le Canard de l’Etang

26 mars 2012

La banlieue, éternelle perdante de la campagne électorale

Lu initialement sur L’Express.fr

Dans les banlieues, certains craignent que l’affaire Mohamed Merah n’aboutisse à une stigmatisation des quartiers populaires. Et rêvent toujours que les candidats s’emparent de ce sujet. François Hollande devrait s’y montrer un peu plus. 

Ce lundi soir, François Hollande tiendra une réunion politique en Seine-Saint-Denis, à Bondy. Un petit meeting qui a lieu, peu de temps après une visite à Evry, chez Manuel Valls. Et avant un Grenelle des quartiers populaires, initialement prévu en mars, mais finalement organisé le 7 avril.  

Nicolas Sarkozy, lui, s’est déplacé, il y a quinze jours, de l’autre côté du périphérique, à Meaux, chez Jean-François Copé. Comme François Bayrou, dans les Hauts-de-Seine, le 22 février.  

Un déplacement par-ci, un déplacement par-là, pendant la campagne électorale. Et c’est tout?  

Conscient de la faible place laissée aux banlieues dans cette campagne, l’association AC-Le feu a squatté, trois jours fin février, un hôtel parisien pour interpeller les candidats à la présidentielle.  

Philippe Poutou, Clémentine Autain pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Eva Joly sont venus entendre les doléances de cette association, née après les émeutes de 2005.  

Banlieues stigmatisées

« Mais, ni François Bayrou, ni Nicolas Sarkozy ont honoré l’invitation », regrette Fatima Hani, secrétaire national de AC-Le feu. Peut-être viendront-ils le 14 avril prochain. Ce jour-là, l’association organise un débat national. « Si les dix candidats à l’Elysée ne viennent pas, on saura pourquoi », sourit Fatima Hani, pessimiste.  

Entre temps, un événement a chamboulé la campagne. La mort de Mohamed Merah, après ses assassinats perpétrés à Toulouse et Montauban, a projeté sous les feux médiatiques le thème de la sécurité.  

Quant aux banlieues, elles risquent d’être encore plus stigmatisées. « Cela peut véhiculer des amalgames, des stéréotypes comme le jeune de banlieue qui serait un prédélinquant », craint Jérôme Perronnet, directeur général des services auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes. De la banlieue, on en parle que quand c’est spectaculaire: des voitures qui brûlent, par exemple. Le développement d’une maison de la petite enfance, ça n’intéresse pas. »  

« On parle de nos quartiers populaires, reconnaît Fatima Hani. Mais on ne l’évoque que sous l’aspect sécuritaire et répressif. C’est devenu un sujet réchauffé à chaque présidentielle, que l’on utilise à des fins électoralistes. » Et la responsable de AC-Le Feu d’évoquer, en particulier, un « amalgame entre immigration et problème économique ». 

Les candidats ne connaissent pas les banlieues

Proche de Ségolène Royal, Kamel Chibli, ancien responsable de Désirs d’avenir, reconnaît volontiers, que depuis le début de la campagne, seuls les aspects ‘sécurité’ et ‘logement’ sont évoqués dans le débat public.  

Mais pourquoi? Est-ce parce que les candidats considèrent, chiffres à l’appui, qu’ils ne glaneront que peu de voix en banlieue en raison de la forte abstention dans ces quartiers? « A ce moment-là, cela ne sert à rien d’aller dans une crèche par exemple, s’agace Jérôme Perronnet, qui travaille au auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes.  

Les candidats n’y connaissent « pas grand-chose à la banlieue », croit-on à la mairie de Chanteloup-les-Vignes (UMP), une commune qui a bénéficié d’une partie des aides versées par l’Etat ces dernières années pour rénover les quartiers 

Et c’est justement pour « sensibiliser François Hollande » que le PS a organisé, début avril, le fameux Grenelle des banlieues, baptisé « printemps des quartiers populaires ». Il y aura aussi une visite en région parisienne pour le candidat du PS: « Sûrement à Mantes-la Jolie, voire à Aubervilliers », confie Kamel Chibli, qui espère y associer Ségolène Royal

Après les tueries de Toulouse et Montauban, et parce qu’il sait que la droite occupe avec force le terrain de la sécurité, François Hollande semble vouloir passer la seconde au sujet des banlieues. Face à Nicolas Sarkozy, dont le mot « Kärcher » est toujours collé à ses basques, François Hollande veut essayer de faire entendre sa musique.

