le Canard de l’Etang

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10 avril 2012

Et Bayrou continua de chuter

François Bayrou, crédité de 9,5% dans deux sondages ce mardi, poursuit sa chute. Les partisans du candidat du Mouvement démocrate en viennent à espérer que, dans l’isoloir, les Français revoient leur choix. 

Lu initialement sur L’Express.fr

 

François Bayrou poursuit sa chute libre. Le premier tour approche et le candidat du MoDem dégringole. Deux sondages d’Ipsos et de l’Ifop, parus ce mardi matin, le créditent de 9,5%. L’homme des 18,5% des voix en 2007 serait-il sur le point de réitérer son score de 2002, soit 6,84%?  

Le Béarnais assure ne pas avoir les yeux rivés sur les enquêtes d’opinion et poursuit sa campagne comme si de rien n’était. Encore ce week-end, il sillonnait l’île de La Réunion, alors que ses concurrents se reposaient pour les fêtes de Pâques. Et, ce mardi, il rencontre des Français à Rouen. 

« Je parle des sujets qui intéressent les Français, au contraire de mes opposants », martèle le candidat centriste, à longueur d’interviews, alors qu’en 2007, il aimait taper sur les instituts de sondage. Parmi ses proches, officiellement, aucune raison de s’inquiéter: « La baisse des sondages, assure la sénatrice centriste, Jacqueline Gourrault, me donne la pêche, me donne encore plus envie de me battre pour mes idées. » 

Mais pourquoi ce candidat, « populaire », selon cette élue du Loir-et-Cher, stagne-t-il ainsi depuis des semaines? « Je ne sais pas », souffle-t-elle, avant d’ajouter, pleine d’espoir: « Il fera un peu plus que ce qu’on lui prédit. » Yann Wehrling, porte-parole du MoDem, abonde en ce sens: « Les Français se décident toujours au dernier moment, les marges d’erreur des sondages sont importantes, et à part Mélenchon, personne ne grimpe vraiment dans les intentions de vote. »  

« Le paradoxe » Bayrou

S’il obtient entre « 12 et 15% », en tout cas, Nicolas Sarkozy, qui a besoin de ses électeurs, pourrait, a-t-il confié en petit comité, le nommer à Matignon ou à un poste de ministre d’Etat. 

Or, pour l’instant, le centriste n’en est plus là. Pierre Albertini, ancien maire de Rouen, pense savoir pourquoi : « On n’a pas réussi à faire comprendre qu’il fallait faire un effort au niveau des finances publiques immédiatement ». « Si d’autres candidats n’avaient pas été dans le déni et avaient évoqué les problèmes économiques de la France, la dette et l’emploi, comme François Bayrou, il aurait été mieux placé dans les sondages », pense Yann Wehrling. La faute des autres, donc? « Il a fait du mieux qu’il a pu », sourit-il. 

Le thème du « produire en France », chère au centriste, a pourtant été abordé dans le débat public: « Oui, je suis d’accord, les propositions du candidat Bayrou sont d’ailleurs appréciés, se réjouit Yann Wehrling, mais c’est vrai que cela ne se voit pas dans les intentions de vote », dit-il, évoquant ainsi un « paradoxe ».  

« Même si les Français veulent entendre la vérité sur les comptes publics, par exemple, précise Jean-Luc Bennahmias, écolo du centre, ils préféreront toujours quelqu’un qui pourra leur dire: ‘je vous promets de dépenser…’ » 

Fatalistes bayrouistes… 

PL

5 avril 2012

Sarkozy progresse dans l’électorat de Bayrou

Lu initialement sur L’Express.fr

Vers qui vont se reporter les électeurs de François Bayrou au premier tour? Il y a quelques semaines, on pouvait répondre François Hollande. Moins maintenant. 

Jean-Pierre Raffarin, comme d’autres avant lui, ne dit pas non à l’éventualité. François Bayrou, Premier ministre de Nicolas Sarkozy? Fin de non-recevoir du centriste: « Je ne me prête à aucune de ces manoeuvres, a-t-il (re)dit, ravi, ce jeudi matin, sur Europe 1.  

Pas grave: ce qui compte, c’est de draguer ses électeurs. Car le président-candidat ne peut l’emporter sans les voix bayrouistes, dont le candidat dégringole dans les sondages: 10% selon la dernière étude de l’institut CSA pour BFMTV et 20 Minutes

En cas de non-qualification, vers qui ces électeurs se tourneraient-ils donc? Au début de l’année, la réponse sautait aux yeux: François Hollande. Depuis, la tendance a changé. Pour Nicolas Sarkozy, ce changement est logique: pour plaire à Jean-Luc Mélenchon, François Hollande serait obligé de gauchiser son discours et donc de se couper de l’électorat centriste.  

Hollande ou Sarkozy?

