le Canard de l’Etang

2 février 2012

Quel rôle pour Fillon dans la campagne de Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Déterminé, le Premier ministre jouera un rôle important dans la campagne présidentielle. Il soutient « plus que jamais » le chef de l’Etat, ravi, forcément. Ce n’était pas joué d’avance, si l’on se fie à leur relation au début du quinquennat. 

François Fillon est l’invité, ce jeudi soir, de l’émission Des paroles et des actes sur France 2. Comme Alain Juppé, qui a porté, la semaine dernière, la contradiction à François Hollande, le Premier ministre pourra défendre le bilan de son mandat. Et par la même occasion, soutenir le futur candidat de la majorité, non déclaré à ce jour.  

« Loyal à 100 % au président de la République », confie un député filloniste, l’élu de la Sarthe sait qu’il ne peut faire autrement que mettre sa popularité au service du chef de l’Etat.  

Son job à deux mois du premier tour? D’abord « aller au charbon », sourit le maire du 15e arrondissement de Paris, Philippe Goujon qui le soutient aux législatives à Paris. Et « rappeler ce qui a été fait depuis cinq ans », souligne un parlementaire proche et fidèle au Premier ministre. Avant d’ajouter: « On n’est pas réélu président sur un bilan, mais celui-ci sert à crédibiliser le projet du candidat. »  

François Fillon assure aussi le service après-vente des mesures annoncées par le chef de l’Etat, dimanche dernier: il reçoit, à Matignon, les ministres concernés et organise, dans la foulée, une conférence de presse pour préciser les modalités d’application. C’est, en somme, dit Philippe Goujon, « faire le travail jusqu’au bout ».  

Enfin, depuis quelques mois, le chef du gouvernement fustige toujours plus les propositions de ses adversaires politiques. Au risque, parfois, de se montrer agressif dans des réunions publiques, aux quatre coins de la France ou encore lors du Conseil national de l’UMP, samedi dernier. Mais surtout dans les médias et à l’Assemblée nationale

Le « collaborateur » est devenu le « meilleur » Premier ministre

Et, justement, cette stratégie semble porter ses fruits. En tout cas, à en croire le chef de l’Etat: « Fillon m’est précieux », aurait-il dit, à la mi-janvier, lors d’un déjeuner avec la majorité. Ce serait même devenu le « meilleur Premier ministre ».  

Des louanges qui surprennent au vu de leur relation au début du quinquennat. Jusqu’à la crise de 2008, les deux hommes forts de l’exécutif ont eu du mal à s’entendre, à se comprendre. « Ils ont des caractères différents mais il y a une complémentarité entre les deux », veut croire Philippe Goujon.  

« Il n’y jamais eu de graves crises comme la Ve République en a connu avec les tandems Rocard/Mitterrand ou Chirac/VGE. Mais c’est vrai, admet l’élu parisien, qu’il y a eu des hauts et des bas. »  

« Le collaborateur », dixit le président de la République en août 2007, se « planquait » en effet, selon Sarkozy, au début de son mandat, au lieu de le « soutenir ».  

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, aurait pu répliquer son Premier ministre. A la suite d’une interview sur Europe 1, par exemple, il reprochait au chef de l’Etat de trop contrôler ses sorties sur le terrain. Et il se plaignait aussi, en privé, de se faire parfois griller par les conseillers de Nicolas Sarkozy, comme le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, trop souvent à son goût sur le devant de la scène. 

« L’animateur de campagne »

L’histoire aurait pu se terminer par un divorce en novembre 2010, mais le chef de l’Etat le maintient dans ses fonctions. Et même si François Fillon affirme que Nicolas Sarkozy n’a jamais été son « mentor », le duo va finir par trouver son rythme. Surtout parce que le Premier ministre profite de 2011 pour défendre plus souvent son « patron ». 

Mine de rien, « Fillon a montré, durant son mandat, qu’il était un homme d’Etat », estime Philippe Goujon. Celui qui a rédigé le programme du candidat Sarkozy en 2007 aura donc une place importante dans la prochaine campagne, assure-t-on dans l’entourage du Premier ministre. En 2012, il sera « un animateur important, comme Juppé », en organisant, par exemple, des meetings. 

