le Canard de l’Etang

29 janvier 2011

Le grand rassemblement des centres, « facçon puzzle »

Publié sur Marianne 2

Hervé Morin et Jean Arthuis ont lancé ce matin leur confédération centriste, une alliance en vue de présenter un candidat du centre à la présidentielle. Un rapprochement pour contrer Jean-Louis Borloo. Les deux hommes, en revanche, ne sont pas d’accord sur tout, bien au contraire. L’un veut se rapprocher de Bayrou, l’autre non…

Ils s’étaient donnés rendez-vous, à l’Assemblée nationale, dans une petite salle, à 12h15. Une conférence de presse pour officialiser leur entente, leur alliance. Celle du centre. Ou, plutôt, des centres, puisque la famille reste – depuis 2007 – éparpillée entre la majorité (le Nouveau centre, le Parti radical), l’opposition (le MoDem), et les autres (l’Alliance centriste). Jean Arthuis et Hervé Morin arrivent finalement une demi-heure en retard : il fallait bien se laisser désirer par la foule de journalistes, présents à l’occasion.

A peine assis, le président du Nouveau centre lance : « Ça suffit, les photos, on en refera à la fin. » Des clichés utiles : on pourra y voir l’ex-ministre de la Défense qui donne, tout sourire, l’accolade à « Jean » Arthuis, président de l’Alliance centriste. Ce dernier, aussi à la tête de la Commission des Finances au Sénat, laisse à son collègue le premier mot.

De toute manière, les deux tiennent le même discours : ils veulent « construire une confédération centriste », une « association politique » (au même titre qu’un parti politique) ; « poser la première brique de la maison centriste », « histoire de discuter et porter nos valeurs autour d’un projet, puis d’un candidat », comme l’explique l’ancien bras droit de François Bayrou. Avant de préciser : « Ce ne sera pas, en revanche, une fusion de formations politiques ». Trop compliqué à réaliser, bien sûr…

Promis, chaque parti restera « autonome ». Avec ses propres idées. Qui, parfois, diffèrent. Hervé Morin le sait bien, mais botte aussitôt en touche : « Nous avons plus de choses en commun que de différences. » Par exemple ? Alors, d’abord, « les valeurs de liberté, de solidarité, et l’idée selon laquelle l’Europe permet de réguler l’économie et la finance ». Puis le passé, évoqué par son collègue Jean Arthuis : « Nous avons cheminé ensemble », au temps de l’UDF. Un parti qui n’a, d’ailleurs, pas disparu juridiquement. Et dont l’adhésion, en tant que parti fondateur du Mouvement démocrate, à la formation de François Bayrou a été renouvelée hier soir. Pour trois ans, lors d’une Assemblée générale au siège de l’UDF, au 133 bis, Rue de l’Université, à Paris.

Mais pourquoi, diable, le parti, créé par Valéry Giscard d’Estaing, végète-t-il encore ainsi ?  Pourquoi ne pas le dissoudre comme le RPR en 2002 ? « Car l’UDF, c’est un patrimoine », glisse Jean Arthuis, nostalgique de cette formation de centre-droit – « au frigidaire » depuis trois ans -, qui a assisté au rendez-vous de la veille. En présence d’autres membres du bureau politique et de son président, François Bayrou, réélu à son poste.

Le sénateur de Mayenne n’a pas totalement rompu avec le Béarnais. Il a voté pour lui, hier soir. Les parlementaires de l’Alliance centriste, bénéficient d’une partie du financement public du MoDem. Et son parti demeure un mouvement associé de l’UDF. Toutefois, Jean Arthuis ne cache plus qu’il aimerait un beau jour occuper les locaux de cette ancienne force centriste : « Bayrou ne s’y oppose pas. »

Le candidat à la dernière présidentielle reste dans les esprits de nos deux centristes. Mais divise, forcément. Morin ne veut plus entendre parler de François Bayrou, refuse toute discussion avec le troisième homme de la présidentielle de 2007. « Ce n’est pas la position du NC », justifie, humblement, son président, qui avait rejoint Nicolas Sarkozy dans l’entre-deux tour de 2007, alors qu’il avait bataillé auparavant pour le candidat du centre.

Les problèmes ne s’arrêtent pas là : Jean Arthuis souhaite que le candidat centriste ne se couche pas dès le premier tour du prochain scrutin, mais plutôt « qu’il discute » avec les deux qui l’auront devancé. Que ce soit un candidat de droite et/ou de gauche. Or, là, Hervé Morin ne rejoint pas non plus son collègue. Discuter ? Pas de problème, mais avec le représentant de la droite, uniquement.

En avant toute pour « l’Union centriste »?

« Il faut accepter nos différences et la diversité d’appréciation » de chaque membre de famille, glisse Hervé Morin. Y compris au sein de son propre parti, divisé, pour ne pas changer : Jean-Christophe Lagarde et François Sauvadet, qui préférerait une alliance plus large avec Jean-Louis Borloo, rejettent l’idée de cette alliance. Jean Arthuis, lui, évoque un simple « problème de communication. » Et du côté du NC ?  Rien de grave, ou presque : « Les choses sont très claires entre nous », réplique Hervé Morin, un brin irrité. Avant de riposter par une pirouette : « A l’UMP, aussi, il y a des différences, entre ceux qui pensent que les Français travaillent 35h par semaine et ceux qui croient qu’ils sont plutôt à 39h. » Même chose au PS, contrarié entre les partisans d’une « social-démocratie et ceux qui pensent que Mélenchon est l’avenir de la gauche ».

