le Canard de l’Etang

9 janvier 2011

Le comportement des politiques agace les lecteurs de Marianne2.fr

Article publié sur le site de Marianne

Surfant sur la vague de Stéphane Hessel, auteur du livre à succès :«Indignez-vous!», les Mariannautes ont pris la plume pour se …révolter. Ce qu’on retient des témoignages : l’attitude de certains politiques, proches, selon eux, des milieux financiers, les agace. Autant que certains journalistes et certaines équipes sportives de France… Florilèges de commentaires !

Qu’est-ce qui agace les Mariannautes ?

Dans la foulée de la publication du premier numéro de Marianne de 2011 (Qu’est ce qui vous indigne ?), nous vous avons demandé de vous exprimer.

Le premier motif de révolte, de très loin, semble être le comportement des politiques : Nicolas Sarkozy,  Rama Yade (la « bobo », écrivent certains), les socialistes… Certains lecteurs du site Marianne2.fr soupçonnent la caste politique de tremper parfois dans la corruption. Mais toutes les élites sont montrées du doigt : banquiers, dirigeants du CAC 40, …

Autre source de courroux ? La spéculation grimpante, les journalistes, les membres de l’équipe de France de tennis, «pour la plupart, exilés fiscaux suisses» (selon un Mariannaute), et les vingt-trois Bleus, lors de la dernière coupe du Monde de football en Afrique  du Sud.

Mais encore ? Ah oui, la neige et le prix des huîtres…

Florilège de commentaires argumentés ou simplement drôles.


Nathalie Carmona : «Que dire devant la défection croissante des Français face au suffrage universel ? Nos politiques, de droite comme de gauche, nous trahissent régulièrement en préférant leurs petites combines et en soignant leur égo, délaissant le bien-être de leurs concitoyens».

 

Francis Bonnet : Le C.A.C. craque 

«Après la crise de 2008, j’avais écrit le texte (prémonitoire ?) : «Le C.A.C. craque»

«Pièce par pièce, une à une, t’avais fait fortune, mais le CAC craque. Pour tes tunes, c’est plus la roue de la fortune car le CAC craque. Les banques se vident. N’ont plus le gros bide à cause de leurs bêtises et du CAC qui craque. (…) Épargnant, maintenant t’es perdant. Le CAC craque. Même si t’as la haine, faut sauver le système, pour empêcher que le CAC craque. Tu croyais que l’argent était essentiel et très important, pourtant le CAC craque. La solution ne serait-elle pas la Révolution quand le CAC craque ? (…) Demain serez au chômage pendant que les traders feront leur fromage même si le CAC craque. Écoutez bien le gouvernement et ses leçons, serrez bien la ceinture de vos caleçons puisqu’on vous le dit : le CAC craque. Quand bien même z’avez la haine, faudra en chier pour sauver le système car le CAC craque.»


Séraphin :« La corruption de nos politiques, l’aveuglement de nos politiques, la financiarisation de l’économie et l’inertie de nos politiques,  les 6 millions de chômeurs et l’inertie de nos politiques, les 7 millions de pauvres et l’indifférence de nos politiques.»

France Pillee
: « M’ont révolté en 2011 : 1° l’attitude d’une majorité de journalistes bobos-masos suicidaires, pro-burqa, pro-islam, pro-immigré, pro-tireur de Villiers le Bel ; 2° la poursuite de l’immigration ; 3° les prières des Musulmans, rue Myrha et Poissonnière ; 4° la non-application des peines de justice ; 6° les grèvistes des retraites ; 7° la sous-taxation des héritages, des revenus et des patrimoines ; 8° les revenus indécents des artistes, footballeurs, acteurs, patrons, etc… ; 9° l’équipe de France de tennis, composée d’expatriés fiscaux suisses ; 10° l’équipe de France de football, composée de voyous et d’enfants gâtés ; 11° les faux-culs écologistes, telle Cécile Duflot avec ses quatre enfants et son séjour aux Maldives ; 12° les privilèges du Sénat.»

Ali-Mage
: «La fausse devise française : Liberté-Égalité-Fraternité. Actuellement ce serait plutôt : Cupidité – Spéculation et enculades.»

