le Canard de l’Etang

12 juillet 2009

Fédérer la gauche autour du PS : l’idée vaine de Martine Aubry ?

http://s.tf1.fr/mmdia/i/54/0/daniel-cohn-bendit-martine-aubry-3270540afuyl_1378.jpg

L’appel à l’unité de gauche de Martine Aubry bat de l’aile. Ne connaît pas le succès escompté. Le courrier de la Première secrétaire du PS envoyé à tous les partis de gauche, excepté le NPA n’a pas convaincu.

Deux formations récentes, Europe Ecologie d’une part et le front de gauche de Jean-Luc Mélenchon (PdG) d’autre part ne veulent pas s’allier avec les socialistes en vue des régionales de 2010, comme le réclame en vain la maire de Lille.

Celle-ci veut à tout prix mettre en place un « projet commun » de gauche pour la prochaine échéance électorale, afin, on le comprend, de conserver la présidence de la plupart des régions (20 sur 22).

Mélenchon, dont le mouvement a adopté le PCF veut poursuivre sa route, toujours sans le grand frère socialiste. Il espère bien que quelques déçus du PS (et plus si affinités) frappent à sa porte un de ses quatre.

A l’instar de la députée Vert de Paris, Martine Billard qui vient de rejoindre les rangs du PdG.

Daniel Cohn Bendit, figure incontournable du mouvement écolo-politique, si populaire depuis le bon score d’Europe Ecologie aux  européennes s’emporte contre le PS, qui lui « casse les pieds ».

L’enfant terrible de Mai 68 est devenu, il est vrai, la cible de quelques politiques comme Corinne Lepage.

Tous veulent profiter de son aura, lui proposant ainsi des alliances pour les régionales. Des accords qui n’aboutissent pas pour l’instant puisque Dany le Vert refuse toute union, notamment avec les socialistes. Du moins avant le premier tour des régionales. Car pour le deuxième tour, pourquoi pas. A méditer.

Sur ce point, Dany le Vert rejoint le leader du PdG, qui accepte l’idée d’éventuelles « fusions techniques » avec le PS durant l’entre-deux tours des régionales futures. Mais seulement après avoir présenté des listes « autonomes et indépendantes » de son Front de gauche .

Si Cohn-Bendit ne veut pas s’associer avec Martine et les Eléphants roses du PS, il appelle quand même au rassemblement, mais cette fois-ci des écologistes. ‘DCB’ prône l’ouverture politique. Et souhaite intégrer les écologistes du Modem (Cap 21) et le pôle environnement des socialistes.  Pour que son mouvement gonfle, ait de l’allure. De l’embonpoint.

Rassembler au-delà de sa formation. Ou en tout cas tenter de le faire.

C’est devenu la mode, actuellement. De nombreux politiques de l’opposition lancent des appels en l’air. Personne n’en a le monopole, pas même Martine Aubry.

Certains caciques socialistes tels que Jean-Marc Ayrault ou Benoît Hamon, voire des communistes (Robert Hue) essayent de recruter et invitent toute la gauche autour d’une table.

Martine Aubry, Corinne Lepage et Dany le Vert ne sont donc pas les seuls à le faire. Ni les derniers,  sûrement.

P.L

6 juin 2009

campagne des européennes : laquelle ?

http://www.snut.fr/images/abstention-record.jpg

Le Canard de l’Etang se rend demain aux urnes. Malgré une maigre campagne, le dépositaire de ce blog veut tout de même se faire entendre. Au nom de l’Europe.

http://sorbonnes.ifrance.com/sorbonnes/images/abstention.62.gif

A l’UMP, trois sujets ont dominé la morne campagne. D’abord, la sécurité, notamment à l’école. Ensuite, la Turquie, et la question de son entrée au sein de l’Ue. Le chef de l’état et sa majorité s’y oppose. Telle une obsession, Xavier Bertrand rappelle à longueur de journée que sa formation reste « claire » sur ce point, au contraire du PS.

Enfin, il se veut le chantre d’une Europe qui protège les citoyens européens (ou ses électeurs ?) contre une Europe « technocratique ».

L’UMP ne jure que par la présidence française de l’Union européenne. Sarkozy aurait montré à ses voisins tout son talent, son charisme, sa pugnacité, ce qui aurait permis quelques avancées significatives. Le président de la République aurait montré l’exemple.

