le Canard de l’Etang

4 février 2012

Pourquoi les sympathisants de syndicats votent de plus en plus Le Pen

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage réalisé par l’Ifop, 25% des sympathisants de FO et 22% de ceux de la CGT veulent voter Le Pen à l’élection présidentielle. Comment expliquer ces scores aussi élevés? 

Encore un sondage qui ne laissera pas indifférent. Selon une étude de l’Ifop, parue dans L’Humanité de ce vendredi matin, 19% des actifs proches d’un syndicat souhaitent voter Marine Le Pen.  

C’est l’organisation Force ouvrière qui est la plus touchée par la percée du Front national dans le monde des salariés. Selon l’Ifop, 25% de leurs sympathisants voudraient glisser un bulletin Front national dans l’urne. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé par L’Express, ne se montre « pas vraiment surpris ». « Dans un contexte de crise, c’est normal qu’il y ait un vote contestataire de la part de gens dans la difficulté. »  

« Il y a, à FO, une diversité d’opinions, confirme Jérôme Fourquet, auteur de l’étude. Et dans les années 1970 et 1980, une part importante d’ouvriers proches du RPR et du gaullisme se tournait vers FO. » Et non vers la CGT et la CFDT, historiquement liés au PCF et au PS.  

« Petit à petit, cet électorat de la droite ouvrière a lentement glissé vers l’extrême droite, comme on l’a vu à l’occasion des élections cantonales de mars 2011 au cours desquelles les partis de droite ont souvent été battus dans les cantons populaires au profit de la gauche et du FN. La droite ‘populaire’ a abandonné Sarkozy », analyse Fourquet.  

Une part non négligeable des salariés de gauche a aussi rejoint le parti de Marine Le Pen. Ce que le sondage démontre. 22%, 17% et 13% des sympathisants, respectivement, de la CGT, de la CFDT et de Sud pensent voter pour la présidente du Front national. « Certains ouvriers, politiquement de gauche, n’y voient pas d’incompatibilité », estime Jérôme Fourquet.  

« Un rejet du système »

La preuve: la moitié des sympathisants de la CGT, proches du FN, préfèreraient voter Hollande à Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle de mai 2012.  

Ces derniers sont « touchés par les délocalisations, par la concurrence des produits fabriqués à l’étranger, et sensibles aux questions européennes », selon Fourquet, c’est-à-dire les thèmes de campagne du FN. Ce dernier « a capté les colères, les craintes et la demande de protection de cette classe populaire ». 

« Ce n’est donc pas un vote d’adhésion, avance Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC -dont 21% des sympathisants penchent pour un vote FN-, mais un rejet du système et des hommes politiques, qui selon les salariés, ne représentent plus le pays. » Le syndicaliste songe à toutes « ces promesses non tenues ». 

« Consigne de vote »

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly pointe aussi du doigt « nos élites politiques » qui « devraient se poser quelques questions. »  

Pas la faute des syndicats, donc? « Tous les acteurs, syndicats et partis politiques, ont leur part de responsabilité, reconnaît Laurence Laigo, secrétaire nationale de la CFDT, chargée de la relation avec le monde politique. Il faut aller à la rencontre des salariés et leur donner des réponses face aux manques de repères. »  

Selon elle, « les propositions de Marine Le Pen ne sont pas porteuses d’avenir ». Les syndicats luttent donc contre les idées du FN. Sans grand succès, pour l’instant. Que faire de plus? « Pas grand-chose, répond Mailly, le syndicat ne doit pas non plus donner de consigne de vote. »

PL

31 janvier 2012

« Nicolas Sarkozy fait du deux en un, président et candidat »

Sarkozy ne veut pas encore se porter candidat à sa réélection officiellement, a-t-il dit ce matin aux parlementaires de l’UMP, réunis à l’Elysée. Mais « la patience fait monter le désir », s’est-il justifié. Qu’en pensent les députés?

 Lire la vidéo ici

Les parlementaires UMP ont été reçus, ce mardi matin, à l’Elysée, pour que Nicolas Sarkozy leur précise ce qu’il compte faire durant les dernières semaines de son quinquennat. 

23 janvier 2012

A quoi ressemblera le débat de François Hollande sur l’énergie?

Lu initialement sur L’Express.fr

Hollande propose l’ouverture « d’un débat sur l’avenir de l’énergie en France » au début de son mandat présidentiel. Quelle sorte de consultation? Avec quels acteurs? Les écolos sont sceptiques.