PL

23 mars 2012

« Mélenchon devient la maison commune de la gauche »

Publié par canarddeletang dans Elections, La gauche de la gauche, politique francaise, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage BVA, Jean-Luc Mélenchon se hisse sur la troisième marche du podium des sondages. Devant Bayrou et Le Pen. Selon Eric Coquerel, conseiller du candidat du Front de gauche, l’ancien socialiste peut passer le second tour de l’élection 

Selon une étude BVA pour RTL et la presse régionale, Jean-Luc Mélenchon devient le troisième homme. Il recueillerait 14% d’intentions de vote derrière François Hollande (29%) et Nicolas Sarkozy (27,5%). Le candidat du Front de gauche devance désormais François Bayrou (12%) et Marine Le Pen (13%).  

Ce que souhaitait Eric Coquerel, interrogé la semaine dernière par L’Express. Le secrétaire national du Parti de gauche et conseiller du candidat du Front de gauche, veut « gouverner le pays avec nos propositions. »  

Comment réagissez-vous à ce sondage inédit?

Ce sondage est important car il a été effectué après la tuerie de Toulouse. Et le discours de Jean-Luc Mélenchon sur l’amour et la fraternité a été reconnu, par les Français interrogés, comme plus fort que celui sur la haine.  

C’est aussi la confirmation de la réussite de la grande marche de la Bastille. On a su s’adresser au peuple de gauche, mais aussi aux Français qui cherchent un débouché politique, des solutions à leurs inquiétudes. Je constate aussi que les médias parlent de notre programme. Nous sommes perçus comme crédibles et je vois le changement depuis le début de cette campagne. 

On a l’impression que la dynamique s’accélère…

Quand on a atteint un score à deux chiffres, j’ai su qu’il y aurait un effet boule de neige, un effet exponentiel, que les chiffres des sondages allaient grimper de plus en plus vite. C’est un cercle vertueux. 

Jean-Luc Mélenchon parvient à réunir la gauche politique. On a vu, dimanche à la Bastille, des communistes, des syndicalistes… Et une gauche sociologique. Il y avait des membres de la classe populaire, mais aussi de la classe moyenne, désorientés car déçus du PS. On a su les reconquérir.  

Des écologistes et des anticapitalistes nous rejoignent. On devient la maison commune de la gauche, fidèle à ses valeurs, qui plaide pour la rupture du système. Nous portons le changement, nous avons besoin d’une rupture, il faut renouer avec ce qui a fait la grandeur de la France, c’est-à-dire le partage des richesses.  

Quelle serait la prochaine étape pour Jean-Luc Mélenchon, à un mois du premier tour?

Parvenir au second tour. On a toujours dit qu’on voulait gouverner le pays avec nos idées. C’est possible avec cette dynamique. J’avais déjà dit à L’Express, la semaine dernière, que 14/15% dans les sondages, c’était atteignable.  

Maintenant, il faut poursuivre la campagne, ce qu’on a fait depuis le début, confirmer la troisième place, se positionner devant le Front national. Ceci est un combat essentiel que de reléguer le parti du Front national à un rôle marginal car ce parti n’apporte pas les bonnes solutions.  

Voulez-vous toujours débattre avec François Hollande?

Oui, bien sûr, maintenant que la tuerie de Toulouse est derrière nous. Comment peut-il maintenant refuser cette discussion? Mais je souhaite un débat avec les autres candidats avant le premier tour de l’élection. Donc Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marine Le Pen. Il faut que les télévisions l’organisent. Sur quels sujets? Sur le partage des richesses, sur la politique de réindustrialisation, sur la question de savoir s’il faut, ou non, de l’austérité.  

Propos recueillis par PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: Bayrou, Mélenchon, Dupont-Aignan et Arthaud ne veulent pas d’une trêve de la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Certains candidats ont pris la décision de poursuivre leur campagne, après le meurtre d’un professeur et de trois enfants dans une école juive de Toulouse. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou qui a maintenu un meeting, ce lundi, à Grenoble. Mais peut-on réellement parler de trêve pour les autres prétendants? 