Et l’avenir du centre, avec ou sans Jean-Louis Borloo ? Son mouvement, le Parti radical, se décidera le 15 mai prochain s’il s’émancipe, ou non, de l’UMP. L’ancien N°2 du gouvernement vise aussi au noble rassemblement du centre, sa propre réunion des sensibilités républicaines et gaullistes sociales. Hervé Morin et Jean Arthuis clament haut et fort que l’ancien maire de Valenciennes a toute sa place dans l’Alliance. « Le 16 mai, il sera avec nous », imagine Hervé Morin. Encore faut-il que les Valoisiens s’écartent de l’UMP, condition sine qua non de tout rapprochement à la confédération.

Mais pourquoi ne pas l’attendre, Borloo, alors ? Les deux hommes donnent en effet l’impression de vouloir contrer l’ancien maire de Valenciennes. « On écarte personne », jure Jean Arthuis, « confiant ». « C’est en marchant qu’on avance », lance-t-il, comme pour mieux défendre le rassemblement des centres. On avance… et on discute à compter de ce jour. Car, il faut bien le dire, « les cantonales arrivent vite, elles ont lieu avant mai : en mars ». Avec quelle étiquette les candidats vont-ils se présenter ? Sous quel nom ? « La confédération pourrait s’appeler ‘l’Union centriste’ », propose Jean Arthuis. Un nom qui ne semble pas ravir le président du NC : « Ils se présenteront tous comme il veulent ». Le plus important, pour les cantonales, c’est le candidat, et pas l’étiquette, explique Hervé Morin.

Comme s’il n’était pas confiant en la réussite de son projet…

9 janvier 2011

Le comportement des politiques agace les lecteurs de Marianne2.fr

Article publié sur le site de Marianne

Surfant sur la vague de Stéphane Hessel, auteur du livre à succès :«Indignez-vous!», les Mariannautes ont pris la plume pour se …révolter. Ce qu’on retient des témoignages : l’attitude de certains politiques, proches, selon eux, des milieux financiers, les agace. Autant que certains journalistes et certaines équipes sportives de France… Florilèges de commentaires !

Qu’est-ce qui agace les Mariannautes ?

Dans la foulée de la publication du premier numéro de Marianne de 2011 (Qu’est ce qui vous indigne ?), nous vous avons demandé de vous exprimer.

Le premier motif de révolte, de très loin, semble être le comportement des politiques : Nicolas Sarkozy,  Rama Yade (la « bobo », écrivent certains), les socialistes… Certains lecteurs du site Marianne2.fr soupçonnent la caste politique de tremper parfois dans la corruption. Mais toutes les élites sont montrées du doigt : banquiers, dirigeants du CAC 40, …

Autre source de courroux ? La spéculation grimpante, les journalistes, les membres de l’équipe de France de tennis, «pour la plupart, exilés fiscaux suisses» (selon un Mariannaute), et les vingt-trois Bleus, lors de la dernière coupe du Monde de football en Afrique  du Sud.

Mais encore ? Ah oui, la neige et le prix des huîtres…

Florilège de commentaires argumentés ou simplement drôles.


Nathalie Carmona : «Que dire devant la défection croissante des Français face au suffrage universel ? Nos politiques, de droite comme de gauche, nous trahissent régulièrement en préférant leurs petites combines et en soignant leur égo, délaissant le bien-être de leurs concitoyens».

 

Francis Bonnet : Le C.A.C. craque 

«Après la crise de 2008, j’avais écrit le texte (prémonitoire ?) : «Le C.A.C. craque»

«Pièce par pièce, une à une, t’avais fait fortune, mais le CAC craque. Pour tes tunes, c’est plus la roue de la fortune car le CAC craque. Les banques se vident. N’ont plus le gros bide à cause de leurs bêtises et du CAC qui craque. (…) Épargnant, maintenant t’es perdant. Le CAC craque. Même si t’as la haine, faut sauver le système, pour empêcher que le CAC craque. Tu croyais que l’argent était essentiel et très important, pourtant le CAC craque. La solution ne serait-elle pas la Révolution quand le CAC craque ? (…) Demain serez au chômage pendant que les traders feront leur fromage même si le CAC craque. Écoutez bien le gouvernement et ses leçons, serrez bien la ceinture de vos caleçons puisqu’on vous le dit : le CAC craque. Quand bien même z’avez la haine, faudra en chier pour sauver le système car le CAC craque.»


Séraphin :« La corruption de nos politiques, l’aveuglement de nos politiques, la financiarisation de l’économie et l’inertie de nos politiques,  les 6 millions de chômeurs et l’inertie de nos politiques, les 7 millions de pauvres et l’indifférence de nos politiques.»