François Hollande a surpris, dimanche après-midi au Bourget, en dévoilant un pan de son programme. Ainsi sur l’énergie, il souhaite mettre en place, si les Français lui confient mandat, « un plan d’économie d’énergie » et, surtout, « un débat sur l’avenir de l’énergie en France ».

« Il faut en effet mobiliser le plus grand nombre, faire de la pédagogie », précise François Brottes, chargé des questions de l’énergie pour le candidat socialiste. Ce député de l’Isère, coprésident d’un groupe d’études sur les énergies de l’Assemblée nationale, évoque une consultation des citoyens « très vite » après l’éventuelle élection de François Hollande. Et ce « en vue d’expliquer aux gens comment nous pouvons contrôler la consommation d’énergie », « accompagner les familles pour qu’elles modifient leur comportement ».

S’agit-il d’inviter les Français à éteindre leur lumière dans une pièce non occupée? Pas seulement, sourit François Brottes: « Baisser la température des radiateurs, la nuit, aussi. » Plus sérieusement, « sans compréhension des Français, sans responsabilisation des consommateurs, il n’y aura pas d’économie de consommations d’énergie. »

Qu’en pensent les Verts? « Hollande évolue dans le bon sens, modestement, glisse Sergio Coronado, directeur de la stratégie et de la communication d’Eva Joly. Les écolos ont toujours été favorables aux débats. Mais si Hollande ne prend pas position, cela ne sert à rien. Car il ne s’agit pas seulement de montrer aux Français comment moins consommer. »

L’écologiste songe alors à la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’organiser un débat sur les centrales nucléaires: « Les Français ne sont pas des zozos, ils ont un avis sur la sortie de l’atome, tacle-t-il. On peut leur poser la question. »

Mais une consultation populaire en vue de l’organisation d’un référendum, le PS n’en veut pas. « C’est un sujet complexe, on ne peut pas simplifier en posant la question aux Français, sur le nucléaire », explique François Brottes.

Le temps législatif et le temps du débat

Le député PS reconnait que les modalités précises du débat ne sont pas encore arrêtées. Toutefois, une chose est sûre: « Il faudra mettre autour d’une table associations, consommateurs, ainsi qu’opérateurs pendant quelques mois. »

Mais comment arrêter un certain nombre de mesures avant l’élection et en même temps proposer une consultation? Cela peut-il faire évoluer les propositions du candidat après son éventuelle victoire, le 6 mai 2012?

Oui, confie François Brottes, le débat pourra conduire à des « ajustements » dans le projet du candidat. « Si nous trouvons des chemins plus adéquats pour parvenir aux objectifs de François Hollande, il est possible qu’il y ait quelques changements. Tout dépend des collectivités locales qui seront aussi impliquées dans cette consultation. »

En revanche, assure François Brottes, comme « il faut aller vite sur certains points, on n’attendra pas l’issue du débat pour débuter le temps législatif ».

Quelles mesures seront prioritaires au Parlement? Pour le savoir, il faut attendre quelques jours encore.Hollande présentera son programme détaillé et chiffré, ce jeudi. Patience, donc…

PL

23 décembre 2011

Nantes, bientôt officiellement bretonne ?

Des députés ont voté un amendement, ce mercredi, qui faciliterait le rattachement du département de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Les nostalgiques de la Bretagne originelle, certes prudents, se montrent ravis. 

 

Lu initialement sur lexpress.fr

Et si le département de Loire-Atlantique rejoignait la région bretonne ? Depuis une semaine, on reparle d’un éventuel redécoupage territorial dans les couloirs de l’Assemblée nationale.  

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, et son collègue écologiste, François de Rugy, élu de Loire-Atlantique, ont proposé, ce mercredi, un amendement facilitant le rattachement du département de Nantes, capitale de la Bretagne médiévale, à la Bretagne administrative. 

Seize parlementaires se sont prononcés en faveur du texte, neuf contre. « Ce vote a été trans-partisan, se félicite l’élu EELV, mes collègues du NC et du PS ont dit  » oui « , tandis que ceux de l’UMP ont été plus partagés. » Mais seulement 25 députés ont pris part au vote. « Comme pour 95% des textes soumis au sein de l’hémicycle », précise Marc Le Fur. 

Un amendement non « démocratique »?

Si la Loire-Atlantique demandait, à l’heure actuelle, son déplacement vers la Bretagne, tous les départements de la région d’origine, en l’occurrence les Pays de la Loire, devraient se prononcer pour le  » départ  » de l’un des leurs. Et c’est ça qui énervent les deux députés.  