Il y a ceux qui suspendent leur campagne et il y a les autres. Comme François Bayrou qui, malgré la tuerie de Toulouse, a maintenu, ce lundi soir son discours à Grenoble. Avec une nuance introduite par le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling: « Ce n’était pas un meeting ordinaire. Il a voulu adresser un message lors d’une réunion de réflexion nationale. »  

Sans oublier, pour autant, de faire de la politique. Dans sa prise de parole, le candidat a expliqué qu’il y a un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française (…). Et ceci n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. »  

D’où la réplique d’Alain Juppé, ce mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ». François Hollande, sur BFMTV, ne se mouille pas beaucoup: « Ceux qui ont une responsabilité doivent maitriser leur vocabulaire », souffle le candidat du PS, qui a annulé un meeting à Rennes qu’il devait tenir, ce mardi, avec Ségolène Royal. 

Le ministre des Affaires étrangères « va trop loin, il n’a pas compris le message », réplique-t-on du côté du MoDem. Et, de toute manière, assure Wehrling, « Bayrou a dit ce qu’il a toujours dit sur les tensions au sein de la société ». 

« Ne pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèse » (Mélenchon)

François Bayrou est certes allé à Grenoble et ne s’est pas rendu, lundi soir, à la synagogue parisienne en compagnie, entre autres, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Mais il a « intégré l’information dans sa campagne »: « Son agenda risque d’être modifié dans les prochains jours », croit-on savoir au siège du Mouvement démocrate.  

Cette vraie-fausse campagne n’est pas du goût du Front de gauche: « Quand les candidats se déplacent à Toulouse, quand François Bayrou tient son meeting, quand François Hollande maintient son interview, ce mardi matin, sur BFMTV/RMC, c’est plutôt un affichage de trêve », avance Eric Coquerel, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui ajoute: « En réalité, la campagne est toujours là. Nous ne gelons pas la nôtre. » 

Même ton chez le candidat du Front de gauche: « Poursuivre la campagne, c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective », a lancé Mélenchon, dont l’agenda n’a pas été modifié. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. 

« J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas » (Arthaud)

Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par L’Express, abonde en ce sens: « Ce serait donner raison à l’assassin que de tout arrêter, ce serait déplacé de tout stopper (…) La pudeur doit être de mise. Mais elle n’interdit pas de réfléchir. De même que la compassion n’est pas incompatible avec le fait de faire campagne pour exprimer sa vision de la France. Je remarque cependant que certains ont tendance à surjouer en ce moment. » 

Surjouer donne toujours une mauvaise comédie, ce que dénonce Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière: « Je n’ai absolument pas envie d’aller dans ce sens-là de l’union nationale, d’un temps suspendu, où nous serions tous ensemble, unis », a-t-elle déclaré sur France Culture, tout en qualifiant de « barbares et horribles » les événements de Toulouse. « J’ai envie de dénoncer cette comédie de l’union nationale et je n’y jouerai pas », a-t-elle ajouté. 

Luca s’en prend à Hollande

De son côté, François Hollande dit maintenir la suspension de sa campagne. Ce mardi matin, il s’est rendu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, participant après la minute de silence pour les victimes de la tuerie à une réunion oecuménique puis un déjeuner avec des jeunes, entouré de quelques journalistes. 

Un peu plus tôt, il était aussi l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Une intervention médiatique jugée « indécente » pour le député UMP Lionnel Luca.  

Dans un communiqué intitulé « Trêve de plaisanterie », l’élu des Alpes-maritimes écrit: « Devant l’épouvantable tragédie de Toulouse et suivant l’exemple du président de la République, tous les candidats ont déclaré suspendre la campagne électorale. Tous, sauf un: le candidat socialiste qui était, comme prévu, interviewé sur RMC-BFMTV ce matin! »
« Que veut donc dire pour celui-ci le mot trêve? Quel respect pour la parole donnée? », demande Lionnel Luca. 

PL (avec d’autres journalistes)

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

12 mars 2012

NKM assure le service après-vente des mesures de Villepinte

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet a détaillé ce lundi les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, lors de son grand meeting à Villepinte, dimanche. En particulier sur la réforme souhaitée des accords de Schengen.

Dimanche, Nathalie Kosciusko-Morizet n’est jamais montée sur l’immense scène de Villepinte. Les ralliés, les VIP, les nouvelles têtes, les cadres: tous ont eu leur petit mot avant le discours du candidat. Mais pas NKM. Etonnant pour une porte-parole.  

« J’étais invitée sur plusieurs plateaux télé », s’est-elle justifiée, le lendemain. Ce lundi, elle a détaillé les propositions du candidat et assuré le service après-vente.  

