le Canard de l’Etang

10 février 2012

Pourquoi Hollande ne va-t-il pas hors des frontières de l’Europe?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, UMP

Lu intialement sur L’Express.fr

François Hollande fait le tour des capitales européennes. Mais il ne se déplace pas au-delà. Alors, pour nouer des contacts, le candidat envoie des « ambassadeurs » au Moyen-Orient ou aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas y aller lui-même? 

Laurent Fabius, missionné par François Hollande, s’est rendu, début février, en Israël, dans les Territoires palestiniens où il a pu converser avec Mahmoud Abbas sur la colonisation. Il a aussi rencontré des responsables libanais, durant son séjour à Beyrouth entre les 2 et 3 février.  

Mais ce n’est pas tout: l’ex-Premier ministre s’apprête bientôt à repartir en Asie, écrit, ce vendredi, Libération. Qui ajoute que Pierre Moscovici, le directeur de campagne du candidat socialiste, se rendra aux Etats-Unis. « En mars », précise l’entourage de François Hollande. Il y rencontrera Joe Biden et Hillary Clinton, histoire de nouer des contacts.  

Mais pourquoi le candidat PS, en quête de stature internationale, ne se déplace-t-il pas lui-même? « La campagne est dense et intense, répond Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, et il y a une juste répartition des tâches. Hollande se concentre sur la rencontre des Français. » 

Au Parti socialiste, on réplique aussi qu’il ira peut-être au Maghreb le mois prochain. Mais hormis ce déplacement encore incertain, rien d’autre, pour l’instant, au-delà des frontières de l’Europe. « La crise économique, sociale, financière est profonde et elle est liée à la question européenne », explique la porte-parole.  

Au programme, donc: un voyage à Londres, le 29 février, puis au Danemark et en Pologne, en mars. Doit-il voyager dans chaque pays européen? En tout cas, il ne se déplacera pas en Suisse, a confié, récemment, Pierre Moscovici. 

Le candidat socialiste s’est déjà rendu à Bruxelles, à Rome, à Madrid, ainsi qu’à Berlin. 

Berlin et Chicago, premiers déplacements en cas de victoire

Il a assisté, là-bas, à une réunion des sociaux-démocrates du SPD. Sans rencontrer Angela Merkel, à son plus grand regret. Il compte en effet la voir avant le premier tour, comme elle avait reçu la candidate socialiste de 2007, Ségolène Royal. Voeu pieu, pour l’instant, puisque la chancelière, interrogée lundi dernier avec le chef de l’Etat sur France 2 et la ZDF, a expliqué que ce n’était pas à l’ordre du jour.  

Depuis plusieurs mois, François Hollande et son équipe de campagne s’activent pour organiser des voyages à l’étranger. Or, souvent, ses projets de déplacement tombent à l’eau. Ou sont repoussés à plus tard advitam eternam: au Québec, en Asie, par exemple.  

Manque d’argent, manque de temps? Pas seulement. S’il avait décidé de se rendre aux Etats-Unis, par exemple, ses opposants auraient pu lui faire remarquer qu’il n’avait pu échanger avec le président des Etats-Unis. « Nous ne sommes pas guidés par ce genre d’analyse », répond Najat Vallaud-Belkacem. 

En tout cas, le candidat PS devra attendre son éventuelle victoire pour quitter le sol européen: il a déjà prévu de s’envoler vers Chicago, après un voyage post-victoire à Berlin. Comme un certain Nicolas Sarkozy. 

PL

7 février 2012

Merkel, supporter en chef de Sarkozy

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Elections, international, president de la Republique, PS, UMP

 

 

 

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont accordé un entretien croisé à France 2 et la ZDF ce lundi. Une leçon: la chancelière allemande soutient totalement le futur candidat de l’UMP et critique frontalement François Hollande. 

Lu initialement sur L’Express.fr

Si Nicolas Sarkozy avait un fan-club, Angela Merkel pourrait le diriger, sans problème. Du moins, c’est ce qui ressort de l’entretien d’une vingtaine de minutes des deux dirigeants, diffusé sur France 2 et la chaîne publique ZDF. 

La chancelière allemande n’a cessé de défendre le chef de l’Etat, embourbé dans les sondages à quelques semaines de la présidentielle. Ce qui, d’ailleurs, lui semble normal: « Nous sommes de la même famille politique« , souligne-t-elle. Logique, aussi, selon elle, car Nicolas Sarkozy l’avait soutenue pour sa campagne, avant le début de son deuxième mandat, en 2009. Du coup, pour lui rendre la pareille, elle a confirmé qu’elle défendrait le président de la République, « quoi qu’il fasse » dans les prochaines semaines. En somme, pour souligner que Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore présenté. 

