le Canard de l’Etang

2 avril 2012

Merkel prête à s’entendre avec Hollande sur le traité européen?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Economie, Elections, president de la Republique, PS

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon Jean-Marc Ayrault, l’équipe de François Hollande aurait noué des contacts avec l’entourage de la chancelière pour envisager l’ajout d’une annexe au nouveau traité européen. Mais rien n’est fait, loin de là. 

Et si Angela Merkel avait changé d’avis? Selon Der Spiegel, la chancelière serait prête à envisager l’ajout d’une annexe au traité européen de stabilité concernant la croissance. Exactement ce que défend François Hollande.  

Cité par le journal allemand, Jean-Marc Ayrault le confirme du bout des lèvres: « Il n’y a pas de contacts officiels entre le PS et la chancellerie ». Mais plutôt de manière officieuse, entre « conseillers » qui s’échangent quelques « messages ».  

Le conseiller du candidat du PS refuse, pour l’instant, d’en dire plus. Mais assure, à L’Express, qu’Angie se montre « réaliste », compte tenu des chances réelles de François Hollande d’accéder à l’Elysée, en dépit du resserrement des courbes des sondages des deux favoris. Angela préfère toujours la victoire de Nicolas Sarkozy. Mais son équipe se prépare à un éventuel changement de président. « Certains, parmi ses conseillers, sont pragmatiques », veut croire le germanophone Ayrault. 

Une « annexe » sur la croissance

Un proche du candidat PS, cité par un journaliste du Nouvel Obs’, veut également y croire: « On ne touche pas au traité lui-même, et en particulier aux clauses concernant l’automaticité des sanctions et la réduction des déficits, souffle ce proche de François Hollande, mais on ajoute une annexe ou un protocole (les deux ayant valeur juridique) concernant la croissance (avec, par exemple, la création d’euro-obligations pour financer de grands chantiers européens) ».  

Les hollandais misent beaucoup sur une inflexion de la position d’Angela Merkel avant le premier tour, ce qui est loin d’être acquis. Une telle issue permettrait de désavouer les cadres de l’UMP, qui n’ont cessé d’accuser la supposée inconséquence de François Hollande.  

PL

26 mars 2012

La banlieue, éternelle perdante de la campagne électorale

Lu initialement sur L’Express.fr

Dans les banlieues, certains craignent que l’affaire Mohamed Merah n’aboutisse à une stigmatisation des quartiers populaires. Et rêvent toujours que les candidats s’emparent de ce sujet. François Hollande devrait s’y montrer un peu plus. 

Ce lundi soir, François Hollande tiendra une réunion politique en Seine-Saint-Denis, à Bondy. Un petit meeting qui a lieu, peu de temps après une visite à Evry, chez Manuel Valls. Et avant un Grenelle des quartiers populaires, initialement prévu en mars, mais finalement organisé le 7 avril.  

Nicolas Sarkozy, lui, s’est déplacé, il y a quinze jours, de l’autre côté du périphérique, à Meaux, chez Jean-François Copé. Comme François Bayrou, dans les Hauts-de-Seine, le 22 février.  

Un déplacement par-ci, un déplacement par-là, pendant la campagne électorale. Et c’est tout?  

Conscient de la faible place laissée aux banlieues dans cette campagne, l’association AC-Le feu a squatté, trois jours fin février, un hôtel parisien pour interpeller les candidats à la présidentielle.  

Philippe Poutou, Clémentine Autain pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Eva Joly sont venus entendre les doléances de cette association, née après les émeutes de 2005.  

Banlieues stigmatisées

« Mais, ni François Bayrou, ni Nicolas Sarkozy ont honoré l’invitation », regrette Fatima Hani, secrétaire national de AC-Le feu. Peut-être viendront-ils le 14 avril prochain. Ce jour-là, l’association organise un débat national. « Si les dix candidats à l’Elysée ne viennent pas, on saura pourquoi », sourit Fatima Hani, pessimiste.  