Selon l’Ifop, fin mars, les électeurs du Béarnais choisissent, en vue du second tour, plus le président-candidat (43%) que le socialiste (32%). A la mi-mars, François Hollande attirait encore davantage les bayrouistes du premier tour: 31% contre 42%. L’écart était, en janvier, encore plus important: les bayrouistes préféraient à 52% l’élu de Corrèze, et à 26%, le président-candidat 

Si l’on se penche sur l’évolution du deuxième choix des électeurs de François Bayrou, toujours d’après l’Ifop, l’écart est assez marquant: près de la moitié des 11,5% des électeurs voulant voter pour le Mouvement démocrate ne sont pas sûrs de leur choix. Et parmi ces derniers, 5% pourraient finalement changer d’avis et voter, le 22 avril, pour le candidat socialiste, contre… 28% pour Nicolas Sarkozy.  

En janvier, la part d’indécis parmi les votants centristes était encore plus importante, mais seulement 14% de ces derniers déclaraient pouvoir, en deuxième choix, glisser un bulletin « Sarkozy » au premier tour, contre 21% pour François Hollande. C’est vrai qu’à l’époque une candidature Dominique de Villepin était d’actualité. L’ancien Premier ministre était le deuxième choix pour 10% de ceux qui déclaraient vouloir voter François Bayrou.  

Bayrouistes indécis

Pour CSA (sondage mi-mars), et OpinionWay (fin mars), François Hollande domine (encore) le match des bayrouistes du premier tour. Mais tout peut basculer. Nicolas Sarkozy est encore derrière, mais il progresse parmi les sympathisans du MoDem.  

Ce que les études successives de l’institut Ipsos démontrent. Début mars, ils étaient 17% à préférer, en vue du second tour, en cas de non-qualification de leur champion, le candidat de droite, 28% fin mars (contre 32% François Hollande), et 32% début avril (contre 40%, encore, pour le candidat de gauche)… 

Le score des indécis reste aussi important. 25% des électeurs bayrouistes pour l’Ifop (selon la dernière enquête de début avril) ne savent pas pour qui voter au second tour. D’après l’étude d’Ipsos du 26 mars, pour France Télévisions et Le Monde, ils étaient 40% (mais 28% début avril).  

Qui va gagner l’élection? Les électeurs de François Bayrou sont partagés… Selon la dernière enquête de BVA, publiée début avril pour Le Parisien, outre les 25% des électeurs bayrouistes sans choix pour le second tour, 37% préfèrent François Hollande, 38% Nicolas Sarkozy.  

Et l’institut CSA, dans son étude du mois d’avril, a demandé aux sympathisants du Modem qui ils voyaient élu président de la République. Réponse: François Hollande à 36%, Sarkozy à 36% et quelqu’un d’autre à 26%. François Bayrou? L’espoir fait vivre… 

PL

4 avril 2012

En haussant la voix, Bayrou espère remonter la pente

Lu initialement sur L’Express.fr

François Bayrou, le candidat centriste, ne perd pas espoir, malgré la chute des sondages, et hausse le ton contre ses adversaires et le service public. En coulisses, certains soutiens y croient de moins en moins. 

Les jours passent et il ne cesse de dégringoler dans les sondages. François Bayrou, à trois semaines du premier tour, est désormais crédité de 10% selon une étude d’Ipsos, paru ce mardi. Le Béarnais ne semble plus, ainsi, en mesure de se qualifier pour le second tour. C’est pourtant l’un des hommes politiques les plus populaires.  

Comment, alors, expliquer ce paradoxe? « On n’a pas réussi à faire comprendre aux Français qu’il faudra faire des efforts budgétaires immédiatement », souffle Pierre Albertini, membre de l’équipe de campagne du candidat, qui, pourtant, martèle ses propositions avec une réelle constance, depuis sa déclaration de candidature.  

L’entourage du candidat l’assure depuis plusieurs semaines: non, il n’y aura pas de surprise. « Il n’aime pas le buzz », explique Bernard Lehideux, membre de son équipe de campagne. Et, de toute manière, estime l’ex-député-maire de Rouen, Pierre Albertini, « les Français ne comprendraient pas qu’il change de comportement. » Et qu’il fasse, en somme, « comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande », toujours en tête des intentions de vote. 

Critiquer le service public

Pourtant, il y a bien du changement. Certes, minime. Certains conseillers, en premier lieu sa plus fidèle lieutenante, Marielle de Sarnez, lui avaient conseillé de se mettre en colère, de hausser le ton. Le président du MoDem lève donc la voix depuis quelques jours. 

Contre France 2, par exemple, au sujet d’un débat entre les 10 candidats (ou leurs représentants) à la présidentielle avant le premier tour.  

« Comment une grande chaîne publique peut-elle organiser plusieurs heures d’antenne, en prime time pour la primaire du PS et rien, en vue du second tour, se demande ainsi, ce mardi, François Bayrou. Excusez-nous, c’est quand même plus important. »  

Celui qui avait dénoncé à outrance les sondages en 2007 pense taper juste. « On pourra ainsi voir quels candidats se dérobent, et ceux qui s’affrontent », s’amuse Bayrou, qui y croit encore. « La confrontation de candidats intéresse les Français, juge Bernard Lehideux, France 2 a réuni 6 candidats sur un plateau. Quatre personnes de plus, c’est possible, on peut trouver une solution. »  

Moralisation de la vie politique

Cela peut-il, pour autant, changer la donne? Au MoDem, on sait qu’il en faudra un peu plus: « Un débat peut nous permettre de grappiller un ou deux points, guère plus », glisse Albertini.  