En suivant le modèle de Nicolas Sarkozy, les eurodéputés français de la PPE (droite majoritaire européenne) pourraient sauver l’Europe s’ils se font élire…

Voilà le le message du parti présidentiel que les têtes de liste répètent à chaque meeting.

En revanche, Xavier Bertrand n’a jamais souhaité évoquer la future élection du président de la Commission européenne par les eurodéputés, pourtant programmée dans les prochaines semaines…Car ce n’est pas, dit-il, une question que lui posent ses électeurs !

A gauche, tout n’est pas parfait non plus. Le PS propose certes un peu plus que ses concurrents de droite, mais reste hanté par ses querelles intestines. Et ses divisions idiotes.

A tel point de glorifier la réunion (secondaire) entre Martine Aubry et Ségolène Royal à Rezé, juste parce qu’elles se sont retrouvées ensemble pour la première fois depuis novembre dernier.

Bayrou, lui, s’est un peu trop concentré sur la campagne présidentielle de 2012. La preuve ? Son livre « Abus de pouvoir », sûrement bien écrit au passage n’aurait pas dû sortir à ce moment- là. A quelques mois des européennes, cela semble infondé.Et même s’il s’est bien vendu…

Enfin, on se demande pourquoi Besancenot n’a pas voulu s’allier avec le Front de Gauche  de l’ex-socialiste Mélenchon et du PCF.

Leurs programmes se ressemblent plus ou moins, leur principal adversaire porte le même nom : l’UMP, et luttent, comme les socialistes (d’après Martine Aubry, en tout cas) tous les deux contre « l’Europe libérale »

L’argument du facteur réputé des Hauts-de-Seine est un peu court. Le fondateur du NPA craint que le mouvement de gauche se rapproche à terme du PS et n’a, par conséquent pas accepté d’entente cordiale avec le Parti de Gauche.

Besancenot a toujours la hantise du pouvoir. Préfère les manifestations et la révolution par le bas…

D’ailleurs, les débats entre politiques ont cruellement manqué sur le PAF. Les candidats se sont contentés de leurs meetings respectifs, afin de mobiliser leurs électeurs.  

La faute à France TV ? Pas vraiment. Serge Moati a réuni deux fois certains acteurs de cette élection. Et Arlette Chabot en a invité sur son plateau quelques-uns, dont des chefs de partis non candidats (Aubry, Bertrand, Bayrou).

Un « à vous de juger » un peu particulier, tellement personne n’a respecté les règles du jeu, à part peut-être Besancenot, Aubry et Bertrand.

La consigne que chacun devait respecter à la lettre : écouter ses adversaires dans le silence sans les interrompre et prendre la parole lorsque vient son tour.

http://img.ozap.com/01754866-photo-a-vous-de-juger.jpg

Au lieu de cela, un brouhaha perpétuel. Des règlements de compte et des injures n’ont cessé de pleuvoir durant l’enregistrement de l’émission. Mettant ainsi de côté le débat sur les questions européennes. Entre Bayrou et Cohn-Bendit d’abord.

Ensuite entre Jean-Luc Mélenchon et Arlette Chabot, qui a dû se défendre d’un « allez au diable » d’une part et des invectives de Marine le Pen, de l’autre.

La frontiste, pour qui l’Ue représente une « arnaque commerciale » (ne riez pas) a prétendu ce soir-là que Sarkozy aurait commandé un sondage de la chaîne publique. (Bayrou a sorti le même coup, d’ailleurs)

Forcément, l’émission n’a pas donné envie d’aller voter. Et a mis un terme à cette campagne qui n’en était pas une. Regrettable.

P.L

28 mai 2009

quand le sport espagnol vient en aide à la gauche…

 

Rien de mieux que le sport pour ressouder les politiques. Ou plus exactement, l’allusion aux équipes qui gagnent, aux sportifs de haut niveau qui se trouvent au cœur de l’actualité.

http://tempsreel.nouvelobs.com/file/603954.jpg

Le journaliste de Libération, David Revault d’Alonnes rappelle justement que le meeting commun de Ségolène Royal et Martine Aubry, à Rezé (Loire-Atlantique) se déroulait quelques minutes avant le coup d’envoi de la finale de la ligue des champions opposant l’équipe de Barcelone à Manchester (2-0 en faveur des Espagnols, hier soir).

« A l’heure où Barcelone et Manchester s’affrontaient pour la suprématie continentale, Ségolène Royal et Martine Aubry jouaient côte à côte, et sous les mêmes couleurs, hier à l’occasion de la dernière ligne droite de la campagne européenne du PS », écrit l’envoyé spécial, ce matin.