Entre temps, un événement a chamboulé la campagne. La mort de Mohamed Merah, après ses assassinats perpétrés à Toulouse et Montauban, a projeté sous les feux médiatiques le thème de la sécurité.  

Quant aux banlieues, elles risquent d’être encore plus stigmatisées. « Cela peut véhiculer des amalgames, des stéréotypes comme le jeune de banlieue qui serait un prédélinquant », craint Jérôme Perronnet, directeur général des services auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes. De la banlieue, on en parle que quand c’est spectaculaire: des voitures qui brûlent, par exemple. Le développement d’une maison de la petite enfance, ça n’intéresse pas. »  

« On parle de nos quartiers populaires, reconnaît Fatima Hani. Mais on ne l’évoque que sous l’aspect sécuritaire et répressif. C’est devenu un sujet réchauffé à chaque présidentielle, que l’on utilise à des fins électoralistes. » Et la responsable de AC-Le Feu d’évoquer, en particulier, un « amalgame entre immigration et problème économique ». 

Les candidats ne connaissent pas les banlieues

Proche de Ségolène Royal, Kamel Chibli, ancien responsable de Désirs d’avenir, reconnaît volontiers, que depuis le début de la campagne, seuls les aspects ‘sécurité’ et ‘logement’ sont évoqués dans le débat public.  

Mais pourquoi? Est-ce parce que les candidats considèrent, chiffres à l’appui, qu’ils ne glaneront que peu de voix en banlieue en raison de la forte abstention dans ces quartiers? « A ce moment-là, cela ne sert à rien d’aller dans une crèche par exemple, s’agace Jérôme Perronnet, qui travaille au auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes.  

Les candidats n’y connaissent « pas grand-chose à la banlieue », croit-on à la mairie de Chanteloup-les-Vignes (UMP), une commune qui a bénéficié d’une partie des aides versées par l’Etat ces dernières années pour rénover les quartiers 

Et c’est justement pour « sensibiliser François Hollande » que le PS a organisé, début avril, le fameux Grenelle des banlieues, baptisé « printemps des quartiers populaires ». Il y aura aussi une visite en région parisienne pour le candidat du PS: « Sûrement à Mantes-la Jolie, voire à Aubervilliers », confie Kamel Chibli, qui espère y associer Ségolène Royal

Après les tueries de Toulouse et Montauban, et parce qu’il sait que la droite occupe avec force le terrain de la sécurité, François Hollande semble vouloir passer la seconde au sujet des banlieues. Face à Nicolas Sarkozy, dont le mot « Kärcher » est toujours collé à ses basques, François Hollande veut essayer de faire entendre sa musique.

PL

23 mars 2012

« Mélenchon devient la maison commune de la gauche »

Publié par canarddeletang dans Elections, La gauche de la gauche, politique francaise, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage BVA, Jean-Luc Mélenchon se hisse sur la troisième marche du podium des sondages. Devant Bayrou et Le Pen. Selon Eric Coquerel, conseiller du candidat du Front de gauche, l’ancien socialiste peut passer le second tour de l’élection 

Selon une étude BVA pour RTL et la presse régionale, Jean-Luc Mélenchon devient le troisième homme. Il recueillerait 14% d’intentions de vote derrière François Hollande (29%) et Nicolas Sarkozy (27,5%). Le candidat du Front de gauche devance désormais François Bayrou (12%) et Marine Le Pen (13%).  

Ce que souhaitait Eric Coquerel, interrogé la semaine dernière par L’Express. Le secrétaire national du Parti de gauche et conseiller du candidat du Front de gauche, veut « gouverner le pays avec nos propositions. »  

Comment réagissez-vous à ce sondage inédit?

Ce sondage est important car il a été effectué après la tuerie de Toulouse. Et le discours de Jean-Luc Mélenchon sur l’amour et la fraternité a été reconnu, par les Français interrogés, comme plus fort que celui sur la haine.  