Autre cible du Modem? Libération, coupable d’avoir fait une Une, ce lundi, trop ironique sur « l’homme seul ». Le fond orange, sans rien d’autre en première page, a irrité plus d’un militant. Ce qui a poussé l’équipe Web à réaliser, le jour même, en soirée, une parodie de cette Une, publiée sur le site du candidat, en évoquant la « sarkhollandisation » de la campagne.  

Sur le fond, en revanche, pas de changement. François Bayrou veut creuser les mêmes mesures, toujours. Comme sur la moralisation de la vie politique qu’il entend mener dès son élection par un référendum. Faut-il, encore, qu’il parvienne aux portes de l’Elysée, ne serait-ce qu’en se rapprochant du second tour. 

PL

2 avril 2012

Merkel prête à s’entendre avec Hollande sur le traité européen?

Publié par canarddeletang dans Allemagne, Economie, Elections, president de la Republique, PS

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon Jean-Marc Ayrault, l’équipe de François Hollande aurait noué des contacts avec l’entourage de la chancelière pour envisager l’ajout d’une annexe au nouveau traité européen. Mais rien n’est fait, loin de là. 

Et si Angela Merkel avait changé d’avis? Selon Der Spiegel, la chancelière serait prête à envisager l’ajout d’une annexe au traité européen de stabilité concernant la croissance. Exactement ce que défend François Hollande.  

Cité par le journal allemand, Jean-Marc Ayrault le confirme du bout des lèvres: « Il n’y a pas de contacts officiels entre le PS et la chancellerie ». Mais plutôt de manière officieuse, entre « conseillers » qui s’échangent quelques « messages ».  

Le conseiller du candidat du PS refuse, pour l’instant, d’en dire plus. Mais assure, à L’Express, qu’Angie se montre « réaliste », compte tenu des chances réelles de François Hollande d’accéder à l’Elysée, en dépit du resserrement des courbes des sondages des deux favoris. Angela préfère toujours la victoire de Nicolas Sarkozy. Mais son équipe se prépare à un éventuel changement de président. « Certains, parmi ses conseillers, sont pragmatiques », veut croire le germanophone Ayrault. 

Une « annexe » sur la croissance

Un proche du candidat PS, cité par un journaliste du Nouvel Obs’, veut également y croire: « On ne touche pas au traité lui-même, et en particulier aux clauses concernant l’automaticité des sanctions et la réduction des déficits, souffle ce proche de François Hollande, mais on ajoute une annexe ou un protocole (les deux ayant valeur juridique) concernant la croissance (avec, par exemple, la création d’euro-obligations pour financer de grands chantiers européens) ».  

Les hollandais misent beaucoup sur une inflexion de la position d’Angela Merkel avant le premier tour, ce qui est loin d’être acquis. Une telle issue permettrait de désavouer les cadres de l’UMP, qui n’ont cessé d’accuser la supposée inconséquence de François Hollande.  

PL

30 mars 2012

Bayrou de plus en plus cajolé par a droite

Publié par canarddeletang dans Elections, Modem-centre, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

La majorité présidentielle ne cesse de faire des appels du pied au candidat du Modem, qui stagne dans les sondages, en vue du second tour. François Bayrou va-t-il, pour autant, se décider? Rien n’est moins sûr… 

François Bayrou perd des points dans les sondages. Le troisième homme de 2007 ne parvient plus à dépasser, pour l’instant, les 13% d’intentions de vote. Mais, paradoxe, il reste populaire dans les enquêtes d’opinions. Encore mieux: il gagnerait à tous les coups, face à Hollande ou Sarkozy, au second tour de la présidentielle.  

Comme ce scénario semble désormais improbable, ses adversaires commencent à lui lancer des fleurs. Pas François Hollande qui a plutôt l’oeil rivé sur sa gauche et sur Jean-Luc Mélenchon, qui monte, qui monte. Mais ses opposants de la majorité qui tentent de le draguer, lui et ses électeurs, en vue du second tour.  

Comme Valérie Pécresse, qui a laissé entendre que l’élu du Béarn pourrait devenir le successeur de François Fillon en cas de réélection de Nicolas Sarkozy. A-t-elle suivi les conseils d’Edouard Balladur? « C’est une erreur de laisser entendre que Juppé peut devenir Premier ministre. Il n’apporte pas une voix à Sarkozy, aurait expliqué Balladur, selon Le Canard enchaîné. Entre les deux tours, il faut clairement laisser entendre aux électeurs centristes que Bayrou ira à Matignon. C’est notre seule chance de gagner. »  

« C’est la même équation qu’en 2007 mais la différence cette année, c’est que François Bayrou fera nettement moins bien au premier tour, renchérit un ministre en exercice. Et donc, il n’aura pas d’autre choix que d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy. » Car, souffle François Fillon, ce mercredi sur France Inter, le candidat MoDem « représente un courant de pensée proche de celui de la majorité » et le centre et l’UMP ne doivent « rien commettre d’irréparable » pour pouvoir discuter après le premier tour. 