Ainsi Angela Merkel s’immisce-t-elle dans la campagne politique française. Et elle va même plus loin. Devant les deux journalistes, David Pujadas pour France 2 et son homologue allemand de la ZDF, elle s’en est prise à François Hollande. Le candidat socialiste souhaitait rencontrer la chancelière allemande avant le premier tour de la présidentielle? Peine perdue: Angie, comme on la surnomme outre-Rhin, a rappelé que cette entrevue n’était pas « prévue », ni à l’ordre du jour.  

Obama et Royal oui, mais pas Hollande

Le journaliste allemand qui lui a posé la question, lui avait pourtant rappelé qu’avant le début de son mandat, elle avait rencontré Ségolène Royal, la candidate socialiste d’alors, mais aussi le représentant de la famille des démocrates et futur président des Etats-Unis, Barack Obama. 

Réplique de la chancelière: « Nicolas Sarkozy n’a pas non plus reçu le chef de l’opposition social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier. »  

Du coup, cela oblige François Hollande à la rencontrer après son éventuelle élection. Et ça coince, là aussi, au grand plaisir de Nicolas Sarkozy: le candidat PS veut renégocier, a-t-il redit sur Twitter, aujourd’hui, juste après le 14ème Conseil des ministres franco-allemand, « le Traité européen », pour y ajouter une partie sur la croissance en Europe? Fin de non-recevoir de la part d’Angie. Qui lui répond en prenant l’exemple turc: « Quand je suis arrivée à la chancellerie, je ne voulais pas poursuivre les pourparlers avec la Turquie sur l’adhésion à l’Union européenne, défendus par mon prédécesseur » Schröder. Elle n’avait pas eu le choix. 

Et là, c’est pareil. Les 26 chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord sur un pacte de stabilité financière. Point barre. Nicolas Sarkozy peut donc jubiler… 

PL

4 février 2012

Pourquoi les sympathisants de syndicats votent de plus en plus Le Pen

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage réalisé par l’Ifop, 25% des sympathisants de FO et 22% de ceux de la CGT veulent voter Le Pen à l’élection présidentielle. Comment expliquer ces scores aussi élevés? 

Encore un sondage qui ne laissera pas indifférent. Selon une étude de l’Ifop, parue dans L’Humanité de ce vendredi matin, 19% des actifs proches d’un syndicat souhaitent voter Marine Le Pen.  

C’est l’organisation Force ouvrière qui est la plus touchée par la percée du Front national dans le monde des salariés. Selon l’Ifop, 25% de leurs sympathisants voudraient glisser un bulletin Front national dans l’urne. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé par L’Express, ne se montre « pas vraiment surpris ». « Dans un contexte de crise, c’est normal qu’il y ait un vote contestataire de la part de gens dans la difficulté. »  

« Il y a, à FO, une diversité d’opinions, confirme Jérôme Fourquet, auteur de l’étude. Et dans les années 1970 et 1980, une part importante d’ouvriers proches du RPR et du gaullisme se tournait vers FO. » Et non vers la CGT et la CFDT, historiquement liés au PCF et au PS.  

« Petit à petit, cet électorat de la droite ouvrière a lentement glissé vers l’extrême droite, comme on l’a vu à l’occasion des élections cantonales de mars 2011 au cours desquelles les partis de droite ont souvent été battus dans les cantons populaires au profit de la gauche et du FN. La droite ‘populaire’ a abandonné Sarkozy », analyse Fourquet.  

Une part non négligeable des salariés de gauche a aussi rejoint le parti de Marine Le Pen. Ce que le sondage démontre. 22%, 17% et 13% des sympathisants, respectivement, de la CGT, de la CFDT et de Sud pensent voter pour la présidente du Front national. « Certains ouvriers, politiquement de gauche, n’y voient pas d’incompatibilité », estime Jérôme Fourquet.  

« Un rejet du système »

La preuve: la moitié des sympathisants de la CGT, proches du FN, préfèreraient voter Hollande à Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle de mai 2012.  

Ces derniers sont « touchés par les délocalisations, par la concurrence des produits fabriqués à l’étranger, et sensibles aux questions européennes », selon Fourquet, c’est-à-dire les thèmes de campagne du FN. Ce dernier « a capté les colères, les craintes et la demande de protection de cette classe populaire ». 