Si le Sénat ne retoque pas leur amendement, seuls les habitants de la Loire-Atlantique se prononceraient pour un retour au sein de la région bretonne. Les Pays de la Loire ne bénéficieraient ainsi plus de leur droit de véto, se félicitent les deux députés.  

Mais ils pourraient perdre un morceau de leur territoire. « Ce ne serait donc pas respectueux pour leurs habitants », fustige le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Le président de la région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS) parle même d’un choix  » anti-démocratique« .  

Une critique que comprend Marc Le Fur, mais qu’il démonte aussitôt: « Quand vous déménagez d’un immeuble, vous n’avez pas à demander l’avis des autres propriétaires. » Non, il convient simplement de frapper à la porte de la destination choisie. En l’occurrence, la Bretagne, dont chaque département serait donc invité à dire « oui » ou « non » à la Loire-Atlantique. « La carte de France peut évoluer », se justifie le parlementaire breton de l’UMP, citant l’exemple de l’Alsace qui se prépare à une fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. 

Une Bretagne jusqu’au Mans?

Cette décision de la Chambre basse n’est toutefois qu’une étape, admettent les deux députés. « Pour paraphraser un sénateur de droite, la route est encore longue et la pente est rude », sourit François de Rugy.  

« Ce ne sera pas facile, nous avons juste percé un obstacle, reconnaît, de son côté, l’élu de la majorité, il faudra convaincre. » Car rien n’est certain. Avant un référendum, encore faut-il qu’une pétition populaire recueille assez de signatures. « On oblige personne à prendre une décision, c’est le choix des personnes », rassure l’élu EELV. Les deux députés se montrent pourtant confiants: « Les habitants de Loire Atlantique et de Bretagne semblent favorables à une réunification », veut croire Marc Le Fur.  

Si le département de Nantes glissait vers la Bretagne, l’autre région, celle des Pays de la Loire, devrait alors « prendre une décision », pense François de Rugy. Le statu quo ne serait pas à l’ordre du jour et le député EELV envisage un rattachement. Soit à une région plus au centre, soit, peut-être -soyons fous-, à la Bretagne. La région s’élargirait alors jusqu’au Mans.  

Cela va faire parler dans les penty!

P.L

15 décembre 2011

Mais où Jack Lang sera-t-il parachuté ?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, PS

Le député PS se cherche un nouveau fief pour les législatives de juin 2012. Où sera-t-il accueilli? Le patron de la fédération socialiste de la Somme vient de lui proposer une circonscription à Amiens. Mais la situation est bien compliquée. 

Jack Lang ne se représentera pas dans la 6e circonscription du Pas-de Calais. Le député socialiste l’a fait savoir, le 30 novembre dernier, avant le vote des militants. Pour preuve de bonne foi, il a même félicité Brigitte Bourguignon, l’adjointe au maire de Boulogne-sur-Mer, qui a obtenu l’investiture par le PS.  

Rien à voir avec le courrier, daté du 21 novembre, d’Arnaud Montebourg sur « le système de corruption » qui toucherait certains élus du Nord, jure-t-on dans l’entourage de Jack Lang. 

Voilà donc l’ancien ministre de la Culture à la recherche d’un nouveau point de chute. Selon Le Parisien daté de ce mercredi, la direction du Parti socialiste verrait bien l’ancien ministre de François Mitterrand candidat dans les Vosges à Saint-Dié, dans le département où il est justement né. 

Jack Lang se verrait plus rester dans le Nord de la France, et plus précisément à Amiens-ouest. Nicolas Dumont, le patron de la fédération socialiste de la Somme, l’accueillerait volontiers. Lui-même prêt à se présenter, il a expliqué, ce mercredi matin sur les ondes de France Bleu Picardie, qu’il pourrait laisser sa place à l’ancien ministre de l’Education nationale. Un appel qu’aurait apprécié l’intéressé: « Il est honoré et touché », dit-on dans son entourage. 

Un parachutage semé d’embûches

L’affaire est-elle pliée? Pas vraiment, car la situation est plus compliquée. Christophe Borgel, le secrétaire national socialiste chargé des élections, dément l’appel de son concurrent: « Je ne le comprends pas, il n’a pas dit la même chose » à la direction du PS. Une chose est sûre, selon lui : « Jack Lang ne sera pas candidat à Amiens-ouest. » 

Justement, le Monsieur élections des socialistes se verrait bien candidat dans cette première circonscription de la Somme. Ce qui a tendance à irriter le Premier secrétaire fédéral: « Christophe Borgel, avec qui je n’ai pas de contact depuis des semaines, ne veut pas passer par le vote des militants. Or, les adhérents ont le droit de choisir leur candidat. » 

Que faire de Lang, alors ? Suspens, les discussions sont en cours. 