Sarkozy ne s’inquiète pas

En juillet dernier, le député béarnais avait confié, à quelques journalistes, qu’il était prêt à prendre ses responsabilités pour la présidentielle. Et donc, à donner une consigne de vote? Rien n’est moins sûr. Depuis, il a reculé sur cette question. Cela risquerait de le décrédibiliser. Car s’il appelle, à titre personnel, par exemple, à voter pour le candidat de droite, la gauche raillerait son positionnement de centre-droit. Et vice-versa.  

Et comment l’auteur d’Abus de pouvoir en 2009, pamphlet contre l’actuel hôte de l’Elysée, qui ne cesse, par ailleurs, de critiquer le programme de François Hollande, peut-il décider entre ces deux favoris de l’élection?  

« Il ne se trompera pas, il n’est pas socialiste », veut croire Alain Juppé, pourtant critique sur sa décision de poursuivre la campagne malgré la tuerie de Toulouse. L’un des membres de son équipe de campagne, Jean Arthuis, abonde en ce sens, dans un entretien accordé à Mediapart: « Il y a des positions à gauche qui sont difficilement compatibles, mais il faut qu’on en discute. »  

Selon Le Canard enchaîné de cette semaine, Nicolas Sarkozy, de toute façon, ne s’inquiéterait pas: « La montée de Mélenchon va obliger Hollande à courir derrière lui. Plus Mélenchon sera fort au premier tour, moins Hollande le sera au second tour. Effrayé par la gauche, l’électorat de Bayrou viendra vers moi en masse. »  

Nicolas Sarkozy, qui a besoin d’un report de voix pour battre Hollande au second tour, insiste. Via l’humour: A Elancourt, dans les Yvelines, le président-candidat a expliqué ce mercredi qu’on disait de lui qu’il était d’extrême droite. Puis d’extrême gauche: « Comme la terre est ronde, on me dira bientôt du centre. »  

Pourtant,selon une récente enquête de la TNS-Sofres, 47% des électeurs de François Bayrou voteraient Hollande, et seulement 33% Sarkozy.  

PL

26 mars 2012

La banlieue, éternelle perdante de la campagne électorale

Lu initialement sur L’Express.fr

Dans les banlieues, certains craignent que l’affaire Mohamed Merah n’aboutisse à une stigmatisation des quartiers populaires. Et rêvent toujours que les candidats s’emparent de ce sujet. François Hollande devrait s’y montrer un peu plus. 

Ce lundi soir, François Hollande tiendra une réunion politique en Seine-Saint-Denis, à Bondy. Un petit meeting qui a lieu, peu de temps après une visite à Evry, chez Manuel Valls. Et avant un Grenelle des quartiers populaires, initialement prévu en mars, mais finalement organisé le 7 avril.  

Nicolas Sarkozy, lui, s’est déplacé, il y a quinze jours, de l’autre côté du périphérique, à Meaux, chez Jean-François Copé. Comme François Bayrou, dans les Hauts-de-Seine, le 22 février.  

Un déplacement par-ci, un déplacement par-là, pendant la campagne électorale. Et c’est tout?  

Conscient de la faible place laissée aux banlieues dans cette campagne, l’association AC-Le feu a squatté, trois jours fin février, un hôtel parisien pour interpeller les candidats à la présidentielle.  

Philippe Poutou, Clémentine Autain pour Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Eva Joly sont venus entendre les doléances de cette association, née après les émeutes de 2005.  

Banlieues stigmatisées

« Mais, ni François Bayrou, ni Nicolas Sarkozy ont honoré l’invitation », regrette Fatima Hani, secrétaire national de AC-Le feu. Peut-être viendront-ils le 14 avril prochain. Ce jour-là, l’association organise un débat national. « Si les dix candidats à l’Elysée ne viennent pas, on saura pourquoi », sourit Fatima Hani, pessimiste.  

Entre temps, un événement a chamboulé la campagne. La mort de Mohamed Merah, après ses assassinats perpétrés à Toulouse et Montauban, a projeté sous les feux médiatiques le thème de la sécurité.  

Quant aux banlieues, elles risquent d’être encore plus stigmatisées. « Cela peut véhiculer des amalgames, des stéréotypes comme le jeune de banlieue qui serait un prédélinquant », craint Jérôme Perronnet, directeur général des services auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes. De la banlieue, on en parle que quand c’est spectaculaire: des voitures qui brûlent, par exemple. Le développement d’une maison de la petite enfance, ça n’intéresse pas. »  

« On parle de nos quartiers populaires, reconnaît Fatima Hani. Mais on ne l’évoque que sous l’aspect sécuritaire et répressif. C’est devenu un sujet réchauffé à chaque présidentielle, que l’on utilise à des fins électoralistes. » Et la responsable de AC-Le Feu d’évoquer, en particulier, un « amalgame entre immigration et problème économique ». 