L’entente cordiale entre les deux hommes devrait donc durer au moins, jusqu’au 1er tour. Ensuite? L’un partira à l’assaut de Paris. L’autre? Seul lui le sait.  

PL

31 janvier 2012

Morin, Mélenchon, Villepin pour un référendum sur le nucéaire

Publié initialement sur L’Express.fr

Trois candidats, le gaulliste Villepin, le centriste Morin et l’ex-socialiste Mélenchon, défendent l’organisation d’un débat sur l’énergie de demain et la tenue d’un référendum sur le nucléaire. 

Sept candidats à la présidentielle se sont prêtés, samedi dernier, au jeu de l’association France Nature Environnement… Parmi eux, trois prétendants à l’Elysée, Dominique de Villepin, Hervé Morin, et Jean-Luc Mélenchon, proposent, en choeur, une consultation populaire sur l’épineuse question de l’énergie (comme Daniel Cohn-Bendit, dans le JDD). 

Il ne s’agirait pas simplement de poser une question sur le style: « Voulez-vous sortir du nucléaire ? » Trop bateau… Et puis, « ce serait démagogique, défend un membre de l’entourage de Dominique de Villepin, car tout le monde est conscient des risques de l’atome. » 

Non, mieux vaut débattre d’un sujet plus large. Dominique de Villepin souhaite un « Grenelle de l’énergie portant sur le mix énergétique ». Il s’agirait de réunir autour de la table associations et citoyens pour « définir la voie à suivre dans les prochaines décennies, sans oublier d’évoquer les ressources fossiles comme le gaz de schiste », dit-on dans l’entourage de l’ex-Premier ministre. 

Des tables rondes et des débats à la télé?

Philippe Vigier, secrétaire général du Nouveau centre, évoque, pour L’Express, « un débat sur le bouquet énergétique de demain, dont les énergies renouvelables ». 

Et du côté du Front de gauche, on veut discuter de « la sortie programmée du nucléaire, mais aussi de l’avenir des énergies carbonées, qui contiennent du gaz à effet de serre, et de l’économie d’énergie nécessaire, dans le logement par exemple. »  

Eric Coquerel, proche de Jean-Luc Mélenchon, imagine des tables rondes, des meetings, des face-à-face à la télévision. Il veut suivre « le modèle de la campagne pour le non au Traité européen en 2005″.  

Mais comment solliciter l’avis des Français sur un sujet aussi complexe? Le PS ne veut pas d’un référendum de ce genre, a déjà expliqué l’équipe de François Hollande, puisque ce serait poser une question trop compliquée.  

Pourtant, « les Français ont déjà répondu à des questions complexes comme sur le sort de l’Algérie et sur les institutions de la Ve République », réplique-t-on dans l’entourage de DDV. « Les Français sont adultes », renchérit Philippe Vigier du Nouveau centre. 

Les Français, friands du nucléaire?

Dernière question, à quoi sert un référendum si le candidat défend déjà une position? Ainsi, Dominique de Villepin prône une baisse de la part du nucléaire à 50% de la production de l’éléctricité d’ici à 2035. « Mais il convient de trouver un chemin qui fait consensus en France. D’où le débat », explique-t-on à République solidaire. 

« A titre personnel, Jean-Luc Mélenchon défend aussi la sortie progressive du nucléaire. Mais il veut interroger ses concitoyens car ce débat traverse toute la société », glisse Eric Coquerel. Y compris au sein du Front de gauche, admet-il volontiers. « La preuve: quand le Parti de gauche y est favorable, le PCF, pas du tout ». Et d’ailleurs, lui-même a changé récemment d’opinion. Avant Fukushima, il défendait encore le nucléaire.  

Un peu comme Hervé Morin qui soutient, encore aujourd’hui, cette énergie, garant, selon Philippe Vigier, « de l’indépendance de la France ». « Les Français, croit-il savoir, restent favorables à ce type d’énergie à condition qu’il soit plus sécurisé. » C’est ce que l’on verra peut-être si un débat public a effectivement lieu. 

