le Canard de l’Etang

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4 février 2012

Pourquoi les sympathisants de syndicats votent de plus en plus Le Pen

Lu initialement sur L’Express.fr

Selon un sondage réalisé par l’Ifop, 25% des sympathisants de FO et 22% de ceux de la CGT veulent voter Le Pen à l’élection présidentielle. Comment expliquer ces scores aussi élevés? 

Encore un sondage qui ne laissera pas indifférent. Selon une étude de l’Ifop, parue dans L’Humanité de ce vendredi matin, 19% des actifs proches d’un syndicat souhaitent voter Marine Le Pen.  

C’est l’organisation Force ouvrière qui est la plus touchée par la percée du Front national dans le monde des salariés. Selon l’Ifop, 25% de leurs sympathisants voudraient glisser un bulletin Front national dans l’urne. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, interrogé par L’Express, ne se montre « pas vraiment surpris ». « Dans un contexte de crise, c’est normal qu’il y ait un vote contestataire de la part de gens dans la difficulté. »  

« Il y a, à FO, une diversité d’opinions, confirme Jérôme Fourquet, auteur de l’étude. Et dans les années 1970 et 1980, une part importante d’ouvriers proches du RPR et du gaullisme se tournait vers FO. » Et non vers la CGT et la CFDT, historiquement liés au PCF et au PS.  

« Petit à petit, cet électorat de la droite ouvrière a lentement glissé vers l’extrême droite, comme on l’a vu à l’occasion des élections cantonales de mars 2011 au cours desquelles les partis de droite ont souvent été battus dans les cantons populaires au profit de la gauche et du FN. La droite ‘populaire’ a abandonné Sarkozy », analyse Fourquet.  

Une part non négligeable des salariés de gauche a aussi rejoint le parti de Marine Le Pen. Ce que le sondage démontre. 22%, 17% et 13% des sympathisants, respectivement, de la CGT, de la CFDT et de Sud pensent voter pour la présidente du Front national. « Certains ouvriers, politiquement de gauche, n’y voient pas d’incompatibilité », estime Jérôme Fourquet.  

« Un rejet du système »

La preuve: la moitié des sympathisants de la CGT, proches du FN, préfèreraient voter Hollande à Sarkozy au deuxième tour de la présidentielle de mai 2012.  

Ces derniers sont « touchés par les délocalisations, par la concurrence des produits fabriqués à l’étranger, et sensibles aux questions européennes », selon Fourquet, c’est-à-dire les thèmes de campagne du FN. Ce dernier « a capté les colères, les craintes et la demande de protection de cette classe populaire ». 

« Ce n’est donc pas un vote d’adhésion, avance Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC -dont 21% des sympathisants penchent pour un vote FN-, mais un rejet du système et des hommes politiques, qui selon les salariés, ne représentent plus le pays. » Le syndicaliste songe à toutes « ces promesses non tenues ». 

« Consigne de vote »

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly pointe aussi du doigt « nos élites politiques » qui « devraient se poser quelques questions. »  

Pas la faute des syndicats, donc? « Tous les acteurs, syndicats et partis politiques, ont leur part de responsabilité, reconnaît Laurence Laigo, secrétaire nationale de la CFDT, chargée de la relation avec le monde politique. Il faut aller à la rencontre des salariés et leur donner des réponses face aux manques de repères. »  

Selon elle, « les propositions de Marine Le Pen ne sont pas porteuses d’avenir ». Les syndicats luttent donc contre les idées du FN. Sans grand succès, pour l’instant. Que faire de plus? « Pas grand-chose, répond Mailly, le syndicat ne doit pas non plus donner de consigne de vote. »

PL

2 février 2012

Quel rôle pour Fillon dans la campagne de Sarkozy?

Publié par canarddeletang dans Elections, politique francaise, president de la Republique, UMP

Lu initialement sur L’Express.fr

Déterminé, le Premier ministre jouera un rôle important dans la campagne présidentielle. Il soutient « plus que jamais » le chef de l’Etat, ravi, forcément. Ce n’était pas joué d’avance, si l’on se fie à leur relation au début du quinquennat. 

François Fillon est l’invité, ce jeudi soir, de l’émission Des paroles et des actes sur France 2. Comme Alain Juppé, qui a porté, la semaine dernière, la contradiction à François Hollande, le Premier ministre pourra défendre le bilan de son mandat. Et par la même occasion, soutenir le futur candidat de la majorité, non déclaré à ce jour.  

« Loyal à 100 % au président de la République », confie un député filloniste, l’élu de la Sarthe sait qu’il ne peut faire autrement que mettre sa popularité au service du chef de l’Etat.  

Son job à deux mois du premier tour? D’abord « aller au charbon », sourit le maire du 15e arrondissement de Paris, Philippe Goujon qui le soutient aux législatives à Paris. Et « rappeler ce qui a été fait depuis cinq ans », souligne un parlementaire proche et fidèle au Premier ministre. Avant d’ajouter: « On n’est pas réélu président sur un bilan, mais celui-ci sert à crédibiliser le projet du candidat. »  

François Fillon assure aussi le service après-vente des mesures annoncées par le chef de l’Etat, dimanche dernier: il reçoit, à Matignon, les ministres concernés et organise, dans la foulée, une conférence de presse pour préciser les modalités d’application. C’est, en somme, dit Philippe Goujon, « faire le travail jusqu’au bout ».  