Deux événements, au même moment : une coïncidence. Le reporter ne relève pas ce synchronisme par hasard. Durant  la réunion, Jean-Christophe Cambadélis, directeur de la campagne estime que les socialistes ont « décidé de changer de système de jeu. Maintenant, on joue à plusieurs attaquants: les stars devant, comme au Barça…».

Or, peut-on vraiment comparer ces femmes politiques avec les attaquants Samuel Eto’o, Thierry Henry et Lionel Messi, auteurs cette saison d’un triplé (coupe, championnat, coupe des champions) ? Les deux dirigeantes sont-elles réellement des stars, à l’image des champions du ballon rond ?

Le PS passe sous la barre des 20 % d’intention de vote. Sauf surprise, les Eléphants roses ne devraient pas  battre l’UMP, aux européennes du 7 juin. La formation politique pâtit encore des désillusions du congrès de Reims.

Depuis, les querelles intestines entre les différentes factions font désordre. Et amusent la majorité, en tête dans les sondages.

François Fillon ironise d’ailleurs sur les retrouvailles de Dame Royal et Martine Aubry : « il a fallu des semaines pour savoir si ces deux personnalités allaient tenir une réunion ensemble et si elles allaient se serrer la main ». Sur sa lancée, le chef du gouvernement évoque sans rire un « suspense haletant qui a pris toute la France à la gorge ».

Avant de terminer sur une belle petite pique. « Je ne doute pas qu’un vent de fraternité et d’amitié souffle sur la réunion de ce soir. Mais derrière les apparences, chacun sait que le Parti socialiste est divisé et, surtout, sur la question de l’Europe, il est sans idées »…

quand le sport espagnol vient en aide à la gauche... dans billet d'humeur photo_0302_459_306_42759

Autre événement sportif venant à la rescousse d’un parti de gauche : Roland Garros. Le Front, regroupant Jean-Luc Mélenchon, le PCF et quelques dissidents du NPA pour les européennes publie une affiche qui lie la prochaine échéance électorale avec la finale du grand chelem du 7 juin.

L’ex-socialiste Mélenchon parie t-il sur Roger Federer? Ne voit-il pas le joueur ibérique, Raphael Nadal, vainqueur du tournoi ?

En tous les cas, le sénateur de l’Essonne souhaite que ce jour soit avant tout une victoire du Front de Gauche (enfin, il rêve d’un bon score  aux élections, et pourquoi pas de titiller le PS).

Son principal adversaire étant l’abstention, le leader du Parti de Gauche veut que le 7 juin ne se résume pas seulement à la finale de Roland Garros…Evidemment!

 

P.L

31 mars 2009

Buffet à l’ESJ Paris : une « camarade » qui défend son parti…et la gauche

http://www.rmc.fr/blogs/public/images/Bourdin_and_co/buffetmarie.jpg

Marie Georges Buffet était aujourd’hui l’invitée de l’Ecole Supérieure de Journalisme à Paris. La cheftaine du PCF en a profité pour expliquer que son parti était la troisième force politique de France en terme d’élus. Et non un parti à l’agonie.

Un petit peu, quand même. Elle le sait bien puisqu’elle glisse les raisons de la chute des Communistes depuis 1981: suprématie du vote utile, manie « de jauger le parti » seulement par les résultats de chaque présidentielle. Et comme ils sont mauvais, on estime que le parti se meurt. L’opinion lui colle donc une étiquette peu glorieuse. Qui explique le désamour.  Forcément.

D’ailleurs, 2012 est dans tous les esprits. Maints politiques ne pensent qu’à cette échéance. Ou presque. A l’instar de Bayrou, qui est l’auteur d’un beau « lapsus révélateur ». Le centriste a confondu lors d’un rassemblement des siens, les Européennes de juin et la prochaine présidentielle.

Sujets fétiches de Dame Buffet, l’alliance entre le PCF et le parti de Gauche, fondé par Mélenchon pour les Européennes, ainsi que sa relation avec les médias.

Jamais tendre, toujours sympathique, parfois dure, elle nous fait part de ses attentes vis-à-vis des journalistes. Justement, elle regrette, avec une pointe d’ironie que les émissions de TV invitent de plus en plus des consultants sportifs ou des « spécialistes », au côté des présentateurs et autres journalistes. Des professionnels qui prennent en quelque sorte la place du reporter. C’est-à-dire les « espères »[1].

