le Canard de l’Etang

12 septembre 2008

Laurence et Patrick : la guerre des mots?

Publié par canarddeletang dans medias, politique francaise, president de la Republique

Le remplacement de PPDA, du 20h de TF1 par Laurence Ferrari a fait coulé beaucoup d’encre depuis juin dernier. De la plume de nombreux spécialistes, ravis de commenter le transfert le plus médiatique de l’été 2008 des journalistes et autres vedettes de la télévision.

Les témoignages du licencié se sont accumulés, tant à la radio, qu’à la télévision, et aussi bien dans la presse que sur le Net. Le journaliste, à TF1 depuis 1986 est d’abord revenu, à de nombreuses reprises sur les conditions de son éviction. Après le premier journal, le 25 août 2008 de l’ex de Canal Plus, PPDA lance la première pique en direction de sa rivale.

Sur le plateau du Grand Journal de Canal, le 1er septembre, il tacle son ancienne collègue (elle a déjà travaillé à TF1), en ironisant au sujet de l’audience du « Jité ».

« Je n’ai pas lu les journaux cet été, sauf ce matin. J’ai lu que Laurence Ferrari faisait jeu égal. Je suis désolé de vous dire qu’à l’époque, je me souviens très bien, je faisais neuf millions de téléspectateurs. Aujourd’hui, il y en a sept. J’ai cru voir que le nouveau directeur de l’information est super satisfait. C’est formidable, je suis content s’il est content. Je sais par exemple que ce soir, à l’heure qu’il est, je faisais 9,4 millions et 39% de parts de marché (9,6 millions de téléspectateurs, pour son dernier 20h, le 10/07/08). Si jamais Laurence fait mieux, je vous jure que je vous envoie à tous les quatre une bouteille de champagne », dit-il. Le décor est planté.

Par ailleurs, il n’aurait pas bien compris qu’elle ne l’appelle pas avant l’annonce officielle de la séparation. Histoire de le prévenir par gentillesse et sympathie que les rumeurs qui courent s’avèrent réelles ? Pour lui demander pardon ? Blessé, plus qu’en colère, donc…

Prenant la défense de Laurence Ferrari, sa recrue « lumineuse », Nonce Paolini, à la tête du groupe TF1 contre-attaque. Selon le « DG », arrivé à TF1 pour restructurer la chaîne, en perte de vitesse d’audience, notamment à cause de la réussite flagrante de la TNT (télévision numérique), PPDA ne travaillait apparemment jamais 12h par jour comme il le prétendait. Et pan !

Interviewée par son ancien mari, Thomas Hugues, arrivé cet été à France 5, Laurence Ferrari lui demande franchement de « passer à autre chose, de se tourner vers l’avenir »

Message reçu 5 sur 5 ? Il semblerait que oui. Jérôme Clément (Arte) vient d’annoncer en début de semaine que Patrick Poivre d’Arvor présentera à partir du mois de novembre une émission culturelle (rencontre avec des artistes et écrivains) sur la chaîne franco-allemande.

10 septembre 2008

Quelques petites réflexions de rentrée

Publié par canarddeletang dans Allemagne, majorité-opposition, politique francaise, PS

Analyse de Julien Dray, à la Rochelle, pendant l’université d’été du parti socialiste : Et si le PS se choisissait un présidentiable pour remplacer François Hollande? Il mourrait! N’est-ce déjà pas le cas?

Rappel, « la droite a gagné la bataille idéologique » (François Fillon) ; « notre politique est la seule possible » (Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l’UMP). Ah, ils en profitent, hein…

Le SPD, PS de l’Outre Rhin a trouvé la solution. En perte de popularité dans les sondages, à quelques mois des élections nationales, les éléphants allemands ont fait revenir Franz Münterferring, ex vice-chancelier à la Grande Coalition de Madame Merkel, à la tête du parti. Remplaçant l’impopulaire Kurt Beck, chef de file de l’aile gauche du SPD, finalement favorable à des alliances avec die Linke à l’ouest au sein des Länder. Le « soldat du parti », plutôt libéral, apprécié par les caciques de la CDU avait quitté le monde politique médiatisé, pour aller au chevet de sa femme mourante. Elle est décédée, fin juillet. Lui laissant ainsi la voix libre, pour reprendre du service. Et faire gagner les Socialistes teutons en 2009.

Qui pourrait revenir, au PS français? Aucune idée, vraiment! Ah si, il y en a un, mais il a pris du recul, après sa défaite humiliante en 2002.

8 juillet 2008

Le football pourrait-il venir en aide au politique ?

Issu du Canard de 2006


Depuis l’entrée en lice de l’équipe de France, et notamment à la veille de la finale de la coupe du monde de football, dimanche 9 juillet 2006, opposant la France et l’Italie, toute la classe politique multiplie les gestes de soutien aux Bleus.