Enfin, depuis quelques mois, le chef du gouvernement fustige toujours plus les propositions de ses adversaires politiques. Au risque, parfois, de se montrer agressif dans des réunions publiques, aux quatre coins de la France ou encore lors du Conseil national de l’UMP, samedi dernier. Mais surtout dans les médias et à l’Assemblée nationale

Le « collaborateur » est devenu le « meilleur » Premier ministre

Et, justement, cette stratégie semble porter ses fruits. En tout cas, à en croire le chef de l’Etat: « Fillon m’est précieux », aurait-il dit, à la mi-janvier, lors d’un déjeuner avec la majorité. Ce serait même devenu le « meilleur Premier ministre ».  

Des louanges qui surprennent au vu de leur relation au début du quinquennat. Jusqu’à la crise de 2008, les deux hommes forts de l’exécutif ont eu du mal à s’entendre, à se comprendre. « Ils ont des caractères différents mais il y a une complémentarité entre les deux », veut croire Philippe Goujon.  

« Il n’y jamais eu de graves crises comme la Ve République en a connu avec les tandems Rocard/Mitterrand ou Chirac/VGE. Mais c’est vrai, admet l’élu parisien, qu’il y a eu des hauts et des bas. »  

« Le collaborateur », dixit le président de la République en août 2007, se « planquait » en effet, selon Sarkozy, au début de son mandat, au lieu de le « soutenir ».  

Ce n’est pas faute d’avoir essayé, aurait pu répliquer son Premier ministre. A la suite d’une interview sur Europe 1, par exemple, il reprochait au chef de l’Etat de trop contrôler ses sorties sur le terrain. Et il se plaignait aussi, en privé, de se faire parfois griller par les conseillers de Nicolas Sarkozy, comme le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, trop souvent à son goût sur le devant de la scène. 

« L’animateur de campagne »

L’histoire aurait pu se terminer par un divorce en novembre 2010, mais le chef de l’Etat le maintient dans ses fonctions. Et même si François Fillon affirme que Nicolas Sarkozy n’a jamais été son « mentor », le duo va finir par trouver son rythme. Surtout parce que le Premier ministre profite de 2011 pour défendre plus souvent son « patron ». 

Mine de rien, « Fillon a montré, durant son mandat, qu’il était un homme d’Etat », estime Philippe Goujon. Celui qui a rédigé le programme du candidat Sarkozy en 2007 aura donc une place importante dans la prochaine campagne, assure-t-on dans l’entourage du Premier ministre. En 2012, il sera « un animateur important, comme Juppé », en organisant, par exemple, des meetings. 

L’entente cordiale entre les deux hommes devrait donc durer au moins, jusqu’au 1er tour. Ensuite? L’un partira à l’assaut de Paris. L’autre? Seul lui le sait.  

PL

28 janvier 2012

Sarkozy et l’environnement: du Grenelle au désamour?

Lu initialement sur L’Express.fr

Nathalie Kosciusko-Morizet va défendre, ce samedi, son Grenelle de l’environnement auprès de l’association France Nature environnement. L’occasion pour LEXPRESS.fr de revenir sur l’intérêt de Nicolas Sarkozy pour les questions écologiques. 

Elle aura à coeur de défendre le bilan de « son » Grenelle. Nathalie Kosciusko-Morizet s’apprête à passer, ce samedi, un oral de quinze minutes auprès de l’association France Nature Environnement (FNE). Sur le modèle de ce qu’avait fait Nicolas Hulot en 2007 avec son « pacte écologique », FNE veut entendre ce que les candidats à la présidentielle ont à dire sur le sujet de l’écologie. 

La tâche est lourde pour NKM, tant Nicolas Sarkozy s’est éloigné de ses premières amours pour le développement durable, matérialisées par le Grenelle de l’environnement. En mars 2010, le chef de l’Etat lâchait même: « L’environnement, ça commence à bien faire ». Et début janvier 2012, il critiquait les règles écologiques administratives trop « tatillonnes ». 

La ministre de l’Ecologie préférera certainement insister sur les prochains mois, voire sur le prochain quinquennat en cas de victoire de Nicolas Sarkozy en mai prochain. Pour le moment, l’UMP ne propose rien de plus que « la poursuite du travail du Grenelle », perçu comme une « révolution » au parti majoritaire, comme l’affirme le député sarkozyste Alain Gest. « La Cour des comptes nous a même reprochés d’avoir vu trop grand, notamment sur les transports et les économies d’énergie », claironne l’élu de la Somme, chargé des questions d’énergie à l’UMP.  

Son collègue des Bouches-du-Rhône, Eric Diard, qui s’occupe des questions d’écologie, se félicite, lui, de la création de « la taxe sur les véhicules bonus-malus qui a fait que la France possède désormais le parc automobiles le moins polluant d’Europe. » A propos du Grenelle, « le bilan est parfois mitigé, admet l’élu. La réduction des déchets avance lentement, par exemple. Mais ce n’est pas en six mois que cela se joue, il faudra attendre plusieurs années ».  

Un bilan « mitigé »

Le rapporteur de la loi Grenelle II, le député radical Bertrand Pancher, abonde en ce sens. « Il y a eu des avancées » mais « la France pourrait mieux faire ».  

