé (avant son entrée au gouvernement en tant que ministre d’Etat de la Défense), Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin, la liste est longue…

 

 Chacun sa musique, chacun ses origines politiques…

Charles de Gaulle, Jacques Chirac pour Alain Juppé et Dominique de Villepin. VGE pour Jean-Pierre Raffarin, un ex-giscardien et ancien membre de l’UDF… Ce dernier représente la tendance libérale-centriste de l’UMP, mouvement qu’il a rejoint à ses débuts en 2002…

 

 Une mouvance déçue, humiliée selon certains, après le remaniement d’il y a 10 jours…

 

 Les centristes  du gouvernement précédent ont été remerciés…de Jean-Louis Borloo (qui vient de quitter  la vice-présidence de l’UMP) à Hervé Morin, de Marc-Philippe Daubresse à Valérie Létard…

 

 Et ils voient tous d’un mauvais œil le retour d’anciens RPR, tel Alain Juppé, François Baroin, MAM ou des sarkozystes pur jus, comme Frédéric Lefebvre…

Philippe Lesaffre

 

7 novembre 2010

Chahuts internes

Chronique politique pour une radio. Semaine 2.

Les piques verbales entre responsables politiques ne s’échangent pas qu’entre majorité et opposition : ça cogne aussi au sein de chaque clan…

 

En ces temps amers, une petite phrase assassine peut provoquer des remous. Un seul entretien d’un responsable politique  en quête de notoriété, et hop,  le tour est joué, le coup est lancé. Chaque semaine, son lot d’exemple. A droite, au centre, à gauche. Au sein de la majorité présidentielle et dans l’opposition. Les dirigeants se chamaillent, s’envoient des fleurs. C’est la guerre pour un poste, une mission, un mandat, à l’aube d’une élection.

Dominique de Villepin continue dans cette optique son tour des médias pour tacler le chef de l’Etat…

L’ancien Premier ministre, le poète aux accents gaullistes, ne cesse de critiquer Nicolas Sarkozy. Le fondateur de République Solidaire a toujours sa carte de l’UMP. Mais cela ne l’empêche pas de se faire filmer en banlieue ou, près d’une vache, à la ferme. Sur un plateau télé ou à la radio. Pour montrer sa différence. Attaquer le bilan du président. Dernier exemple en date, dimanche sur Europe 1 : il évoque, sans rire, une parenthèse politique, ouverte depuis 2007 qu’il convient de refermer. Puis songe à la « France amoindrie, à ses principes affectés ». Avant, bien entendu, de se tourner vers « le spectacle pitoyable de la vie politique française ». Allusion peu masquée au remaniement, aux bisbilles entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand…(lire ici)

 La droite n’a pas le monopole du chahut interne…

Oui, ça s’agite aussi au centre, bien divisé depuis 2007. Les scissions se sont accumulées. D’abord, entre ceux qui ont rejoint le chef de l’Etat dans l’entre-deux tour de la présidentielle et les autres… Autrement dit entre les adeptes du Nouveau Centre, parti affilié à l’UMP et les membres du Mouvement Démocrate.

Puis entre les partisans de François Bayrou et les nostalgiques de l’ancienne UDF. Comme ce chef de file des sénateurs centristes, Jean Arthuis, à la tête de la commission des Finances, qui veut faire renaître de ces cendres l’ancien parti de centre-droit, héritier du giscardisme .

Il souhaite que les centristes soient représentés au premier tour en 2012. Se dit candidat à la candidature. Mais assure toutefois au journal le Point ne pas y penser tous les jours en se rasant (la preuve).

Jean Arthuis envoie aussi des piques au gouvernement…

Comme certains à l’UMP, il prêche la fin du bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune. Les sénateurs examinent cette semaine le budget de finance 2011 et « le compte n’y est pas ». Pas assez de rigueur, pas assez de réductions des dépenses de l’Etat. Jean Arthuis veut réduire davantage les niches fiscales. Et ne pas se leurrer : comme François Fillon (l’actuel locataire a récemment brisé le tabou), il sait que les impôts ne peuvent qu’augmenter.

A gauche, Manuel Valls a passé la vitesse supérieure à l’encontre du PS.

Le député-maire socialiste de Meaux tacle le comportement de certains responsables à gauche. L’un des chefs de file de l’aile droite estime que le PS bat encore de l’aile. Selon lui, les socialistes ne sont pas encore vraiment crédibles.

A qui la faute selon lui?