31 janvier 2012

« Nicolas Sarkozy fait du deux en un, président et candidat »

Sarkozy ne veut pas encore se porter candidat à sa réélection officiellement, a-t-il dit ce matin aux parlementaires de l’UMP, réunis à l’Elysée. Mais « la patience fait monter le désir », s’est-il justifié. Qu’en pensent les députés?

 Lire la vidéo ici

Les parlementaires UMP ont été reçus, ce mardi matin, à l’Elysée, pour que Nicolas Sarkozy leur précise ce qu’il compte faire durant les dernières semaines de son quinquennat. 

30 janvier 2012

Sarkozy, le Gerhard Schröder français?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, partis de droite, politique francaise

Lu initialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy vante les réformes engagées par l’ex-chancelier allemand, Gerhard Schröder, pour justifier celles qu’il veut mettre en place. Outre-Rhin, ces mesures avaient été, à leur lancement, critiquées par une partie de la classe politique. 

« En Allemagne, elle a été mise en place en 2004 par un socialiste. » Voilà comment Nicolas Sarkozy a justifié (à tort), dimanche soir, l’augmentation d’1,6 point de la TVA. Le chef de l’Etat pensait au social-démocrate Gerhard Schröder, « un homme de qualité ». 

Ce chancelier est souvent cité par Nicolas Sarkozy. Mais qu’a-t-il fait pour mériter autant de louanges de la part du chef de l’Etat? L’Allemand, au pouvoir de 1998 à 2005, a réformé son Etat-providence, réduit les charges sociales en vue d’améliorer la compétitivité des entreprises. Et ce, contre l’avis des syndicats et d’une partie de l’opposition. Une illustration du « courage », que souhaite incarner le chef de l’Etat.  

Mesures critiquées 

En mars 2003, Gerhard Schröder se trouve donc au plus mal dans les sondages. Il s’appuie alors sur son parti, les sociaux-démocrates du SPD et ces partenaires écologistes de coalition, les Grünen, pour porter les grandes lignes de sa réforme. 

L’opposition chrétienne-démocrate de la CDU soutient, elle, le texte dans son ensemble. Mais puisqu’il faut se démarquer du gouvernement, l’alors chef de l’opposition, Angela Merkel, critique le plan, se demandant si le chancelier « perçoit bien la gravité de la crise » économique.  

L’aile gauche du SPD râle aussi. Mais pas pour les mêmes raisons: Andrea Ypsilanti, patronne en 2003 de la fédération du SPD en Hesse, refuse à l’époque, toute « remise en cause de l’Etat-providence ». Gerhard Schröder s’en défendra plus tard dans une interview à l’hebdomadaire Der Spiegel d’octobre 2006, en faisant un parallèle avec les mobilisations en Allemagne: « Les gens ont manifesté car ils pensaient qu’on cassait le modèle de l’Etat-providence, mais ce n’est pas vrai. » 

L’ex-chancelier a donc réussi à réformer son pays, malgré les critiques venues de gauche, comme de droite. Mais, pour Nicolas Sarkozy, il a pu réussir telle prouesse, grâce à un allié de poids: les syndicats qu’ils jugent, moins « politisés » qu’en France.  

Les défaites du SPD 

Au pouvoir, Gerhard Schröder n’était pas de cet avis. Interrogé parDer Spiegel, il faisait état d’une méfiance non négligeable de leur part: les chefs, de l’époque, des syndicalistes d’IG Metall et de Ver.di, auraient été très « agressifs » à son encontre. Et auraient entravé le processus de mise en place de la réforme, qui commence en 2006, selon lui, à « porter ses fruits ».  

Enfin, dernier axe de la comparaison franco-allemande que dresse Nicolas Sarkozy: Schröder, très impopulaire au moment de la mise en place de ses réformes, est finalement sorti vainqueur des législatives anticipées de 2005. Signe qu’en oeuvrant pour le pays, même lorsqu’on prend des mesures douloureuses, on peut s’en sortir dans les urnes.  

