le Canard de l’Etang

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3 octobre 2008

la crise, la crise, la crise : quoi d’autre?

Depuis la faillite de Lehman Brothers, le rachat de Meryll Linch par la « Bank of America », et autres péripéties de la caisse d’épargne Washington Mutual, la « Wamu » de Seattle, la nationalisation de l’assureur AIG aux USA, puis les déboires de Fortis et Dexia de la « vieille Europe » (en France,  et au Benelux), les spécialistes, les journalistes n’ont plus qu’un mot à la bouche. La crise financière et banquière d’origine américaine, qui vient de frapper à la porte du vieux continent fait la une de tous les journaux. Et donne le tournis aux politiques.

On l’a vu. Le plan d’Henry Paulson de 700 milliard de dollars, à injecter dans les banques en difficulté, dans le but de sauver ce qui peut être encore sauvé a été difficilement ratifié. Les Républicains de la Chambre des représentants ont voté, pour la majorité d’entre eux contre cette ‘loi de régulation’. Avec les démocrates majoritaires, ils seront face aux électeurs le 4 novembre 2008, qui devront renouveler la Chambre. Ils étaient donc réticents à voter un texte, rejeté en grande partie par les Américains contribuables. Le Sénat a finalement dit oui au texte modifié ( puis la Chambre de même).

Cette crise a fait réagir logiquement les deux prétendants à la succession de George W. Bush. John Mac Cain a récemment stoppé sa campagne pour quelques heures, pour se consacrer entièrement au sauvetage des banques américaines et faire en sorte que le plan Paulson se concrétise, même s’il paraissait évidemment  mitigé, du fait de ses positions idéologiques libérales économiques. Barack Obama, lui, plutôt posé et relativement calme expliquait qu’il pouvait gérer deux problèmes à la fois. Il s’est donc montré plus ‘présidentiel’, contrairement à l’impulsif « Mc Same ».(Même que Bush)

L’Europe, qui n’a pas de « budget fédéral », ni de département du Trésor, comment veut-elle s’en sortir? Les Allemands, dont le pays a vaincu les déficits budgétaires nationaux ne souhaitent pas s’engager dans un éventuel plan identique à celui des USA. La France, les Pays Bas en ont proposé, discrètement. En un mot, certains veulent la coopération , d’autres veulent se la jouer perso.

En France, le débat est interminable. Comment faire, pour protéger nos banques et notre économie ? Nationaliser les établissements privés ? C’est ce qui est arrivé à Dexia. C’est ce que demandent certaines personnes, comme Laurent Fabius, qui indique, dans le Monde du 2 octobre, qu’il faille « assurer la liquidité des banques, la continuité du crédit et de garantir les dépôts. ».

Il copie d’ailleurs le président de la République, qui depuis quelques jours rêve de justice sociale, et de régulation à la soviétique,  lorsque l’ancien premier ministre écrit : « Une nouvelle ère doit s’ouvrir. Elle devra être beaucoup moins favorable aux spéculateurs patentés et aux fortunes champignons, beaucoup plus propice à la définition et au respect de règles mondiales, beaucoup plus fondée sur le rôle régulateur de la puissance publique internationale, nationale et locale »

Nicolas Sarkozy et le Medef veulent maintenant bloquer, ou en tout cas mieux contrôler les parachutes dorés. Le patron de Fortis, Alex Miller vient d’ailleurs de renoncer sous contrainte à ses sous, soit plus de 3 millions d’euros. Il n’a pas eu autant de chance que Herman Verwilst, patron de la banque belgo-néerlandaise Fortis et Patricia Russo, co-dirigeante d’Alcatel Lucent, virée après l’échec de sa ‘mission’ fin juillet ( mais qui a gagné 6 millions d’euros, à son départ d’Alcatel Lucent). La faute à ce gouvernement qui se prend pour des communistes. Ah les « gauchos » de droite de l’UMP! Si la crise n’avait pas démarré, A. Miller aurait eu droit au jackpot! Pourquoi, diable n’y a-t-il pas eu un nuage à la frontière de l’hexagone, comme en 1986 avec Tchernobyl ? Un nuage aurait pu arrêter la mondialisation et la crise de l’argent fou…

Pierre Rousselin, du Figaro, dans son blog, « géopolitique » pense que le « G4 européen de samedi (4 octobre) convoqué par Nicolas Sarkozy n’apportera pas une réponse définitive à la crise de confiance qui s’est emparée du système bancaire. ».

Comme ça, c’est clair !

1 octobre 2008

La France est sauvée !