« Ce n’est donc pas un vote d’adhésion, avance Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC -dont 21% des sympathisants penchent pour un vote FN-, mais un rejet du système et des hommes politiques, qui selon les salariés, ne représentent plus le pays. » Le syndicaliste songe à toutes « ces promesses non tenues ». 

« Consigne de vote »

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly pointe aussi du doigt « nos élites politiques » qui « devraient se poser quelques questions. »  

Pas la faute des syndicats, donc? « Tous les acteurs, syndicats et partis politiques, ont leur part de responsabilité, reconnaît Laurence Laigo, secrétaire nationale de la CFDT, chargée de la relation avec le monde politique. Il faut aller à la rencontre des salariés et leur donner des réponses face aux manques de repères. »  

Selon elle, « les propositions de Marine Le Pen ne sont pas porteuses d’avenir ». Les syndicats luttent donc contre les idées du FN. Sans grand succès, pour l’instant. Que faire de plus? « Pas grand-chose, répond Mailly, le syndicat ne doit pas non plus donner de consigne de vote. »

PL

2 février 2012

Quel rôle pour Fillon dans la campagne de Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Déterminé, le Premier ministre jouera un rôle important dans la campagne présidentielle. Il soutient « plus que jamais » le chef de l’Etat, ravi, forcément. Ce n’était pas joué d’avance, si l’on se fie à leur relation au début du quinquennat. 

François Fillon est l’invité, ce jeudi soir, de l’émission Des paroles et des actes sur France 2. Comme Alain Juppé, qui a porté, la semaine dernière, la contradiction à François Hollande, le Premier ministre pourra défendre le bilan de son mandat. Et par la même occasion, soutenir le futur candidat de la majorité, non déclaré à ce jour.  

« Loyal à 100 % au président de la République », confie un député filloniste, l’élu de la Sarthe sait qu’il ne peut faire autrement que mettre sa popularité au service du chef de l’Etat.  

Son job à deux mois du premier tour? D’abord « aller au charbon », sourit le maire du 15e arrondissement de Paris, Philippe Goujon qui le soutient aux législatives à Paris. Et « rappeler ce qui a été fait depuis cinq ans », souligne un parlementaire proche et fidèle au Premier ministre. Avant d’ajouter: « On n’est pas réélu président sur un bilan, mais celui-ci sert à crédibiliser le projet du candidat. »  

François Fillon assure aussi le service après-vente des mesures annoncées par le chef de l’Etat, dimanche dernier: il reçoit, à Matignon, les ministres concernés et organise, dans la foulée, une conférence de presse pour préciser les modalités d’application. C’est, en somme, dit Philippe Goujon, « faire le travail jusqu’au bout ».  

Enfin, depuis quelques mois, le chef du gouvernement fustige toujours plus les propositions de ses adversaires politiques. Au risque, parfois, de se montrer agressif dans des réunions publiques, aux quatre coins de la France ou encore lors du Conseil national de l’UMP, samedi dernier. Mais surtout dans les médias et à l’Assemblée nationale

Le « collaborateur » est devenu le « meilleur » Premier ministre

Et, justement, cette stratégie semble porter ses fruits. En tout cas, à en croire le chef de l’Etat: « Fillon m’est précieux », aurait-il dit, à la mi-janvier, lors d’un déjeuner avec la majorité. Ce serait même devenu le « meilleur Premier ministre ».  

Des louanges qui surprennent au vu de leur relation au début du quinquennat. Jusqu’à la crise de 2008, les deux hommes forts de l’exécutif ont eu du mal à s’entendre, à se comprendre. « Ils ont des caractères différents mais il y a une complémentarité entre les deux », veut croire Philippe Goujon.  

« Il n’y jamais eu de graves crises comme la Ve République en a connu avec les tandems Rocard/Mitterrand ou Chirac/VGE. Mais c’est vrai, admet l’élu parisien, qu’il y a eu des hauts et des bas. »  

« Le collaborateur », dixit le président de la République en août 2007, se « planquait » en effet, selon Sarkozy, au début de son mandat, au lieu de le « soutenir ».  

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, aurait pu répliquer son Premier ministre. A la suite d’une interview sur Europe 1, par exemple, il reprochait au chef de l’Etat de trop contrôler ses sorties sur le terrain. Et il se plaignait aussi, en privé, de se faire parfois griller par les conseillers de Nicolas Sarkozy, comme le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, trop souvent à son goût sur le devant de la scène. 

« L’animateur de campagne »

L’histoire aurait pu se terminer par un divorce en novembre 2010, mais le chef de l’Etat le maintient dans ses fonctions. Et même si François Fillon affirme que Nicolas Sarkozy n’a jamais été son « mentor », le duo va finir par trouver son rythme. Surtout parce que le Premier ministre profite de 2011 pour défendre plus souvent son « patron ». 