Dom Ducn : « 1. l’impunité des directeurs de banques ; 2. le cynisme de Sarko et de son clan ; 3. leur mépris de notre constitution ; 4. leur mépris des gens ordinaires (…) pauvres ; 5. leur populisme à vomir ; 6. la fin de toute valeur morale, remplacée par l’adoration du veau d’or ; 7. la perte du sens (des mots, de la vie, de la mort, de la justice, de la fraternité, de la solidarité…).»

Philippe Coupellier  : «Que la personnalité politique préférée des Français soit Rama Yade, une bobo qui n’a aucun courage politique, la reine du rétro-pédalage… Preuve que les Français votent pour des gens à leur image, sans aucun courage !»

Alain Redon : «La suppression de l ‘ISF ! Donner quitus aux grandes fortunes qui se désolidarisent du sort de ceux qui sont dans le besoin…»

Yves-Serge Melamedoff : «Le consensus général que l’on trouve, quelque soit la radio que l’on écoute, pour nous vendre le centrisme, l’inexorabilité de la crise, de la mondialisation heureuse et de l’impossibilité d’une autre politique que celle prônée par les Sarkozy, DSK et les autres.»

ELiHaNNaH : «Ce qui me révolte? Le manque de neige : j’avais décidé de faire de la luge et nada ! Rien ! Snifffff !»

Elie Arié : «Ce qui me révolte, c’est la hausse du prix des huîtres.»

 

P.L

1 janvier 2011

Vœux des politiques : le blabla du 31 décembre

Hervé Morin a adressé ses voeux aux Français depuis sa cuisine le 31 décembre 2010.

Ils recommencent chaque année. Entre le 30 décembre et le jour du Nouvel An, les politiques adressent (presque) tous leurs vœux aux Français. Un message destiné à leurs électeurs, cette fois-ci, à deux ans de la présidentielle. Un exercice ludique et intéressé. Une communication finement préparée.

Il s’agit d’abord de se présenter comme le commun des mortels dans une période de crise. Hervé Morin, debout dans sa cuisine, débute son allocution par un mignon : je me trouve « dans le lieu que j’aime le plus ». Puis continue son récit, sans avoir peur d’en faire trop. Il assure aimer préparer les repas ainsi que le « bon vin ». Et alors que préfère-t-il? Le ballon de rouge ou le verre de blanc? On aimerait savoir…

François Bayrou, aussi filmé de chez lui, reste plus mesuré. De son bureau, derrière une bibliothèque, en petit pull, enfilé sur une cravate noire, il évoque les gens « dans le chagrin » puis les otages français, dont des journalistes. Fatigué, le patron du Mouvement démocrate se montre naturel et termine même par un joli sourire adressée à ses ouailles. Ceux qui lui ont envoyé des mots doux, des messages de soutien quand il a eu ce malaise, voilà quelques jours.

Les socialistes Martine Aubry et Ségolène Royal utilisent le même argument : la carte de la proximité avec les faibles, les ‘petites’ gens. Une pensée pour les pauvres, pour les « gens en difficulté » (dixit Ségolène Royal), voire les « malades » (Martine Aubry).

Nicolas Sarkozy, il faut bien le dire, en prend, lui, pour son grade. Ses opposants en appellent au rassemblement. A « la force du progrès, de la gauche, des Français qui veulent que ça change », confie la candidate socialiste de 2007. L’alternance, glisse-t-elle, « nous y parviendrons tous ensemble ». Comme c’est beau :  chaque Français devrait verser sa petite larme. Mais attendez, ce n’est pas tout : la Première secrétaire du PS propose de reconstruire, ne riez pas, une « France juste, forte et confiante ». Françaises, Français, sortez vos petits mouchoirs.

L’avenir, les centristes en parlent aussi. François Bayrou cite ses thèmes de prédilection : l’éducation, les emplois. Hervé Morin, son ancien bras droit mais désormais concurrent, préfère fixer ses priorités pour 2011. Partir « à la rencontre des Français » à l’occasion d’un tour de Gaulle. Et tracer la voie « du rassemblement » de la famille centriste, éclatée et divisée.