« Des décisions sont prises au niveau national sans toujours se préoccuper des caractéristiques des territoires », avance cet élu de la Meuse. Qui prend l’exemple de l’obligation d’installer devant chaque cours d’eau une bande de plantation ou d’herbes: « Il est parfois dur d’appliquer cette règle en raison de certains terrains drainés. »  

Autre difficulté évoquée par l’élu radical: l’opposition des habitants à l’installation d’éoliennes terrestres qui augmentent petit à petit. « Dans ma circonscription de Bar-le-Duc, explique Pancher, il y en a presque 300, ce qui pose des problèmes de télévision et de nuisances visuelles. » 

L’installation de cette source d’énergie sur le territoire français reste toutefois insuffisante, selon Jean-Louis Bel, président du syndicat des énergies renouvelables. « Il ne faut pas confondre déception et impatience », sourit Eric Diard.  

Des mesures fiscales incitatives dans le projet UMP

Des couacs, il y en a eu et il y en aura toujours, compte tenu de l’ampleur des décisions actées dans le Grenelle. La Cour des comptes en a retenu un majeur dans un rapport récent, qui critique le volet fiscal du Grenelle « pas respecté, incohérent, (et) inefficace ». « On a échoué sur la taxe carbone, admet Eric Diard, mais ce n’est pas de notre faute, le Conseil constitutionnel a censuré le texte. » 

Plus que le contenu même du Grenelle, ce sont les récents propos du chef de l’Etat, qui interpellent les associations. France nature environnement a très certainement hâte d’entendre ce que Nicolas Sarkozy, par le biais de NKM, a à leur dire.

P.L

23 janvier 2012

A quoi ressemblera le débat de François Hollande sur l’énergie?

Lu initialement sur L’Express.fr

Hollande propose l’ouverture « d’un débat sur l’avenir de l’énergie en France » au début de son mandat présidentiel. Quelle sorte de consultation? Avec quels acteurs? Les écolos sont sceptiques.

François Hollande a surpris, dimanche après-midi au Bourget, en dévoilant un pan de son programme. Ainsi sur l’énergie, il souhaite mettre en place, si les Français lui confient mandat, « un plan d’économie d’énergie » et, surtout, « un débat sur l’avenir de l’énergie en France ».

« Il faut en effet mobiliser le plus grand nombre, faire de la pédagogie », précise François Brottes, chargé des questions de l’énergie pour le candidat socialiste. Ce député de l’Isère, coprésident d’un groupe d’études sur les énergies de l’Assemblée nationale, évoque une consultation des citoyens « très vite » après l’éventuelle élection de François Hollande. Et ce « en vue d’expliquer aux gens comment nous pouvons contrôler la consommation d’énergie », « accompagner les familles pour qu’elles modifient leur comportement ».

S’agit-il d’inviter les Français à éteindre leur lumière dans une pièce non occupée? Pas seulement, sourit François Brottes: « Baisser la température des radiateurs, la nuit, aussi. » Plus sérieusement, « sans compréhension des Français, sans responsabilisation des consommateurs, il n’y aura pas d’économie de consommations d’énergie. »

Qu’en pensent les Verts? « Hollande évolue dans le bon sens, modestement, glisse Sergio Coronado, directeur de la stratégie et de la communication d’Eva Joly. Les écolos ont toujours été favorables aux débats. Mais si Hollande ne prend pas position, cela ne sert à rien. Car il ne s’agit pas seulement de montrer aux Français comment moins consommer. »

L’écologiste songe alors à la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’organiser un débat sur les centrales nucléaires: « Les Français ne sont pas des zozos, ils ont un avis sur la sortie de l’atome, tacle-t-il. On peut leur poser la question. »

Mais une consultation populaire en vue de l’organisation d’un référendum, le PS n’en veut pas. « C’est un sujet complexe, on ne peut pas simplifier en posant la question aux Français, sur le nucléaire », explique François Brottes.

Le temps législatif et le temps du débat

Le député PS reconnait que les modalités précises du débat ne sont pas encore arrêtées. Toutefois, une chose est sûre: « Il faudra mettre autour d’une table associations, consommateurs, ainsi qu’opérateurs pendant quelques mois. »

Mais comment arrêter un certain nombre de mesures avant l’élection et en même temps proposer une consultation? Cela peut-il faire évoluer les propositions du candidat après son éventuelle victoire, le 6 mai 2012?

Oui, confie François Brottes, le débat pourra conduire à des « ajustements » dans le projet du candidat. « Si nous trouvons des chemins plus adéquats pour parvenir aux objectifs de François Hollande, il est possible qu’il y ait quelques changements. Tout dépend des collectivités locales qui seront aussi impliquées dans cette consultation. »

En revanche, assure François Brottes, comme « il faut aller vite sur certains points, on n’attendra pas l’issue du débat pour débuter le temps législatif ».

Quelles mesures seront prioritaires au Parlement? Pour le savoir, il faut attendre quelques jours encore.Hollande présentera son programme détaillé et chiffré, ce jeudi. Patience, donc…

PL

8 décembre 2011

La proportionnelle aux législatives, c’est pour bientôt ?

 

Publié initialement sur lexpress.fr
Tous les partis de France défendent l’introduction d’une dose de proportionnelle pour les législatives. Tous? Non: l’UMP résiste encore. Certains, au sein du mouvement présidentiel, commencent, toutefois, à changer d’avis. 

Un petit parti en terme de représentativité à l’Assemblée nationale a tendance à militer pour l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Normal: cela lui permettrait d’entrer au Parlement, ou d’accroître sa présence. C’est le cas du Front national, mais aussi du Front de gauche ou de la chrétienne Christine Boutin qui aimerait que 100 députés soient élus ainsi. 