Mine de rien, « Fillon a montré, durant son mandat, qu’il était un homme d’Etat », estime Philippe Goujon. Celui qui a rédigé le programme du candidat Sarkozy en 2007 aura donc une place importante dans la prochaine campagne, assure-t-on dans l’entourage du Premier ministre. En 2012, il sera « un animateur important, comme Juppé », en organisant, par exemple, des meetings. 

L’entente cordiale entre les deux hommes devrait donc durer au moins, jusqu’au 1er tour. Ensuite? L’un partira à l’assaut de Paris. L’autre? Seul lui le sait.  

PL

31 janvier 2012

« Nicolas Sarkozy fait du deux en un, président et candidat »

Sarkozy ne veut pas encore se porter candidat à sa réélection officiellement, a-t-il dit ce matin aux parlementaires de l’UMP, réunis à l’Elysée. Mais « la patience fait monter le désir », s’est-il justifié. Qu’en pensent les députés?

 Lire la vidéo ici

Les parlementaires UMP ont été reçus, ce mardi matin, à l’Elysée, pour que Nicolas Sarkozy leur précise ce qu’il compte faire durant les dernières semaines de son quinquennat. 

28 janvier 2012

Sarkozy et l’environnement: du Grenelle au désamour?

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet va défendre, ce samedi, son Grenelle de l’environnement auprès de l’association France Nature environnement. L’occasion pour LEXPRESS.fr de revenir sur l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour les questions écologiques. 

Elle aura à coeur de défendre le bilan de « son » Grenelle. Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à passer, ce samedi, un oral de quinze minutes auprès de l’association France Nature Environnement (FNE). Sur le modèle de ce qu’avait fait Nicolas Hulot en 2007 avec son « pacte écologique », FNE veut entendre ce que les candidats à la présidentielle ont à dire sur le sujet de l’écologie. 

La tâche est lourde pour NKM, tant Nicolas Sarkozy s’est éloigné de ses premières amours pour le développement durable, matérialisées par le Grenelle de l’environnement. En mars 2010, le chef de l’Etat lâchait même: « L’environnement, ça commence à bien faire ». Et début janvier 2012, il critiquait les règles écologiques administratives trop « tatillonnes ». 

La ministre de l’Ecologie préférera certainement insister sur les prochains mois, voire sur le prochain quinquennat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy en mai prochain. Pour le moment, l’UMP ne propose rien de plus que « la poursuite du travail du Grenelle », perçu comme une « révolution » au parti majoritaire, comme l’affirme le député sarkozyste Alain Gest. « La Cour des comptes nous a même reprochés d’avoir vu trop grand, notamment sur les transports et les économies d’énergie », claironne l’élu de la Somme, chargé des questions d’énergie à l’UMP.  

Son collègue des Bouches-du-Rhône, Eric Diard, qui s’occupe des questions d’écologie, se félicite, lui, de la création de « la taxe sur les véhicules bonus-malus qui a fait que la France possède désormais le parc automobiles le moins polluant d’Europe. » A propos du Grenelle, « le bilan est parfois mitigé, admet l’élu. La réduction des déchets avance lentement, par exemple. Mais ce n’est pas en six mois que cela se joue, il faudra attendre plusieurs années ».  

Un bilan « mitigé »

Le rapporteur de la loi Grenelle II, le député radical Bertrand Pancher, abonde en ce sens. « Il y a eu des avancées » mais « la France pourrait mieux faire ».  

« Des décisions sont prises au niveau national sans toujours se préoccuper des caractéristiques des territoires », avance cet élu de la Meuse. Qui prend l’exemple de l’obligation d’installer devant chaque cours d’eau une bande de plantation ou d’herbes: « Il est parfois dur d’appliquer cette règle en raison de certains terrains drainés. »  

Autre difficulté évoquée par l’élu radical: l’opposition des habitants à l’installation d’éoliennes terrestres qui augmentent petit à petit. « Dans ma circonscription de Bar-le-Duc, explique Pancher, il y en a presque 300, ce qui pose des problèmes de télévision et de nuisances visuelles. » 

L’installation de cette source d’énergie sur le territoire français reste toutefois insuffisante, selon Jean-Louis Bel, président du syndicat des énergies renouvelables. « Il ne faut pas confondre déception et impatience », sourit Eric Diard.  