D’ailleurs, qu’espère t-elle ? Battre le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) aux prochaines élections avec « son front de gauche » qui rassemble aussi des déçus de la défunte LCR ? Refonder la gauche ? Vaste programme, Madame. Mais encore ? Formuler des idées « révolutionnaires mais nouvelles », précise t-elle.

En outre, elle nous pose une question qui tue. C’est quoi la gauche aujourd’hui? Elle n’y répond pas, bien sûr. Toutefois, elle nous invite à réfléchir. A nous torturer.

Sauvé. Elle laisse quelques pistes de réflexion. Etre de gauche, c’est « contester » la droite ? Oui. Or critiquer le « candidat devenu président » (Sarko) ne suffit pas. Construire un projet alternatif répondant aux questions des « hommes et femmes qui souffrent ». D’accord, mais encore faut-il s’entendre entre « camarades ». Car le problème, c’est que les projets de gauche sont trop nombreux. Et pas toujours lisibles. MGB le reconnaît aisément.

P.L


 

 

[1] Buffet ne prononce pas le « x » du mot « expert »

26 février 2009

le canard se rebiffe

 

http://montataire.parti-socialiste.fr/files/sarko-1er.jpg

 

Lit de justice de Sarko Ier. Les heures passent et la polémique enfle. En cause, la nomination de François Pérol à la tête des banques qui viennent de s’unir, Caisses d’épargne et Banques populaires.

L’affaire serait sûrement passée inaperçue, si le nouveau patron, proche de Sarko, n’était pas secrétaire général adjoint du Château chargé de l’économie, et s’il n’avait pas collaboré au projet de fusion.

Pourtant, « il est interdit à un agent public de rejoindre une entreprise privée lorsque ses fonctions publiques effectivement exercées a cours des trois dernières années précédant son départ l’ont conduit (…) à proposer directement à l’autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par cette entreprise ou formulé un avis sur de telles décisions »[1].

François Bayrou  affirme à juste titre que le président de la République a menti, lorsqu’il prétend avoir saisi la Commission de déontologie, alors que celle-ci ne s’est même « pas réunie ».Pas encore, en tout cas, cher leader du mouvement centriste orange!

Selon l’Elysée, qui tente de se rattraper auprès de l’opinion publique, l’accord avait été obtenu « via une lettre du président de la commission, Olivier Fouquet ». Claude Guéant sur LCI : le Petit Nicolas « n’a pas menti, il a utilisé un raccourci. François Pérol et moi-même avons saisi le président de la commission». Ce qui se traduit, de façon approximative par un lit de justice de Sarko 1er. Car l’avis personnel d’Olivier Fouquet ne ressemble pas forcément aux « conclusions » de ladite commission…

Claude Guéant s’interroge. « Pourquoi la Commission se réunirait ? » Oui, pourquoi, d’ailleurs ? Sylvie Pierre Brossolette du Point explique que la commission approuve les attributions « 9 fois sur 10 ». Une réunion inutile en somme. Et facultative, en plus!

 

 

http://www.staragora.com/images/flux/300x300/6/a/6ab44ffaf0d8ee01b4ab584dc6f9dfb548db9748eec4f.jpg

 

Sarko stressé. Analyse des chiffres du chômage du mois de janvier (catastrophique, puisque  toutes les générations sont touchées par la crise), réunion de François Fillon et Valérie Pécresse avec les représentants de la Conférence des présidents des universités, préparation d’une autre nomination, cette fois-ci d’un commissaire français  à Cuba, conclusions de la commission Balladur, chargé de réfléchir sur la  réforme des collectivités locales, et poursuite des négociations en Outre-mer

 

 

http://marseilleunautreregard.files.wordpress.com/2008/08/lang.jpg

 

L’ouverture politique se poursuit. Un ancien ministre de Jospin s’est vu attribué une tâche ingrate (ou pas). Un socialiste de cœur brisé, ou un sarkozyste durant ses heures perdues. J’ai nommé Jack Lang. Il rencontrera incessamment sous peu des responsables Cubains, pour évoquer l’avenir des relations franco-cubaines.