Mais les « gros » partis que sont l’UMP et le PS peuvent-ils leur emboîter le pas? Au PS, c’est fait. Mais sous la contrainte de leurs partenaires écologistes. L’accord signé avec eux prévoit une dose de proportionnelle sur la base de 15 à 20% des députés. Cette fourchette -et non un chiffre précis- montre en tout cas combien il fut difficile de s’entendre sur cette question de la proportionnelle. 

« Il faut d’abord réfléchir au redécoupage et ne pas agir dans l’urgence », justifie l’élu Europe Ecologie-Les Verts, David Cormand, membre du bureau exécutif et délégué des élections, qui reconnait que les négociations furent complexes. Les Verts plaidaient, d’ailleurs au départ, pour une proportionnelle intégrale, « à l’allemande ».  

Le PS, lui, ne militait que pour « une soixantaine de députés élus sur ce mode de scrutin ». « Je suis globalement pour le scrutin majoritaire uninominal, mais, avec une touche de proportionnelle, toutes les tendances pourraient être représentées sur les bancs de l’Assemblée nationale », confie Christophe Borgel, secrétaire national socialiste, chargé de la vie des élections, 

L’Assemblée, « un arc-en-ciel »?

Et l’UMP, alors? Souhaite-t-elle que tous les partis soient représentés? « Mais c’est déjà le cas, réplique le député Alain Marleix, ancien responsable des élections de l’UMP. Vous avez des écolos, des communistes. » Avant de nuancer son propos: « Seule l’extrême droite ne siège pas à l’Assemblée. » 

Selon lui, les députés, qui voteraient en faveur de l’introduction de la proportionnelle, « se tireraient une balle dans le pied ». Pire, « les socialistes se feraient hara-kiri », en ouvrant largement les bancs à leurs concurrents.  

« La Chambre basse ne doit pas être un arc-en-ciel, prévient Marleix, elle est là pour gouverner. La proportionnelle a d’ailleurs tué la quatrième République, parce qu’elle pose des problèmes de gouvernance. »  

La proportionnelle pose surtout la question de l’arrivée aux mandats locaux du FN. Une perspective, qui n’enchante guère Alain Marleix: « Mitterrand, pour tacler la droite, avait introduit la proportionnelle pour les législatives de 1986. Résultat: 35 députés FN avaient été élus. »  

Pour l’écolo David Cormand, il serait finalement normal que le FN soit représenté. « Le FN est-il un parti légal ? Si oui, il peut avoir des représentants du peuple. »  

Mais l’UMP craint pour ses circonscriptions. « La droite pourrait en perdre entre 50 et 100 au profit de la gauche en cas de triangulaire avec un candidat Front national, lors des prochaines législatives », estime David Cormand.  

« Certains, à l’UMP, évoquent la proportionnelle »

Malgré tout, à l’UMP, on commence à se poser la question. Selon Alain Minc, proche du chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy pourrait « l’imposer dès 2012″. Mais l’UMP peut-elle changer d’avis et inscrire cette mesure dans la boîte à idée pour la présidentielle? « Je ne le crois pas, glisse Marleix. La direction de l’UMP n’a pas débattu du sujet. »  

« La question n’est pourtant plus taboue » au sein du parti présidentiel, écrit Guillaume Tabard dans Les Echos. « Certains à l’UMP en discutent, il est vrai, répond Marleix. Des candidats à la députation, qui n’ont pu obtenir de circonscriptions, par exemple, souhaitent une réforme. »  

P.L

3 décembre 2011

Discours : ce qu’a dit Sarkozy, ce qu’a dit Merkel

Lu initialement sur lexpress.fr

 

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont tous les deux exprimés sur la crise européenne en moins de 24 heures, respectivement à Berlin et à Toulon. LEXPRESS.fr a suivi les deux et dresse les divergences et les rapprochements. 

Un nouveau traité européen?

Angela Merkel: « Il faut réparer les erreurs nées de la construction de la zone monétaire et économique, et renforcer cette dernière. L’union fiscale est en marche (…) Nous pouvons modifier les traités existants, ou créer de nouveaux textes. »  

Nicolas Sarkozy:  » La France milite avec l’Allemagne pour un nouveau Traité. »  

Au départ réticent pour modifier les traités de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a changé d’avis et rejoint la position d’Angela Merkel. Il s’agit dorénavant, pour les deux voisins, de renforcer la solidarité entre les Vingt-sept et d’instaurer des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas les règles d’équilibre budgétaire. 

Bruxelles, gendarme de l’Europe?

Angela Merkel: « Je souhaite la mise en place de sanctions en cas de non-respect des règles d’équilibre des comptes. (…) Les états membres de l’euro doivent être accompagnés, soutenus pour régler leurs problèmes de dettes. »  

Nicolas Sarkozy: « Plus de solidarité en Europe exige plus de discipline (…) La solidarité ne doit pas être un encouragement au laxisme. (…) Examinons en commun nos budgets. Instaurons des sanctions plus rapides, plus automatiques et plus sévères pour ceux qui ne respectent pas leurs engagements. » 

Nicolas Sarkozy, qui refuse d’évoquer le mot « fédéralisme », prône une gouvernance « intergouvernementale », dominée par les chefs d’État et de gouvernement, qui décideraient de la plupart des sujets à la majorité qualifiée. Angela Merkel plaide, elle, pour un rôle accru de la Commission européenne et la Cour européenne de justice (CEJ) qui pourrait surveiller les pays qui enfreignent les règles du pacte de stabilité.  