Des mesures fiscales incitatives dans le projet UMP

Des couacs, il y en a eu et il y en aura toujours, compte tenu de l’ampleur des décisions actées dans le Grenelle. La Cour des comptes en a retenu un majeur dans un rapport récent, qui critique le volet fiscal du Grenelle « pas respecté, incohérent, (et) inefficace ». « On a échoué sur la taxe carbone, admet Eric Diard, mais ce n’est pas de notre faute, le Conseil constitutionnel a censuré le texte. » 

Plus que le contenu même du Grenelle, ce sont les récents propos du chef de l’Etat, qui interpellent les associations. France nature environnement a très certainement hâte d’entendre ce que Nicolas Sarkozy, par le biais de NKM, a à leur dire.

P.L

23 décembre 2011

Nantes, bientôt officiellement bretonne ?

Des députés ont voté un amendement, ce mercredi, qui faciliterait le rattachement du département de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Les nostalgiques de la Bretagne originelle, certes prudents, se montrent ravis. 

 

Lu initialement sur lexpress.fr

Et si le département de Loire-Atlantique rejoignait la région bretonne ? Depuis une semaine, on reparle d’un éventuel redécoupage territorial dans les couloirs de l’Assemblée nationale.  

Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, et son collègue écologiste, François de Rugy, élu de Loire-Atlantique, ont proposé, ce mercredi, un amendement facilitant le rattachement du département de Nantes, capitale de la Bretagne médiévale, à la Bretagne administrative. 

Seize parlementaires se sont prononcés en faveur du texte, neuf contre. « Ce vote a été trans-partisan, se félicite l’élu EELV, mes collègues du NC et du PS ont dit  » oui « , tandis que ceux de l’UMP ont été plus partagés. » Mais seulement 25 députés ont pris part au vote. « Comme pour 95% des textes soumis au sein de l’hémicycle », précise Marc Le Fur. 

Un amendement non « démocratique »?

Si la Loire-Atlantique demandait, à l’heure actuelle, son déplacement vers la Bretagne, tous les départements de la région d’origine, en l’occurrence les Pays de la Loire, devraient se prononcer pour le  » départ  » de l’un des leurs. Et c’est ça qui énervent les deux députés.  

Si le Sénat ne retoque pas leur amendement, seuls les habitants de la Loire-Atlantique se prononceraient pour un retour au sein de la région bretonne. Les Pays de la Loire ne bénéficieraient ainsi plus de leur droit de véto, se félicitent les deux députés.  

Mais ils pourraient perdre un morceau de leur territoire. « Ce ne serait donc pas respectueux pour leurs habitants », fustige le député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. Le président de la région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette (PS) parle même d’un choix  » anti-démocratique« .  

Une critique que comprend Marc Le Fur, mais qu’il démonte aussitôt: « Quand vous déménagez d’un immeuble, vous n’avez pas à demander l’avis des autres propriétaires. » Non, il convient simplement de frapper à la porte de la destination choisie. En l’occurrence, la Bretagne, dont chaque département serait donc invité à dire « oui » ou « non » à la Loire-Atlantique. « La carte de France peut évoluer », se justifie le parlementaire breton de l’UMP, citant l’exemple de l’Alsace qui se prépare à une fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. 

Une Bretagne jusqu’au Mans?

Cette décision de la Chambre basse n’est toutefois qu’une étape, admettent les deux députés. « Pour paraphraser un sénateur de droite, la route est encore longue et la pente est rude », sourit François de Rugy.  

« Ce ne sera pas facile, nous avons juste percé un obstacle, reconnaît, de son côté, l’élu de la majorité, il faudra convaincre. » Car rien n’est certain. Avant un référendum, encore faut-il qu’une pétition populaire recueille assez de signatures. « On oblige personne à prendre une décision, c’est le choix des personnes », rassure l’élu EELV. Les deux députés se montrent pourtant confiants: « Les habitants de Loire Atlantique et de Bretagne semblent favorables à une réunification », veut croire Marc Le Fur.  

Si le département de Nantes glissait vers la Bretagne, l’autre région, celle des Pays de la Loire, devrait alors « prendre une décision », pense François de Rugy. Le statu quo ne serait pas à l’ordre du jour et le député EELV envisage un rattachement. Soit à une région plus au centre, soit, peut-être -soyons fous-, à la Bretagne. La région s’élargirait alors jusqu’au Mans.  

Cela va faire parler dans les penty!

P.L

8 décembre 2011

La proportionnelle aux législatives, c’est pour bientôt ?

 

Publié initialement sur lexpress.fr
Tous les partis de France défendent l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives. Tous? Non: l’UMP résiste encore. Certains, au sein du mouvement présidentiel, commencent, toutefois, à changer d’avis. 