 Manuel Valls ne le dit pas noir sur blanc au Parisien-Aujourd’hui en France, mais il y pense. Son intervention vise  l’aile gauche du parti, représenté par le porte-parole Benoît Hamon, qui, voilà quelques jours, avait laissé entendre que les socialistes pouvaient  encore « discuter » de l’allongement de cotisation dans le dossier des retraites. Ré-dhi-bi-toire pour le proche de DSK, favorable, à cet allongement (au cœur du projet socialiste). Sans toutefois revenir sur les 60 ans qui devraient rester « un droit et non une obligation », murmure Manuel Valls, gardien de l’unité à la socialiste…(lire ici)

 P.L

18 août 2010

la série de l’été

Comme la télévision, l’actualité politique présente aussi ses séries durant la pause estivale.

D’abord, en prime-time, sur la une des canards de France et de Navarre et en titre des journaux des 20h : l’incroyable affaire Woerth-Bettencourt. A chaque jour sa révélation : la guerre a fait rage entre Médiapart, le Point, Marianne, le Monde ou encore le Figaro, le Nouvel Obs et Liberation. Toutes ces révélations ont secoué un gouvernement diminué, à en croire les sondages qui indiquait des chutes de popularité vertigineuses.

Suite à cette série de scoops, accompagnée des polémiques de fin de saison, à l’instar des cigares d’un tel ou des jets privés d’un autre, le président de la République a pris les choses en main. En vue de lancer la foudre vers la presse.

Toutefois, au bout de quelques épisodes bien ficelés au cours desquels certains ministres et d’autres dirigeants UMP ont bien aboyés contre une partie des médias, les scénaristes ont décidé de changer de registre.

Et d’accentuer le discours sécuritaire (car, rappelle le New York Times, cela plait aux Français), en songeant aux soi-disant ennemis de la planète France, souvent issues des communautés étrangères. En particulier les gens du voyage, pointés du doigt (au moins par le terrible Brice Hortefeux) depuis certains faits divers impliquant l’un des leurs.

Aussi le chef de l’État a-t-il fait le lien entre immigration et délinquance à Grenoble au début du mois d’août. En évoquant ses projets de réformes à propos du système de déchéance de la nationalité française. Histoire de poursuivre la série, ce sont ensuite d’autres dirigeants UMP qui ont fait part de leur réflexion à propos de ces voyous. Avec ces petites piques bien ciblées, telle la célèbre : « Français ou voyou ! » (Christian Estrosi)…

La raison évidente de ce remue-ménage en plein été? Détourner l’attention de l’opinion, des médias et oublier les polémiques précédentes.

Le succès a été faramineux. L’UMP aurait gagné en une quinzaine de jours des tonnes de militants, chiffres à l’appui (Information remise en question, toutefois, par le Monde).

Et, bien sûr, les réactions de l’opposition de gauche n’ont guère tardé. Exemple : le terrible Dany le Vert, évoquant dans une interview au Monde Nicolas Sarkozy, qui prendrait les Français (carrément) « pour des cons ». Pardon, ce tournant si prévisible a aussi surpris à droite. Notamment, le député villepiniste Jean-Pierre Grand.

L’un des axes majeurs, abordés au cours de série, reste l’ordre public, le défi des Roms, la sécurité des villes de France. Et là, chacun tape sur l’autre, défend son compère…ou pas !

Dernier combat verbal en date, celui opposant le maire de Nice, Christian Estrosi, membre du gouvernement, au premier magistrat de Grenoble, le socialiste Michel Destot.

Aplaudi par une poignée de parlementaires, le premier a donné, comme si de rien n’était, un carton jaune à certains maires de gauche, défaillants, selon lui, en terme de sécurité publique. Il a suggéré sans rire de les punir (avant toutefois de revenir sur ses propos). Dans sa ligne de mire, son homologue de Lille, Martine Aubry, et Michel Destot, donc, qui, lui, a engagé un dialogue courtois. En défendant son action. Par des mots virulents, on s’en doute, à l’encontre de l’Etat. Plusieurs de ces collègues de gauche l’ont soutenu ensuite…à l’instar de deux membres du gouvernement, Luc Chatel et Brice Hortefeux (il n’est pas coutume), qui viennent de recadrer leur collègue, chargé de l’industrie et à la tête de la cinquième ville de France. Pas question de s’en prendre aux mauvais élèves maires.

Mieux vaut tenter d’établir un classement, du genre qui a fait quoi entre l’Etat et les municipalités, voire d’ouvrir un débat, comme le propose le maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, et celui de Drancy, Jean-Christophe Cavada (NC).

Oui, pourquoi pas ! En attendant, quelle sera le synopsis du prochain épisode avant la rentrée scolaire?

 

P.L

8 juillet 2010

des mots doux entre politiques…et à l’encontre de la presse

Le désir d’avenir d’un politique? Tracer son chemin, augmenter sa liste de contacts et monter les échelons du pouvoir au sein d’un parti. Et, toujours, en ligne de mire, une élection, locale ou municipale, cantonales et régionales, présidentielle ou législative.