France Pillee
: « M’ont révolté en 2011 : 1° l’attitude d’une majorité de journalistes bobos-masos suicidaires, pro-burqa, pro-islam, pro-immigré, pro-tireur de Villiers le Bel ; 2° la poursuite de l’immigration ; 3° les prières des Musulmans, rue Myrha et Poissonnière ; 4° la non-application des peines de justice ; 6° les grèvistes des retraites ; 7° la sous-taxation des héritages, des revenus et des patrimoines ; 8° les revenus indécents des artistes, footballeurs, acteurs, patrons, etc… ; 9° l’équipe de France de tennis, composée d’expatriés fiscaux suisses ; 10° l’équipe de France de football, composée de voyous et d’enfants gâtés ; 11° les faux-culs écologistes, telle Cécile Duflot avec ses quatre enfants et son séjour aux Maldives ; 12° les privilèges du Sénat.»

Ali-Mage
: «La fausse devise française : Liberté-Égalité-Fraternité. Actuellement ce serait plutôt : Cupidité – Spéculation et enculades.»

Dom Ducn : « 1. l’impunité des directeurs de banques ; 2. le cynisme de Sarko et de son clan ; 3. leur mépris de notre constitution ; 4. leur mépris des gens ordinaires (…) pauvres ; 5. leur populisme à vomir ; 6. la fin de toute valeur morale, remplacée par l’adoration du veau d’or ; 7. la perte du sens (des mots, de la vie, de la mort, de la justice, de la fraternité, de la solidarité…).»

Philippe Coupellier  : «Que la personnalité politique préférée des Français soit Rama Yade, une bobo qui n’a aucun courage politique, la reine du rétro-pédalage… Preuve que les Français votent pour des gens à leur image, sans aucun courage !»

Alain Redon : «La suppression de l ‘ISF ! Donner quitus aux grandes fortunes qui se désolidarisent du sort de ceux qui sont dans le besoin…»

Yves-Serge Melamedoff : «Le consensus général que l’on trouve, quelque soit la radio que l’on écoute, pour nous vendre le centrisme, l’inexorabilité de la crise, de la mondialisation heureuse et de l’impossibilité d’une autre politique que celle prônée par les Sarkozy, DSK et les autres.»

ELiHaNNaH : «Ce qui me révolte? Le manque de neige : j’avais décidé de faire de la luge et nada ! Rien ! Snifffff !»

Elie Arié : «Ce qui me révolte, c’est la hausse du prix des huîtres.»

 

P.L

25 novembre 2010

République et Territoires

Chronique politique (semaine 3) sur A2P Radio

 

« Cette semaine, vous vouliez revenir sur l’actualité de l’ancien Premier-ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui crée son propre mouvement au sein de l’UMP au Sénat…

 

 République et Territoires…Deux termes, deux notions apposées l’une à l’autre. Qui se rapportent presque à une thèse d’histoire ou à un sujet de philo au bac…  Comme si le sénateur Raffarin avait retrouvé au fond d’un tiroir la copie de l’étudiant Raffarin?

 

 Le titre du mouvement, en tout cas, met en lumière son appartenance au sénat, la chambre des représentants des collectivités locales, des maires de France…

 

 Le sénateur était déjà à la tête d’un club de réflexion « dialogue et initiative » avec  certains membres du gouvernement et d’autres caciques de la majorité….

 

 Oui c’est vrai…dialoguer, l’ancien premier ministre ne s’en prive pas depuis l’élection de Nicolas Sarkozy….

 

 Chaque semaine, il retrouve une trentaine de proches sénateurs…Pour discuter, critiquer… Un groupe qui a rencontré le président de la République mardi matin…Afin de lui faire part de son soutien…

 

 Mais sans cacher ses opinions, parfois divergentes…

 

 Vous n’aurez pas ma liberté de penser », aurait-il pu répliquer au chef de l’Etat…

 

 La taxe professionnelle réformée? Il tacle la mesure…

 

 La surenchère sécuritaire de l’été dernier? Il ne cautionne pas…

 

 Le maintien de François Fillon à Matignon? Il évoque sa préférence pour Jean-Louis Borloo..

 

 Une liberté de ton, c’est presque une habitude dans le cercle privé des anciens Premiers ministres de droite…

 

 Alain Juppé (avant son entrée au gouvernement en tant que ministre d’Etat de la Défense), Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin, la liste est longue…

 

 Chacun sa musique, chacun ses origines politiques…

Charles de Gaulle, Jacques Chirac pour Alain Juppé et Dominique de Villepin. VGE pour Jean-Pierre Raffarin, un ex-giscardien et ancien membre de l’UDF… Ce dernier représente la tendance libérale-centriste de l’UMP, mouvement qu’il a rejoint à ses débuts en 2002…

 

 Une mouvance déçue, humiliée selon certains, après le remaniement d’il y a 10 jours…

 

 Les centristes  du gouvernement précédent ont été remerciés…de Jean-Louis Borloo (qui vient de quitter  la vice-présidence de l’UMP) à Hervé Morin, de Marc-Philippe Daubresse à Valérie Létard…

 

 Et ils voient tous d’un mauvais œil le retour d’anciens RPR, tel Alain Juppé, François Baroin, MAM ou des sarkozystes pur jus, comme Frédéric Lefebvre…

Philippe Lesaffre

 

7 novembre 2010

Chahuts internes

Chronique politique pour une radio. Semaine 2.