Le rôle de la BCE

Angela Merkel : « Il faut avoir confiance en elle pour la stabilité de la monnaie. (…) Celui qui soutient les euro-bonds n’a pas compris l’essence de la crise. » 

Nicolas Sarkozy: « Il y a des débats sur ce que lui autorisent ses statuts. Je ne veux pas entrer dans ces débats. La BCE est indépendante. Elle le restera. Je suis convaincu que face au risque déflationniste qui menace l’Europe la Banque Centrale agira. » 

Il s’agissait de la plus grande divergence entre Paris et Berlin. La première puissance européenne, qui craint l’inflation, souhaite que la Banque centrale européenne reste indépendante, et ne se préoccupe que de la stabilité des prix au sein de la zone euro. Elle ne doit pas, souligne Angela Merkel, mutualiser la dette des membres de l’Eurogroupe en créant des « euro-bonds », comme l’aurait souhaité le chef d’Etat français. Sur ce point, Nicolas Sarkozy s’est plié aux injonctions de l’Allemagne. 

P.L
 

23 juillet 2011

Les gaullistes de gauche ? « Une expression qui n’a plus de sens »

Interview publiée sur Atlantico

Propos recueillis par P.L

Ségolène Royal veut rassembler de l’extrême gauche aux gaullistes. La déclaration de la semaine passée.

L’historienne Chantal Morelle fait le point sur l’invocation récurrente du Général de Gaulle dans le discours politique.

 

Atlantico : Comment peut-on définir le gaullisme ?

Chantal Morelle : Ségolène Royal a évoqué, lundi dernier, le Conseil national de la Résistance (CNR) qui mêlait tous les partis et les syndicats résistants et n’était pas exclusivement gaulliste. Du temps du RPF, Malraux disait à propos du RPF, le premier mouvement gaulliste : « c’est le métro à 6 h du soir », signifiant ainsi que les adhérents venaient de tous les horizons sociaux et politiques, c’était un mouvement de rassemblement. En 1958 a été créée l’UNR (Union pour la nouvelle République), qui est devenue le parti de la majorité présidentielle, mais de Gaulle n’en a pas été le chef comme il avait été le présidente du RPF.

Le gaullisme est un mouvement qui a forgé l’histoire politique de la France et des Français, avec le général de Gaulle qui a imposé et défendu certaines valeurs. Il s’agit d’une référence importante, certes, mais dorénavant historique ; il n’est plus ni un courant de droite, ni un courant de gauche ce qui permet à tout le monde de s’en réclamer. Pourtant, si l’on y réfléchit, le gaullisme a duré le temps de la présidence du général de Gaulle, jusqu’à sa démission en 1969, soit onze ans ! Certains gaullistes historiques estiment que Georges Pompidou ne pouvait se dire gaulliste. Il aurait été un traitre selon certains.

En tout cas, le RPR (Rassemblement pour la République) créé par Jacques Chirac en 1976, n’est pas un mouvement gaulliste, bien qu’il soit le mouvement le plus proche. Le facteur personnel, le contexte politique, les enjeux en font autre chose qu’un parti gaulliste.

 

Comment le gaullisme n’est-il devenu qu’une simple référence historique ?

Les choses ont changé, les gens ont évolué. Cela ne veut pas dire que les valeurs du gaullisme n’existent plus. Elles existent chez tout le monde. C’est un mouvement constitutif du visage politique des Français et c’est la raison pour laquelle toute la classe politique s’en réclame : les valeurs de grandeur de la France, de l’indépendance nationale, la puissance nucléaire sont des valeurs que tout le monde revendique… Et depuis longtemps. Elles ne sont la propriété de personne.

Pour montrer les changements, prenons l’exemple de l’avancée de la construction européenne : c’est une donnée qui dépasse totalement le gaullisme. La place de la France en Europe, et dans le monde, a évolué. Certains gaullistes historiques rejettent l’intégration européenne telle qu’elle se fait au nom de la fidélité au général de Gaulle.

Sur ce sujet, on peut se réclamer du gaullisme comme le faisait Philippe Séguin, ou, encore aujourd’hui, Jean-Pierre Chevènement. Celui-ci est soutenu par des gaullistes historiques alors qu’il est issu d’un courant de pensée, le Ceres, qui appartenait à l’aile gauche du PS. Quand on se réclame du gaullisme, on s’appuie sur certains de ses aspects et c’est la raison pour laquelle chacun s’y retrouve.


Peut-on affirmer que le gaullisme est né à droite ?

Le gaullisme est né en plusieurs étapes : il y a le “gaullisme de guerre” né dans des conditions bien spécifiques qui a rassemblé des gens de tous bords ; puis le gaullisme politique, plutôt inscrit à droite comme le RPF né en 1947, puis l’UNR en 1958.

Le général de Gaulle lui-même n’aimait pas que l’on donne son nom à un mouvement « fût-ce sous la forme d’un adjectif”, mais il a accepté qu’un mouvement politique se réclame de lui, comprenant qu’un chef de l’État ne pouvait pas être “au-dessus des partis”.

Son origine familiale, son éducation, sa culture faisait de lui un homme de droite, et même de la droite autoritaire, bonapartiste, favorable au régime présidentiel plutôt qu’au parlementarisme, tout en étant respectueux de la démocratie ; mais il était marqué par le christianisme social de la deuxième moitié du XIXe et du XXe siècle, d’où sa volonté de mener une politique plus sociale que beaucoup de gens de droite – “la seule querelle qui vaille est celle de l’homme” disait-il.