Un petit parti en terme de représentativité à l’Assemblée nationale a tendance à militer pour l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Normal: cela lui permettrait d’entrer au Parlement, ou d’accroître sa présence. C’est le cas du Front national, mais aussi du Front de gauche ou de la chrétienne Christine Boutin qui aimerait que 100 députés soient élus ainsi. 

Mais les « gros » partis que sont l’UMP et le PS peuvent-ils leur emboîter le pas? Au PS, c’est fait. Mais sous la contrainte de leurs partenaires écologistes. L’accord signé avec eux prévoit une dose de proportionnelle sur la base de 15 à 20% des députés. Cette fourchette -et non un chiffre précis- montre en tout cas combien il fut difficile de s’entendre sur cette question de la proportionnelle. 

« Il faut d’abord réfléchir au redécoupage et ne pas agir dans l’urgence », justifie l’élu Europe Ecologie-Les Verts, David Cormand, membre du bureau exécutif et délégué des élections, qui reconnait que les négociations furent complexes. Les Verts plaidaient, d’ailleurs au départ, pour une proportionnelle intégrale, « à l’allemande ».  

Le PS, lui, ne militait que pour « une soixantaine de députés élus sur ce mode de scrutin ». « Je suis globalement pour le scrutin majoritaire uninominal, mais, avec une touche de proportionnelle, toutes les tendances pourraient être représentées sur les bancs de l’Assemblée nationale », confie Christophe Borgel, secrétaire national socialiste, chargé de la vie des élections, 

L’Assemblée, « un arc-en-ciel »?

Et l’UMP, alors? Souhaite-t-elle que tous les partis soient représentés? « Mais c’est déjà le cas, réplique le député Alain Marleix, ancien responsable des élections de l’UMP. Vous avez des écolos, des communistes. » Avant de nuancer son propos: « Seule l’extrême droite ne siège pas à l’Assemblée. » 

Selon lui, les députés, qui voteraient en faveur de l’introduction de la proportionnelle, « se tireraient une balle dans le pied ». Pire, « les socialistes se feraient hara-kiri », en ouvrant largement les bancs à leurs concurrents.  

« La Chambre basse ne doit pas être un arc-en-ciel, prévient Marleix, elle est là pour gouverner. La proportionnelle a d’ailleurs tué la quatrième République, parce qu’elle pose des problèmes de gouvernance. »  

La proportionnelle pose surtout la question de l’arrivée aux mandats locaux du FN. Une perspective, qui n’enchante guère Alain Marleix: « Mitterrand, pour tacler la droite, avait introduit la proportionnelle pour les législatives de 1986. Résultat: 35 députés FN avaient été élus. »  

Pour l’écolo David Cormand, il serait finalement normal que le FN soit représenté. « Le FN est-il un parti légal ? Si oui, il peut avoir des représentants du peuple. »  

Mais l’UMP craint pour ses circonscriptions. « La droite pourrait en perdre entre 50 et 100 au profit de la gauche en cas de triangulaire avec un candidat Front national, lors des prochaines législatives », estime David Cormand.  

« Certains, à l’UMP, évoquent la proportionnelle »

Malgré tout, à l’UMP, on commence à se poser la question. Selon Alain Minc, proche du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy pourrait « l’imposer dès 2012″. Mais l’UMP peut-elle changer d’avis et inscrire cette mesure dans la boîte à idée pour la présidentielle? « Je ne le crois pas, glisse Marleix. La direction de l’UMP n’a pas débattu du sujet. »  

« La question n’est pourtant plus taboue » au sein du parti présidentiel, écrit Guillaume Tabard dans Les Echos. « Certains à l’UMP en discutent, il est vrai, répond Marleix. Des candidats à la députation, qui n’ont pu obtenir de circonscriptions, par exemple, souhaitent une réforme. »  

P.L

23 juillet 2011

Les gaullistes de gauche ? « Une expression qui n’a plus de sens »

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

Ségolène Royal veut rassembler de l’extrême gauche aux gaullistes. La déclaration de la semaine passée.

L’historienne Chantal Morelle fait le point sur l’invocation récurrente du Général de Gaulle dans le discours politique.

 

Atlantico : Comment peut-on définir le gaullisme ?

Chantal Morelle : Ségolène Royal a évoqué, lundi dernier, le Conseil national de la Résistance (CNR) qui mêlait tous les partis et les syndicats résistants et n’était pas exclusivement gaulliste. Du temps du RPF, Malraux disait à propos du RPF, le premier mouvement gaulliste : « c’est le métro à 6 h du soir », signifiant ainsi que les adhérents venaient de tous les horizons sociaux et politiques, c’était un mouvement de rassemblement. En 1958 a été créée l’UNR (Union pour la nouvelle République), qui est devenue le parti de la majorité présidentielle, mais de Gaulle n’en a pas été le chef comme il avait été le présidente du RPF.