Publié sur AgoraVox (4 octobre 2008)

Réaliste, François Fillon explique dans les Echos du 1er octobre 2008 : « Les établissements bancaires européens, et français en particulier, ont pour le moment mieux résisté, parce qu’ils ne sont pas construits sur le même modèle qu’aux Etats-Unis. Mais ils sont tous tellement interdépendants que les risques de propagation de la crise à l’ensemble du système financier sont réels. Les banques françaises ne sont pas à l’abri de difficultés si une grande banque européenne défaillait ».

 

L’auteur de la célèbre formule, « l’état est en faillite » se lâche dans les colonnes du journal économique: «  La crise à laquelle nous sommes confrontés est sérieuse, puisque nous avons une crise financière équivalente à celle de 1929 qui se cumule avec un choc pétrolier proche de celui de 1973 ».

 

Le nuage protégeant l’exceptionnelle France est passé, les responsables de l’exécutif réagissent à la crise financière, provenant des USA, comme il se doit. Peut-être même en exagérant
(une première depuis le début de la crise des subprimes, en 2007). C’est l’avis de Sylvie Pierre-Brossolette (le Point), qui s’exprimait ce matin, sur France Info, dans le débat l’opposant à Laurent Joffrin de Libération. La situation est-elle la même qu’en 1929 ? Pas vraiment, pour la journaliste : pas de soupe populaire, la production nationale ne s’est pas  nulle,  la croissance mondiale est à 3 %. En un mot, pas de quoi dramatiser. D’ailleurs, tous les spécialistes le disent. Le système français est juste.

           

Avant que Nicolas Sarkozy reçoive François Fillon et autres responsables de banques, Christian Noyer, le gouverneur de la banque de France réagissait, sur RTL à l’échec du plan Paulson, au Congrés : « Le système financier français est un des plus sûrs du monde. Il faut avoir une confiance totale dans la sécurité du système bancaire français (…) Les banques européennes et françaises ne sont pas surchargées d’actifs de mauvaise qualité comme l’étaient les banques américaines. Fondamentalement, elles sont solides, elles sont très bien capitalisées »

 

Georges Pauget, directeur général du Crédit agricole et de la Fédération bancaire française et Henri de Castries, président du groupe d’assurances Axa se veulent aussi rassurants. Ils estiment que « l’ensemble du dispositif français est solide, diversifié et bénéficie du soutien des autorités publiques » et que c’est «  un système financier stable, qui a une solvabilité très confortable ».

 

La France est sauvée. Elle peut se protéger en cas de difficultés, alors. Comment ? Il suffirait de recapitaliser les établissements en difficulté, et la confiance reviendrait.  La nationalisation serait ainsi une bonne chose. Pour Dexia, bancassureur franco-belge, attendons donc un peu, pour voir si tout va s’arranger. Laurent Joffrin en est persuadé…

 

De toute façon, Nicolas Sarkozy veille, en bon président et seigneur de l’Elysée. Depuis sa visite à New York, et son discours sur l’économie, à Toulon, il est devenu le protecteur N°1 des Français et des « petites gens », le combattant des mauvais banquiers et capitalistes…

(Pas de panique, donc.

Au-delà de la caricature, personne ne critique la prise de parole du président. Il assure son rôle de protéger ses concitoyens. Ce discours quelque peu de gauche, appelant une plus forte régulation est juste un peu contradictoire avec sa vision très libérale de l’économie et sa volonté de baisser le train de vie de l’Etat.)

13 septembre 2008

l’éviction de PPDA, le rôle de l’Elysée?

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Les raisons du divorce entre PPDA et TF1 ont fait beaucoup débat cet été. Qui est à l’origine de l’éviction de Patrick Poivre d’Arvor de la Une ? L’Elysée a-t-il joué un rôle dans ce départ contrarié ? Nicolas Sarkozy est-il à l’origine de l’arrivée de Laurence Ferrari ?

 Les principaux protagonistes ont beau nié la participation de l’exécutif à cette décision, ce qui s’est réellement passé en coulisse restera à jamais enfermé à double tour. Le rôle du président ne sera jamais élucidé, ou tout du moins prouvé. Quand même…

 « Il fallait que je bouge les choses », se justifie le directeur général de la chaîne privée, Nonce Paolini. Les chiffres n’étaient pas bons, la TNT menaçait. Il fallait donc réagir, restructurer le groupe. Et virer PPDA, qui voulait partir à la retraite en 2012… Claire Chazal et Jean Pierre Pernault n’ont, eux, pas du souci  à se faire. Nonce Paolini rappelle qu’ils présentent des « Jités », dont les « succès sont considérables ». Ce n’est donc pas la peine de les remplacer. Comprendre ici, la mastodonte du 20h du week-end, et celui du 13h ont plus de succès que PPDA. Peut-être même plus appréciés, qui sait ?