« Nicolas Sarkozy veut, pour son prochain mandat, agir en France, comme en Europe, car il s’agit du même combat », affirme, en préambule,Nathalie Kosciusko-Morizet, assez critiquée en interne.  

D’abord via une réforme des accords de Schengen que le candidat appelle de ses voeux. « Au début, il y avait cinq pays dedans, aujourd’hui il y en a plus de vingt. Tout le monde sait en Europe que cela ne marche pas bien, avance NKM. Le système est décrié et jugé insuffisant par tous les membres de l’Union européenne. Y compris par les Italiens », qui ont dû faire face à l’arrivée de migrants, notamment après les révolutions arabes.  

Sous l’initiative franco-italienne, une réforme du texte régissant la libre-circulation des personnes au sein de l’espace Schengen est déjà en cours de modification. « Mais Sarkozy veut aller plus loin », répond la porte-parole. 

« Je récuse le terme de menace »

Il propose une « exclusion » d’un pays défaillant qui « ne protège pas les frontières de l’Europe » quand la réforme en question évoque une simple « suspension ». Et il veut une « politique migratoire commune ».  

Et ce afin de « dépasser les disparités » entre les différents Etats. NKM souligne que 60% des demandes d’asiles sont acceptées par Malte contre seulement 1,5% en Irlande.  

Ensuite, il prône un « By european act », l’équivalent du « produire français », à l’intérieur de l’Union européenne, une mesure censée séduire un électorat centriste. « Si les Etats-Unis et le Japon -certes à un degré moindre-, le font, se demande NKM comme Nicolas Sarkozy, la veille, pourquoi ne le ferions-nous pas? »  

Assurer le service après-vente, c’est aussi anticiper les éventuelles critiques venant de Bruxelles ou de Berlin. Nicolas Sarkozy prévient que si « dans les douze mois », aucune avancée au niveau européen n’a été remarquée, il agirait seul, et se retirerait de l’espace Schengen. Ce qui reviendrait à quitter, plus ou moins, l’Union européenne. 

Un ultimatum, voire une menace qui ne dit pas son nom? « Pas du tout, assure NKM, je récuse ce terme de menace. » Il s’agit simplement de mettre la pression sur ses partenaires européens pour « faire bouger les choses ». Avant de botter en touche: « Pour sauver la Grèce, on n’avait que quelques jours, voire quelques semaines, donc bon… »  

PL

6 mars 2012

Des paroles et des actes: Laurent Fabius va-t-il faire trébucher Nicolas Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, PS, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Laurent Fabius se confrontera, ce mardi soir sur France 2, à Nicolas Sarkozy, dans l’émission Des paroles et des actes. Comment l’ancien Premier ministre fonctionne-t-il dans un face-à-face? Retour sur quelques-unes de ses prestations.

Qui aura la lourde tâche de représenter François Hollande dans le premier débat auquel participera Nicolas Sarkozy depuis son accession à l’Elysée? Pas un ami de trente ans, pas même un fidèle soutien politique. Non. Plutôt un ex-opposant interne, observateur critique de ses années à la tête du PS.
Ce mardi, c’est Fabius-Sarkozy. L’ancien chef de gouvernement de François Mitterrand portera, ce mardi soir, la contradiction au président sortant, lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2.
Un débat très attendu pour celui qui aux quatre coins du monde, représente le candidat du PS, avec qui, pourtant, il ne s’entend pas du tout. « Hollande, président? On croit rêver », avait-il notamment soufflé en avril dernier devant des étudiants.
Laurent Fabius, qui a travaillé sur les 100 premiers jours de la présidence éventuelle de François Hollande, est-il le meilleur pour le défendre face au candidat de la majorité?