 

 

http://www.adgoog.com/blog/photo/25735a-balladur_pour_un_boycott_des_jo_par_sarkozy_si_rien_ne_change.jpg

 

Edouard Balladur veut réduire le nombre de régions de 22 à 15. Sont évoqués la fusion des deux Normandie, le rapprochement des deux départements alsaciens, la suppression de la Picardie, le rattachement du département de Loire-Atlantique à la Bretagne, l’union de la Franche-Comté et de la Bourgogne, le mariage entre Rhône-Alpes et Auvergne. Certains imposteurs (ironie) évoquent des propositions « stupides » (Claude Gewerc, président PS du conseil régional de Picardie) Ah la province ingrate ! (Ironie, encore)…

Nationalisme régional. Michel Guiniot, président FN au Conseil régional de Picardie, le 11.02 : « Notre région qui a vu naître la France avec Clovis et Pépin le Bref à Soissons, Charles le Chauve à Compiègne, Charlemagne et Hugues Capet à Noyon, Jeanne d’Arc à Compiègne n’est pas un territoire que l’on peut écarteler. Le peuple de Picardie n’a pas vocation à disparaître par un éparpillement dans les régions limitrophes afin de satisfaire les fantasmes et les errements de politiciens parisiens incapables de régler les problèmes des Français. » A bas les Jacobins ! (ironie toujours)


 

 

[1] Frédéric Lemaître, journaliste au Monde, au service éco l’explique noir sur blanc sur son blog

12 février 2009

Les « Républicains des deux rives »

http://www.denistouret.net/constit/chevenement_jean-pierre1.jpghttp://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/0/34/49/82/dupont_aignan49.jpg

Quand un souverainiste de droite s’allie avec une gaulliste de gauche. Tel est l’étrange scénario qui vient de se réaliser, à Paris. Nicolas Dupont-Aignan (NDA), président de Debout la République a présenté, le 10 février ses têtes de liste, en vue des élections européennes.

 

Une ancienne militante chevènementiste, Christine Tasin sera deuxième sur la liste Ouest. Le gaulliste prône une « union des Républicains des deux rives ». Comprendre ici, gauche et droite.

 

« La France réintègre l’Otan : bonjour, messieurs les traîtres  (…) Ou comment devenir le chien-chien  des Américains. Sarkozy a osé. Sarkozy l’a fait. Adieu notre souveraineté, adieu la possibilité de dire non à une guerre absurde et aux  conséquences dramatiques comme celle d’Irak. ». Un discours de général de Gaulle ? Non, un extrait du blog de Christine Tasin, républicaine de gauche, et issue du MRC.

 

Le leader du Mouvement Républicain et Citoyen n’est pas non plus fan de la tentative du président de la République de réintégrer le commandement de l’OTAN. Jean-Pierre Chevènement fustige également  l’envoi supplémentaire de 700 soldats français en Afghanistan. « Une mécanique qui réduira obligatoirement notre marge d’indépendance », estime t-il, sur Public Sénat.

 

 Nicolas Dupont-Aignan, ex UMP et le sosie de Mister Bean partagent quelques points de vue, comme le refus du  Traité européen de Lisbonne et l’anti-atlantisme non négligeable. D’où le rapprochement entre Debout la République et le MRC pour les Européennes.

 

Mais où se cache Jean-Pierre Chevènement, alias JPC ? Pourquoi les deux hommes ne font-ils pas campagne en binôme, comme ils l’avaient fait, en décembre 2007, pour quémander un nouveau référendum sur le Traité européen ? Pourquoi ne pas aller au bout de l’idée de fusion des « Républicains des deux rives » (le temps d’une élection), afin de proposer « une Europe qui respecte »  (Dupont-Aignan) ses citoyens ?

7 février 2009

le canard des partis : Besancenot, Krivine, Sarkozy, Bayrou, Thuram, au programme

 

http://www.christianevienne.be/wp-content/uploads/2008/02/krivine2007.jpg

 

La LCR est morte, vive le NPA. La gauche de la gauche n’est plus. Les trotskistes évoluent. La Ligue Communiste Révolutionnaire a été enterrée hier soir, au profit du Nouveau Parti Anticapitaliste, cher à Olivier Besancenot, le facteur le plus connu de France.

Quelles sont les différences entre les deux partis ? Eléments de réponses avec Alain Krivine, sur le Monde.fr : « On n’abandonnera aucune référence qui semble utile au combat anti-capitaliste. Le marxisme en fait partie. On va garder tout ce qu’il y a de positif dans l’héritage trotskiste, libertaire ou communiste ». Et tout ce qu’il y a de négatif, on le jette à la poubelle ?