La nouvelle recrue, Laurence Ferrari, c’est clair, a le soutien de la direction de TF1. Cette dernière avait pour objectif d’améliorer le journal : expliquer dés le début du 20h quels seront les titres et thèmes développés par la rédaction. En gros, cela revient à critiquer le travail de son prédécesseur. Le journal de PPDA ne lui plaisait pas ?

Nonce Paolini dément catégoriquement que l’Elysée ait un rapport avec le transfert de Laurence Ferrari. Sarko n’est pas le « DRH » de TF1. Vraiment ?

Pendant une interview du président de la république, en marge d’une réunion du G8, PPDA comparait le président à un petit garçon, «  à l’aise (mais) excité qui entre dans la cour des grands » (c’est-à-dire les autres chefs d’état). Claire Chazal semble amusée, Nicolas Sarkozy légèrement agacé. « Petit garçon, à 52 ans ? C’est parce que vous avez quelques mois de plus que moi, que vous me voyez si jeune ». Selon PPDA, ce n’est pas insultant. Pourtant, certains commentateurs expliquent que le président, susceptible aurait été blessé, et aurait demandé à la direction de TF1 d’en tirer les conséquences (imposer le retrait de PPDA). Etait-ce la goutte d’eau de trop ? Sarko n’aurait déjà pas apprécié que Poivre d’Arvor soutienne ouvertement Robert Namias : TF1 voulait remplacer fin 2007 le directeur de l’information par le pro-sarkozyste Nicolas Beytout (ancien du Figaro)…

Autre interrogation : le rôle de Laurence Ferrari. Est-il utile de rappeler les rumeurs non prouvées de l’idylle temporaire entre elle et le président ? Selon le Canard Enchaîné du 16/12/07, Nicolas Sarkozy aurait voulu savoir, par le biais d’un sondage qui de Carole Bouquet, Carla Bruni ou de Laurence Ferrari pouvait être la première dame préférée des Français.

La question à se poser : l’ambitieuse Laurence a-t-elle demander à l’Elysée une place au 20h de TF1 qu’elle convoitait tant ? Peut être, peut-être pas.

Ou alors se sachant sur la sellette et n’ayant ainsi plus rien à perdre, PPDA s’est-il tout simplement « lâché » face au « petit garçon », président de la France ? Hypothèse plausible aussi…Ce n’est pas exactement un fervent admirateur des lois « sarkozystes » : il est par exemple contre la nomination directe de l’Elysée du N°1 de France Télévision, si chère à Sarko…Et puis, d’ailleurs, ce n’est pas la première ‘provoc’ (gentilles et-ou sympas) de « Poivre », lors d’ une interview d’hommes politiques…

 

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12 septembre 2008

Laurence et Patrick : la guerre des mots?

Publié par canarddeletang dans medias, politique francaise, president de la Republique

Le remplacement de PPDA, du 20h de TF1 par Laurence Ferrari a fait coulé beaucoup d’encre depuis juin dernier. De la plume de nombreux spécialistes, ravis de commenter le transfert le plus médiatique de l’été 2008 des journalistes et autres vedettes de la télévision.

Les témoignages du licencié se sont accumulés, tant à la radio, qu’à la télévision, et aussi bien dans la presse que sur le Net. Le journaliste, à TF1 depuis 1986 est d’abord revenu, à de nombreuses reprises sur les conditions de son éviction. Après le premier journal, le 25 août 2008 de l’ex de Canal Plus, PPDA lance la première pique en direction de sa rivale.

Sur le plateau du Grand Journal de Canal, le 1er septembre, il tacle son ancienne collègue (elle a déjà travaillé à TF1), en ironisant au sujet de l’audience du « Jité ».

« Je n’ai pas lu les journaux cet été, sauf ce matin. J’ai lu que Laurence Ferrari faisait jeu égal. Je suis désolé de vous dire qu’à l’époque, je me souviens très bien, je faisais neuf millions de téléspectateurs. Aujourd’hui, il y en a sept. J’ai cru voir que le nouveau directeur de l’information est super satisfait. C’est formidable, je suis content s’il est content. Je sais par exemple que ce soir, à l’heure qu’il est, je faisais 9,4 millions et 39% de parts de marché (9,6 millions de téléspectateurs, pour son dernier 20h, le 10/07/08). Si jamais Laurence fait mieux, je vous jure que je vous envoie à tous les quatre une bouteille de champagne », dit-il. Le décor est planté.