Poser une question pour déstabiliser

En 1986, le jeune Premier ministre, âgé de 40 ans, n’avait cessé, lors d’un débat face à Jacques Chirac, d’interrompre l’alors maire de Paris. Qui finit par le traiter de « roquet ». Laurent Fabius, un brin déstabilisé, lâche alors cette phrase, restée célèbre pour s’être retournée contre son auteur: « Je vous en prie, vous parlez au Premier ministre de la France! » Le tout accompagné d’un geste de la main d’une grande condescendance.
Depuis, celui qui fut aussi président de l’Assemblée nationale a poli son image et s’est imposé comme un débatteur madré et redoutable. Sa technique préférée: poser une question à son adversaire d’un jour, pour le déstabiliser.
C’est ce qu’il fait face à Jean-Louis Borloo, lors de l’entre deux tours des élections législatives de 2007, qui a suivi la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy. « Monsieur Borloo, vous pouvez répondre par oui ou par non, propose, avec le sourire, l’ex-chef du gouvernement. Pouvez-vous nous dire devant des millions de gens qui nous écoutent qu’il n’y aura pas d’augmentation de la TVA après les élections? »
Une stratégie payante? La réplique embarrassé de celui qui est alors ministre de l’Economie du premier gouvernement Fillon aurait selon les mauvaises langues favorisé un sursaut du PS et coûté le siège à plusieurs dizaines de candidats UMP.

Tel un maître face à son élève

En 2002, déjà, suite à la défaite du PS aux législatives, Laurent Fabius interpelle, en pleine soirée électorale, son adversaire de l’UMP, le lyonnais Dominique Perben, à l’époque garde des Sceaux. « Si des députés UMP proposent des amnisties politico-financières, comment réagira le gouvernement? », demande Laurent Fabius.
Cette manière de provoquer son adversaire semble lui coller à la peau. En mars 2010, face à Eric Woerth, dont le parti vient de perdre les élections régionales, Laurent Fabius s’amuse pour critiquer les éléments de langage des ministres: « Si ce soir, on dit que le scrutin n’est pas une sanction contre l’UMP et le gouvernement, c’est un certain humour », sourit-il.
Et ça marche, ce genre de provocation… Lors du même soir, il débat, entre autres, avec Xavier Bertrand. En parvenant à l’agacer quand il évoque la politique du bouclier fiscal. Réplique du patron de l’UMP: « Vous ne manquez pas de toupet, vous qui avez été à l’origine de l’allègement de la fiscalité des stock-options. » Réponse immédiate de l’intéressé, tel un maître devant son élève: « C’est une contre-vérité. »
Osera-t-il s’en prendre ainsi, ce mardi soir, au chef de l’Etat sortant, qui aimerait, lui, le déstabiliser en soulignant « sa carrière en zigzag »?

PL

20 février 2012

« La France n’appartient pas à la droite »

Publié par canarddeletang dans Elections, president de la Republique, PS, UMP

Interview initialement publiée sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy accuse François Hollande de « ne pas aimer la France ». Une résurrection du concept de « l’Anti-France »? Non, selon le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite. Analyse. 

Nicolas Sarkozy a accusé, ce dimanche à Marseille, son adversaire socialiste de « ne pas aimer la France ». Réplique immédiate du PS: le candidat-président est « prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. (…) Il n’a pas hésité à user de la thématique éculée de ‘l’anti-France’ », accuse Victorin Lurel, le député guadeloupéen, responsable du pôle outre-mer de la campagne de François Hollande.

Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême-droite revient sur le thème de l’anti-France et sur le discours du chef de l’Etat, candidat à la présidentielle. 

Nicolas Sarkozy a-t-il effectivement évoqué le thème de l’anti-France, ce dimanche?

Non, il faut distinguer « l’anti-France » et la désignation de ceux qui n’aiment pas la France. L’anti-France, c’est spécifique à l’extrême-droite: il s’agit de désigner un groupe religieux ou ethnique, auteur d’un complot contre la nation.

Victorin Lurel interprète de manière excessive les déclarations de Nicolas Sarkozy. Il ne faut pas entrer dans la caricature, la surenchère. C’est ce qu’a d’ailleurs expliqué François Hollande, après le meeting de Marseille. (Sur BFMTV, dimanche soir, NDLR: « Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui veut vous chercher dans la cour de récréation que vous êtes obligé d’aller le suivre dans ce pugilat. Je m’y refuse. »)

On peut parler de la France, on peut débattre. Mais il peut y avoir plusieurs conceptions de la France. Il n’y a pas que celle de la droite. La France ne lui appartient pas.

Pourquoi le chef de l’Etat a-t-il expliqué, sans le citer, que le candidat du PS « n’aimait pas la France »?

Le président de la République a été très clivant. Peut-être parce que l’UMP n’a rien d’autre pour mobiliser. Cela fonctionne, mais montre un certain désarroi. C’est éculé. La droite a la manie d’accuser la gauche de trahison et de ne pas savoir représenter la France depuis les années 20. En 1981, la droite craignait l’arrivée des chars soviétiques sur la place de la Concorde.