C’est aussi la confirmation de la réussite de la grande marche de la Bastille. On a su s’adresser au peuple de gauche, mais aussi aux Français qui cherchent un débouché politique, des solutions à leurs inquiétudes. Je constate aussi que les médias parlent de notre programme. Nous sommes perçus comme crédibles et je vois le changement depuis le début de cette campagne. 

On a l’impression que la dynamique s’accélère…

Quand on a atteint un score à deux chiffres, j’ai su qu’il y aurait un effet boule de neige, un effet exponentiel, que les chiffres des sondages allaient grimper de plus en plus vite. C’est un cercle vertueux. 

Jean-Luc Mélenchon parvient à réunir la gauche politique. On a vu, dimanche à la Bastille, des communistes, des syndicalistes… Et une gauche sociologique. Il y avait des membres de la classe populaire, mais aussi de la classe moyenne, désorientés car déçus du PS. On a su les reconquérir.  

Des écologistes et des anticapitalistes nous rejoignent. On devient la maison commune de la gauche, fidèle à ses valeurs, qui plaide pour la rupture du système. Nous portons le changement, nous avons besoin d’une rupture, il faut renouer avec ce qui a fait la grandeur de la France, c’est-à-dire le partage des richesses.  

Quelle serait la prochaine étape pour Jean-Luc Mélenchon, à un mois du premier tour?

Parvenir au second tour. On a toujours dit qu’on voulait gouverner le pays avec nos idées. C’est possible avec cette dynamique. J’avais déjà dit à L’Express, la semaine dernière, que 14/15% dans les sondages, c’était atteignable.  

Maintenant, il faut poursuivre la campagne, ce qu’on a fait depuis le début, confirmer la troisième place, se positionner devant le Front national. Ceci est un combat essentiel que de reléguer le parti du Front national à un rôle marginal car ce parti n’apporte pas les bonnes solutions.  

Voulez-vous toujours débattre avec François Hollande?

Oui, bien sûr, maintenant que la tuerie de Toulouse est derrière nous. Comment peut-il maintenant refuser cette discussion? Mais je souhaite un débat avec les autres candidats avant le premier tour de l’élection. Donc Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marine Le Pen. Il faut que les télévisions l’organisent. Sur quels sujets? Sur le partage des richesses, sur la politique de réindustrialisation, sur la question de savoir s’il faut, ou non, de l’austérité.  

Propos recueillis par PL

23 mars 2012

Mélenchon va-t-il pousser Hollande vers l’Elysée?

Lu intialement sur L’Express.fr

Jean-Luc Mélenchon continue de grimper dans les sondages et avec lui le total des voix de gauche. Mais François Hollande profitera-t-il, au second tour, de la bonne campagne du Front de gauche? Pas sûr. 

Mélenchon deviendra-t-il le troisième homme de l’élection? Il se hisse, en tout cas, sur le podium d’un sondage BVA (14%), devant Marine Le Pen et François Bayrou. Et derrière Nicolas Sarkozy ainsi que François Hollande, qui reste à 29,5% d’intentions de vote du premier tour. « Selon les Français interrogés, le candidat du Front de gauche fait la meilleure campagne, souligne Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA. On parle de lui et il intéresse les gens. »  

Du coup, peut-il déranger le candidat du PS? « C’est difficile de dire si Mélenchon peut nuire à Hollande », souffle le sondeur. Qui ajoute, toutefois, que le premier prend des voix au second.  

Mais le Corrézien reste élevé dans les sondages, réplique-t-on du côté socialiste. « S’il était à 25% ou encore un peu moins, je m’inquiéterais, assure François Kalfon, spécialiste des sondages de la formation socialiste. Mais ce n’est pas le cas. »  

Au PS, on se réjouit officiellement de la montée de Mélenchon. D’abord parce que le total de la gauche est de plus en plus élevé: à 45,5 % selon l’étude réalisé par BVA, soit bien plus qu’en 2007 (36%). Et surtout parce que 82% des électeurs potentiels du Front de gauche glisseraient un bulletin « Hollande » dans l’urne au second tour.  