Les candidats ne connaissent pas les banlieues

Proche de Ségolène Royal, Kamel Chibli, ancien responsable de Désirs d’avenir, reconnaît volontiers, que depuis le début de la campagne, seuls les aspects ‘sécurité’ et ‘logement’ sont évoqués dans le débat public.  

Mais pourquoi? Est-ce parce que les candidats considèrent, chiffres à l’appui, qu’ils ne glaneront que peu de voix en banlieue en raison de la forte abstention dans ces quartiers? « A ce moment-là, cela ne sert à rien d’aller dans une crèche par exemple, s’agace Jérôme Perronnet, qui travaille au auprès de la maire de Chanteloup-les-Vignes.  

Les candidats n’y connaissent « pas grand-chose à la banlieue », croit-on à la mairie de Chanteloup-les-Vignes (UMP), une commune qui a bénéficié d’une partie des aides versées par l’Etat ces dernières années pour rénover les quartiers 

Et c’est justement pour « sensibiliser François Hollande » que le PS a organisé, début avril, le fameux Grenelle des banlieues, baptisé « printemps des quartiers populaires ». Il y aura aussi une visite en région parisienne pour le candidat du PS: « Sûrement à Mantes-la Jolie, voire à Aubervilliers », confie Kamel Chibli, qui espère y associer Ségolène Royal

Après les tueries de Toulouse et Montauban, et parce qu’il sait que la droite occupe avec force le terrain de la sécurité, François Hollande semble vouloir passer la seconde au sujet des banlieues. Face à Nicolas Sarkozy, dont le mot « Kärcher » est toujours collé à ses basques, François Hollande veut essayer de faire entendre sa musique.

PL

23 mars 2012

Mélenchon va-t-il pousser Hollande vers l’Elysée?

Lu intialement sur L’Express.fr

Jean-Luc Mélenchon continue de grimper dans les sondages et avec lui le total des voix de gauche. Mais François Hollande profitera-t-il, au second tour, de la bonne campagne du Front de gauche? Pas sûr. 

Mélenchon deviendra-t-il le troisième homme de l’élection? Il se hisse, en tout cas, sur le podium d’un sondage BVA (14%), devant Marine Le Pen et François Bayrou. Et derrière Nicolas Sarkozy ainsi que François Hollande, qui reste à 29,5% d’intentions de vote du premier tour. « Selon les Français interrogés, le candidat du Front de gauche fait la meilleure campagne, souligne Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA. On parle de lui et il intéresse les gens. »  

Du coup, peut-il déranger le candidat du PS? « C’est difficile de dire si Mélenchon peut nuire à Hollande », souffle le sondeur. Qui ajoute, toutefois, que le premier prend des voix au second.  

Mais le Corrézien reste élevé dans les sondages, réplique-t-on du côté socialiste. « S’il était à 25% ou encore un peu moins, je m’inquiéterais, assure François Kalfon, spécialiste des sondages de la formation socialiste. Mais ce n’est pas le cas. »  

Au PS, on se réjouit officiellement de la montée de Mélenchon. D’abord parce que le total de la gauche est de plus en plus élevé: à 45,5 % selon l’étude réalisé par BVA, soit bien plus qu’en 2007 (36%). Et surtout parce que 82% des électeurs potentiels du Front de gauche glisseraient un bulletin « Hollande » dans l’urne au second tour.  

Des abstentionnistes pas forcément de gauche

Pour l’heure, le candidat du Front de gauche empiète peu sur les terres de François Hollande. « Mélenchon a récupéré, outre des voix hollandaises, un nombre important d’abstentionnistes », explique Sliman. Il aurait donc remis en jeu, et à gauche, certains électeurs. 

Une arme très utile pour François Hollande … à condition qu’ils votent socialiste au second tour. Ces derniers seraient-ils alors prêts à voter pour le candidat du PS, représentant d’ »une social-démocratie responsable », selon les termes de l’historien Romain Ducoulombier, spécialiste des gauches en France et en Europe? « Pas sûr. Ce ne sont pas forcément des personnes idéologisées mais un électorat énervé par la crise que Mélenchon a su capter », répond l’enseignant. 

Pour François Kalfon, le M. sondage du PS, il n’y a aucun problème de fossé politique entre les deux électorats de la gauche: « Elle a toujours eu deux jambes. Mélenchon a réussi à attirer des personnes qui ont subi la crise. Nous partageons avec lui les diagnostics, mais pas toutes les solutions à apporter. »  

« Pas de passerelles entre gauche radicale et extrême droite »

Justement, certains pourraient décider de s’abstenir à nouveau s’ils jugent le candidat du PS incapable d’obtenir la « rupture du système ». 

Mélenchon peut-il aussi attirer des électeurs frontistes, qui pourraient ensuite voter Hollande? « Les passerelles entre la gauche radicale et l’extrême droite sont marginales », répond Gaël Sliman de BVA.  