Morin, Villepin : même combat. Le meilleur ennemi de l’actuel chef de l’Etat, président de République solidaire, rend presque publique sa candidature pour 2012 avec un cultissime : « Vous pouvez comptez sur moi. » Ah oui?

De ces remue-ménage, le président de la République, distant et froid, n’en a cure : il angle son message traditionnel de fin d’année sur le Front National, ces partisans du retour des monnaies nationales : Nicolas Sarkozy soutient, explique-t-il, « l’euro » et … « François Fillon ». Comme si on en doutait encore.

Restent les cancres, ceux qui ne veulent tenter l’exercice de la vidéo. Cécile Duflot refuse de jouer le jeu, comme l’a rappelé TF1 au 20h du 31 : la patronne d’Europe-Ecologie-les Verts n’en verrait guère « l’utilité ». Fainéante, l’écolo?

Les communistes préfèrent, peu à tort, d’ailleurs, la comédie. Le parti, vieux briscard de 90 balais, présente une parodie du discours de Nicolas Sarkozy. Amusant ! (Au passage, la Une n’a pas voulu passer des extraits de cette vidéo dans son dernier journal télévisé de l’année 2010). 

Quant à leur encombrant ami du Parti de Gauche, le terrible Jean-Luc Mélenchon, il écrit ceci sur son blog : « D’aucuns sollicitent mes précieux souhaits pour l’avenir. A condition d’avoir le bon gout de les formuler en images. Une vidéo. Comme Bayrou, Villepin et ainsi de suite. Caramba ! Que n’y ai-je pensé ! J’aurais été beau comme un camion neuf devant son parking. « Mes chers compatriotes, jusque là vous deviez écouter le chef de l’état. Cela vous collait les boules si vous ne l’aimiez pas ou ça vous mettait en jambes pour les huitres si vous étiez de son bord. Dorénavant, vous devrez écouter aussi les hautes pensées et larges visées de tous ses concurrents d’hier et de demain, plus tous ceux qui se la pètent grave. Françaises, français, ayez pitié des ces malheureux, ils croient bien faire ! » Moi, j’écoute Sarkozy le soir du 31. Un point c’est tout ! Juste pour le boulot. »

Bonne année…

P.L

7 novembre 2010

Chahuts internes

Chronique politique pour une radio. Semaine 2.

Les piques verbales entre responsables politiques ne s’échangent pas qu’entre majorité et opposition : ça cogne aussi au sein de chaque clan…

 

En ces temps amers, une petite phrase assassine peut provoquer des remous. Un seul entretien d’un responsable politique  en quête de notoriété, et hop,  le tour est joué, le coup est lancé. Chaque semaine, son lot d’exemple. A droite, au centre, à gauche. Au sein de la majorité présidentielle et dans l’opposition. Les dirigeants se chamaillent, s’envoient des fleurs. C’est la guerre pour un poste, une mission, un mandat, à l’aube d’une élection.

Dominique de Villepin continue dans cette optique son tour des médias pour tacler le chef de l’Etat…

L’ancien Premier ministre, le poète aux accents gaullistes, ne cesse de critiquer Nicolas Sarkozy. Le fondateur de République Solidaire a toujours sa carte de l’UMP. Mais cela ne l’empêche pas de se faire filmer en banlieue ou, près d’une vache, à la ferme. Sur un plateau télé ou à la radio. Pour montrer sa différence. Attaquer le bilan du président. Dernier exemple en date, dimanche sur Europe 1 : il évoque, sans rire, une parenthèse politique, ouverte depuis 2007 qu’il convient de refermer. Puis songe à la « France amoindrie, à ses principes affectés ». Avant, bien entendu, de se tourner vers « le spectacle pitoyable de la vie politique française ». Allusion peu masquée au remaniement, aux bisbilles entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand…(lire ici)

 La droite n’a pas le monopole du chahut interne…

Oui, ça s’agite aussi au centre, bien divisé depuis 2007. Les scissions se sont accumulées. D’abord, entre ceux qui ont rejoint le chef de l’Etat dans l’entre-deux tour de la présidentielle et les autres… Autrement dit entre les adeptes du Nouveau Centre, parti affilié à l’UMP et les membres du Mouvement Démocrate.