Là aussi, ce n’est pas non plus tout-à-fait exact. Certes, Gerhard Schröder signe une remontée incroyable pour remporter le scrutin, mais son impossiblité à constituer une alliance avec le reste de la gauche le contraint à négocier avec la droite. Au final, il laissera la place de chancelier à Angela Merkel et démissionnera du Bundestag.  

Et c’est sans compter sur les défaites du SPD aux élections locales entre 2003 et 2005. Le parti de Gerhard Schröder s’est vu concurrencer par la gauche de la gauche, ainsi que par l’extrême droite. Le 19 septembre 2004, en Saxe, par exemple, le SPD n’obtient que 10% des suffrages, soit 0,2 points de plus que le NPD (extrême droite).  

Aujourd’hui, le SPD profite de l’impopularité de la coalition de centre-droit d’Angela Merkel, à bout de souffle, à un an des élections générales. Mais, une chose est sûre, le SPD, qui a perdu beaucoup d’adhérents, a eu du mal à tourner la page de la réforme imaginée par Gerhard Schröder. 

En prenant exemple sur l’ex-chancelier, Nicolas Sarkozy risque bien de précipiter l’UMP dans pareille spirale.  

29 janvier 2012

Bruno Le Maire à l’heure des doutes

Lu initialement sur L’Express.fr

Bruno Le Maire va faire connaître, ce samedi, les projet de l’UMP, soumis au vote des militants, lors d’un conseil national. Mais depuis qu’on lui a confié le poste de rédacteur du projet du parti, il cultive sa différence dans les propositions. 

Ce samedi, le conseil national de l’UMP aura un drôle de goût pour Bruno Le Maire. Le ministre de l’Agriculture doit en effet y présenter les propositions du parti pour le candidat de la majorité. L’aboutissement de plusieurs mois de travail au service du collectif. 

L’heure n’est pourtant pas à l’auto-satisfaction, plutôt aux doutes. Ces dernières semaines, on l’a vu faire entendre sa différence sur plusieurs sujets, sur la TVA ou la loi sur le génocide arménien. S’il réaffirme « une grande loyauté » envers Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire revendique « un ton singulier ». « Je reste déterminé à défendre mes idées, je ne suis pas un petit robot », explique-t-il à LEXPRESS.fr.  

Surtout, le 16 janvier, il brise un tabou dans une interview accordée à Libération. Le bilan de Nicolas Sarkozy? « Il est bon, mais il faut reconnaître les erreurs », explique-t-il, ciblant, parmi les « échecs » du quinquennat le bouclier fiscal, le débat sur l’identité nationale, ainsi que la hausse du chômage…  

Si le député de la Droite populaireLionnel Luca lui conseille de démissionner, Jean-François Copé préfère minorer. « Personnellement, je ne verse ni dans le triomphalisme, ni dans l’auto-flagellation. Mais après tout, chacun fait comme il le sent », glisse le secrétaire général de l’UMP. 

Pour un membre du gouvernement, les choses sont simples: Bruno Le Maire ne croit plus à la victoire. « Il est convaincu que le président veut avoir raison contre tous et que le syndrome CPE le guette », précise ce ministre. A en croire cette même source, le ministre n’est pas tendre avec le chef de l’Etat. Il estime que le président de la République n’écoute plus qu’une poignée de conseillers de l’Elysée, à l’origine des choix qu’il annoncera dimanche soir à la télévision. Parmi eux: les sondeurs Patrick Buisson et Pierre Giacometti. « A moins d’un miracle, il juge que le lien entre les Français et le président est irrémédiablement abîmé. » 

Y aurait-il quelque amertume chez l’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin? Bien que pensant avoir réussi à l’Agriculture -il se compare volontiers à son illustre prédécesseur Jacques Chirac dans ce domaine- il a échoué en juin 2011 à obtenir le ministère de l’Economie que le chef de l’Etat lui avait pourtant promis. Pire, c’est son « ami » François Baroin qui obtient le poste… 

A partir de ce moment-là, Bruno Le Maire commence à cultiver sa différence sur le fond, alors qu’il est censé plancher sur le projet de l’UMP, avec l’aide de Jean-François Copé.  