P.L

8 décembre 2011

La proportionnelle aux législatives, c’est pour bientôt ?

 

Publié initialement sur lexpress.fr
Tous les partis de France défendent l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives. Tous? Non: l’UMP résiste encore. Certains, au sein du mouvement présidentiel, commencent, toutefois, à changer d’avis. 

Un petit parti en terme de représentativité à l’Assemblée nationale a tendance à militer pour l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Normal: cela lui permettrait d’entrer au Parlement, ou d’accroître sa présence. C’est le cas du Front national, mais aussi du Front de gauche ou de la chrétienne Christine Boutin qui aimerait que 100 députés soient élus ainsi. 

Mais les « gros » partis que sont l’UMP et le PS peuvent-ils leur emboîter le pas? Au PS, c’est fait. Mais sous la contrainte de leurs partenaires écologistes. L’accord signé avec eux prévoit une dose de proportionnelle sur la base de 15 à 20% des députés. Cette fourchette -et non un chiffre précis- montre en tout cas combien il fut difficile de s’entendre sur cette question de la proportionnelle. 

« Il faut d’abord réfléchir au redécoupage et ne pas agir dans l’urgence », justifie l’élu Europe Ecologie-Les Verts, David Cormand, membre du bureau exécutif et délégué des élections, qui reconnait que les négociations furent complexes. Les Verts plaidaient, d’ailleurs au départ, pour une proportionnelle intégrale, « à l’allemande ».  

Le PS, lui, ne militait que pour « une soixantaine de députés élus sur ce mode de scrutin ». « Je suis globalement pour le scrutin majoritaire uninominal, mais, avec une touche de proportionnelle, toutes les tendances pourraient être représentées sur les bancs de l’Assemblée nationale », confie Christophe Borgel, secrétaire national socialiste, chargé de la vie des élections, 

L’Assemblée, « un arc-en-ciel »?

Et l’UMP, alors? Souhaite-t-elle que tous les partis soient représentés? « Mais c’est déjà le cas, réplique le député Alain Marleix, ancien responsable des élections de l’UMP. Vous avez des écolos, des communistes. » Avant de nuancer son propos: « Seule l’extrême droite ne siège pas à l’Assemblée. » 

Selon lui, les députés, qui voteraient en faveur de l’introduction de la proportionnelle, « se tireraient une balle dans le pied ». Pire, « les socialistes se feraient hara-kiri », en ouvrant largement les bancs à leurs concurrents.  

« La Chambre basse ne doit pas être un arc-en-ciel, prévient Marleix, elle est là pour gouverner. La proportionnelle a d’ailleurs tué la quatrième République, parce qu’elle pose des problèmes de gouvernance. »  

La proportionnelle pose surtout la question de l’arrivée aux mandats locaux du FN. Une perspective, qui n’enchante guère Alain Marleix: « Mitterrand, pour tacler la droite, avait introduit la proportionnelle pour les législatives de 1986. Résultat: 35 députés FN avaient été élus. »  

Pour l’écolo David Cormand, il serait finalement normal que le FN soit représenté. « Le FN est-il un parti légal ? Si oui, il peut avoir des représentants du peuple. »  

Mais l’UMP craint pour ses circonscriptions. « La droite pourrait en perdre entre 50 et 100 au profit de la gauche en cas de triangulaire avec un candidat Front national, lors des prochaines législatives », estime David Cormand.  

« Certains, à l’UMP, évoquent la proportionnelle »

Malgré tout, à l’UMP, on commence à se poser la question. Selon Alain Minc, proche du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy pourrait « l’imposer dès 2012″. Mais l’UMP peut-elle changer d’avis et inscrire cette mesure dans la boîte à idée pour la présidentielle? « Je ne le crois pas, glisse Marleix. La direction de l’UMP n’a pas débattu du sujet. »  

« La question n’est pourtant plus taboue » au sein du parti présidentiel, écrit Guillaume Tabard dans Les Echos. « Certains à l’UMP en discutent, il est vrai, répond Marleix. Des candidats à la députation, qui n’ont pu obtenir de circonscriptions, par exemple, souhaitent une réforme. »  

P.L

5 décembre 2011

Crise de l’euro, François Hollande est-il d’accord avec ses cousins germains ?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, PS

Publié initialement sur lexpress.fr

 Invité d’honneur du congrès du SPD en Allemagne ce lundi, François Hollande a pu comparer les propositions des sociaux-démocrates aux siennes pour résoudre la crise des dettes souveraines. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. 