Puis entre les partisans de François Bayrou et les nostalgiques de l’ancienne UDF. Comme ce chef de file des sénateurs centristes, Jean Arthuis, à la tête de la commission des Finances, qui veut faire renaître de ces cendres l’ancien parti de centre-droit, héritier du giscardisme .

Il souhaite que les centristes soient représentés au premier tour en 2012. Se dit candidat à la candidature. Mais assure toutefois au journal le Point ne pas y penser tous les jours en se rasant (la preuve).

Jean Arthuis envoie aussi des piques au gouvernement…

Comme certains à l’UMP, il prêche la fin du bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune. Les sénateurs examinent cette semaine le budget de finance 2011 et « le compte n’y est pas ». Pas assez de rigueur, pas assez de réductions des dépenses de l’Etat. Jean Arthuis veut réduire davantage les niches fiscales. Et ne pas se leurrer : comme François Fillon (l’actuel locataire a récemment brisé le tabou), il sait que les impôts ne peuvent qu’augmenter.

A gauche, Manuel Valls a passé la vitesse supérieure à l’encontre du PS.

Le député-maire socialiste de Meaux tacle le comportement de certains responsables à gauche. L’un des chefs de file de l’aile droite estime que le PS bat encore de l’aile. Selon lui, les socialistes ne sont pas encore vraiment crédibles.

A qui la faute selon lui?

 Manuel Valls ne le dit pas noir sur blanc au Parisien-Aujourd’hui en France, mais il y pense. Son intervention vise  l’aile gauche du parti, représenté par le porte-parole Benoît Hamon, qui, voilà quelques jours, avait laissé entendre que les socialistes pouvaient  encore « discuter » de l’allongement de cotisation dans le dossier des retraites. Ré-dhi-bi-toire pour le proche de DSK, favorable, à cet allongement (au cœur du projet socialiste). Sans toutefois revenir sur les 60 ans qui devraient rester « un droit et non une obligation », murmure Manuel Valls, gardien de l’unité à la socialiste…(lire ici)

 P.L

14 octobre 2010

bourdes et maladresses en politique

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A propos du dossier des retraites, tout semble permis. Outre la bataille des amendements (avant le vote final) au Sénat sur le projet de réforme, surgit une guerre des mots entre certains dirigeants des deux bords politiques. Au risque, parfois, de tomber dans le coup bas, voire la maladresse (lire un article de Libération à ce sujet). Les deux dernières imprécisions concernent François Baroin et Ségolène Royal.

Suite à son entretien face à Laurence Ferrari sur TF1, le 12 octobre dernier, la présidente de Poitou-Charentes a déclenché l’ire de la majorité. Qui a crié au scandale…presque à tort.

Certes, ses propos peuvent induire en erreur, surtout si l’on ne l’écoute pas jusqu’au bout. Car, en effet, elle invite, au début de l’interview, les jeunes à battre le pavé « pacifiquement » contre la réforme du chef de l’Etat. Sauf qu’avant la fin de son échange avec la présentatrice du 20h, elle procède à un magnifique rétropédalage. Elle assure alors ne pas demander aux lycéens de descendre dans la rue. Mais s’ils se décident tout de même à le faire, Ségolène Royal leur demande de ne pas mettre le feu aux poudres (ce qu’elle précise le lendemain sur France Info).

Forcément, des membres du gouvernement comme Nadine Morano, Rama Yade, Eric Besson (mais aussi le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, et …le candidat à la candidature socialiste, Manuel Valls) ont aussitôt saisi l’occasion de polémiquer. En évoquant « l’irresponsabilité » de l’ex-candidate à la présidentielle.

La réaction de la majorité paraît peut-être démesurée. N’empêche que Ségolène Royal a fait preuve d’une certaine maladresse. Ce qu’elle a, d’ailleurs, admis sur les ondes de France Info.