Début septembre, la première mouture du projet UMP qu’il a présentée à Marseille, a fortement déplu. « Oui, cela a été difficile, le projet a été très critiqué », se souvient Bruno Le Maire. Les deux mesures, qu’il prône encore aujourd’hui, ont finalement été retirées du texte, faute d’unanimité: la fiscalisation des allocations familiales et une baisse des allocations chômage des cadres. 

« Je n’ai jamais voulu faire du bruit », assure, aujourd’hui, le ministre, tout de même décu de ne pas avoir pu « aller plus loin » avec ses « idées nouvelles ». Pour ne pas « diviser », il a donc préfèré faire machine arrière pour que, dit-il à Europe 1 le 5 septembre, « la philosophie du projet rassemble l’ensemble des sensibilités de notre famille politique. » Comme un parfum de résignation… 

28 janvier 2012

Sarkozy et l’environnement: du Grenelle au désamour?

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet va défendre, ce samedi, son Grenelle de l’environnement auprès de l’association France Nature environnement. L’occasion pour LEXPRESS.fr de revenir sur l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour les questions écologiques. 

Elle aura à coeur de défendre le bilan de « son » Grenelle. Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à passer, ce samedi, un oral de quinze minutes auprès de l’association France Nature Environnement (FNE). Sur le modèle de ce qu’avait fait Nicolas Hulot en 2007 avec son « pacte écologique », FNE veut entendre ce que les candidats à la présidentielle ont à dire sur le sujet de l’écologie. 

La tâche est lourde pour NKM, tant Nicolas Sarkozy s’est éloigné de ses premières amours pour le développement durable, matérialisées par le Grenelle de l’environnement. En mars 2010, le chef de l’Etat lâchait même: « L’environnement, ça commence à bien faire ». Et début janvier 2012, il critiquait les règles écologiques administratives trop « tatillonnes ». 

La ministre de l’Ecologie préférera certainement insister sur les prochains mois, voire sur le prochain quinquennat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy en mai prochain. Pour le moment, l’UMP ne propose rien de plus que « la poursuite du travail du Grenelle », perçu comme une « révolution » au parti majoritaire, comme l’affirme le député sarkozyste Alain Gest. « La Cour des comptes nous a même reprochés d’avoir vu trop grand, notamment sur les transports et les économies d’énergie », claironne l’élu de la Somme, chargé des questions d’énergie à l’UMP.  

Son collègue des Bouches-du-Rhône, Eric Diard, qui s’occupe des questions d’écologie, se félicite, lui, de la création de « la taxe sur les véhicules bonus-malus qui a fait que la France possède désormais le parc automobiles le moins polluant d’Europe. » A propos du Grenelle, « le bilan est parfois mitigé, admet l’élu. La réduction des déchets avance lentement, par exemple. Mais ce n’est pas en six mois que cela se joue, il faudra attendre plusieurs années ».  

Un bilan « mitigé »

Le rapporteur de la loi Grenelle II, le député radical Bertrand Pancher, abonde en ce sens. « Il y a eu des avancées » mais « la France pourrait mieux faire ».  

« Des décisions sont prises au niveau national sans toujours se préoccuper des caractéristiques des territoires », avance cet élu de la Meuse. Qui prend l’exemple de l’obligation d’installer devant chaque cours d’eau une bande de plantation ou d’herbes: « Il est parfois dur d’appliquer cette règle en raison de certains terrains drainés. »  

Autre difficulté évoquée par l’élu radical: l’opposition des habitants à l’installation d’éoliennes terrestres qui augmentent petit à petit. « Dans ma circonscription de Bar-le-Duc, explique Pancher, il y en a presque 300, ce qui pose des problèmes de télévision et de nuisances visuelles. » 

L’installation de cette source d’énergie sur le territoire français reste toutefois insuffisante, selon Jean-Louis Bel, président du syndicat des énergies renouvelables. « Il ne faut pas confondre déception et impatience », sourit Eric Diard.  