Par ailleurs, il n’aurait pas bien compris qu’elle ne l’appelle pas avant l’annonce officielle de la séparation. Histoire de le prévenir par gentillesse et sympathie que les rumeurs qui courent s’avèrent réelles ? Pour lui demander pardon ? Blessé, plus qu’en colère, donc…

Prenant la défense de Laurence Ferrari, sa recrue « lumineuse », Nonce Paolini, à la tête du groupe TF1 contre-attaque. Selon le « DG », arrivé à TF1 pour restructurer la chaîne, en perte de vitesse d’audience, notamment à cause de la réussite flagrante de la TNT (télévision numérique), PPDA ne travaillait apparemment jamais 12h par jour comme il le prétendait. Et pan !

Interviewée par son ancien mari, Thomas Hugues, arrivé cet été à France 5, Laurence Ferrari lui demande franchement de « passer à autre chose, de se tourner vers l’avenir »

Message reçu 5 sur 5 ? Il semblerait que oui. Jérôme Clément (Arte) vient d’annoncer en début de semaine que Patrick Poivre d’Arvor présentera à partir du mois de novembre une émission culturelle (rencontre avec des artistes et écrivains) sur la chaîne franco-allemande.

10 septembre 2008

Mac Cain et Sarko, deux en un

Publié par canarddeletang dans billet-ironie, international, president de la Republique

Dernièrement, certains spécialistes ont pu remarquer, non sans ironie, je pense, un rapprochement entre le candidat républicain à la Maison Blanche, et le locataire de l’Elysée. Ils ont raison.

John Mac Cain, républicain modéré s’est toujours présenté depuis le début des primaires, et même avant contre les petits conflits entre partis. Le grand ami de John Kerry, et de Joe Liebermann (ex démocrate, un temps préssenti comme « VP »), qui s’est déjà mis en tête de rejoindre le parti démocrate a en quelque sorte promis l’ouverture politique, et laissé entendre que des Indépendants ou des Démocrates pourraient le rejoindre s’il était élu le 4 novembre prochain. Cela ne vous rappelle rien?

Lors de son grand discours de la convention républicaine, il dit vouloir rompre avec le passé, c’est à dire avec les deux admnistration Bush. L’ancien soldat, prisonnier, au Vietnam pendant plus de 5 ans ne prononce pas une fois le nom de G.W Bush, président le plus impopulaire des USA. Les deux hommes ne s’entendaient guère, mais le candidat républicain de 72 ans a voté la plupart des lois de Bush. Sarko qui n’était pas au top avec Jacques Chirac espérait se faire élire avec la « rupture ». Quelle rupture? Il était ministre sous Raffarin et de Villepin…

Le populisme, grâce à Sarah Palin, la lutte contre la corruption caractérisent la candidature du Républicain, en quête de nouvelles générations de politiques, pour la rupture des années passées.

Tout ceci ressemble fort à Nicolas Sarkozy et sa campagne présidentielle. Le seul problème, c’est que Obama, c’est « son copain ». Les deux hommes se sont vus au moins deux fois, à Washington et à Paris. Et Barack est le candidat légitime de la rupture et du changement. Depuis le début de sa campagne.

Yes, he can!

8 juillet 2008

Le football pourrait-il venir en aide au politique ?

Issu du Canard de 2006


Depuis l’entrée en lice de l’équipe de France, et notamment à la veille de la finale de la coupe du monde de football, dimanche 9 juillet 2006, opposant la France et l’Italie, toute la classe politique multiplie les gestes de soutien aux Bleus.

La façade de la mairie lilloise affiche une pancarte de remerciement et d’encouragement « Bravo Ribéry – qui est originaire de la ville du Nord – Allez les Bleus ! » ; tandis que Paris assure sur plusieurs affiches qu’elle « aime les Bleus ». D’autres enceintes politiques font de même, en accrochant des écharpes (comme le Palais Bourbon, face à la Concorde)

Chirac va recevoir quoi qu’il arrive les Bleus à l’Elysée lundi matin. Depuis le match contre le Togo, gagné sur le score de 2-0, le président de la République accumule les messages d’encouragements et de félicitations. Après ce succès précieux, qui qualifie la troupe à Domenech pour les huitièmes de finale, le 23 juin 2006, le président présentait « ses chaleureuses félicitations pour leur magnifique qualification ». Il a assisté au match, comptant pour les quarts de finale, contre le Brésil, et sera présent ce soir, à Berlin, pour peut être assister au couronnement final de Zidane et ses coéquipiers.