Autre maladresse (ou pas), les récents contacts de Benoît Hamon avec la gauche de la gauche (voir ici, et ). François Baroin en profite (ainsi) pour mélanger le programme du PS et celui d’autres partis. Invité de France Inter du 13 octobre, il évoque la proposition du PS sur le dossier des retraites : « Il défend le départ à 60 ans à taux plein. » Erreur (relevée par le journaliste) : oui, les socialistes défendent le droit de partir à la retraite dès 60 ans. Mais pas avec un taux plein, comme le réclament Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot…et le mouvement des jeunes socialistes (MJS) (lire un article du Figaro : « le PS fait de l’équilibrisme » ou celui de Public Sénat : « le PS est-il ambigu sur les retraites? »).

La majorité utilise sûrement cette petite différence entre le MJS et les aînés afin de laisser planer le doute. D’autant plus que les socialistes maîtrisent à perfection les ambiguïtés.

En particulier, à cause du nombre important de porte-parole au sein du parti. Dernier exemple en date : la demande au gouvernement d’organiser un référendum sur les retraites avant la navette parlementaire. Outre Jean-Luc Mélenchon (ex-PS), Ségolène Royal et Jean-Pierre Bel (président du groupe PS au Sénat) s’y sont montrés favorables…au contraire du véritable porte-parole, Benoît Hamon, qui s’est exprimé au nom du parti (si, si, lisez). Confus?

P.L

19 septembre 2010

une Royal royale

Ségolène Royal

Ce n’est pas la favorite des sondages. Pas même la meilleure opposante du chef de l’Etat. Or, telle une rock-star, elle s’est offert, samedi 18 septembre, une piqûre de médiatisation avec l’an Trois de sa fête de la Fraternité à Arcueil.

Quelques jours après sa participation remarquée à l’émission « A vous de juger » (France 2), elle s’est hissée sur la scène devant un petit bataillon d’éléphants roses (avec, aussi, Jean-Luc Mélenchon, le ‘non-invité‘ de Benoît Hamon) au sein de l’assistance. Et entourée par une foule de fidèles, drogués par son charme, séduits par ses formules rhétoriques à l’emporte-pièce. Son but? Répéter en boucle que les socialistes demeurent unis. Puis jouer à l’anti-sarkozysme primaire.

La spécialiste de l’exactitude verbale n’a pas eu, selon certains médias, à convaincre la moindre personne. Tous les militants interrogés souhaitent qu’elle se représente. Elle est la seule, l’unique candidate capable de battre son concurrent de l’Elysée (Voir ici et ).

Pourtant, son parcours depuis sa défaite a été semé d’embûches. Tout a commencé par les trahisons des uns, les ires des autres (une petite piqûre de rappel) suite à la campagne de 2007.

Alors seule et délaissée, elle a encore fait preuve d’une grande crédibilité en affirmant ne pas avoir cru à plusieurs de ses promesses phares de son programme présidentiel. Et son idée de créer des postes de fonctionnaires masculins pour raccompagner les policières le soir a été  raillée par la droite depuis le débat Sarkozy-Royal dans l’entre-deux-tour (cliquez donc ici).

Le temps de l’errance, du repli régional est ensuite venu. Dame Royal, éloignée de toute polémique, a brillé par son absence politique. Juste quelques sorties, par ci, par là. Pour tacler le chef de l’Etat, évidemment, mais plus forcément dans la peau du messie de l’opposition.

Car, témoin de la chute de sa popularité, la candidate a voulu montrer qu’elle pourrait ne pas se représenter en 2012. Et donc que son ego n’est en fait pas vraiment développé (…et la marmotte met le chocolat dans le papier d’aluminium…).

Certaines déclarations, quelques interviews d’elle, plus récemment, ont toutefois fait coulé beaucoup d’encre. En particulier : lorsque Ségolène Royal a assuré vouloir s’entendre avec ses concurrents du moment –Martine Aubry et DSK– en vue de réaliser une liste gagnante et donc ne pas s’affronter lors des fameuses primaires du PS (un « pacte » décrié par un ancien « ségolâtre »).

Ou, encore, son discours de la Rochelle, véritable mise en scène de la réconciliation entre la Poitevine et la Lilloise, fâchées depuis le terrible congrès de Reims (qui a vu la seconde battre la première pour la place de la Première secrétaire du PS).