Le gaullisme a toujours été situé à droite dans le spectre politique, bien qu’il y ait eu des gaullistes de gauche, ils n’étaient à proprement parler de gauche.

 

Y a-t-il encore des gaullistes de gauche ?

« Gaulliste de gauche » est une expression qui n’a plus de sens. Cela en avait dans les années 1960. Certaines personnes étaient gaullistes mais provenaient de la gauche d’avant 1958. Ces derniers menaient ou voulaient mener une politique plus sociale, comme la participation aux bénéfices de l’entreprise. Les gaullistes de gauche étaient toutefois limités en nombre et Charles de Gaulle les aimait bien. Ce n’est pas le cas de Georges Pompidou, qui, sur le plan social était beaucoup plus conservateur.


Qui sont les héritiers du général de Gaulle ?

De Gaulle n’a pas un héritier, bien que certains se retrouvent davantage dans cette filiation que d’autres. Je pense à Dominique de Villepin et son mouvement République solidaire, lancé, non pas le 18, mais le 19 juin 2010 : c’est tout un symbole, mais ce n’est pas du gaullisme, puisque les temps ont changé : Villepin peut s’y référer, il ne peut avoir de projet gaulliste. On se réclame du  général de Gaulle, on peut le citer comme on peut citer Jean Jaurès – Nicolas Sarkozy l’a fait pendant sa campagne électorale sans être socialiste ! Et l’actuel chef de l’État n’est pas plus gaulliste que d’autres responsables politiques : il s’appuie sur le gaullisme comme sur d’autres sources qui ont permis à la France à se construire, comme tous les Français.

Nicolas Dupont-Aignan rejoint l’idée du général de Gaulle sur la construction européenne et l’indépendance nationale, il dit en effet qu’il est le seul vrai gaulliste. Mais ce n’est pas totalement vrai. La preuve ? Il a appelé à voter Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle de 2007, alors que celui-ci défendait une autre politique européenne. Donc il accepte que d’autres politiques soient menées car le gaullisme n’est pas une donnée applicable comme le voulait ou comme l’aurait fait le Général il y a un demi-siècle ! Avoir des principes ne signifie pas qu’on les applique.

 

Pourquoi Ségolène Royal veut-elle rassembler jusqu’aux gaullistes ?

A l’occasion de la campagne électorale, elle se veut rassembleuse, elle veut réunir le plus largement possible, à l’exception de l’extrême-droite. Son problème : elle n’est pas bien vue, plutôt isolée au sein du Parti socialiste, et, il lui faut trouver des soutiens ailleurs. Mais finalement c’est normal : aucun candidat(e) qui pourrait devenir président(e) de la République ne peut dire : « Je ne représente qu’une partie des Français. »

Pendant la campagne, on peut tenir un certain type de propos, mais dans la pratique, cela n’a plus le même sens. On ne peut mener une politique cohérente avec un spectre politique aussi large : on ne voit pas Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin travailler au sein du même gouvernement et mener la même politique ! Sauf, peut-être, ponctuellement : car tout le monde peut être d’accord sur un point précis, à un moment donné, en temps de crise par exemple

 

Comment Ségolène Royal peut-elle se réclamer à la fois du général de Gaulle et du président Mitterrand ?

François Mitterrand a été un président tout à fait gaullien : la Constitution a été à peine modifiée, contrairement à ce qu’il a toujours dit qu’il ferait. C’était la même pratique monarchique républicaine que celle du général de Gaulle, en son temps. Donc, sur ce plan, le rapprochement entre les deux chefs de l’Etat n’est pas incohérent.

Leur politique étrangère a souvent eu des points communs, la politique économique et sociale aussi, dans une certaine mesure : pensons aux nationalisations de l’après-guerre et à celles de 1981, à la sécurité sociale, et ce qu’il y avait de véritablement idéologique dans le programme du candidat Mitterrand n’a pas résisté à la force des contingences nationales et internationales. Mais si les deux personnalités sont différentes, elles ont toutes deux marqué la Ve République.

Propos recueillis par Philippe Lesaffre

 

 

9 juillet 2011

« Pourquoi je veux mettre fin au recrutement des enseignants par concours au niveau national »

 Interview du député (UMP) Grosperrin publiée par Atlantico

Propos recueillis par P.L

 

La commission des affaires culturelles et de l’éducation a rejeté, mercredi 6 juillet, le rapport d’information sur la formation des enseignants. En cause : la proposition controversée de mettre fin au concours national. Selon Jacques Grosperrin, le président de la mission d’information à l’initiative du rapport, ses collègues parlementaires, qui se sont opposés au texte, ont cru qu’il était instrumentalisé par Nicolas Sarkozy. A tort, insiste le député du Doubs.

Atlantico :  Quel est l’origine de votre rapport ?

Jacques Grosperrin : Il y a eu, entre septembre et octobre 2010, une grosse polémique sur la mise en place d’une « stagiarisation » des enseignants qui venaient d’obtenir le Capes. A ce moment-là, j’avais demandé à la présidente de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation, Michèle Tabarot, qu’elle diligente une mission au sujet du recrutement et de la formation des enseignants. On s’était rendu compte que les résultats scolaires de nos collégiens et lycéens n’étaient pas très bons au niveau des pays de l’OCDE.