La façade de la mairie lilloise affiche une pancarte de remerciement et d’encouragement « Bravo Ribéry – qui est originaire de la ville du Nord – Allez les Bleus ! » ; tandis que Paris assure sur plusieurs affiches qu’elle « aime les Bleus ». D’autres enceintes politiques font de même, en accrochant des écharpes (comme le Palais Bourbon, face à la Concorde)

Chirac va recevoir quoi qu’il arrive les Bleus à l’Elysée lundi matin. Depuis le match contre le Togo, gagné sur le score de 2-0, le président de la République accumule les messages d’encouragements et de félicitations. Après ce succès précieux, qui qualifie la troupe à Domenech pour les huitièmes de finale, le 23 juin 2006, le président présentait « ses chaleureuses félicitations pour leur magnifique qualification ». Il a assisté au match, comptant pour les quarts de finale, contre le Brésil, et sera présent ce soir, à Berlin, pour peut être assister au couronnement final de Zidane et ses coéquipiers.

Le premier ministre, Dominique de Villepin n’a pas non plus manqué à son devoir. Présent à Munich pour la demi-finale, en la présence du ministre des sports Jean François Lamour (qui a assisté à tous les matchs des Bleus), il a reconnu le « formidable exploit » de cette équipe.

L’élan de solidarité derrière son équipe, visible un peu partout en France touche, de plus chaque groupe social. Ainsi, la classe politique, les cadres, les ouvriers, et « les exclus de l’économie » se retrouvent ensembles pour encourager les Bleus. Ce phénomène reflète-il la renaissance d’un patriotisme, certes limité ? Et de façon plus générale, que peut apporter le football au monde, au politique ?

Adefope, ancien ministre des affaires étrangères du Nigeria est de l’avis que « la philosophie qui veut que sport et politique ne se mélangent pas est spécieuse et hypocrite. Les exploits sportifs sont aujourd’hui utilisés comme étalon de la grandeur d’un pays. Les rencontres sportives seraient-elles par conséquent l’occasion de manifester la grandeur du pays ?

L’histoire montre que oui. Depuis les années folles (20’s), les grandes nations se rassemblent pour s’affronter, mais seules les équipes des pays vainqueurs de la première guerre mondiale ont le droit d’y participer. Ainsi, l’Allemagne et la Russie sont exclues de ce genre de rencontres. Les premières coupes du monde (les années 30) vont pourtant réunir toutes les nations de la planète (européennes, américaines, puis africaines et asiatiques).

La cérémonie de la présentation de la coupe du monde 2010 en Afrique, en la présence du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, du président de la république d’Afrique du Sud, Thabo Mbéki, de Sepp Blatter, le patron de la Fifa, ainsi que de Franz Beckenbauer, président du comité de la coupe du monde en Allemagne avait pour but de transmettre un message, « pour un monde meilleur », en Afrique, où la popularité du football s’accompagne malheureusement d’un manque d’argent et de moyen.

Le célèbre joueur du Libéria, Georges Weah, ancien ballon d’Or 1995 avait été battu de justesse aux élections présidentielles. Il s’était présenté à la candidature de la présidentielle en « acceptant la requête du peuple ». « Mister Georges », l’idole du pays voulait se positionner en tant que « véritable patriote » pour « sauver le pays », plongé dans une guerre civile, affaibli par des dettes, des corruptions, donner du travail à ses pauvres compatriotes. Un footballeur, chef d’un Etat, est-ce réellement utopique ?

Tandis qu’au Libéria, ce scénario est quasiment devenu réalité, en France, cette idée circule depuis la victoire des Bleus il y a huit ans, où des slogans (« Zizou, président ! ») sont scandés sur les Champs Elysées, au soir du 12 juillet 1998. Aujourd’hui, depuis la victoire des Bleus en demi-finale contre le Brésil, certains supporters reprennent ce slogan, un an avant les présidentielles, en 2007, avant tout pour féliciter le maestro Zidane, tout proche du titre de champion du monde, à nouveau. Néanmoins, selon Claude Fitoussi, politologue, l’éventuelle candidature « apolitique » de Zinédine Zidane pourrait « changer la donne » en France et remettre en cause la traditionnelle séparation politique entre droite et gauche, de plus en plus superficielle, en raison d’une confusion des programmes des hommes politiques de droite ou de gauche.

Au cours des matchs de poule, où l’équipe de France n’arrivaient pas encore à se libérer totalement des souvenirs nauséabonds de la désastreuse coupe du monde en Asie, de 2002, le premier ministre avait répondu aux critiques des français et des médias, en demandant à la nation française de « soutenir les Bleus, tous ensembles, en se rassemblant ».

Difficile alors de ne pas faire une comparaison avec l’impopularité croissante du premier ministre, résultant des difficultés et des crises, qui secouaient alors son gouvernement : victoire du non au référendum du 29 mai 2005 pour la constitution européenne, prôné par quelques noms de la classe politique ; crise des banlieues, fin 2005, mobilisations importantes contre le CPE, il y a quelques mois ; ou encore l’affaire Clearstream. Indirectement, ne voulait-il pas appeler sa majorité à se rassembler derrière lui ?

Le football permet de véhiculer dans la société des valeurs comme le respect des règles, la mixité sociale (« Black blanc Beur »), la solidarité, le patriotisme, le soutien d’un peuple entier derrière une équipe de football.

Ce sport si populaire est-il en train de venir en aide au politique au moment où la classe dirigeante française aurait bien besoin d’un soutien de toute la France derrière elle, comme l’ont acquis les Bleus depuis la qualification aux dépens de l’Espagne ?

P.L

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