Des abstentionnistes pas forcément de gauche

Pour l’heure, le candidat du Front de gauche empiète peu sur les terres de François Hollande. « Mélenchon a récupéré, outre des voix hollandaises, un nombre important d’abstentionnistes », explique Sliman. Il aurait donc remis en jeu, et à gauche, certains électeurs. 

Une arme très utile pour François Hollande … à condition qu’ils votent socialiste au second tour. Ces derniers seraient-ils alors prêts à voter pour le candidat du PS, représentant d’ »une social-démocratie responsable », selon les termes de l’historien Romain Ducoulombier, spécialiste des gauches en France et en Europe? « Pas sûr. Ce ne sont pas forcément des personnes idéologisées mais un électorat énervé par la crise que Mélenchon a su capter », répond l’enseignant. 

Pour François Kalfon, le M. sondage du PS, il n’y a aucun problème de fossé politique entre les deux électorats de la gauche: « Elle a toujours eu deux jambes. Mélenchon a réussi à attirer des personnes qui ont subi la crise. Nous partageons avec lui les diagnostics, mais pas toutes les solutions à apporter. »  

« Pas de passerelles entre gauche radicale et extrême droite »

Justement, certains pourraient décider de s’abstenir à nouveau s’ils jugent le candidat du PS incapable d’obtenir la « rupture du système ». 

Mélenchon peut-il aussi attirer des électeurs frontistes, qui pourraient ensuite voter Hollande? « Les passerelles entre la gauche radicale et l’extrême droite sont marginales », répond Gaël Sliman de BVA.  

Mais au PS, on veut y croire. D’autant plus que, selon un sondage de la TNS Sofres, 26% des électeurs de Marine Le Pen pourraient choisir Hollande au second tour.  

« Je n’exclus pas, confie justement François Kalfon, que quelques électeurs, prêts à voter pour Le Pen pour sa campagne axée sur les thématiques sociales, pourraient finalement se décider pour Mélenchon, si la candidate du FN retrouve ses thèmes de prédilection, comme la sécurité. »  

Puis pour Hollande, donc… Dans une logique encore toute théorique.

PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

6 mars 2012

Des paroles et des actes: Laurent Fabius va-t-il faire trébucher Nicolas Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Laurent Fabius se confrontera, ce mardi soir sur France 2, à Nicolas Sarkozy, dans l’émission Des paroles et des actes. Comment l’ancien Premier ministre fonctionne-t-il dans un face-à-face? Retour sur quelques-unes de ses prestations.

Qui aura la lourde tâche de représenter François Hollande dans le premier débat auquel participera Nicolas Sarkozy depuis son accession à l’Elysée? Pas un ami de trente ans, pas même un fidèle soutien politique. Non. Plutôt un ex-opposant interne, observateur critique de ses années à la tête du PS.
Ce mardi, c’est Fabius-Sarkozy. L’ancien chef de gouvernement de François Mitterrand portera, ce mardi soir, la contradiction au président sortant, lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2.
Un débat très attendu pour celui qui aux quatre coins du monde, représente le candidat du PS, avec qui, pourtant, il ne s’entend pas du tout. « Hollande, président? On croit rêver », avait-il notamment soufflé en avril dernier devant des étudiants.
Laurent Fabius, qui a travaillé sur les 100 premiers jours de la présidence éventuelle de François Hollande, est-il le meilleur pour le défendre face au candidat de la majorité?