 

Pour la première fois de l’histoire, un socialiste français s’est exprimé à la tribune d’un congrès du SPD. Et c’est à François Hollande qu’est revenu cet honneur, signe qu’aujourd’hui les deux partis frères veulent travailler main dans la main.  

Au terme d’une demi-heure de discours, le candidat PS est apparu tout sourire, autant que Sigmar Gabriel, un patron du SPD « détendu » depuis quelques semaines, selon le quotidien « Die Tageszeitung ». Cette bonne ambiance signifie-t-elle pour autant que les deux formations partagent les mêmes solutions pour sauver l’Union européenne? 

Globalement, oui. Les divergences sont plus affaire de nuances que de réelles oppositions. C’est le cas concernant l’instauration d’une Europe fédérale. PS et SPD militent pour la création d’un gouvernement économique commun. Mais le SPD, fédéraliste, va plus loin. 

Une affaire de nuances

Il prône la mise en place d’une véritable union européenne économique. Pour cette formation politique, la crise serait une chance pour (re)construire le groupe des 27. Martin Schulz, l’actuel président du groupe social-démocrate au Parlement européen, plaide pour l’instauration d’une véritable présidence de l’UE. Il propose que ce chef soit élu par le Parlement européen. Et ce dernier pourrait nommer les membres de la Commission européenne, métarmorphosée en une sorte de mini-gouvernement des 27. 

En face, l’Europe est, selon François Hollande, « une aventure humaine destinée à nous rendre plus forts ». Le candidat propose « un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance ». Mais pas un mot sur l’éventuelle mise en place d’une Europe plus fédérale.  De la même façon, François Hollande critique sans hésitation le projet d’Angela Merkel de réviser les traités existants pour créer une sorte de mini-zone Euro. Ce serait, selon lui, trop long à mettre en place. Sigmar Gabriel reste, lui, évasif sur le sujet: « Ce n’est pas la priorité », s’est-il contenté d’expliquer lors du congrès de son parti.  

Le principal désaccord concerne en réalité la fameuse « règle d’or ». Les Allemands, y compris les sociaux-démocrates, restent attachés à l’équilibre budgétaire. En juin 2009, ils ont voté, avec la droite (CDU) l’obligation de réduire le déficit budgétaire à 0,35% du PIB d’ici à 2016. Les socialistes s’opposent, eux, à l’inscription d’une telle règle dans la constitution. Mais François Hollande évoque aussi la necessité de parvenir, en France, à l’équilibre budgétaire

Sur cette question du redressement des comptes publics, les deux partis ne sont pas encore d’accord sur la méthode à adopter. Angela Merkel souhaite que la Cour européenne de justice contrôle les budgets nationaux. François Hollande rejette cette idée, tandis que le SPD ne s’est pas encore prononcé pour ou contre.  

PS et SPD pour les euro-obligations

Socialistes et sociaux-démocrates se rejoignent, en revanche, sur certains points. Ils soutiennent la taxation des transactions financières ainsi que la mise en place d’ »euro-bonds » pour mutualiser les dettes souveraines. Ils veulent, tous deux, renforcer le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le candidat socialiste suggère, en plus, que le FESF travaille en commun avec la Banque centrale européenne (BCE).  

Sur le rôle de la BCE, le candidat socialiste a dit, en Allemagne, « respecter l’indépendance » de l’institution. Il ne veut pas froisser ses « camarades et amis » d’outre-Rhin. Or, selon lui, l’établissement bancaire doit remplir son « rôle de prêteur ». Ce que refuse Angela Merkel. Mais pas son prédécesseur social-démocrate, interrogé par le journal Welt am Sonntag : Gerhard Schröder est d’accord avec la position de François Hollande, afin de lutter contre la spéculation.  

Au fil des rencontres et des discussions, PS et SPD se sont grandement rapprochés sur la politique européenne à mener. Un rapprochement, qui pourrait ne servir à rien si, et François Hollande, et le futur candidat du SPD aux élections de 2013 venaient à perdre. 