Les questions d’alliances politiques se posent. Jean Luc Mélenchon aura-t-il l’honneur d’accueillir le NPA, au sein de son « front de gauche » ? Alain Krivine : « Nous sommes pour une nette prise de position contre toute participation aux exécutifs avec le PS. Or, le PCF et Mélenchon soutiennent à fond le parti allemand Die Linke qui dirige Berlin avec le SPD, avec des conséquences désastreuses. »  CQFD. Olivier Besancenot en rajoute : « Nous ne sommes pas une boutique électoraliste, pas un parti institutionnel, mais un parti de militants ». M’enfin, une formation politique peut être l’un et l’autre…

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/images/besancenot2.jpg

 

Et Sarko prit le virage à gauche. Olivier Besancenot l’assure. Sa formation est un parti de « gauche (minoritaire, certes) qui résiste ». Ah quoi bon, désormais ? Nicolas Sarkozy lutte contre les méchants capitalistes et les mauvais traders. Il veut supprimer certains bonus des banquiers, et serait peut-être tenté de « copier » Barack Obama, qui souhaite plafonner le salaire des PDG. Au grand dam du Medef. Laurence Parisot s’écrie : « Il n’est ni normal, ni souhaitable que l’État décide des rémunérations des chefs d’entreprises ». Alors laissons « l’entrepreneur entreprendre ». Bien dit, Madame la présidente !

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/file/167235.jpg

 

Le petit Nicolas se prend pour un Eléphant rose socialiste. Jeudi soir, au cours de son intervention à la TV, le président de la République jure avoir écouté les manifestants du 29 janvier. Le Sauveur de tous les Français veut mettre fin à la taxe professionnelle. Il propose la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu et l’augmentation des allocations familiales. Une annonce définitive ? Non, il ira d’abord en discuter avec les syndicats, le 18 février prochain. Le dialogue, avant tout. Comme un petit air de Ségolène, qui lors du débat présidentiel en 2007, voulait rencontrer les partenaires sociaux. Le but : engager du personnel, capable de co-rédiger des réformes à venir. Un débat, avant la décision finale, en somme.

 

http://norena.gauchepopulaire.fr/public/norena.gauchepopulaire.fr/Bayrou.jpg

 

Bayrou, avec les moyens du bord. Demain, le président du Mouvement démocrate présentera son équipe des Européennes, au palais de la Mutualité de Paris. A défaut de trouver des politiques, souhaitant porter la couleur du Modem, c’est-à-dire l’orange, il invite des personnes, issues de la société civile. Des non-professionnels. Voire des inconnus au bataillon. Une ancienne conseillère de Romano Prodi, alors président de la Commission européenne, Sylvie Goulard, a été choisi pour Ouest.

Robert Rochefort, directeur général du Centre de recherche pour l’étude et les conditions de vie (Crédoc) conduira la liste dans le Sud-Ouest. Le fondateur de Marianne Jean François Kahn, alias JFK sera tête de liste du Grand-Est. Etrange, les eurodéputées sortantes des zones en question (respectivement, Anne Laperrouze et de Nathalie Griesbeck) se muent en valets, c’est-à-dire seconds sur la liste. L’inexpérience prime t-elle chez les Centristes « indépendants » ? L’ancien Vert Yann Wehrling est seulement N°3 sur la liste de JFK. Un beau cadeau pour un écolo, que Bayrou « aime bien » pourtant. Comprendra qui pourra.  

 

http://www.animafac.net/IMG/jpg/thuram.jpg

 

Toutes les places sont prises. Toutes ? Non ! La tête de liste de l’Outre-Mer n’est pas désignée. La faute à Lilian Thuram, qui a malheureusement refusé l’offre du Modem. L’ancien international français préfère apprendre, avant de se lancer en politique un beau jour. Pas d’inquiétude, François. Le Guadeloupéen a également refusé le maroquin de la Diversité de Sarko…

2 février 2009

Luc Chatel, jumeau de Frédéric Lefebvre?

http://www.impots-utiles.com/mt-static/FCKeditor/UserFiles/Image/luc_chatel_prix_consommation_inflation_menages.jpg

 

On connaissait le talent de Frédéric Lefèbvre pour ses diatribes tonitruantes, en direction, bien souvent de l’opposition. Il vient de se trouver un compagnon de route : Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, qui a une idée de cadeau pour Ségolène Royal.