Cela a mis du temps et le président de la République, au moment de ses vœux au Grand Palais en 2011, a évoqué la formation des enseignants. Depuis, les choses ont évolué de manière naturelle à l’Assemblée nationale et j’ai été nommé president-rapporteur de la mission d’information. Ce qu’on voulait, c’est aussi dresser un premier bilan de la réforme dite de « masterisation »

Pourquoi vouloir supprimer le recrutement par concours ?

Nous voulons supprimer ces concours au niveau national, mais pas au niveau régional. Il convient, en effet, selon la vingtième proposition, de « remplacer le concours par le master et confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter, sur la base d’un entretien professionnel, les enseignants. »

Nous voulons quelque chose de plus réaliste. En ce moment, il y a des masters, une formation en cinq ans. Et à la fin, l’enseignant doit être capable d’enseigner. Et de l’autre côté, il y a un concours qui évalue la même chose que le master, c’est-à-dire des conceptions académiques.

On veut dans un premier temps revoir la formation des enseignants dans son ensemble : à savoir, à la fin des trois ans de licence, organiser un concours pour l’entrée en Master 1. Ce serait un concours académique que l’on appellerait « admissibilité pour le Capes ». « L’admission pour le Capes », ce serait pour la fin du Master 2.

Durant ces deux années, l’étudiant sera de temps en temps dans un établissement scolaire : primaire, secondaire, etc. Ils seraient en situation pratique, de gestion d’une classe. Le jour où les masters seront bien organisés, le concours disparaîtra de fait. J’en suis certain, d’ici dix à quinze ans, quand l’opinion publique sera prête. La priorité sera de faire un recrutement au niveau local, voire régional, pour que nos professeurs arrêtent de partir dans des zones sensibles, difficiles, et afin qu’ils ne soient plus expatriés à plusieurs centaines de kilomètres de chez eux où on les dégoûte du métier. Je ne veux plus de déracinement des enseignants avec, à la clé, parfois, un abandon de certains par manque de motivation… Les académies prendraient alors les meilleurs étudiants, qui sortent d’un master, avec un concours régional. Et je voudrais aussi que les chefs d’établissement fassent partie des jurys de concours.  

Certains syndicats vous accuse de vouloir « exploser la fonction publique »…

(soupir) Les syndicats ne jouent pas le rôle de syndicats. Ce que j’attends d’eux, c’est qu’ils s’interrogent sur les conditions de travail des élèves, des enseignants, sur la formation de ces derniers, sur le programme d’enseignement, sur ce qu’il se passe à l’école. Et non pas uniquement sur leur raison d’être : « plus de moyens, toujours, plus de profs » Ils sont sur des notions budgétaires. Ils sont en manque d’idées, manque de créativité… Ils sont déboussolés depuis Claude Allègre. Ils se cherchent… Peut-être pas tous les syndicats… Mais la plupart d’entre eux, en tout cas, ceux qui s’opposent à moi.

Pourquoi vos collègues, toutes tendances politiques confondues, ont-ils rejeté votre rapport ?

Ils ne devaient pas voter le contenu du rapport : celui-ci a été voté le 29 juin dernier à la majorité par les quinze membres de la mission d’information (composée de six députés socialistes et divers gauche et neuf membres de la majorité présidentielle, ndlr). Ce sont les seuls compétents à juger du contenu, autrement dit, des 20 propositions du rapport.

La mission d’information, d’ailleurs, n’était pas au complet. Le jour du vote, ce 29 juin, 4 socialistes étaient présents et ils ont préféré s’abstenir. Marie-Hélène Amiable, seule députée communiste de la mission d’information, a rejeté le contenu. Et il y avait six députés UMP et ils ont dit oui au contenu.

En revanche, mes collègues ont voté, mercredi 6 juillet, contre… la publication du rapport. Cela aurait été un acte démocratique de dire oui à ladite publication. C’est une première depuis vingt ans…

Les députés de la commission n’étaient pas nombreux lors du vote sur la publication du rapport. Seul un tiers de la commission… Sûrement en raison des vacances.

Pourquoi un tel rejet ? Ils étaient persuadés, y compris mes trois collègues de droite qui ont voté non avec les socialistes, que la vingtième proposition portant sur la fin du recrutement par concours national, m’avait été soufflé par le chef de l’Etat ou par le ministre de l’Education nationale. Selon eux, j’aurais été instrumentalisé. C’est archi-faux ! Une rumeur… Les deux ne m’ont jamais demandé des comptes… Je n’ai pas rencontré Nicolas Sarkozy… J’ai uniquement vu Luc Chatel et Valérie Pécresse, à l’époque ministre de l’Enseignement supérieur pour une audition commune.

Le PS fait souvent des coups tordus… On arrive à l’élection présidentielle. Ils sont à court d’idées. Ils sont dans une démarche anti-démocratique ! Les socialistes, je les sens crispés, perdus. Leur candidat fétiche n’est plus là. On aurait voté la deuxième année du second mandat, ce serait passé…

Et trois de mes « amis » politiques ont suivi l’opposition dans le vote. Parmi eux, il y avait Marc Bernier, un villepiniste, René Couanau, un député sans groupe parlementaire qui a quitté l’UMP, ainsi que Bernard Debré. J’ai eu, avec lui, une discussion franche. Il n’avait rien compris, d’autant plus qu’il n’avait pas participé au vote sur le contenu du rapport. Bon, il ne pouvait pas l’être car seuls les quinze parlementaires de la mission d’information – et il n’en faisait pas partie – ont voté sur ce contenu.