Les piques verbales entre responsables politiques ne s’échangent pas qu’entre majorité et opposition : ça cogne aussi au sein de chaque clan…

 

En ces temps amers, une petite phrase assassine peut provoquer des remous. Un seul entretien d’un responsable politique  en quête de notoriété, et hop,  le tour est joué, le coup est lancé. Chaque semaine, son lot d’exemple. A droite, au centre, à gauche. Au sein de la majorité présidentielle et dans l’opposition. Les dirigeants se chamaillent, s’envoient des fleurs. C’est la guerre pour un poste, une mission, un mandat, à l’aube d’une élection.

Dominique de Villepin continue dans cette optique son tour des médias pour tacler le chef de l’Etat…

L’ancien Premier ministre, le poète aux accents gaullistes, ne cesse de critiquer Nicolas Sarkozy. Le fondateur de République Solidaire a toujours sa carte de l’UMP. Mais cela ne l’empêche pas de se faire filmer en banlieue ou, près d’une vache, à la ferme. Sur un plateau télé ou à la radio. Pour montrer sa différence. Attaquer le bilan du président. Dernier exemple en date, dimanche sur Europe 1 : il évoque, sans rire, une parenthèse politique, ouverte depuis 2007 qu’il convient de refermer. Puis songe à la « France amoindrie, à ses principes affectés ». Avant, bien entendu, de se tourner vers « le spectacle pitoyable de la vie politique française ». Allusion peu masquée au remaniement, aux bisbilles entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand…(lire ici)

 La droite n’a pas le monopole du chahut interne…

Oui, ça s’agite aussi au centre, bien divisé depuis 2007. Les scissions se sont accumulées. D’abord, entre ceux qui ont rejoint le chef de l’Etat dans l’entre-deux tour de la présidentielle et les autres… Autrement dit entre les adeptes du Nouveau Centre, parti affilié à l’UMP et les membres du Mouvement Démocrate.

Puis entre les partisans de François Bayrou et les nostalgiques de l’ancienne UDF. Comme ce chef de file des sénateurs centristes, Jean Arthuis, à la tête de la commission des Finances, qui veut faire renaître de ces cendres l’ancien parti de centre-droit, héritier du giscardisme .

Il souhaite que les centristes soient représentés au premier tour en 2012. Se dit candidat à la candidature. Mais assure toutefois au journal le Point ne pas y penser tous les jours en se rasant (la preuve).

Jean Arthuis envoie aussi des piques au gouvernement…

Comme certains à l’UMP, il prêche la fin du bouclier fiscal et de l’impôt sur la fortune. Les sénateurs examinent cette semaine le budget de finance 2011 et « le compte n’y est pas ». Pas assez de rigueur, pas assez de réductions des dépenses de l’Etat. Jean Arthuis veut réduire davantage les niches fiscales. Et ne pas se leurrer : comme François Fillon (l’actuel locataire a récemment brisé le tabou), il sait que les impôts ne peuvent qu’augmenter.

A gauche, Manuel Valls a passé la vitesse supérieure à l’encontre du PS.

Le député-maire socialiste de Meaux tacle le comportement de certains responsables à gauche. L’un des chefs de file de l’aile droite estime que le PS bat encore de l’aile. Selon lui, les socialistes ne sont pas encore vraiment crédibles.

A qui la faute selon lui?

 Manuel Valls ne le dit pas noir sur blanc au Parisien-Aujourd’hui en France, mais il y pense. Son intervention vise  l’aile gauche du parti, représenté par le porte-parole Benoît Hamon, qui, voilà quelques jours, avait laissé entendre que les socialistes pouvaient  encore « discuter » de l’allongement de cotisation dans le dossier des retraites. Ré-dhi-bi-toire pour le proche de DSK, favorable, à cet allongement (au cœur du projet socialiste). Sans toutefois revenir sur les 60 ans qui devraient rester « un droit et non une obligation », murmure Manuel Valls, gardien de l’unité à la socialiste…(lire ici)

 P.L

14 octobre 2010

bourdes et maladresses en politique

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A propos du dossier des retraites, tout semble permis. Outre la bataille des amendements (avant le vote final) au Sénat sur le projet de réforme, surgit une guerre des mots entre certains dirigeants des deux bords politiques. Au risque, parfois, de tomber dans le coup bas, voire la maladresse (lire un article de Libération à ce sujet). Les deux dernières imprécisions concernent François Baroin et Ségolène Royal.

Suite à son entretien face à Laurence Ferrari sur TF1, le 12 octobre dernier, la présidente de Poitou-Charentes a déclenché l’ire de la majorité. Qui a crié au scandale…presque à tort.

Certes, ses propos peuvent induire en erreur, surtout si l’on ne l’écoute pas jusqu’au bout. Car, en effet, elle invite, au début de l’interview, les jeunes à battre le pavé « pacifiquement » contre la réforme du chef de l’Etat. Sauf qu’avant la fin de son échange avec la présentatrice du 20h, elle procède à un magnifique rétropédalage. Elle assure alors ne pas demander aux lycéens de descendre dans la rue. Mais s’ils se décident tout de même à le faire, Ségolène Royal leur demande de ne pas mettre le feu aux poudres (ce qu’elle précise le lendemain sur France Info).