Le discours du Front national ressemble de plus en plus à celui de l’UMP, fustige Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle du Front de gauche…

Non, les programmes se distinguent: le président de la République ne souhaite pas, a-t-il dit à Marseille, l’immigration zéro, comme le prône Marine Le Pen.

Mais c’est vrai qu’il existe un discours, à l’UMP, qui vise à attirer des électeurs frontistes. Comment? En proposant, par exemple, d’organiser des référendums, en rappelant aussi les racines chrétiennes de la France, ou encore en proposant d’instaurer une dose de proportionnelle « à la marge« .

Sur ce dernier point, cela ne sert à rien, je pense. En 1986, 35 députés FN sont entrés à l’Assemblée nationale mais ils n’avaient pas de marge de manoeuvre. Je crois que le chef de l’Etat a pensé au piège suivant: enfermer le parti de Marine Le Pen et le confiner dans un parti contestataire.

PL

16 février 2012

Sur quoi le président de la République pourra-t-il faire campagne?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu intialement sur L’Express.fr

Nicolas Sarkozy est officiellement candidat à sa réélection. En difficulté dans les sondages, sur quels thèmes de son bilan peut-il encore s’appuyer? 

Ca y est, Nicolas Sarkozy a (enfin) annoncé sa candidature. Reste une question: sur quels thèmes peut-il faire campagne avant le premier tour, pour rattraper son adversaire François Hollande, en tête de tous les sondages?  

« Pour un sortant, estime Frédéric Dabi de l’Ifop, un bilan est difficile à gérer. » Et il est, selon les enquêtes, « mal-aimé ». En particulier, sur les questions économiques et sociales: résultats faibles sur le chômage, promesses non tenues en termes de pouvoir d’achat (le fameux « travailler plus pour gagner plus »)…  

« Il peut faire campagne sur ces thématiques, analyse Jérôme Fourquet de l’Ifop, mais pour dire quoi? Ce sont les priorités des Français et ces derniers jugent François Hollande plus crédible. » En effet, selon 51% des interrogés dans l’enquête de l’institut, en février, le candidat socialiste est le plus capable de mener une politique sociale (contre 17% pour Nicolas Sarkozy et 32% qui répondent « ni l’un ni l’autre »).  

« Président protecteur, ça ne marche plus »

Que peut-il faire, alors? « Faire en sorte que les priorités des Français changent, souffle Jean-Daniel Lévy, d’Harris Interactive, et ne plus être un président gestionnaire mais celui qui pourra sauver le pays en danger. »  

Et c’est justement ce qu’il a fait, mercredi soir, sur le plateau de TF1, se comparant à « un capitaine » qui ne veut pas « abandonner le navire »: « Il faut que les Français comprennent que si la France est forte, ils seront protégés », souffle le candidat de la majorité.  

Défendre ses concitoyens va être son leitmotiv: « Je veux, a-t-il dit, par exemple, mercredi soir, « protéger les chômeurs en leur permettant de trouver un emploi ». 

Mais se positionner en tant que président bouclier contre les crises mondiales, est-ce vraiment une bonne solution? « Non, ça ne marche plus depuis la perte du triple A, répond Jean-Daniel Lévy. Il y a donc un paradoxe puisque on le juge plutôt capable de répondre à la crise au niveau international. 

Jérôme Sainte-Marie de CSA, interrogé par Le Parisien de ce mercredi, pense au conflit entre Israël et l’Iran. « Face à un risque de guerre, dit-il, l’opinion se rassemble derrière le chef de l’Etat. »  

L’enquête de l’Ifop montre justement que l’actuel hôte de l’Elysée est perçu comme étant plus capable de défendre les intérêts de la France à l’étranger. « Mais cela ne sert à rien, croit savoir Jérôme Fourquet, sa position tranchée vis-à-vis de la Libye ne lui a pas permis, par exemple, d’améliorer sa popularité. » 

« Sur la délinquance, jugé plus crédible que Hollande »

Dans le détail, en revanche, certaines réformes ont trouvé grâce aux yeux des Français. Le sondeur Frédéric Dabi cite la réforme des retraites - »malgré tout »-, la réforme sur l’autonomie des universités et sur les régimes spéciaux.  