 P.L

11 septembre 2011

Primaire socialiste : bataille verbale entre adversaires


La primaire socialiste approche, la bataille des mots entre candidats s’accentue. Normal, les prétendants au titre doivent se distinguer les uns des autres…

La règle du jeu ? Tacler son adversaire. Bien sûr, ce n’est pas le favori des sondages qui enchaîne le plus de piques verbales. Bien au contraire. François Hollande, en tête dans les intentions de vote selon les instituts de sondage, reste poli et calme face aux avalanches de reproches que ses concurrents lui adressent.

On l’attaque, en particulier, sur son bilan à la tête du PS (1997-2008). Martine Aubry, qui l’a remplacé voilà trois ans, confie : “Quand j’ai pris le Parti socialiste, nous faisions pitié.

La petite phrase la plus virulente de ces derniers jours émane toutefois de la Dame du Poitou. Ségolène Royal s’en est pris violemment à François Hollande -avant de démentir le confidentiel que Le Figaro avait publié sur ce sujet. Son “point faible, c’est l’inaction, dit-elle. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique? Une seule?

“Elle est méchante”

L’ex-candidate socialiste de 2007 a aussi tapé sur la maire de Lille, sa rivale lors du Congrès de Reims de 2008 : “Sa seule expérience électorale, c’est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n’est pas facile. “ Tremblez…

Elle est méchante, Ségolène Royal ? Oui, “profondément”, répond Christine Boutin. Vraiment ? Non, pas du tout, se défend la socialiste : «C’est gentil ce que je dis. Si on ne dit rien, ce n’est pas rigolo.” En tout cas, Ségo n’est pas une “chochotte”

Méchante“ et “illuminée“, donc… mais aussi (presque) menteuse, selon “l’outsider” Manuel Valls. Au Parisien qui lui demandait une réaction à la proposition de Ségolène Royal de ne “pas augmenter les impôts“, le maire d’Evry répond : “C’est tromper les Français et je veux qu’on en débatte“. Selon Le Figaro, il aurait même comparé la présidente du Poitou-Charentes à “Nagui“. Boum…

Manuel Valls attaque aussi la maire de Lille et le président du Conseil général de Saône-et-Loire, mais de manière plus mesurée : “Quand j’entends Martine Aubry et Arnaud Montebourg dire qu’il ne faut pas accompagner le système capitaliste ou qu’il faut démondialiser, je dis : « Attention, ce sont les accents d’une gauche des années 1970.

Taper sur son advesaire de manière courtoise

Le strauss-kahnien Valls défend, par ailleurs, l’ex-DG du FMI, rentré, il y a peu, en France… pour mieux critiquer ses concurrents socialistes : “Ceux qui attaquent l’homme -d’une manière que je considère comme peu noble- comme l’a fait Arnaud Montebourg, ceux qui semblent se détacher de DSK, parce que ce serait moins populaire d’être son ami, comme l’a fait (…) Martine Aubry, oublient l’équation politique du bonhomme”, a jugé Manuel Valls.

Le plus souvent, la critique de son adversaire se fait dans la courtoisie. La preuve avec Arnaud Montebourg, chantre de la guerre contre la corruption, qui réagit à l’affaire Guérini : “Je veux remercier Harlem Désir qui a eu les mots qu’il fallait. Je regrette que sa position n’ait pas été celle du parti précédemment. On ne peut pas combattre l’affairisme du sarkozysme (…) si nous-mêmes ne sommes pas intraitables avec les nôtres”, a souligné le député de Saône-et-Loire.

Arnaud Montebourg, auteur d’un rapport ultra-critique sur la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, avait tout de même déploré que ses avertissements aient été “méprisés, que son travail ait été dénigré et son rapport enterré” par la direction du PS, donc par Martine Aubry.

P.L

23 juillet 2011

Les gaullistes de gauche ? « Une expression qui n’a plus de sens »

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

Ségolène Royal veut rassembler de l’extrême gauche aux gaullistes. La déclaration de la semaine passée.

L’historienne Chantal Morelle fait le point sur l’invocation récurrente du Général de Gaulle dans le discours politique.

 

Atlantico : Comment peut-on définir le gaullisme ?

Chantal Morelle : Ségolène Royal a évoqué, lundi dernier, le Conseil national de la Résistance (CNR) qui mêlait tous les partis et les syndicats résistants et n’était pas exclusivement gaulliste. Du temps du RPF, Malraux disait à propos du RPF, le premier mouvement gaulliste : « c’est le métro à 6 h du soir », signifiant ainsi que les adhérents venaient de tous les horizons sociaux et politiques, c’était un mouvement de rassemblement. En 1958 a été créée l’UNR (Union pour la nouvelle République), qui est devenue le parti de la majorité présidentielle, mais de Gaulle n’en a pas été le chef comme il avait été le présidente du RPF.