Pour parvenir tout en haut des grades, mieux vaut se tourner côté sunlight des tropiques médiatiques. Sur le terrain. Devant les caméras. Face aux micros. Sur un plateau TV et les ondes d’une radio. Ou encore dans les colonnes d’un journal. Le but du jeu ne change jamais au gré d’une carrière. Il s’agit de commenter un fait d’actualité. Mais pas n’importe comment. Envoyer une pique en l’air, par ci, par là. Pratiquer la guerre des mots avec ses opposants. Trouver la tournure adéquate. La formule qui fait mouche. Et qui va chatouiller son premier vis-à-vis, c’est à dire le journaliste, censé informer ses lecteurs et donc, reproduire la citation qui, au meilleur des cas, lorgnera en une des journaux, tel une frise artistique.

Les exemples, on les compte par centaine et par milliers. Pas besoin de les énumérer tous, bien sûr. Rien que ces derniers jours, l’actualité a proposé des informations en masse, des tonnes de petites phrases, assassines et cocasses à la fois, sur le dossier Woerth-Bettencourt.

En la matière,l’UMP et le PS pondent des recordmen, des specimen, des super-héros issus de la planète Krypton. Chaque fois, on se demande si la personne pourra encore innover pour la saison suivante. Or, au vu du scenario, on reste toujours (allons, quasiment toujours) subjugué par la beauté du geste. Ou plutôt de la parole.

En tête de peloton, à droite, un franc-tireur, le porte-flingue du chef de l’Etat, l’homme qui en fait presque un job à plein temps : Frédéric Lefebvre. Encore tout récemment, voilà à peine quarante-huit heures, il a évoqué à la chanceuse AFP « les dégueulis populistes de l’opposition ». Autre cible du porte-parole de l’UMP, le site d’information Mediapart, à l’origine des principales révélations sur l’héritière du groupe l’Oréal, Liliane Bettencourt. Il parle, sans rire, de « dingueries ».

Le président de la République, lui aussi, s’amuse. Plus discrètement. Mais quand même. Dernier exemple en date : cette drôle de menace à l’encontre du fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, qui a publié certaines écoutes (illégales?) de conversations privées (volées mais pas par le site d’info et elles ont été transmises à la police, faut-il le rappeler). « Au niveau déontologie, c’est inimaginable. Cela va lui retomber sur la tête », a-t-il glissé aux députés Nouveau Centre, reçus à l’Elysée.

Certains ministres n’hésitent plus non plus à comparer Mediapart à « une certaine presse des années 30″ (Christian Estrosi), ou à « un site de ragot » (Nadine Morano) qui emploie des « méthodes fascistes » (Xavier Bertrand, SG de l’UMP).

La gauche n’est pas en reste. Ségolène Royal force également le respect à ce niveau-là. Depuis quelques jours, elle s’emporte contre le gouvernement « corrompu ». Un mot si doux en ces temps amers..

P.L

5 juin 2010

Bayrou (re)penche t-il à droite ?

http://levenementdujedis.files.wordpress.com/2007/06/bayrou_pensif.jpg

 

Outre le jugement de Brice Hortefeux, condamné en première instance à payer une amende de 750 euros pour injure raciale, la presse s’est emparée, ce week-end, d’un autre dossier politique : le retour soudain de François Bayrou sous le soleil des tropiques médiatiques.

Le président du MoDem, si discret depuis sa déculottée des régionales, se serait réconcilié avec son meilleur ennemi, Nicolas Sarkozy, qui l’a  invité au mois d’avril dernier à le rencontrer. Puis, récent invité du Grand Jury, François Bayrou a paru moins virulent à l’égard du chef de l’Etat. Selon Libération, enfin, il aurait confié à Pierre Méhaignerie vouloir se rapprocher de l’UMP, « se recentrer », puisque toute alliance à gauche est tombée à l’eau suite à ses nombreux échecs électoraux.

François Bayrou, lui, dément. Pas question que son mouvement rejoigne, d’une manière ou d’une autre, la majorité présidentielle, comme le lui a  récemment suggéré l’ancien centriste Dominique Paillé, porte-parole UMP. Dans une lettre adressée à ses militants et publiée par le JDD, il maintient sa rigide ligne de conduite, née en 2007 : le développement d’un « centre indépendant », « utile », selon ses propres mots, à la démocratie française.