Forcément, des membres du gouvernement comme Nadine Morano, Rama Yade, Eric Besson (mais aussi le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, et …le candidat à la candidature socialiste, Manuel Valls) ont aussitôt saisi l’occasion de polémiquer. En évoquant « l’irresponsabilité » de l’ex-candidate à la présidentielle.

La réaction de la majorité paraît peut-être démesurée. N’empêche que Ségolène Royal a fait preuve d’une certaine maladresse. Ce qu’elle a, d’ailleurs, admis sur les ondes de France Info.

Autre maladresse (ou pas), les récents contacts de Benoît Hamon avec la gauche de la gauche (voir ici, et ). François Baroin en profite (ainsi) pour mélanger le programme du PS et celui d’autres partis. Invité de France Inter du 13 octobre, il évoque la proposition du PS sur le dossier des retraites : « Il défend le départ à 60 ans à taux plein. » Erreur (relevée par le journaliste) : oui, les socialistes défendent le droit de partir à la retraite dès 60 ans. Mais pas avec un taux plein, comme le réclament Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot…et le mouvement des jeunes socialistes (MJS) (lire un article du Figaro : « le PS fait de l’équilibrisme » ou celui de Public Sénat : « le PS est-il ambigu sur les retraites? »).

La majorité utilise sûrement cette petite différence entre le MJS et les aînés afin de laisser planer le doute. D’autant plus que les socialistes maîtrisent à perfection les ambiguïtés.

En particulier, à cause du nombre important de porte-parole au sein du parti. Dernier exemple en date : la demande au gouvernement d’organiser un référendum sur les retraites avant la navette parlementaire. Outre Jean-Luc Mélenchon (ex-PS), Ségolène Royal et Jean-Pierre Bel (président du groupe PS au Sénat) s’y sont montrés favorables…au contraire du véritable porte-parole, Benoît Hamon, qui s’est exprimé au nom du parti (si, si, lisez). Confus?

P.L

8 octobre 2010

Le bouclier de Nicolas, une épée de Damoclès du quinquennat?

2/2

(lire la première partie de cette « fausse enquête » : Nicolas Sarkozy, à la recherche de ses électeurs catholiques : http://url.exen.fr/15942/

Deuxième solution : mettre sur la table du débat public une éventuelle suppression à venir du bouclier fiscal. L’un des symboles du quinquennat de Nicolas a du plomb dans l’aile.

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(François Baroin, ministre des Finances)

Depuis le début de son élection, le chef de l’Etat jurait pourtant ne pas vouloir  l’abandonner au bord de la route, comme l’exigeait la gauche.

Or, certains responsables de la majorité ont commencé à ne plus soutenir cette mesure mal aimée, en temps de crise économique. D’abord, Alain Juppé. Puis Jean Arthuis, le président centriste de la Commission des Finances du Sénat, favorable à l’exécution du bouclier, mais aussi de l’ISF.

Jean-François Copé a ensuite rejoint la cohorte des frondeurs. Pour plaire à l’opinion, il dit vouloir entamer « une réflexion » sur la suppression des deux mesures. Le doute s’empare jusqu’au sommet de l’Etat : le probable futur ex-Premier ministre François Fillon a, lui, évoqué un dossier plus « tabou » du tout.

Mais pourquoi l’était-il avant, ce bouclier ? Le gouvernement ne pouvait pas y toucher. Une promesse électorale reste une promesse. Et, comme l’a répété Nicolas Sarkozy tout au long de son mandat en cours, l’Allemagne « l’a inscrit dans sa Constitution ». Si cette grande puissance a adopté ce bouclier fiscal, la France peut bien le faire aussi. Sauf que l’affirmation présidentielle est… erronée.

Alors, conscient de cette bourde imparable, l’exécutif a, soudain, fait mine de découvrir…que les Teutons n’avait pas ce genre de dispositif. Et qu’aucun Allemand ne devait payer d’impôt sur sa fortune.

Suite à un voyage outre-Rhin, survenu fin septembre, François Baroin a, répandu cette (bonne ?) nouvelle.  Au risque de s’afficher. Et en prônant, au passage, avec son compère de l’Elysée, la convergence du modèle fiscal français avec l’Allemagne (lire aussi ici).

Du coup, une centaine de députés UMP (dont le modeste Neuilléen Balkany) anticipe. Libres comme l’air, ils proposent dorénavant la suppression pure et simple du bouclier fiscal et de l’ISF , dans la loi du budget 2011, pourtant déjà votée il y a quelques jours.  Le ministre des Finances refuse (voir ici ou ). Ou, du moins, pour l’instant. Car, demain est un autre jour. La réflexion peut perdurer encore longtemps (ou pas). Jusqu’à l’élection de 2012 ?

 P.L

4 octobre 2010

Mediapart, dans le viseur des francs-tireurs

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Mediapart, ennemi numéro 1 ? La question mérite réflexion, suite au concert de propos méprisants  d’une partie du gouvernement et de certains responsables de l’UMP.