Le gaullisme est un mouvement qui a forgé l’histoire politique de la France et des Français, avec le général de Gaulle qui a imposé et défendu certaines valeurs. Il s’agit d’une référence importante, certes, mais dorénavant historique ; il n’est plus ni un courant de droite, ni un courant de gauche ce qui permet à tout le monde de s’en réclamer. Pourtant, si l’on y réfléchit, le gaullisme a duré le temps de la présidence du général de Gaulle, jusqu’à sa démission en 1969, soit onze ans ! Certains gaullistes historiques estiment que Georges Pompidou ne pouvait se dire gaulliste. Il aurait été un traitre selon certains.

En tout cas, le RPR (Rassemblement pour la République) créé par Jacques Chirac en 1976, n’est pas un mouvement gaulliste, bien qu’il soit le mouvement le plus proche. Le facteur personnel, le contexte politique, les enjeux en font autre chose qu’un parti gaulliste.

 

Comment le gaullisme n’est-il devenu qu’une simple référence historique ?

Les choses ont changé, les gens ont évolué. Cela ne veut pas dire que les valeurs du gaullisme n’existent plus. Elles existent chez tout le monde. C’est un mouvement constitutif du visage politique des Français et c’est la raison pour laquelle toute la classe politique s’en réclame : les valeurs de grandeur de la France, de l’indépendance nationale, la puissance nucléaire sont des valeurs que tout le monde revendique… Et depuis longtemps. Elles ne sont la propriété de personne.

Pour montrer les changements, prenons l’exemple de l’avancée de la construction européenne : c’est une donnée qui dépasse totalement le gaullisme. La place de la France en Europe, et dans le monde, a évolué. Certains gaullistes historiques rejettent l’intégration européenne telle qu’elle se fait au nom de la fidélité au général de Gaulle.

Sur ce sujet, on peut se réclamer du gaullisme comme le faisait Philippe Séguin, ou, encore aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement. Celui-ci est soutenu par des gaullistes historiques alors qu’il est issu d’un courant de pensée, le Ceres, qui appartenait à l’aile gauche du PS. Quand on se réclame du gaullisme, on s’appuie sur certains de ses aspects et c’est la raison pour laquelle chacun s’y retrouve.


Peut-on affirmer que le gaullisme est né à droite ?

Le gaullisme est né en plusieurs étapes : il y a le “gaullisme de guerre” né dans des conditions bien spécifiques qui a rassemblé des gens de tous bords ; puis le gaullisme politique, plutôt inscrit à droite comme le RPF né en 1947, puis l’UNR en 1958.

Le général de Gaulle lui-même n’aimait pas que l’on donne son nom à un mouvement « fût-ce sous la forme d’un adjectif”, mais il a accepté qu’un mouvement politique se réclame de lui, comprenant qu’un chef de l’État ne pouvait pas être “au-dessus des partis”.

Son origine familiale, son éducation, sa culture faisait de lui un homme de droite, et même de la droite autoritaire, bonapartiste, favorable au régime présidentiel plutôt qu’au parlementarisme, tout en étant respectueux de la démocratie ; mais il était marqué par le christianisme social de la deuxième moitié du XIXe et du XXe siècle, d’où sa volonté de mener une politique plus sociale que beaucoup de gens de droite – “la seule querelle qui vaille est celle de l’homme” disait-il.

Le gaullisme a toujours été situé à droite dans le spectre politique, bien qu’il y ait eu des gaullistes de gauche, ils n’étaient à proprement parler de gauche.

 

Y a-t-il encore des gaullistes de gauche ?

« Gaulliste de gauche » est une expression qui n’a plus de sens. Cela en avait dans les années 1960. Certaines personnes étaient gaullistes mais provenaient de la gauche d’avant 1958. Ces derniers menaient ou voulaient mener une politique plus sociale, comme la participation aux bénéfices de l’entreprise. Les gaullistes de gauche étaient toutefois limités en nombre et Charles de Gaulle les aimait bien. Ce n’est pas le cas de Georges Pompidou, qui, sur le plan social était beaucoup plus conservateur.


Qui sont les héritiers du général de Gaulle ?