Et qu’a cité de son bilan le candidat-président de la République devant Laurence Ferrari? La « réduction des dépenses » mais aussi la réforme des retraites et l’autonomie des universités. 

Et sur tout ce qui touche à l’insécurité, à la délinquance? Les Français le trouvent plus à même de lutter contre ce fléau de la société par rapport à François Hollande. « Mais si on le juge seul, on s’aperçoit que sa crédibilité sur ce thème a baissé de 35 points en cinq ans », explique Jérôme Fourquet qui parle de « désamour ». Du coup, Sarkozy n’en a pas parlé, sur TF1. 

C’est pourtant un domaine cher à l’électorat de droite. Un secteur de l’opinion qu’il tente de récupérer en 2012, comme l’a déjà montré son interview au Figaro Magazine.  

« Il s’est adressé à l’ensemble de l’électorat de droite et pas seulement aux sympathisants du Front national ou de la droite dure, explique Jérôme Fourquet. A la droite traditionnelle et catholique sur les questions de l’euthanasie, ainsi que sur le droit de vote aux étrangers et le mariage aux couples de mêmes sexes. » A la droite humaniste, aussi, favorable  » à la valorisation du travail. »  

Mais quand Laurence Ferrari lui pose la question, Nicolas Sarkozy botte en touche: « Je veux m’adresser à tous les Français. » Il a, a-t-il glissé, « quelque chose » à leur « dire ». 

PL

16 février 2012

La candidature Sarkozy vue d’Allemagne: « Un marin fatigué »

Lu initalement sur L’Express.fr

Le chef de l’Etat a annoncé, ce mercredi soir, sa candidature à sa rééléction. La presse allemande, dont le pays sert de modèle à Nicolas Sarkozy, n’a pas oublié de commenter l’information qui « n’était pas une surprise ». 

Nicolas Sarkozy avait reçu le soutien suprême d’Angela Merkel. En direct de l’Elysée. Puis à la télévision, sur France 2 et la ZDF. Seulement ce mercredi soir, sur la Une, il n’a pas cité la chancelière, comme le souligne le quotidien régional Stuttgarter Zeitung. Pas plus que l’Allemagne, dont il n’a cessé, ces dernières semaines, de vanter le modèle social.  

Il est vrai qu’en France, le chômage a explosé durant son mandat. Et, du coup, ses compatriotes ne le croient plus capable, pense ce journal de Bade-Wurtemberg, de faire remonter l’emploi. C’était pourtant « l’une de ses promesses de 2007″ (« le travailler plus pour gagner plus »). Selon le quotidien de gauche, Die Tageszeitung (Die « TAZ« ), le candidat de la majorité ne pouvait les évoquer. Nicolas Sarkozy a préféré insisté sur son rôle dans le « management de la crise » mondiale.  

Passer pour le président dans la tempête… Nicolas Sarkozy s’est, en effet, présenté comme « le capitaine qui ne voulait pas quitter le navire ». D’où le titre, un brin moqueur du quotidien de Bavière, Die Süddeutsche Zeitung: « Captain Fatigué reste à bord »

Mais ce dernier « a un problème d’image », souligne « Die TAZ« : ce quotidien de gauche rappelle aussi qu’il est « un ami de Martin Bouygues », l’actionnaire de la chaîne -TF1- qui l’a accueilli. Et l’hôte de l’Elysée, écrit le journaliste allemand, est perçu comme un « président des riches ». Un surnom également employé par Die Süddeutschezeitung.  

« Il a déjà connu la défaite »

« Personne n’y croit à sa promesse de référendums « , poursuit le journaliste munichois. Comme la presse française, les journaux allemands se montrent ainsi assez critiques vis-à-vis de « l’omniprésident » -terme utilisé par Der Spiegel sur son site Web, comme titre au « dossier » Sarkozy.  

La Stuttgarter Zeitung relève d’ailleurs une citation du rédacteur en chef du Figaro: « Il ne lui reste plus que deux mois pour inverser la tendance. » Ce qui, pour le journaliste allemand, laisse penser que le quotidien conservateur serait lui aussi gagné par le défaitisme. 

C’est justement pour rattraper son retard sur son adversaire principal, François Hollande, que Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature plus tôt que prévu, analyse La Tageszeitung

Manque de bol, il a été obligé d’ « attendre 10 minutes avant de se faire interroger » par Laurence Ferrari (l’interview a débuté à 20h07), relève « Le journal économique Handelsblatt, qui titre son article en Français (« Oui, je suis candidat »). Pire il a dû regarder un reportage sur le meeting de François Hollande, à Rouen, ce qui « a dû lui sembler long ». 