La dernière invective émane de Dominique Paillé, porte-parole du parti présidentiel. Qui a déjà, par le passé, dit tout le bien qu’il pense d’Edwy Plenel. Mais, à l’époque, sur Facebook. Et non face à un journaliste du site d’information en ligne, Laurent Mauduit, sur le plateau d’Arrêt sur images. Là-bas, il n’a pu se retenir. En déversant, au passage, toute sa colère.

Ce « tract, publiant des insinuations, s’emporte-t-il, irrité, pratique une véritable chasse à l’homme ».

Les journalistes de Mediapart, le seul titre qui en prend pour son grade, n’ont guère apprécié.  

Les autres médias, soi-disant de l’opposition, n’auraient rien à se reprocher, glisse Dominique Paillé, sinon de le « faire rire », comme « le journal Libération« .

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(Nicolas Beau, rédacteur en chef de Bakchich)

Les autres journaux (support papier ou sur le Net), le porte-parole n’a pas envie de les critiquer. Pas même Bakchich, pourtant peu tendre avec Eric Besson ces derniers temps. Son rédacteur en chef, Nicolas Beau, participe à la conversation d’Arrêt sur images. Et, justement, ce dernier n’est pas fan des unes de Marianne, un brin trop anti-sarkozyste selon lui (« Le voyou de la république » ou encore « Pathétique »). Alors, cela fait plaisir à Dominique Paillé. Qui confirme, à l’occasion, et le sourire aux lèvres, avoir été un informateur du Canard Enchaîné quand ce même Nicolas Beau y travaillait. Ah, le bon vieux temps : presque nostalgique, Dominique Paillé, hein ?

Pas un mot, donc, à propos des autres médias, en ligne ou non, critiques vis-à-vis du gouvernement. Rue89 s’en prend à un conseiller d’Eric Woerth ? Pas grave. L’Express.fr évoque des lettres mettant en cause l’argumentation du ministre de la réforme des retraites ? Oh, ce n’est rien…Ah oui, ils ne « pratiquent pas la chasse à l’homme» !

Deuxième raison de sa colère

Outre son insulte (en est-ce une, finalement ?), surprenante émanant d’un homme, en principe, assez calme (quoique…), Dominique Paillé a aussi l’art et la manière de se placer en victime . Il évoque une « recherche effrénée (chez Mediapart) du scoop l’un après l’autre », de telle sorte qu’on ne puisse pas « dire la vérité, démentir », ni même entamer un « débat ». Le pauvre…

Un petit conseil d’ami : le porte-parole pourrait demander audience à la gauche et voir comment elle se débrouille face à la succession d’annonces gouvernementales, quasi quotidiennes depuis 2007. 

La morale de son discours : l’argumentation laisse à désirer..

Le site en ligne, lui, évoque la  gêne occasionnée au sommet de l’Etat par la divulgation de tous ces secrets, toutes ces révélations en cascade. Une violence verbale, donc, pour masquer l’absence de réponse de la part de la majorité. Ainsi les politiques n’ont-ils pas à se justifier devant leurs électeurs. Malins ?

Or, d’autres titres ont aussi  contribué à « l’éclairage » du grand public avec leurs propres scoops dérangeants. Mais aucune réplique aussi violente de la part du gouvernement ou de l’UMP n’ont suivi…

Quelques ministres ont certes démenti, par ailleurs, l’accusation du journal le Monde : non, l’Elysée n’a pas autorisé une enquête illicite afin de démasquer la fuite de l’affaire Woerth-Bettencourt. Mais il n’y a pas eu d’insulte ni de pique. Juste certaines incompréhensions à propos de cette ‘affaire’ dans l’affaire. Le Monde est-il une institution qu’on ne peut mettre en cause par des mots amers ? A croire que oui…

Pourquoi autant de haine à l’égard de Mediapart, seulement?

Ces reporters, issus de la presse écrite traditionnelle, émettent une autre hypothèse plausible : « le pouvoir » a peur du Net, n’arrive à cerner ses contours, à contrôler ce monde de l’interaction entre le journaliste « professionnel » et le « citoyen de la démocratie » (dixit Edwy Plenel). Or, Rue89 et Bakchich vivent dans le même monde et ne sont pas la cible du « pouvoir »…Etrange ? Pas tellement, à vrai dire…

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(Pierre Péan)

Mediapart publie des articles d’investigation (des papiers dont raffole d’ailleurs Pierre Péan). Mais pas seulement. Des partis pris, également, signés souvent Edwy Plenel. A l’aide de sa plume, « l’ex-trotskiste » dit tout le bien qu’il pense de Nicolas Sarkozy. En devenant plus ou moins membre d’une certaine opposition politique. Par ses textes, d’abord. Mais aussi par sa participation à plusieurs …meetings, en particulier, aux côtés de Martine Aubry ou encore Cécile Duflot.

Nicolas Beau estime à Arrêt sur Images que ce n’est pas la fonction du journaliste. Le président des Jeunes  UMP n’aurait pas pu dire mieux. Benjamin Lancar avait dénoncé, toujours sur le site de Daniel Schneidermann, la présence d’Edwy Plenel au temple socialiste de la Rochelle.

Aussi « les activités extra-journalistiques » du co-fondateur de Mediapart expliqueraient-elles ces critiques acerbes ?

