le Canard de l’Etang

16 février 2009

Elysée-gouvernement-médiateurs

 

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Le Canard Enchaîné confie la nouvelle dans son édition de mercredi dernier. Une simple citation du président de la République survenue après son intervention télévisée. « Moi, je fais des annonces et après ce n’est plus mon sujet ». Une « annonce » sincère ? Une promesse de temps en temps et puis s’en va : la devise de Sarko ?

Des exemples récents ? Bien sûr ! La taxe professionnelle. Puis, un peu plus tard, la création d’un « conseil interministériel de l’Outre-mer » qui se réunira  dans « quelques mois » seulement. Une de ses promesses de campagne de 2007,d’ailleurs, comme l’a rappelé Yves Jégo, sur le plateau du Grand Journal de Canal +, la semaine dernière.

Sarko, la suite, toujours selon le journal satirique, dont les infos politiques sont parfois douteuses (ou pas) : « aux autres de faire leur boulot ». Autrement dit, au gouvernement de gérer les crises. Et lorsque les ministres en charge des questions épineuses sont en difficulté ou ont d’autres chats à fouetter, sont envoyés des médiateurs. Une véritable pyramide de l’action gouvernementale.

Yves Jégo est rentré de son voyage en Guadeloupe et en Martinique sans résultat. Il assure tout de même que son « boulot c’est d’être sur le terrain le plus souvent possible. » Toutefois, les manifestations se sont poursuivies. A sa décharge, dans une interview, donnée au Parisien : « En Martinique, le dialogue se poursuit sur la base des 39 propositions que j’ai faites la semaine dernière ». Comprendre ici, le gouvernement a fait ce qu’il a pu.

La balle est dans le camp des partenaires sociaux, censés, selon Luc Chatel de « prendre leurs responsabilités (…) pour permettre de trouver un accord». Problème, les négociations n’avancent guère, car le gouvernement ne veut toujours pas baisser les charges patronales, afin de permettre aux salariés « de gagner plus ».  Et l’envoi de deux médiateurs n’a rien apporté.

Valérie Pécresse est en froid avec les professeurs des universités. Ils ont battu le pavé en compagnie d’étudiants plusieurs fois ces derniers jours, aussi bien à Paris que dans le sud de la France. Son souci, une réforme qui ne passe pas auprès du monde universitaire ? Certes. Mais pas seulement.

La chiraquienne, en pleine campagne pour les primaires UMP, en vue des prochaines élections régionales, tente de plaire aux élus franciliens, qui lui préfèrent Roger Karoutchi. Du coup, le gouvernement lui a offert un peu de répit (et de repos ?) en envoyant sur place une médiatrice, Claire Bazy-Malaurie, une énarque qui a la lourde tâche de calmer les profs-chercheurs.

Ces derniers « craignent que la nouvelle loi accorde trop de pouvoirs aux présidents d’université en matière de répartition de leurs temps de travail entre enseignement et recherche » (le Figaro). La médiatrice espère « trouver un terrain d’entente » avec les professionnels de la fac. Et aux côtés de la ministre de l’Enseignement supérieure, obligée de mettre « entre parenthèses » sa campagne en Ile de France.

2 février 2009

élus parisiens : la droite peut aussi boycotter les bancs d’une assemblée

 

 

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Jean-François Lamour, patron du groupe UMP au conseil de Paris

 

Jean François Copé s’est-il étonné du boycott des élus parisiens UMP d’une séance du Conseil de Paris, ce lundi 2 ? Au vent de la nouvelle, le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale a dû être surpris.

L’opposition parisienne s’offusque du projet de décentralisation, cher à Bertrand Delanoë. « Tout est ficelé avant même que nous ayons pu en discuter, au mépris de nos propositions. C’est la raison pour laquelle nous vous laissons discuter entre vous, avec vos petits copains, et nous ne participerons pas à cette mascarade», explique Jean-François Lamour

Pourquoi ? La majorité parisienne vient de refuser la proposition de la droite. Définitivement ? Non, juste pour l’instant. Si l’on en croit François Dagnaud (PS), un débat sur le sujet  aura lieu avec l’opposition, « avant l’été ». « Les conseils d’arrondissement seront saisis » à ce moment là.