« On pourrait se cotiser pour (lui) acheter une boussole. On savait qu’elle avait perdu le nord, mais de là à aller taquiner Sud, c’est un pas qu’elle franchi allègrement », estime t-il[1]. Le copain de Sarko[2] réagit aux propos de Ségolène sur les rapports entre les différentes gauches. « Une chose m’a frappée à Belem », expliquait-elle, « il n’y a pas de barrière infranchissable entre ces trois composantes que sont la gauche de gouvernement, les mouvements sociaux qui luttent sur le terrain et ce qu’on appelle en France l’extrême-gauche ». Ah oui ? Pourquoi pas ! La Dame du Poitou suit-elle l’exemple de Jean-Luc Mélenchon, qui a passé une bonne partie de son week-end à draguer le NPA ? Certainement. En tout cas, cela ne fait pas rire Luc Chatel, qui trouve cela « assez déconcertant ».

« Mme Royal a passé la campagne présidentielle a nous expliquer le bien-fondé de l’alliance avec M. Bayrou, avec le centre. Aujourd’hui, elle nous vante les mérites de M. Besancenot et de l’utra-gauche. ».

Sylvie Pierre-Brossolette[3] : l’ex-candidate à la présidentielle « a compris que Bayrou n’est plus à la mode ». Un « virage, une pirouette », selon la journaliste du Point.

Laurent Joffrin ajoute : « la droite dit : Mme Royal veut s’allier avec l’extrême gauche, car elle était à Belem ; mais elle n’a rien compris ». C’est un « mouvement » anti-mondialisation, rappelle le directeur de Libération. Pas que des gauchistes, là bas, en somme.

 


 

 

[1] Interview pour le JDD

 

 

[2] Il fait partie du G7 personnel du président de la République, les ministres que Sarko réunit régulièrement

 

 

[3] Sur France Info, dans le duel du jour entre Sylvie Pierre-Brossolette et Laurent Joffrin

1 février 2009

le bal des « nonistes », pour bientôt ?

 

http://www.gaullisme.fr/Melenchonw.jpg

 

« Passer devant le PS, c’est jouable ». Jean-Luc Mélenchon y croit. L’ex Socialiste veut battre les Eléphants roses aux Européennes. Comment ? Grâce à son éventuel « front», rassemblant la gauche de la gauche, celle qui avait dit non au Traité européen de 2005. C’est-à-dire la LCR qui se métamorphose en NPA (nouveau parti anticapitaliste, nom non définitif) lors du prochain congrès (6-8 février) ; le parti d’Arlette Laguiller, jeune retraitée de la politique ; le PCF, qui a rejoint l’alliance; des chevènementistes. Voire même des Socialistes, naturellement.

Ce front ne verra pas forcément le jour. De nombreux caciques du PS, plutôt  à gauche sur l’échiquier socialiste ont dit oui au projet de Martine Aubry. De ce fait, ils ne rejoindront pas le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Laurent Fabius est l’un d’entre eux. Il s’était fait remarqué en 2005 par sa campagne virulente pour le non. L’ennemi de François Hollande, membre des « Reconstructeurs » a voté Aubry. Certainement, la voix de la sagesse selon lui[1].

Henri Emmanuelli n’ira pas non plus frapper à la porte de Jean-Luc Mélenchon. En tout cas, pas de suite. Cet ancien proche de Mitterrand penche davantage pour le nouveau porte-parole des Eléphants, Benoît Hamon, un autre « ex-noniste » d’ailleurs.

Rama Yade n’est point la ministre la plus appréciée de l’Elysée (voir billet précédent, Rama-Yade, à la lettre ? /) Elle n’a quand même pas l’intention de rejoindre la formation politique du député de l’Essonne. Pourquoi évoquer la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme ? Tout simplement parce que cette jeune femme, icône de « l’ouverture » a confié, en février 2008 son petit secret : « Je ne sais si je peux le dire, mais moi aussi, j’ai voté non à la Constitution européenne en 2005, comme 55 % des Français ».

Autre vedette du non, Olivier Besancenot. Son parti n’a pas encore rejetté l’invitation de Mélenchon, mais l’alliance semble incertaine, car le facteur le plus connu de France et de Navarre refuse un « simple bon coup électoral ». Le NPA doit encore trancher la question des alliances politiques.

Mais une chose est sûre : il n’est pas dans une optique de prise de pouvoir. « Les élections ne sont pas le débouché politique immédiat », explique l’ancien candidat à la Présidentielle dans une interview donnée à l’Humanité, le 21 janvier dernier.

Toutefois, cette formation est divisée. Christian Picquet : « Sur le fond, il n’y a pas de raison de refuser cette offre ». La majorité, représentée par Alain Krivine et Besancenot contre une minorité bien culottée, en somme.