Mais au PS, on veut y croire. D’autant plus que, selon un sondage de la TNS Sofres, 26% des électeurs de Marine Le Pen pourraient choisir Hollande au second tour.  

« Je n’exclus pas, confie justement François Kalfon, que quelques électeurs, prêts à voter pour Le Pen pour sa campagne axée sur les thématiques sociales, pourraient finalement se décider pour Mélenchon, si la candidate du FN retrouve ses thèmes de prédilection, comme la sécurité. »  

Puis pour Hollande, donc… Dans une logique encore toute théorique.

PL

21 mars 2012

Tuerie de Toulouse: qu’ont dit les candidats de la trêve, qu’ont-ils finalement fait?

Lu initialement sur L’Express.fr

Après la tuerie de Toulouse, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Marine Le Pen et Eva Joly ont annoncé une trêve de leur campagne. Les autres ont préféré continué la leur. Au bout du compte, ont-ils tenu parole? 

La campagne a repris son chemin dès ce mercredi après-midi. Valérie Rosso-Debord, qui avait « promis » sur Mediapart qu’elle ne « taperait pas sur Hollande », a, sitôt la fin de la cérémonie des obsèques à Montauban, publié un communiqué anti-Hollande et anti-Le Pen. « Alors que la communauté nationale est endeuillée et que chacun mesure la nécessité de l’union nationale face à ces événements, deux candidats, François Hollande et Marine Le Pen, tentent d’instrumentaliser à leur petit profit politicien ce drame », a-t-elle écrit. Réplique immédiate de l’un des porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve: « Ces propos sont indignes. »

La « trêve » est terminée, comment chaque candidat l’a-t-il vécue?

Nicolas Sarkozy

Ce qu’il a dit: Le candidat a rapidement décidé de suspendre sa campagne pour laisser place au président. Son site de campagne a été fermé, son équipe Web ne tweete plus depuis le 19 mars et il a reporté son interview sur France Info (prévue ce mardi) au 26 mars.

Il n’a pour autant pas été absent de la scène politique, loin de là. C’est l’avantage, dans ces moments-là, d’être chef de l’Etat.

Ce qu’il a fait: Il est parti à Toulouse, lundi en milieu de journée, avec Luc Chatel. Avant d’officialiser la trêve jusqu’à mercredi, jour des obsèques des trois parachutistes tués à Montauban.

Mardi, il a assisté à la minute de silence, dans un collège parisien et a expliqué aux enfants qu’un drame similaire pourrait avoir lieu dans leur établissement scolaire, provoquant la foudre de ses opposants, comme Cécile Duflot.

Il s’est recueilli, ce mardi, à l’aéroport de Roissy, devant les dépouilles des quatre victimes avant leur rapatriement vers Israël. Nicolas Sarkozy a été en contact, toute la nuit de mardi à mercredi, avec son ministre de l’Intérieur, pour suivre l’enquête sur le tueur de Toulouse. Et a reçu à l’Elysée, ce mercredi matin, les représentants des communautés juive et musulmane. Avant de s’envoler, à nouveau, vers Toulouse et Montauban pour rendre hommage aux policiers blessés dans l’assaut du principal suspect, aux riverains évacués, puis aux militaires morts.

Trêve respectée? Oui, mais c’était facile. Les prises de parole se sont multipliées, mais toujours en tant que chef de l’Etat.

François Hollande

Ce qu’il a dit: Benoît Hamon a annoncé, lundi matin, la suspension de la campagne de François Hollande, premier candidat à se placer dans cette position.

Ce qu’il a fait:Le candidat du PS a honoré son rendez-vous avec les salariés de Fessenheim, mais il les a reçus rapidement, se faisant huer au passage. Il s’est ensuite rendu, en début d’après-midi, à l’école toulousaine qui a perdu trois enfants et le professeur de confession juive. Et le soir, à la cérémonie en mémoire des victimes.

Ce même lundi, il a d’abord annulé la seconde partie du Grand Journal de Canal+ et Le Petit Journal, avant de finalement reporter l’ensemble de l’émission. Diète médiatique? Pas totalement, puisque le lendemain (mardi) il s’est rendu à BFMTV, comme prévu. Mais il a reporté le meeting de Rennes prévu mardi soir et le déplacement dans le Tarn, censé se dérouler ce mercredi.

Enfin, il a tenu un point presse très court ce mercredi matin pour réagir au déclenchement de l’opération menée par le Raid contre le principal suspect. Et s’est rendu, avec Manuel Valls, à Montauban.

Trêve respectée? Certes, il a effectivement annulé tous les rendez-vous de son agenda, mais pour les remplacer par d’autres apparitions, toujours très solennelles et dans les pas de Nicolas Sarkozy. Comme mardi matin, quand il s’est rendu dans une école en Seine-Saint-Denis, pour assister à la minute de silence. Son idée, donc, se montrer en tant que président…

Marine Le Pen

Ce qu’elle a dit: « Dans ces moments-là, il n’y a droite, ni gauche. » En fin de matinée, ce lundi, Marine Le Pen suspend sa campagne et obtient l’annulation d’un débat sur France 2 auquel elle devait participer avec Arnaud Montebourg et Eva Joly.