Le gaullisme est un mouvement qui a forgé l’histoire politique de la France et des Français, avec le général de Gaulle qui a imposé et défendu certaines valeurs. Il s’agit d’une référence importante, certes, mais dorénavant historique ; il n’est plus ni un courant de droite, ni un courant de gauche ce qui permet à tout le monde de s’en réclamer. Pourtant, si l’on y réfléchit, le gaullisme a duré le temps de la présidence du général de Gaulle, jusqu’à sa démission en 1969, soit onze ans ! Certains gaullistes historiques estiment que Georges Pompidou ne pouvait se dire gaulliste. Il aurait été un traitre selon certains.

En tout cas, le RPR (Rassemblement pour la République) créé par Jacques Chirac en 1976, n’est pas un mouvement gaulliste, bien qu’il soit le mouvement le plus proche. Le facteur personnel, le contexte politique, les enjeux en font autre chose qu’un parti gaulliste.

 

Comment le gaullisme n’est-il devenu qu’une simple référence historique ?

Les choses ont changé, les gens ont évolué. Cela ne veut pas dire que les valeurs du gaullisme n’existent plus. Elles existent chez tout le monde. C’est un mouvement constitutif du visage politique des Français et c’est la raison pour laquelle toute la classe politique s’en réclame : les valeurs de grandeur de la France, de l’indépendance nationale, la puissance nucléaire sont des valeurs que tout le monde revendique… Et depuis longtemps. Elles ne sont la propriété de personne.

Pour montrer les changements, prenons l’exemple de l’avancée de la construction européenne : c’est une donnée qui dépasse totalement le gaullisme. La place de la France en Europe, et dans le monde, a évolué. Certains gaullistes historiques rejettent l’intégration européenne telle qu’elle se fait au nom de la fidélité au général de Gaulle.

Sur ce sujet, on peut se réclamer du gaullisme comme le faisait Philippe Séguin, ou, encore aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement. Celui-ci est soutenu par des gaullistes historiques alors qu’il est issu d’un courant de pensée, le Ceres, qui appartenait à l’aile gauche du PS. Quand on se réclame du gaullisme, on s’appuie sur certains de ses aspects et c’est la raison pour laquelle chacun s’y retrouve.


Peut-on affirmer que le gaullisme est né à droite ?

Le gaullisme est né en plusieurs étapes : il y a le “gaullisme de guerre” né dans des conditions bien spécifiques qui a rassemblé des gens de tous bords ; puis le gaullisme politique, plutôt inscrit à droite comme le RPF né en 1947, puis l’UNR en 1958.

Le général de Gaulle lui-même n’aimait pas que l’on donne son nom à un mouvement « fût-ce sous la forme d’un adjectif”, mais il a accepté qu’un mouvement politique se réclame de lui, comprenant qu’un chef de l’État ne pouvait pas être “au-dessus des partis”.

Son origine familiale, son éducation, sa culture faisait de lui un homme de droite, et même de la droite autoritaire, bonapartiste, favorable au régime présidentiel plutôt qu’au parlementarisme, tout en étant respectueux de la démocratie ; mais il était marqué par le christianisme social de la deuxième moitié du XIXe et du XXe siècle, d’où sa volonté de mener une politique plus sociale que beaucoup de gens de droite – “la seule querelle qui vaille est celle de l’homme” disait-il.

Le gaullisme a toujours été situé à droite dans le spectre politique, bien qu’il y ait eu des gaullistes de gauche, ils n’étaient à proprement parler de gauche.

 

Y a-t-il encore des gaullistes de gauche ?

« Gaulliste de gauche » est une expression qui n’a plus de sens. Cela en avait dans les années 1960. Certaines personnes étaient gaullistes mais provenaient de la gauche d’avant 1958. Ces derniers menaient ou voulaient mener une politique plus sociale, comme la participation aux bénéfices de l’entreprise. Les gaullistes de gauche étaient toutefois limités en nombre et Charles de Gaulle les aimait bien. Ce n’est pas le cas de Georges Pompidou, qui, sur le plan social était beaucoup plus conservateur.


Qui sont les héritiers du général de Gaulle ?