Jean Luc Mélenchon espère que le PCF pourra convaincre les Stroskistes de rejoindre le mouvement. « Si le NPA répond non, ce serait un désastre politique », glisse le fondateur du PG

« On tend la main à tous ceux qui veulent changer d’Europe ». Tous les anciens « nonistes » peuvent venir ? Oui ? Alors une petite idée, pour attirer les électeurs : l’ouverture politique à droite. Nicolas Dupont-Aignan, Philippe de Villiers et Jean-Marie le Pen seraient ravis de recevoir une carte d’invitation. (IRONIE)

« Mais évidemment », comme dirait Jean-Pierre Gauffre sur France Info (chroniques)  « vous n’êtes pas obligé de me croire ! »


 

 

[1]  Un courant regroupant des Eléphants roses, refusant, avant le congrès de Reims, la bataille entre Bertrand Delanoë et Ségolène Royal pour l’élection du poste de Premier secrétaire

29 janvier 2009

François Bayrou : « je marche seul »

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/file/604852.jpg

 

 

On n’avait pas entendu le célèbre titre de Jean-Jacques Goldmann, « je marche seul » depuis bien longtemps. Aujourd’hui, le morceau des années 80 aide à comprendre l’actualité de François Bayrou. Malheureusement ? Peut-être.

Le troisième homme de la dernière Présidentielle semble se chercher désespérément des amis. Et des personnes acceptant de porter le titre Modem, pour les prochaines élections européennes. Le temps presse. François Bayrou annoncera le 8 février le début de sa campagne et fera connaître le nom de chaque candidat.

Pour l’instant, seuls Marielle de Sarnez, Jean Luc Bennahmias, Corine Lepage, Jean-François Kahn sont sûrs de figurer sur des listes Modem. La magistrate Eva Joly a retourné sa veste, et rejoint Daniel Cohn-Bendit. L’ex ministre de Dominique de Villepin, Azous Begag, est pressenti, mais rien n’est sûr. Celui-ci veut mener la liste sud-est du mouvement.

Mardi dernier, au grand plaisir de Martine Aubry, François Bayrou a signé la motion de censure du PS à l’Assemblée nationale, visant à manifester contre la « transgression des principes de séparation des pouvoirs » et « la multiplication des atteintes aux libertés ». Bayrou, un défenseur des valeurs humanistes, c’est beau.

Au-delà du symbole, les trois députés du Mouvement démocrate, installés chez les non-inscrits du palais Bourbon (aux côtés de deux villièristes et d’un gaulliste !)n’ont pas beaucoup d’influence. La motion des Eléphants roses a été logiquement rejetée. Mais seul le geste compte, non ?

Depuis mai 2007, François Bayrou, fort de sa popularité, en dépit de sa solitude s’est trouvé une mission : devenir le meilleur opposant du sarkozysme, ravir la place à la gauche, et pourquoi pas espérer de passer le second tour de la présidentielle, en 2012.

Lors des municipales de mars dernier, il a accepté plusieurs listes communes avec la gauche, afin de battre les droites locales. Mais des membres du Modem se sont aussi liés à des candidats de droite, comme à Bordeaux.

Le Béarnais, au centre, se tourne vers sa gauche, mais pas trop non plus. Il ne faut pas exagérer. Quand Sarko souhaite reformer le parti radical d’antan, en schisme[1] depuis plus de trente ans, Bayrou rejette, début janvier une proposition de Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche. Le leader du PRG aurait voulu faire de listes communes avec le Modem pour les Européennes. Et en quelques sortes, rassembler le centre gauche, inexistant en France.

Le président du Modem a repoussé l’idée, estimant que le PRG  reste trop souvent entre les pattes de l’ogre socialiste. En un mot, c’est une formation politique non « indépendante » (du PS). Mais, diable, que veut-il ?

François Bayrou cherche à promouvoir des partis politiques indépendants de l’UMP et du PS. Créer un véritable centre français, autour de sa personne. Bien entendu, il aimerait que le PRG devienne Modem pour de bon. Et pendant qu’on y est, que les Socialistes se métamorphosent en Démocrates. Mais ce n’est pas possible. Du coup, il « marche seul, sans témoin, sans personne »…

 


 

 

[1] Le petit Nicolas voudrait une réunification entre le parti radial valoisien de droite, cher à Jean-Louis Borloo, et le PRG de Baylet, pour titiller Bayrou.

123456

LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
MoDem de l'Ariège |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...
| UNI ...