Le premier ministre, Dominique de Villepin n’a pas non plus manqué à son devoir. Présent à Munich pour la demi-finale, en la présence du ministre des sports Jean François Lamour (qui a assisté à tous les matchs des Bleus), il a reconnu le « formidable exploit » de cette équipe.

L’élan de solidarité derrière son équipe, visible un peu partout en France touche, de plus chaque groupe social. Ainsi, la classe politique, les cadres, les ouvriers, et « les exclus de l’économie » se retrouvent ensembles pour encourager les Bleus. Ce phénomène reflète-il la renaissance d’un patriotisme, certes limité ? Et de façon plus générale, que peut apporter le football au monde, au politique ?

Adefope, ancien ministre des affaires étrangères du Nigeria est de l’avis que « la philosophie qui veut que sport et politique ne se mélangent pas est spécieuse et hypocrite. Les exploits sportifs sont aujourd’hui utilisés comme étalon de la grandeur d’un pays. Les rencontres sportives seraient-elles par conséquent l’occasion de manifester la grandeur du pays ?

L’histoire montre que oui. Depuis les années folles (20’s), les grandes nations se rassemblent pour s’affronter, mais seules les équipes des pays vainqueurs de la première guerre mondiale ont le droit d’y participer. Ainsi, l’Allemagne et la Russie sont exclues de ce genre de rencontres. Les premières coupes du monde (les années 30) vont pourtant réunir toutes les nations de la planète (européennes, américaines, puis africaines et asiatiques).

La cérémonie de la présentation de la coupe du monde 2010 en Afrique, en la présence du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, du président de la république d’Afrique du Sud, Thabo Mbéki, de Sepp Blatter, le patron de la Fifa, ainsi que de Franz Beckenbauer, président du comité de la coupe du monde en Allemagne avait pour but de transmettre un message, « pour un monde meilleur », en Afrique, où la popularité du football s’accompagne malheureusement d’un manque d’argent et de moyen.

Le célèbre joueur du Libéria, Georges Weah, ancien ballon d’Or 1995 avait été battu de justesse aux élections présidentielles. Il s’était présenté à la candidature de la présidentielle en « acceptant la requête du peuple ». « Mister Georges », l’idole du pays voulait se positionner en tant que « véritable patriote » pour « sauver le pays », plongé dans une guerre civile, affaibli par des dettes, des corruptions, donner du travail à ses pauvres compatriotes. Un footballeur, chef d’un Etat, est-ce réellement utopique ?

Tandis qu’au Libéria, ce scénario est quasiment devenu réalité, en France, cette idée circule depuis la victoire des Bleus il y a huit ans, où des slogans (« Zizou, président ! ») sont scandés sur les Champs Elysées, au soir du 12 juillet 1998. Aujourd’hui, depuis la victoire des Bleus en demi-finale contre le Brésil, certains supporters reprennent ce slogan, un an avant les présidentielles, en 2007, avant tout pour féliciter le maestro Zidane, tout proche du titre de champion du monde, à nouveau. Néanmoins, selon Claude Fitoussi, politologue, l’éventuelle candidature « apolitique » de Zinédine Zidane pourrait « changer la donne » en France et remettre en cause la traditionnelle séparation politique entre droite et gauche, de plus en plus superficielle, en raison d’une confusion des programmes des hommes politiques de droite ou de gauche.

Au cours des matchs de poule, où l’équipe de France n’arrivaient pas encore à se libérer totalement des souvenirs nauséabonds de la désastreuse coupe du monde en Asie, de 2002, le premier ministre avait répondu aux critiques des français et des médias, en demandant à la nation française de « soutenir les Bleus, tous ensembles, en se rassemblant ».

Difficile alors de ne pas faire une comparaison avec l’impopularité croissante du premier ministre, résultant des difficultés et des crises, qui secouaient alors son gouvernement : victoire du non au référendum du 29 mai 2005 pour la constitution européenne, prôné par quelques noms de la classe politique ; crise des banlieues, fin 2005, mobilisations importantes contre le CPE, il y a quelques mois ; ou encore l’affaire Clearstream. Indirectement, ne voulait-il pas appeler sa majorité à se rassembler derrière lui ?

Le football permet de véhiculer dans la société des valeurs comme le respect des règles, la mixité sociale (« Black blanc Beur »), la solidarité, le patriotisme, le soutien d’un peuple entier derrière une équipe de football.

Ce sport si populaire est-il en train de venir en aide au politique au moment où la classe dirigeante française aurait bien besoin d’un soutien de toute la France derrière elle, comme l’ont acquis les Bleus depuis la qualification aux dépens de l’Espagne ?

P.L

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