Plus tard, pour se départager de ses concurrents, elle entame une accélération à bâbord. En se rapprochant, petit à petit, de l’aile gauche du PS, voire des syndicats. La preuve? Cette phrase tant démagogique que cocasse, sur le plateau d’Arlette Chabot : « La réforme des retraites est celle du Médef. » Ou encore cette affirmation peu réalisable : « Si le PS revient au pouvoir, il rétablira la retraite à 60 ans. » Besancenot, son souffleur officiel ?

 

P.L

18 août 2010

la série de l’été

Comme la télévision, l’actualité politique présente aussi ses séries durant la pause estivale.

D’abord, en prime-time, sur la une des canards de France et de Navarre et en titre des journaux des 20h : l’incroyable affaire Woerth-Bettencourt. A chaque jour sa révélation : la guerre a fait rage entre Médiapart, le Point, Marianne, le Monde ou encore le Figaro, le Nouvel Obs et Liberation. Toutes ces révélations ont secoué un gouvernement diminué, à en croire les sondages qui indiquait des chutes de popularité vertigineuses.

Suite à cette série de scoops, accompagnée des polémiques de fin de saison, à l’instar des cigares d’un tel ou des jets privés d’un autre, le président de la République a pris les choses en main. En vue de lancer la foudre vers la presse.

Toutefois, au bout de quelques épisodes bien ficelés au cours desquels certains ministres et d’autres dirigeants UMP ont bien aboyés contre une partie des médias, les scénaristes ont décidé de changer de registre.

Et d’accentuer le discours sécuritaire (car, rappelle le New York Times, cela plait aux Français), en songeant aux soi-disant ennemis de la planète France, souvent issues des communautés étrangères. En particulier les gens du voyage, pointés du doigt (au moins par le terrible Brice Hortefeux) depuis certains faits divers impliquant l’un des leurs.

Aussi le chef de l’État a-t-il fait le lien entre immigration et délinquance à Grenoble au début du mois d’août. En évoquant ses projets de réformes à propos du système de déchéance de la nationalité française. Histoire de poursuivre la série, ce sont ensuite d’autres dirigeants UMP qui ont fait part de leur réflexion à propos de ces voyous. Avec ces petites piques bien ciblées, telle la célèbre : « Français ou voyou ! » (Christian Estrosi)…

La raison évidente de ce remue-ménage en plein été? Détourner l’attention de l’opinion, des médias et oublier les polémiques précédentes.

Le succès a été faramineux. L’UMP aurait gagné en une quinzaine de jours des tonnes de militants, chiffres à l’appui (Information remise en question, toutefois, par le Monde).

Et, bien sûr, les réactions de l’opposition de gauche n’ont guère tardé. Exemple : le terrible Dany le Vert, évoquant dans une interview au Monde Nicolas Sarkozy, qui prendrait les Français (carrément) « pour des cons ». Pardon, ce tournant si prévisible a aussi surpris à droite. Notamment, le député villepiniste Jean-Pierre Grand.

L’un des axes majeurs, abordés au cours de série, reste l’ordre public, le défi des Roms, la sécurité des villes de France. Et là, chacun tape sur l’autre, défend son compère…ou pas !

Dernier combat verbal en date, celui opposant le maire de Nice, Christian Estrosi, membre du gouvernement, au premier magistrat de Grenoble, le socialiste Michel Destot.

Aplaudi par une poignée de parlementaires, le premier a donné, comme si de rien n’était, un carton jaune à certains maires de gauche, défaillants, selon lui, en terme de sécurité publique. Il a suggéré sans rire de les punir (avant toutefois de revenir sur ses propos). Dans sa ligne de mire, son homologue de Lille, Martine Aubry, et Michel Destot, donc, qui, lui, a engagé un dialogue courtois. En défendant son action. Par des mots virulents, on s’en doute, à l’encontre de l’Etat. Plusieurs de ces collègues de gauche l’ont soutenu ensuite…à l’instar de deux membres du gouvernement, Luc Chatel et Brice Hortefeux (il n’est pas coutume), qui viennent de recadrer leur collègue, chargé de l’industrie et à la tête de la cinquième ville de France. Pas question de s’en prendre aux mauvais élèves maires.