Poser une question pour déstabiliser

En 1986, le jeune Premier ministre, âgé de 40 ans, n’avait cessé, lors d’un débat face à Jacques Chirac, d’interrompre l’alors maire de Paris. Qui finit par le traiter de « roquet ». Laurent Fabius, un brin déstabilisé, lâche alors cette phrase, restée célèbre pour s’être retournée contre son auteur: « Je vous en prie, vous parlez au Premier ministre de la France! » Le tout accompagné d’un geste de la main d’une grande condescendance.
Depuis, celui qui fut aussi président de l’Assemblée nationale a poli son image et s’est imposé comme un débatteur madré et redoutable. Sa technique préférée: poser une question à son adversaire d’un jour, pour le déstabiliser.
C’est ce qu’il fait face à Jean-Louis Borloo, lors de l’entre deux tours des élections législatives de 2007, qui a suivi la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy. « Monsieur Borloo, vous pouvez répondre par oui ou par non, propose, avec le sourire, l’ex-chef du gouvernement. Pouvez-vous nous dire devant des millions de gens qui nous écoutent qu’il n’y aura pas d’augmentation de la TVA après les élections? »
Une stratégie payante? La réplique embarrassé de celui qui est alors ministre de l’Economie du premier gouvernement Fillon aurait selon les mauvaises langues favorisé un sursaut du PS et coûté le siège à plusieurs dizaines de candidats UMP.

Tel un maître face à son élève

En 2002, déjà, suite à la défaite du PS aux législatives, Laurent Fabius interpelle, en pleine soirée électorale, son adversaire de l’UMP, le lyonnais Dominique Perben, à l’époque garde des Sceaux. « Si des députés UMP proposent des amnisties politico-financières, comment réagira le gouvernement? », demande Laurent Fabius.
Cette manière de provoquer son adversaire semble lui coller à la peau. En mars 2010, face à Eric Woerth, dont le parti vient de perdre les élections régionales, Laurent Fabius s’amuse pour critiquer les éléments de langage des ministres: « Si ce soir, on dit que le scrutin n’est pas une sanction contre l’UMP et le gouvernement, c’est un certain humour », sourit-il.
Et ça marche, ce genre de provocation… Lors du même soir, il débat, entre autres, avec Xavier Bertrand. En parvenant à l’agacer quand il évoque la politique du bouclier fiscal. Réplique du patron de l’UMP: « Vous ne manquez pas de toupet, vous qui avez été à l’origine de l’allègement de la fiscalité des stock-options. » Réponse immédiate de l’intéressé, tel un maître devant son élève: « C’est une contre-vérité. »
Osera-t-il s’en prendre ainsi, ce mardi soir, au chef de l’Etat sortant, qui aimerait, lui, le déstabiliser en soulignant « sa carrière en zigzag »?

PL

20 février 2012

« La France n’appartient pas à la droite »

Publié par canarddeletang dans Elections, president de la Republique, PS, UMP

Interview initialement publiée sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy accuse François Hollande de « ne pas aimer la France ». Une résurrection du concept de « l’Anti-France »? Non, selon le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite. Analyse. 

Nicolas Sarkozy a accusé, ce dimanche à Marseille, son adversaire socialiste de « ne pas aimer la France ». Réplique immédiate du PS: le candidat-président est « prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. (…) Il n’a pas hésité à user de la thématique éculée de ‘l’anti-France’ », accuse Victorin Lurel, le député guadeloupéen, responsable du pôle outre-mer de la campagne de François Hollande.

Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême-droite revient sur le thème de l’anti-France et sur le discours du chef de l’Etat, candidat à la présidentielle. 

Nicolas Sarkozy a-t-il effectivement évoqué le thème de l’anti-France, ce dimanche?

Non, il faut distinguer « l’anti-France » et la désignation de ceux qui n’aiment pas la France. L’anti-France, c’est spécifique à l’extrême-droite: il s’agit de désigner un groupe religieux ou ethnique, auteur d’un complot contre la nation.

Victorin Lurel interprète de manière excessive les déclarations de Nicolas Sarkozy. Il ne faut pas entrer dans la caricature, la surenchère. C’est ce qu’a d’ailleurs expliqué François Hollande, après le meeting de Marseille. (Sur BFMTV, dimanche soir, NDLR: « Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui veut vous chercher dans la cour de récréation que vous êtes obligé d’aller le suivre dans ce pugilat. Je m’y refuse. »)

On peut parler de la France, on peut débattre. Mais il peut y avoir plusieurs conceptions de la France. Il n’y a pas que celle de la droite. La France ne lui appartient pas.

Pourquoi le chef de l’Etat a-t-il expliqué, sans le citer, que le candidat du PS « n’aimait pas la France »?