Le Béarnais n’oublie pas de glisser, dans son courrier, une petite pique à la ‘sauce Bayrou’: « Les orientations de Nicolas Sarkozy ont porté atteinte à des principes pour nous essentiels. La justice fiscale a été niée par le « bouclier fiscal (…).» Sans pour autant rejeter le futur projet de loi sur les retraites, bientôt présenté par le gouvernement : « Si la réforme proposée est raisonnable, je la soutiendrai. Dans le cas contraire, je ne l’approuverai pas. »

 Etrange délit d’Alzheimer de la presse en ligne

Ce week-end, plusieurs sites-web se sont fait l’écho des raisons qui ont poussé le président de la République à se rapprocher de son principal détracteur. François Bayrou peut, on s’en doute, servir à Nicolas Sarkozy en vue des prochaines échéances électorales, pour 2012, en particulier. Le Figaro.fr et le Parisien.fr, dans un paragraphe étrangement identique, tentent une explication plausible : « Nicolas Sarkozy préfère que le créneau du centre soit occupé par un rival très affaibli plutôt que par un de ses ministres (Hervé Morin ou Jean-Louis Borloo) susceptibles en plus de capter des voix à l’UMP. En outre, Bayrou peut ravir quelques voix à gauche. »

Mais c’est là que le bât blesse. Car, il y a quelques jours, les (presque) mêmes journaux (voir ici et ) expliquaient que le chef de l’Etat réfléchissait à une éventuelle candidature du …populaire Jean-Louis Borloo, capable, à ses yeux, de l’aider à  « court-circuiter » François Bayrou, à réunir les écologistes de centre-droit et autres « bobos de gauche » et à rassembler une bonne réserve de voix en vue du deuxième tour de la présidentielle. Or voilà qu’aujourd’hui, trois semaines plus tard, Nicolas Sarkozy voudrait empêcher tout centriste appartenant à sa majorité de se porter candidat !

Et d’ailleurs, Dominique de Villepin,  entré en pré-campagne à quelques jours du lancement de son parti politique, ne lui fait pas peur ?

P.L

21 mars 2010

soirée électorale des régionales

Le Canard publie quelques petites phrases (amusantes ou pas) des politiques, lors de la soirée électorale du deuxième tour des régionales. Un scrutin que l’union de la gauche a gagné haut la main.

Daniel Cohn-Bendit à Eric Woerth, sur i-télé : « Je vous donne un conseil (renoncer au bouclier fiscal, en particulier) pour gagner (la prochaine fois)…c’est parce que vous portez une cravate verte ! »

Le même Daniel Cohn-Bendit, tout sourire : « il (Eric Woerth) a eu l’Alsace, mais pas la Lorraine… »

Eric Woerth à son ‘ami’ franco-allemand : « Les candidats de droite ont mouillé leur chemise » durant la campagne. Réponse de Dany le Vert : « Ah d’accord ! » Mais ils sont battus, excepté Philippe Richert, en Alsace (en ce qui concerne la métropole)…

 Audrey Pulvar, qui anime la soirée électorale sur i-télé : « Nous allons entendre Eric Besson (en duplex) »…Daniel Cohn-Bendit, commente, en riant : « l’entraîneur du FN »…

Eric Besson, quelques instants plus tard: « J’aurais aimé débattre avec Vincent Peillon (qui se trouve sur le plateau d’i-télé), en janvier dernier. L’eurodéputé socialiste s’était « dégonflé » selon Besson, le ministre du Débat national sur l’identité nationale, ajoutant au passage qu’il s’agirait de « sa nature ».

Déclaration de Ségolène Royal, réélue face à Dominique Bussereau (UMP et actuel secrétaire d’Etat aux Transports) avec plus de 61 % : « je salue mon adversaire »…que j’ai pourtant laminé (pense t-elle sûrement)…

Déclaration de Xavier Bertrand, patron de l’UMP (enfin, derrière Nicolas Sarkozy) : « Le grand chelem promis par la gauche n’a pas été réalisé. Nous avons conservé l’Alsace. Nous avons remporté la victoire sur l’île de La Réunion. Et nous attendons les résultats en Guyane. » En fait, s’ils obtiennent trois régions, ce sera un succès, non?

Jean-François Copé sur France 2 : « le PS devient audible, M. Hollande, il faut que vous assumiez… »

Georges Frêche, réélu confortablement en Languedoc-Roussillon, propose trés sérieusement « une minute de silence pour les partis tels qu’on les a connus au XXe siècle. » Il n’en fait pas partie de la génération d’hier?

Jean-Marie Le Pen ( qui a obtenu un peu plus de 22 %, selon les estimations), sur France 2, tacle la « coalition UMPS » qui n’a pas réussi à empêcher qu’ »un Français sur deux » ne se soit pas rendu aux urnes, en évoquant « une défaite du monde politique officiel ». Le Pen, un officieux?

P.L

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