Que veut la droite, au juste ? Simplement que les maires d’arrondissement deviennent « de véritables co-pilotes, aux côtés du maire de Paris, en matière d’investissements, de dotations de fonctionnement, d’autorité sur les services déconcentrés des directions municipales».

L’ex ministre Jean-François Lamour jure que ce boycott n’a rien à voir avec celui des Socialistes, il a quelques jours, à l’Assemblée. « A chaque hémicycle ses traditions », estime t-il. Quand même. Le scénario est quasiment le même. Les Eléphants roses se sont mobilisés contre la réforme de l’audiovisuel (en multipliant les amendements : une réelle « obstruction », d’après Copé). Concernant la loi sur le travail parlementaire, les députés PS ont évité les séances de questions au gouvernement, ou encore chanté la Marseillaise,  le poing levé, avant de déguerpir du Palais Bourbon.

Le 14 janvier, Frédéric Lefebvre s’interroge dans le Parisien : « Est-ce intelligent, comme le fait le PS, de bloquer par des milliers d’amendements des débats utiles au pays ? Quelle image donne-t-on de la politique et des politiques ? L’obstruction, c’est l’arme des faibles. C’est l’arme de ceux qui n’ont pas le pouvoir. La droite l’a utilisée jadis dans l’opposition sur les nationalisations ou le Pacs. Elle nous a empêchés alors d’être intelligents. »

Les députés UMP parisiens ne sont pas intelligents ?

1 février 2009

Brice Hortefeux, véritable porte-flingue du président

 

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Brice Hortefeux, le nouveau ministre du travail, en bon défenseur du petit Nicolas. Aujourd’hui invité du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI, il s’est empressé de tacler Martine Aubry, qui considérait quelques heures plus tôt, que le Président de la République « défigur(ait) la démocratie » en « se croyant propriétaire de la France ». Elle réagissait à la mutation du préfet de la Manche et du patron de la police du département[1], qui payent pour les sifflets à l’encontre de Nicolas Sarkozy, en marge d’une visite chahutée du président, le 12 janvier dernier, à Saint Lô.

Brice s’explique. La critique virulente du Premier secrétaire socialiste « n’est pas digne d’un débat démocratique » (…) Quand le général de Gaulle s’était rendu en Bretagne, une pomme avait atterri sur la DS noire, il avait considéré que c’était une mauvaise organisation des services de l’Etat (…). La sécurité publique n’a pas été assurée, c’est normal qu’on en tire les leçons, c’est une attitude gaullienne». Sarko, gaulliste ? Elle est bien bonne, celle là.

« L’inverse m’aurait choqué », confie t-il, d’ailleurs. D’après lui, la mutation semble logique, la sanction appropriée. Nicolas Sarkozy aurait été très énervé et n’aurait pas apprécié que les manifestants ne soient pas suffisamment muselés par les forces de l’ordre. Le président, susceptible ? Sans doute. Du moins, rancunier.

A l’instar de Ségolène qui roule avec ses lieutenants fidèles, comme Manuel Valls, Sarko tient la main de ses « amis ». La famille Balkany, Martin Bouygues, entre autres. Et donc Brice Hortefeux. On le disait déçu. Depuis toujours, le nouveau vice-président UMP espère obtenir le maroquin de l’Intérieur, chère à MAM. Après le remaniement ministériel du mois de janvier, encore raté. Mais bon, il a peut-être compris que les Relations sociales étaient aussi un bon parti. Brice reste « le porte-flingue » préféré du petit Nicolas, qui peut compter sur lui.

De toute manière, qui d’autre que lui pouvait défendre le président un dimanche ?


 

 

[1] Respectivement, Jean Charbonniaud et Philippe Bourgade

29 janvier 2009

François Bayrou : « je marche seul »

 

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On n’avait pas entendu le célèbre titre de Jean-Jacques Goldmann, « je marche seul » depuis bien longtemps. Aujourd’hui, le morceau des années 80 aide à comprendre l’actualité de François Bayrou. Malheureusement ? Peut-être.