Laurent Mauduit aporte une précision, en défendant, au passage, son ‘dirlo’ : «Un journal publie toujours des éditoriaux, cela fait partie du journalisme (…) et l’internaute s’y retrouve sur Mediapart. » Comment ? Grâce à la lecture des sous-titres : « Partis pris, entretiens ou enquêtes…»

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(Laurent Mauduit, Mediapart)

A l’instar de celle concernant le bilan du président brésilien sortant. Un reportage bien ficelé, agréable à lire, il est vrai. Mais qui a pour titre : « Bravo, Lula », deux mots qui n’évoquent guère l’investigation, plutôt l’éditorial ou le « parti pris ».

Soit un mélange des genres, non? Mais tant que l’internaute « s’y retrouve », tout va…

 P.L

 

26 septembre 2010

Fillon, sur le départ

Fillon, sur le départ dans billet d'humeur 6bb0b6fa-c801-11df-afc1-be41e2348b86

On le disait non expulsable, Premier ministre jusqu’au bout, soit jusqu’au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Et (quasiment) prêt à remplir sa tâche de « collaborateur » cinq ans d’affilée (2007-2012).

Le chouchou des parlementaires UMP paraissait (presque) intouchable, paré à endurer les difficultés liées à son poste de Matignon.  Passé le cap de la mi-saison, en 2009, certains se posaient même la question devenue inévitable : restera-t-il l’unique Premier ministre de Nicolas Sarkozy ? Le doute semblait permis…Au vu de sa popularité, toujours en amont de celle du chef de l’Etat. Au vu, aussi, de sa discrétion, semble-t-il complémentaire avec le Président. Car ne dit-on pas que les différences s’assemblent, du moins, entre une carpe et un lapin ?

Or, justement, l’homme au fort tempérament, perché à l’Elysée, a, en pleine tempête médiatique (mais bien avant l’été), annoncé un remaniement ministériel pour l’automne prochain. Et ainsi ouvert la voie à toute spéculation en vue du jeu des chaises musicales gouvernementales. Y compris à Matignon, dont l’actuel locataire lorgnerait sur la mairie de Paris (en vue de l’élection municipale, prévue en 2014) depuis un certain temps. Un possible « challenge », évoqué par quelques « fillonnistes » de temps en temps.

La fin d’une ère ?

Réservé, François Fillon sait aussi sortir de ses gonds, en particulier, à l’Assemblée nationale, quand il veut recadrer les députés de l’opposition. Or, depuis la dernière rentrée, le Premier ministre a aussi brisé le silence afin de mettre un terme au chahut …au sein de son propre camp politique.

Ses cibles ? D’abord les auteurs des « petites phrases » assassines, ces surenchères sécuritaires qui se sont succédé en juillet et en août.

Puis, plus récemment, le secrétaire général du parti présidentiel, Xavier Bertrand, et le chef de file des députés UMP, Jean-François  Copé, qui se livrent une véritable bataille à couteaux tirés, le deuxième souhaitant la place du premier. D’ailleurs, on l’a écrit (et entendu), cette mission (diriger ce parti) pourrait aussi intéresser François Fillon.

En réalité, le « collaborateur » de l’Elysée, après avoir reçu mille et un coups depuis le début de son ‘mandat’, semble avoir doucement compris qu’il allait bientôt faire ses valises. Sinon comment comprendre son arrivée tonitruante aux journées parlementaires de l’UMP, en compagnie de Jean-Louis Borloo, l’un de ses possibles successeurs (avec MAM)? Ou encore son interview, diffusée dimanche 26 septembre, sur France 2, au cours de laquelle il se démarque du chef de l’Etat («ce n’est pas mon mentor») ? Il y explique son « choix de 2004» de le soutenir, en dépit du courant politique (au sein de l’UMP) qui les sépare, et ce, afin que Nicolas Sarkozy « devienne » président de la République. En affirmant, au passage, avoir contribué à l’élaboration du programme présidentiel.

Durant cet entretien, le Sarthois tire, entre les lignes, le bilan de son action. Qui prendra donc fin, sauf surprise, dans quelques semaines…

France 2 aurait pu lui demander ce qu’il comptait faire après son éventuel départ. Mais, attention, pas de conclusion hâtive : Nicolas Sarkozy peut encore le retenir, histoire de prendre tout le monde au dépourvu…

 P.L

12 septembre 2010

‘Guéguerre’ et révolution

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Le PDG des communistes, Pierre Laurent, pratique du sport, l’anti-sarkozysme primaire, couplé à un soutien des ‘petites gens’ à outrance. En direct de la traditionnelle fête de l’Humanité, le secrétaire national a, pour son premier discours de clôture, envoyé des mots doux au chef de l’Etat : « Nous subissons (…) le pouvoir le plus rétrograde, le plus brutal, le plus autoritaire qu’il ait été permis d’imaginer. » Une guerre des mots, « citoyenne et pacifique ». Mais qui n’a qu’un dessein, celui d’attirer l’attention. Et d’acquérir une poignée de notoriété, à moins de deux ans de la présidentielle. Soit une période propice à cet habituel petit jeu verbal entre amis d’obédience différente.