Des mesures fiscales incitatives dans le projet UMP

Des couacs, il y en a eu et il y en aura toujours, compte tenu de l’ampleur des décisions actées dans le Grenelle. La Cour des comptes en a retenu un majeur dans un rapport récent, qui critique le volet fiscal du Grenelle « pas respecté, incohérent, (et) inefficace ». « On a échoué sur la taxe carbone, admet Eric Diard, mais ce n’est pas de notre faute, le Conseil constitutionnel a censuré le texte. » 

Plus que le contenu même du Grenelle, ce sont les récents propos du chef de l’Etat, qui interpellent les associations. France nature environnement a très certainement hâte d’entendre ce que Nicolas Sarkozy, par le biais de NKM, a à leur dire.

P.L

23 janvier 2012

A quoi ressemblera le débat de François Hollande sur l’énergie?

Lu initialement sur L’Express.fr

Hollande propose l’ouverture « d’un débat sur l’avenir de l’énergie en France » au début de son mandat présidentiel. Quelle sorte de consultation? Avec quels acteurs? Les écolos sont sceptiques.

François Hollande a surpris, dimanche après-midi au Bourget, en dévoilant un pan de son programme. Ainsi sur l’énergie, il souhaite mettre en place, si les Français lui confient mandat, « un plan d’économie d’énergie » et, surtout, « un débat sur l’avenir de l’énergie en France ».

« Il faut en effet mobiliser le plus grand nombre, faire de la pédagogie », précise François Brottes, chargé des questions de l’énergie pour le candidat socialiste. Ce député de l’Isère, coprésident d’un groupe d’études sur les énergies de l’Assemblée nationale, évoque une consultation des citoyens « très vite » après l’éventuelle élection de François Hollande. Et ce « en vue d’expliquer aux gens comment nous pouvons contrôler la consommation d’énergie », « accompagner les familles pour qu’elles modifient leur comportement ».

S’agit-il d’inviter les Français à éteindre leur lumière dans une pièce non occupée? Pas seulement, sourit François Brottes: « Baisser la température des radiateurs, la nuit, aussi. » Plus sérieusement, « sans compréhension des Français, sans responsabilisation des consommateurs, il n’y aura pas d’économie de consommations d’énergie. »

Qu’en pensent les Verts? « Hollande évolue dans le bon sens, modestement, glisse Sergio Coronado, directeur de la stratégie et de la communication d’Eva Joly. Les écolos ont toujours été favorables aux débats. Mais si Hollande ne prend pas position, cela ne sert à rien. Car il ne s’agit pas seulement de montrer aux Français comment moins consommer. »

L’écologiste songe alors à la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’organiser un débat sur les centrales nucléaires: « Les Français ne sont pas des zozos, ils ont un avis sur la sortie de l’atome, tacle-t-il. On peut leur poser la question. »

Mais une consultation populaire en vue de l’organisation d’un référendum, le PS n’en veut pas. « C’est un sujet complexe, on ne peut pas simplifier en posant la question aux Français, sur le nucléaire », explique François Brottes.

Le temps législatif et le temps du débat

Le député PS reconnait que les modalités précises du débat ne sont pas encore arrêtées. Toutefois, une chose est sûre: « Il faudra mettre autour d’une table associations, consommateurs, ainsi qu’opérateurs pendant quelques mois. »

Mais comment arrêter un certain nombre de mesures avant l’élection et en même temps proposer une consultation? Cela peut-il faire évoluer les propositions du candidat après son éventuelle victoire, le 6 mai 2012?

Oui, confie François Brottes, le débat pourra conduire à des « ajustements » dans le projet du candidat. « Si nous trouvons des chemins plus adéquats pour parvenir aux objectifs de François Hollande, il est possible qu’il y ait quelques changements. Tout dépend des collectivités locales qui seront aussi impliquées dans cette consultation. »

En revanche, assure François Brottes, comme « il faut aller vite sur certains points, on n’attendra pas l’issue du débat pour débuter le temps législatif ».