De Gaulle n’a pas un héritier, bien que certains se retrouvent davantage dans cette filiation que d’autres. Je pense à Dominique de Villepin et son mouvement République solidaire, lancé, non pas le 18, mais le 19 juin 2010 : c’est tout un symbole, mais ce n’est pas du gaullisme, puisque les temps ont changé : Villepin peut s’y référer, il ne peut avoir de projet gaulliste. On se réclame du  général de Gaulle, on peut le citer comme on peut citer Jean Jaurès – Nicolas Sarkozy l’a fait pendant sa campagne électorale sans être socialiste ! Et l’actuel chef de l’État n’est pas plus gaulliste que d’autres responsables politiques : il s’appuie sur le gaullisme comme sur d’autres sources qui ont permis à la France à se construire, comme tous les Français.

Nicolas Dupont-Aignan rejoint l’idée du général de Gaulle sur la construction européenne et l’indépendance nationale, il dit en effet qu’il est le seul vrai gaulliste. Mais ce n’est pas totalement vrai. La preuve ? Il a appelé à voter Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle de 2007, alors que celui-ci défendait une autre politique européenne. Donc il accepte que d’autres politiques soient menées car le gaullisme n’est pas une donnée applicable comme le voulait ou comme l’aurait fait le Général il y a un demi-siècle ! Avoir des principes ne signifie pas qu’on les applique.

 

Pourquoi Ségolène Royal veut-elle rassembler jusqu’aux gaullistes ?

A l’occasion de la campagne électorale, elle se veut rassembleuse, elle veut réunir le plus largement possible, à l’exception de l’extrême-droite. Son problème : elle n’est pas bien vue, plutôt isolée au sein du Parti socialiste, et, il lui faut trouver des soutiens ailleurs. Mais finalement c’est normal : aucun candidat(e) qui pourrait devenir président(e) de la République ne peut dire : « Je ne représente qu’une partie des Français. »

Pendant la campagne, on peut tenir un certain type de propos, mais dans la pratique, cela n’a plus le même sens. On ne peut mener une politique cohérente avec un spectre politique aussi large : on ne voit pas Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin travailler au sein du même gouvernement et mener la même politique ! Sauf, peut-être, ponctuellement : car tout le monde peut être d’accord sur un point précis, à un moment donné, en temps de crise par exemple

 

Comment Ségolène Royal peut-elle se réclamer à la fois du général de Gaulle et du président Mitterrand ?

François Mitterrand a été un président tout à fait gaullien : la Constitution a été à peine modifiée, contrairement à ce qu’il a toujours dit qu’il ferait. C’était la même pratique monarchique républicaine que celle du général de Gaulle, en son temps. Donc, sur ce plan, le rapprochement entre les deux chefs de l’Etat n’est pas incohérent.

Leur politique étrangère a souvent eu des points communs, la politique économique et sociale aussi, dans une certaine mesure : pensons aux nationalisations de l’après-guerre et à celles de 1981, à la sécurité sociale, et ce qu’il y avait de véritablement idéologique dans le programme du candidat Mitterrand n’a pas résisté à la force des contingences nationales et internationales. Mais si les deux personnalités sont différentes, elles ont toutes deux marqué la Ve République.

Propos recueillis par Philippe Lesaffre

 

 

14 juillet 2011

Le culot de Roselyne Bachelot

Seule au monde ? A contre-courant ? Roselyne Bachelot, ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale, ne cesse de cultiver sa différence au sein de l’exécutif. La solidarité gouvernementale, cette proche amie de François Fillon ne connaît pas. Ou fait mine de ne guère s’y intéresser. Peu lui importe de gêner ses collègues ministres.

Le mariage  gay ? La ministre n’est pas la seule à défendre l’union homosexuelle, mais elle pense que l’opinion publique l’acceptera un beau jour, ainsi que l’adoption des enfants pour un couple de même sexe.

Martine Aubry évoque devant la place publique les rumeurs qui courent sur sa vie privée et son mari – qui, selon elle, sont véhiculées par des membres de la majorité ? Roselyne Bachelot « comprend (son) indignation, sa révolte » alors que certains ministres dénoncent la méthode de la candidate à la primaire socialiste.

SOS Racisme organise un concert à Paris pour le 14 juillet. Roselyne Bachelot se pointe au rendez-vous et se présente aux côtés du… rebelle Jean-Louis Borloo, du socialiste François Lamy et de l’écologiste Eva Joly (entre autres).

Et cette manie de « déranger » ne date pas d’hier. En 1998, déjà, Roselyne Bachelot votait la loi socialiste instaurant le Pacs. Contre l’avis de ses amis politiques opposés au texte.

Osée, Roselyne !

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