Ce qu’elle a fait: Aucune apparition, aucun commentaire, jusqu’au début du raid sur l’appartement du principal suspect mercredi matin. Sitôt l’identité du tueur présumé connu, et la piste de l’extrême droite abandonnée, la leader frontiste est sortie de son silence.

Sur i-Télé, elle a ainsi soutenu que la France ne s’était pas assez occupée du problème du « fondamentalisme » et relancé l’idée d’un « référendum sur la question de la peine de mort ». Elle s’est ensuite rendue à Montauban, pour les obsèques des trois parachutistes.

Trêve respectée? Oui, mais brisée dès que la piste de l’extrême droite a été officiellement écartée. Pure coïncidence, évidemment.

François Bayrou

Ce qu’il a dit:Pas de suspension de campagne.

Ce qu’il a fait: Il s’est rendu, lundi, à l’école toulousaine au lieu de sa visite au Salon du livre. Il a annulé un déplacement prévu mardi pour rencontrer des soldats de retour d’Afghanistan, à Colmar. Mais il s’est bien rendu, mardi, à Valence pour un déplacement sur le thème de la santé. Et il devrait être à Nancy, mercredi soir, après les obsèques à Montauban.

Il a surtout maintenu, lundi soir, son rendez-vous de Grenoble. Ce n’était pas « un meeting ordinaire », a expliqué Yann Wehrling. Il a voulu adresser « un message lors d’une réunion de réflexion nationale » au lieu de se rendre à la synagogue parisienne.

Sans oublier de faire de la politique. Le candidat a expliqué qu’il y avait un « degré de violence, de stigmatisation dans la société française » et ceci « n’est pas sans rapport avec la responsabilité publique. » D’où la réplique d’Alain Juppé, de mardi matin, qui ne souhaite pas qu’on « ajoute de l’ignoble à l’horrible ».

Mercredi, Bayrou n’a pas non plus annulé son interview sur France Info.

Trêve respectée? Non, mais un peu quand même. Sans suspendre sa campagne, il a quand même remanié son agenda pour se rendre à Toulouse et à Montauban ces dernières 48 heures.

Jean-Luc Mélenchon

Lui a choisi de poursuivre sa campagne, car « c’est un acte de résistance morale, intellectuelle et affective ». Son agenda n’a pas été modifié (mercredi, il a été à Bobigny et Gennevilliers pour parler logement, par exemple). Il a participé, lundi soir à Paris, à la marche en hommage aux victimes de la fusillade. Avant d’observer une minute de silence à son QG. « Nous ne sommes pas à la merci d’un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il lancé.

Eva Joly

Elle aussi a suspendu sa campagne, ce mardi. L’ex-juge d’instruction s’est rendue à Montauban pour les obsèques des trois parachutistes. Elle a, par ailleurs, annulé son déplacement prévu ce mardi matin à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Et une conférence de presse sur le thème de la santé, prévue au départ ce mercredi.

Mais la politique l’a vite rattrapée. Ce mercredi matin, sur France 2: « Il y a clairement eu des discours discriminants et stigmatisants de la part de Nicolas Sarkozy et de la part de Claude Guéant. Cela n’arrange rien ».

Et les autres?

Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est aussi rendu mercredi à Montauban, a décidé de ne pas suspendre sa campagne. Ce qu’il a expliqué ce mardi à L’Express.

Comme Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, qui ont été informé de la tuerie lundi à la mi-journée, par des journalistes. Le candidat du NPA s’est-il rendu à Toulouse? Non, « cela ne sert à rien » , a-t-il répondu.

Quant à Jacques Cheminade, il a expliqué, ce mardi sur Canal Plus, qu’il fallait interdire les jeux vidéo violents.

PL

12 mars 2012

NKM assure le service après-vente des mesures de Villepinte

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet a détaillé ce lundi les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, lors de son grand meeting à Villepinte, dimanche. En particulier sur la réforme souhaitée des accords de Schengen.

Dimanche, Nathalie Kosciusko-Morizet n’est jamais montée sur l’immense scène de Villepinte. Les ralliés, les VIP, les nouvelles têtes, les cadres: tous ont eu leur petit mot avant le discours du candidat. Mais pas NKM. Etonnant pour une porte-parole.  

« J’étais invitée sur plusieurs plateaux télé », s’est-elle justifiée, le lendemain. Ce lundi, elle a détaillé les propositions du candidat et assuré le service après-vente.  

« Nicolas Sarkozy veut, pour son prochain mandat, agir en France, comme en Europe, car il s’agit du même combat », affirme, en préambule,Nathalie Kosciusko-Morizet, assez critiquée en interne.  

D’abord via une réforme des accords de Schengen que le candidat appelle de ses voeux. « Au début, il y avait cinq pays dedans, aujourd’hui il y en a plus de vingt. Tout le monde sait en Europe que cela ne marche pas bien, avance NKM. Le système est décrié et jugé insuffisant par tous les membres de l’Union européenne. Y compris par les Italiens », qui ont dû faire face à l’arrivée de migrants, notamment après les révolutions arabes.  