Le gros problème de mes collègues est le suivant : ils arrivent en commission au milieu d’un brouhaha, ils savent que les élections législatives arrivent vite… Des enseignants leur ont remonté les bretelles en leur disant : « Grosperrin veut supprimer le concours » alors que je pense qu’il sera supprimé dans une décennie.

Faire de la politique, c’est être courageux. C’est poser les vraies questions, les vrais problèmes. Avec Jean-François Copé et Christian Jacob, vous le voyez bien, on est dans le débat d’idées. On ne s’interdit rien. Aucun tabou ! A l’UMP, on veut améliorer le système…

Que va devenir le rapport provisoire ? Va-t-il garnir l’intérieur d’une armoire de l’Assemblée nationale ?

Non, il sera publié. Alain Boissinot, le recteur de l’académie de Versailles qui n’est pas de droite – je ne sais ce qu’il est, d’ailleurs –  pense que ces concours nationaux disparaîtront…

Je vais réunir les membres de la mission d’information : renégocier, rediscuter sur les propositions de la mission. Il y aura un nouveau vote, avant que le rapport ne repasse devant la commission fin septembre, début octobre prochain.

 

22 juin 2011

Droite et centre en 2012 : Printemps des prétendants

On avance, on avance, on avance… La présidentielle de 2012 arrive vite et, forcément, petits et grands candidats s’agitent. Présentent candidature. S’excitent. S’envoient piques et fleurs. Le printemps des prétendants a démarré, c’est entendu.

Christine Boutin, la dernière à s’être déclarée, veut porter les couleurs de son mini-parti chrétien-démocrate. Cette ancienne ministre veut « apaiser la France ». Noble cause ? Certes. Est-elle la seule  ? Pas vraiment. Le gaulliste Galouzeau de Villepin, « déterminé », lui aussi, à se présenter en 2012, en a marre que « tout ce qui touche à la politique devienne scandale ». Aveu de candidature…

L’ex-ministre de l’Ecologie, l’assez populaire Jean-Louis Borloo aurait pu, lui aussi, raconter la même histoire. Celui qui se voyait déjà Premier ministre sous Sarkozy voilà quelques mois se prépare, selon ses proches, à « gagner la présidentielle ». Va et veut-il vraiment y aller ? Il ne cesse, il est vrai, de répéter que le chef de l’Etat dresse les Français les uns contre les autres. Surtout depuis que DSK est hors-jeu.

Une sortie de piste dont devrait aussi profiter le centriste indépendant (et solitaire) François Bayrou, censé pouvoir voler quelques voix au centre-gauche. Des sociaux-démocrates (issus de l’aile droite du PS) aux quelques radicaux de gauche, dont le parti (le PRG) a déclaré vouloir peut-être présenter quelqu’un en 2012Jean-Pierre Baylet, voire Bernard Tapie – avant d’envisager, finalement, de participer à la primaire PS.

Forcément, ils veulent tous porter la voix des plus faibles. Des oubliés du quinquennat, ceux à qui l’on pense avant une élection, comme le dit si bien le chasseur Frédéric Nihous, pourtant proche de l’UMP – puisque membre du « comité de liaison », le regroupement des partis amis de la majorité. Ce dernier, qu’on n’entend (presque) pas non plus depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, a décidé de (re)mettre son fusil sur ses épaules pour défendre « les ruraux et les agriculteurs ».

Un thème cher au chef de l’Etat… à l’approche de l’échéance de 2012. Le président de la République, impopulaire dans les sondages, ne s’est pas encore déclaré candidat à sa réélection. Mais les signes ne trompent plus. Il se déplace deux fois par semaine dans une région de France. Il propose un moratoire de la fermeture des classes du primaire… à l’orée de la rentrée de septembre 2012. Impose une prime pour certains salariés et prépare son futur staff de campagne – avec, entre autres, le retrait du gouvernement de son ami Hortefeux, voilà quelques mois déjà.

6 mai 2011

Et le gagnant est… Mitterrand !

Les sondages pour la présidentielle se multiplient et se ressemblent. Tous montrent un président… battu par Marine Le Pen et ses trois concurrents de gauche. François Hollande, l’un d’entre eux, pense pouvoir gagner, le vent en poupe.

Les dés ne seraient pourtant pas pipés et Moscovici s’en fait l’écho. Tout excès de confiance serait néfaste, prévient le député strauss-kahnien.

Oui, devenir le deuxième président socialiste de la Ve République n’est pas chose aisée. Surtout avec plusieurs candidats potentiels qui se livrent en coulisses une lutte impardonnable, avant la primaire PS… Angoisse, angoisse (lire ici)…

« Reproduire le succès de François Mitterrand, un rêve réalisable? », s’interroge la presse de gauche, avec un arrière-goût de nostalgie. Mediapart se demande dans un livre ce que sont devenues les 110 propositions de 1981 chères à l’ex-président de la République (lien payant). En organisant un débat Montebourg-Hollande. Tout fier, Edwy Plenel : « Nous sommes les premiers à fêter sa victoire ». Peut-être…

Mais d’autres titres de presse s’emparent aussi du sujet. Séquence émotion et nostalgie obligatoire : L’Express, par exemple, propose à Laurent Fabius de songer… à la soirée électorale du 10 mai 1981.

P.L

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