Mieux vaut tenter d’établir un classement, du genre qui a fait quoi entre l’Etat et les municipalités, voire d’ouvrir un débat, comme le propose le maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, et celui de Drancy, Jean-Christophe Cavada (NC).

Oui, pourquoi pas ! En attendant, quelle sera le synopsis du prochain épisode avant la rentrée scolaire?

 

P.L

8 juillet 2010

des mots doux entre politiques…et à l’encontre de la presse

Le désir d’avenir d’un politique? Tracer son chemin, augmenter sa liste de contacts et monter les échelons du pouvoir au sein d’un parti. Et, toujours, en ligne de mire, une élection, locale ou municipale, cantonales et régionales, présidentielle ou législative.

Pour parvenir tout en haut des grades, mieux vaut se tourner côté sunlight des tropiques médiatiques. Sur le terrain. Devant les caméras. Face aux micros. Sur un plateau TV et les ondes d’une radio. Ou encore dans les colonnes d’un journal. Le but du jeu ne change jamais au gré d’une carrière. Il s’agit de commenter un fait d’actualité. Mais pas n’importe comment. Envoyer une pique en l’air, par ci, par là. Pratiquer la guerre des mots avec ses opposants. Trouver la tournure adéquate. La formule qui fait mouche. Et qui va chatouiller son premier vis-à-vis, c’est à dire le journaliste, censé informer ses lecteurs et donc, reproduire la citation qui, au meilleur des cas, lorgnera en une des journaux, tel une frise artistique.

Les exemples, on les compte par centaine et par milliers. Pas besoin de les énumérer tous, bien sûr. Rien que ces derniers jours, l’actualité a proposé des informations en masse, des tonnes de petites phrases, assassines et cocasses à la fois, sur le dossier Woerth-Bettencourt.

En la matière,l’UMP et le PS pondent des recordmen, des specimen, des super-héros issus de la planète Krypton. Chaque fois, on se demande si la personne pourra encore innover pour la saison suivante. Or, au vu du scenario, on reste toujours (allons, quasiment toujours) subjugué par la beauté du geste. Ou plutôt de la parole.

En tête de peloton, à droite, un franc-tireur, le porte-flingue du chef de l’Etat, l’homme qui en fait presque un job à plein temps : Frédéric Lefebvre. Encore tout récemment, voilà à peine quarante-huit heures, il a évoqué à la chanceuse AFP « les dégueulis populistes de l’opposition ». Autre cible du porte-parole de l’UMP, le site d’information Mediapart, à l’origine des principales révélations sur l’héritière du groupe l’Oréal, Liliane Bettencourt. Il parle, sans rire, de « dingueries ».

Le président de la République, lui aussi, s’amuse. Plus discrètement. Mais quand même. Dernier exemple en date : cette drôle de menace à l’encontre du fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, qui a publié certaines écoutes (illégales?) de conversations privées (volées mais pas par le site d’info et elles ont été transmises à la police, faut-il le rappeler). « Au niveau déontologie, c’est inimaginable. Cela va lui retomber sur la tête », a-t-il glissé aux députés Nouveau Centre, reçus à l’Elysée.

Certains ministres n’hésitent plus non plus à comparer Mediapart à « une certaine presse des années 30″ (Christian Estrosi), ou à « un site de ragot » (Nadine Morano) qui emploie des « méthodes fascistes » (Xavier Bertrand, SG de l’UMP).

La gauche n’est pas en reste. Ségolène Royal force également le respect à ce niveau-là. Depuis quelques jours, elle s’emporte contre le gouvernement « corrompu ». Un mot si doux en ces temps amers..

P.L

14 mai 2010

Délit de récidive socialiste

 

http://www.linternaute.com/actualite/politique/municipales/les-20-stars-des-municipales/opposition/images/manuel-valls.jpg

 

Souvent désignée comme la candidate « naturelle » de la gauche en 2012-outre DSK, cependant-, Martine Aubry tente, non sans mal, de mener la barque socialiste. Qui tangue parfois. Le désastreux congrès de Reims, qui avait fait des moult clivages un curieux spectacle hante encore. Les divisions internes au PS n’ont pas disparu comme par enchantement. Le cours reste instable…à l’instar des bourses européennes.