Sous l’initiative franco-italienne, une réforme du texte régissant la libre-circulation des personnes au sein de l’espace Schengen est déjà en cours de modification. « Mais Sarkozy veut aller plus loin », répond la porte-parole. 

« Je récuse le terme de menace »

Il propose une « exclusion » d’un pays défaillant qui « ne protège pas les frontières de l’Europe » quand la réforme en question évoque une simple « suspension ». Et il veut une « politique migratoire commune ».  

Et ce afin de « dépasser les disparités » entre les différents Etats. NKM souligne que 60% des demandes d’asiles sont acceptées par Malte contre seulement 1,5% en Irlande.  

Ensuite, il prône un « By european act », l’équivalent du « produire français », à l’intérieur de l’Union européenne, une mesure censée séduire un électorat centriste. « Si les Etats-Unis et le Japon -certes à un degré moindre-, le font, se demande NKM comme Nicolas Sarkozy, la veille, pourquoi ne le ferions-nous pas? »  

Assurer le service après-vente, c’est aussi anticiper les éventuelles critiques venant de Bruxelles ou de Berlin. Nicolas Sarkozy prévient que si « dans les douze mois », aucune avancée au niveau européen n’a été remarquée, il agirait seul, et se retirerait de l’espace Schengen. Ce qui reviendrait à quitter, plus ou moins, l’Union européenne. 

Un ultimatum, voire une menace qui ne dit pas son nom? « Pas du tout, assure NKM, je récuse ce terme de menace. » Il s’agit simplement de mettre la pression sur ses partenaires européens pour « faire bouger les choses ». Avant de botter en touche: « Pour sauver la Grèce, on n’avait que quelques jours, voire quelques semaines, donc bon… »  

PL

10 mars 2012

Que se passerait-il si Sarkozy mourait?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique

Lu initialement sur L’Express.fr

Carla Bruni a « peur » que son mari ne meure sous la charge de travail. Que se passerait-il alors, en pleine campagne présidentielle? La réponse n’est pas si claire. 

« J’ai peur pour lui », « j’ai peur pour sa santé, ça paraît bête, mais parce qu’il se donne tellement à fond, il ne se ménage pas du tout », a confié sur France 5 Carla Bruni-Sarkozy.  

D’où cette question: qu’est-il prévu, dans la Constitution, en cas de décès du président de la République? 

Si le chef de l’Etat, qui a été victime en 2009 d’un malaise vagal, disparaissait ou était « empêché » d’exercer ses fonctions (en cas de coma, par exemple), une vacance de la République serait décrétée par le Conseil constitutionnel. Le président du Sénat, en l’occurrence le socialiste Jean-Pierre Bel, prendrait dans les 24 heures les fonctions du président de la République. Comme Alain Poher, après la mort de Georges Pompidou en 1974.  

Il n’en possèderait pas toutes les prérogatives: « Il ne peut pas organiser de référendum ni poursuivre une révision de la Constitution si elle est engagée », précise le constitutionnaliste Didier Maus. Une élection présidentielle serait organisée dans les 15 à 35 jours après la disparition. « Sauf cas de force majeure, crise ou guerre, par exemple », nuance Didier Maus. 

Et si les deux hommes, le chef de l’Etat et le président du Sénat, se voient empêchés au même moment d’exercer le pouvoir? « Dans ce cas de figure, il n’y a personne d’autres, s’amuse Didier Maus. Le Sénat doit choisir un nouveau président, qui assurera l’intérim à l’Elysée. »  

Mais si le drame intervient en pleine campagne électorale? Là, ça se complique.  

- Cas numéro 1: le candidat meurt avant la publication de la liste officielle des candidats (le 19 mars prochain). Le Conseil constitutionnel n’est pas obligé de reporter les élections. 

Le parti du sortant peut encore se trouver un candidat de substitution. Alain Juppé ou François Fillon, par exemple, pour l’UMP. Même chose, d’ailleurs, pour l’opposition: Martine Aubry, finaliste à la primaire socialiste, pourrait suppléer François Hollande pour le PS. Et du côté de François Bayrou? « Je ne vois personne à part lui au Mouvement démocrate », répond Didier Maus. 

Une chose est sûre: celui-ci ne pourra, en tout cas, récupérer les parrainages de l’ancien candidat, puisqu’ils sont personnels. 

Attention, selon les candidats, les Sages peuvent réagir différemment, et tenir compte de leur importance dans le jeu politique: « Si Jacques Cheminade avait un problème, par exemple, cela ne changerait pas le paysage politique », explique Didier Maus.  

Au Conseil constitutionnel de trancher, en somme. 

- Cas numéro 2: un décès survient parmi les candidats après la publication officielle de la liste des prétendants (le 19 mars). La conséquence est sans appel: le scrutin est reporté. Qu’il s’agisse de Nathalie Arthaud, de François Hollande ou de Jacques Cheminade. Comme dans les médias, l’égalité au sens strict. 

PL

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