Perdue d’avance, la bataille? Die Berliner Zeitung remonte le temps pour expliquer que l’actuel hôte de l’Elysée a déjà connu la défaite: en 1995, quand il avait décidé de soutenir Balladur. Sauf que le Premier ministre d’alors avait le vent en poupe dans les sondages, au moment de se présenter…  

PL

13 février 2012

Le nucléaire monte en pression dans la campagne

Lu initialement sur L’Express.fr

Depuis la visite de Nicolas Sarkozy à Fessenheim, l’avenir de la filière nucléaire redevient un enjeu de l’élection présidentielle. Les annonces d’Eric Besson sur la prolongation des centrales renforcent ce sentiment de politisation. 

En un week-end, le débat sur le nucléaire est revenu sur le devant de la scène. Eric Besson a plaidé, ce samedi, pour une prolongation de la durée de vie des centrales à plus de 40 ans. C’est l’une des propositions d’un rapport sur l’avenir du paysage énergétique d’ici à 2050 qui lui a été remis ce lundi. 

Cette annonce gouvernementale intervient au lendemain de la visite du chef de l’Etat à Fessenheim. Un déplacement qui a permis à Nicolas Sarkozy de réitérer la promesse de ne pas fermer, en cas de réélection, la centrale alsacienne, la plus vieille de France. 

« Ce n’est pas une surprise, relativise Sergio Coronado, le directeur de la communication d’Eva Joly. Le président de la République défend à l’aise, et comme prévu, l’industrie nucléaire, vendue comme pas chère et sûre. » 

Se différencier du Parti socialiste

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il choisi de relancer ce débat à ce moment précis? S’agirait-il pour le chef de l’Etat, pas encore candidat, de se différencier de François Hollande. Favorable à la fermeture de Fessenheim, le candidat socialiste avait paru embarrassé en novembre par plusieurs désaccords avec les alliés écologistes. 

Revenant ce samedi à la charge, Eric Besson a déclaré que le programme du candidat PS, partisan, selon lui, de « la sortie du nucléaire », allait provoquer une hausse des prix de l’électricité. Ce qu’a démenti, aussitôt, François Brottes, chargé des questions énergétiques auprès du candidat socialiste. 

La contexte de la visite présidentielle, en tout cas, surprend le PS, pas loin d’y voir une provocation. « Venir en Alsace juste après un pic de consommation de l’énergie, c’est indécent, soupire François Brottes. On a dû importer de l’énergie de l’Allemagne, car la filière du nucléaire ne fonctionne pas en en cas de record de consommation. »  

Cette visite intervient aussi quelques jours après la publication du rapport de la Cour des comptes sur les centrales nucléaires. Qui a donc précédé celui d’Eric Besson. Mais c’est « un pur hasard, selon un membre du cabinet du ministre de l’Energie, car le rapport a été commandé en octobre 2011″. 

Les esprits chagrins ne manqueront pourtant pas d’y voir une manière de critiquer la baisse de la part du nucléaire de 75% à 50% en 2030 dans la consommation d’électricité, mesure prônée par le candidat PS. « Pas du tout, répond l’entourage du ministre, il fallait mettre sur la table des éléments d’expertise dans le cadre d’un débat au Parlement, prévu pour 2013. » 

Le nucléaire, quatrième crainte des Français

L’accident de Fukushima, survenu il y a un an, reste évidemment dans toutes les têtes. « On fêtera le 11 mars le premier anniversaire de l’explosion », relève Sergio Coronado. 

Le débat sur l’énergie est-il pour autant devenu une priorité des Français? « La transition énergétique concerne les Français et les intéresse », avance le socialiste François Brottes, qui veut ouvrir un débat en cas d’élection en mai 2012, sur l’avenir du mix énergétique, sur les consommations d’énergie à réaliser

Le baromètre 2012 de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire lui donne raison. Le nucléaire est devenu, en 2011, la quatrième crainte des Français derrière le chômage et la misère. L’année passée, il était classé en 9e position.  

PL

12345...11

LIVRY SUR SEINE |
Le blog des idées non-reçue... |
MoDem de l'Ariège |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Bernard Ramond - Pour que v...
| la republique c'est l'arrac...
| UNI ...