Le troisième homme de la dernière Présidentielle semble se chercher désespérément des amis. Et des personnes acceptant de porter le titre Modem, pour les prochaines élections européennes. Le temps presse. François Bayrou annoncera le 8 février le début de sa campagne et fera connaître le nom de chaque candidat.

Pour l’instant, seuls Marielle de Sarnez, Jean Luc Bennahmias, Corine Lepage, Jean-François Kahn sont sûrs de figurer sur des listes Modem. La magistrate Eva Joly a retourné sa veste, et rejoint Daniel Cohn-Bendit. L’ex ministre de Dominique de Villepin, Azous Begag, est pressenti, mais rien n’est sûr. Celui-ci veut mener la liste sud-est du mouvement.

Mardi dernier, au grand plaisir de Martine Aubry, François Bayrou a signé la motion de censure du PS à l’Assemblée nationale, visant à manifester contre la « transgression des principes de séparation des pouvoirs » et « la multiplication des atteintes aux libertés ». Bayrou, un défenseur des valeurs humanistes, c’est beau.

Au-delà du symbole, les trois députés du Mouvement démocrate, installés chez les non-inscrits du palais Bourbon (aux côtés de deux villièristes et d’un gaulliste !)n’ont pas beaucoup d’influence. La motion des Eléphants roses a été logiquement rejetée. Mais seul le geste compte, non ?

Depuis mai 2007, François Bayrou, fort de sa popularité, en dépit de sa solitude s’est trouvé une mission : devenir le meilleur opposant du sarkozysme, ravir la place à la gauche, et pourquoi pas espérer de passer le second tour de la présidentielle, en 2012.

Lors des municipales de mars dernier, il a accepté plusieurs listes communes avec la gauche, afin de battre les droites locales. Mais des membres du Modem se sont aussi liés à des candidats de droite, comme à Bordeaux.

Le Béarnais, au centre, se tourne vers sa gauche, mais pas trop non plus. Il ne faut pas exagérer. Quand Sarko souhaite reformer le parti radical d’antan, en schisme[1] depuis plus de trente ans, Bayrou rejette, début janvier une proposition de Jean-Michel Baylet, président du parti radical de gauche. Le leader du PRG aurait voulu faire de listes communes avec le Modem pour les Européennes. Et en quelques sortes, rassembler le centre gauche, inexistant en France.

Le président du Modem a repoussé l’idée, estimant que le PRG  reste trop souvent entre les pattes de l’ogre socialiste. En un mot, c’est une formation politique non « indépendante » (du PS). Mais, diable, que veut-il ?

François Bayrou cherche à promouvoir des partis politiques indépendants de l’UMP et du PS. Créer un véritable centre français, autour de sa personne. Bien entendu, il aimerait que le PRG devienne Modem pour de bon. Et pendant qu’on y est, que les Socialistes se métamorphosent en Démocrates. Mais ce n’est pas possible. Du coup, il « marche seul, sans témoin, sans personne »…

 


 

 

[1] Le petit Nicolas voudrait une réunification entre le parti radial valoisien de droite, cher à Jean-Louis Borloo, et le PRG de Baylet, pour titiller Bayrou.

16 janvier 2009

Que retenir du remaniement ministériel du 15/01?

Il s’agissait principalement de remplacer Xavier Bertrand, le nouveau secrétaire général de l’UMP. Il quitte son ministère des Affaires sociales, pour se concentrer sur le parti de la majorité. Le « gentil Bertrand » va concurrencer le patron du groupe UMP, à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, qui ne cesse de déranger le président de la République avec son ambition. Sarko n’a certainement pas besoin d’un rival au sein de son propre parti. Fort de ses différentes fonctions, tant au niveau local que national, Jean-François Copé espère sûrement, un jour, être candidat à la présidentielle. Et profite depuis mai 2007 de l’absence sur la scène médiatique de François Fillon, un Premier ministre, plus à l’aise dans l’ombre. Sarko devait forcément y remédier. Généralement, le président tient ses promesses. C’est connu.

Le petit Nicolas, Sauveur des Français aime jeter un œil du côté des Socialistes ; et sourit bien volontiers quand les Eléphants roses se disputent. A ce petit jeu, le PS est très fort. Le dernier Congrès de Reims est un très bon exemple de bisbilles internes.