Quelles mesures seront prioritaires au Parlement? Pour le savoir, il faut attendre quelques jours encore.Hollande présentera son programme détaillé et chiffré, ce jeudi. Patience, donc…

PL

17 janvier 2012

« Il ne faut rien attendre d’un sommet électoraliste »

Publié par canarddeletang dans ministres-gouvernement, Parlement, politique francaise
Publié initialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy organise, ce mercredi, un sommet social. A l’occasion, le chef de l’Etat accueillera les partenaires sociaux. S’il ne fallait prendre qu’une mesure pour lutter contre la crise, quelle serait-elle ?

Regarder la vidéo en cliquant ici.

 

P.L

23 décembre 2011

Nantes, bientôt officiellement bretonne ?

Des députés ont voté un amendement, ce mercredi, qui faciliterait le rattachement du département de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Les nostalgiques de la Bretagne originelle, certes prudents, se montrent ravis. 

 

Lu initialement sur lexpress.fr

Et si le département de Loire-Atlantique rejoignait la région bretonne ? Depuis une semaine, on reparle d’un éventuel redécoupage territorial dans les couloirs de l’Assemblée nationale.  

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, et son collègue écologiste, François de Rugy, élu de Loire-Atlantique, ont proposé, ce mercredi, un amendement facilitant le rattachement du département de Nantes, capitale de la Bretagne médiévale, à la Bretagne administrative. 

Seize parlementaires se sont prononcés en faveur du texte, neuf contre. « Ce vote a été trans-partisan, se félicite l’élu EELV, mes collègues du NC et du PS ont dit  » oui « , tandis que ceux de l’UMP ont été plus partagés. » Mais seulement 25 députés ont pris part au vote. « Comme pour 95% des textes soumis au sein de l’hémicycle », précise Marc Le Fur. 

Un amendement non « démocratique »?

Si la Loire-Atlantique demandait, à l’heure actuelle, son déplacement vers la Bretagne, tous les départements de la région d’origine, en l’occurrence les Pays de la Loire, devraient se prononcer pour le  » départ  » de l’un des leurs. Et c’est ça qui énervent les deux députés.  

Si le Sénat ne retoque pas leur amendement, seuls les habitants de la Loire-Atlantique se prononceraient pour un retour au sein de la région bretonne. Les Pays de la Loire ne bénéficieraient ainsi plus de leur droit de véto, se félicitent les deux députés.  

Mais ils pourraient perdre un morceau de leur territoire. « Ce ne serait donc pas respectueux pour leurs habitants », fustige le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Le président de la région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS) parle même d’un choix  » anti-démocratique« .  

Une critique que comprend Marc Le Fur, mais qu’il démonte aussitôt: « Quand vous déménagez d’un immeuble, vous n’avez pas à demander l’avis des autres propriétaires. » Non, il convient simplement de frapper à la porte de la destination choisie. En l’occurrence, la Bretagne, dont chaque département serait donc invité à dire « oui » ou « non » à la Loire-Atlantique. « La carte de France peut évoluer », se justifie le parlementaire breton de l’UMP, citant l’exemple de l’Alsace qui se prépare à une fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. 

Une Bretagne jusqu’au Mans?

Cette décision de la Chambre basse n’est toutefois qu’une étape, admettent les deux députés. « Pour paraphraser un sénateur de droite, la route est encore longue et la pente est rude », sourit François de Rugy.  

« Ce ne sera pas facile, nous avons juste percé un obstacle, reconnaît, de son côté, l’élu de la majorité, il faudra convaincre. » Car rien n’est certain. Avant un référendum, encore faut-il qu’une pétition populaire recueille assez de signatures. « On oblige personne à prendre une décision, c’est le choix des personnes », rassure l’élu EELV. Les deux députés se montrent pourtant confiants: « Les habitants de Loire Atlantique et de Bretagne semblent favorables à une réunification », veut croire Marc Le Fur.  

Si le département de Nantes glissait vers la Bretagne, l’autre région, celle des Pays de la Loire, devrait alors « prendre une décision », pense François de Rugy. Le statu quo ne serait pas à l’ordre du jour et le député EELV envisage un rattachement. Soit à une région plus au centre, soit, peut-être -soyons fous-, à la Bretagne. La région s’élargirait alors jusqu’au Mans.  