Le président de la République a été très clivant. Peut-être parce que l’UMP n’a rien d’autre pour mobiliser. Cela fonctionne, mais montre un certain désarroi. C’est éculé. La droite a la manie d’accuser la gauche de trahison et de ne pas savoir représenter la France depuis les années 20. En 1981, la droite craignait l’arrivée des chars soviétiques sur la place de la Concorde.

Le discours du Front national ressemble de plus en plus à celui de l’UMP, fustige Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle du Front de gauche…

Non, les programmes se distinguent: le président de la République ne souhaite pas, a-t-il dit à Marseille, l’immigration zéro, comme le prône Marine Le Pen.

Mais c’est vrai qu’il existe un discours, à l’UMP, qui vise à attirer des électeurs frontistes. Comment? En proposant, par exemple, d’organiser des référendums, en rappelant aussi les racines chrétiennes de la France, ou encore en proposant d’instaurer une dose de proportionnelle « à la marge« .

Sur ce dernier point, cela ne sert à rien, je pense. En 1986, 35 députés FN sont entrés à l’Assemblée nationale mais ils n’avaient pas de marge de manoeuvre. Je crois que le chef de l’Etat a pensé au piège suivant: enfermer le parti de Marine Le Pen et le confiner dans un parti contestataire.

PL

13 février 2012

Le nucléaire monte en pression dans la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Depuis la visite de Nicolas Sarkozy à Fessenheim, l’avenir de la filière nucléaire redevient un enjeu de l’élection présidentielle. Les annonces d’Eric Besson sur la prolongation des centrales renforcent ce sentiment de politisation. 

En un week-end, le débat sur le nucléaire est revenu sur le devant de la scène. Eric Besson a plaidé, ce samedi, pour une prolongation de la durée de vie des centrales à plus de 40 ans. C’est l’une des propositions d’un rapport sur l’avenir du paysage énergétique d’ici à 2050 qui lui a été remis ce lundi. 

Cette annonce gouvernementale intervient au lendemain de la visite du chef de l’Etat à Fessenheim. Un déplacement qui a permis à Nicolas Sarkozy de réitérer la promesse de ne pas fermer, en cas de réélection, la centrale alsacienne, la plus vieille de France. 

« Ce n’est pas une surprise, relativise Sergio Coronado, le directeur de la communication d’Eva Joly. Le président de la République défend à l’aise, et comme prévu, l’industrie nucléaire, vendue comme pas chère et sûre. » 

Se différencier du Parti socialiste

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi de relancer ce débat à ce moment précis? S’agirait-il pour le chef de l’Etat, pas encore candidat, de se différencier de François Hollande. Favorable à la fermeture de Fessenheim, le candidat socialiste avait paru embarrassé en novembre par plusieurs désaccords avec les alliés écologistes. 

Revenant ce samedi à la charge, Eric Besson a déclaré que le programme du candidat PS, partisan, selon lui, de « la sortie du nucléaire », allait provoquer une hausse des prix de l’électricité. Ce qu’a démenti, aussitôt, François Brottes, chargé des questions énergétiques auprès du candidat socialiste. 

La contexte de la visite présidentielle, en tout cas, surprend le PS, pas loin d’y voir une provocation. « Venir en Alsace juste après un pic de consommation de l’énergie, c’est indécent, soupire François Brottes. On a dû importer de l’énergie de l’Allemagne, car la filière du nucléaire ne fonctionne pas en en cas de record de consommation. »  

Cette visite intervient aussi quelques jours après la publication du rapport de la Cour des comptes sur les centrales nucléaires. Qui a donc précédé celui d’Eric Besson. Mais c’est « un pur hasard, selon un membre du cabinet du ministre de l’Energie, car le rapport a été commandé en octobre 2011″. 