Par contre, il est moins drôle de voir des membres de son  gouvernement ne pas s’entendre. Christine Boutin, la ministre du Logement n’est pas proche de son secrétaire d’Etat, Fadela Amara.

Désormais, elles ne travaillent plus ensembles. Ouf ? Certainement. Toutefois, l’ »ex » de Ni Putes ni Soumises, adepte d’un langage parfois grossier est maintenant sous la tutelle de Brice Hortefeux, qui hérite du maroquin de Xavier Bertrand, et d’une partie des prérogatives de Christine Boutin (la ville). Cela promet d’être amusant. Elle avait fait preuve d’une grande classe pour qualifier la loi sur l’immigration. Selon ses propres mots, le test ADN, un secteur important de la réforme, portée par « Brice, l’ami de trente ans » du président est « dégueulasse ».

 

« Un purgatoire »

 

Nathalie Kosciusko-Morizet n’est pas non plus la meilleure amie de Jean-Louis Borloo. Est-ce si surprenant ? La secrétaire d’Etat avait dénoncé en avril dernier, dans le Monde, « un concours de lâcheté », durant l’examen d’un texte sur les OGM en France. Son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, N°2 du gouvernement venait d’insinuer qu’elle n’avait pas assez combattu un amendement d’un député communiste, limitant la culture des OGM dans le pays.

NKM est « rétrogradée » selon Laurent Joffrin, qui s’exprime sur France Info, le 16 janvier. Un « purgatoire » imposé ? C’est ce que croit Sylvie Pierre-Brossolette, du Point. Pourquoi ? Nommée secrétaire d’Etat à l’économie numérique, on lui « enlève l’évaluation des politiques publiques », glisse la journaliste sur le plateau de la radio d’information.

Elle prend la place d’Eric Besson, l’ex socialiste, devenu avant-hier ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale. N’avait-il pas, pourtant, dans une autre époque, dénoncé la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy ?

Quant à l’ouverture, elle se rétrécit à droite. Le socialiste Jean-Pierre Jouyet, parti l’an dernier à l’AMF, le gendarme de la bourse, a été remplacé aux Affaires européennes par un fidèle villepiniste, Bruno Le Maire.

Par ailleurs, François Fillon espérait donner un job à un membre du MPF. Après l’adoption de quelques idées du FN dans le programme du président, une ouverture aux souverainistes ? Le gouvernement était tenté d’offrir le maroquin de l’économie numérique à Bruno Retailleau, le spécialiste des nouvelles technologies au Sénat. Philippe de Villiers était plutôt contre, et cela ne s’est pas fait.

L’ouverture à gauche est-elle pour autant vraiment morte ? Pas vraiment. Martin Hirsch est désormais haut-commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse. Une petite récompense méritée.

 

3 décembre 2008

Copé, « royaliste »?

Publié par canarddeletang dans billet-ironie, Economie, Modem-centre, Parlement, politique francaise, PS, UMP

           « Il faut que, dans nos circonscriptions respectives, nous ayons un débat avec les Français sur les économies que l’on peut concevoir avec eux ». Une citation de Ségolène Royal ? Manuel Valls, l’un de ses plus fidèles lieutenants ?

Et bien non. Cette citation émane du Président du groupe UMP de l’Assemblée nationale. Dimanche 30 novembre, Jean-François Copé cherchait des solutions pour calmer les dépenses et « réduire les déficits » de l’Etat.

Une envie de débattre ? A court d’idées, il invite les citoyens responsables, autour d’un bon café… « On ne peut pas continuer de proposer aux Français, en pleine crise, un rassemblement national et ne pas voir, dans le même temps, que beaucoup de nos compatriotes ne se sentent jamais associés aux grands débats et aux grands combats ». Touchant, non ?

Ségolène Royal, battue par Martine Aubry au poste du Premier secrétaire du PS, peut se consoler : son projet de « consultation participative » des citoyens s’exporte.

            Si l’ambitieux Jean-François Copé est un jour candidat à la présidentielle, ira-t-il jusqu’au domicile de François Bayrou, pour lui proposer le poste de Premier ministre ?

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