Et même si Jean-François Copé avait qualifié, au lendemain des régionales, cette opposition de « crédible », le parti socialiste n’est jamais à l’abri d’éventuelles rechutes incontrôlées.

 

Un pas en avant, deux pas en arrière

 

Et ce qui devait arriver, arriva… en particulier, avec la publication de la terrible tribune, signée Manuel Valls.  Le candidat à la présidentielle tacle dans le Monde sa Première secrétaire et la « société du care », qu’elle prône depuis quelques semaines. Le député socialiste de l’Essonne évoque, sans rire, « une vieille idée des années 1980 », un « recul pour la gauche ». En un mot, une « erreur profonde ».

Sûrement acclamé par la majorité présidentielle, le PS approcherait t-il une nouvelle zone du turbulence ?

 

P.L

5 mai 2010

La solution Ayrault

La solution Ayrault dans billet d'humeur

 

« Un mauvais texte » : c’est en ces mots que Jean-Marc Ayrault (photo ci-dessus), le patron des députés socialistes, décrit le projet de loi sur l’environnement, le fameux Grenelle II . L’examen au Parlement débute à peine et les socialistes sont déjà partis pour … »voter contre », alors qu’ils avaient dit oui au premier volet du Grenelle. La raison ? Outre l’absence de la taxe carbone, en particulier, Ayrault, déçu, frustré, courroucé, regrette que « la plupart des amendements (du PS) ait été rejetée ».

Pourtant, au même moment, l’UMP a suivi une proposition des écologistes et des pro-éoliens : l’abandon d’une disposition contestée, un seuil minimum (15000 MégaWatts) afin d’implanter de nouvelles fermes d’éoliennes. La rage, alors, le socialiste ?

Une idée pour ce chef de la Rose, proposer son propre texte sur le sujet, présenter un projet alternatif à celui de la majorité présidentielle. Il l’a fait, voilà peu, il peut donc recommencer sans problème, sans atermoiement.

La première fois, il s’agissait du voile intégral. Alors que le gouvernement rédige en ce moment un projet de loi d’interdiction totale de la burqa et du niqab (bien que le Conseil d’Etat y semble défavorable), le socialiste avait annoncé sa volonté d’écrire son propre texte. Pourquoi pas, oui !

 

P.L

3 avril 2010

La société selon Martine Aubry

Publié par canarddeletang dans billet d'humeur, billet-ironie, Elections, politique francaise, PS

Dans un entretien accordé au site Médiapart, Martine Aubry évoque son projet de société pour 2012.

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La Première secrétaire du PS : « La société du bien-être passe aussi par une évolution des rapports des individus entre eux. Il faut passer d’une société individualiste à une société du «Care», selon le mot anglais que l’on pourrait traduire par le «soin mutuel»: la société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres. »

Flash-back IMAGINAIRE : une petite phrase de « Martine », presque réelle, presque fausse, à la veille du terrible Congrès de Reims, en 2008, censé désigner le successeur de François Hollande :

M.A à ses ouailles : « Chères militantes, chers militants socialistes, je voudrais l’emporter. Devenir Première secrétaire. Reconstruire le PS. Gagner des élections. Former une société plus juste, égalitaire. Bon, OK, vous avez le choix. Vous pouvez voter, soit pour moi, soit pour Dame Royal, ma concurrente du Poitou. Peu importe, finalement. Votre parti triche que ce soit en ma faveur ou non…Ce n’est pas moi qui le dit : vous verrez, des journalistes publieront un (presque) scoop de ce genre »

En effet, quelques mois plus tard, sort l’ouvrage,  » Hold-uPS, arnaques et trahisons », d’Antonin André et Karim Rissouli, une enquête accablante pour tous les Eléphants socialistes…

Malek Boutih, membre de la direction du parti, à Solférino, ne semble guère surpris : « La triche est aujourd’hui une pratique banalisée au sein du PS », glisse t-il, alors.

Vous voyez, les socialistes prennent (bien) soin de leurs militants…

P.L

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