Cela va faire parler dans les penty!

P.L

18 décembre 2011

Les écolos bouclent la difficile question des investitures

Publié par canarddeletang dans Elections, les Ecologistes, politique francaise

Le Conseil fédéral d’Europe Ecologie-Les Verts se réunit, ce week-end, pour valider les investitures aux législatives de juin 2012. Pas si facile, même pour les écolos… 

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Il n’y a pas qu’au PS et à l’UMP que les investitures pour les législatives posent problème. A Europe Ecologie – Les Verts (EELV), aussi. Le conseil fédéral se réunit, ce week-end, pour valider ses candidats. Et ce ne sera guère une partie de plaisir.  

A cause, notamment, de l’accord signé entre les écologistes et les socialistes qui prévoit, en vue des législatives de juin 2012, près de 80 candidatures communes entre les deux partis. L’idée de départ? Eviter les divisions à gauche et « les duels au second tour entre la droite républicaine et le FN », précise David Cormand, secrétaire général chargé des élections à EELV. Avant d’admettre que les conséquences peuvent être désastreuses: « C’est toujours compliqué quand il s’agit de l’ego des gens », sourit l’écolo. 

Et ces « gens » sont répartis aux quatre coins de la France, si bien que la direction nationale semble faire face à une fronde des fédérations. En Normandie, deux responsables ont ainsi démissionné au début du mois de décembre.  

La situation est plus difficile dans les Bouches-du-Rhône. Dans ce département, trois circonscriptions sont réservées aux écologistes. Mais les socialistes leur ont offert deux qu’ils ne souhaitaient pas: « Elles sont ingagnables, s’insurge Anne-Laure Faugère, porte-parole des écolos de la région PACA. Les socialistes n’ont pas respecté l’accord dans notre département. » D’où la volonté des Verts locaux de présenter leur propres candidats dans les 16 circonscriptions du département. Et donc d’entrer en concurrence avec leurs homologues socialistes faisant ainsi fi de l’accord avec le PS.  

Les élus de ce département rejettent, aussi, la candidature de Christophe Masse et de Jean-David Ciot, des proches de Jean-Noël Guérini, le puissant patron des Bouches-du Rhône, mis en examen. « On ne veut pas d’élus corrompus qui font ce qui veulent des subventions publiques, tonne la porte-parole écolo. Place aux autres! »  

« De toute manière, seule l’instance nationale des Verts peut valider les investitures, glisse Cormand. On ira donc sur place en janvier avec Jean-Vincent Placé pour régler ce différend avec les élus locaux. » 

« La direction de EELV ne soutient guère l’ouverture »

Un autre souci au sein du mouvement concerne la relation entre les Verts historiques et « les ex-non Verts », selon l’expression de Cormand, désignant les membres du rassemblement de la mouvance Europe-Ecologie, lors des élections européennes de 2009. Marie Bové, qui en fait partie, n’a pas obtenu l’aval des militants locaux (pourtant très peu nombreux le jour de l’assemblée générale consultative) pour se présenter en Gironde, à Bordeaux-II. « La direction nationale de EELV ne soutient guère l’ouverture vers la société civile d’Europe Ecologie », estime la fille de José Bové.  

Celle-ci, déçue du résultat, cite d’autres membres de la nouvelle génération de la formation à avoir échoués devant les adhérents. Le proche de Nicolas Hulot, Pascal Durand, n’a pas non plus convaincu les adhérents de la 10e circonscription de Paris. Pourquoi un échec ? On a reproché à Marie Bové de ne pas être assez implantée à Bordeaux… « Mais j’y milite depuis quinze ans », répond-t-elle, ajoutant, selon ses comptes, que le futur groupe écolo à l’Assemblée nationale ne sera composé presque que d’anciens cadres des Verts.  

Pour éviter tel scénario, David Cormand envisagerait de lui proposer une autre circonscription. « Je l’ai trouvée courageuse de se présenter à Bordeaux », précise-t-il. Réplique de l’intéressée: « Je respecte le choix des adhérents, je suis contre toute sorte de parachutage ou de bidouillage. » 

P.L

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