De Gaulle n’a pas un héritier, bien que certains se retrouvent davantage dans cette filiation que d’autres. Je pense à Dominique de Villepin et son mouvement République solidaire, lancé, non pas le 18, mais le 19 juin 2010 : c’est tout un symbole, mais ce n’est pas du gaullisme, puisque les temps ont changé : Villepin peut s’y référer, il ne peut avoir de projet gaulliste. On se réclame du  général de Gaulle, on peut le citer comme on peut citer Jean Jaurès – Nicolas Sarkozy l’a fait pendant sa campagne électorale sans être socialiste ! Et l’actuel chef de l’État n’est pas plus gaulliste que d’autres responsables politiques : il s’appuie sur le gaullisme comme sur d’autres sources qui ont permis à la France à se construire, comme tous les Français.

Nicolas Dupont-Aignan rejoint l’idée du général de Gaulle sur la construction européenne et l’indépendance nationale, il dit en effet qu’il est le seul vrai gaulliste. Mais ce n’est pas totalement vrai. La preuve ? Il a appelé à voter Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle de 2007, alors que celui-ci défendait une autre politique européenne. Donc il accepte que d’autres politiques soient menées car le gaullisme n’est pas une donnée applicable comme le voulait ou comme l’aurait fait le Général il y a un demi-siècle ! Avoir des principes ne signifie pas qu’on les applique.

 

Pourquoi Ségolène Royal veut-elle rassembler jusqu’aux gaullistes ?

A l’occasion de la campagne électorale, elle se veut rassembleuse, elle veut réunir le plus largement possible, à l’exception de l’extrême-droite. Son problème : elle n’est pas bien vue, plutôt isolée au sein du Parti socialiste, et, il lui faut trouver des soutiens ailleurs. Mais finalement c’est normal : aucun candidat(e) qui pourrait devenir président(e) de la République ne peut dire : « Je ne représente qu’une partie des Français. »

Pendant la campagne, on peut tenir un certain type de propos, mais dans la pratique, cela n’a plus le même sens. On ne peut mener une politique cohérente avec un spectre politique aussi large : on ne voit pas Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin travailler au sein du même gouvernement et mener la même politique ! Sauf, peut-être, ponctuellement : car tout le monde peut être d’accord sur un point précis, à un moment donné, en temps de crise par exemple

 

Comment Ségolène Royal peut-elle se réclamer à la fois du général de Gaulle et du président Mitterrand ?

François Mitterrand a été un président tout à fait gaullien : la Constitution a été à peine modifiée, contrairement à ce qu’il a toujours dit qu’il ferait. C’était la même pratique monarchique républicaine que celle du général de Gaulle, en son temps. Donc, sur ce plan, le rapprochement entre les deux chefs de l’Etat n’est pas incohérent.

Leur politique étrangère a souvent eu des points communs, la politique économique et sociale aussi, dans une certaine mesure : pensons aux nationalisations de l’après-guerre et à celles de 1981, à la sécurité sociale, et ce qu’il y avait de véritablement idéologique dans le programme du candidat Mitterrand n’a pas résisté à la force des contingences nationales et internationales. Mais si les deux personnalités sont différentes, elles ont toutes deux marqué la Ve République.

Propos recueillis par Philippe Lesaffre

 

 

14 juillet 2011

Le culot de Roselyne Bachelot

Seule au monde ? A contre-courant ? Roselyne Bachelot, ministre de la Solidarité et de la Cohésion sociale, ne cesse de cultiver sa différence au sein de l’exécutif. La solidarité gouvernementale, cette proche amie de François Fillon ne connaît pas. Ou fait mine de ne guère s’y intéresser. Peu lui importe de gêner ses collègues ministres.

Le mariage  gay ? La ministre n’est pas la seule à défendre l’union homosexuelle, mais elle pense que l’opinion publique l’acceptera un beau jour, ainsi que l’adoption des enfants pour un couple de même sexe.

Martine Aubry évoque devant la place publique les rumeurs qui courent sur sa vie privée et son mari – qui, selon elle, sont véhiculées par des membres de la majorité ? Roselyne Bachelot « comprend (son) indignation, sa révolte » alors que certains ministres dénoncent la méthode de la candidate à la primaire socialiste.

SOS Racisme organise un concert à Paris pour le 14 juillet. Roselyne Bachelot se pointe au rendez-vous et se présente aux côtés du… rebelle Jean-Louis Borloo, du socialiste François Lamy et de l’écologiste Eva Joly (entre autres).

Et cette manie de « déranger » ne date pas d’hier. En 1998, déjà, Roselyne Bachelot votait la loi socialiste instaurant le Pacs. Contre l’avis de ses amis politiques opposés au texte.

Osée, Roselyne !

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