Ces joutes se pratiquent aussi entre membres du même clan, gauche ou droite, confondues. Les règles y sont d’ailleurs plus codifiées. Il ne suffit pas seulement de brailler contre autrui ou contre certaines politiques, même si certains s’y adonnent de temps à temps avec plaisir, comme Alain Juppé ou Dominique de Villepin.

Il convient plutôt de prendre parti dans le cadre d’une rivalité interne (et larvée). Comme celle entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand. Deux hommes qui s’envoient des fleurs une fois par saison. Le premier a récemment reproché au second l’absence d’une réelle université d’été de l’UMP, qui aurait permis, selon J.F. Copé, de répondre « aux attaques (verbales, toujours) du PS ».

Et, à l’occasion de ce combat de titans quadragénaires, deux responsables du parti majoritaire ont récemment pris …parti en faveur du patron des députés UMP.

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Premier trouble-fête, le ministre de la Relance, Patrick Devedjian. L’ancien patron de l’UMP a critiqué l’actuelle gestion du parti : « Un parti politique, ce n’est pas le Club Med. On n’a pas besoin de gentils organisateurs », a-t-il indiqué au Parisien. Mais plutôt « d’agitateurs d’idées (comme l’a été) Nicolas Sarkozy », à ce poste.

C’est Rachida Dati qui sème, quelques jours plus tard, la zizanie. L’eurodéputée estime, dans un entretien au Parisien (encore), que Jean-François Copé « ferait un excellent Secrétaire général ». L’ex-Garde des Sceaux évoque à son tour Nicolas Sarkozy et cite en vrac « les débats lancés » au cours de son mandat à la tête de l’UMP.

Celui qui en a la charge aujourd’hui, Xavier Bertrand, doit-il, pour autant, se sentir menacé ?

Pas si sûr à en croire le président de la République, dont certains propos ont été révélés dans le Figaro d’il y a quelques jours. A son « chouchou », Nicolas Sarkozy apporte son soutien. A sa manière : « Je (le) remercie (…) d’avoir accepté. C’est moi qui l’ai nommé. » Ah bon?

Oui, d’ailleurs, une dépêche de l’AFP, publiée un peu plus tard, semble corroborer ces propos. Voilà ce qu’on y lit : « Le ministre de l’agriculture, Bruno le Maire, a déclaré dimanche sur Radio J que « la succession de Xavier Bertrand » à la tête de l’UMP n’était « pas ouverte », tout en soulignant que c’est Nicolas Sarkozy qui « décidera quelle piste il suivra » pour le gouvernement comme pour le parti. »

Justement, Valérie Pécresse a offert ses services de conseillère. La ministre de l’Enseignement supérieur a proposé, le 9 septembre dernier, que le Secrétaire général soit dorénavant « élu par ses militants ». Et non plus « nommé » par le chef de l’Etat ?

Une révolution…

 P.L

MAJ 
Le député de Paris, Claude Goasquen, lui, ne veut pas prendre parti : il ne se prononce pour personne, ni J.F. Copé, ni B. Bertrand. Mais ce dernier accuse : « Le président de la République, constamment au téléphone », « s’occupe de tout ». Boum.

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10 septembre 2010

Quand Villepin critique Jacques Chirac…

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Villepin a beau avoir fondé sa « République solidaire » (RS). Il vient cependant de se désolidariser de Jacques Chirac sur un point précis. Le poète à la fibre chiraco-gaullienne aurait-il pris son envol et ses distances vis-à-vis de son mentor politique?

L’ex-Premier ministre ne cautionne guère l’accord entre l’ancien chef de l’Etat et la mairie de Paris dans le cadre de l’affaire des 21 emplois fictifs, qui remonte au temps où le gentil Corrézien gérait la Ville de Paris (1977-1995).

 Galouzeau, bien que toujours « fidèle », n’aurait « jamais recommandé » à son père spirituel d’accepter que l’UMP s’acquitte d’un 1.7 million d’euros, soit une large partie de la facture correspondant aux emplois fictifs -Jacques Chirac signera, lui, un chèque de 550000 euros.

Une décision qui a fait consensus au sein du parti présidentiel, à l’exception de Louis Giscard d’Estaing (sans blague!). Et dont l’idée émane d’un certain…Nicolas Sarkozy. L’actuel chef de l’Etat a en effet choisi de donner un coup de pouce à son prédécesseur à la mi-juillet. Avant de lui tresser les lauriers, le 8 septembre dernier, lors d’un déjeuner en compagnie des députés de la majorité. Ce dernier évoque à ce moment-là « un homme qui nous a fait remporter de belles victoires et sans qui on ne serait pas là.» Et quelqu’un qui, en échange de ce bon procédé entre copains, a vu la plainte de la mairie de Paris disparaître, puisque Bertrand Delanoë a retiré sa constitution de partie civile, avant le début du procès, prévu début 2011.

Jacques Chirac n’aura donc aucun adversaire ni accusation au tribunal. Ce que regrette, semble-t-il, Dominique de Villepin : « On ne doit pas craindre les explications », a-t-il indiqué à l’AFP. Le fondateur de RS, toujours embourbé dans l’affaire Clearstream, ne rate ainsi pas une occasion de railler les décisions de son ennemi intime, Nicolas Sarkozy. Au péril de son amitié pour Jacques Chirac ?

 

P.L

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