Les esprits chagrins ne manqueront pourtant pas d’y voir une manière de critiquer la baisse de la part du nucléaire de 75% à 50% en 2030 dans la consommation d’électricité, mesure prônée par le candidat PS. « Pas du tout, répond l’entourage du ministre, il fallait mettre sur la table des éléments d’expertise dans le cadre d’un débat au Parlement, prévu pour 2013. » 

Le nucléaire, quatrième crainte des Français

L’accident de Fukushima, survenu il y a un an, reste évidemment dans toutes les têtes. « On fêtera le 11 mars le premier anniversaire de l’explosion », relève Sergio Coronado. 

Le débat sur l’énergie est-il pour autant devenu une priorité des Français? « La transition énergétique concerne les Français et les intéresse », avance le socialiste François Brottes, qui veut ouvrir un débat en cas d’élection en mai 2012, sur l’avenir du mix énergétique, sur les consommations d’énergie à réaliser

Le baromètre 2012 de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire lui donne raison. Le nucléaire est devenu, en 2011, la quatrième crainte des Français derrière le chômage et la misère. L’année passée, il était classé en 9e position.  

PL

7 février 2012

Merkel, supporter en chef de Sarkozy

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, PS, UMP

 

 

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont accordé un entretien croisé à France 2 et la ZDF ce lundi. Une leçon: la chancelière allemande soutient totalement le futur candidat de l’UMP et critique frontalement François Hollande. 

Lu initialement sur L’Express.fr

Si Nicolas Sarkozy avait un fan-club, Angela Merkel pourrait le diriger, sans problème. Du moins, c’est ce qui ressort de l’entretien d’une vingtaine de minutes des deux dirigeants, diffusé sur France 2 et la chaîne publique ZDF. 

La chancelière allemande n’a cessé de défendre le chef de l’Etat, embourbé dans les sondages à quelques semaines de la présidentielle. Ce qui, d’ailleurs, lui semble normal: « Nous sommes de la même famille politique« , souligne-t-elle. Logique, aussi, selon elle, car Nicolas Sarkozy l’avait soutenue pour sa campagne, avant le début de son deuxième mandat, en 2009. Du coup, pour lui rendre la pareille, elle a confirmé qu’elle défendrait le président de la République, « quoi qu’il fasse » dans les prochaines semaines. En somme, pour souligner que Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore présenté. 

Ainsi Angela Merkel s’immisce-t-elle dans la campagne politique française. Et elle va même plus loin. Devant les deux journalistes, David Pujadas pour France 2 et son homologue allemand de la ZDF, elle s’en est prise à François Hollande. Le candidat socialiste souhaitait rencontrer la chancelière allemande avant le premier tour de la présidentielle? Peine perdue: Angie, comme on la surnomme outre-Rhin, a rappelé que cette entrevue n’était pas « prévue », ni à l’ordre du jour.  

Obama et Royal oui, mais pas Hollande

Le journaliste allemand qui lui a posé la question, lui avait pourtant rappelé qu’avant le début de son mandat, elle avait rencontré Ségolène Royal, la candidate socialiste d’alors, mais aussi le représentant de la famille des démocrates et futur président des Etats-Unis, Barack Obama. 

Réplique de la chancelière: « Nicolas Sarkozy n’a pas non plus reçu le chef de l’opposition social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier. »  

Du coup, cela oblige François Hollande à la rencontrer après son éventuelle élection. Et ça coince, là aussi, au grand plaisir de Nicolas Sarkozy: le candidat PS veut renégocier, a-t-il redit sur Twitter, aujourd’hui, juste après le 14ème Conseil des ministres franco-allemand, « le Traité européen », pour y ajouter une partie sur la croissance en Europe? Fin de non-recevoir de la part d’Angie. Qui lui répond en prenant l’exemple turc: « Quand je suis arrivée à la chancellerie, je ne voulais pas poursuivre les pourparlers avec la Turquie sur l’adhésion à l’Union européenne, défendus par mon prédécesseur » Schröder. Elle n’avait pas eu le choix. 

Et là, c’est pareil. Les 26 chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un pacte de stabilité financière. Point barre. Nicolas Sarkozy peut donc jubiler… 

PL

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